Résumé:
« Oh, Nick », les cordes vocales de Tony semblaient avoir été passées dans un moulin à café, « votre visage n'est pas celui que j'espérais voir au moment de ma mort. »
Avertissement pour l'ensemble de ce chapitre.
Avertissement pour : sang, descriptions de violence très explicites, large éventail de tortures et de mauvais traitements, prise de drogue non consentie et coups foireux. Pour tous ceux qui ne peuvent pas supporter ce genre de choses, il y aura un petit résumé dans la note de fin.
« Ce n'est pas qu'avoir un dieu obsédé par moi ne flatte pas mon ego, mais j'aurais préféré un harceleur équilibré plutôt qu'un aspirant despote. »
Loki inclina la tête avec un petit sourire en coin. « Si j'étais « équilibré », je n'aurais pas risqué ma vie pour vous sauver. »
Un air de déjà vu flottait ici, Tony avec un verre à la main et Loki en face de lui. Cette fois, cependant, Tony était beaucoup plus en confiance, dépassant Loki et lui tournant le dos pendant qu'il dressait un schéma de l'héliporteur pour indiquer les points faibles dans ses défenses. « Admettez que je vous ai manqué et nous pourrons nous remettre au travail pour en finir avec le SHIELD. »
« J'ai des plans pour vous, Stark. Des plans grandioses qu'aucune cellule n'a le droit d'entraver. » Le bruit des pas de Loki résonna derrière Tony, mais l'inventeur continua à regarder devant lui. « Tout ce à quoi je pouvais penser pendant mon emprisonnement à Asgard était à quel point vous devriez être délectable en rouge. » Le dieu apparut dans la vision périphérique de Tony et une main saisit son épaule, faisant pivoter l'inventeur pour faire face à Loki. Il se pencha, ses lèvres effleurèrent l'oreille de Tony, son souffle réchauffant son oreille et Tony se détendit inconsciemment à son contact.
Tony grogna presque silencieusement quand un couteau fendit l'espace entre ses côtes et entailla les os. Alors que son poumon droit se remplissait de sang, une mousse sanglante coula de ses lèvres quand il toussa malgré lui. Il ne prononça pas confusément le nom de Loki, il n'était pas surpris, Tony s'y était presque attendu, mais pourtant, la douleur qui paralysait sa poitrine était si atroce qu'il ne put prononcer un seul mot.
« Le rêve ne vaut pas la réalité. Vous êtes vraiment plus beau ainsi », dit Loki, admiratif, et la lame se retira de la poitrine de Tony comme s'il s'était agi de beurre. Le bras qui le tenait le lâcha et Tony tomba au sol en une masse désordonnée, laissant enfin échapper un involontaire sanglot de douleur. Il pouvait se sentir se vider, sentir la chaleur du sang tâchant l'arrière de sa chemise tandis que le froid se propageait dans le reste de son corps. Le sang formait des flaques sous lui et ses mains glissèrent en essayant vainement de se relever. À cet instant, il aurait dû être inconscient étant donné la perte considérable de sang, mais cette miséricorde ne lui avait pas encore été accordée.
Loki souleva Tony par la gorge, un rappel de la dernière fois qu'ils avaient été tous les deux ici, et les mains de Tony tentèrent maladroitement de saisir les bras de Loki. « Ne- », parvint-il à dire avant que la prise sur sa gorge ne se resserre au point de lui couper toute arrivée d'air. La tête de Loki s'inclina avec une contraction anormalement forte évoquant plus une fulgurance qu'un mouvement réel. Au lieu des yeux verts et du sourire maniaque d'un dieu, ce fut un visage Chitauri qui le contempla pour une fraction de seconde avant de reprendre les traits de Loki.
« Vous tomberez tous devant moi », grogna-t-il avant de jeter Tony par la fenêtre.
Cette fois, cependant, il n'avait pas les bracelets. Tony dégringola dans les airs, incapable de se rétablir, pas de salut, que le sol qui se précipitait à sa rencontre. Alors qu'il se rapprochait du baiser mortel du béton, le sol s'ouvrit sur un portail qui avala Tony et l'envoya dans le vide, dans l'espace du néant avide où il ne pouvait même pas entendre ses propres cris dans le silence.
La lumière explosa devant ses yeux et il se mit à haleter, tirant inconsciemment sur les liens de cuir épais sur ses bras et sur son corps. Des sons lui parvinrent, un moniteur de fréquence cardiaque et des voix qu'il pouvait à peine comprendre alors que les images s'amalgamaient sous l'agressif éclairage fluorescent.
« Oh, Nick », les cordes vocales de Tony semblaient avoir été passées dans un moulin à café, « votre visage n'est pas celui que j'espérais voir au moment de ma mort. »
« Vous n'êtes pas mort, Stark. » Il y avait un très implicite « plus maintenant » et Fury semblait vraiment furieux à ce sujet.
