Voici un petit chapitre intéressant… Hum, il y a un passage louche. Vous verrez. Mais bon, c'est qu'un passage, ne vous inquiétez pas.

Et… c'est mon anniversaire !! :) Donc, laissez moi pleiiiins de reviews héhé.

Fantasmer sur le boss

Cuddy se réveilla en sursaut. Un grand cri résonnait dans la maison. Elle sortit en vitesse de son lit et accouru dans la chambre d'ami. Sara, assise sur son lit, les yeux ouverts, en proie à une panique intense, hurlait de toutes ses forces.

- Sara ! Sara !

Cuddy prit un moment pour réaliser qu'elle dormait. Oui, Sara dormait et était en proie à une terreur nocturne, apparemment terrifiante. La sueur perlait sur son front et d'ailleurs, sur le reste de son corps. Cuddy tenta de s'approcher pour la calmer, mais elle se fit repousser violemment.

Elle dit alors d'une voix douce :

- Sara, c'est juste un rêve. Juste un rêve. Ce n'est pas réel. Sara, shhh.

Elle posa sa main sur le bras de Sara, haletante, et tenta de la rassurer. Elle entendit Rachel pleurer dans sa chambre, mais elle devrait attendre avant d'être rassurée à son tour.

Cuddy elle-même avait peur. Assister aux terreurs nocturnes d'une personne était presque aussi terrifiant que d'en vivre. Elle en avait amplement fait l'expérience lors de son internat en pédopsychiatrie. À chaque fois, elle se sentait prise elle-même de panique, car il n'y avait rien à faire pour rassurer quelqu'un dont on ne connaissait pas l'origine de la peur.

Comment Sara, à vingt-cinq ans, pouvait-elle être prise de terreurs nocturnes ? Bien sûr, elles pouvaient suivre toute la vie, mais diminuaient généralement d'intensité et de fréquence.

Sara finit par se recoucher, plus calme et sembla glisser à nouveau dans un sommeil paisible. Le lit au complet était trempe, imbibé de la sueur de Sara. Ses cheveux étaient en bataille. Cuddy savait qu'elle ne se souviendrait de rien le lendemain.

En attendant, elle alla réconforter sa petite qui demandait : « Maman, qui a peur ? » Cuddy se demanda si Sara faisait fréquemment ce genre de crises.

Le lendemain matin, évidemment, Cuddy aborda le sujet avec sa cousine.

- Tu as eu une terreur nocturne la nuit passée, expliqua Cuddy.

Sara sembla figer. Elle dévisagea sa cousine.

- C'est vrai ?

- Oui.

- Oh… je… suis désolée. Ça faisait six ans que ce ne m'était pas arrivé. J'ai du réveiller Rachel.

- C'est pas grave. Tu en faisais souvent avant ?

- Non. Ça m'arrive à l'occasion, quand il m'arrive quelque chose de très perturbant. La dernière fois, c'est quand j'ai travaillé en camp de vacances et qu'un de mes jeunes a eu une commotion cérébrale après une chute d'une paroi d'escalade. J'ai dormi à l'infirmerie car j'effrayais les enfants. Je ne me rappelle de rien.

Cuddy resta songeuse.

- Et les autres fois ?

- Hum… la première fois, j'étais tombée de mon vélo, j'ai encore une cicatrice sous les cheveux. Je me rappelle d'une fois aussi où un garçon à l'école nous avait raconté que son père s'était tiré une balle dans la tête. Pendant une semaine, mes parents ont du me plonger dans un bain d'eau froide chaque nuit, parce que je surchauffais à force de hurler.

Cuddy considéra sa cousine. Elle jugea que ce ne devait pas être très grave, mais elle souligna :

- Tous les incidents ont rapport avec un traumatisme cérébral.

- Je… c'est vrai… c'est étrange.

Toutes deux restèrent en silence un moment. Il n'y avait rien à ajouter, mais Cuddy se demanda si cela ne cachait pas quelque chose de plus sérieux ou de plus profond.

Puis, Sara dit :

- Je… je vais sortir ce soir.

- Ah ! s'intéressa Cuddy, Où ça ?

- Au… restaurant.

- Au restaurant ! Avec qui !?

