Encore merci pour les commentaires. Ça me fait très plasir ! ^^
Juste la directrice
- Ça va ? demanda Sara lorsque Cuddy entra dans l'auto.
Elle ne répondit pas.
- Qu'est-ce qui s'est passé ? s'inquiéta Sara.
Cuddy se secoua et regarda Sara.
- Est-ce qu'on peut en parler demain ? Je… je suis épuisée.
- Ok.
Et Sara ne posa pas plus de questions. Cuddy lui en fut extrêmement reconnaissante et se dit qu'elle devrait le souligner, quand elle serait capable de réfléchir à ce qui venait de se passer.
Cuddy décida qu'elle prendrait les deux mois complets, juin et juillet, que Chase lui avait recommandé de prendre. Pour une fois, elle ralentirait et pourrait profiter du beau temps. Elle pourrait même partir en voyage. En plus, Sara finissait sa première année de doctorat dans quelques semaines. Elle retournerait quelques jours dans le Maine pour finir ses examens, mais elle avait planifié de revenir. Elle savait que les parents de Cuddy, bien qu'il l'aimait beaucoup, ne serait plus vraiment en mesure de s'occuper d'elle en cas de besoin. Elle pourrait passer son été à planifier sa thèse à la bibliothèque de Princeton-Plainsboro.
Mais l'hôpital ne serait pas le même pendant deux mois. Assis dans son bureau, House faisait rebondir sa cane sur le sol. Il fixait son bureau et se rendit compte que sa balle manquait. Il sourit en réalisant que c'était Rachel qui l'avait volée. Quand Cuddy s'en rendrait compte, elle… réagirait.
Mais il ne savait pas comment. Il soupira. Cameron était une belle femme, têtue et qui résisterait sûrement à toutes ses demandes farfelues. Mais, ce n'était pas Cuddy.
Wow, là, tu deviens vieux. Cuddy, c'est juste la directrice.
Juste ? Il se mordit l'intérieur de la joue et sourit un peu, comme découragé.
C'est pathétique, pensa-t-il, mais je reste assis derrière mon bureau à penser à une femme. C'est impossible… d'habitude, il n'y a que leur corps qui reste dans ma tête. Jamais l'être en entier.
Peut-être qu'il avait une crise de quelque chose ? Une crise d'hormone ? Une crise de la cinquantaine ? Il grimaça, détestant ce terme. Wilson lui dirait seulement : « T'es en amour mon vieux. » Mais ça, ça lui prendrait du temps à l'admettre. Beaucoup de temps.
- On a besoin d'aide !! cria quelqu'un dans le corridor, le tirant de ses pensées.
Il se leva et s'approcha de la porte, par curiosité. Il reconnu alors qu'une patiente était étendue sur le sol, dans les bras de Taub. Elle était livide, mais consciente, et son pantalon était taché de sang. Kutner arriva à la course avec une civière et les deux médecins placèrent la patiente sur le lit roulant.
- Est-ce… que… je fais une fausse couche ? demanda la patiente terrifiée.
- Allez, tout de suite à l'étage de l'obstétrique ! ordonna Taub avant de se tourner vers la patiente et de d'annoncer : Probablement.
La patiente éclata en sanglot. House observa la civière s'éloigner et Wilson le rejoint.
- On peut dire que Taub a atteint un niveau de réconfort astronomique sur ce coup.
- Astronomique ? demanda Wilson.
- Cosmique ?
- Ok, astronomique, c'est mieux.
- C'est ce que je disais.
Puis, House annonça ironiquement :
- Ouf, la vue de tout ce sang me dégoûte, je devrais changer de branche. INFIRMIÈRE ! IL Y A DU SANG PAR TERRE !
- Oh ça va ! Pas la peine de crier, je suis à deux mètres de vous.
- C'est plus amusant ainsi. Allez-on s'éloigne, j'ai la nausée. Oh ! Peut-être que je suis enceinte aussi ?
- Comment tu peux faire des blagues aussi atroces !? s'insurgea Wilson
- J'ai un quota à respecter.
Wilson et House s'éloignèrent un peu et Wilson annonça :
- Je crois que je voudrais des enfants.
- Avec moi ?
- Ah, non ! House…
Wilson soupira en ignorant le visage narquois de House et continua :
- Tu sais, je n'en ai jamais voulu… mais on dirait que ça change…
- C'est à cause de la patiente ?
- Non !
- Alors, toi aussi tu fais une crise de quelque chose ?
- Moi aussi ?
