Avant tout, merci pour vos adorables reviews. Comme vous devez vous en douter puisque voilà le chapitre, je me sens mieux. Je crois qu'hier a été le pic et maintenant je devrais pouvoir garder au moins les yeux ouverts lol. Alors comme je suis dans mon blabla sur ma vie, mes examens sont terminés (enfin !) Résultat le 27, je vous dirai évidemment. Si je suis admise en 3° année, je suis officiellement en vacances. La classe ! Mes premières véritables depuis celles de l'année dernière. Youpi ! Bref, ça veut dire que la FF continuera à un bon rythme !
Je dois vous faire un aveu. J'ai eu une envie énorme de vous faire encore languir. Allez voir la fin du chapitre 19 du POV de Bella, et vous verrez là où je m'étais arrêtée. J'ai failli faire de même. Puis je me suis ravisée, me disant que là j'aurais dépassé le degré légal de sadisme. Je vous laisse donc découvrir ce chapitre très attendu !
Céline : Tu sais, j'ai eu du mal à ne pas convaincre les Cullen mine de rien XD Je savais qu'il fallait qu'il vive, mais à écrire ça n'a pas été évident lol. Bref, je pense qu'il va apprécier de ne pas être mort finalement...
Cbihi : Non, rien ne m'arrête ! Sinon ça se saurait XD La preuve ! Merci beaucoup pour ta review !
Time Tell Will : J'ai suivi tes ordres et j'ai presque réussi à chasser les microbes avec un coup de pied au Q ! Et avec les vacances je vais pouvoir me soigner et me reposer lol. Merci en tous cas pour ton roman de review qui fait toujours autant plaisir !
Patricia : Voici le prochain chapitre que je pense tu vas beaucoup aimer =D
Galswinthe : Allez, j'ai été gentille cette fois-ci au niveau de la découpe, je crois lol. Disons que je me suis retenue XD Bonne lecture !
julya : Au moment où j'allais poster le chapitre je reçois ta review, tu n'auras donc pas trop à attendre XD Bonne lecture ^^
Chapitre 19. Plus fort que le bonheur
***
Ma vie a été ponctuée de monotonie et de changements radicaux. Je peux sans conteste les énumérer et les dater même. La mort de mon père. L'annonce du nouveau cancer de ma mère. La rencontre avec Bella. La mort de ma mère. La prise de conscience de mon amour pour Bella. Ma transformation et la rencontre avec les Cullen. Et… ça.
- Hey Eddie tu viens te faire une partie d'échecs ?
- Combien de fois Alice t'ai-je demandé de ne pas m'appeler Eddie ?
Evidemment, la seule réaction du lutin borné fut de rire. Je soupirai. J'étais et je resterais à jamais le petit dernier de la famille. J'avais beau avoir un siècle, rien n'y faisait. Parfois ça avait des avantages mais bien souvent je subissais les railleries habituelles dues au petit frère. D'autant plus que j'étais l'humain transformé le plus jeune, à quelques mois près. Bref, les dieux en avaient contre moi.
- Alors, tu joues ?
- Comme si tu ne le savais pas.
Une fois de plus le son de clochette retentit. Evidemment qu'elle connaissait ma réponse puisqu'elle avait eu la vision de nous deux jouant. Les parties d'échecs étaient particulièrement sympa à faire. Elle avait ses visions, je lisais ses pensées. Personne n'acceptait de jouer avec nous autrement, de la triche soi-disant. Est-ce ma faute si j'entends les pensées des uns et des autres ?
Nous nous installâmes devant l'échiquier et les paris commencèrent. Jasper évidemment fut pour Alice, jamais il n'irait contre elle. Emmett me soutint, et Rosalie se contenta de râler devant leur attitude immature. Et après on dit que c'est moi le « petit dernier ».
Jouer ainsi était particulièrement stimulant. Les visions d'Alice allaient extrêmement vite et je devais me concentrer sur elles tout en réfléchissant du coup à mes propres déplacements. Tout se passait à très grande vitesse, si grande que pendant ces moments là j'oubliais toute chose, ma douleur comprise. Il était très rare que je perde. En fait je n'avais perdu depuis très longtemps, mais ça ne dérangeait pas Alice. C'était comme un défi pour elle.