« Mais je l'ai été pendant quelques minutes, n'ai-je pas raison ? Comment s'est passé le prélèvement du réacteur pour vous ? » Tony regarda vers le cercle de métal et sourit en reposant sa tête contre la mince table métallique. C'était extrêmement inconfortable, mais pas plus que ses blessures. « Vous avez apprécié le petit cadeau que j'y ai programmé ? »
« Oui, nous avons trouvé le fil-piège incendiaire. »
Tony rit même si c'était atrocement douloureux. « J'ai retenu la leçon après Obie. Il n'alimente rien d'autre que moi. Si vous l'aviez retiré cinq minutes de plus, vous auriez eu un problème encore plus grand. On dirait que je ne suis d'aucune utilité pour vous mort ou vivant, hein ? C'est vraiment dommage. »
« Tant que Loki sait que nous vous avons, cela n'a pas d'importance. Il viendra vous chercher un jour ou l'autre. »
L'éclat de rire ne semblait même pas venir de lui et s'il n'avait pas résonné si profondément dans sa poitrine meurtrie, il aurait cru qu'il venait de quelqu'un d'autre. « Ça fait quoi ? Deux semaines ? Plus que ça, maintenant ? Des mois depuis que Thor et lui sont partis pour Asgard ? Pourquoi viendrait-il pour moi ? Il a le cube, et il est débarrassé de l'emprise de son grand patron. Loki peut faire tout ce qu'il veut maintenant, Nick. Et je vous assure que revenir pour l'un des nombreux mortels qu'il à utilisé comme outil pour arriver à ses fins ne figure pas sur sa liste. »
« Cela reste à voir, M. Stark. » Le regard de Fury se posa sur les autres personnes présentes dans la salle - le personnel médical vu leur apparence - et hocha la tête vers Tony. « Soignez-le. Puis ramenez-le dans sa cellule. Il a encore moins d'utilité inconscient que mort. »
La tête de Tony frappa à nouveau violemment en arrière tandis que le personnel médical du SHIELD s'affairait à retirer les compresses de sa poitrine, d'autres infirmières écartant les défibrillateurs. Pas étonnant que son réacteur Ark picote plus que d'habitude. La piqûre d'une aiguille lui fit relever la tête et il regarda l'infirmière qui l'avait piqué négligemment dans le coude. « Vous n'avez pas d'aiguilles de plus gros calibre? J'ai à peine senti celle-ci. »
L'infirmière le regarda uniquement pour soulever ses paupières et braquer une lumière dans chaque pupille. « Et maintenant, vous m'aveuglez. Merci bien. » Chaque mouvement était difficile, mais les dernières secondes, cela avait empiré. Il ne pouvait pas garder les yeux ouverts et comprit qu'on devait lui avoir donné un autre sédatif avant que l'inconscience ne le saisisse et ne le ramène dans ses profondeurs.
xXx
Neuf jours plus tôt
Il n'y a pas beaucoup d'options quand on est captif. C'était choquant de voir combien de fois Tony s'était retrouvé dans cette situation, mais il réagissait de la même manière à chaque fois. Utilise ton putain de cerveau, trouve une porte de sortie. Crée ta propre porte de sortie et si tu meurs durant le processus, au moins tu sortiras sur tes deux pieds et les armes à la main. Tout le monde n'a pas cette chance.
Mourir n'était sûrement pas l'option A, foutre non. Tony allait foutre le camp d'ici en un seul morceau. Il devait juste réfléchir.
Deux jours, ce fut tout ce que le SHIELD lui accorda. Pendant deux jours, plusieurs heures par jour, ils le traînèrent dans une pièce trop éclairée, menottèrent ses mains à la table, et entamèrent un interrogatoire plutôt décontracté, posant les mêmes questions en les reformulant quelque peu. Où était Loki, savait-il que Loki allait s'échapper, avait-il aidé Loki dans sa fuite, savait-il à quel endroit le portail allait s'ouvrir, avait-il participé au sabotage de l'héliporteur, encore et encore, jusqu'à ce que Tony en vienne presque à souhaiter que Loki se montre et le tue. Trois fois par jour, il recevait le classique plateau-repas des prisonniers, et Tony mangeait aussi peu que possible. C'était ennuyeux et vain et Tony ne répondit qu'à quelques questions que par ce qu'il s'ennuyait. Malheureusement pour le SHIELD, il répondit aux questions dont ils n'avaient rien à faire et il donnait les réponses les plus désinvoltes possibles avec le plus cinglant mépris qu'il pouvait affecter.
À la fin de la deuxième journée, ils commencèrent à l'attacher à une table de métal qui pouvait s'incliner à soixante-quinze degrés. Des liens inflexibles en cuir épais retenaient ses poignets, ses chevilles et ses côtes. L'interrogatoire reprit. Les questions lui étaient maintenant criées dans une autre salle qui résonnait beaucoup trop pour que ce soit confortable. Tony ne répondait toujours pas, alors ils posèrent une intraveineuse dans un de ses bras pour ne pas avoir à le détacher pour les repas.
Le troisième jour, sans avoir beaucoup dormi puisqu'il était toujours attaché, la porte s'ouvrit et Tony se prépara pour un autre agent qui viendrait lui crier aux oreilles ou le menacer. « Vous savez quoi, apportez-moi une bonne bouteille de single malt et je pourrais- »
Tony cessa de parler en voyant la silhouette dans l'encadrement de la porte. « Hé, Tony. »
« Docteur. Ta colère est sous contrôle ? »Tony affecta un ton décontracté et fut récompensé par un sourire de Bruce, même s'il était un peu forcé.
