N/A: Merci encore pour toutes les reviews. C'est vraiment apprécié !! Effectivement, il y a probablement des anomalies médicales, parce que je ne suis pas médecin. C'est pas mal dangereux d'écrire une fic sur House sans rien connaître de médecine oh la la!

Ahh et oui, mon domaine d'étude, ça ressemble à psychologie. Mais ce n'est pas tout à fait ça. Psychoéducation. Humm, je crois que ça se dit juste au Québec ce terme là. En France, ça existe ??

Bonne Lecture !!

Je ne l'aime pas beaucoup

- Pourtant, la perception de l'espace, c'est dans le lobe pariétal. Pas le lobe occipital. Et c'est le lobe occipital qui a été touché ! résuma Chase.

Cameron resta songeuse un instant.

- Elle demande son congé, mais je ne suis pas d'accord, il faut qu'on fasse d'autres tests pour voir ce qui ne tourne pas rond.

- Pourtant, elle guérit très vite Chase. Elle marche sans problème, elle arrive à presque tout faire, malgré sa désorientation. C'est peut-être juste psychosomatique.

- Peut-être pas.

- Si elle décide qu'elle veut rentrer, il n'y aura rien à faire, tu la connais.

- Il faut la convaincre.

- Elle s'en sort très bien !

- Il faut quand même la convaincre !

Cameron soupira, excédée.

- Alors, demande à House ! Lui, il pourra la convaincre !

- Il refuse de l'approcher !

- Alors, tu lui donnes son congé, avec l'interdiction formelle de conduire une voiture, c'est tout. Point final.

Chase sortit du bureau mécontent. Il savait que pour n'importe quel autre patient, Cameron aurait ordonné qu'il reste à l'hôpital, mais elle n'osait pas confronter Cuddy, d'autant plus qu'après deux jours, elle semblait avoir récupéré presqu'en entier. Elle marchait avec assurance et parlait de façon confiante. Sa blessure à la tête guérissait très bien et ils avaient changé le bandage tout autour de la tête pour un bandage plus discret… qu'elle ne serait pas en mesure de refaire elle-même.

Malgré son apparente assurance, Chase savait que certaines tâches minutieuses lui étaient impossibles à faire, à cause de sa désorientation. Il espérait vraiment que cette Sara prendrait soin d'elle… et de Rachel.

- Alors, le garçon n'est pas hyperactif, mais très agité. Il commence à prendre des médicaments, la situation empire. La dose augmente, la situation empire encore. C'est tout à fait normal. La paralysie temporaire est reliée à la surdose. Maintenant, qu'est-ce qui peut causer de l'agitation, à par l'hyperactivité ?

- Le stress, la dépression…

- Choc post traumatique…

- Quelque chose de physique, réclama House.

- Une intoxication ?

- Il faudrait qu'elle soit répétée, qu'il soit exposé tous les jours. C'est une hypothèse à vérifier.

- Syndrôme d'alcoolisme fœtal ?

- Non, il n'a pas le facial. Ni aucun autre symptôme.

- House, interrompit Wilson en entrant dans le bureau.

- Occupé.

Il prit quand même le temps d'entrer.

- Cuddy a eu son congé.

- Fort heureux. Je vais pouvoir continuer à embêter Cameron pour un moment. Quoi que c'était plus facile d'obtenir ce que je voulais de Cuddy.

- Est-ce qu'on peut parler ?

- Ce n'est pas ce qu'on fait ?

- Sérieusement.

- Non, merci. Bon, Foreman et Numéro 13, testez le sang pour les intoxications plausibles. Kutner et Taub, vous allez chez le gamin et à l'école pour trouver quelque chose.

House se dépêcha à doubler Wilson et lui annonça qu'il devait absolument consulter le patient, ce qu'il fit. Il évitait à tout prix de voir les patients, sauf s'il pouvait se réfugier dans leur chambre en clamant la confidentialité professionnelle.

House n'avait pas envie de penser à Cuddy ou de parler d'elle. Bien sûr, il aurait voulu la voir, pour savoir si elle allait bien. Mais il sentait qu'il n'arriverait pas à répondre à ses questions. Cela touchait une corde sensible chez lui.

Et il n'aimait pas avoir des cordes sensibles. Il s'assit donc au pied du lit du patient.

- Je peux m'asseoir ici ? J'essaie d'éviter un docteur qui souhaite me lobotomiser.