Cette fois là ne fit pas exception. Je gagnai au bout de deux minutes trente neuf secondes. Emmett remporta son pari pendant qu'Alice me tirait la langue. Je me sentais fier de moi, je dois l'avouer. Le regard d'Alice se perdit soudainement dans le vague. Je me concentrai sur sa vision et je fus le premier surpris de son contenu.
Quand elle revint à elle, elle me regarda perplexe avant de se tourner vers le téléphone. Il sonna au même moment.
- Qui ?, demanda Carlisle.
- Je crois que c'est Aro.
Tout le monde fut des plus étonné de la réponse de ma sœur. Pourtant, si, c'était bien Aro. Carlisle répondit et nous fûmes tous concentrés sur la conversation. Même Esmée qui normalement n'aime pas écouter les conversations des gens, par respect et peur de déranger.
- Vraiment ? Et vous dites qu'il est végétarien ?
- Tout à fait. Ne vous inquiétez pas, ce vampire ne vous posera pas de problème, à toi ou ton clan. Je voulais juste vous demander de tout faire pour ne pas l'effrayer. Je me suis arrangé pour l'inscrire au lycée, je te serais reconnaissant si lundi prochain aucun des membres de ton clan n'y allait, juste pour lui laisser un temps d'adaptation.
- Très bien, nous comprenons bien sûr. Mais si je peux me permettre, est-ce un homme ou une femme ?
- Je vous laisse la joie de le découvrir. Je dois te laisser, j'ai été très heureux de t'entendre mon ami. Et encore une fois, rassures-toi, ni toi ni ton clan n'avez à vous inquiéter. Ce vampire n'a jamais goûté au sang humain, pire que toi !
Cette réflexion arracha un sourire à mon père. Ils raccrochèrent après les civilités habituelles. Ainsi un vampire allait venir. Je n'aimais pas trop ça. Pourquoi Aro prenait-il le temps personnellement pour nous avertir ? Et puis pourquoi sait-il que nous sommes ici ?
Alors que tout le monde commençait à commenter cette étrange nouvelle Alice resta muette. Elle était même frustrée et je fus évidemment le seul à savoir pourquoi. Elle ne voyait pas l'arrivée du vampire. Et elle avait un mal fou à voir l'avenir. Comme si on venait de limiter son don de par cette prise de décision. Un peu comme pour les loups-garous. Ça ne me plaisait guère non plus. Jasper ressentit sa frustration et mon irritation.
- Que se passe-t-il vous deux ? Une vision ?
- Non, justement, s'énerva Alice. Rien du tout, pas même un commencement. Je n'arrive pas à voir ce vampire. Et notre futur est flou. C'est comme si on venait de me mettre sur une mauvaise fréquence. Je ne comprends pas ce qu'il se passe.
- Ce serait dû à cette arrivée ?, s'enquit Esmée.
- J'ai l'impression, répondis-je à la place d'Alice. Je n'aime pas ça, ce n'est pas normal. Le don d'Alice est ce qui nous protège le plus des aléas du futur, et si nous en sommes privés nous devenons plus vulnérables.
- Ce n'est qu'un vampire Edward, intervint Carlisle. Que voudrais-tu qu'il fasse contre nous-tous ?
- Je l'ignore. Je propose néanmoins de l'éviter tant que nous pouvons. Comme ça nous serons certains de ne pas avoir de problème. Ce qui en revanche peut en poser ce sont les Quileute.
Oui, même végétarien un vampire reste un vampire. Et il n'a pas signé de pacte avec les Quileute. Par ailleurs il vaudrait mieux qu'Aro n'apprenne pas leur existence, on ne sait jamais. Carlisle semblait avoir le même raisonnement que moi.
- Je vais appeler Jacob Black pour le prévenir. Je lui demanderai d'éviter tout contact sauf si nécessaire pour leur propre sécurité et leur anonymat. Il serait dommage que le pacte soit mis en danger de manière aussi stupide.
Vraiment, cette arrivée ne m'annonçait rien de bon.