« Pour l'instant ». Bruce ne faisait aucun effort pour cacher ses émotions, ses yeux étaient pleins de questions encore informulées. Fury l'avait donc mis au courant. Pas vraiment une surprise. Tony n'avait pas résisté quand il avait été arrêté, ce qui pouvait autant être interprété comme le signe d'une culpabilité certaine ou d'une innocence confiante. Comme il n'avait rien avoué, à part ne pas être sorti avec le modèle qui faisait la couverture du treizième numéro de Maximal, personne ne pouvait se décider avec certitude sur sa culpabilité ou son innocence.
Ce bon vieux Bruce voulait poser des questions à la personne en qui il avait fait confiance. C'était écrit sur son visage et il était évident qu'il voulait savoir. Et bien, peut-être Tony pouvait-il lui dire certaines choses.
« Vas-y, Doc. Ils attendent, pose tes questions. »
« As-tu conclu un accord avec Loki ? » Il allait droit au but, mais Tony pouvait entendre la question sous-jacente : « Savais-tu qu'il entendait provoquer l'Autre ? »
Ce serait-il agi de quelqu'un d'autre, Tony aurait gardé le silence. Mais c'était Bruce. « Il s'est pointé quelques jours après l'attaque de la base du SHIELD, la nuit avant l'Allemagne. Loki m'a offert le Tesseract », avoua-t-il enfin en sachant que Fury se tenait derrière un miroir sans tain, positivement ravi. « En échange, il avait besoin d'aide pour se débarrasser des Chitauri et avoir un œil sur ce qui se passait sur l'héliporteur. J'étais censé surveiller... la recherche et m'assurer que tu ne te rapproches pas trop. » La mâchoire de Bruce se crispa et il se détourna. « Mais je jure devant Dieu que je ne savais pas que tu étais l'une de ses cibles », corrigea Tony en tirant sur ses liens. « Tout ce qu'il m'a dit était l'endroit où aller à Stuttgart. L'explosion, la Tour Stark, je n'en savais rien du tout. Il m'a jeté par la fenêtre, Bruce. »
« Oui, et je suis tombé de quatre mille mètres sans une armure pour me rattraper. Nous sommes tous tombés, Tony. »
« Loki n'est pas mon allié », assura Tony. « Je ne sais pas où il est. Tout ce que je voulais c'était le cube, et il s'est volatilisé maintenant. Je ne sais pas où il est. »
Le scientifique le regarda un instant, essayant de lire sur le visage de Tony et y trouva seulement une inquiétude sincère et un sentiment de culpabilité pour ce que Loki avait fait au médecin, il ne se sentait pas coupable envers le SHIELD, juste envers Bruce. « Je te crois. » Tony se détendit légèrement. Bruce reconnaissait l'innocence de Tony en ce qui concernait la sortie de l'incroyable Hulk, mais cela ne changerait rien à son emprisonnement. « Au fait, JARVIS pique une colère silencieuse sans toi. Il me laisse à peine entrer. »
« Indique-lui le code alpha cinq et fais-lui quelques compliments. Il adore ça. » Le code allait également enterrer tous les fichiers privés de Tony sous tant de niveaux de codage qu'il faudrait des années aux meilleurs agents du décryptage pour les déchiffrer, mais Tony n'allait pas le mentionner. JARVIS avait été conçu pour réagir intelligemment dans cette situation, il saurait quoi faire. « J'aurais aimé faire plus, mais j'ai un peu les mains liées, là. Reviens-me voir jeudi. » Tony fit un geste aussi dédaigneux qu'il le pouvait avec le pauvre centimètre dont il disposait pour bouger la main.
Bruce sourit un instant, sincèrement, mais la porte s'ouvrit et Fury entra en silence, les yeux rivés sur Tony. « Désolé, Tony », soupira Bruce.
« Nous devons tous subir les conséquences de nos choix, Doc. Merci d'être venu. »
« On m'a persuadé de venir. »
« Je m'en doutais bien. » La façon dont la mâchoire Fury se crispa quand Bruce le balança suffit à ramener un sourire sur le visage de Tony.
« Docteur Banner », dit Fury et Bruce adressa un adieu silencieux à Tony avant de se retourner et de sortir. La porte se referma avec un bruit métallique et Tony rejeta la tête en arrière avec un profond soupir. Il s'était expliqué avec Bruce et il ne se sentait pourtant pas mieux. Il ne serait pas surpris d'apprendre que le SHIELD glissait quelques calmants dans sa poche de nutrition, et ça n'améliorait pas son état d'esprit. Pas plus que l'idée de passer ce qui seraient probablement les dernières semaines de sa vie coincé dans une cellule du SHIELD.
Tony finissait de fredonner trois albums d'AC / DC quand la porte s'ouvrit de nouveau et il sourit à la nouvelle venue. « Ah, un baume pour mon âme meurtrie. Vous venez gentiment m'amadouer pour me soutirer plus d'informations, agent Romanoff ? » Tony pencha la tête en arrière, essayant vainement de rendre ses liens moins inconfortables.
