Bonjour à tous ! Chapitre du jour. Je me suis rendu compte avec horreur que celui du POV de Bella avait été victime d'une très mauvaise relecture de ma part. J'ai donc corrigé les fautes dans les dialogues pour le POV d'Edward. Il n'apporte pas énormément pour ceux qui ont lu le POV de Bella puisque c'est essentiellement du dialogue. Cependant à la fin j'ai beaucoup détaillé ce que j'avais dit en deux phrases pour apporter son petit charme au chapitre. Le prochain chapitre en sera un où nous nous amuserons pas mal. Ah oui, précision. J'ai mis une playlist de Disney pour la fin du chapitre lol. Bonne lecture !


Galswinthe : Voici la suite. J'ai encore été gentille dans la découpe lol. Je ne me suis pas arrêtée en plein milieu de quelque chose. Il va falloir que je me soigne, je ne suis plus assez sadique !

bosoleil1979 : Je me soigne, ça va bien mieux heureusement lol. J'espère que tu aimeras encore ce chapitre ! Et oui, je poste plus vite que mon ombre. En fait non, je tape au clavier plus vite que mon ombre, la classe !

Cbihi : Forcément, entre le bonheur d'Edward avec sa chérie et sa déprime, on va choisir plutôt la première solution lol. On continue dans la lancée !

Time Tell Will : Presque soignée ! Je suis contente que tu aies aimé, et tu triches dans tes pronostiques pour faire revenir les personnages, tu te sers du POV de Bella ! Tssssss ah je vous jure !

bébé23 : Merci beaucoup =D Oui, les émotions se succèdent, c'est ce qui est intéressant avec ce personnage je trouve. Et encore, ça va continuer dans cette lancée lol.

Dawn : Voici la suite attendue lol. Après les retrouvailles, les réponses !


Chapitre 20. Réponses

***

Elle se tourna vers moi et je vis qu'elle était proie aux mêmes envies. Mais elle savait également qu'il n'y avait pas que nous deux, et que ma famille avait aussi le droit à des explications. Alors nous allâmes nous asseoir pour qu'elle puisse nous raconter son histoire, notre histoire.

S'était-elle attachée autant à ses souvenirs que moi aux miens ? A moins que ce ne soit son don que l'y aide. Je dois avouer que j'étais vraiment impatient de tout savoir. Depuis un siècle j'avais des questions demeurées sans réponse, c'était presque pire que de ne rien savoir. Enfin j'allais comprendre entièrement mon histoire avec elle, avec les parties qu'elle avait omises.

- Bien, je vais essayer de tout vous expliquer, n'hésitez pas à me poser des questions si besoin est, et Edward tu peux rajouter des choses quand tu veux.

J'hochai la tête pour lui confirmer que le message était passé. Je doutais toutefois avoir des choses à rajouter. J'avais enfermé sa main dans la mienne et je n'étais pas prêt à la lâcher. Je constatai également soudainement que son physique n'avait pas été le seul à changer. Sa voix également. Elle était la plus belle voix qui m'avait été donnée d'entendre, et je parle objectivement. Elle aurait attiré n'importe quel mortel sans la moindre hésitation. Ensorcelante. Oui c'est le qualificatif le plus adapté. On ne pouvait qu'être captivé.

- Alors, tout a commencé alors que j'avais 17 ans, la veille de mon arrivée à Forks. A l'époque, mes parents étaient séparés et je vivais avec ma mère et son nouveau mari à Phoenix. Cependant pour arranger tout le monde j'ai décidé de venir vivre auprès de mon père qui était le shérif de Forks. La veille de mon arrivée, enfin la nuit d'avant, j'ai fait un rêve très spécial. Il était à moitié prémonition, à moitié véritable rêve. En quelques heures j'ai vécu plusieurs années de ma vie.

Jusque là je suis, je connais. En revanche, les autres membres de la famille furent immédiatement surpris. Il est vrai que ce genre de rêves est quand même rare. La seule chose qui peut s'y rapprocher est l'impression de « déjà-vu ».

- Et qu'y as-tu vu ?, demanda Jasper.

