Je suis absente jusqu'à Mardi. Voilà pourquoi je vous donne deux chapitres d'un coup ! Un gros merci pour tous les commentaires, je les apprécie énormément !!

La non-relation

House se réveilla lorsqu'il entendit le bruit de son téléphone cellulaire vibrer en quelque part dans la chambre. Il ouvrit les yeux. Il était étendu aux côtés de Cuddy, qui dormait contre son épaule.

Il s'imagina toutes les remarques que Wilson aurait faites s'il l'avait appris. Mais il ne l'apprendrait pas.

Car il voulait garder cette « relation » intacte et sans interférences. Ce n'était pas vraiment une relation. Mais bon, il fallait quand même mieux se protéger des commérages inutiles et accablants.

Le téléphone recommença à vibrer, mais il ne répondit pas plus. Lisa ouvrit doucement les yeux et sembla prendre un moment pour réaliser où elle était et avec qui.

Elle sourit.

- Bonjour.

- Bonjour.

Pour une troisième fois, ils entendirent le téléphone vibrer.

- Tu devrais répondre, suggéra Cuddy.

- Je n'ai pas vraiment envie. C'est sûrement Thirteen qui appelle pour me dire que le patient fait une crise d'épilepsie.

- N'oublie pas que je suis encore la patronne de cet hôpital.

- Oups, dit House, toutefois sans toujours répondre.

Cette fois, le téléphone recommença à vibrer immédiatement.

- Peut-être que tu veux que je réponde ?

- Ce serait amusant, avoua House, mais quelque peu compromettant. Il étira le bras et saisit son téléphone. Allô ?

- House ! Désolée de vous réveiller, mais le patient a fait deux crises d'épilepsies. Il faut que vous veniez.

- Deux crises d'épilepsies. D'ici mon arrivée, il a le temps d'en faire une troisième. Vous devriez le veiller.

- C'est ce que je fais.

Pendant que Thirteen donnait les détails des crises, House rapprocha Cuddy contre lui et elle ne put s'empêcher de glousser. Thirteen cessa de parler et Cuddy s'en rendit compte, eut une grimace amusée.

- House, est-ce que vous êtes avec… quelqu'un ? demanda-t-elle à l'autre bout du fil.

- C'est mon chat, expliqua-t-il, j'arrive.

Et il ferma le cellulaire.

- Je dois y aller, Lois Lane, dit House héroïquement, je dois sauver le monde.

- Je crois que tu souffres de quelques complexes, Clark Kent, commenta Cuddy.

Il lui sourit et l'embrassa. Il faillit se laisser glisser à nouveau dans les draps puisque le baiser dura un moment, mais il résista à la tentation.

Tous deux se préparèrent après une douche moins rapide que prévue et ils tombèrent nez-à-nez avec Sara en arrivant dans la cuisine. Celle-ci tentait visiblement de rentrer sans faire de bruit et elle portait les mêmes vêtements que la veille. Tous les trois figèrent.

- Tu es pris en flagrant délit, nous sommes pris en flagrant délit, tout le monde se tait sur tout. C'est compris ? ordonna House.

Sara hocha la tête et House sortit de la maison, laissant les deux femmes en tête à tête. Elles auraient probablement beaucoup à s'expliquer toutes les deux.

House arriva dans son bureau, lança une remarque à propos de la coupe de cheveux de Taub et empoigna son marqueur pour écrire sur le tableau blanc « Crise d'épilepsie ».

- Alors, des suggestions ?

- On pense à des tumeurs au cerveau. On fait une MRI dès que la machine est disponible.

Soudain, Kutner sembla illuminé et dit :

- Lucy in the sky with diamonds.

Tout le monde le dévisagea. Il s'expliqua :

- C'est ce que le patient a dit après sa crise d'épilepsie.

- Ok, il était confus et alors ? demanda Foreman.

- Et s'il n'était pas confus ? S'il voulait nous dire quelque chose ?

- Bon, il aime les Beattles et alors ?

- LSD, résuma House. Oui, c'est brillant, Kutner… ça colle avec tous les symptômes. Ça pourrait être une dégénération des cellules du cerveau dû à un abus de LSD.

House ordonna un test et un traitement et l'équipe disparut dans les corridors. Kutner suivit Thirteen et lui dit :

- Il s'est douché avant de venir au travail.

- Et alors ? demanda celle-ci agacée.

- Et tu as dit qu'il était avec une femme quand tu l'as appelé.

- Sûrement une prostituée.

- Non, non. Je suis sûr qu'il était avec Cuddy.

- Peu importe, ça ne m'intéresse pas, Kutner.

Celui-ci la regarda intrigué.

- Qu'est-ce qui se passe, Numéro Treize, d'habitude ça t'amuse.

Elle prit un instant pour répondre et Kutner sentit par son silence qu'elle ne répondrait pas la vérité.

- J'ai passé une nuit blanche. Je suis fatiguée. Je déteste être de garde la nuit, surtout quand ça implique que je fais deux jours sans nuit…

- Je comprends, mentit Kutner qui décida de ne pas la tourmenter avec d'autres questions.

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Sara fronça les sourcils en voyant Rachel jouer avec un objet étrange dans le salon. Elle s'approcha et remarque qu'elle tenait en fait une capsule de médicaments… pleine. Elle la saisit, ignorant les protestations de Rachel :

- Non, ma belle, c'est pas pour toi ça… c'est pour… Gregory House, lit-elle sur l'étiquette.

La bouteille de Vicodin avait dû tomber de sa poche. Heureusement que c'était une capsule à l'épreuve des enfants, car Sara avait du mal à imaginer le drame qui s'en serait suivit si Rachel avait engloutit un ou plusieurs comprimés de Vicodin.

- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Cuddy en arrivant dans le salon, après avoir entendu Rachel pleurer.

- Il y avait ça dans le salon.

Cuddy saisit la capsule et ne cacha pas sa surprise.

- C'est impossible, dit-elle, House ne quitte jamais son Vicodin… en fait, il souffre beaucoup trop pour s'en passer.

- Apparemment, il ne souffre pas tant.

Cuddy fronça les sourcils, Sara vit qu'elle devint songeuse. Elle voulut ajouter quelque chose, mais elle fut prise de vertiges. Elle sentit une douleur la traverser dans le dos, sa respiration devint difficile. Ses jambes lâchèrent.

- Woh ! Ça va !? demanda Cuddy en l'attrapant.

Le malaise passa et Sara retrouva une respiration normale. Elle se rendit compte que Cuddy l'avait étendue sur le sol et que sa tête reposait sur ses genoux. Rachel les regardait étrangement.

- Ça va, dit-elle, simple chute de pression.

Et avant que Cuddy ne puisse ajouter quoi que ce soit de médical et de convaincant, elle dit :

- J'ai déjà consulté pour ça, j'ai aucun problème.

- D'accord, dit Cuddy peu convaincue.

Elles se relevèrent toutes deux et Sara prit un moment pour souffler, elle s'assit sur le divan pendant que Cuddy allait lui chercher un verre d'eau, qu'elle avait réclamé.

- Je peux aller lui porter, dit-elle au bout d'un moment, l'hôpital est sur mon chemin pour l'aéroport.

Sara partait pour la semaine, aller faire ses examens.

- C'est comme tu veux, mais je peux bien m'en charger.

- J'ai besoin de… lui parler. Après la discussion qu'on a eu.

Cuddy et Sara avait effectivement discuté pendant l'avant-midi de la… « non situation ». C'est le terme qu'elles avaient décidé d'opter pour décrire les événements. Cuddy et House était dans une « non relation » et avait eu des « non discussions » et resteraient probablement longtemps dans cette « non situation ».

Cuddy avait exprimé à Sara que c'était ce qu'elle préférait et qu'elle maintiendrait l'état de « non situation » parce que House était, selon ses dires, « un constipé des émotions, malgré tout charmeur et en quête d'aventure. » Sara se disait qu'elle pouvait décrire Cuddy avec les mêmes mots exactement, mais elle aurait été insultée d'apprendre que Sara la trouvait autant « constipée des émotions ».

Ces deux personnes plus ou moins à l'aise avec l'histoire de l'attachement et des émotions finissaient donc en non situation. Toutefois, cette non relation se révèlerait probablement intéressante et pleine de rebondissement.

Cuddy demanda :

- De quoi tu veux lui parler ? Tu ne veux pas lui faire la morale ? Parce que je dis, il ne…

- Non. C'est à propos de moi. Je voulais m'assurer vraiment qu'il ne dirait rien. Car je ne veux pas que ça s'ébruite… je ne veux pas une réputation de… enfin.

- Ok. Alors, tu peux y aller.

En fait, Sara se foutait un peu de sa réputation. Mais elle craignait que House ne soupçonne autre chose. Et bien sûr, elle vit dans son visage qu'elle ne s'était pas trompée quand elle fit irruption dans son bureau. Il la regarda un moment, avant de dire :

- Tout le monde dehors !

Les membres de l'équipe sursautèrent et le dévisagèrent. Mais ils ne ripostèrent pas.

Quand ils furent seuls, Sara lui lança sa capsule de Vicodin. Il sembla surpris lui-même de l'avoir oublié… et de ne pas s'en être rendu compte. Peut-être que finalement Wilson, alias la plaie, avait raison. Peut-être que sa jambe guérissait tranquillement, mais qu'il avait mal… par habitude… ou au gré de ses émotions.

- J'ai vu qui t'a déposé ce matin, dit House.

- Je sais. C'est pour ça que je suis passée avant d'aller à l'aéroport, expliqua Sara.

- Pourquoi ? Pour t'assurer que House le vilain ne dirait rien ?

- Oui, avoua-t-elle.

Il la regarda un moment, se demandant si elle était sérieuse.

- Tu ne me crois pas vraiment capable de garder un tel secret ?

- Secret ? Ce n'est pas le « secret » qui m'inquiète.

- Ah bon ? C'est quoi alors ?

- Je ne veux pas que vous embêtiez Wilson avec ça. Je ne veux même pas qu'il sache que vous savez.

- C'est impossible, souligna House, c'est la meilleure raison de l'embêter que j'ai eu depuis longtemps ! Il se tape une petite jeune dans la vingtaine, qui plus est, est la cousine de Cuddy !! C'est carrément impossible de ne rien dire.

- Alors, c'est donnant-donnant, dit-elle.

House sourit.

- Tu vois, toi tu n'oseras jamais dire ce que tu sais, car tu tiens trop à ta cousine.

- Ah, vraiment ? En fait, si vous tenez à Lisa, vous allez vous taire. Si vous nous faites couler, je ferai couler votre bateau aussi… sans regret, sans remord. J'ai pas de problèmes avec ça.

House la considéra étrangement.

- Tu mens.

- Oh, non.

Sur ce, elle tourna les talons et s'éloigna. Le diagnosticien sourit, les yeux fixés sur la jeune femme qui disparaissait. Décidemment, il l'appréciait de plus en plus. Il regarda sa capsule de Vicodin et l'ouvrit, mais n'en sortit aucun comprimé.

Il n'avait pas vraiment mal, en réalité. Il regarda sa cane et décida de la garder encore un peu, malgré la douleur qui diminuait, juste pour comprendre ce qui était en train de se passer.

Après tout, House sans cane, sans Vicodin, ce n'était pas House.