Résumé:
Près de trois semaines après que le SHIELD ait appréhendé Tony, un peu d'aide arrive enfin.
Musique suggérée pour la lecture de ce chapitre : Session de Linkin Park ( watch?v=WlxhYIyf5_w ) et la reprise d'Immigrant Song par Trent Reznor, Karen O, et Atticus Rex ( watch?v=ljbBayiWglg).
Le titre du chapitre vient de la chanson du même titre de Rage Against the Machine.
Que cela ait quelque chose à voir avec l'organisme de Tony ou avec le genre de médicaments qu'on lui avait injectés, mais, malgré tous les visages flous et les images bizarres dansant autour de la salle, Tony n'était pas calme. Extérieurement, bien sûr, il paraissait sur le point de s'évanouir et de baver sur le sol, mais son esprit était toujours intact et, intérieurement, il était foutrement énervé.
Pourtant, ses ennemis auraient dû avoir retenu la leçon. Historiquement, les ravisseurs de Tony ne l'emportaient pas au paradis. Le temps n'avait pas d'importance, il s'échappait à un moment ou un autre, et que Dieu vienne en aide aux salauds se trouvant sur son chemin. Peut-être était-il en froid avec le dieu du chaos lui-même, mais le chaos lui-même était dans la nature de Tony. Le SHIELD était maintenant sur sa liste des « idiots qui ont essayé de me retenir et vont maintenant en subir les conséquences » et tout le chaos qui bouillonnait en lui allait jaillir et aller mordre le gros cul du SHIELD. Ils faisaient partie du gouvernement; pas un grand problème quand Tony avait fourni la majorité de la technologie du gouvernement et était à l'origine du reste.
Mais ce serait pour plus tard et la situation présente était beaucoup moins plaisante. Du flou obscur des jours passés entre conscience et inconscience, Tony se souvenait vaguement des questions répétées alors qu'il était dans un état de faiblesse lui évoquant un nouveau passage à tabac, des infirmières venues remplir sa perfusion, de quelques autres « interrogatoires », mais qui savait combien de ceux-ci s'étaient réellement déroulés ? Le peu dont il était sûr était la douleur parce qu'il pouvait la sentir, elle se répandait en lui et brûlait avec une douleur constante au plus profond de ses muscles longtemps après leur départ. Son esprit était toujours brillant, mais ses sens ne fonctionnaient plus comme ils l'auraient dû, se montrant peu cohérents ou fiables.
La seule constante était la suivante : peu importe le temps que cela avait duré, peu importe si tout cela se passait réellement ou sortait juste de son imagination, à ce stade, personne n'était venu pour le faire évader. Il ne restait pas beaucoup d'options à Tony, mais ce n'était pas irrémédiable. Si personne ne venait pour lui, il devrait s'en sortir seul.
La négligence n'était ni intentionnelle, ni un traitement surprise du SHIELD, mais cela jouait à l'extrême avantage de Tony pour le moment, il n'allait donc pas signaler sa tolérance croissante aux médicaments. Si on combinait le dosage et la durée pendant laquelle il avait été relié à des poches de perfusion, les hallucinations se firent moins fortes et plus rares. Rares ne voulait pas dire qu'elles avaient disparu, mais elles n'étaient plus aussi vives. Elles étaient plus fortes dans les cinq heures après que la jolie infirmière aux mains maladroites soit venue changer les poches, mais l'intervalle de temps entre les doses autorisait désormais un retour de ses facultés mentales, et Tony n'employait ses facultés qu'à une chose durant ce long intervalle de dix-neuf heures.
Il n'avait pas encore atteint ce bienheureux intervalle aujourd'hui.
