Double excuse. Pour l'arrivée tardive et pour la très très petite taille du chapitre. La même excuse : malade. J'ai une espèce de sale grippe depuis hier soir. Bref, j'ai eu du mal à taper mon chapitre, du même coup il est court car je n'ai pas réussi à bien le développer. Néanmoins comme il était une transition ce n'est pas grave pour l'histoire ^^ Je vous laisse donc à votre lecture. Je ne promets rien pour demain, ça dépendra de mon état. Bisous !
Cbihi : Merci beaucoup ! Je ne suis pas certaine du résultat de ce chapitre à cause de mon état mais bon, j'ai une bonne excuse lol
bosoleil1979 : Examens terminés, miracle ! Merci beaucoup pour ta review ! =D
Dawn : Voici maintenant un Edward un peu plus âgé lol. J'espère qu'il te plaira autant !
Amande : Merci beaucoup pour ta review qui m'a fait super plaisir =D Voici la suite, j'espère que tu aimeras !
claudia220 : Les chapitres suivants seront moins tristes, promis ! Tu as passé le pire ;)
Patricia : je ne suis pas certaine que ce chapitre soit aussi bien, mais tes reviews font toujours plaisir !
Time Tell Will : Désolée, Bella ne revient pas dans celui là lol. Ta review m'a bien fait rire en tous cas. Oui ça fait beaucoup pour ses frêles épaules, mais bon avec la force vampirique elle doit arriver à le porter XD
Galswinthe : Je pense que tu vas être encore frustrée de l'endroit où j'ai arrêté...XD Je te laisse la surprise !
Chapitre 18. Retour à Forks
***
Ecosse, environ un siècle plus tard.
- Les enfants, il va falloir partir.
Carlisle nous avait tous réunis dans la salle à manger. Nous nous doutions tous du sujet du jour – enfin moi je le connaissais évidemment – il n'était vraiment pas difficile à deviner. Depuis cinq années nous étions là et déjà on commençait à éveiller des soupçons.
C'était devenu une habitude pour moi de déménager avec ma famille. Alaska, France, Russie, Angleterre, Canada… J'avais déjà commencé à explorer pas mal de pays. Je parlais maintenant dix-huit langues. J'avais avancé, en apparence du moins.
Au fond de moi j'étais toujours aussi détruit. On aurait pu croire que les années auraient diminué la peine. Non, elle était juste plus supportable à force d'habitude. Mais pas une seule journée je ne pensais pas à elle. J'avais réussi à honorer ma promesse. J'avais agi en l'honneur de sa mémoire et de sa bonté d'âme. Pas une fois je n'avais goûté au sang humain. Failli le faire par trois fois mais à chaque fois j'entendais sa voix dans ma tête qui me ramenait à la raison. Elle me demandait de ne pas le faire, que je valais mieux que ça. Elle continuait de me protéger.
- Et où allons-nous ?
Rosalie était un peu excédée par ces déménagements, surtout qu'elle commençait à se plaire ici. Elle savait néanmoins que c'était nécessaire. Je lus dans l'esprit de Carlisle qu'il ignorait quelle serait la prochaine destination, d'où la réunion.
- C'est une bonne question. J'aimerais avoir votre avis. Selon moi nous devons éviter l'Europe. On y a passé trop de temps ces dernières années. Ce serait dangereux.
Oui. Pourtant j'aimais bien. Les mentalités étaient différentes et ça me permettait de me changer un peu les idées et d'étudier d'autres esprits humains. Aucun n'avait été néanmoins vraiment digne d'attention. Aucun n'était aussi intéressant que le sien.
- Etats-Unis alors ?
Jasper avait envie d'y retourner. On avait évité le Géant par ma faute. J'étais censé être mort et on ne savait jamais sur qui on pouvait tomber. Je savais que cet exile les avait un peu pesé, à l'exception d'Alice qui adorait Paris et l'Europe. Ils l'avaient cependant accepté sans aucun problème, sachant que c'était nécessaire compte tenu des moyens de communications aussi développés que ceux de notre époque.
- C'est une idée en effet, approuva Carlisle.
Les Etats-Unis. Ça remontait à si loin maintenant ! Dans les circonstances actuelles on pouvait vraiment dire un siècle. Rien que d'y penser mon cœur mort saignait à nouveau. Je savais qu'il fallait malgré tout faire face à tout ça. Je n'avais fait que ramper jusqu'à maintenant. Il me fallait recommencer à me lever.