- Enormément de choses. Déjà j'ai cru que c'était la réalité. Je ne me suis pas vue comme étant dans un rêve. Il a commencé le jour de mon départ et rien ne me laissait supposer que je n'étais pas dans la réalité. Je vous y ai rencontré, tous sans exception. Carlisle était bien médecin, Alice avait bien son don de prémonition, et si c'est également pareil, Rosalie et Emmett vous êtes en couple, tout comme Alice et Jasper ainsi que Carlisle et Esmée. J'ai tord ?

Bon, déjà là, voici le commencement des éléments manquant. Alors effectivement elle avait rencontré les Cullen. Et elle avait raison sur les couples. Tout le monde était des plus étonnés. Compte tenu des comportements Bella aurait pu deviner cet élément, et encore. Mais tout le monde savait que ce n'était pas du bluffe. Elle commençait fort et je sentais déjà la peur et la fascination dans les esprits dans chacun. J'en étais presque jaloux.

- Edward, je peux te poser une question ?

- Bien sur.

Je sentais qu'elle allait me surprendre. Qu'est-ce que ça me frustrait de ne pas entendre ses pensées ! C'était la première fois que ça m'arrivait.

- Tu lis dans les pensées n'est-ce pas ? Mais tu ne lis pas les miennes ?

- Hein ? Mais ce n'est pas juste ça !

Emmett ne m'avait même pas laissé le temps de répondre à Bella. Rosalie jubilait derrière moi, Alice était morte de rire et Jasper impressionné. Quant à Carlisle et Esmée ils ne savaient plus quelle attitude adopter, Carlisle n'avait jamais vu ça de toute sa longue vie vampirique. Je confirmai à Bella mon inaptitude en lire en elle, toujours aussi frustré.

- Et toi Jasper, normalement tu ressens les émotions des autres et tu peux les influencer…

- En effet. C'est impressionnant ! Tu dis avoir vu ça alors que tu étais humaine ?

Ainsi elle a même vu ça. Elle ne pouvait vraiment pas le deviner, ce pouvoir passe totalement inaperçu. Jasper était ébahi et vraiment fasciné par tout ça. C'est vrai qu'une telle intensité de don en étant humaine est hors du commun. Ses visions aujourd'hui doivent être extrêmement puissantes.

- Oui. Dans mon rêve vous étiez tous vampires végétariens, toi compris Edward. C'est la partie que je t'ai cachée à l'époque. Vous habitiez ici, vous formiez une famille unie, comme ça semble l'être aujourd'hui. Il existait cependant des différences. Le premier à avoir été transformé par Carlisle était Edward par exemple.

- Et bien ça change !, s'exclama Emmett.

Oui, ça changeait. Quand je pense à toutes les railleries que j'ai supporté en un siècle. Ah moins que… non, finalement, ça me manquerait si je n'avais pas à supporter ça.

- Oui. Quant à moi, j'ai été l'humaine qui a bouleversé tout l'équilibre. Déjà dans mon rêve Edward ne pouvait pas entendre mes pensées et ça l'avait intrigué. Mais par-dessus tout, j'étais la tentation personnifiée.

- Je vois bien ça !

Evidemment, Emmett ne pouvait pas s'en empêcher. Il nous imaginait déjà tous les deux. Ses pensées étaient des plus éloquentes. Il avait trop d'imagination parfois. Je dus me retenir pour ne pas lui en coller mais Bella réagit plus vite que moi et bien mieux que ce que je n'aurais jamais pu faire.

- Emmett ! Si tu ne t'arrêtes pas avec ce genre d'allusions tout de suite sache que mes prémonitions sont différentes de celles d'Alice. Je peux aussi voir le passé et je peux essayer de me concentrer pour trouver tes pires hontes cachées !

Et là, le silence fut entier. Tout le monde avait retenu sa respiration. Emmett avait arrêté de rire. Rosalie n'avait qu'une envie, c'était de dire à Bella de ne pas hésiter – quelle solidarité ! – mais se retint. Alice adorait de plus en plus Bella. Jasper se dit qu'avec elle nous allions nous amuser encore plus. Cette pensée me fit incroyablement du bien car il l'avait inconsciemment déjà incluse dans la famille. Quant à Carlisle et Esmée ils étaient incroyablement heureux de l'atmosphère qui se dégageait de cette conversation et de la bonne entente alors que personne ne la connaissait il y a quelques heures à part moi. Pourtant tout le monde avait l'impression qu'elle avait toujours fait partie de la famille. De mon côté, tout ce que je pus faire c'est reconnaitre ma Bella. Elle n'avait vraiment pas changé, au niveau de sa personnalité.

