Merci pour toutes les reviews :) !! Il y a en tout 16 chapitres et un épilogue a cette histoire, et voici donc le 10e aujourd'hui !!
Jamais un couple
Ce matin-là, ce furent les rayons du soleil qui éveillèrent Cuddy. Il y avait eu peu de moment dans sa vie où elle pouvait profiter tranquillement des matinées et elle sourit, se sentant bien de pouvoir flâner au lit.
Elle entendit du bruit dans la cuisine et se leva tranquillement. Sara préparait le déjeuner, le pas léger, et Rachel lançait ses Cheerios un peu partout sur le plancher, en souriant.
- Bon matin, salua Cuddy.
- Bon matin !
---
- C'est vrai que Cuddy a des seins énormes, mais vous n'avez pas besoin de le chuchoter, alors qu'elle n'est même pas là ! fit remarquer House à son équipe qui semblait comploter.
- On ne parlait pas de ses seins, dit tout bonnement Kutner.
Thirteen lui envoya un coup de coude et le dévisagea.
- Quoi ? De toute façon, c'est médical, on peut bien lui dire !
- Ce n'est pas médical, souligna Thirteen… Cameron est venue porter le nouveau dossier.
- Et je vois qu'elle a planté une graine de potins par le fait même.
- L'hôpital a reçu des lettres… inquiétantes, expliqua simplement Foreman. Cameron a demandé de garder l'œil ouvert.
- Bon, un peu d'action ! Question de nous rendre tous paranos. Je sens déjà le parfum subtil des commérages dans le corridor. Tous les patients vont devenir suspects. Alors, ce nouveau cas ?
Taub exposa le cas. House donna quelques directives. Et l'équipe se sépara pour aller préparer les tests et traitements.
Kutner et Thirteen se dirigèrent vers le laboratoire. Kutner prit la parole et dit :
- Tu as remarqué, Cameron n'a pas demandé une fois à House de faire des heures de clinique ?
- Qu'est-ce que tu insinue ? Que Cameron est une mauvaise directrice ?
- Non. Qu'elle ne veut pas voir House. La direction est à côté de la clinique.
- Personne ne veut voir House.
- Sauf Cuddy.
- Hein ?
- Cuddy insiste toujours auprès de House pour qu'il fasse ses heures.
- Ou – blie – ça ! répondit Thirteen en découpant les syllabes, Jamais ! Cuddy ne voudrait ja – mais sortir avec House. Ils ne vont pas du tout ensemble.
- Pourquoi tout le monde me répond toujours ça ?
- Parce que tout le monde a raison !
Ils venaient d'entrer dans le laboratoire et Thirteen saisit du matériel dont ils auraient besoin pour faire les tests. Ils en ressortirent aussitôt et continuèrent leur discussion.
- Regarde, annonça Thirteen, Cuddy rêvait d'être mère, House déteste les enfants. Cuddy s'entraîne plusieurs fois par semaine, House ne peut pas courir. Cuddy prend son travail au sérieux, House insulte les patients ! Cuddy est ambitieuse, House aime le confort. Tu as besoin que j'allonge la liste ?
- D'accord, à mon tour alors : tous deux sont accros du travail, tous deux sont secrets à propos de leur vie, tous deux ne parlent pas beaucoup de leurs sentiments…
- Wow, Kutner, ils vont définitivement faire un beau couple, c'est évident !
Thirteen venait d'éclater de rire devant les points communs que Kutner venait d'apporter. Ces points communs étaient le genre de caractéristiques qui n'aidaient pas vraiment à bâtir un couple.
- Il y a de la tension sexuelle entre eux, ça se sent à 10 000 pieds à la ronde !
- D'accord, peut-être qu'ils sont attirés un par l'autre. Mais ça ne donnera jamais un couple. Jamais. Jamais.