- De préférence au Nord dans ce cas là.
Rosalie n'avait pas dit haut et fort la destination à laquelle elle pensait, elle et plusieurs autres membres de la famille. Je compris qu'ils ne l'évoqueraient pas si je ne le faisais pas. Mais étais-je seulement capable d'y retourner ? La dernière fois que j'y suis allé j'y ai appris sa mort. Ou peut-être devais-je y aller. Me rappeler encore une fois qu'à cause de moi elle a abandonné. Retourner là où nous allions pour faire revivre nos souvenirs. Forks. Là où je suis né. Là où j'ai aimé. Là où je suis mort. Oui. Je dois en être capable. Je n'ai pas le choix. J'ai fui encore ma douleur et la réalité pendant ce siècle. Il est temps que je fasse face.
- Forks. Il y a toujours la villa de ma mère je crois.
Ma voix avait été un murmure. Tous les regards étaient tournés vers moi. Esmée et Carlisle étaient fiers de moi que j'arrive à formuler l'idée. Alice était soulagée que je ne me sois pas entièrement renfermée. Emmett se réjouit des potentiels futurs grizzlis. Jasper et Rosalie étaient contents car cet endroit leur permettrait de vivre presque normalement.
- Es-tu certain de ta proposition Edward ? Nous savons tous combien il t'est difficile de penser au passé, et c'est à Forks que tu as vécu toute ton humanité.
Encore une fois, il était plein de compassion. Il voulait me laisser le choix, ne pas m'obliger. Je regardai alors par la fenêtre. Il faisait un magnifique soleil de juillet. Oui il me sera difficile d'y retourner. Mais je dois le faire. Pour elle.
- Oui. Il est temps. La villa est assez grande pour tous nous accueillir et je suis bien placé pour savoir que le temps y est idéal pour nous. Si nous voulons retourner aux Etats-Unis, c'est la destination de choix.
Alice eut au même moment une vision de notre rentrée au lycée. A mon lycée. Notre décision était prise. Nous irions à Forks.
***
Forks, quelques semaines plus tard.
Redécouvrir la maison a été extrêmement éprouvant. Mais nous n'eûmes pas le temps au début d'être sentimentaux car les loups de la Push arrivèrent. Je fus le premier surpris de voir Jacob Black en première ligne. Je lui appris par la même occasion que j'entendais les pensées, ce qui lui permit de rester sous sa forme animale. Le pacte fut renouvelé. Les Cullen m'en avaient parlé il y a bien longtemps, quand j'avais voulu avoir plus d'informations sur les loups-garous.
Alors que Black allait partir, je le retins le temps d'une phrase.
- Je n'ai jamais trahi sa mémoire et les Cullen n'ont jamais trahi leur promesse envers toi.
Ainsi il savait que ce qu'il avait fait ce jour là, en me sauvant, n'avait pas été entièrement vain. Il me remercia d'un hochement de tête et j'entendis dans sa tête qu'il avait compris le message.
Vint ensuite la redécouverte de la villa et de la ville. La première chose que je fis fut de réaccorder le piano. Mon piano blanc à queue. Celui où elle jouait. Je repris ma chambre et demandai à Esmée et Carlisle de prendre celle de mes parents. C'était la plus grande et pour moi cela me semblait naturel qu'elle leur revienne. Je demandai également à Rosalie et Emmett de faire attention à ne pas détruire la leur. Cette villa j'y tenais. Emmett le prit évidemment sur le ton de l'humour mais je sus que le message était passé.
Que dire sur les émotions qui m'ont submergé ? La nostalgie a été vraiment très présente. Pas que de la mauvaise. Parfois en me remémorant certains souvenirs je parvins même à avoir le sourire. A d'autres moments c'était de la mélancolie. Dans ces moments là j'essayais de m'éloigner de Jasper. Le pauvre, j'ignore comment il a réussi à vivre autant avec moi.
