Ce chapitre est arrivé très vite, si bien que je suis certaine que certains d'entre vous vont lire les deux derniers chapitres coup sur coup lol. C'est la fin du Conseil. Je vais m'atteler maintenant dans les chapitres suivants, jusqu'à celui de la bataille, de détailler l'état de Bella d'un point de vue extérieur, pour montrer les changements qui s'opèrent en elle. Je continuerai également évidemment de m'intéresser à Aro ^^ Je vous ai remis dans ce chapitre les deux visions de Bella que j'ai littéralement copié-collé pour vous les rappeler. J'ai pensé qu'elles étaient suffisamment importantes pour les remettre dans ce POV. Voilà ! Bonne lecture à tous !


Galswinthe : Comme tu le vois le chapitre est arrivé très vite lol. J'ai été un peu moins méchante dans la découpe cette fois-ci !

Time Tell Will : Mais oui je te le dédicacerai puisque je le ferai pour toi XD Va falloir que j'y réfléchisse même lol. En effet la conversation s'approche, bientôt tu sauras tout ! La classe !


Chapitre 25. Charisme caché

***

- Tu partages son opinion ?, s'insurgea Caius. Nous parlons de loups-garous là ! Ces monstres incapables de se contrôler !

La haine prenait le dessus, ce qui était très mauvais. Caius était sur le point d'exiger à ce qu'on nous arrête tous pour haute trahison. Il avançait une fois de plus son argument. Je vis en même temps son souvenir. Oui, ils semblaient incapables de se contrôler. Et nous, nous allions avoir de gros ennuis.

- Détrompez-vous Caius. Ils peuvent se contrôler sinon ils n'essaieraient pas d'attaquer. Ils seront parfaitement maîtres d'eux-mêmes lors de l'attaque, ils ont fait de leur faiblesse une grande force.

Imaginez onze vampires en état de choc et vous visualiserez la scène. La révélation de Bella fit l'effet d'une bombe. Elle affirmait haut et fort que ce que soutenait Caius depuis des millénaires était faux. Oups. Tout le monde était perplexe cette fois-ci. Etait-il vraiment possible que les loups-garous aient appris à se contrôler ? Si oui, comment ?

- Ils savent se contrôler ?

Aro commençait à paniquer à son tour. Déjà un loup-garou ne sachant pas se contrôler est dangereux, mais s'il est maître de ses mouvements c'est une des pires nouvelles qu'elle pouvait apporter.

- Oui. L'entrainement dont je vous ai parlé précédemment concernait cela. Ils se contrôleront parfaitement, pourront parler. Ils agiront comme des humains avec la force des loups-garous. Ça peut être un grand avantage.

- En quoi ?

- En vue d'une trêve. S'ils savent se contrôler il n'y a plus de raison pour les exterminer Caius. Votre attaque date de plusieurs siècles. Autrefois on pouvait comprendre pourquoi vous vouliez les faire disparaitre, mais si dorénavant ils sont maîtres de leurs moyens lors de leur transformation ils ne sont pas plus dangereux que nous concernant le secret. Il pourrait suffire de parler avec eux.

Forcément. Cela coulait de source et paraissait si simple rien qu'à en parler. Oui, sauf que la réalité est parfois toute autre. Je ne voulais pas douter de Bella, mais là quand même… Nous partagions notre scepticisme à l'unanimité, tellement que même Carlisle qui s'était tu depuis le début prit la parole.

- N'est-ce pas un peu utopique Bella ? Je crois en la bonté, tu le sais. Mais nous ne sommes pas dans un monde où tout est parfait. S'ils sont capables de battre Volterra pourquoi est-ce qu'ils accepteraient ?

- On peut inverser les tendances. On pourrait les laisser venir tout en nous préparant. On pourrait faire en sorte d'être bien plus nombreux qu'eux pour leur montrer que cette proposition n'est pas empoisonnée, que ce n'est pas juste pour sauver notre peau. Il sera alors libre à eux d'accepter ou non.

Je vis qu'à mesure qu'elle parlait elle formait sa propre pensée. Elle nous proposait peut-être finalement cette troisième solution, celle où tout n'aurait pas à finir dans un bain de sang. Mais j'avais encore envie de penser que c'était utopique. Si réellement c'était un combat du dernier espoir, ils ne laisseraient certainement pas envoler leur chance. Comment faire la différence entre réalité et optimisme dans le cas présent ?

- Et s'ils ne le font pas ?