« Pour quelqu'un qui prétend ne pas avoir passé beaucoup de temps avec lui, vous avez appris un certain nombre de choses de Loki », dit Natasha. « Le directeur Fury veut que Loki soit capturé. »
« Je ne peux pas vous aider. Pas que je ne le veuille pas. Croyez-moi, un dieu nordique en cavale de moins serait ce qui pourrait nous arriver de mieux, mais je n'ai rien à vous offrir. »
« Vous n'avez pas beaucoup d'occasions de vous racheter, Stark. »
« Je vous ai dit tout ce que je savais. Il est temps de me laisser sortir. »
Même la grande actrice qu'elle était ne put retenir un sourire incrédule. « Et pourquoi le ferions-nous ? »
« Parce que je sortirai d'une façon ou d'une autre. Soit vivant sur mes deux pieds ou dans un sac mortuaire, même si je préfère la première possibilité. Soit vous me laissez sortir maintenant soit vous attendez que je m'échappe, et laissez-moi vous dire, si je dois sortir d'ici par mes propres moyens, je vais être très énervé. » Tony capta son regard et ils se dévisagèrent en silence pendant un long moment.
« La loyauté envers le mauvais camp est dangereuse, Stark. J'en sais quelque chose. »
« Je n'ai pas la patience d'écouter vos histoires russes « d'antan ». Je ne m'ennuie pas à ce point. » Que pourrait-elle lui dire qu'il n'ait déjà appris dans les fichiers piratés sur l'héliporteur ?
Sa mâchoire se crispa et elle croisa les bras. « Ils vous tueront plutôt que de vous laisser partir. »
« Ils peuvent essayer, ils ne réussiront pas. »
« Vous n'êtes pas immortel, Stark », dit-elle et Tony rit encore.
« Non, je suis juste vraiment chanceux. J'ai eu un dieu de mon côté pendant un petit moment, ma chère. Peu de gens peuvent s'en vanter. »
« Quand le dieu est un meurtrier, vous ne devriez pas vous en vanter. »
« Je suis désolé, comment gagnez-vous votre vie, déjà ? », répliqua-t-il. « Quand je vous verrai construire des jouets pour les petits enfants, vous pourrez reparler de meurtriers. D'ici là, épargnez-moi votre hypocrisie. »
La Veuve soupira et cligna lentement des yeux en regardant sur le côté, une action bien réfléchie, s'il en avait jamais vu une. Quasiment chaque expression qu'elle arborait depuis qu'elle était avait passé la porte était un jeu d'acteur, Tony n'en démordrait pas. « La patience de Fury est à bout. »
« Comme la mienne. »
« Vous êtes celui qui est attaché dans une cellule souterraine. »
« Vous êtes celle qui se trompe en pensant qu'on ne peut pas s'échapper d'ici. »
Elle fronça les sourcils. « Ce n'est pas une grotte en Afghanistan. Vous ne pouvez pas construire une armure à partir de trois fois rien et vous frayer un chemin hors d'ici. »
« Ça ferait cliché d'utiliser deux fois le même plan d'évasion de toute façon. » Tony haussa les épaules.
« Ils obtiendront de vous des informations, d'une manière ou d'une autre. »
« La torture est notoirement peu fiable. Rendez un homme assez désespéré et il vous dira tout, y compris des mensonges. Torturez suffisamment longtemps un étudiant de vingt ans et il jurera qu'il est une veuve de 86 ans avec quatre enfants et un rendez-vous avec le beau vétéran au bout du couloir de sa maison de retraite. Une information n'est pas nécessairement la vérité. »
Le silence qui suivit aurait dû être gênant, mais Tony savait que c'était la Veuve qui était mal, là. Elle aurait dû savoir mieux que quiconque que tous les interrogatoires n'étaient pas nécessairement fructueux. « Vous êtes sur la corde raide, Stark. »
« J'aime la solitude que me procure le fait d'être un connard. Être admiré de loin, voilà ce que j'aime. »
Son téléphone bipa sur sa hanche et elle regarda l'écran avant de remettre l'appareil dans sa poche. « Tout ce qui arrivera maintenant sera la conséquence de vos propres actions », dit-elle en se dirigeant vers la porte.
« J'ai hâte. »
xXx
Dès que Bruce l'eut vu indemne et que le SHIELD avait donc un témoin pouvant affirmer l'avoir vu sain et sauf, les choses empirèrent. Les techniques d'interrogatoire de Natasha ayant échoué, quelques heures après, un trio d'agents entra en jeu. Tony les ignora au début, mais Fury fit son apparition et la porte se referma en claquant.
« Fatigué du verre unidirectionnel, Colonel ? Vous venez me battre vous-même ? »
« Pour que vous puissiez vous vanter de m'avoir rendu fou ? Je passe mon tour. Je vais superviser aujourd'hui. Vous connaissez déjà mes assistants. » Fury désigna les autres agents anonymes d'un geste magnanime.
Juste parce qu'il s'ennuyait comme jamais, il baptisa les trois hommes en esprit. Celui qui avait quelques centimètres de plus que Fury, avec des cheveux blonds coupés en brosse et des yeux bruns vitreux, Tony l'appela Edgar, surtout parce que, malgré son costume, ses taches de rousseur le faisaient ressembler à un garçon sorti de sa campagne. Le petit brun baraqué, dont la taille faisait que même Tony se sentait grand, devint Steve. Petit Steve et Captain America Steve avaient sur le visage la même expression, comme s'ils pensaient que Tony valait moins qu'eux. Tony estima que tant Petit Steve que capitaine Steve auraient eu bien besoin qu'on leur retire le balai qu'ils avaient chacun dans le cul. Le second brun, dont la taille se situait entre celles de Fury et Tony, présentait encore moins de traits distinctifs que ses collègues de travail, de sorte qu'il reçut le nom tout à fait unique de « Bob » et fut rapidement oublié.