- Ok. C'est quoi lobotoser ?

- Lobotomiser. C'est quand quelqu'un te rentre un pic à glace par l'œil pour aller percer un trou dans ton cerveau.

Le petit grimaça.

- Beurk. Pourquoi il veut faire ça ? Il est méchant !

- Il paraît que ça guérit la dépression.

- Toi, tu as une dépression ?

- J'ai l'air triste ?

Le petit examina House un moment pour voir s'il avait l'air triste. Puis il décida :

- En tout cas, tu ne souris pas. Et tu as mal à la jambe. Peut-être que ça te rend triste.

- Ah ! Si la vie était si simple. Tu as raison, peut-être que je devrais retourner voir le docteur ?

- Non ! Tu es mieux avec les médicaments.

House fronça les sourcils et considéra le petit garçon.

- Andrew, c'est ça ? Comment tu connais tout ça ?

- Maman… elle en prend… elle prend le médicament… celui qu'on trouve dans les piles. Comme dans les piles, à la télé.

- Les piles ? Les… Ah, Lithium.

La lumière fut. House soupira et ouvrit son portable. Il appela les membres de son équipe, leur demandant de revenir.

- Il est bipolaire, comme sa mère. À cet âge, c'est très difficile de poser ce genre de diagnostique, expliqua-t-il à son équipe une fois dans le bureau. Parce qu'on confond les symptômes avec l'hyperactivité, l'inattention, les troubles de comportements ou d'opposition. Quand le médicament est mal dosé, mal prescrit, la situation peut empirer. Il va falloir le transférer en pédopsychiatrie.

- Wow. Ça fait peur, déclara Thirteen.

- Qu'est-ce qui fait peur ?

- Être bipolaire à sept ans. Il… il est hypothéqué.

- Tout le monde est hypothéqué. La vie est une maladie mortelle. La bonne nouvelle, c'est qu'il ne passera pas son enfance à ne pas savoir ce qu'il a. Maintenant, tout le monde connaît la vérité.

House regarda sa montre. 19h. Le soleil déclinait sur ce jour de mai. Il donna congé à son équipe et décida de rentrer lui-même à son appartement.

Sara accompagna Cuddy jusqu'à sa voiture, dans le stationnement. Elle savait qu'après l'enquête, la scène avait été nettoyée. L'auto semblait neuve. Mais sur le sol, on voyait encore quelques traces de sang. Elle ne connaissait pas beaucoup sa cousine, mais appréhendait sa réaction.

C'est Sara qui tenait Rachel dans ses bras car Cuddy était encore incapable de se déplacer avec quelque chose dans les bras. La petite était calme, car elle avait sa mère à vue.

Pourtant, arrivée à l'auto, Cuddy ne remarqua pas le sang et n'eut aucune réaction. Elle s'assit sur le siège passager, après avoir installé Rachel dans le siège pour bébé à l'arrière.

Sara se dit que c'est parce qu'elle n'avait vraiment aucun souvenir de l'accident. Elle prit donc place derrière le volant.

- Tu vas m'indiquer où aller ?

- Bien sûr. Tu… pourras rester chez moi quelque temps ? Au cas où…

- Sans problème, Lisa, c'était le plan. D'ailleurs, j'ai appelé mon directeur de thèse pour lui expliquer ma situation. Jamais je n'aurais cru qu'il soit aussi enthousiaste… il a dit que la bibliothèque de Princeton-Plainsboro était une vraie mine d'or et que je devrais y passer autant de temps que nécessaire. Je n'aurais qu'à revenir lorsque j'aurai besoin de compiler des résultats d'analyse. Mais je suis encore en train de recenser des écrits. Donc pas de soucis.

Cuddy rit de bon cœur, assez soulagée.

- On tourne ici ?

- Oui. Sur quoi tu fais ta thèse ?

- La zoothérapie et le développement cognitif.

- Wo-oh !

Elle imagina House dans sa tête, discréditer complètement ce genre de sujet.

- Tu sais, l'équipe me l'a demandé. Et, ce docteur… House ? Il a été assez virulent dans ses propos. Je ne l'aime pas beaucoup.

- Il est… assez direct.

- Non. Il est très direct. Et blessant. Je ne comprends pas pourquoi les patients ne demandent jamais d'autre médecin.