Tequila Bang Bang. Margarita. Vodka, jus d'orange. Rhum n' coke. Le pire mélange qu'un individu pouvait faire, même à vingt ans. Ou plutôt, surtout à vingt ans, dans une chambre d'hôtel payée par l'université et le mini bar tout à leur disposition. Qui pourrait résister à la tentation ?
Apparemment, les étudiants en médecine résistaient à la tentation chaque année, car jamais personne n'avait été pris avec de l'alcool dans cet important concours. Lisa et Gregory eux, n'avaient pas résistés. À quoi bon ?
Pendant que leurs sérieux et ennuyeux collègues dormaient, Lisa et Gregory, soûls et amoureux (enfin, amoureux de leurs corps), passèrent la nuit à boire et à faire l'amour.
- Je dois t'avouer quelque chose, souffla Gregory, pendant la soirée.
- Quoi ? ricana Lisa sentant qu'il allait dire quelque chose de stupide
- Ce n'est pas la première fois je baise une fille du bac.
- Bouh alors, toutes les filles de ma promo ont goûté au superbe étudiant au doctorat, dit-elle en faisant la moue. Je suis déçue.
Il la regarda un moment.
- C'est faux.
Lisa éclata de rire devant la remarque de l'étudiant plus âgé. Il continua à la regarder, sourire aux lèvres, tentant de comprendre le casse-tête qu'il avait devant lui. Lisa était étendue, nue, et semblait totalement désinvolte. Étendu à côté, il prit un moment pour l'observer.
- Tu sais que quand je dis ça aux autres filles, elles sont offusquées ? La plupart se rhabillent et partent.
- Elles sont idiotes. Et toi aussi. Pourquoi tu regardes mon visage ? Je suis nue devant toi.
- Tu as des yeux magnifiques.
Le sourire de Lisa fondit un peu, mais son visage resta toutefois éclairé, amusé. Elle dit doucement :
- Tu mens. Tu essaie juste de me séduire pour payer ton billet d'entrée…
- Tu peux croire ce que tu veux. Ça me va très bien comme ça.
Elle fut parcourut d'un frisson avant même qu'il ne s'approche d'elle à nouveau.
- House…
Il atteint ses lèvres…
- House !
- House !
House s'éveilla en sursaut. Il repéra son espace autour : il était dans son bureau et Foreman venait lui faire le bilan du patient.
- Ça va, House ? Vous semblez troublé ?
- En effet, je suis troublé par un noir qui vient de me tirer d'un rêve particulièrement chaud avec celle qui nous servait autrefois de directrice. Je peux y retourner ?
Foreman leva les yeux et ne crut pas House. Il ne croyait jamais House. Il savait juste qu'il aimait utiliser Cuddy pour remplir les phrases qu'il n'arrivait pas à construire lui-même.
Par exemple, au lieu d'avouer qu'il faisait des crises d'insomnies, il racontait qu'il rêvait à Cuddy en nommant des détails vulgaires. S'il souhaitait éviter une discussion sérieuse, il parlait des seins de Cuddy.
Foreman se demandait parfois comment Cuddy pouvait endurer ce genre de remarques.
- Le niveau de sodium du patient est très bas. Ses globules blancs aussi.
- Hum, intéressant. Une infection. Mais où ?
---
- J'ai plusieurs choses à aller chercher à l'hôpital. Je compte y aller aujourd'hui pour être débarrassée. Tu veux m'accompagner ? demanda Cuddy
- Bien sûr, répondit Sara.
Y'aura peut-être Wilson, se dit-elle. Puis elle se ressaisit : Euh, non, il a au moins quarante ans celui-là. C'est une mauvaise idée.
Elle le trouvait plutôt mignon, avec ses grands yeux innocents. Il semblait pur. C'était le bon mot. Pur. Toujours bien arrangé, bien coiffé, la chemise repassé. Et pourtant, il ne semblait pas ennuyant. Juste… sans tache, de façon naturelle, sans avoir à tout contrôler.
Le contraire de House qui, en essayant de tout contrôler, se retrouvait malpropre, blessé, mal rasé, désagréable. Qui pouvait tomber en amour avec un mec aussi nul ?
