Merci pour toutes les reviews! Quelqu'un a souligné que j'utilisais un "vocabulaire canadien". Haha! C'est bien possible. J'essaie d'écrire le plus possible en français international, donc vous me direz si certaines expressions sont incompréhensibles.
Rachel
Thirteen arriva avec une Rachel effrayée et agrippée à elle à l'hôpital. Il était maintenant sept heures. La garderie n'avait pas voulu laisser partir Rachel avec une inconnue et après une panoplie d'appels à l'hôpital, les gardiennes avaient fini par croire que Thirteen était digne de confiance et qu'en effet, Lisa (comme les éducatrices se permettait de l'appeler) n'était pas en bon état.
La première personne qu'elle croisa fut Cameron. Elle semblait exténuée. Elle sourit en reconnaissant la tête blonde de la petite.
- Hey, Rachel.
Celle-ci cacha son visage dans le creux de l'épaule à Thirteen.
- C'est Cameron. Tu te souviens d'elle ? demanda Thirteen.
Mais la petite ne bougea pas. À un an, elle était attachée à sa mère et c'est la seule personne qu'elle arrivait à reconnaître. Les deux femmes se sourirent.
- Comment va… Cuddy ?
- Elle est en chirurgie avec Chase. Ils ont presque fini. Et l'opération s'est bien déroulée. Dans quelques minutes, elle sera placée dans une chambre.
- Tu… crois qu'elle…
Thirteen repris son souffle. Elle se sentait émotive. Même si elle n'était pas proche du Dr. Cuddy, elle sympathisait et était effrayée par l'acte de violence dont elle avait été victime.
- Tu crois que ça va aller pour elle ?
- Elle a perdu beaucoup de sang. Le crâne a été défoncé. Et le lobe occipital atteint. Chase a peur qu'elle ne soit aveugle en se réveillant. Si elle se…
- Où maman ? demanda Rachel en se redressant.
On aurait dit qu'elle venait de comprendre qu'elle était au travail de sa mère.
- Où maman ? répéta-t-elle.
- Maman ne se sent pas très bien, Rachel, expliqua Thirteen. Elle m'a demandé de veiller sur toi. Je vais m'occuper de toi pour ce soir.
- Maman.
La petite commença à se sentir anxieuse. À un an, elle parlait peu, mais sentait bien les choses autour d'elle et la situation lui était étrangère et anxiogène.
- Maman !
Elle se mit alors à pleurer et tenta de se défaire de l'emprise de Thirteen qui la garda contre elle.
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- Vous ne pouvez pas faire taire cette enfant ?
House venait de crier contre Thirteen et Rachel se mit à hurler de plus belle. Kutner venait de solutionner l'énigme Van Gogh et réclamait le collant promis, pour énerver House. Mais celui-ci n'arrivait pas à se concentrer.
- Allez ! Tout le monde dehors ! Et allez sauver Van Gogh.
Mais Thirteen avait du mal à calmer Rachel et cela devenait dangereux si elle se levait avec le bébé dans les bras. Kutner s'approcha d'elle et saisit la balle de House au passage.
- Hey. Regarde, méchant tonton House t'offre sa balle. Tu devrais lui dire merci. En plus, c'est lui qui a aidé ta maman.
- Maman ?
Rachel sembla se calmer un peu et saisi la balle qu'elle mit d'emblée dans sa bouche, comme pour se détendre.
- Wow ! Kutner, c'est pas mal.
- Si tu veux, je viens chez toi ce soir et je t'aide avec elle.
Foreman fronça les sourcils.
- Je jure que j'ai pas d'arrières pensées ! Juste pour Rachel… se défendit-il.
- Vous me devez une autre balle Kutner, je ne touche plus à cet objet, infecté par de la bave de bébé. Et qu'est-ce que vous faites encore tous ici ? On a des traitements à donner ! Numéro 13, rentrez chez vous ! Et avec le bébé, pitié !
Tout le monde s'exécuta et Thirteen accepta de bon cœur que Kutner vienne lui donner un coup de main pour la soirée.
Lorsque la tension fut retombée, House s'assit sur sa chaise. Tout le monde était sortit, laissant le bureau dans un calme vide et… angoissant. Les rumeurs fusaient à toute vitesse, étourdissant les infirmières, les docteurs, le personnel de soutien. Au journal télévisuel de six heures, l'événement avait fait la une sur plusieurs postes. On recherchait l'agresseur, mais la police était confiante car il était blessé et laissait des pistes derrière lui.
Le conseil de l'hôpital s'était déjà réuni pour discuter du cas. Qui allait prendre la relève ? Pendant combien de temps ? Et si Dr. Cuddy ne survivait pas, qu'est-ce qui allait arriver ? Tout le personnel était nerveux et attendait les directives.
House y compris. Mais il ne le montrerait pas.
