Mea culpa. Je sais ce chapitre arrive tard aujourd'hui. J'avoue, je suis sortie hier soir et je suis allée au cinéma cet aprèm avec mon homme, ce qui est quand même un programme fort agréable. Du coup je n'ai pas eu beaucoup de temps pour écrire. Mais voilà le chapitre ! Autant ce passage dans le POV de Bella avait été essentiellement sous le signe du stress, autant sous le POV d'Edward je l'ai fait sous le signe de l'amour.

Dédice à Time Tell Will (je tiens à ma vie) puisque j'ai essayé de mettre un peu de romantisme à sa demande. Je suis désolée, la fatigue était présente dans ma tête (bah oui, voilà ce que c'est que de faire la fête !) je ne suis pas sure qu'il soit super réussi, mais bon on fait avec lol. Surtout que ma soirée d'hier ne m'a pas aidé à me mettre dans le bain, c'était l'anniversaire d'un ami de la fac. Thème : 20 ans de fantasmes. Donc forcément.... Bon j'arrête mes bêtises, bonne lecture et à demain !


Galswinthe : Toujours pas méchante, je te préviens tout de suite lol. J'espère que tu aimeras toujours !

bosoleil1979 : Voici la fameuse demande en mariage. Prête ? Ready, steady, goooooooo !

Cbihi : Oui, répétitif c'est sur mais bon je pense que ça faisait du bien de la remettre la vision. Voici qui devrait de réveiller de la monotonie !

Time Tell Will : Tu me fais presque peur tu le sais ça ? XD Toujours contente d'avoir ton roman lol. Tu vois, j'ai tenu ma promesse ! J'espère ne pas trop te décevoir lol.

m&m : Je te remerci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que tu aimes les deux POV et j'espère que tu ne seras pas déçu de la suite !

Patricia : Merci pour tes deux reviews lol. Oui il va pouvoir lui demander, et voici concrètement comment ça va se faire !


Chapitre 26. Appartenance mutuelle

***

Les heures qui suivirent eurent plus attrait à la logistique. Bella nous mena d'abord à ses appartements privés. C'était simple, et je fus à la fois surpris et heureux d'y voir un magnifique piano. Ainsi elle s'était rabattue aussi sur lui pendant toutes ces années. Sans le savoir nous étions toujours connectés par la musique.

Elle fit en sorte que chaque couple ait un appartement convenable aussi pour se loger et surtout pour que Jacob soit à côté du sien. Elle avait raison de prendre de telles mesures de précaution car il n'était vraiment pas bien vu au sein de Volterra. Tant qu'il restait près de nous il ne craignait rien, il fallait juste qu'il ne s'éloigne pas. Seule ma capacité à lire les pensées pouvait véritablement le protéger puisqu'Alice ne pouvait pas le voir.

On aurait pu penser qu'après autant de stress avec la réunion que nous venions d'avoir nous serions soulagés. Il n'en était rien, l'air devenait peu à peu irrespirable. Tout le monde pensait aux conséquences. Le pire fut Alice qui se torturait l'esprit car elle ne voyait rien, même Emmett et Rosalie commençaient à anticiper la suite.

Au bout d'un moment la tension éclata avec Alice qui ne tenait plus. Elle s'en prit au pauvre Jazz qui encaissa le tout sans rien dire car il savait que son épouse avait besoin d'évacuer. Bella était gênée de tout ça, elle ne savait pas trop quoi faire. Elle parut réfléchir quelques instants avant de tenter de faire une diversion.

- Alice… Ne t'inquiète pas on va y arriver et puis moi je vais bien réussi à en savoir plus ! Pour l'instant détends-toi. Tiens, que diriez-vous d'une visite guidée du manoir ? A part Carlisle personne ne le connait, n'est-ce pas ?

Tout le monde parut enthousiaste à l'idée de visiter l'énorme manoir légendaire chez les vampires. Alice retrouva immédiatement sa bonne humeur et Jasper fut soulagé, notant dans un coin de sa tête de remercier Bella à l'occasion. Soudain, j'entendis une voix supplémentaire.