- Alors ils auront choisi leur destin et je ne m'opposerai pas à la bataille. Je veux qu'ils aient le choix. C'est peut-être la troisième solution. Mais dans ce cas là il faut que vous me promettiez de bonne foi que vous respecterez leur choix également et que vous les laisserez partir s'ils acceptent la proposition.

Le choix. C'était finalement ce qui guidait nos vies. Les choix que nous faisions. Intervenir ou non. Préférer avancer ou reculer. Se lever le matin ou rester au lit.

Elle venait cependant de parler d'une proposition. Jusqu'à maintenant dans son discours c'était un peu sous-entendu, mais là elle devenait réelle. Restait à savoir ce qu'elle contenait. Cependant Caius était encore trop énervé pour penser à cela, et Aro… il était perdu dans des divagations n'ayant ni queue ni tête pour moi. Il s'était aussi fait la réflexion à propos du choix qu'elle souhaitait apporter. Une phrase m'avait frappé. Peut-être est-ce sa base… le choix. Je n'avais pas compris cette phrase, disons encore moins que les autres. Aro devenait véritablement une énigme pour moi. Quant à Marcus, il était le seul à suivre véritablement. Ce fut donc lui qui releva la question de la proposition.

- Quelle serait-elle exactement cette proposition Bella ?

- La vie sauve contre leur contrôle lors de leur transformation et plus aucune morsure pour en créer de nouveaux qui ne sauraient se contrôler. En fait la vie sauve contre l'assurance qu'ils préserveront secrète leur existence contre les humains car outre leur violence c'est la deuxième chose que l'on craint une fois par mois, qu'un humain apprenne véritablement leur existence. Comme ça vous n'aurez plus à entendre parler d'eux et ils auraient la vie sauve.

Un compromis parfait. Oui, à l'entendre cela paraissait tellement évident ! Mais est-ce qu'ils l'accepteraient pour autant ? Rien n'était moins sur.

Caius faillit sauter à la gorge de Bella. Il se retint de justesse. Il fulminait contre elle car elle avait réponse à tout. Elle trouvait la troisième solution, puis elle trouvait un compromis qu'il était difficile de refuser puisqu'il contrait tous les griefs des uns et des autres. En bref, un coup de génie dont il se serait vraiment bien passé.

Marcus de son côté était satisfait de la proposition que Bella venait de faire. Il y reconnaissait de la sagesse et surtout voyait en elle une résolution de conflit sans combat plausible, ou au moins envisageable. Comme tous les membres de ma famille il était impressionné. C'est vrai que Bella nous étonnait de minute en minute. On pensait tout savoir d'elle pourtant elle repoussait les frontières de l'imaginable à chaque seconde, si bien que personne n'osait vraiment parler de peur de se trouver bête à côté d'elle.

Aro… Aro adora la proposition. Ne me demandez pas pourquoi, l'esprit de cet homme est un véritable mystère, même pour moi. Peut-être parce qu'il imaginait déjà l'issue de la confrontation. Peut-être. Je n'arrivais toujours pas à déchiffrer véritablement ses pensées. C'était encore plus frustrant qu'avec Bella !

- Ce compromis me conviendrait, confirma Aro. Caius mon ami, nous devrions faire confiance à Bella. De toute façon pour nous ce ne serait que bénéfique. S'ils sont incapables de se contrôler ou qu'ils n'acceptent pas notre proposition nous serons prêts pour répliquer.

Caius fit un bond devant ces paroles. Il savait quelle serait la réponse de Marcus face à ce qui avait déjà été dit mais il avait espéré qu'Aro se montre « plus raisonnable ». Il se sentait véritablement trahi. Et tout ça à cause « d'un jeune vampire insignifiante qui veut jouer son intéressante ». Sa colère redoubla suite à l'intervention de Marcus.

- Je suis également de cet avis.

- Moi non ! On ne peut pas leur faire confiance. Ce sont des monstres par nature !

Il voyait qu'il perdait la bataille. Je compris alors que ce n'était pas seulement de la haine qui l'animait. C'était une véritable phobie. Comme la peur des araignées ou du vide pour les humains. Lui sa plus grande peur était celle des loups-garous. Bon, il allait falloir que nous fassions très attention à Jacob, on ne savait jamais.

- Et nous, nous sommes quoi Caius ?

Bella avait posé sa question très calmement. Cela contrastait énormément avec la panique de Caius. Sa question eut l'effet escompté – je suppose – car elle choqua toute l'assemblée. Je savais qu'elle disait la vérité, nous étions des monstres. J'avais cependant du mal à attribuer ce qualificatif à la femme que j'aime ou même à ma famille. Elle reprit afin de s'expliquer.