Le bruit de la porte s'ouvrant le tira hors de ses pensées. Wilson venait d'entrer dans le bureau.
- Ta cote de popularité a grimpé en flèche, House. C'est impressionnant, du jamais vu ! Tu es passé du bâtard, « sale enfant de chienne » au « c'est un héros, quel homme, qui aurait cru ? ».
- Ah, mon heure de gloire. Je l'attendais tant.
Cette remarque se voulait sarcastique, mais le ton de voix de House resta neutre.
- House. Tu devrais aller la voir, elle est sortie de la salle d'op. Elle est en chambre, maintenant.
- Pourquoi j'irais la voir ? C'est ma pire ennemie ! dit-il de façon énergique.
- Parce que ça t'éviterait de rester traumatisé. Et de fixer pendant des années la tache de sang qui reste sur ta chemise. D'ailleurs, tu devrais rentrer et aller te changer.
- Traumatisé ? Si le sang me traumatise, c'est que j'ai choisi le mauvais domaine.
- Je te disais ça comme ça. Si t'as besoin de parler…
- Je déteste parler, sauf si c'est pour insulter les gens autour. Je rentre, au revoir Wilson.
James Wilson soupira et secoua la tête en regardant House s'éloigner et entrer dans l'ascenseur. Une fois à l'intérieur, pourtant, House ne se rendit pas au rez-de-chaussée. Il choisit d'aller à l'étage où Cuddy avait été placée.
Il entra discrètement dans la chambre et décida qu'il resterait debout. Sa visite serait brève, car il n'avait pas envie que sa cote de popularité augmente trop. Il aimait bien faire peur aux gens.
Cuddy était blanche. Paisible. La chambre semblait figée. Le moniteur cardiaque résonnait régulièrement. Cameron et Chase étaient confiants, son état semblait stable et contrôlé. Elle respirait par elle-même. La situation de coma n'était pas inquiétante.
House l'observa quelques minutes et un frisson le traversa. C'était un frisson discret, qui ne le fit pas trembler, mais qui doucement, souleva les poils de son échine, de ses bras. Il était… ému ? Peut-être.
Il voulu parler, mais se retint.
J'ai eu peur, s'avoua-t-il. Vraiment peur. Au fond, peut-être que je n'aime pas la mort. Même si celle de mes patients me laisse parfois indifférent. Peut-être que celle de Cuddy m'affecterait. Son état m'affecte.
Une douleur traversa sa jambe et il sortit son pot de pilule. Il se sentit mal à l'idée de gober du Vicodin devant elle. Il se glissa hors de la chambre, sans un mot, et avala quelques comprimés. Il dévisagea une infirmière qui avait un regard bienveillant envers lui et se dirigea hors de l'hôpital.
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Kutner et Thirteen avait finalement réussi à mettre Rachel au lit, mais ils savaient qu'ils devraient se relever pendant la nuit. Ils étaient passés à la pharmacie avec le bébé et avaient acheté des couches, des pots de bébés, du lait maternel, des cuillères pour enfant, des jouets, tout et n'importe quoi qui leur passait sous la main, car ils ne connaissaient aucunement la routine de Rachel, ni son alimentation.
La caissière leur avait posé une panoplie de questions, mais ils avaient répondu qu'ils gardaient le bébé d'une amie et qu'ils étaient frères et sœurs. Ils s'étaient trouvés assez comiques, mais à la maison, ça avait été plus difficile.
Rachel sentait qu'ils étaient peu à l'aise et elle avait pleuré toute la soirée, jusqu'à ce qu'elle s'endorme d'épuisement. Thirteen craignait que les voisins n'appellent la police. À ce moment, les services sociaux finiraient par s'en mêler.
Ils s'écrasent sur le divan, comme essoufflés.
- Ok. Je ne suis pas prête à avoir un bébé.
- Non. Tu n'es pas prête à avoir CE bébé. Elle pleure beaucoup trop.
- Elle a peur.
- Il y a de quoi.
Thirteen soupira.
- Je ne veux pas qu'il y arrive quelque chose à Cuddy. Je ne la connais pas beaucoup, mais elle est sympathique. Et c'est elle qui m'a fait embauchée.
- Personne ne mérite ça. Je suis sûr que c'est juste un cinglé qui traque les filles dans les stationnements.
- Moi qui voulait retenir House… heureusement qu'il est allé. Je ne voudrai plus jamais aller seule dans ce stationnement.
- Et bien, il ne reviendra pas tu sais ? Il l'a fait une fois et s'il recommence ce sera ailleurs. Il sait que le stationnement va être surveillé, il n'a aucune raison de revenir.
- Ça fait peur quand même.
Le silence s'installa dans la petite pièce. Tous deux fixèrent le vide pendant un instant. Puis, Thirteen alluma la télévision. Le son remplit la pièce et tous deux décidèrent de rester éveillés, sentant qu'ils seraient incapables de trouver le sommeil de toute façon.