- Edward, il faut que tu changes de nana, celle là n'est pas saine !

Emmett évidemment ne pouvait rien objecter autre que ça. Il l'avait dit de toute façon en plaisanterie et il semblait déjà la considérer comme sa petite sœur. Un rire général se fit entendre dans toute la pièce. C'était incroyable. Il y avait quelques minutes je me trainais avec ma peine et là je ris. Oui, je ris. Ce que je n'avais pas fait depuis un siècle. Un vrai rire franc, dénué de toute peine, de toute souffrance. C'était merveilleux.

- Mon très cher Emmett, puis-je reprendre ?

- Mais bien sur, chère Bella. Tu disais que tu étais la tentation personnifiée.

Il avait dit ça avec un grand sourire innocent. Il n'avait pas peur d'elle. Je pensai de mon côté qu'il ferait mieux de se méfier.

- Oui, mais pas comme toi tu l'as suggéré. Non, c'était mon sang. Jamais l'envie de boire du sang humain n'avait été aussi grande, et je ne parle pas que pour Edward. Aro l'avait confirmé lui-même plus tard qu'il en était stupéfait. Malgré cela, Edward réussit à ne pas me sauter dessus en s'éloignant au début, et m'évitant ensuite. Sauf qu'il n'avait pas prévu d'être autant fasciné par moi, et cette fascination s'est ensuite transformée en amour. Ces deux étapes se sont également passées de mon côté.

Je me rappelai du jour où je suis allé à la maison Swan, quand j'avais appris la « mort » de Bella. Son odeur m'avait frappée à un tel point… Heureusement alors que je ne l'ai pas vu ce jour là, car ce détail pouvait très bien se reproduire. Il est vrai qu'elle dégage une si bonne odeur…

- Un vampire et une humaine ! Heureusement que c'était un rêve, dans la réalité ça ne serait pas arrivé.

Jasper semblait vraiment ne pas y croire. Etait-ce possible ? J'ai envie de dire qu'avec Bella rien n'est impossible. Mais c'est de moi que je doutais quand même.

- Je ne parierais pas dessus Jasper. Je pense sincèrement que si les circonstances s'étaient répétées dans la réalité le scénario aurait pu rester inchangé. Je vais vous passer énormément de détails inutiles. Un jour, toujours dans ce rêve, nous avons été amenés Alice, Edward et moi à aller à Volterra où j'ai rencontre Aro, Marcus et Caius. Ils nous ont alors laissé le choix. Soit on me transformait soit je mourais. Ils étaient très intéressés par moi car Aro ne pouvait pas lire en moi, ou Jane ou Alec ne pouvaient pas faire agir leurs pouvoirs sur moi.

Pratique. Un bouclier pareil peut faire peur. Un trio avec Alec et Jane peut rendre les Volturi invincibles.

- Je me suis révélée être un bouclier une fois transformée, ce que je suis encore aujourd'hui. Voilà le plus important à savoir sur mon rêve. A mon réveil j'ai été complètement déboussolée, je ne voulais pas croire que tout ce que j'avais vécu, tout le bonheur qui m'a été donné de vivre n'avait en fait été que chimère. Mon arrivée à Forks a été très dure pour moi, encore plus dure quand je me rendis compte que je n'étais pas censée avoir rêvé de certaines choses qui se révélaient exacte alors que je ne les connaissais pas. Comme le lycée de Forks, je n'y étais jamais venue pourtant je le connaissais parfaitement. Mais le pire, ce fut Edward et Jacob. Quand je vis Edward tous mes espoirs reprirent. Il ne me connaissait pas mais moi je le connaissais. Avec la mort de sa mère, nous nous sommes très vite rapprochés. Edward savait décrypter les pensées et les émotions des autres, il a très vite compris qu'il y avait quelque chose d'étrange de mon côté.

Oui je l'avais compris. Mais je crois que je n'avais pas vu à quel point elle avait souffert du retour à la réalité. Je n'étais pas en mesure de voir tout ça. Elle a souffert en silence pendant qu'elle me consolait.

- Tu as parlé de Jacob… Jacob Black ?

Carlisle était très étonné mais comprenait maintenant pourquoi il m'avait épargné. Oui, tout le monde obtenait les informations manquantes. Alors que les Cullen ne connaissaient pas Bella elle avait déjà influencé leur vie.