- En quoi sommes-nous supérieurs à eux ? Tout comme nous ils n'ont pas choisi d'être ainsi. Tout comme eux nous devons faire des efforts considérables pour préserver le secret. Tout comme nous ils ont dû apprendre à se contrôler pour être un minimum civilisés. Tout comme eux quand nous chassons nos sens et notre instinct prennent le dessus sur notre raison. Alors en quoi sont-ils plus des monstres que nous ?

J'avais eu l'impression d'assister à un match de ping-pong. Elle renvoyait la balle d'un camp à l'autre et finalement était arrivée à un égalité. Elle prit quelques secondes pour que tout le monde, et surtout l'auditoire qu'elle devait convaincre, assimile toutes ces informations.

Marcus était encore d'accord avec Bella. Si je ne lisais pas dans sa tête et que je n'y voyais pas de sagesse, j'aurais presque pu croire qu'il suivait facilement les arguments qu'on lui présentait du moment qu'il y avait une bonne élocution. Caius fulminait toujours mais commençait à se calmer peu à peu. Aro suivait avec attention le discours de Bella.

- Et puis Caius, qui sommes-nous pour pouvoir décider de la vie ou de la mort de tout un groupe que nous ne connaissons pas. Depuis que je suis parmi vous je n'ai vu que justice. Parfois il y avait de la manipulation, souvent il y avait des non-dits et des faux-semblants mais vous ne punissiez presque jamais sans raison. Les fois où vous le faisiez c'est que vous vous étiez laissé emportés dans vos émotions. Les lois que vous avez instaurées ont toutes un même but : la préservation de la tranquillité. Vous êtes tous craints et respectés. Craints parce que vous avez le pouvoir de faire appliquer les lois. Respectés parce que ces lois sont faites pour le bien général. Les humains diraient le maintien de l'ordre public. Condamner à mort tous les loups-garous alors qu'ils peuvent maintenant se contrôler serait un acte n'ayant aucun sens, aucune justice. Que voulez-vous vraiment Caius ? Agir par crainte et par vengeance ou agir raisonnablement ?

Définitivement, elle n'avait rien à envier à Jazz. Elle leur avait renvoyé leurs propres mots à la figure en les tournants à son avantage sans les détourner de leur signification originelle. Que pouvaient-ils répliquer à pareil discours ? Tout en les brossant dans le sens du poil elle les avait coincés.

Cette fois-ci, Marcus était très amusé. Il avait aussi remarqué la brillante élocution de Bella. Caius se sentit désarmé et je vis dans sa tête qu'il rendait les armes malgré lui voyant qu'elle répliquerait toujours à chaque argument qu'il pouvait avancer. Aro, alors que j'aurais pensé qu'il se serait senti fier, ou en colère d'être coincé ainsi, selon l'humeur je suppose, était mal à l'aise. Comme s'il prenait conscience du pouvoir de Bella. Pas son bouclier ou ses visions, mais le pouvoir de parvenir à ses fins. Et à ses propres fins, pas à celle des autres. Depuis le début Bella n'avait pas lâché une once de terrain et maintenant elle recueillait la victoire totale. Tous les arguments des uns et des autres avaient été vains.

- Très bien je crois que nous avons un accord Bella. Tu nous donnes toutes les informations qui sont en ta possession et en échange nous te faisons la promesse de leur faire la proposition. Mieux encore, pour être certains de dire exactement ce qu'il faut, tu pourras la faire toi-même si tu le désires.

Aro l'avait coincée à son tour. Elle devait être là lors de la bataille. Connaissant Bella elle ne comptait certainement pas sécher, mais c'était une manière de lui dire qu'elle devrait assumer ses opinions jusqu'au bout. Du moins c'était le raisonnement que n'importe qui pouvait faire.

De mon côté, je vis qu'Aro voulait vraiment que Bella soit là lors de la bataille. Sa présence semblait être indispensable, et je n'arrivais toujours pas à déterminer véritablement le pourquoi du comment.

- Ai-je votre parole à tous ?

Tour à tour ils confirmèrent leur promesse. Jasper sentit un élément de panique émaner de Bella. Je ne compris que quand elle prit à nouveau la parole.

- Très bien. Je vais vous aider mais j'ai une confession à faire avant.

- Une confession ?, demanda Aro un sourcil relevé.

