N/A : Je suis consciente que les descriptions sont peu étoffées. C'est voulu. C'est un choix qui peut être discutable étant donné que certains éléments gagneraient à être plus développés. Cependant, j'ai écrit ceci expréssement pour cesser de tout analyser en profondeur... comme mon domaine d'étude m'y oblige, haha ! Pour décrocher quoi. J'ai donc essayé de faire le plus simple et le plus direct possible.

D'ailleurs, vous pourrez sûrement deviner en quoi j'étudie au fil des chapitres, surtout à travers le vocabulaire que j'utilise !

Les pensées de Cuddy

- Cuddy est réveillée !

House eut envie de répliquer : « Est-ce qu'elle est déficiente ? », mais se retint. Il savait que ce genre de traumatisme pouvait engendrer la perte de facultés cognitives, et si c'était arrivé, il se sentirait mal d'avoir prononcé de telles paroles.

Oui, il pouvait se sentir mal.

C'est Wilson qui venait de l'annoncer à toute l'équipe, qui, sans attendre la permission de House, se précipita hors du bureau.

- C'est ça, allez lécher les bottes du patron.

Cuddy ne pouvait pas supporter la présence d'autant de personnes à la fois, Chase s'en rendit compte et ordonna à tout le personnel venu la visiter de sortir. Il s'assit à côté d'elle.

- C'est moi qui suis en charge de vous.

Elle sourit faiblement et avoua :

- Ça me rassure. Qui a pris la direction ?

- Cameron. Depuis deux jours.

- Deux jours ?

- Vous êtes dans le coma depuis six jours.

Elle poussa un faible soupir et ferma les yeux. Elle les rouvrit et regarda Chase, inquiète.

- Rachel, où est-elle ?

- C'est Numéro Treize qui s'en est occupée. Elle a très bien fait ça. Kutner et Foreman l'ont aidée. Et Rachel se promène partout dans l'hôpital avec la balle de House. Ça fait jaser le personnel.

Cuddy eut un petit rire, et avant qu'elle ne le demande, Chase répondit :

- J'ai demandé à Wilson d'aller les chercher. Ils devraient arriver d'une minute à l'autre. En attendant, je vais devoir vous poser quelques questions. Et… il y en aura sûrement d'autres après, c'est un bon traumatisme que vous avez eu, nous devons nous assurer qu'il n'y a pas de séquelles.

- Que… que s'est-il passé ? demanda-t-elle.

Chase la regarda, pris de court par la question. Il hésita avant de demander :

- Vous ne vous en souvenez pas ?

- Je… me rappelle être descendue dans le parking. J'allais chercher ma fille. Après… je ne sais plus.

- Vous…

Il se sentit mal-à-l'aise, mais il savait qu'il n'avait pas d'autre choix que de tout lui dire.

- Vous avez été attaquée par un homme. Nous ne savons pas pourquoi. Il a disparu. C'est House qui vous a sauvée.

- House ? demanda-t-elle surprise.

Mais à ce moment, Thirteen, Foreman et Sara entrèrent dans la chambre. Kutner et Taub entrèrent un peu en retard, suivi de Wilson. Ils avaient dû se frayer un passage parmi la foule devant la porte (que Cuddy ne voyait pas à cause des stores fermés). Elle sourit et tenta de se redresser. Chase l'aida à s'asseoir.

Rachel se mit à pleurer dès qu'elle vit sa mère et se débattit dans les bras de Thirteen. Celle-ci se dépêcha à la porter dans les bras de Cuddy qui pu la tenir faiblement, aidée de Chase. Le bébé, ému, porta les mains au visage de sa mère en gazouillant et en poussant des petits hoquets de sanglots à l'occasion.

Elle leva la tête et remercia Thirteen. Puis, elle remarqua Sara.

- Sara ! Wow, merci d'être venue. Je ne sais pas quoi dire.

- Elle est ici depuis plusieurs jours, raconta Foreman pour donner du crédit à la jeune femme.

Celle-ci sembla un peu mal-à-l'aise.

- Ce n'est rien. Tes parents m'ont demandé. Ils sont en Espagne.

- Je sais. Merci, j'apprécie.

- Et puis, ajouta Chase, Cuddy va avoir besoin de quelqu'un lorsqu'elle va avoir son congé. Au cas où qu'il se passe quelque chose. Et pour l'aider avec Rachel.

En temps normal, Cuddy aurait tenté de riposter, protestant qu'elle était forte et capable. Mais, elle se sentait trop faible et confuse pour refuser. Elle connaissait peu sa cousine, mais elle appréciait beaucoup ses discussions et sa présence lors des fêtes de famille. Sa présence la rassurerait sûrement.

- Je vais rester avec plaisir.

À ce moment, les pager de l'équipe de House se mirent à sonner.

- C'est le patient. On doit y aller.

- Ça va. Merci pour tout.

Chase, Sara et Wilson s'assirent autour du lit et discutèrent un peu avec Cuddy, qui semblait apprécier. Rachel s'était endormie sur sa mère.

- Je voudrais savoir, demanda Cuddy au bout d'un moment, je ne me souviens de rien. C'est vraiment House qui m'a… « sauvée » ?

