Merci infiniment pour toutes les reviews, certaines sont très constructives. J'aime beaucoup, les commentaires sont assez honnêtes !
Malheureusement pour moi, l'histoire est déjà écrite en entier, donc je ne pourrai pas trop modifier au fil des commentaires. C'est le désavantage. L'avantage, c'est que vous êtes sûrs d'avoir une fin ! Et de l'avoir sans trop tarder ! :)
Le fond de l'océan
House se réveilla ce matin-là avec un mal de dos et une douleur intense à la tête. Il réalisa qu'il s'était endormi au travail, sur un divan dans la salle des employés, devant la télévision. La lumière fade qui entrait par la fenêtre lui indiquait que le personnel de nuit était encore de service. 5 heures.
6e jour. 6 jours de coma pour Cuddy. Plus le coma durait, plus ses chances de s'éveiller diminuaient. Le personnel commençait à s'en inquiéter. Cameron avait repris le flambeau, non sans hésitations au souvenir de la dernière fois. Mais le conseil s'était montré insistant et désespéré. Elle ne pouvait pas refuser le poste de directrice par interim.
La cousine de Cuddy, Sara Burns, avait passé ses deux jours à l'hôpital, téléphonant aux parents, qui ne rentraient pas d'Espagne pour autant, et l'université qu'elle fréquentait, en espérant obtenir une suspension de sa session. Elle venait vérifier plusieurs fois par jour si Rachel allait bien, mais semblait accorder une grande confiance à Thirteen. Et cette dernière commençait à apprécier son nouveau rôle de substitut parental.
Ça ne pourra pas durer bien longtemps, se dit House, dès que Rachel va avoir besoin d'une signature pour quoi que ce soit, un vaccin, une inscription, les services sociaux vont débarquer.
House se leva difficilement, avala quelques Vicodin, et se dirigea vers la salle des douches. Il avait toujours des chemises propres (et sales) dans son casier. Il prit sa douche en quelques minutes et en ressortit les cheveux en bataille… comme d'habitude.
Avant l'arrivée de tout le monde, il passa dans la chambre de Cuddy. Cette fois, il n'hésita pas à parler.
- Vous savez, ils n'ont pas retrouvé le type qui vous a fait ça. Il faudrait que vous vous réveilliez pour qu'on puisse le coincer. Il me doit une cane.
Seul le son du moniteur cardiaque lui répondit.
- Et il y a le viking aussi. Enfin, Rachel. Elle va se retrouver seule. J'ai besoin de Numéro Treize et le bébé la rend complètement gaga.
Évidemment, Cuddy ne bougea pas. House fit un mouvement vers le lit, se rapprocha d'elle. Doucement, du bout de son doigt, il toucha la main de Cuddy. Il frôla sa peau et fit glisser ses doigts gentiment le long de son bras.
Il stoppa et sortit brusquement de la chambre, comme embêté par son propre geste.
---
- C'était un problème au niveau de la production d'adrénaline. Puisqu'il y en avait trop dans le système, il était en situation de stress constamment, résuma House, évidemment, vous dormiez tous cette nuit, vous n'avez donc pas eut cet éclair de génie. Les plaques rouges, c'était une réaction allergique grave aux arachides. Mais puisqu'il sur produisait de l'adrénaline, le corps a réussi à combattre la réaction. Quelques heures de plus dans cet état et c'était la mort. Génial non ?
Aucun membre de l'équipe ne réagit. Cameron venait de poser sur le bureau, un nouveau dossier que personne n'avait ouvert.
Thirteen n'avait pas eu le cœur de ramener Rachel à la garderie. Elle vivait dans l'angoisse qu'une éducatrice appelle les services sociaux. Elle la gardait avec elle toute la journée. Quand elle devait intervenir avec un patient, c'est Sara qui prenait la relève.
- Est-ce que c'est une cane Pikachu ? s'exclama soudain Kutner.
- Oui, répondit House, sarcastique, en montrant sa nouvelle cane noire avec des éclairs jaunes à la base, c'est mon pokémon préféré.
Foreman eut une expression confuse et agacée. La cane était seulement noire avec les éclairs et il ne comprenait pas pourquoi Kutner devait toujours sortir des commentaires sur la culture populaire.
- Quel est le rapport ?
- Voyons, Foreman, votre culture !
- Ok, est-ce qu'on peut consulter la fiche du nouveau patient ?
- Et les pokémons, qu'est-ce qu'on en fait ?
- Bonjour à tous !
- Bon, voici l'emmerdeuse numéro 2.
Sara venait d'entrer dans la pièce.
- C'est confidentiel ! cria House, à la manière d'une petite fille de douze ans, à qui on venait de voler son journal intime.
- Tu peux entrer, Sara, lui dit Foreman, nous n'avons pas encore commencé.
- Je venais juste faire un saut, prendre des nouvelles.
- Tout va bien, merci, répondit Thirteen.
- Ok, alors je suis dans le coin.
- Merci, on apprécie tous.
House roula les yeux, tandis que Sara s'éloignait. Ils finirent par consulter enfin le dossier. Petit garçon de sept ans qui était rentré à l'hôpital en crise. Il avait été pris de tics nerveux incontrôlables après une surdose de médicaments censés contrôlés l'hyperactivité. Depuis, il avait le bras gauche complètement paralysé.
- C'est peut-être du à la surdose, proposa Taub, ça a pu atteindre assez gravement son système nerveux.
- Ou c'est peut-être une maladie neurodégénérative qui a été révélée par la médication, fit Foreman.
- Ça peut être une carence alimentaire quelconque…
- Non, répliqua House, pourquoi l'enfant a-t-il fait une surdose ?
- La mère a dit qu'il était sans surveillance à l'école, il s'est désorganisé et s'est gavé de pilules, dit Thirteen.