Profites-en pour scruter les esprits et découvrir les éventuelles taupes… Savoir leur identité peut toujours servir.

Bella avait baissé son bouclier pour me demander ce que je comptais de toute façon déjà faire. J'hochai discrètement la tête pour lui signifier que j'avais bien compris. J'aimais énormément l'entendre, j'espérais qu'un jour elle accepterait de me faire lire ses pensées dans d'autres circonstances.

Nous nous mîmes donc en route pour la visite. Notre groupe fit grand bruit. Je fis en sorte de m'approcher de Bella et de signifier qu'ils avaient largement laissé passé leur chance. En même temps je scrutais les esprits – en tentant de faire abstraction à toutes les pensées salaces des uns et des autres – pour voir si Jacob courait un danger et pour dénicher les taupes comme disait Bella.

J'en entendis une. Enfin, un pour être exact. Un vampire qui semblait se méfier un peu de Bella. Il faudrait faire en sorte qu'elle passe inaperçu à propos de ses pouvoirs au moins. En tous cas il semblait vraiment haïr tous les Volturi et les personnes qui étaient là. Bon à savoir.

Le lieu était splendide. Les connaissances de Bella et de Carlisle se complétaient, et ils nous offrirent à eux une visite guidée mémorable. Même Jacob a été impressionné, même s'il en était d'autant plus dégoûté. De mon côté j'imaginais Bella vivre en ces lieux pendant un siècle. Même si elle méritait pareille splendeur, je ne pouvais m'empêcher de me dire que ce n'était pas elle. Elle était beaucoup plus simple, sans besoin de luxe, naturelle. Ici tout était… trop. Trop grand, trop luxueux, trop majestueux. C'était disproportionné.

Finalement nous nous séparâmes quand tous les esprits furent apaisés par cette visite. Bella et moi avions raccompagné Jacob dans ses appartements où nous avions demandé d'apporter de la nourriture humaine. Nous allions enfin nous retrouver seuls.

Même si nous n'en avions pas besoin, nous nous sommes allongés sur son lit où nous nous sommes perdus dans nos pensées alors que nous étions enlacés. Aucun mot ne fut prononcé de peur de briser cette quiétude qui nous avait désertés depuis qu'elle était partie pour la Push.

Moi je repensais à Aro. Il avait dit que bientôt les familles seraient unies, il m'acceptait donc implicitement. Mais Bella allait-elle m'accepter également et officiellement ? D'accord, elle m'avait attendu un siècle, chérissant un souvenir. Mais parfois les souvenirs sont plus précieux que la réalité. Peut-être allait-elle s'apercevoir qu'elle avait embelli ce souvenir et ne plus finalement vouloir de moi. Après tout je n'étais rien à côté d'elle. Elle était belle, charismatique, décidée, avec un grand pouvoir sur les Volturi grâce à ses dons… En même temps je ne saurais jamais si je ne lui posais pas la question. Celle qui me hante depuis un siècle.

- Bella ?

- Oui ?

Nos deux voix n'avaient été que des murmures. Je l'avais tirée de ses réflexions mais peut-être que nous n'aurions pas un autre moment de tranquillité comme celui-là.

- Je repensais à Aro tout à l'heure.

- A-t-il été honnête ?

Ah mince je ne voulais arriver à cette discussion, pas avant d'avoir eu celle que je voulais. Je ne voulais pas que la tension ne reprenne. Je choisis alors de répondre brièvement à sa question.

- C'est difficile à dire. Quand il a fait la promesse, je le crois sincèrement oui. Mais ce n'est pas vraiment à ça que je pensais.

- A quoi alors ?

Elle ne voyait vraiment pas, ce n'était pas plus mal. Au moins je pourrais choisir tranquillement mes mots. Je me relevai alors en position assise. Je voulais la regarder dans les yeux, me perdre dans ses prunelles. Je n'avais pas peur de ce vide, au contraire je le recherchais.