- Oui, pas de doute, Dr. Cuddy. Il vous a porté jusqu'aux urgences. Il a fait la déposition à la police. Il y a eu enquête. Il a fracassé sa cane sur la tête de l'homme qui vous a agressée.

- Woh…

Elle prit un moment pour assimiler l'information. Elle décida de gérer les émotions qui venaient avec un peu plus tard.

- Et moi ? Qu'est-ce qui m'est arrivé ?

- L'homme vous a saisi par la gorge, annonça Wilson en constatant le malaise de Chase, et il vous a balancé contre votre voiture. Il a frappé votre tête sur le sol à deux reprises, avant d'être arrêté. Une chance que House était là.

Cuddy déglutit difficilement. Sara prit un moment pour observer Wilson. Est-ce qu'il venait de dire ça sans émotions, avec froideur ? Ou alors, il était si habitué, que sortir des informations du genre ne le dérangeait plus ? Wilson le remarqua et se tourna vers elle. Sara détourna le regard.

- Et l'homme ?

- Il… a disparu.

- Ok, souffla la docteure.

Après plusieurs minutes, tous sortirent de la chambre, laissant Cuddy se reposer et Sarah emmena Rachel, qui s'était endormie dans les bras de sa mère.

Les pensées se bousculaient dans la tête de Cuddy. Elle décida qu'il faudrait faire simple, pour éviter de se surmener.

Elle prendrait son congé de travail le plus long possible. Elle sentait dans tout son corps qu'elle avait besoin de repos.

Et elle assumerait que l'homme ne reviendrait pas la traquer, qu'il n'était qu'un agresseur qui choisissait ses victimes au hasard. Et qu'elle avait eu beaucoup de chance.

Elle n'avait aucun souvenir de l'événement. Et elle savait qu'après un traumatisme, il y avait peu de chances que la mémoire revienne. Le cerveau subit un si gros choc, qu'il est pratiquement impossible que la scène vécue soit enregistrée. Les flashbacks sont plus fréquents dans les films que dans la réalité.

En réalité, elle ne voulait plus se souvenir de cet événement. Mais elle aurait voulu parler à House. Cependant, elle sentait qu'il ne viendrait pas lui rendre visite.

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- Tu n'es pas obligé de me faire la morale, souligna House à Wilson.

- Je me sens obligé ! Tu n'es doté d'aucun sens moral ! Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez toi, il manque un ingrédient à la recette !

- Le monde est composé de gens nobles (ou qui prétendent l'être) et de gens démoniaques, dont le but sur la planète est de rendre la vie plus difficile. Je suis fier de faire partie de la seconde catégorie. J'obtiens toujours ce que je veux… ou ce que je ne veux pas. Et je ne veux pas aller voir Cuddy.

- Pourquoi !?

House soupira. Wilson était resté figé, les yeux pleins de questions, les bras levés, paumes vers l'avant, comme pour montrer son désarroi.

- Ça ne m'intéresse pas.

- Elle va avoir plein de questions pour toi.

- Justement. Je n'ai rien à raconter, vous lui avez déjà tout dit.

L'expression sur le visage de Wilson changea, comme s'il venait de comprendre quelque chose.

- Non, tu as peur que ça devienne personnel, tu as peur qu'elle te pose des questions sur le pourquoi, le comment.

House le considéra un instant, avant de s'éloigner sans parole. Wilson soupira et laissa tomber ses bras. Il réfléchit un instant, sachant que ça ne donnait rien de le poursuivre dans les corridors en l'assommant de morale. Au fond, il savait qu'House finirait par affronter Cuddy. Dès qu'il serait prêt.

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- Ok, tout va bien pour vous Dr. Cuddy. Il ne semble y avoir aucune déficience sur le plan cognitif pour l'instant, ni sur le plan moteur. Vous êtes vraiment chanceuse, annonça Chase après une panoplie de tests.

- Je sais.

Elle se tourna pour prendre son verre d'eau. Elle avança sa main et la referma… avant que sa main ne touche le verre. Elle stoppa son mouvement. Chase fronça les sourcils.

- Recommencez.

Elle déglutit, inquiète, et tenta à nouveau de prendre son verre d'eau. Elle avança sa main tranquillement. Un moment donné, elle eut l'impression que sa main entourait le verre. Elle ferma sa main en poing. Le verre était encore à 20 centimètres.

Chase eut une expression du genre « oups, il y a un problème. » Cuddy reprit le mouvement et cette fois, elle attendit de sentir les parois du verre contre sa main pour le saisir, alors qu'elle avait l'impression de l'avoir atteint bien avant. Elle du fermer ses yeux pour le porter à ses lèvres car elle n'arrivait pas à évaluer la distance restant entre sa bouche et le verre. Elle y alla au toucher.

Elle ouvrit les yeux après avoir bu et prit son temps pour replacer le verre, étant obligé de tâter la tablette pour s'assurer qu'elle y était bien arrivée.

- Vous n'avez pas besoin de me l'annoncer, Chase, je sais. J'ai perdu la faculté d'évaluer mon espace.