- Oui. C'est une des choses que je ne vous ai pas encore dit à propos de mon rêve. Je l'avais déjà vu en loup-garou. Il était également mon meilleur ami. Le voir en chair et en os m'a fait bizarre, surtout qu'il n'était pas supposé jouer les teignes. A plusieurs reprises je refis des rêves du même type de celui de la veille de mon arrivée. Le premier j'y voyais Edward me demandant de l'attendre. Et c'était quelques heures avant notre réelle rencontre. Deux fois je fis un rêve beaucoup moins agréable. J'y voyais Jacob en loup-garou, à l'endroit où vous avez trouvé Edward, qui l'attaquait. Le jour où tu t'es fait attaquer Edward, je suis allée à la clairière pour te trouver. Tout ce que j'ai vu, c'est ton téléphone et un morceau de ta chemise avec du sang. Jamais dans ma vision je n'avais vu de vampire. J'en ai tout de suite déduis que Jake t'avait tué.

Oh mon dieu. Elle avait cru que son meilleur ami m'avait tué. Comment a-t-elle pu vivre après tout ça ? Elle avait perdu les personnes les plus importantes de sa vie. Moi j'avais au moins les Cullen. J'ai cru souffrir. J'ai l'impression que ce n'était rien par rapport à ce qu'elle a souffert. En tous cas j'avais raison sur le cauchemar auquel j'avais assisté. Il avait quelque chose de pas normal.

- Pourquoi aurait-il fait ça ?

Alice ne comprenait pas. Elle savait parfaitement que les loups-garous protègent les humains, et en aucun cas ne les tuent.

- Parce que tout comme Edward et moi sommes des âmes-sœurs, Jacob et moi avons un lien aussi très fort. Dans mon rêve il m'aimait jusqu'à ce qu'il s'imprègne malgré lui pour une autre personne, et encore cette personne avait un lien avec moi, et j'ai malheureusement vite compris que dans la réalité son sentiment était aussi fort.

L'imprégnation… Qui aurait bien pu avoir un lien avec Bella ? Elle n'a pas de sœur, et ça m'étonnerait que ce soit sa mère. Je ne pense pas qu'elle aurait dit qu'il y avait un lien si ce n'était qu'une simple amie. Alors qui ?

- Les jeunes loups-garous ne se contrôlent pas toujours, ils perdent parfois le contrôle. La jalousie ou la colère peuvent être des éléments déclencheurs. C'était plausible. J'ai été dévastée par tout ça et je n'ai plus jamais revu Jacob, je ne voulais même pas me confronter à lui. Je savais qu'il était bien le loup-garou de ma vision. Edward, te rappelles-tu de ton anniversaire ?

Comment aurais-je pu l'oublier ? Elle avait fait quelque chose tellement magique que je me suis accroché à un point inimaginable à mes souvenirs. Et puis pas une seule journée ne passe où je n'écoute le morceau qu'elle m'avait écrit à cette occasion. Je n'ai jamais voulu le jouer car c'est son morceau.

- Celui que tu avais organisé ? Bien sur.

- Tu te souviens du moment où tu m'as retrouvée prostrée dans ta chambre ?

- Oui, tu ne m'as jamais expliqué.

Et je n'ai jamais compris. Tout ce que j'ai pu faire ce sont des hypothèses. Avais-je raison ?

- C'était parce que j'avais vu Jake de loin, mais sous sa forme de loup. Ça voulait dire que non seulement il était un loup-garou, que les vampires avaient alors de grandes chances d'exister, mais aussi que mes rêves où Jake t'attaquait pouvaient se réaliser.

Alors j'avais en partie raison. Au moins une réponse que j'avais réussi à trouver tout seul.

- C'est entre autres pour cela que je n'ai jamais voulu savoir ce qu'il s'était passé. Pour moi je l'avais déjà vécu deux fois, je ne voulais pas les autres détails. Je me suis obligée de continuer à vivre car tant que j'étais là pour me rappeler de toi tu vivais. Cependant un jour avec l'université un voyage en Italie a été organisé avec escale à Volterra. Même si je savais que je ne devais pas y aller je n'ai pas pu résister. Perdue dans mes pensées mon inconscient m'a menée devant les portes du domaine des Volturi. Alors que deux vampires allaient se faire une joie d'assouvir leur soif j'ai demandé à voir Aro. Ne me demandez pas pourquoi, je l'ignore. Instinct de survie surement. Quand il apprit que non seulement il ne pouvait pas lire en moi mais qu'en plus j'avais eu des prémonitions il m'a fait automatiquement transformée. En fait, il s'en est même chargé personnellement.

