Petite note: Dans les dialogues, Numéro 13 reste Numéro 13, pour être fidèle à la traduction française de la série. Par contre, dans le corps du texte, j'ai décidé de l'appeller Thirteen, car c'est plus léger et plus beau que Numéro 13.

Aux urgences

Lorsque les mains de l'inconnu saisirent sa gorge, Lisa Cuddy eut l'impression que le monde arrêtait de tourner.

Sa conscience s'éclipsa un moment. Elle n'eut pas le temps d'esquisser un mouvement pour se défendre, mais les pensées déboulèrent dans son esprit.

Rachel. Sa carrière. Sa fierté. House.

Pour une raison obscure, ce fut la dernière pensée qui lui vint à l'esprit avant de sombrer, suite à une douleur insoutenable à la tête.

Peut-être avait-elle espéré que House soit arrivé au même moment.

En arrivant dans le stationnement, Dr. House entendit des voix et il se rapprocha en claudiquant, intrigué. Il était encore loin quand il vit l'inconnu attaquer Dr. Cuddy.

Il sentit son cœur faire un bond, et une montée d'adrénaline lui permit de courir, malgré sa douloureuse jambe. En chemin, il plaça ses mains autour de sa cane comme s'il tenait un bâton de baseball. Arrivé à la hauteur de l'homme qui frappait Cuddy, il prit un élan et assomma l'inconnu d'un bon coup, qui aurait probablement fait un « home run » dans une partie de baseball. Sa cane brisa en deux morceaux nets.

L'homme s'effondra sur le corps inanimé du Dr. Cuddy. House resta figé une seconde, horrifié par le spectacle.

Il lui en fallait beaucoup pour qu'il soit impressionné. Même quand un homme lui avait tiré dessus, il avait géré la situation. Se réveillant aux urgences, il avait demandé de la Kétamine, à la surprise de tous. N'importe qui aurait été paniqué. Pas lui.

Mais pendant cette seconde, il eut un sentiment d'horreur, l'angoisse le saisit. Malgré toutes les choses horribles qu'il pouvait dire aux autres, jamais il ne lèverait la main sur une femme.

Et certainement pas sur Lisa Cuddy.

Il se ressaisit rapidement, fit rouler le corps de l'homme sur le côté et souleva Cuddy, la prit dans ses bras. Quand il fut debout, la douleur dans sa jambe le fit chanceler et il eut un haut le cœur. Il poussa un cri, mais avança le plus rapidement possible.

- Une civière ! hurla-t-il en entrant dans la salle d'urgence.

- Oh!

Une infirmière venait de pousser un cri de surprise et d'angoisse et elle s'exécuta immédiatement. Aussitôt que la doyenne fut placée sur le lit roulant, House s'appuya sur les rebords, pour éviter que la douleur n'empire.

- Mais qu'est-ce que vous faites ? cria-t-il après les infirmières, Allez chercher le Dr. Cameron !

- J'arrive ! Mais qu'est-ce qui se passe, House ?

- Une patiente. Et vous êtes mieux de la traiter rapidement si vous ne voulez pas perdre votre poste.

- Quoi ? Oh!

Elle eut la même réaction que l'infirmière, mais tenta de rester calme et commença à jeter des ordres aux médecins et infirmières qui s'affairaient autour du docteur.

- Que s'est-il passé ?

- Un malade mental l'a attaquée dans le parking.

- Quoi ! Où est-il ?

- Assommé par une cane, toujours dans le parking.

Cameron se tourna vers un infirmier.

- Frank, tu cours dans le parking et tu ramènes l'homme qui est blessé. Vas-y avec la sécurité, vous ne le laissez pas filer !

Puis, elle demanda à une jeune infirmière de courir à la réception pour demande qu'on appelle la police. Elle se tourna enfin vers House.

- Allez vous asseoir.

- Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, il y a une personne en danger sur cette civière.

- Vous n'êtes d'aucune utilité. On contrôle la situation. Allez vous asseoir.

House lâcha rapidement prise, car sa propre douleur l'empêchait de supporter la course dans les corridors. Il s'assit sur une chaise des urgences et poussa un long soupir. Il grimaça, sortit son pot de pilules et goba une Vicodin. Puis une autre.

Il se plia en deux, sa main sur sa jambe. Il tenta de se détendre en attendant que les opiacés fassent effet.

Il resta sur la chaise sans bouger, les yeux crispés pendant une bonne trentaine de minutes. Si la douleur à sa jambe avait diminué, il restait choqué de ce qu'il venait de voir.

Et il était confus.

- House !

Thirteen venait d'entrer en trombe dans la salle d'urgences. Essoufflée, elle se pencha vers House et ses yeux s'écarquillèrent.

- House, vous saignez !

Elle entreprit de trouver la source du saignement, mais ce dernier l'arrêta.

- Numéro 13, je sais que vous souhaitez ardemment me déshabiller, mais ce n'est pas nécessaire. Ce n'est pas mon sang, dit-il en regardant sa chemise couverte de liquide rouge.