« Quand vous voulez », dit Fury à ses hommes. Edgar et Bob détachèrent Tony de l'inconfortable table et l'amenèrent plus près de Fury, le tenant fermement par les biceps pendant que Petit Steve regardait. Fury regarda Petit Steve et hocha la tête vers Tony. Petit Steve se rapprocha, et avec une expression résolue, balança son poing dans la mâchoire de Tony. La tête de Tony suivit la force du coup et un gémissement jaillit de ses lèvres quand le goût cuivré envahit sa bouche. Les deux qui le tenaient ne desserrèrent pas leur prise. Il ignora ostensiblement la douleur dans son cou et se retourna vers les agents du SHIELD.
« Parlez-nous de Loki », demanda Fury.
« Grand, les cheveux noirs, le sourire mauvais, se trimbale un sacré bagage psychologique. Aime faire des plans. Quoi d'autre ? »
Le visage de Fury resta neutre alors qu'il regardait de nouveau Petit Steve. Un deuxième coup et la douleur commença à lancer. Petit Steve avait une bonne droite. « Qui d'autre Loki a-t-il contacté sur Terre ? »
« Des tas de gens. » Il passa la langue sur ses lèvres, évitant tout déplacement non nécessaire de sa mâchoire et essayant de ne pas se débattre dans l'emprise maintenant douloureusement serrée d'Edgar et de Bob. « Je n'ai pas demandé leurs noms. J'étais trop occupé à surveiller mes arrières avec un dieu dans les parages. »
« Vous avez une mémoire photographique, Stark », dit Fury, l'irritation perçant dans sa voix.
Tony ricana. « Ouais, mais vous voyez, le truc est que cela ne fonctionne que quand je le veux. Sinon, je ne me souviens que des choses dont je n'ai rien à faire. Des visages aperçus dans un souterrain quelconque ne figurent pas sur la liste des choses dont j'ai quelque chose à foutre. » Un autre coup d'œil à Petit Steve et un autre coup au visage de Tony, cette fois de l'autre côté. « Aïe, les gars, ça commence à piquer. Je vais me fâcher », prévint-il.
« De quoi vous souvenez-vous à propos des autres personnes travaillant avec Loki ? » Le génie adressa un regard insolent au directeur et ne dit rien. Petit Steve abattit son poing dans l'abdomen de Tony, ses genoux se dérobèrent et il toussa. « Que pouvez-vous nous dire sur ceux que vous avez vu avec Loki ? »
« Des humains. Peut-être », fit Tony, agacé. « Ils semblaient aussi humains que Loki. Aussi humain que vous. Des gars et quelques filles. Les méchants n'ont pas un tatouage sur le front avec une flèche indiquant « Venez me chercher, j'ai essayé d'aider un extraterrestre à dominer le monde », d'accord ? », dit-il avec colère.
Fury se retourna et alla s'appuyer contre le mur. Il désigna Tony à Petit Steve une fois de plus et Tony grimaça avant que l'agent ne frappe à nouveau. Plus de temps mort employé à poser des questions. Les directs au foie s'enchaînaient désormais, en plus des coups de poing au visage, en plus des mains implacables qui l'obligeaient à rester debout et à endurer les coups.
Ce ne fut qu'après vingt minutes de ce traitement qu'ils arrêtèrent et quand Tony leva les yeux, la moitié inférieure de son visage collante et humide d'un liquide pourpre foncé, ce fut pour voir Fury lever une main apaisante. « Loki avait-il parlé de s'échapper ? »
« Je n'étais pas son confident. Il n'y a que lui pour dire où il est allé. »Tony cracha du sang sur le sol à côté des gouttes tombées plus tôt. « Vous voulez Loki ? Allez le chercher. Laissez-moi en dehors de ça. J'ai sauvé cette foutue ville et les remerciements que je reçois pour ça sont foutrement merdiques. »
« En vous alliant avec le dieu qui a mis la ville en danger en premier lieu- »
« Pour l'amour de Dieu, Fury, je n'ai fait que lui parler. Je ne lui ai révélé aucun secret ou dit comment s'échapper. Vous pouvez remercier votre fidèle Barton pour ça. »
« L'agent Barton fut contraint par des moyens indépendants de sa volonté. Vous avez choisi votre camp. »
« Un dieu s'est pointé et m'a menacé. » Loki l'avait vraiment menacé, mais pas à ce moment-là. Non que Tony se soucie de mentir au SHIELD. « Et oui, j'ai choisi mon camp, mais j'ai choisi mon propre camp. J'ai choisi de ne pas laisser le monde être envahi par des extraterrestres sur des aéroglisseurs, sans se soucier des humains, super soldats, ou dieux se battant l'un contre l'autre. J'ai risqué ma vie en envoyant le missile à travers le portail. Ce même missile que vos supérieurs avaient envoyé pour détruire la ville et ses millions d'habitants. Alors dites-moi qui est le vrai méchant là. »
« Prévenez-moi s'il parle », dit Fury aux agents avant de sortir. Petit Steve reprit sa place en face de Tony et le génie soupira.
« Pouvez-vous éviter de m'abimer autant le visage cette fois ? J'ai un truc de charité le dix-sept et je ne tiens vraiment pas à me pointer en ressemblant à un voyou. »
Petit Steve pouffa, le premier signe d'amusement que Tony lui ait vu et bien sûr, c'était aux dépens de Tony. Tony se félicita pour ne pas avoir eu de mouvement de recul quand Petit Steve lui envoya le coup suivant.
xXx
Tony pouvait faire face.