- Au fait, Lisa, qu'est-ce que tu faisais avec House dans la salle de bain, hier ?
Cuddy figea.
- Euh… il… était vraiment en train de refaire mes points de suture.
- Et pourquoi la porte était barrée ?
- Elle n'était pas…
- Oui !
- Non, Sara, tu es entrée et la porte était débarrée.
- Ah !
Sara poussa un soupir de frustration qui fit sourire Cuddy. Elle n'était pas prête à avouer. Surtout qu'elle avait raconté à sa cousine que « jamais elle ne retomberait à nouveau pour House. »
Elles se rendirent à l'hôpital, Sara au volant puisque Cuddy n'avait pas encore eu l'autorisation de Chase pour conduire sa voiture. Par contre, elle se sentait nettement mieux et ne sentait plus aucun effet secondaire de son accident… dont elle n'avait aucun souvenir.
Elle se dit qu'elle irait voir Chase pour obtenir l'autorisation que conduire sa voiture.
Les deux femmes arrivèrent à l'hôpital, avec Rachel. Les employés les saluèrent chaleureusement.
- C'est drôle, chuchota Cuddy à l'oreille de Sara, depuis que mon accident, les employés sont plus attentionnés.
- Méfie-toi des cadeaux… tous des pots de vins !
Cuddy sourit et les deux femmes se rendirent dans le bureau de la direction où Cameron et Chase semblaient discuter. Cuddy remarqua qu'ils semblaient nerveux. Elle ouvrit la porte, mais aucun des deux ne sourit.
Puis, Cameron se forgea un sourire.
- Dr. Cuddy ! Comment allez-vous ?
- Très bien, répondit celle-ci, suspicieuse. Je suis venue chercher des choses que j'ai laissées, puisqu'il me reste encore 7 semaines de congé.
- Bonne idée. Prenez votre temps. Bonjour Sara, salut Rachel.
Rachel, gênée, enfouie son visage dans l'épaule de Sara.
- Vous savez, Dr. Hadley a proposé d'ouvrir une garderie en face de l'hôpital, qui serait affiliée à Princeton-Plainsboro.
- Qui est Dr. Hadley ? demanda Cuddy.
- Euh… Numéro 13 ?
- Ah ! Oh, pardon, ne lui dites pas que j'ai oublié son nom.
Cuddy réfléchit un instant, regarda sa fille et sourit.
- C'est une excellente idée à vrai dire. Et au nombre d'employés de l'hôpital, de professeurs et d'étudiants à l'université… je ne serais certainement pas la seule à en profiter. Je crois que je vais me pencher là-dessus en revenant… ou vous pouvez le faire d'ici là, proposa-t-elle, en tout cas, vous direz à… Numéro 13 qu'elle a eu une excellente idée. Au fait, quel est son nom au complet ?
- Remi Hadley.
- D'accord, je vais tâcher de m'en souvenir.
Après les salutations polies, les deux femmes sortirent du bureau avec le stock.
- Tu ne trouves pas qu'ils avaient l'air bizarre ? demanda Cuddy
- Oui.
Sara n'en ajouta pas plus. Elle n'avait pas vraiment envie de savoir ce qui se tramait et sentait que ça ne servirait pas Cuddy non plus.
- Il faut que j'aille à la salle de bain, avertit Sara.
- C'est bon, je vais faire le tour. On se rejoint à la voiture ?
- Ça me va.
Cuddy reprit Rachel dans ses bras et fit glisser son sac fourre-tout, dans lequel elle avait placé des livres et des effets personnels de son bureau, sur son épaule. Cuddy avait encore et toujours l'air classe. Même son sac avait un style glamour.
Elle fit quelques pas assurés, avant de tomber nez à nez avec House. Tous deux stoppèrent et se regardèrent.
Évidemment.
