Et c'est parti pour le livre 2 ! Bon alors avant toute râlerie, voilà comment vont s'organiser les trois premiers chapitres. Le premier, donc celui là est centré sur les premiers pas d'Edward en tant que jeune vampire. Le problème "Bella" est à peine abordé, vous devriez comprendre pourquoi à la lecture du chapitre. En revanche il sera le centre du prochain chapitre. Enfin, le 3° sera centré sur le retour à Forks un siècle plus tard. Voilà, donc ne râlez pas qu'on ne voit pas assez la douleur face à la perte de Bella, il ne l'a pas encore vraiment perdue.

Bon voilà ce qui était important je crois. Personnellement j'ai trouvé ça très intéressant d'imaginer Edward en nouveau-né, et je pense que j'ai été quand même gentille lol. Par contre ce n'est pas certain qu'il y ait une publication demain, désolée. Bonne lecture !


"..." C'est effectivement James qui a mordu. J'avais hésité entre faire un vampire anonyme ou un que nous connaissions mais finalement j'avais opté pour le méchant connu de tous lol. Merci pour ta review !

Dawn : Rassurée, je n'étais pas sure que cette alternance plaise puisque normalement ce n'est que du POV d'Edward lol. Merci pour ta review =D

Galswinthe : Merci ! Mais tu sais je pourrais être pire, beaucoup plus pire ! Tu verras un peu plus loin comment j'aime vraiment jouer avec vos nerfs XD

Cbihi : Oui, on sait vraiment comment ça s'est passé. Comme quoi Jacob n'est quand même pas le méchant de l'histoire !

Aika-chan : Je te remercie beaucoup ! J'espère que tu ne seras pas déçue par celui là de chapitre !

Time Tell Will : Whaou quelle review XD Pour le fin mot de la légende oui c'est à la fin et je ferai en sorte que ce soit le plus tard possible pour le suspens ! Sadique ? Moi ? Naaaaaaon !

taen : Oh bah nooon ! Tu n'étais pas censée pleurer au chapitre précédent, je ne l'avais pas fait triste ! Je n'imagine même pas ton état au chapitre suivant ! Merci en tous cas pour ta review !

Patricia : Merci ! Non, pas de mouchoirs aujourd'hui normalement, attends le chapitre suivant. Là on est plus sur les changements d'humeur du nouveau-né et sa découverte du monde des vampires.

bébé23 : Merci beaucoup pour ta review ! Voici les réponses à tes questions dans ce chapitre !


LIVRE II : LA LEGENDE DU DESTIN

*** *** ***

Chapitre 16. Etre un vampire

***

La douleur s'était tue. Je m'attendais à un silence, mais rien du tout. Au contraire, c'était… Non, pas un vacarme, mais j'entendais tout. Le moindre mouvement, le vol d'un insecte, le bruit de la pluie, le souffle du vent. Et puis je sentais. Des odeurs. Des odeurs différentes que je ne parvenais pas encore à dissocier. J'ouvris les yeux.

Avais-je déjà vu jusqu'à aujourd'hui ? Tout était identique mais différent. Il me semblait voir tout autrement. Pour l'instant je ne voyais que le plafond de la pièce où je me trouvais. Pourtant je pouvais voir la moindre imperfection. Je clignai des yeux comme pour vérifier si je n'étais pas en train d'halluciner ou de rêver.

Je me relevai ensuite en position assise. Je l'avais fait sans effort, c'en était consternant. Ce n'est qu'à ce moment là que je m'aperçus que je n'étais pas seul. D'instinct – hein ? – je me mis dans une espèce position défensive. Six personnes étaient là. Trois hommes et trois femmes. Tous étaient plus beaux les uns que les autres, même celui qui semblait avoir des cicatrices en forme de lune partout. L'un d'eux, le plus âgé semble-t-il, prit la parole.

- N'ai pas peur, nous ne te ferons pas de mal. Je sais que c'est déconcertant mais tu peux nous faire confiance. Je m'appelle Carlisle et si tu veux nous allons tout t'expliquer.

Je n'arrivais pas à lui faire confiance. Je ressentis cependant une vague de calme, comme si on influençait mes émotions. Ça me permit de me détendre afin d'écouter une quelconque explication.