- Je sais que ce n'est pas l'endroit ni le moment approprié mais…

Non, ce n'était ni le lieu ni le moment. Elle aurait mérité que je l'emmène dans l'endroit le plus romantique qu'il existe, que j'arrive avec des milliers de roses et une bague digne de ce nom à faire pâlir toutes les fiancées de ce monde, mais je ne pouvais me permettre d'attendre. Trop de fois j'avais attendu. Trop de fois j'avais risqué de la perdre.

- Mais quoi Edward ? Tu m'inquiètes…

- Tu n'as pas à l'être.

Elle était effectivement anxieuse. Je vis que notre couple était certainement la dernière de ses préoccupations, mais tant pis. Il était trop tard pour m'arrêter. J'entendis soudainement des pensées derrière la porte. Tout le monde était là. Ils n'avaient pas pu s'en empêcher ! Et ce n'était pas fait pour me mettre à l'aise. Alice récitait l'hymne russe en le traduisant en mandarin pour éviter de me montrer ce qui semblait certainement être une vision. S'ils étaient tous derrière, peut-être que j'avais finalement une réelle chance.

Elle s'était redressée à son tour. Je me levai pour aller de l'autre côté du lit, me mettre à genoux devant sa beauté. Quel est l'homme qui détournerait le regard d'elle sous peine d'être changé en statue de sel ? disait une chanson française appelée Belle. Elle avait certainement été écrite en ayant l'image de Bella en tête.

Je lui pris ensuite ses mains et accrochai mon regard au sien. Maintenant nous avions la même couleur d'yeux, cet or. Signe que nous faisons tout pour ne pas être des monstres.

- Il y a quelque chose que je n'ai pas fait à l'époque et je n'ai eu de cesse de le regretter après m'être fait mordre. Pourtant je voulais le faire mais je ne voulais pas aller trop vite, je ne voulais pas t'effrayer. Aujourd'hui que je t'ai retrouvée je ne veux pas faire la même erreur. A l'époque nous n'avons été ensembles que quelques mois, mais notre amour a été si intense qu'un siècle après nous nous aimions toujours malgré la distance, malgré la certitude que l'autre était mort. Dès que je t'ai rencontrée j'ai tout de suite su que c'était toi. The only one. Tout à l'heure Aro a dit que bientôt les Cullen et les Volturi seront une grande famille par alliance. J'aimerais le croire, j'aimerais que ce soit vrai. Toi seule peux le décider. Isabella Marie Swan, je suis bien en train de vous demander votre main. Accepteriez-vous de m'épouser et de passer l'éternité à mes côtés ? Je crois que nous avons vécu le pire, il ne nous reste plus que le meilleur.

Je la regardai alors. Les pensées des autres ne me parvenaient plus, il n'existait plus que Bella et moi, même si je n'avais aucun doute sur le fait qu'ils aient tout entendu. Un tourbillon d'émotions passa sur son visage si expressif.

La surprise d'abord. Elle ne s'attendait visiblement pas à une telle déclaration.

La joie. Qui ne serait pas heureux de voir autant d'amour sincère ?

Le doute. J'eus du mal au début à l'interpréter. Avec le recul, je crois qu'elle n'était pas certaine que ce qu'il se passait était bien réel.

De l'amour. Celui qu'elle éprouvait à mon égard. Il semblait être le reflet du mien, et cela m'emplit le cœur d'un bonheur indescriptible.

Enfin, de la certitude. Celle de sa réponse.

- Oui, Edward Masen Cullen, devenir votre épouse sera l'accomplissement de tous mes rêves.

Sa voix n'avait été qu'un murmure étranglé. Elle eut du mal à prononcer ces mots sur le coup de l'émotion. De mon côté mon cœur se remit à battre. Pour elle. Car grâce à cette réponse je retrouvais mon humanité. Mes dix-huit ans.