- Troubles de comportements…
House fut songeur un moment.
- Et si ça n'avait pas de lien avec le médicament ? Qu'est-ce qui cause la désorganisation d'un enfant de sept ans ?
- La colère, la frustration, l'agacement…
- Un disfonctionnement du cortex préfrontal.
- Euh, mais quel est le lien avec le bras paralysé ? D'ailleurs, c'est pour cette raison qu'il prend ces médicaments.
- Justement, et s'il n'était pas hyperactif ? Dans ce cas, les médicaments agissent comme le speed sur le système nerveux. Ce qui expliquerait la crise.
- La mère dit qu'il est incontrôlable sans son médicament
- Tout le monde ment.
House ordonna plusieurs tests et décida d'aller constater par lui-même le niveau « d'hyperactivité » du jeune. En chemin, il fut intercepté par Wilson.
- Hey, House !
- Wilson. C'est un honneur, mais je suis pressé.
- L'infirmière m'a dit que tu es allée visiter Cuddy plusieurs fois.
- Quelle porte-panier. Tu me rappelleras de mettre des poids dans ses chaussures.
- Pourquoi tu m'as dit que tu n'irais pas ? As-tu honte ?
- Ah, mon terrible secret percé à jour !
- House !
Wilson tenta de l'arrêter, ce qui ne fut pas difficile. Le diagnosticien soupira.
- House, il paraît que 50 % des témoins d'une agression vivent un choc post traumatique.
- Choc post traumatique ? Wilson, j'ai été tiré je te rappelle. Je suis très résilient, ne t'inquiète pas pour moi.
- Ok. Mais quand Cuddy va se réveiller, elle ne sera sûrement pas aussi résiliente que toi. Elle… elle va avoir besoin de toi.
House dévisagea son ami un moment.
- De moi ? Non, c'est de toi qu'elle va avoir besoin. Toujours le bon mot au bon moment et la faculté de guérir et apaiser les douleurs du cœur ? C'est ton domaine. Le mien, c'est la vérité cruelle et difficile.
- Mais cette fois, c'est toi qui a vécu ça avec elle. Elle va avoir des questions. Elle va avoir peur.
- Cuddy est plus forte que ça.
- N'importe qui d'humain aurait peur après ça ! Et tu es le mieux placé pour comprendre, toi qui a aussi été attaqué ! Quand tu as été tiré, peut-être que tu as fait ton dur et que tu as fait croire à tout le monde que ce n'était pas difficile, mais je sais qu'au fond de toi, tu aurais eu besoin d'aide.
Le docteur prit un moment pour réfléchir. Wilson avait raison. Après l'agression, il s'était sentit terrifié à l'idée qu'on puisse lui en vouloir à ce point et cela l'avait fait réfléchir. De plus, il avait passé plusieurs jours à regarder derrière lui pour écarter la possibilité qu'une présence dangereuse le suivait.
Mais il ne pu s'empêcher de répondre :
- C'est pourquoi tu es passé tous les jours pour voir si j'allais bien, ce que tu ne pourras pas t'empêcher de faire avec Cuddy.
Il continua sa marche, mais s'arrêta après quelques pas.
- Tu veux aller prendre un verre ce soir ?
- Ok.
Il fallait bien qu'il fasse des efforts pour entretenir ses amitiés. Wilson faisait des efforts. Et il s'était sentit seul lorsqu'ils avaient été en conflit après la mort d'Amber. Dans un sens, il tenait à Wilson, c'était son seul véritable ami, qui était resté malgré les coups bas.
Et il y a le viking aussi. Enfin, Rachel. Elle va se retrouver seule. J'ai besoin de Numéro Treize et le bébé la rend complètement gaga.
Rachel ?
Cuddy se sentait flotter. Comme si son corps s'était enfoncé tranquillement dans l'océan jusqu'à ce qu'elle en atteigne le fond. Le fond marin était doux pour son corps et son esprit. Rare étaient ceux qui l'atteignait et qui trouvaient la force de remonter à la surface.
La vie y était paisible, calme et libérée de tout soucis.
Et de toute affection. Rachel ?
Soudain, elle sentit l'océan s'ouvrir. Elle eut l'impression qu'un petit trou s'était formé dans l'océan et que ce petit trou laissait l'air libre passer jusqu'à sa main. Elle sentit l'air frais remonter jusqu'à son bras. Elle frissonna.
House. Ce fut le premier souvenir qui se forma dans son esprit. Elle eut envie de remonter à la surface.
Tranquillement, des images commencèrent à se former devant ses yeux. Des images d'enfance. Ses parents. Sa balançoire dans la cour. Sa traîne sauvage. Puis, ses cours d'équitation. Son adolescence. Son premier baiser.
Tout commença à revenir tranquillement, tandis qu'elle remontait vers la surface. L'activité cérébrale avait reprise. Ses yeux bougeaient derrière ses paupières.
Et enfin, Rachel.
Elle émergea à la surface et prit une grande respiration.
Cuddy ouvrit doucement les yeux. Tout d'abord, elle ne vit rien. Puis, après quelques secondes, la lumière pénétra dans ses yeux et les contours se dessinèrent doucement, la chambre prit forme devant elle.
Elle resta stoïque, confuse, mais calme.
La pression contre sa tête lui indiquait qu'elle avait sûrement un bandage autour du crâne. Elle se demanda s'il lui restait des cheveux sur la tête. Probablement, car elle les sentait chatouiller son cou.
Elle ne bougea pas. Ses muscles étaient ankylosés, et elle sentait des élancements douloureux dans sa tête. Elle aurait besoin de réadaptation.
Elle ouvrit la bouche et dit doucement :
- Rachel.