- Très bien, je vous écoute.

Je fus extrêmement surpris par ma voix. En fait ce n'était pas ma voix. C'était bien moi qui avais parlé, mais ce n'était pas ma voix. Au lieu de ma voix habituelle, assez grave quand même, un ténor avait prononcé mes mots. Un ténor même envoutant. Je dus effectivement avoir l'air très surpris car ils se regardèrent et échangèrent un regard entendu.

- Bien. Essaie de rester calme et de me laisser finir. Cela va surement te demander beaucoup d'efforts et c'est normal, mais essaie de prendre sur toi pour que l'on puisse tout te raconter et te rassurer. Je m'appelle donc Carlisle et voici ma famille. Mon épouse, Esmée, et nos enfants adoptifs : Alice, Jasper, Rosalie et Emmett.

La présentation me permit de les détailler davantage. Ils étaient vraiment beaux. Je remarquai que le dénommé Jasper semblait protéger Alice – un espèce de lutin – et le grand baraqué Emmett la top-modèle Rosalie. Ils devaient être respectivement en couple. Quant à Carlisle et Esmée ils semblaient refléter une grande bonté dans leur regard.

- Je sais que tu dois être déboussolé. C'est normal.

- Que m'est-il arrivé ? Combien de temps ai-je été inconscient ?

Ma voix continuait de me surprendre. Il m'était arrivé quelque chose de grave. Je me sentais m'énerver facilement, surtout à ne rien comprendre, mais ce n'était pas mon genre habituel. Et puis, en plus des impressions physiques étranges, ma gorge commençait à me brûler.

- Tu as été attaqué. J'imagine que tu as déjà entendu parler de vampires… Et bien dans cette clairière tu as été attaqué par un vampire. Un loup-garou a essayé de te sauver mais c'était trop tard, il t'avait déjà mordu.

- Pardon ?

Vampire. Loup-garou. Et puis quoi encore ? Ils se moquaient de moi ou quoi ? Je m'étais encore remis en position défensive, ou offensive je ne sais même plus. J'avais agi d'instinct.

- Attends, calmes-toi, je t'en prie. Ce loup ne semblait pas vouloir te tuer après malgré ton imminente transformation. Tu as eu de la chance. Normalement leur mission est de tuer les vampires. Nous sommes arrivés ma famille et moi et nous lui avons proposé un marché. Si nous prenions soin de toi et t'expliquions certaines choses il ne te tuerait pas. Il a accepté le marché. Il ne semblait vraiment pas vouloir te tuer.

- Quelles choses ?

Je m'étais légèrement détendu. Ce Carlisle avait une voix qui mettait en confiance.

- Que tu n'es pas obligé de te nourrir de sang humain. Tu es devenu un vampire, mais tuer des gens n'est pas une fatalité. Vois-tu, ma famille et moi nous nourrissons de sang d'animaux. Je t'avoue que ça ne procure pas autant de plaisir que le sang des humains, mais au moins ça nous permet de vivre. Ainsi nous n'avons pas à tuer et cela nous permet de vivre parmi les humains. C'est un choix que nous te laissons.

Je me redressai et les observai davantage. Des vampires. Oui, il pouvait dire la vérité. Ils avaient la peau tellement pâle et ils étaient tous d'une beauté surhumaine. Puis je regardai mes propres mains. Je n'avais jamais été très bronzé mais moi aussi j'étais très pâle. Je pris peur devant cette réalité. Un vampire. J'étais devenu un vampire. Une angoisse me saisit doublé d'une colère. Pourquoi moi ? J'eus envie de tout casser. Aussitôt une nouvelle onde de calme m'assaillit.

- Je peux vous poser une question ?

- Bien sur.

- J'ai l'impression de recevoir régulièrement des ondes de calme. Pourquoi ?

- Vois-tu, certains vampires ont des pouvoirs particuliers. Alice voit l'avenir, elle avait vu te faire mordre et nous sommes vraiment désolés de ne pas être arrivés avant. Jasper lui ressent tes émotions et peut les influencer. Les nouveau-nés, c'est comme cela que nous appelons les très jeunes vampires, sont guidés par leur instinct et sont d'humeur très changeante. Nous passons tous par cette étape. Jasper va t'aider si tu veux bien à te contrôler. Il faut également que tu prennes conscience de quelque chose. Que tu décides de rester avec nous ou non, personne ne doit savoir que tu es un vampire. Ça impose une ou deux règles. Ne pas te mettre en plein soleil devant tout le monde, nous te montrerons pourquoi. Ce n'est pas mortel, mais c'est très voyant. Et si tu décides de ne pas chasser les animaux, de ne pas chasser sous les yeux de tout le monde et d'être très discret.