Un autre secret ?, pensai-je de mon côté. Bella semblait effectivement regorger de secrets. Tant que je ne serai jamais certain de la connaitre entièrement. Mais là pour qu'elle panique il n'était pas petit.

- Oui. Il y a quelque chose que je cache depuis des années. J'ai appris à maitriser mon bouclier plus que ce que j'avais dit. Je ne le maitrise pas suffisamment pour pouvoir le retirer pour qu'Aro lise en moi, je le jure. Une partie de moi se le refuse et je ne peux lutter contre cela. Mais je peux malgré tout le retirer momentanément en d'autres circonstances. Edward lit les pensées. Je peux retirer mon bouclier le temps que je lui montre ma vision s'il l'accepte.

Elle pouvait retirer son bouclier ? Pourquoi ne m'avait-elle rien dit ? Ah oui, Aro. Aro l'aurait su au moindre contact. Elle était très gênée car elle me demandait indirectement de me laisser toucher par Aro afin de servir de facteur pour la vision. En fait, je n'avais rien à cacher véritablement. Plus maintenant en fait. Juste ces dernières minutes de discussion où je m'étais fait des commentaires sur tout, et puis ce n'était pas si grave finalement. De toute façon, cela ne changerait rien.

Je souris alors à Bella pour la rassurer et lui montrer que j'avais compris ce qu'elle demandait. Et puis j'étais heureux en un sens. Pour la première fois j'allais entendre ses pensées. Par contre elle sembla troublée de son côté. Je ne cherchai toutefois pas à trouver pourquoi, ce n'était peut-être pas le moment. Je la vis se concentrer.

Allez Bella, vides-toi l'esprit, tu l'as déjà fait. Je sursautai, surpris d'entendre sa voix même si je l'attendais. C'était des plus agréables je devais l'avouer. Je me concentrai à mon tour sur cette voix pour ne rien manquer. Je reçus alors sa vision telle qu'elle l'avait vécu. Je n'étais plus Edward Masen Cullen mais j'étais Bella au moment où elle avait eu ces visions. J'étais ses gestes, ses pensées, ses réflexions.

Je ne suis pas dans le passé. Je suis dans le présent.

J'observe l'endroit dans lequel je me trouve. Une grande pièce, assez spacieuse. Je ne sais pas où, mais je ne pense pas être aux Etats-Unis. Trois personnes rentrent. Elles ne parlent pas Anglais. Je reconnais que c'est du Français. Non, je ne reconnais pas, je comprends. J'ai fait bien des études de langues mais je me suis refusée voilà un siècle de refaire du Français. Ça me rappelait trop Edward. Pourtant je comprends tout, toutes les subtilités sans exception, comme si cette langue avait été ma langue maternelle.

- Bon, alors ça se précise ?

- Oui. On arrive à les réunir tous. Nous n'en aurons plus pour très longtemps.

Qu'est-ce qu'il se précise ?

- Vous êtes surs qu'ils ne se doutent de rien ? J'ai entendu dire que plus d'un ont des pouvoirs spéciaux. Peut-être certains ont-ils le don de prémonition…

- Je me suis renseigné dessus il y a déjà quelque temps. Nous avons un ou deux espions très bien placés. En effet deux ont un don de ce genre. Deux femelles. La première cependant ne peut pas nous voir. La deuxième ne maitrise absolument pas son don et n'est qu'un jouet. Non, nous n'avons vraiment rien à craindre de ce côté.

- Bon, c'est déjà une bonne nouvelle.

Je crois qu'ils parlaient d'Alice et de moi. Mais pourquoi Alice ne pourrait pas les voir ?

- Et les entrainements se passent bien ?

- Encore des difficultés de contrôle pour certains mais ça va de mieux en mieux. Au moins nous aurons réussi ça ! Nous prouvons que nous ne sommes pas que des monstres incontrôlables comme ils veulent le faire croire.

- Je pense que malgré cela nous n'avons aucune chance.

- Si nous ne faisons rien maintenant, nous allons tous mourir. Cela fait des siècles que nous sommes traqués, il est temps de renverser la tendance. Plus on attend, moins on a de chance. Ils sont des monstres tout le temps eux, ils tuent quotidiennement. Tu crois qu'ils peuvent se contrôler ? Oh non ! Seule une petite élite le peut, et encore je suis sûr qu'ils ne disent pas tout. Nous, nous ne sommes dangereux qu'occasionnellement pourtant nous sommes pourchassés. Et encore ! Ils sont tellement lâches qu'ils attendent que l'on redevienne vulnérable pour nous tuer. C'est maintenant ou jamais pour arrêter ça. Nous n'en ressortirons peut-être pas vainqueurs, mais nous pouvons leur faire très mal.