Elle me sauta au cou et m'embrassa passionnément. Je lui rendis son geste alors que toute la famille – Jacob compris – entrait dans la chambre pour nous féliciter. Un jour, Bella deviendrait ma femme, ma dame, mon épouse.

***

Les jours qui suivirent furent un peu plus tendus et incertains. Rares étaient les moments où je laissais Bella seule. Dans ces moments là je déambulais dans le manoir en vue de découvrir qui informait les loups-garous. J'eus finalement la certitude de trois personnes. Tous plus différents les uns que les autres mais ils étaient animés du même but. Détruire les Volturi.

Un matin je la laissai toutefois seule pour aller à Volterra. Il faisait un temps nuageux, et d'après Alice ça allait rester ainsi toute la journée. Je partis donc à la première heure. Je voulais trouver quelque chose de spécial, de très spécial.

Je m'étais renseigné auprès de mes sœurs pour savoir quelle était la plus belle bijouterie de la ville. Elles avaient toutes les deux fait du shopping et je savais sans nul doute qu'elles connaissaient déjà les meilleurs magasins de Volterra. Elles m'en indiquèrent donc une où je me rendis.

Je m'étais habillé bien pour qu'on ne croie pas que je n'avais pas d'argent. Je voulais ce qu'ils avaient de mieux. Pas de plus luxueux, mais de plus délicat, de plus unique comme l'était ma Bella. Je voulais une bague de fiançailles qu'elle pourrait arborer avec la plus grande fierté.

Une vendeuse, la trentaine, m'accueillit. A peine m'avait-elle vu qu'elle fantasmait déjà. J'eus envie de soupirer mais j'allais avoir besoin d'elle pour trouver cette bague. C'est résigné que je lui fis part de ma requête.

- Bonjour. Je voudrais acheter une bague de fiançailles.

Tout de suite son sourire se fana. Fiancé ou presque. Evidemment. Non mais tu t'attendais à quoi ma vieille ? En plus tu as vu son âge ?

- Mais bien sur, nous en avons tout un lot. Quel genre de bagues voulez-vous ?

- Et bien… Quelque chose d'unique. Le prix n'a vraiment aucune importance. Je ne veux pas quelque chose d'ostensoir. Juste délicat. En fait j'ai quelques idées mais ça m'étonnerait que vous ayez quelque chose comme ça.

Mince, il a l'air vraiment amoureux. Ce n'est pas juste, pourquoi ça n'arrive qu'aux autres ? Bon allez je peux faire un geste, et si vraiment le prix n'a pas d'importance j'aurai peut-être une petite commission.

- Ecoutez… Si vraiment vous êtes motivé dans ce genre de choix, notre créateur est ici. C'est rare mais il a déjà réalisé des bagues sur mesure. Désirez-vous le rencontrer ?

Elle venait d'illuminer ma journée. Je lui fis malgré moi un grand sourire qui manqua de la faire s'évanouir.

- Oui, merci ce serait avec grand plaisir.

Elle me mena ensuite auprès dudit créateur. Je lui expliquai alors le caractère de Bella. Il dessina quelques esquisses et le fait de lire dans sa tête me permit de visualiser encore plus la bague. Finalement, au bout de deux heures, nous tombâmes d'accord. Il y avait même un peu de moi dedans.

Il avait été décidé que la forme extérieure serait un cœur orné de petits diamants. Discrets mais éclatants comme ma future femme. Au sein de ce cœur, nos deux initiales d'or seraient entrelacées. J'avais moi-même dessiné ces initiales. J'avais pris une écriture très ronde, comme si deux rubans les dessinaient. Avec quelques billets de plus il me la promit pour la semaine suivante.

C'est donc le cœur léger que je revins au manoir. Si elle n'avait pas de vision concernant la bague – et j'avais une chance pour qu'elle n'en ait pas puisqu'elle se concentre sur les loups – ce serait une surprise totale.