Après une heure ou deux à se faire tabasser - suffisamment pour faire très mal sans l'assommer ou causer des dommages internes - il resta de nouveau seul, une nouvelle fois attaché à la table dans une position légèrement plus lâche. Il avait mal, mais il pouvait faire face à quelques coups. Si seulement cela pouvait se terminer par quelques coups de poing.
Au cinquième jour de détention, un nouvel agent entra en scène. Il menaça Tony avec des couteaux, infligea quelques coupes à des endroits non vitaux qui blessaient et saignaient, mais qui étaient peu susceptibles de causer des dommages à long terme. De légères cicatrices commencèrent pourtant à se former. Il était soigné à la fin de chaque journée et recevait plein d'antibiotiques pour éviter une possible infection. Cela ne le ferait pas si leur prisonnier mourrait avant qu'ils n'en aient terminé avec lui.
Au septième jour, la vraie douleur commença. Cela débuta avec les couteaux et cette fois, ils ne prirent même pas la peine de poser des questions. De tous ses interrogateurs, c'était celui qui semblait apprécier le plus son travail. Il y avait une lueur sadique dans ses yeux à chaque fois qu'il faisait une incision et plus souvent qu'à son tour, il appliquait la lame sur la peau, puis regardait dans les yeux de Tony quand la pointe métallique déchirait la chair. Tony ne s'abaissait pas à lui donner la satisfaction de regarder ailleurs et cela stimulait presque autant l'agent que cela l'irritait.
Ils furent rejoints par deux agents qui amenèrent un chariot roulant hors de vue de Tony. Il reconnut pourtant le son. Métal, caoutchouc et câbles manipulés, suivi par le bourdonnement du courant à haute tension. L'un des agents nouvellement arrivés vint se poster devant Tony avec deux minces tiges métalliques à la main, chacune ne faisant pas plus que quelques millimètres d'épaisseur, elle en donna une à l'agent aux couteaux et tint l'autre par l'extrémité.
Cela n'avait rien d'étonnant, mais il se recroquevilla encore et tenta de s'éloigner quand la tige fut glissée dans une coupure faite plus tôt sur son avant-bras. Il gémit quand elle la lâcha et qu'elle resta fichée dans sa peau, à bien deux centimètres sous la chair, dirigée vers le coude.
« Isaacs », sa voix était assez décontractée pour donner envie de dégobiller à Tony, mais cela pouvait aussi bien venir des effets secondaires des médicaments dans sa perfusion. « J'ai besoin d'une plus grande incision sur l'autre bras. »
« Bien sûr. » L'agent au couteau, Isaacs, s'approcha et Tony se crispa quand la pointe métallique plongea sous la petite coupure de son bras gauche. Leurs yeux se rencontrèrent à nouveau et Tony lui lança un regard assassin. Un sourire étira les lèvres du malade et d'un coup, la peau de Tony se déchira sous l'incision irrégulière du couteau. Il retint un cri étouffé dans sa gorge, se mordant les lèvres pour le coincer dans sa gorge pendant qu'Isaacs reculait. L'agent aux tiges métalliques revint dans le champ de vision de Tony et il sentit la deuxième tige se frayer un chemin dans la grossière entaille.
« Savez-vous où se cache le criminel de guerre Loki ? », demanda-t-elle après s'être éloignée et avoir retiré ses gants de latex ensanglantés.
« J'ai déjà dit à plusieurs autres agents que je ne savais pas où il était allé, bordel de merde. »
Elle le dévisagea un moment avant de regarder derrière lui, vers son partenaire hors de vue. Sur un signe d'elle, un interrupteur fut tourné derrière Tony, ses veines irradièrent d'une douleur intense, et il fut presque capable de sentir chaque arc électrique crépiter et ses muscles se contracter. Il ne réalisa même pas qu'il hurlait avant que le courant ne soit coupé et qu'il se retrouve à tenter de reprendre son souffle, la gorge à vif, et que son corps sans force ne s'avachisse dans ses liens. Ses doigts se contractaient involontairement et sa poitrine lui brûlait suite au contact de l'électricité contre le logement de son réacteur Ark.
« Ça picote », croassa-t-il, souriant largement en la regardant. Son regard devait être celui d'un dément car sa bouche s'ouvrit largement sous le choc avant qu'elle n'adresse un nouveau signe à son partenaire. La génératrice émit un cliquetis que Tony appréhendait maintenant avant que le courant ne revienne et que sa colonne vertébrale ne s'arque avec toute la cambrure que lui permettaient les lanières de cuir de son dos. Ses poignets brûlèrent quand les sangles s'imprimèrent dans la peau et il réalisa à peine la sensation de chaleur humide, car il ne pouvait se concentrer sur rien d'autre que la sensation de brûlure électrique le faisant tressaillir à chaque réflexe physique jusqu'à ce qu'il ne soit plus rien qu'une poupée de chiffon.
« Savez-vous où le criminel de guerre Loki pourrait se cacher ? », demanda-t-elle un peu différemment après que le courant eut été coupé une fois de plus.