- C'est vrai ce que tout le monde raconte ? Cuddy est admise aux urgences ? Ils disent que c'est vous qui l'avez amené ?

- C'est moi. Je suis officiellement un chevalier à l'armure étincelante. Bon, veuillez m'aidez à trouver une nouvelle épée, gente dame, car j'ai assommé un vilain ogre avec l'autre et elle n'a pas résistée. Heureusement, les héros vainquent toujours.

- Mais… vous n'avez pas entendu ? Il a disparu.

- Ouf, les rumeurs courent apparemment plus vite que moi… quoi que ce n'est pas difficile de me battre.

House se redressa difficilement et Thirteen lui apporta une cane de surplus que les infirmières laissaient aux urgences. Thirteen se demandait pourquoi House ne semblait pas troublé, inquiet ou concerné. Mais pour le moment, elle se dit que ce n'était pas le moment de verbaliser ses questions. Elle soupçonnait House d'être inquiet, ou du moins choqué, puisqu'il avait passé trente minutes assis, comme abattu. Mais il n'était pas du genre à verbaliser ses inquiétudes.

Soudain, Thirteen réalisa quelque chose.

- House.

- Numéro 13.

- Il est 16h40.

- Merci de cette info, je crois que je me sens nettement mieux maintenant.

- Non, non. Cuddy s'en allait chercher Rachel. Elle ne pourra pas.

- Voyons, pourquoi une femme inconsciente ayant perdu la moitié de son sang par son crâne fracassé ne serait-elle pas en mesure d'aller chercher son enfant ?

Thirteen accrocha le bras de House et le serra, le rapprochant d'elle. « Crâne fracassé ». Sa respiration s'accéléra, sous l'anxiété et elle scruta House du regard.

- C'est si grave ?

Le docteur arrêta soudain de sortir des sarcasmes, comprenant que la situation était effectivement alarmante. Il réalisa qu'il se sentait beaucoup plus anxieux qu'il tentait de le laisser paraître.

- Je crois que ça pourrait être grave, avoua-t-il.

Son sérieux fit frissonner Thirteen.

- Je… je crois que je vais aller chercher Rachel.

- Vous ne savez même pas où elle est.

Vrai. Thirteen ne savait pas quoi répondre.

- On n'a qu'à entrer dans le bureau de Cuddy par effraction, c'est tellement amusant, proposa House.

La jeune docteure le suivit.

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- Alors, comment va Van Gogh ? demanda House en entrant dans son bureau, après avoir laissé Thirteen filer avec l'adresse de la garderie.

- Dr. House.

Deux policiers étaient assis avec l'équipe, plus Wilson qui abordait un air inquiet. Ceux-ci se levèrent et le premier tendit la main à House, pour se présenter. Celui-ci ne réagit pas. Le deuxième prit la parole.

- Nous avons compris que vous avez été témoin d'une agression qui a eut lieu dans le stationnement. Nous voudrions prendre votre déposition.

- Pas maintenant, j'ai une vie à sauver.

- House, dit Foreman, on parle de Cuddy. C'est important. Et c'est grave.

House soupira, donna quelques conseils à son équipe et s'assit avec les policiers quand l'équipe fut sortie. Wilson demanda à entendre la déposition. Il fut refusé par les policiers et sortit déçu, sachant que House ne raconterait probablement pas l'histoire une deuxième fois.

House raconta ce qu'il c'était passé, avec un sérieux inhabituel.

- À quoi ressemblait l'homme ?

- Grand, baraqué, cheveux grisonnants, dans la cinquantaine. Je dirais six pieds deux et au moins 250 livres.

- Seriez-vous en mesure de l'identifier ?

- Non. Je l'ai vu trop rapidement. Sa carrure m'a impressionnée, mais je n'ai pas vu son visage.

- Pouvez-vous penser à un motif qui pousserait quelqu'un à attaquer Mme. Cuddy ?

House prit son temps. Il résista à l'envie de sortir une remarque acerbe du genre : « C'est une fendante, contrôlante et impossible à supporter. »

- Non. Je ne sais pas.

- Merci de votre aide.

Et ils le laissèrent seul, avec ses pensées. Il se mit à fixer le vide, songeur. Il détestait se pencher sur lui-même, mais il sentit que quelque chose n'allait pas.

Il réalisa qu'il était affecté. Vraiment affecté par ce qui venait d'arriver. Au fond de lui, il avait peur que Cuddy ne survive pas. Et sans qu'il puisse expliquer pourquoi, il se sentit triste. Peut-être qu'il avait fini par s'attacher à la doyenne.

Ou plutôt, se raisonna-t-il, je ne veux pas avoir quelqu'un de nouveau à manipuler, en tant que supérieur. Avec Cuddy, c'est facile.


Suite bientôt. Pas de soucis pour les update, l'histoire est déjà complète. Je vais juste laisser quelques jours entre les update... histoire de donner le goût ;).