Je redescendis malheureusement vite de mon nuage. En arrivant dans la chambre je trouvai deux enveloppes. Une avait mon nom, l'autre celui d'Aro. J'ouvris celle qui m'était destinée. Une feuille de papier contenait un bref mot. Je reconnus immédiatement l'écriture de Bella.

Edward,

Pardonnes-moi, mais je dois partir quelques jours. C'est certainement le seul moyen pour que j'aie mes réponses. Je reviens vite, je te le promets. Ne t'inquiète pas, il ne m'arrivera rien.

Je t'aime.

Ta Bella pour l'éternité.

Je portai aussitôt l'autre enveloppe à Aro qui eut à peu près la même chose en moins sentimental. Je ne pus m'empêcher d'avoir mon cœur déchiré en lisant ces quelques lignes. Je ne m'étais même pas aperçu du malaise de Bella. Elle devait être vraiment torturée pour vouloir partir ainsi sans prévenir personne. Moi je l'étais de ne penser qu'à ma petite personne alors qu'elle cherchait à tous nous sauver. Je ne la méritais décidément pas.

Le soleil se coucha. Le soleil se leva. Cela faisait vingt-quatre longues heures que j'étais sans nouvelles. Jacob essaya de me rassurer et me fit penser à d'autres choses. Il me raconta la Push, les loups et son chemin pendant un siècle. Comment il avait été contraint de rester caché, au sein même de la réserve. Il me raconta Bella pendant ses dernières années d'humanité. Les autres loups l'avaient observée de loin pour lui, le partage des pensées s'était révélé très pratique.

Le soleil se coucha, le soleil se leva. Aro nous convoqua tous dans la journée. Il voulait discuter de Bella et comprendre pourquoi elle était partie, et surtout où. Il s'inquiétait et la rage de Caius ne cessait de croitre. Puis des pensées me parvinrent. Elle était de retour. Elle courait à toute vitesse, ne laissant que peu de chances aux personnes ne s'y attendant pas de la voir, mais c'était bien elle. J'allais en aviser l'assemblée quand la porte s'ouvrit avec grand bruit.

- Aro ! Caius, Marcus ! Je dois vous parler !

Ma Bella était là. Elle se tenait devant nous, grave et belle. Aussitôt je me sentis mieux, entier et soulagé de la voir en bonne santé. Mais sa ride au milieu de son front me montra qu'elle était très soucieuse.

- Bella, te voilà de retour. Tu as eu une nouvelle vision ?

Aro était probablement arrivé à la bonne conclusion. Après tout, c'était pour ça qu'elle était partie non ? Réussir à avoir des réponses, sous-entendu avoir des visions claires et précises.

- Oui j'ai enfin réussi à savoir quand ils vont attaquer, mais eux-mêmes ne le savent pas encore car tout dépend d'une décision que vous allez prendre.

- J'avoue que j'ai un peu de mal à te suivre…

Aro semblait sceptique. Jusqu'à maintenant il s'était basé sur le fait que les visions de Bella avaient la même base que celles d'Alice : les choix. Bella m'avait fait part de sa divergence d'opinion. Elle ne m'avait pas expliqué quelle était sa théorie, mais moi aussi je pensais que ça ne dépendait pas des choix des personnes puisqu'elle pouvait voir le passé. Je ne savais pas quel était l'élément déclencheur, mais peut-être que Bella l'avait trouvé pendant sa retraite.

- C'est simple. Je ne crois pas que vous avez encore planifié d'organiser une fête n'est-ce pas ?

- Pas à ma connaissance non mais l'idée me plait bien.

Evidemment. Dès que l'on parle de fête à Aro il a quelque chose en lui qui se met en marche comme pour un enfant. A ce moment précis il me fit penser à Carlisle et son minibus.

- Dans ma vision ils attaquaient parce que soi-disant vous aviez dans l'intention de vider le manoir afin de ne réunir que vos plus proches amis et faire la fête.