« Dans ma chambre », fit-il sèchement. « Tant qu'à faire affaire avec le diable, je pouvais aussi bien me le taper. »
Elle soupira et lui tourna le dos quand l'interrupteur fut de nouveau tourné.
La répétition des décharges ne rendit pas la douleur plus supportable et la perte de conscience fut accueillie avec reconnaissance le reste de la journée. C'était peut-être quelques jours. Sa raison cahotait et se dissolvait, il avait cessé de se préoccuper du temps.
Après une autre tentative ratée d'interrogatoire, l'électricité ne fut pas utilisée lors de ce que Tony pensa être le neuvième jour. Tony aurait applaudi si l'alternative n'avait pas été un trio de scientifiques gantés venus pour tripoter le réacteur Ark. Le mécontentement de Tony fut relégué au second plan par la peur quand ils retirèrent le réacteur de sa poitrine et qu'il n'eut d'autre choix que de regarder avec horreur pendant que la salle s'assombrissait et que son cœur battait plus vite pendant de longues secondes avant de s'arrêter. Rien n'égale le fait d'entendre votre propre cœur cesser de battre.
Le SHIELD était plus malin que Tony ne l'aurait cru et il se réveilla pour voir le regard furieux de Nick Fury et son réacteur remis là où il devrait être. Dieu soit loué pour la paranoïa de Tony l'ayant amené à créer un noyau autodestructeur. Au cours d'une expérimentation risquée, Tony avait découvert qu'une réaction particulièrement explosive pouvait être déclenchée si le réacteur n'était pas relié à lui et à lui seul. Retirez-le trop longtemps et l'explosion qui en résulterait rivaliserait avec le big bang du Tesseract. Il pouvait bien avoir été cliniquement mort pendant au moins quelques minutes, il pouvait bien encore être enfermé Dieu sait où par le SHIELD, mais il se sentait foutrement bien en s'assurant que Fury ne tirerait rien de lui.
Ils le mirent sous calmants et Tony ne fut pas sûr de savoir combien de temps s'était écoulé depuis l'administration du sédatif. Même au réveil, les choses semblaient... étranges. Comme un rêve enfumé des années 70, mais en nettement moins agréable. Il ressentait toujours la douleur de ses blessures, mais cela s'accompagnait par une absence de vraie connexion avec la réalité. Sa tête se renversa sur son épaule dans un mouvement à peine contrôlé et il vit une poche différente reliée à la perfusion de son coude gauche. Oh, génial. Juste ce qui lui fallait. Ils avaient essayé l'approche frontale et ils tentaient maintenant de lui injecter une série de drogues dans l'espoir qu'il dévoilerait ses secrets en pensant se confier à une hallucination ? Tout simplement fantastique. Des médocs sur un estomac vide, aucune pitié.
Les choses devinrent encore plus étrange quand les drogues eurent fait effet. Des gens entraient, des gens sortaient, Tony était éveillé, Tony dormait, Pepper lui rendit visite, le Président des États-Unis lui rendit visite, Abraham Lincoln apparut une fois ou deux pour bavarder, c'était vraiment épatant. Il n'était pas libéré de la douleur ou inattentif, il était juste désorienté, ne sachant plus ce qui était réel.
« Pauvre garçon », résonna la voix familière de Loki. « Vos amis vous ont tourné le dos, votre empire est incapable de vous aider, même votre esprit s'égare dans l'hébétitude. Le pronostic est plutôt sombre. »
« Vous êtes une hallucination », dit Tony, il ferma les yeux mais put encore entendre le rire du dieu.
« Préféreriez-vous plutôt une illusion causée par votre cerveau baignant dans la drogue ou l'alternative ? Un dieu bien réel venu obtenir réparation pour votre trahison ? » Et ce fut la confirmation. Ce n'était pas Loki, seulement de fausses images dansant devant ses yeux, en suspension dans le vide.
« Si vous vous évadez d'ici, Loki vous attrapera. » La voix de baryton de Thor résonna avec force et Tony ouvrit les yeux pour voir le dieu de la foudre le regarder avec des yeux pleins de regrets. Génial. Un nouveau visage. Steve serait-il le suivant ? Le mouvement fit que la silhouette du dieu oscilla entre le net et le flou si rapidement que Tony gémit et tourna la tête. « Il ne sait pas où vous êtes maintenant. Il pourrait chercher à travers le monde sans vous trouver. Vous êtes en sécurité ici. »
« Comme c'est réconfortant. »
« Quelle mort préférez-vous ? » Thor s'approcha plus près, sans faire aucun bruit excepté le son de sa voix.
« Eh bien, je préférerai mourir de plaisir après un marathon sexuel, mais cela ne risque pas de se produire dans un avenir proche, je le crains. » C'était être tué par Loki ou être tué par le SHIELD. Quelque part, il préférait le psychopathe aux agents anonymes. C'était peut-être une question d'ego. Il fallait un dieu pour abattre Tony Stark. Il serait toujours mort, mais ça lui ferait une sacrée épitaphe.
« La loyauté est admirable. » Merde. Pourquoi avait-il fallu qu'il pense à Steve ? « Mais vous n'êtes pas le seul concerné ici. Si Loki vient pour vous, il pourrait bien retourner le monde pour vous trouver et que Dieu vienne en aide aux innocents qui se trouveraient sur son chemin. »
« Vous êtes dans ma fichue tête, vous savez que je ne sais rien d'autre », fit Tony avec un soupir exaspéré.