Puis d'autres détails me vinrent et se firent de plus en plus présents dans mon esprit. J'y avais déjà pensé auparavant mais j'avais abandonné cette réflexion car j'avais trop mal. Cependant plus le temps passait, plus je me demandais si effectivement Bella n'avait pas vu les Cullen dans son rêve. Si elle ne nous avait pas vus maintenant. A vivre ici, tous les sept, ou huit si elle avait été présente. Mon adoption, mon nombre de frères – et je savais que j'avais aussi des sœurs – les caractères explosifs… Je ne sais pas. Comme une intuition.
Et puis ça aurait expliqué pourquoi elle aurait gardé le silence. Si elle les avait vraiment vus en vampires, elle aurait eu deux raisons de ne rien dire. Ne pas se faire prendre encore plus pour une folle, et encore cette raison n'est pas géniale. Mais surtout le secret. Elle aurait été du genre à vouloir me protéger. Une des premières règles que j'ai apprises en tant que jeune vampire était ce secret, imposé par les Volturi. Il parait qu'Aro peut lire le passé et les pensées les plus secrètes d'une personne d'un simple contact. Mais une fois encore, des questions sans réponses.
Nous reprîmes notre histoire classique pour les humains. Alice, Emmett et moi étions frères et sœurs. Rosalie et Jasper qui se ressemblent un peu étaient des jumeaux. Nous étions tous adoptés par Carlisle et Esmée. Je dois avouer qu'ici prendre le nom de Cullen me parut étrange. Bien sur il n'y avait plus de Masen à Forks depuis ma « mort ». J'aurais pu reprendre mon nom mais il aurait fallu revoir l'histoire. Après tout, qu'est-ce qu'un nom de famille ? Et je suis vraiment un Cullen maintenant. Oui, sauf qu'à Forks je suis Edward Anthony Masen. Le nom Cullen me semble de trop. Un peu comme si je trahissais mes parents. Je gardai néanmoins mes pensées pour moi.
Environ trois jours après notre arrivée j'allai me balader en ville, en prenant soin de ne rien dire à voix haute. Tant que je gardais mes pensées en moi Alice ne pouvait rien voir. Je sais, c'est l'hôpital qui se fout de la charité. Moi qui connais tout de tout le monde je fais tout ce qui est en mon pouvoir pour ne rien divulguer de Bella. Mais elle est la seule chose qui me reste. Ce souvenir. Alors j'ai le droit de le garder jalousement.
Je me retrouvai vite devant la maison des Swan. Je fus très surpris. Personne n'y habitait. La maison semblait abandonnée. Pas laissée à l'abandon, elle tenait encore debout, mais elle était abandonnée. Pas âme qui vive. J'en fus à la fois triste et soulagé. Triste car ça n'a fait que me rappeler encore plus leur absence. Soulagé car j'aurais eu du mal à imaginer d'autres personnes dans cette maison. J'aurais pu y rentrer mais j'y renonçai, à cause d'Alice mais aussi car si je suis masochiste je ne suis pas suicidaire, enfin pas actuellement.
Il y avait encore cet arbre. Je fis attention à ne pas lire la pancarte même si je savais ce qu'il y avait marqué. L'arbre avait grandi. Il était devenu centenaire maintenant. Il était beau et imposant. Mon téléphone vibra ensuite m'enlevant de mes pensées. Attention, rayons de soleil dans quelques minutes. Bisous !
Alice était vraiment géniale. Je partis donc. Cependant au lieu de m'enfoncer dans la ville je pris le chemin de la forêt. Je n'eus pas peur qu'Alice découvre le lieu où je comptais me rendre. Tous les Cullen la connaissaient puisque c'était là-bas qu'ils m'avaient récupéré la première fois. Je me dirigeai alors en direction de la clairière.
Le soleil arriva effectivement. La fin de l'été avait rendu le lieu encore plus beau. Nous n'avions jamais eu l'occasion de la voir ainsi, tous les deux. Nous n'avions eu le droit qu'à l'hiver et au printemps. Jamais à l'été. Il y avait des fleurs des champs de partout et les oiseaux chantaient joyeusement. Etrangement je m'y sentis bien. C'était pourtant là que ma vie avait basculé, là que j'avais perdu Bella. Pourtant c'est aussi ici que j'avais passé des moments merveilleux. C'était un peu comme si la boucle était bouclée. J'arrivais presque à entendre les pas de Bella derrière moi. Des pas légers mais maladroits. Je pouvais imaginer son rire. Ses chutes en se prenant les pieds dans les racines. Ses bouderies quand je me moquais d'elle.