- Ce serait mal venu de ma part et presque impossible vu le nombre de mes plus proches amis !

Il avait répondu spontanément. Mais je commençais à voir le raisonnement de Bella. Elle comptait justement sur ce nombre d'amis. Ce quorum qui montrerait que les loups-garous ont le choix.

- Oui, mais ça ils ne le savent pas. Faites-le, invitez vos plus proches amis sans pour autant dévoiler la liste des personnes présentes. Comme ça, chaque personne qui recevra l'invitation se sentira honoré de venir mais pour ne pas avoir de problème avec d'autres vampires ne s'en vantera pas immédiatement. Ainsi vous réunirez beaucoup de monde sans éveiller le moindre soupçon. Vous n'expliquerez la situation que quand tout le monde sera sur place dans la nuit du 11 au 12 juin. C'est la date de l'attaque. Il ne faudra pas que les personnes arrivent en avance. Ou même mieux, vous pourrez les réunir non pas dans le palais mais directement sur le lieu où se tiendra la bataille à quelques kilomètres d'ici. Tout le monde sera en place.

- Mais comment sauront-ils tout cela ?, questionna Marcus. Je veux dire les loups-garous.

Le plan de Bella était diablement ingénieux. Je pouvais moi-même répondre à la question de Marcus, puisque j'avais participé en quelques sortes à cela. En plus l'excitation commençait à me gagner. Enfin du concret. Je me laissais également envahir malgré moi par l'humeur bagarreuse d'Emmett.

- J'ai repéré trois espions. Si vous le permettez je garderai leurs noms pour moi afin d'être certain que dans votre colère vous ne vous emportiez pas. Nous leur ferons passer l'information discrètement sans qu'ils ne se doutent de quelque chose. Je pourrai m'en charger, comme ça je serai certain de ne leur dire que ce qu'il faut et de leur réaction.

- Bonne idée jeune Edward, approuva Aro. Bella dis-moi, as-tu vu l'issue de la bataille ?

- Non et je ne pense pas en être capable. Je crois que tant que j'interviens personnellement je ne peux pas le voir. En tous cas dans toutes les visions que j'ai eu jamais je n'intervenais personnellement et activement, enfin depuis que je suis vampire. Les autres eues en tant qu'humaine n'étaient pas vraiment des visions du passé, du présent ou du futur mais juste des sortes d'indices. Tant que je prends part à la bataille je serai incapable de déterminer son issue. Et je prendrai part à la bataille.

Elle était aussi excitée malgré elle à l'idée de cette bataille et elle ne s'en rendait même pas compte. Elle avait enfin eu ses réponses et pouvait se sentir utile. Elle maitrisait la situation, au moins autant qu'elle pouvait l'être.

- Très bien, nous ferons avec. Au moins tout cela aura eu l'avantage de te faire travailler sur tes visions. J'aimerais aussi que tu reprennes l'entrainement sur ton bouclier pour voir jusqu'où tu peux le pousser. Ça pourra toujours être utile.

- Malgré tout le respect que je vous dois, comment ? Mon bouclier est psychique. Jusqu'à nouvel ordre les loups-garous n'ont pas de pouvoirs psychiques.

- On ne sait jamais. Si des vampires nous ont trahis ça peut continuer. Je ne veux courir aucun risque.

- Très bien.

- Jasper ? Puis-je compter sur tes compétences de tacticien pour nous aider à préparer un éventuel combat ? Je préfère prévenir que guérir comme disent les humains.

- Bien sur.

Peu à peu tout se mettait en place. On ne réfléchissait plus, on agissait. Peut-être que finalement cela vaut bien mieux que le calme qui avait régné ces derniers jours car il était malsain, pesant. Là au moins on savait quoi faire de nos deux mains.

- Parfait. Alors nous allons le faire comme ça. Pour plus de sureté dans les invitations que je donnerai je préciserai de n'en parler à personne pour éviter de faire des jaloux et que j'aurai une annonce à faire.