- Euh… un étudiant de l'université… je l'ai rencontré plusieurs fois à la bibliothèque en allant faire mes recherches. Et… tu sais que mardi, je pars faire mes examens ? Je devrais être de retour le mardi d'après.

- Oui, je me souvenais. Ah bien, c'est vraiment génial pour toi. J'espère que tu vas bien en profiter ce soir…

- Oui.

Avec « l'étudiant de la bibliothèque ».

En fait, Sara sortait au restaurant avec Wilson. Mais elle se sentait terriblement coupable et n'oserait pas l'avouer à sa cousine. Elle se sentait coupable parce qu'il était plus âgé et qu'elle allait sûrement repartir dans le Maine après les vacances estivales.

D'ailleurs, elle ne savait pas pourquoi elle avait accepté l'invitation qu'il avait lancé à l'hôpital, lorsqu'elle y était passée avec Cuddy pour ramasser ses effets personnels.

Peut-être parce qu'il était charmant. Et qu'elle aimait la façon dont ses yeux la déshabillaient du regard.

Wilson se demandait aussi pourquoi il avait invité la cousine de Cuddy, de quinze ans sa cadette. Mais il se raisonnait en se disant que c'était juste un rendez-vous « amical » pour faire plus ample connaissance.

Bien oui.

Thirteen entra dans la salle des employés, épuisée. Il était déjà 21h, elle était de garde auprès du patient dont l'état empirait et elle avait définitivement besoin de sommeil. Elle rêvait au sofa depuis plusieurs heures déjà, se disant que dormir quelques minutes ne ferait de tort à personne.

Malheureusement, quand elle entra, elle tomba nez-à-nez avec Cameron. Elle soupira intérieurement et se dit que finalement, elle ne prendrait qu'une petite pause dans les règles.

- Bonsoir, salua Thirteen.

- Bonsoir, lui répondit Cameron.

Sa voix était éreintée. Thirteen la regarda plus longuement, elle avait des cernes et semblait blanche, inquiète.

- Vous êtes encore ici ? demanda l'employée

- J'avais… des problèmes à régler.

- Des… problèmes ?

Thirteen ne se gêna pas pour s'asseoir sur le divan et Cameron l'imita.

- Nous avons reçu des lettres de menaces, expliqua Cameron. J'ai du faire appel à un service de sécurité plus renforcé. Ça m'inquiète.

- Quels genres de menaces ? s'inquiéta Thirteen.

- C'est dirigé contre une seule et même personne.

- Cuddy ? demanda Thirteen.

Cameron approuva.

- Vous pensez que c'est le même gars, celui du parking ?

- Évidemment. Mais on ne peut pas le confirmer. La police est sur l'enquête. Et bien sûr, Cuddy ne le sait pas.

- Il ne vaudrait pas mieux lui dire ? Pour sa sécurité ?

- Les lettres de menaces indiquent que l'auteur croit qu'elle est encore en fonction dans l'hôpital. Donc, on essaie de garder ça discret.

- Ok. Dans ce cas, je vais me taire, décida Thirteen.

Il y eut un silence. Cameron fixa le vide un bon moment et Thirteen ne put s'empêcher de la regarder. Elle la trouvait plutôt jolie.

Oh oh, réalisa Thirteen, tu es en train de fantasmer sur le boss.

Cameron prit la parole :

- Je ne suis pas fait pour être patronne, avoua-t-elle. C'est difficile, stressant et épuisant. Cuddy réussit très bien et en plus, elle est toujours bien arrangée. Moi, après une journée, j'ai l'air d'un déchet. J'ai les cheveux défaits et les vêtements fripés.

Thirteen rit un peu. Ok, c'est beaucoup trop facile.

- Vous êtes très jolie.

- Merci, dit Cameron, mais je crois que vous dites ça juste parce que je suis la patronne.

- Pas du tout, je le pense vraiment.

Thirteen sentit que le terrain devenait dangereux quand elle s'imagina en train d'embrasser Cameron. Elle se dit que la meilleure chose à faire était de se lever et de partir sans rien dire. Toutefois, Cameron aurait pu en être insultée.

Thirteen était accotée sur le divan, sûre qu'elle, et observait Cameron qui fixait toujours un point devant elle. Elle sentit que Cameron n'avait plus rien à ajouter. La directrice réalisa que Thirteen la regardait et elle se tourna. Elle soutint son regard.