Celui-ci la regarda et sourit. Il sourit en public. Elle tenait la petite Viking dans ses bras. Elle était habillée comme à son habitude, classe et sexy. Rachel eut un sourire en voyant House et dit :
- Balle !
Cuddy eut un rire touché.
Kutner avait observé la scène en son entier. Tous deux s'étaient aperçus de la présence de l'autre et s'étaient arrêtés à quelques mètres l'un de l'autre. Le regard. Le sourire. La tension. Tout y était. Il fallait qu'il avertisse…
- Numéro Treize ! cria-t-il dans le corridor.
Personne ne lui porta attention, sauf House qui le remarqua et qui changea d'attitude. Cuddy le sentit et tourna son regard vers Kutner qui fouillait les alentours frénétiquement. Elle ne comprit pas pourquoi, mais elle sentit que ça avait un lien avec House.
- Alors, dit House, je savais que vous ne tiendrez pas plus d'une semaine en congé. Je viens de gagner mon pari avec Wilson.
- Détrompez-vous. Je suis venu chercher des choses à moi.
- Ah c'est vrai ? Vous n'êtes pas venu me poursuivre pour me faire des reproches quelconques ?
- Non. J'ai mieux à faire.
Elle tourna les talons et se dirigea vers la sortie, celui-ci la suivit.
- Alors vous flâniez devant mon bureau sans vous rendre compte que… vous flâniez devant mon bureau ?
- Je ne flânais pas, votre bureau s'est simplement mis dans mon chemin.
- Ben voyons.
Mis dans mon chemin… quelle absurdité, pensa-t-elle en cachant son sourire.
- Allez, avouez-le, je vous manque ! dit House
- Je pencherais plutôt vers l'inverse.
Ils étaient rendus à l'extérieur. Rachel, accotée sur l'épaule de sa mère, faisait face à House et lui souriait, en rigolant par moment à ses grimaces.
- C'est vrai, dit House, le travail doit vous manquer. C'est tout ce que vous avez toujours connu. Votre seul véritable amour.
Cuddy s'arrêta, lui fit face et le regarda, amusée.
- Pourquoi me poursuivez-vous ?
- Parce que…
Il ne répondit pas, car son attention fut détournée par un objet volant. Il envoya sa cane à Cuddy (qui l'attrapa) et saisit un ballon de football (américain) égaré, lancé par un étudiant de la faculté.
- Hey papi ! Lance la balle !
- Ça risque d'être amusant, commenta House en gardant le ballon dans sa main.
Il commença à faire tourner le ballon sur son doigt, en regardant le lanceur, le défiant du regard. Celui-ci s'approcha, amusé.
- Allez, donne-le moi. Je ne voudrais pas avoir à frapper un infirme.
- Moi non plus, commenta House.
- Comment ça !? s'insurgea le jeune homme.
House plaça son ballon sous son bras et reprit sa cane. Cuddy observait la scène, amusée, sachant que le jeune homme venait de se mettre les pieds dans les plats. House leva sa cane à la manière d'une baguette d'enseignement et pointa l'épaule du jeune homme.
- À la façon dont ton épaule est placée je peux dire que tu as déjà eu deux fois la clavicule cassée. Ta main droite a des tics nerveux et la veine de ton œil saute, ce qui me laisse présumer que tu abuses de stimulants, probablement d'amphétamines. Du speed, si tu veux. Ce qui, malgré ce que tu peux croire, risque de te rendre impuissant à la longue et rend tes réflexes moins aiguisés. Et donc, tu ne pourras pas m'empêcher de faire ceci.
House le fit tomber sur le dos avec un simple cou de canne dans les jambes. Ses amis l'entourèrent pour se moquer de lui et féliciter House qui leur rendit leur ballon et continua sa marche avec Cuddy et la petite Viking.
Cuddy ne put s'empêcher de regarder House un bon moment en souriant.
Au soleil, elle avait des yeux illuminés, clairs comme une eau des tropiques dans lesquels on aurait voulu se noyer.