Il me laissait le choix. Mais je n'arrivais pas à réfléchir, j'avais cette brûlure dans la gorge qui me torturait.

- Ma gorge me brûle.

- Tu as soif. Il faut que tu chasses. Acceptes-tu de venir avec nous et de chasser des animaux ? Nous pourrons reparler de tout ça après.

J'acquiesçai. Après tout pour l'instant ils étaient mes seuls guides et l'idée de tuer quelqu'un me répugnait. Vivre aux dépends des autres… Et puis je savais que j'aurais profondément déçu Bella.

Bella. Oh mon dieu ! Elle doit être dans tous ses états ! Je demanderai ensuite quand je pourrai aller la rassurer.

Avant de partir Carlisle posa une dernière question.

- Ecoute, tu n'es pas obligé de répondre, mais nous ne connaissons pas ton nom et nous n'avons pas voulu fouiller dans tes poches pour le savoir.

Je crois que je pouvais légitimement leur donner mon nom.

- Edward. Edward Masen.

Et ils m'amenèrent en forêt. Je vis tout de suite que je n'étais pas à Forks. Je remarquai également que je n'avais pas froid. Alice me précéda, ayant surement vu ma question.

- Tu ne crains plus ni le froid ni la chaleur. Maintenant, écoute mon conseil. Ne t'inquiète pas, aucun humain n'est dans les environs, tu ne feras de mal à personne. Les animaux ne sont pas le met le plus savoureux, mais c'est déjà ça. Quand nous chassons, nos sens sont aiguisés, en particulier notre odorat. Maintenant en tant que vampire tu as non seulement une très grande force mais aussi une très grande vitesse. Ça viendra tout seul. Et même si tu n'as pas de crocs comme les films le font croire tes dents sont très aiguisées. Tu dois te concentrer sur ton odorat et laisser ton instinct faire. Nous te suivrons au loin. Quand tu auras repéré une proie, fonce, ne te pose pas de question. Ça se fera tout seul.

Et elle partit… à vitesse vampirique. Je commençais à mieux comprendre ce qu'elle voulait dire par grande vitesse. Mais n'allais-je pas me prendre un arbre ? Non, pas avec ma nouvelle vision. Je sentis une odeur. Pas très alléchante, mais vu ma brûlure je ne pouvais pas faire ma fine bouche. Alors je me laissai guider par mon instinct. Et en moins de temps qu'il fallait pour le dire je sentais le liquide chaud couler dans ma gorge.

***

Nous ne sommes rentrés que quand je me suis senti vraiment repus. Ma brûlure s'était fortement amoindrie, ce qui me permettait de réfléchir davantage. Je voyais encore toute la famille un peu tendue en ma présence, mais si effectivement je pouvais m'emporter aussi facilement je ne m'en formalisai pas. Pour montrer ma bonne volonté je proposai même de continuer la conversation à l'extérieur au cas où je dérape.

Avant que tout reprenne, Alice éclata de rire. On aurait dit un son de clochettes. Tout le monde la regarda avec incrédulité.

- Emmett, je te déconseille de lui proposer le bras de fer. Tu vas te faire ridiculiser, attends encore un peu.

Tout le monde la suivit, mais moi je ne comprenais pas vraiment. Ce fut Jasper qui vola à mon secours.

- Les nouveau-nés ont une force encore plus grande que les vampires normaux car ils ont encore leur sang dans leurs veines qui les rend bien plus forts. Apparemment tu battrais même Emmett.

J'avais peine à y croire vu la masse de muscles mais après tout je n'étais plus à une révélation près. Nous reprîmes alors la discussion, ils me laissèrent libre-court à mes interrogations.

- Où sommes-nous ?