House se rendit compte qu'il venait de dévoiler une information personnelle qu'il aurait voulu garder piégée au fond de lui pour… toujours. Il s'en tirant en attribuant la crise à quelqu'un d'autre.
- Comme Cuddy. Ça doit être contagieux son truc. Je crois que je vais me tenir loin.
- T'as jamais voulu d'enfants, House ?
- Holà ! Est-ce que j'ai vraiment besoin de répondre à cette question ?
- J'imagine que non…
Wilson se tut, se rendant compte que cette discussion n'avait aucune utilité. Il laissa House continuer son chemin et se dirigea vers son propre bureau. Quand il fut arrivé, il remarqua qu'une jeune femme attendait devant son bureau.
C'était Sara. Elle portait une jupe longue jusque sous les genoux qui glissait sur ses hanches étroites et un débardeur blanc qui mettait bien le haut de son corps en valeur. Ses cheveux blonds ondulés, retenus par une passe à cheveux, tombaient sous ses épaules de façon disciplinée.
Wow, souffla-t-il intérieurement. Il prit un moment pour la regarder, alors qu'elle ne l'avait pas remarqué. Ils savaient définitivement se mettre en valeur dans cette famille.
Elle s'aperçu qu'il se dirigeait vers elle.
- Bonjour Dr. Wilson, salua-t-elle.
- Bonjour Sara. Tout va bien ?
- Oui. Euh, Lisa… enfin, Dr. Cuddy m'a dit qu'elle avait laissé quelque chose dans votre bureau et elle souhaitait le récupérer. Je suis venue le chercher.
- Ok, dit-il en débarrant la porte, qu'est-ce que c'est ?
- Sa petite culotte, annonça Sara.
Wilson figea et regarda Sara confus.
- Ok, c'est une mauvaise blague, avoua-t-elle, je croyais que vous alliez rire… ah moins qu'elle n'ait vraiment laissé un morceau de vêtement dans votre bureau ? demanda-t-elle, un sourire dans la voix.
Wilson se mit à rire de bon cœur et secoua la tête, en ouvrant la porte de son bureau. Tous deux entrèrent dans le bureau.
- Pas de chance, expliqua Wilson, Cuddy et moi sommes amis, mais ça s'arrête là.
- Vraiment ? C'est dommage…
- Dommage ? demanda Wilson, intrigué.
- Enfin, je préférerais qu'elle ait un petit quelque chose pour vous plutôt que pour… euh… ah, c'est ce livre ! Endocrino-quelque chose.
- Endocrinologie. Pour qui ? Sur qui elle flashe ? demanda-t-il avec intérêt.
- Ah, je vois que vous aimez les potins.
Sara avait repéré le livre dans la bibliothèque qui était sur le dernier étage. Elle se leva sur la pointe des pieds et étira le bras. Son débardeur se souleva, laissant voir ses hanches, sa taille, le bas de ce qui semblait être une cicatrice… et le cordon noir du string qu'elle portait. Wilson détourna les yeux.
- Je suis trop petite, annonça-t-elle au bout d'un moment.
- Ah oui.
Il saisit le livre et lui donna. Elle lui sourit. Il y eut un moment de silence où aucun des deux ne bougea.
- Je… peux passer ? demanda-t-elle avec un sourire.
- Oh, oui, désolé.
Il se poussa et elle se dirigea vers la sortie. Elle le salua gracieusement et sortit. Puis, il se ressaisit, sortit dans le corridor et lança un :
- Mais sur qui elle flashe !?
Elle se retourna, un grand sourire affiché dans son visage.
- Je suis certaine que vous savez.
---
« Bonjour, vous avez bien rejoint la boîte vocale du Dr. Lisa Cuddy. Je suis dans l'impossibilité de vous répondre. Veuillez laisser un message après le signal sonore… bip.
Bonjour, Dr. Cuddy, ici Dr. Cameron à l'appareil. Je voulais simplement vous rappeler que la semaine prochaine se tient le bal annuel de la fondation américaine du cancer. Je sais que vous êtes en congé de maladie. Mais si vous souhaitez y participer, je crois que cela va nous faire plaisir à tous. En plus, vous avez aidé à trouver la majorité des fonds pour ce bal. On espère tous vous y voir… dans le cas contraire… prenez votre temps pour vous reposer. Bonne soirée. »
Cuddy soupira. Le bal. Elle avait envie d'y aller. Et elle avait déjà sa robe. Elle s'était donné beaucoup de mal pour aider la fondation. Mais… elle ne voulait pas voir House. Enfin, si, elle voulait le voir. Elle espérait profondément le croiser, le voir, le sentir, lui toucher… bref, elle souhaitait l'éviter pour éviter de fondre devant lui.