- C'est rare ça à ma connaissance.

Carlisle était extrêmement étonné. Ayant vécu chez les Volturi, il savait qu'Aro ne s'occupait jamais lui-même des transformations, il ne voulait pas être frustré. Mais c'est vrai qu'une humaine ayant deux dons étant humaine ne pouvait pas être gaspillée. Il avait certainement voulu éviter un quelconque dérapage de la part de celui qui l'aurait transformé.

- Oui. Ensuite, que dire de mes cent dernières années ? Vides. J'ai développé deux dons. Mon bouclier psychique que je peux étendre à d'autres que moi et ces prémonitions. Je peux voir passé, présent et futur mais c'est très aléatoire. Enfin jusqu'à il y a quelques heures. Depuis ma rencontre avec Carlisle j'arrive à voir plus précisément. La dernière a été quand vous êtes arrivés, j'ai vu ce qu'il s'était passé avec le vampire, Edward, Jacob et vous et je ne l'avais pas déclenchée. Je pense que ça a été la vue d'Edward qui me l'a provoquée.

Il faudrait des éléments déclencheurs pour ses prémonitions ? Etrange. Il a vraiment l'air de différer de celui d'Alice.

- Sais-tu pourquoi tu as développé deux dons ? Je n'en avais jamais entendu parler. Déjà un don c'est rare mais deux…

Jasper était officiellement fasciné par Bella. Il avait voyagé. Vu bien des nouveau-nés. Jamais cependant il n'avait croisé pareil vampire. De même pour Carlisle qui foule cette Terre depuis des siècles.

- Deux hypothèses à mon sens. Soit c'est parce que je les avais déjà fortement développés en tant qu'humaine, soit c'est parce qu'ils sont liés d'une manière ou d'une autre. A vrai dire personne ne semble le savoir. Aro m'a laissée relativement tranquille avec mes prémonitions, me laissant avancer à mon rythme. Il m'a cependant demandé davantage de travailler mon bouclier. Peut-être estime-t-il qu'il est le plus important, je l'ignore.

Aro l'a laissée tranquille avec les prémonitions ? C'est pourtant le pouvoir qui doit être le plus important. De telles visions sont un atout indiscutable. Les membres de la famille pensaient comme moi.

Je croyais obtenir toutes mes réponses mais je me trompais. Il y avait encore quelque chose. La raison de sa venue. Je devais savoir. Alors je la lui demandai de la manière la plus tendre possible. Je voulais qu'elle comprenne que ce n'était pas parce que je voulais me débarrasser d'elle que je voulais savoir. Juste pour comprendre.

- Bella, pourquoi es-tu là…

Elle me rendit mon regard plein d'amour. Il fut ma dose d'héroïne. Pendant un siècle j'aurais pu essayer de me sevrer, mais je ne l'avais jamais voulu. Aujourd'hui je retrouvais ma drogue et jamais drogué ne fut aussi heureux que moi en cet instant.

- Viens, je vais te l'expliquer Edward. Mais j'aimerais aller à un endroit où je n'ai jamais pu retourner pour cela.

***

Je me doutais du lieu où elle voulait aller. Quand nos mains se soudèrent elle me mena à notre clairière. Ça me paraissait normal qu'elle n'y soit jamais retournée, je la comprenais. Si elle avait été son lieu de trépas jamais je n'aurai pu ne serait-ce que l'approcher. Mais elle était maintenant devenu le lieu de notre amour éternel. Si ce vampire ne m'avait pas transformé, certes nous n'aurions pas soufferts ainsi mais jamais nous n'aurions eu cette éternité à passer ensembles.

Quand nous sommes arrivés à destination, le soleil s'apprêtait à laisser sa place aux étoiles. Le ciel oranger éclairait légèrement la clairière et créait la plus belle atmosphère romantique qu'il pouvait exister.

- Je n'ai jamais eu le courage de revenir ici. Je suis restée cinq jours dans le coma après avoir cru t'avoir perdu pour toujours. De lieu béni la clairière était devenue un lieu maudit. Pendant toutes ces années, pendant ce siècle je n'ai jamais parlé de toi, pas même à Aro.