En fait, en un siècle je n'avais jamais été aussi proche d'elle qu'en ce moment précis. Cette impression m'amena une étrange quiétude qui m'était restée inconnue depuis longtemps. Je venais de me retrouver. Il me manquait toujours ma moitié mais c'était comme si je venais de la faire revivre. C'était glauque car je venais de m'apercevoir que je vivais encore plus dans le passé, mais je me sentais bien.
Finalement elle était celle qui m'avait extirpé de mes rêves, de mes chimères à l'époque. Mais elle a également été celle qui m'y a replongé. Son absence éternelle m'avait été fatale. La seule différence est que j'arrivais à vivre en parallèle dans la réalité. Je n'étais pas le fantôme, le brouillard de l'époque. J'avais réussi à avoir une vie avec mes frères et sœurs. Ils avaient pris soin de moi et j'avais pris soin d'eux comme je pouvais. Je dois avouer que je ne pouvais tomber dans une meilleure famille. Carlisle était un exemple de mode de vie irréprochable, Esmée était des plus aimante, et quant aux autres fous, pas une seule journée ne se ressemblait. Nous enchainions les paris tous plus stupides les uns que les autres et on adorait ça. Mais le mieux était les parties de base-ball. Au moins à Forks nous devrions pouvoir en faire régulièrement.
D'accord, je l'avoue, une fois l'envie du sang contrôlée, être un vampire n'avait pas que des inconvénients… Quand vous n'êtes pas seuls comme moi. Au moins pendant toutes ces années j'en avais écrit des morceaux pour Bella. Je m'étais aussi perfectionné à la guitare et je m'étais essayé à la batterie. Voilà comment s'était organisée ma vie durant ce siècle. J'étais devenu un vampire centenaire, plus célibataire que jamais et pleurant sa bienaimée, mais malgré tout un peu heureux grâce à sa famille extraordinaire.
La rentrée scolaire me procura un choc émotionnel en revanche. Alice l'avait vu et donc je m'y étais un peu préparé, mais si peu par rapport à tout ce que j'ai ressenti.
Rien n'avait changé. Je compris alors un peu mieux ce qu'avait ressenti Bella quand elle avait découvert le lycée pour la première fois, vu que tout y était identique. Pour moi ça faisait si longtemps que ça me paraissait aussi être un rêve. Pourtant je vis Bella passer le pas de la porte de la cafétéria pour la première fois en compagnie d'Ashley. Me replonger dans ces lieux fut à la fois une bénédiction et une malédiction. Bénédiction car je retrouvai des souvenirs de Bella enfouis. Malédiction car je souffris encore bien plus que d'habitude.
Je fus encore plus irrité de voir toutes les filles en train de s'imaginer sortir avec moi. J'avais pris l'habitude à force, mais ici ça m'énervait vraiment. Jasper était encore là heureusement pour m'aider. J'avais envie de dire à toutes ces victimes de leurs hormones « arrêtez, je suis avec Bella » ou « c'est maintenant que vous me voyez alors qu'avant vous me fuyiez comme la peste ? ». Je me ravisai car comment elles auraient pu comprendre ? Comment leur expliquer qu'il y a un siècle j'étais là, à la table du fond, recroquevillé sur moi-même ? Comment leur expliquer qu'une jeune fille, à première vue insignifiante, appelée Isabella Marie Swan, avait foulé les couloirs du lycée ? Comment leur expliquer qu'en réalité elle était la femme la plus extraordinaire que l'on pouvait rencontrer et que tous les mecs étaient à ses pieds ?
Je repris les mêmes cours que j'avais à l'époque. Encore une fois j'avais l'impression de me rattacher comme dans un dernier espoir aux liens que j'avais avec elle. Parfois même je me demandais si je ne faisais pas tout pour me rattacher à ça, si je ne faisais pas en sorte de ne pas tourner la page intentionnellement mais qu'en fait j'en serais capable. Puis à la minute qui suivait le revoyais malgré moi son visage dans ma tête et je m'insultais intérieurement d'avoir eu une telle pensée. Bella était vraiment la femme de ma vie.
Ainsi passa la première année. Rien ne m'avait préparé à ce qui allait suivre.