***
Le Samedi passa. Je fis du piano toute la journée. J'avais eu ce besoin de jouer. Si ce vampire allait au lycée, je savais que cela allait me ramener de lointains souvenirs. L'arrivée de Bella. Je me rappelai vaguement de la conversation eue avec ma mère la veille. Elle avait peur que je finisse seul et elle avait voulu que je laisse une chance à cette fille qui débarquait de nulle part. A l'époque ce qu'elle me disait me paraissait irréel.
Pourtant cette arrivée là avait bouleversé ma vie. Je n'étais pas ressorti sans séquelle et les cicatrices étaient toujours ouvertes. Je ne le regrettai cependant pas. Elle avait été la plus belle chose qu'il me soit arrivé. Et puis j'avais gagné. Pas un seul de nos souvenirs ne s'était évaporé. Je m'y étais accroché avec tant de force et de ferveur que je me rappelais maintenant à peine de l'épisode de la clairière où j'avais été attaqué. C'était sans importance. Je me souvenais en revanche dans le moindre détail de notre dernier baiser passionné après qu'elle m'ait fait cette adorable moue.
Tu penses encore à elle n'est-ce pas ?
Alice avait toujours été très perspicace. J'hochai imperceptiblement la tête sans pour autant m'arrêter de jouer. Depuis que nous étions revenus à Forks je prenais encore plus de plaisir à jouer. C'était comme si la musique sonnait différemment. Peut-être parce que je jouais sur notre piano. Celui que je n'aurais jamais dû quitter.
Je guettai une éventuelle nouvelle conscience dans les environs, au cas où ce vampire serait déjà arrivé et flânerait dans les parages. Rien toutefois. C'était un samedi comme les autres. Ou presque. Alice était d'humeur un peu tendue à cause de ses visions. Elle était déstabilisée et semblait souffrir de migraines. Malheureusement aucun antidouleur ne pouvait la soulager dans le cas présent.
Le dimanche arriva. Une journée de plus dans ma triste existence. Pourquoi ne puis-je passer le temps en accéléré ?
Il y a un problème Edward ?
Jasper s'était approché de moi. Il me regardait avec des airs anxieux. J'examinai ses pensées. Il ressentait de la nervosité et de la frustration émanant de moi. Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée. Mais oui, j'étais nerveux. Anxieux même. Et puis… Surexcité.
Et c'est là que je compris. J'attendais trop de cette nouvelle venue malgré moi. Forks, un habitant de plus, l'attente désespérée en sachant que ça ne changerait rien. Malgré moi l'histoire se répétait et tout mon être s'enflammait. Et ça m'énervait car j'allais être déçu. Finalement j'étais heureux de ne pas avoir à aller en cours le lendemain. Au moins je n'aurai pas à subir l'excitation de tout le monde.
Lundi. Jour de lycée, mais jour où nous sècherions encore malgré les nuages. Carlisle partit de son côté à l'hôpital. Lui il avait le droit de poursuivre son quotidien. Et puis au nom de quoi Aro décidait tout comme ça ? Il n'avait qu'à prévenir que nous n'étions pas méchants, je ne vois pas en quoi le fait que nous ne soyons pas là aujourd'hui changerait quelque chose. Il voulait peut-être retarder un maximum la confrontation. Peut-être que ce vampire n'était pas aussi pacifiste que ce qu'il voulait bien le laisser croire. Et qu'est-ce qui me prouvait qu'il était réellement végétarien ?
J'eus soudain l'envie de passer toute ma colère sur lui. Tout ce que je retenais depuis des années car il me remettait dans une situation que je ne voulais pas revivre. Me souvenir oui, mais pas revivre. Même la colère était présente, comme celle que j'avais ressentie parce que Bella avait rendu l'atmosphère du lycée étouffante les jours qui avaient précédé son arrivée.
Je ne le connaissais pas, mais je haïssais ce vampire. Je ne voulais pas de lui. Et puis vu l'état dans lequel se trouvait Alice ça ne faisait que renforcer mon antipathie. Il me fallait me défouler.
- Et si nous allions chasser ? Ça fait un moment que nous n'avons pas chassé tous ensembles ou presque.
Tout le monde accepta, à l'exception d'Alice qui ne se sentait pas assez en forme et qui préférait rester au calme. Plus le temps passait plus elle avait du mal avec ses visions. Probablement dû à la proximité du vampire. C'était peut-être ça son don, comme une défense.