Elle avait maintenu le silence comme moi je l'avais fait, gardant jalousement notre histoire. Car personne ne pouvait vraiment comprendre notre amour. Je la voyais s'exprimer avec du mal. Elle cherchait ses mots et tentait de ne pas se laisser submerger par l'émotion. Elle était ainsi plus belle que jamais.

- Pourtant il était devenu un peu un père pour moi, il m'avait pris sous son aile. Je n'avais parlé ni de toi, ni de ma vie, ni des Cullen. Il savait les choses primordiales, où j'habitais, ma famille mais tu étais devenu mon jardin secret. Pendant tout ce temps je n'ai cessé de t'aimer, de penser à toi. Si je suis ici c'est parce qu'Aro désirait que je me libère de mon passé, que j'arrête d'être une âme en peine. Je suppose qu'il espérait que si je voyais que le temps avait passé, si je comprenais qu'il fallait que je me tourne vers le futur, j'arriverais à aller mieux. Voilà pourquoi je suis ici, pour faire face à mon passé. Jamais je n'aurais pensé qu'il se mêlerait au présent. Je t'aime Edward.

J'ai bien entendu ? Elle a bien dit qu'elle m'aime ? Voici les premières réflexions que j'eues. Mais oui. Elle l'avait bien dit et ses yeux me montraient l'intensité de son amour. Tel le mien. Inconditionnel et invincible.

Je me souvins de ce qu'elle avait dit un peu plus tôt. Son premier rêve, enfin autre que le gros de la veille de son arrivée. Celui qui avait précédé notre rencontre. Là où je lui avais demandé de m'attendre. Car c'est ce qu'elle a fait toutes ces années, même quand nous étions réunis. M'attendre. Attendre que je sois prêt à l'accueillir. Prêt à l'aimer. Prêt à me laisser aimer. Prêt à m'ouvrir. Et prêt à ce que je sois assez fort pour la protéger.

Je penchai ma tête vers la sienne. Ma main vint caresser sa joue. Elle était belle, douce et tiède. Parfaite. Mon front vint à la rencontre du sien. Comme si c'était la chose la plus naturelle qu'il soit. Deux aimants ne pouvant plus être séparés. Je me glissai un peu pour que ma bouche arrive à la hauteur de son oreille. Dans un murmure sensuel et plein d'amour je répondis à son rêve.

- Merci de m'avoir attendu Isabella Marie Swan.

Qu'est-ce que ça faisait du bien de prononcer à nouveau ça ! Je la regardai encore une seconde dans les yeux et fis ce que je mourais de faire depuis que j'avais vu son visage dans les esprits de Carlisle et d'Alice. Je déposai délicatement mes lèvres sur les siennes.

Elles étaient encore plus douces que dans mon souvenir. Elles avaient été faites pour accueillir les miennes. Plus rien ni personne n'osera affirmer le contraire. Elle commença à répondre à mon baiser. Son haleine réveilla des sensations en moi que je croyais inexistantes.

Nous n'étions plus des vampires. Nous n'étions pas centenaires. Nous étions Edward et Bella. Des adolescents de dix-sept ans. Des jeunes personnes s'embrassant pour la première fois. Découvrant l'amour. Le plaisir d'être à deux.

Nos lèvres commencèrent la danse sensuelle du désir. Un désir refoulé depuis tant d'années. Doux d'abord, passionné ensuite. Nous n'avions pas besoin de respirer pourtant nous manquions d'air. Nous n'avions pas de cœur qui battait pourtant nous sentions l'adrénaline dans notre sang. Elle passa ses mains dans mes cheveux comme elle avait l'habitude de le faire il y a si longtemps. Cela me déclencha les mêmes frissons en plus intenses. Moi mes mains caressaient son dos, la pressant toujours plus contre moi.

Nous aurions pu aller plus loin, mais je ne le voulais pas, et elle non plus. Le désir était bien là, mais nous avions été séparés pendant un siècle et nous voulions savourer chaque moment passé ensembles sans pour autant tout brusquer.

Ce fut toutefois très difficile pour moi de m'arrêter. Je l'embrassai alors pendant des heures, savourant le goût de ses lèvres, les sensations qu'elles me procuraient. Et j'aurais pu continuer éternellement ainsi.