Je suivais cette conversation tout en étant terrorisée. Ils préparaient d'une attaque d'envergure contre les Volturi, enfin je crois. Mais pourquoi ? Qui sont-i… Bon sang ! J'avais oublié une partie de mon rêve ! La toute fin ! Des loups-garous… Les enfants de la Lune ! (1) Oui, tout colle. Le fait qu'ils soient exterminés, le difficile contrôle, leur transformation occasionnelle…

- La seule chance que nous ayons tient à la surprise. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes extrêmement forts. C'est pour ça qu'ils n'aiment pas nous attaquer quand nous sommes transformés. Si nous attaquons tous ensembles ils auront beaucoup de mal. Ils sont nombreux en Italie, mais peut-être pas suffisamment pour nous faire face entièrement. S'ils ignorent notre visite, ils n'auront pas le temps d'appeler du renfort. Nous avons au moins une chance de réduire à néant ceux qui ont prononcé notre mort.

- Nous serons d'autant plus pourchassés, ne te voile pas la face.

- Je le sais, ils voudront se venger. Mais nous aurons malgré tout gagné. Ils ont trop tendance à se croire les maîtres du monde. Ils ont juste oublié de prendre en considération ce qui n'est pas eux. Et puis même les humains, ils sont bien contents de les trouver, ne serait-ce que pour manger et fabriquer ce dont ils ont besoin. Ils sont comme des charognes.

Je dois admettre qu'il n'a pas tout à fait tord. Je ne me suis jamais considérée comme supérieure aux humains, bien au contraire. Mais il faut avouer que sans eux, nous les vampires ne serions rien, on a besoin d'eux pour ne pas avoir à faire tout ce qu'ils font.

Il fallait que je sorte de cette vision pour prévenir Aro. Il saura quoi faire. J'espère. En même temps, j'étais toujours en accord avec mon rêve. De quel droit exterminons-nous toute une race ? Nous trouverions ça inimaginable si cela concernait les vampires, si les rôles étaient inversés. Que faire alors ? Je ne peux pas les laisser attaquer Volterra sans rien faire !

Ma vision se trouble à nouveau. Je vais enfin retrouver la réalité.

Ça y est, je vois à nouveau. Pourtant je ne suis pas chez Jacob, je ne suis pas à Forks. Non, cette fois-ci je suis en Italie. Je reconnais les paysages. Nous sommes à quelques kilomètres de Volterra. Il fait nuit. Je sais que je suis dans le futur. Je ne sais pas quand, mais je suis dans le futur.

Je vois tous les vampires de Volterra, tous sans exception. En première ligne Alec et Jane. Ils entourent Aro, Caius et Marcus. Les épouses sont un peu en retrait, mais ils sont tous habillés en tenue de combat. Même elles. Je me tourne et vois des loups-garous arriver. Les enfants de la lune. Bon sang ! Combien sont-ils ainsi ? Ils sont presque deux fois plus nombreux que le nombre de vampires présents… Ce sera un véritable massacre. Les vampires n'en ressortiront pas vivants. Volterra allait tomber. Je n'avais pas besoin de voir la suite pour le savoir.

C'est incroyable. Les loups-garous semblent vraiment disciplinés. Ils sont maîtres de leurs gestes, de leurs pensées. De leur faiblesse ils en ont tiré toute leur force. Je ne me suis jamais battue contre eux, mais si effectivement les vampires préféraient attendre qu'ils soient redevenus humains pour les tuer, soit c'est de la flemmardise croisée avec de la lâcheté, soit c'est qu'ils sont vraiment très fort. Si je compare avec les Quileute, je pencherai pour une grande force avec peut-être un peu de lâcheté quand même.

Ils s'observent, se testent. C'est au premier qui fera le moindre faux-pas. Aro prend alors la parole.

- Nous ne sommes pas obligés de faire une bataille. Nous savons tous où ça va mener. Même si vous gagniez aujourd'hui, vous seriez ensuite exterminés par tous les vampires qui se trouvent sur cette planète.

Parce que le loup-garou sera capable de parler ? C'est vraiment impressionnant. J'aurais aimé apprendre ça dans d'autres circonstances mais oui c'est vraiment impressionnant. Effectivement un loup-garou prit la parole à son tour.