Si elle me regarde plus de cinq secondes, je ne pourrai pas résister. 1… 2… 3…

Apparemment, trois secondes furent suffisantes, car Thirteen se pencha doucement, mais avec assurance, vers Cameron. Elle l'embrassa délicatement, les yeux grands ouverts, toujours accrochés à ceux de Cameron. Cameron n'eut aucun mouvement de recul.

Ce ne fut qu'un simple baiser. Elles restèrent yeux dans les yeux un moment, leurs visages rapprochés, tendues, avant que Thirteen ne donne un nouveau baiser.

Cette fois, les deux paires de yeux disparurent derrière les paupières et les langues se croisèrent.

Au bout de quelques secondes, Cameron rompit le baiser et se leva hâtivement.

- Euh, moi je suis avec Chase et toi avec Foreman, donc ceci n'est jamais arrivé. En plus, je suis hétéro. Et directrice. Alors, il ne s'est rien passé. Si tu racontes quelque chose, je nierai tout, et je te vire.

- Ok.

Cameron sortit sans un mot de plus, laissant Thirteen désinvolte.

Maintenant que je l'ai fait fuir, je vais pouvoir dormir. Ça marche à tout coup.

Toc. Toc. Toc.

Quelqu'un cognait à la porte. Cuddy espéra que Rachel ne s'éveille pas. Et elle espéra également pour Sara que ce n'était pas elle, car elle lui souhaitait que son rendez-vous se déroule bien et donc, le plus tard possible.

Elle ouvrit la porte et se retrouva devant House. Celui-ci lui dit :

- Je me demandais si vous vous souveniez de la nuit au concours.

Cuddy sourit.

- Entrez.

House entra dans la maison, sans gêne et parcouru l'endroit du regard. Il connaissait un peu la maison.

- Qu'est-ce que vous voulez, demanda Cuddy.

- Savoir si vous vous souvenez de la nuit au concours.

- Évidemment, répondit Cuddy, un sourire coquin affiché au visage.

- Mais, je veux dire, vous en souvenir vraiment, aucun moment effacé par le flot d'alcool ?

- Plutôt par le temps que par l'alcool. Je me souviens de tout. Pas vous ?

- Je me souviens également de tout.

Il ne posa pas d'autres questions et se tourna vers Cuddy. Son regard se porta sur elle, glissa tout le long de son corps et atterrit sur ses lèvres.

Cuddy fit un mouvement vers lui, se rapprocha, et souffla :

- Qu'est-ce que vous voulez vraiment ?

Il ne répondit pas, il passa sa main dans les cheveux noirs de la femme devant lui. Il avait le sentiment que s'il n'y avait pas eu l'incident dans le parking, il n'aurait jamais osé s'afficher ainsi. Mais comprendre que la vie pouvait glisser d'un corps à tout moment l'avait ébranlé.

Ses patients pouvaient mourir sans que cela ne l'atteigne. Mais que Cuddy meure… il ne le supporterait pas. Et il ne l'aurait pas réalisé sans avoir été témoin de la scène.

Cuddy le savait, même si elle n'avait aucun souvenir de l'événement. Depuis son réveil, il était différent avec elle. Moins brusque. Plus protecteur. C'était infiniment subtil pour quiconque ne le connaissait pas. Mais elle s'en rendait compte.

Juste par le geste de toucher ses cheveux, elle avait compris qu'il était différent.

- Qu'est-ce que vous voulez vraiment ? répéta-t-elle

Elle voulait l'entendre.

- Vous.

Elle l'entraîna vers sa chambre, silencieusement et il laissa sa cane reposer contre le cadre de sa porte.

Sans aucune hésitation, Cuddy se dévêtit et embrassa House, pressant son corps contre le sien. Celui-ci répondit au baiser, à l'étreinte et laissa courir ses mains sur son corps, avant de se dévêtir à son tour.

Rapidement, leurs baisers s'intensifièrent, puis leurs caresses, les mains s'agrippèrent à la chair, les dents serrés, puis la bouche ouverte, et les souffles saccadés, les gémissements, puis les cris discrets (et moins discrets) emplirent la chambre pendant une bonne partie de la nuit.