- Détrompe-toi. J'ai souvent des patients mécontents à cause de lui.

- Pourquoi… tu ne le renvoie pas ?

- Parce qu'il est extrêmement doué. Il gère très bien les situations de crises.

- Hum. Je ne l'aime pas plus.

- Sara ? Je voudrais m'arrêter chez lui.

Sara resta silencieuse un moment, concentrée sur la route. Elle réfléchit un instant. Sa cousine semblait attachée à cet homme, malgré tout. Sara avait du talent pour sentir les choses. Et elle aurait voulu voir Cuddy et House dans la même pièce, juste pour constater la tension.

House, condescendant. Cuddy, fière. Ça devait faire un beau mélange.

- Ok. Je peux demander pourquoi ?

Cette fois, c'est Cuddy qui prit son temps pour répondre.

- Il m'a évitée depuis que je suis réveillée. Et pourtant, c'est lui qui m'a sauvée. Je veux lui parler.

- C'est une bonne raison. Est-ce qu'on est proche de chez lui ?

- Oui, tourne ici.

Sara finit par garer sa voiture devant l'appartement de House. Elle n'hésita pas à montrer sur son visage de la méfiance et du mécontentement. Un sourire s'étira sur le visage de Cuddy.

- Ne t'inquiète surtout pas. Il ne peut rien m'arriver. House n'est peut-être pas sympathique, mais il n'a rien de dangereux.

- Ok. Mais si tu n'es pas revenue dans 10 minutes, je viens te chercher. Et je n'hésiterai pas à lui mettre mon poing au visage s'il le faut.

- Marché conclu, déclara Cuddy en riant.

Elle sortit de l'auto et traversa prudemment la rue.

Gregory House profitait de sa soirée pour manger les restants du chinois en écoutant les reprises d'Urgences, n'hésitant pas à critiquer George Clooney, les mauvais diagnostiques et les procédures improbables. Il venait de terminer de se laver les mains quand quelqu'un cogna discrètement à sa porte.

Il sut immédiatement qui l'attendait derrière la porte. Il hésita à aller ouvrir. Nouveaux coups discrets.

- House. Je sais que vous êtes là. Ouvrez.

Il se décida à ouvrir la porte et tomba bien évidemment nez à nez avec Cuddy. Avec un sourire narquois, il lui dit :

- Vous venez déjà me sommer de faire mes heures de cliniques ?

- Je…

Elle le regarda droit dans les yeux et se sentit fébrile.

- Je voulais juste vous remercier, dit-elle toujours en soutenant son regard.

Il y eut comme un malaise. Pourtant, il n'y avait jamais de malaise entre eux. De la tension, oui. Mais pas de malaise. Gregory finit par baisser les yeux et dit :

- Ce n'est rien. Je veux dire… c'était la moindre des choses. N'importe qui vous aurait aidée.

- Ne vous enlevez pas de crédit, House.

Nouveau malaise.

- Qu'est-ce qu'il y a ? On dirait… que vous êtes… mal-à-l'aise ?

J'ai eu peur, se dit-il. Il n'oserait jamais le dire.

- J'ai eu peur.

Finalement, il avait osé le dire. C'était sortit naturellement, sans gêne. Lisa resta sous le choc d'une telle déclaration. Comme si c'était impossible que Gregory House lui dise quelque chose d'aussi franc et personnel. Elle décida de ne pas le souligner, pour éviter qu'il ne se rétracte ou qu'il tourne la situation en blague.

- Merci, souffla-t-elle.

Elle tourna les talons et fit un mouvement vers la sortie du bloc appartement, mais House fit glisser sa main le long de son bras et la retint, en serrant sa main. Il l'attira contre lui et elle, sans hésitation, l'entoura de ses bras. Leurs visages se rapprochèrent, tous deux avaient fermés les yeux.

Ils ne s'embrassèrent pas. Cuddy glissa ses mains sur le visage de House, leurs nez se frôlèrent, et leurs joues, tout en douceur. Leurs lèvres se touchèrent à peine, mais Cuddy se retira et s'éloigna sans dire un mot. Le cœur battant, les joues en feu, elle traversa la rue sans la moindre hésitation. Il lui semblait que déjà, elle avait retrouvé la faculté d'évaluer son espace.

Gregory House resta plusieurs minutes dans le cadre de porte, sans savoir quoi penser.