Nous sommes donc partis chasser. Tout le monde était venu à l'exception d'Alice et de Carlisle bien sûr qui était à l'hôpital. Tout le monde réfléchissait à cette situation. Esmée espérait que ce vampire n'apporterait pas de problème. Elle craignait pour sa famille, et puis c'était un Volturi. Il valait mieux ne pas les provoquer. Jasper partageait cette opinion. Emmett espérait que ce serait un mec qui voudrait bien se battre pour le plaisir, ça lui ferait un nouvel adversaire. Rosalie était indifférente à tout ça, hermétique. Ce qui l'embêtait le plus c'est qu'on lui dise ce qu'elle pouvait faire ou non.
La journée passa. Sachant que Carlisle ne devait pas tarder nous décidâmes de rentrer. Courir me procura une fois de plus un bienêtre incomparable. J'aimais la vitesse. Maintenant je n'avais aucun scrupule à conduire, et encore moins à conduire vite. Je m'étais aussi essayé au bateau et au scooter des mers. Génialissime.
J'étais maintenant assez proche de la villa quand je m'arrêtai net. Carlisle était déjà rentré. Alice était avec lui. J'entendais leurs pensées. Il y avait en revanche une troisième personne. J'avais beau me concentrer je n'arrivais pas à distinguer son esprit. Il était silencieux, bien qu'en pleine discussion.
Mais ce n'était pas le pire. Le pire était le visage. La fine bouche. Les nez droit, parfaitement proportionné. Le regard profond. Les cheveux bruns avec des reflets roux. De longues boucles descendant jusqu'en bas du dos. Une poitrine parfaitement dessinée. Un sourire à couper le souffle.
- Edward, il y a un problème ?
Tout le monde s'était arrêté. Ils me regardaient, inquiets. Jasper ne comprenait pas ce qu'il se passait. J'étais devenu un maelstrom d'émotions. Je ne savais plus qui j'étais, ce que je faisais là. Tout ce que je pouvais faire c'était observer ce vampire aux yeux d'or. Le vampire envoyé par Aro. Il me fallait en être témoin de mes propres yeux.
Je pouvais sentir mon cœur battre la chamade. Pourtant il était mort. Rien ne pouvait le faire repartir. Rien ? Peut-être. Personne ? Moins sur. Un être pouvait faire repartir mon cœur.
Je partis alors à toute vitesse et les autres me suivirent immédiatement, inquiets à propos de mon attitude. Je ne pouvais cependant pas parler. Je ne pouvais pas réfléchir. Je ne pouvais que m'élancer aussi vite que possible vers la villa. Rien n'aurait pu me détourner de ma mission, de mon but. On aurait pu sonner la fin du monde que je n'y aurais pas prêté la moindre attention.
Plus qu'un kilomètre. Ce n'est rien pour un vampire. Pourtant il a été le kilomètre le plus long de ma vie. Je pouvais distinguer chaque centième de seconde tellement qu'il était long.
Cinq cent mètres. Une chose pareille ne peut être possible. Si ça avait été le cas je l'aurais su.
Quatre cent mètres. Pourtant je la distingue encore maintenant dans les esprits de ma sœur et de mon père.
Trois cent mètres. Elle n'a plus ses prunelles chocolat mais son regard d'or ne trompe pas.
Deux cent mètres. Je ne savais pas qu'elle pouvait être encore plus belle. Pourtant si, c'était possible la preuve.
Cent mètres. Mais si tout ça c'était une illusion ? Si je prenais mes rêves pour la réalité une fois encore ?
J'entrai littéralement dans la porte, ne prenant même pas le soin de l'ouvrir. Elle éclata en mille morceaux. Derrière je sentais l'inquiétude des membres de la famille qui ne comprenaient rien. J'aurais aimé les rassurer, leur dire qu'il n'y a pas danger de mort mais j'en étais incapable.
Devant moi se tenait une femme. La vingtaine. Belle comme une déesse. Elle avait les yeux perdus dans le vague, un peu comme Alice quand elle a une vision. Quelques brides de pensées de cette dernière m'arrivaient d'ailleurs, me demandant ce qu'il se passe. Mais je ne pouvais rien dire, rien faire. J'étais trop choqué pour cela.