- N'est-ce pas en faire trop ?, s'inquiéta Carlisle. Jusqu'à maintenant vous pouviez présenter le bénéfice du doute quant au fait que vous les aurez manipulés. Là ce ne sera plus vraiment possible.

- Non mon cher Carlisle car j'en aurai effectivement une à faire. Vous verrez sur le moment.

Bella se tourna vers moi. De mon côté je scrutais les pensées d'Aro. Il se garda cependant bien de penser à cette annonce car il réfléchit immédiatement avec malice aux personnes à inviter. Bon dieu, quelle annonce pouvait-il bien faire ?

***

La nuit tombée, Bella et moi sommes sortis pour nous promener, juste tous les deux comme un couple normal. Je voulais profiter d'elle et savourer pleinement chaque moment de sa présence. Je vis cependant qu'elle culpabilisait de m'avoir laissé ainsi. Je choisis de ne rien dire avant qu'elle ne décide toute seule de prendre la parole car je savais que je ne changerais rien à ce qu'elle pouvait penser si elle-même ne faisait pas le point dans sa tête.

- Je suis désolée Edward de t'avoir laissé comme ça.

- Je… je peux comprendre.

Les mots avaient eu du mal à sortir malgré moi. J'avais peut-être été plus blessé que ce que je croyais. Oui, elle m'avait terriblement manqué. Mais je comprenais. Elle avait eu besoin de ce moment, et elle en avait récolté le fruit. Elle avait eu cette vision qu'elle recherchait depuis tout ce temps.

- Oui, mais je n'étais pas obligée de le faire comme ça. Seulement j'ai ressenti un sentiment d'urgence. Je me suis décidée sur le coup, sans vraiment réfléchir à ce que je faisais. Je suis sincèrement désolée de t'avoir blessé.

Je m'arrêtai, l'obligeant à faire de même car je lui tenais la main. La nuit était étoilée et magnifique, nul n'aurait pu le nier. Nous étions accompagnés du chant des cigales, la danse amoureuse des chats, le vol des oiseaux. A travers toute cette nature parfaite, rien n'égalait toutefois la perfection de ma fiancée. Une petite brise faisait voler ses cheveux. Le débardeur qu'elle avait mis était moulant et dévoilait ses formes tout en restant sage.

Je la regardai dans les yeux. Il fallait qu'elle comprenne que je l'aimais et qu'il m'était impossible de lui en vouloir pour quoi que ce soit. Elle avait agi ainsi parce qu'elle le devait, non par désir de me faire du mal. Autant devant Marcus, Caius et Aro elle était forte, déterminée, invincible. Autant là à cet instant précis elle était frêle, fragile, prête à être brisée à la moindre rafale de vent. Pourtant elle était la même femme. Celle que j'aimais. Et celle qui m'aimait.

Je l'embrassai alors. Tendrement, doucement. Ne voulant pas être celui qui la briserait. Je voulais la caresser. Me sentir en elle mais sans être bestial. Juste sentir que nos deux corps font en fait partie d'un tout. Deux pièces d'un même puzzle. Je voulais lui faire l'Amour. Que cela soit l'acte le plus pur et le plus intense qu'il n'ait jamais existé. Je voulais lui montrer que je serais toujours là pour elle. Juste parce que je l'aime.

Alors que nos deux corps étaient unis dans un même élan de tendresse et d'amour infini sous les étoiles, je lui murmurai ce que je ressentais du plus profond de mon âme.

- J'ai hâte que cette bataille soit finie pour pouvoir enfin te présenter comme étant ma femme…

Elle me regarda et n'eut pas besoin d'ajouter d'autres mots. Son regard seul me montrait qu'elle partageait cette envie. Un jour nous pourrions crier au monde entier notre amour et se le murmurer dans l'intimité encore plus qu'aujourd'hui. Juste parce qu'il sera le digne reflet de ce que nous ressentons depuis que nous nous connaissons. Nous nous appartenons l'un à l'autre.