- Je n'en suis pas aussi sur, vous voyez. Votre race semble ne pas être très solidaire. Ils ne vous obéissaient que par crainte. Non, vous êtes seuls, et vous allez tous mourir. Vous le savez pertinemment sinon vous ne vous abaisseriez pas à négocier avec nous. Je sais que ça doit vous dégouter. Je dois avouer que cette humiliation est particulièrement jouissive. J'espère que vous vous souvenez de la signification des mots « mort » et « Enfer » car c'est tout ce qui vous attend.

Et sous mon cri de désespoir, le loup-garou qui parlait depuis tout à l'heure, je pense qu'il faisait partie de ceux que j'avais vu dans ma vision précédente, sauta au cou de mon créateur.

Bella remit son bouclier. Je fus en état de choc au tout début. Tout d'abord à cause de l'expérience. Je comprenais mieux l'état dans lequel elle s'était réveillée. C'était incroyable. Les loups-garous étaient très différents de celui du souvenir de Caius. Ils étaient… humanisés en fait. Ils avaient réussi à faire ressortir leur caractère humain. En un sens cela me mit un peu d'espoir. S'ils étaient capables de se contrôler ainsi, le plan de Bella avait des chances de fonctionner.

Je tendis ensuite ma main à Aro. Je vis ensuite mes souvenirs défiler dans sa tête. Il ne s'attarda pas que sur la vision de Bella, mais en fait sur toute ma vie, avec un peu plus d'attention sur les moments où j'étais avec Bella. Quand il lâcha ma main, il me parla par la pensée. Je comprends mieux maintenant. Et bien mon grand, tu as de la chance car elle t'aime vraiment.

Il observa ensuite tout le monde, les uns après les autres. Il s'arrêta un peu plus sur Jasper. Il avait bien sûr senti les ondes qu'il avait envoyées, mais là il prenait pleinement conscience du potentiel de Jazz mais je dois avouer que cela m'énerva sur le coup. Il le regardait comme une bête de foire. Cependant cet énervement n'était rien comparé à celui que j'ai éprouvé quand il s'est intéressé à Alice. Les pouvoirs de Bella et d'Alice combinés pouvaient les rendre invincibles à toutes attaques.

Mais ce fut Jacob qui eut « l'honneur » d'avoir le plus d'attention. Il l'observa avec curiosité, mais une curiosité saine dirons-nous. Il ne comptait pas lui faire du mal, il était juste très curieux et étonné. Cette constatation me détendit de mon côté.

- Très intéressant, beaucoup plus que ce que je pensais. Vous n'aviez pas introduit entièrement notre invité.

Tout le monde s'inquiéta de ces paroles et se tourna vers moi. Mon calme leur montra toutefois qu'il n'y avait pas lieu à s'inquiéter. Aro le confirma aussitôt, s'étant aperçu de la tension qui venait d'apparaitre.

- Ne t'inquiète pas Bella. Il ne lui fera fait aucun mal. Je suis juste curieux. Vous joindrez vous à nous ?

- Je protègerai Bella.

Jacob avait tout dit en trois mots. Là où Bella aurait besoin d'aide il serait là. Il n'était toutefois pas un vassal, en tous cas pas un des Volturi. Je vis du coin de l'œil que Bella était très touchée de la réponse de son ami. Quand comprendrait-t-elle qu'il y avait je ne sais combien de personnes qui seraient prêts à déplacer des montagnes pour elle ?

- Très bien ! Il ne nous reste plus qu'à nous préparer. Bella, j'aimerais que tu essaies de déterminer quand cette bataille aura lieu. Je sais que ce n'est pas aisé pour toi mais je suis certain que tu y arriveras.

- Bien Aro. Je vais essayer.

Elle savait que c'était important. Toutefois ses visions étaient toujours aussi difficiles à avoir. Le choix n'était pas un élément déclencheur comme Alice. Il avait autre chose à coup sur.

- Quant à vous tous, vous êtes les bienvenus. Carlisle je suis heureux de te retrouver et je suis heureux de rencontrer toute ta famille, d'autant plus que j'ai l'impression que bientôt nous feront partie tous d'une même famille par alliance.

Avant même que je n'ai eu le temps de lui demander quoi que ce soit, il venait de m'autoriser de demander la main à Bella. D'accord, je l'avais trouvé calculateur, mais en ce moment précis je ne pus qu'être soulagé d'être accepté. Trop de temps avait tardé et je refusais d'être à nouveau séparé d'elle. J'allais demander en mariage ma Bella dès que possible.