Steve fronça les sourcils. « Ou vous refoulez des détails. Loki a dit quelque chose à propos de revenir. À propos de laisser retomber la pression. »
« Aucune importance. Je suis toujours un traître aux yeux du SHIELD. Je pourrais réciter notre conversation mot pour mot que cela ne changerait pas une fichue chose. Une fois qu'ils auront eu ce qu'ils veulent, je serai mort. Du diable si je vais laisser cela arriver. Je dois juste attendre. »
« Pour moi ? Comme c'est gentil, Stark. Nous avons à peine parlé, mais vous venez encore de me jurer silencieusement fidélité sans même vous en rendre compte. » Loki avait rejoint le groupe, et maintenant il s'agissait vraiment d'un groupe qui se tenait devant lui, au lieu d'une seule illusion. Ils se comportaient comme s'ils s'entendaient, mais pas un seul ne regarda vers les autres, ils regardaient tous Tony.
« Je n'ai juré fidélité à personne. » Tony le regretta immédiatement quand il tira sur ses liens, ne réussissant qu'à causer plus de douleur et de désorientation dans sa tête. « À vous moins qu'à quiconque. »
« Et si je vous avais prévenu de la chute imminente de l'héliporteur ? Réagiriez-vous différemment si je ne vous avais pas défenestré ? » Tony ne put pas se résoudre à répondre, d'ailleurs il ne savait même pas ce qu'il aurait dit. Qu'est-ce qui se serait passé si les choses s'étaient déroulées différemment ? « Vous avez clairement exprimé votre intérêt dès que nous nous sommes rencontrés. Je n'étais pas aveugle à votre désir. »
« Personne ne l'était », ajouta Thor. « J'ai étudié votre regard sur mon frère presque autant que le sien sur vous, c'est pourquoi je vous avais prévenu. Votre attention pour Loki est ce qui l'attire. Le mal est beaucoup plus gratifiant quand la cible réagit avec une telle intensité. »
« Il m'apprécie parce que je ne l'ignore pas ? Oh, s'il vous plaît. Sortez de ma tête si c'est pour tenir des propos aussi insensés. »
« J'ai été élevé dans l'ignorance », dit le dieu de mal. « On m'a menti, placé dans l'ombre de mon frère chéri, fait de moi un étranger dans un monde dont je ne pouvais pas m'échapper trop longtemps. Vous m'avez reconnu comme une menace et êtes devenu le seul à ne m'avoir jamais sous-estimé. »
« Il s'agit d'une toute nouvelle façon de théoriser dont je ne veux pas faire l'expérience », gémit Tony, en essayant de les bloquer derrière ses paupières closes.
« Vous n'avez rien d'autre à faire en attendant la prochaine visite de vos geôliers. Peut-être les drogues estomperont-elles l'effet des électrochocs, cette fois. »
« Je le jure sur votre père, taisez-vous cinq minutes. J'ai besoin de réfléchir. »
« À propos de quoi ? » Tony ne pouvait pas dire si la voix de Steve était moins ou plus agaçante que celle de son homologue réel. « Natasha a raison, ce n'est pas une caverne dont vous pouvez vous échapper. »
« Ce qui ne veut pas dire que je ne peux pas essayer. » Il tira sur ses poignets et sentit l'âpre morsure du cuir sur sa peau à vif, mais l'ignora. La zone commençait à s'engourdir maintenant de toute façon et les antibiotiques activaient la guérison. Rien de tout cela n'importait cependant parce que peu importe à quel point il essayait, il ne pouvait pas réfléchir. Son esprit s'activait évidemment, mais cela n'aurait aucun sens tant qu'il opérerait des détours pour lesquels Tony n'avait pas le temps. Seul comme il était dans la pièce, le trio lui semblait réel tant il était dans sa tête et leur seule présence suffisait à le démoralisante. Pathétique. Mais il était assez poétique que son esprit soit la méthode de torture qui finirait par le tuer à petit feu.
Hurlant de frustration, il s'effondra sur la table, sa lourde respiration soulevant sa poitrine. Ce silence était vraiment accablant et ruinait la santé mentale et les nerfs de Tony. « Loki... » Il espéra que sa voix était suffisamment faible pour ne pas être entendue. « J'aurais des choses à vous dire si vous revenez. Et ce ne seront pas de gentils compliments. »
Notes:
Peut-on considérer que Loki est présent dans ce chapitre si c'est une hallucination ? *M'enfuis avant que vous puissiez me faire du mal*
RÉSUMÉ SANS AVERTISSEMENT : Le chapitre se déroule sur une période de onze jours. Beaucoup d'interrogatoires ennuyeux et stupides, Bruce est autorisé à voir Tony et Tony avoue à son frère de science qu'il a fait temporairement alliance avec le dieu, mais n'avait pas connaissance de l'explosion sur l'héliporteur. Après le départ de Bruce, l'interrogatoire tourne à la torture. Le cocktail pharmaceutique qu'on lui injecte fait que Tony hallucine constamment sur Loki jusqu'à ce qu'il puisse à peine dire si la personne en face de lui est une autre illusion ou si son esprit superpose l'image de Loki sur un agent du SHIELD véritablement présent dans la pièce.
Tout le chapitre résumé en une seule phrase : Tony se fait retourner le cerveau pendant onze foutus jours sous les bons soins du SHIELD.