Elle le connaissait depuis l'école de médecine. Elle avait craqué pour lui à l'université. Et elle s'était promis de ne plus jamais faire la même erreur. Depuis, ils passaient leur temps à se lancer des remarques… « évocatrices ». Mais ils n'avaient pas succombés une deuxième fois.
Bon, ils s'étaient embrassés. Et peut-être plus… Mais elle avait depuis longtemps oublié qu'elle pouvait ressentir quelque chose pour lui.
Depuis qu'elle était éveillée, elle pensait juste à lui. Elle espérait vraiment que c'était juste temporaire et lié à un espèce de complexe du chevalier parce qu'il l'avait sauvée lors de son agression.
- Tu penses à House ? demanda Sara, qui venait de rentrer.
Elle déposa le livre sur la table du salon.
- Merci… euh… oui.
Pourquoi mentir ?
- Qu'est-ce qui s'est passé hier ? Tu avais l'air troublée… vous vous êtes embrassés ?
- Pas vraiment…
- Pas vraiment ? Ça veut dire quoi ça, pas vraiment ?
- Eh bien, pas vraiment. Presque. Mais on ne s'est pas embrassés.
- Ok, et tu étais troublée pour un « presque baiser » ?
Cuddy lança un regard agacé à sa cousine. Celle-ci se rétracta immédiatement.
- Désolée, je ne voulais pas t'offusquer. C'est juste que… je ne l'aime pas beaucoup.
- J'ai remarqué. Mais ça… ça ne changera rien. Je connais House depuis… depuis que j'ai à peu près ton âge.
- C'est vrai ? s'étonna Sara, accordant soudain plus d'importance à cette histoire.
- Malheureusement.
Cuddy sourit et sembla se perdre dans ses pensées. Quand elle revint, Sara sut qu'elle connaîtrait l'histoire. Cuddy semblait gênée, mais elle commença tout de même son histoire.
- Quand j'avais tout juste la vingtaine, j'étudiais à la même faculté qu'House. C'était déjà une célébrité. Moi, je me concentrais sur mes notes. Lui, il s'en foutait un peu, il plagiait, il flânait, il sortait et pourtant, il réussissait très bien. Un génie emmerdant.
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- C'était il y a longtemps… on était jeunes.
Cuddy rit un peu à ce souvenir.
- Lors de ma première année, il y a eu le concours interfacultaire de médicine. L'université tenait énormément à ce concours. Le comité de sélection devait choisir six élèves. House et moi avons été choisis, on a été envoyé à ce concours. Moi, je le faisais pour avoir des crédits supplémentaires. Lui aussi j'imagine. Mais il se foutait de cet événement… notre équipe a tout de même accédé aux finales. Et puis… le soir avant la grande finale… House et moi avons…
Cuddy se remit à rire.
- Nous avons bu beaucoup, on a passé la nuit ensemble. Le lendemain… on s'est fait battre à plat de couture. L'université n'a jamais voulu me sélectionner à nouveau pour les concours. Et House a été renvoyé quelques semaines plus tard pour plagiat.
- Et… tu n'étais pas gênée ?
- Un peu… au début je crois. Mais j'avais vingt ans et je trouvais ça plutôt marrant. Les filles de l'école ont fini par le savoir et soudainement, j'avais plein de nouvelles amies… haha.
- Tu… ne ressentais rien pour lui ?
- Je n'étais pas du genre à m'attacher. Lui non plus d'ailleurs.
Toutefois, Cuddy sembla hésiter et son visage s'assombrit un peu.
- Il est venu s'excuser. Il est revenu plusieurs fois… il me suivait un peu dans les corridors… mais… je…
- Quoi ?
- Il a été renvoyé pour plagiat. Et nous avons perdu contact.
Sara sentit qu'elle mentait sur quelque chose. Mais elle n'insista pas. L'information sortirait d'elle-même quand Cuddy serait prête. Cependant, elle ne laisserait tomber l'histoire qui se déroulait en ce moment.
- Et maintenant, Lisa ?
- C'est mon employé. D'accord, il m'attire. Mais il n'y a rien de plus.
- Juste de l'attirance ?
- Oui. Et j'y risquerai mon emploi, alors jamais ne céderai pour lui à nouveau.
- O… kay.
Sara cacha un sourire et pour éviter que la discussion ne dérape, Cuddy proposa :
- Tu veux venir à un bal avec moi ?