- En Alaska. Nous n'avons pas pu t'amener loin pendant ta transformation qui a duré trois jours car tu hurlais de douleur, ce qui était normal. Le venin qui traverse des veines est des plus douloureux.

- Puis-je retourner chez moi ?

Là ils se regardèrent d'un air gêné. Je compris que je n'allais vraiment pas aimer la réponse.

- Non, pas pour l'instant Edward. Et il vaut mieux que tout le monde te croit mort.

- Quoi ?

Maintenant je comprenais mieux ce qu'ils appelaient par « changement d'humeur ». Je venais d'entrer dans une colère noire. Il était hors de question que j'abandonne Bella.

- Edward, essaie de te calmer.

- Je te retournerai à Forks.

- Tu ne dois pas t'approcher des humains Edward. Leur odeur sera irrésistible pour toi. Si tu veux rester au régime animalier tu dois attendre d'être un vampire un peu plus âgé.

- NON !

Et je me jetai sur Carlisle. Il n'y était pour rien mais je ne voulais pas le croire. Cependant on m'empêcha d'arriver à destination. Emmett et Jasper s'étaient mis après moi. Je vis qu'effectivement j'étais plus fort mais ils étaient plus expérimentés. Au bout d'un moment ils m'immobilisèrent. Jasper me fixa alors droit dans les yeux.

- Edward, écoutes-moi ! Tu ne veux certainement pas faire du mal aux personnes qui te sont chères. Si on fait ça c'est pour te protéger et les protéger. Si tu y vas c'est la mort assurée pour eux, de par tes mains et tes dents. Est-ce que c'est ça que tu veux ? Les tuer car tu n'arriveras pas à te contrôler ?

Puis j'imaginai Bella morte, vidée de son sang par ma faute. Les yeux fermés, sans vie. Je me détendis immédiatement et un chagrin immense s'empara de moi. Non, il devait y avoir une solution. Emmett et Jasper me relâchèrent et s'éloignèrent un peu.

Des sanglots s'étaient emparés de moi. Je n'avais même pas essayé de cacher mes larmes car on me demandait de renoncer à Bella pour lui sauver la vie. Alors j'attendis que mes larmes coulent. Pourtant elles ne vinrent jamais. Je n'étais même plus capable de pleurer. J'étais devenu un monstre qui pouvait tuer la seule personne qui comptait vraiment pour moi d'un seul geste. Pourtant je sanglotais. C'était donc ça pleurer pour les vampires ?

Je sentis des bras s'emparer de moi. Je reconnus l'odeur d'Alice. Elle venait m'enlacer pour me consoler, comme l'aurait fait une grande sœur. Je remarquai immédiatement que la manière dont elle m'avait pris dans mes bras était différente de celle de Bella dans la clairière. Si je ne pouvais revoir ma bienaimée je me promis alors de m'accrocher à nos souvenirs.

Je continuai à sangloter ainsi pendant un bon moment. Je voulais mourir. Je pouvais supporter beaucoup de choses, toutes les malédictions, mais pas sa perte. Ne plus la voir, ne plus l'entendre rire, ne plus sentir ses lèvres sur les miennes. Jamais je n'avais réussi à imaginer telle situation. Elle m'était insupportable.

C'est à ce moment là que je pris une résolution. Je deviendrai exemplaire. Jamais je ne goûterai au sang humain, je ferai tout pour apprendre à résister. Pour un jour pouvoir la revoir. Pour Bella.

Au moment où je me dis ça j'entendis un cri hystérique dans mon oreille. Tout le monde sursauta.

- Merci Edward, j'étais certaine que tu accepterais de rester, tu vas voir on va bien s'amuser tous ensembles !

Ah, Alice avait certainement eu une vision. Elle me fit penser un peu à Ashley. D'ailleurs tous me rappelaient un des membres du groupe. Sauf une. Personne de toute façon ne pourrait lui arriver à la cheville. Je choisis également de ne pas parler d'elle. Mon plus grand regret fut de ne pas avoir de photos d'elle. Il allait vraiment falloir que je garde chaque détail de nos moments passés ensemble dans ma tête.

- Allez viens ! Je suis sure que tu veux prendre une douche et te changer ! J'ai été faire quelques courses pour t'acheter de quoi t'habiller. On va te montrer ta chambre aussi.