J'observais cette perfection en retenant mon souffle. Je refusai de détacher mon regard, de peur qu'elle ne s'envole. De peur que tout cela ne soit qu'un mirage, qu'un songe. Pourtant les vampires ne peuvent dormir, ne peuvent rêver. Alors ai-je une chance pour que tout cela soit réel ?
Son regard retrouva la vie. Moins d'une seconde plus tard elle le releva pour faire croiser ses yeux avec les miens. Doute, choc, perplexité, hébétude… Elle semblait aussi perdue que moi.
- Bella ? Edward ? Que se passe-t-il ?
Carlisle avait prononcé sa question à voix haute puisque je n'écoutais pas les pensées. Que lui dire ? Que j'étais en pleine hallucination ? Qu'un miracle venait peut-être de se produire ? Et quelque chose me frappa en plein cœur. Il avait dit « Bella ». Je ne rêvais donc pas, c'était bien elle derrière ces traits parfaitement dessinés. Ce nom n'avait pourtant pas été prononcé depuis si longtemps…
Soudain un doute encore plus profond m'assaillit. Si effectivement elle était vivante, peut-être m'avait-elle oublié. Peut-être n'étais-je plus qu'un lointain souvenir pour elle. Une brève aventure humaine. Quelque chose sans lendemain. Si tel était le cas, cette fois-ci je ne renoncerais pas à mourir. Car plus rien ne me retiendrait à ce monde.
Elle fit un pas puis fonça vers moi. A toute vitesse. Vitesse vampirique car c'est ce qu'elle était devenue. Elle me percuta mais avec douceur. Elle passa ses bras autour de mon cou comme elle l'avait fait des centaines de fois il y a bien longtemps. Moi que pouvais-je faire ? Je ne savais même plus comment faire pour bouger.
Je luttai alors. Il me fallait redescendre sur Terre car c'était peut-être la dernière chance que j'avais de la tenir dans mes bras. Alors je réussis à faire bouger un peu mes bras. Ils se dirigèrent vers le corps de la jeune femme qui m'enlaçait et commencèrent à répondre à son étreinte maladroitement. Puis que je sentis que ce corps était bien réel, que ce n'était pas un mirage, je repris contact avec la réalité. Alors je la serrai de toutes mes forces. Avec tout l'amour que j'éprouvais depuis des années et en cet instant. Je l'emprisonnai pour l'empêcher de se volatiliser.
Puis je prononçai un mot que je m'étais interdit depuis un siècle. Un nom. Il ne fut d'abord qu'un murmure puis à mesure que je le répétais je le disais de plus en plus haut, de plus en plus distinctement. Bella. Je prononçai ce nom inlassablement, comme pour me rattraper après toutes ces années.
Puis je me reculai pour croiser son regard. J'avais besoin de voir si c'était bien ma Bella. Alors je me perdis dans ses yeux. J'avais eu peur de n'avoir chéri ces sentiments que tout seul après toutes ces années. Pourtant je lus dans ses prunelles tout ce que je ressentais moi-même. Au-delà de la surprise il y avait cet amour. Celui qui vous fait accepter toutes les souffrances. Celui qui est inconditionnel et invincible. Eternel. Celui qui effaçait ce centenaire de souffrances.
Alors le bonheur me submergea. Un bonheur que je n'avais jamais ressenti jusqu'alors. Mon esprit humain n'aurait pas réussi à résister à cette avalanche d'émotions. Et il n'en avait pas les raisons. Là pendant un siècle j'avais cru que ma seule raison de vivre était partie. Pourtant elle vivait encore quelque part, et m'attendait. Et maintenant elle se tenait devant moi, dans mes bras. Cela ne relevait même plus du miracle, ça allait au-delà.
Je me mis à hurler pour faire sortir ce surplus d'émotions tout en la portant et en la faisant tournoyer. Autour de nous on commençait à comprendre. Seule une personne pouvait me faire cet effet, une personne qui était censée être morte. Jasper prit pleinement conscience en ce moment précis de l'intensité de notre amour qui provoquait ce bonheur indescriptible de nos retrouvailles. Il ne semblait même pas penser que c'était possible. Pourtant il était parfaitement heureux avec Alice, mais là ça dépassait le bonheur. Ça dépassait le rationnel. Je venais de retrouver ma moitié. Pour la première fois en un siècle j'étais enfin entier.