Je me laissai donc entrainer par le lutin. Emmett riait devant son attitude et Jasper essayait de la contenir, sans succès. Carlisle et Esmée nous regardait d'un air attendri et surement soulagé de ma décision, quant à Rosalie elle semblait distante. J'imagine qu'elle ne devait pas aimer énormément le changement.

La chambre était vraiment belle. Bien décorée.

- C'est Esmée qui s'est occupée de la décorer pendant ta transformation avec mon aide. Est-ce qu'elle te plait ?

On aurait dit un enfant qui voulait montrer son chef d'œuvre à ses parents.

- Oui, beaucoup, merci.

Puis j'aperçu mon reflet dans le miroir. Je me tendis immédiatement. Ça ne pouvait être moi. Pourtant si. J'étais le même mais mes traits avaient changés. Mes cheveux étaient devenus plus soyeux, et les reflets cuivrés avaient été très fortement accentués. Mon visage était mieux dessiné, il n'y avait plus aucune imperfection. Mes muscles étaient encore parfaitement définis. Mais ce qui me choqua le plus, c'était mes yeux. Ils étaient rouges. Ce fut Carlisle qui répondit à mes interrogations muettes.

- Vois-tu Edward, les vampires ont tout pour être de parfaits prédateurs. En plus de leur force, de leur rapidité et de leurs sens aiguisés ils ont quelques armes cachées. Leur beauté pour attirer leurs proies. L'odeur qu'ils émettent. Et également du venin. Tu as dû le sentir quand tu as chassé.

Oui, je l'avais senti. Il avait coulé dans ma bouche dès que j'avais humé l'odeur de ma proie mais trop de choses se passaient dans ma tête pour m'en formaliser.

- Mes yeux…

- Ils prendront la couleur ocre au fur et à mesure du temps. Pour l'instant ils sont encore rouges de ton propre sang. Tant que tu seras un nouveau-né, avec cette force et ton sang humain, tu auras ces yeux rouges. C'est en chassant le sang d'animaux que tu obtiens la couleur dorée que nous avons. Si tu chassais les humains tu garderais la couleur rouge, ou bordeaux. Il faut aussi que tu saches que la couleur peut changer si tu as soif ou que tu es en colère. En tel cas, ils deviennent noirs.

C'est dans mon reflet dans le miroir que je pris pleinement conscience de ce que j'étais devenu. La chasse s'était passée instinctivement et j'étais trop déboussolé pour savoir vraiment ce que je faisais. C'était un besoin vital. Les explications n'étaient que néant, brouillard. Mais mon reflet et ma voix étaient bien réels. J'étais tellement pâle, et tellement attirant. J'avais conscience de ma beauté. Je savais que je n'avais jamais été moche, il n'y avait qu'à voir l'effet que je faisais à… à Bella. Mais là, c'était irréel.

On me laissa le temps de m'apprivoiser et d'accepter ce reflet. Alice s'approcha.

- Ne t'inquiète pas, ça n'a jamais été facile au début. Tu apprendras et tu pourras retrouver une vie presque normale.

- Alice ? Pourquoi on ne peut pas se montrer au soleil ?

- Et bien… Nous étincelons au soleil. Comme si les rayons reflétaient des milliers de diamants. Ce n'est pas très discret. Ne t'inquiète pas. Nous t'apprendrons tout ça. Tu as de la chance, tu n'es pas seul. Maintenant repose toi.

- Je ne me sens pas fatigué, malgré toutes mes émotions.

- C'est normal Edward, tu ne dormiras plus jamais. Les vampires ne dorment pas. J'ai eu dans une vision tout à l'heure que tu voulais demander un piano. J'en ai déjà parlé à Carlisle et Esmée. On va t'en acheter un, c'est la moindre chose que l'on puisse faire.

- La moindre chose ? Mais vous m'accueillez alors que vous ne me connaissez pas, vous avez la patience de tout m'expliquer, vous semblez me considérer comme l'un des vôtres et j'en passe !

- Edward, commença Esmée. Tu fais partie de la famille maintenant. Nous n'avons pas réussi à arriver à temps et j'en suis désolée. Mais je suis très heureuse de t'accueillir ici.

Elle avait un sourire que je connaissais. Celui de ma mère. La même bienveillance, le même amour maternel. Je ne pus m'empêcher de lui rendre son sourire pour la remercier. On me laissa ensuite seul pour que je puisse me doucher.

J'avais mis le thermostat de la douche à 38°C comme à mon habitude. Mais jamais je n'aurais cru que je puisse trouver ça vraiment chaud. C'était pourtant la température du corps à peu de chose près. Je me rappelai à ce moment là de la sensation de la main froide, glacée sur mon front ou mon poignet. Mon corps avait dorénavant aussi adopté cette température. Toutefois l'eau ne me brûlait pas, au contraire elle me faisait du bien. J'augmentai alors la température, comme pour me rappeler de la sensation de chaleur.

Les heures passèrent ensuite. Je fis attention à ne pas penser à Bella, sachant que si je le faisais j'allais me laisser submerger par mes émotions de jeune vampire. Je vis le soleil se coucher, je vis le soleil se lever. Je remarquai alors que j'avais passé plusieurs heures sans bouger aucunement, et je n'étais absolument pas engourdi ou inconfortable. Je voulus faire alors un essai. Je retins ma respiration. C'était inconfortable, je m'étais habitué à sentir les odeurs. Mais ce n'était pas vital. Oui j'avais bien des choses à apprendre à propos des vampires. Au moins ça m'occuperait l'esprit.

Pourtant chaque geste des Cullen – c'est comme ça que s'appelait la famille – me rappelait un souvenir lié à Bella. Un sourire. Une manière de se déplacer. Une phrase. A chaque fois je sentais davantage ce vide qui me donnait envie de mourir. Mais je me forçai à me dire qu'un jour je la reverrais. Même si ce n'était que pour l'apercevoir.

Jasper et Alice restaient près de moi. Jasper essayait d'influencer mes émotions pour me rendre tout ça plus supportable et Alice m'apportait sa fraicheur. Ses visions aussi permettaient de prévenir de mes changements d'humeur.

Rosalie était un peu plus distante mais Alice m'avait expliqué que c'est parce qu'elle est mal à l'aise dès qu'il y a du changement. Emmett m'avait quant à lui finalement défié au bras de fer, et comme le lutin l'avait vu, je l'avais battu sans aucun problème. Le match avait été fait sous une pluie de paris et un tonnerre d'applaudissements pour moi à la fin. Les Cullen faisaient tout pour que je me sente mieux.

Le jour qui me marqua le plus en tant que jeune vampire arriva environ un mois après mon réveil. J'avais déjà commencé à prendre mes marques et on avait accepté mes silences. Bella me manquait un peu plus chaque jour, et ne pas savoir comment elle allait était insupportable. Pour autant je ne voulais pas parler d'elle aux Cullen. Ce jour là donc, j'entendis Jasper se demander pourquoi j'étais toujours aussi triste. Je choisis de lui répondre un minimum par respect pour tout ce qu'il faisait pour moi.

- Ceux que j'ai laissés derrière moi me manquent.

- Pardon ?

Il me regarda étrangement.

- Tu as demandé pourquoi j'étais aussi triste.

- Non Edward, je n'ai rien demandé. Je…

Je n'ai rien dit, mais je m'interrogeais effectivement… à moins que je n'aie parlé à voix haute ?

- « Je n'ai rien dit, mais je m'interrogeais effectivement… à moins que j'aie parlé à voix haute ? » c'est bien ce que tu as pensé ?

Il me regarda avec de grands yeux. Je commençais à prendre conscience de ce qu'il se passait. Carlisle guettait l'apparition d'un éventuel pouvoir. On dirait qu'il venait de se manifester.

Tu entends mes pensées ?

- On dirait oui. Carlisle !

Aussitôt tout le monde arriva. Ils avaient dû entendre la conversation. Et j'eus un brouhaha de pensées dans ma tête. C'est à partir de ce moment là que j'entendis les pensées des gens. Au début ce fut très gênant, mais j'appris peu à peu à être moins gêné et à faire abstraction de ce que j'entendais. J'étais bien heureux de mon côté qu'on n'entende pas les miennes qui étaient tout le temps portées sur Bella. Elle était devenue mon secret. Mon trésor. Ma récompense ultime. Tout ce que je faisais me rapprochait d'elle.