- Est-ce que quelqu'un pourrait nous expliquer ? Je suis complètement paumé !
Emmett évidemment commençait à perdre patience. Il avait évidemment compris que nous nous connaissions mais il lui manquait trop d'éléments. Il était en plus mal à l'aise face à cette explosion, ne sachant pas comment agir. J'allais répondre quand Bella me précéda.
- Mais oui Emmett on va t'expliquer, ne t'inquiète pas !
Emmett fut des plus surpris qu'elle connaisse son prénom, comme toute la famille à l'exception d'Alice et Carlisle. Je lus alors dans leur esprit l'explication. Ainsi mon hypothèse avait été à peu près juste. Ma famille adoptive de son rêve était effectivement les Cullen. Il était temps maintenant que je mette les choses au clair, et que je glisse subtilement un message à Bella.
- Laissez-moi vous présenter officiellement Bella. Nous nous sommes rencontrés à Forks même alors que nous étions tous les deux humains. Elle était en fait devenue ma raison de vivre et le jour où j'ai été mordu j'ai cru l'avoir perdue à jamais.
Ainsi Bella savait que je ne l'avais pas oubliée. Les Cullen firent immédiatement le rapprochement avec mon désespoir, même s'ils ne le prononcèrent pas à voix haute. La plus heureuse de tout ça fut Esmée qui voyait pour la première fois le bonheur briller dans mes yeux. Oui, j'étais incroyablement heureux.
- Il faut croire que non, répondit Carlisle.
En effet, elle n'était pas morte. Comment ? Je l'ignorais. Mais le pire c'est que je ne pouvais pas lire dans ses pensées. Si elle avait effectivement minimisé le don d'Alice elle avait complètement stoppé le mien à son encontre. Frustrant je dois l'avouer. Très frustrant.
- Mais Bella, pourquoi tu ne nous l'as pas dit tout à l'heure ?, s'enquit mon père.
Je vis à ce moment là qu'il l'avait rencontré à l'hôpital avant de lui proposer amicalement de venir rencontrer toute la famille. Tant de hasard ! Finalement les dieux sont peut-être avec nous. Peut-être ont-ils considéré que nous avions suffisamment soufferts.
- J'ignorais qu'il était vivant. Si je l'avais su je l'aurais recherché sans relâche toutes ces années. Je n'ai compris qu'en le voyant, j'ai eu une vision au même moment. C'est pour ça que j'ai eu un espèce de bug, j'ignore même pendant combien de temps.
Elle m'aurait recherché. Ce qui signifie une fois de plus que mes sentiments étaient toujours partagés, aussi étrange soit-il. Comment une telle perfection peut-elle aimer à ce point un monstre comme moi ?
- Je dirais 5-6 secondes. Je me base sur ton regard pour ça…
- Oh non, ne me dites pas que c'est encore une voyante !
- Désolée Emmett ! Mais voit le bon côté des choses, je n'arrive toujours pas à le maitriser !
Des prémonitions. Evidemment, avec le rêve qu'elle avait fait ! Le contraire aurait été très surprenant, voire improbable. Un don pareil ne pouvait que se développer en étant vampire. Après tout, je crois que même Alice n'avait pas de telles visions étant humaine. Il est vrai que nous n'avons que peu d'informations au sujet de cette période, mais quand même.
J'étais torturé. Je voulais l'embrasser, lui faire l'amour, lui dire à quel point je l'aimais. Mais j'avais aussi des questions restées sans réponse depuis trop longtemps. Cette fois-ci il faudrait qu'elle dise tout car il était temps. J'étais prêt à entendre toutes ces vérités.
- Et si on se racontait tout ce qu'il s'était passé toutes ces années ?
Elle se tourna vers moi et je vis qu'elle était proie aux mêmes envies. Mais elle savait également qu'il n'y avait pas que nous deux, et que ma famille avait aussi le droit à des explications. Alors nous allâmes nous asseoir pour qu'elle puisse nous raconter son histoire, notre histoire.