« Stark. » La voix de baryton qui n'aurait pas dû lui être si familière résonna à son oreille. « Je commence à me lasser. » Tony ouvrit les yeux pour voir le dieu, en tenue remarquablement décontractée, arborer une moue comique. Son esprit avait imaginé nombre de scénarios au cours des dernières heures, et l'image qui surgissait maintenant était celle d'un Loki portant un pantalon gris cendré et une chemise blanche impeccable qui soulignait sa carrure athlétique. Tony aurait dû être plus furieux contre Loki, mais ces semaines passées dans le piège de son propre esprit avaient changé ses priorités. Loki n'était plus considéré comme un ennemi. Il était toujours une menace, mais plus l'ennemi. Le SHIELD était en tête de liste pour décrocher ce titre.
Tony soupira, remuant le nez pour chasser la démangeaison fantôme qui le gênait par intermittence depuis qu'il était ligoté ici. « Je suis un peu occupé, Prancer. »
Loki ronronna, s'approcha et, ayant aperçu la lumière du réacteur ark, vint l'entourer de ses mains. C'était un autre tour de son esprit, de jolies images sans lien entre elles. L'expression sur son visage était une superposition des souvenirs du vrai Loki, de la curiosité dans son regard à la vue d'un étrange appareil intégré dans la poitrine d'un mortel encore plus étrange. Voir quelque chose qu'il savait irréel se combiner à quelque chose qui pouvait le toucher et ne rien ressentir, ne réussit qu'à user un peu plus sa fragile santé mentale. Pas qu'il puisse changer quoi que ce soit à ce sujet. Il était ingénieur, pas neurologue ou psychologue, il ignorait sur quels mécanismes jouer pour faire disparaître ces choses. Alors que Thor, Steve, et même Pepper, lui rendaient visite lors de ses joutes verbales avec les voix dans sa tête, Loki était toujours présent dans la chambre quand il ouvrait des yeux embrumés par la drogue et Loki était la dernière chose qu'il voyait avant que les hallucinations ne s'estompent. Comme si Loki était le rêve dont tous les autres personnages découlaient.
Il n'avait pas besoin de ce trip « Psychologie : Sensation et perception » en ce moment. Ses paupières étaient beaucoup trop lourdes pour se lancer dans une autre longue conversation avec lui-même à propos de toute cette merde.
« Alors venez me trouver », dit le dieu alors que ses doigts passaient sur le torse de Tony sans susciter le moindre picotement dans ses entrailles. Loki se pencha plus près, la voix réduite à un murmure à son oreille. « Saisissez votre chance et sortez. »
« J'essaie, pauvre idiot. »
xXx
Tony se réveilla au bruit de la porte de sa cellule s'ouvrant et au son de deux paires de pieds entrant à l'intérieur.
Ce n'était pas inhabituel, chaque jour - du moins, Tony pensait-il que cela se passait tous les jours - était ponctué par le passage de l'équipe médicale venant effectuer un contrôle et changer les pansements là où les liens de cuir irritaient la peau à vif. Un autre agent restait à la porte. Ce n'étaient jamais les mêmes agents qui venaient et aucun ne parlait jamais à Tony directement, ils parlaient seulement de lui, autour de lui. L'agent à la porte portait une arme à la ceinture. L'infirmière, que Tony avait d'abord supposée être désarmée avant de se détromper, avait une arme subtilement cachée contre sa colonne vertébrale sous sa blouse, si bien que Tony n'osait pas prendre de risque. Au lieu de cela, il jouait la carte du barjot, fixant un coin de la pièce et murmurant les absurdités qu'on pouvait attendre d'une conversation à sens unique, pour qu'ils relâchent leur surveillance.
« Il sent le sang séché », commenta l'agent à la porte avec un ricanement sonore, légèrement à l'intérieur de la pièce-prison. Deux hommes d'aujourd'hui, un infirmier jeune mais habile à changer un pansement alors que l'agent était stoïque, d'âge moyen, et semblait dépourvu d'humour. Pour ne pas ruiner sa couverture, Tony n'allait sûrement pas risquer un coup d'œil pour voir à quoi l'homme ressemblait.
« À quoi vous attendiez-vous ? » L'infirmier se pencha sur Tony, pansant le poignet le plus proche d'abord. « Il s'agit d'un informateur. Et un coriace apparemment. Même Isaacs n'a pas pu obtenir de lui les renseignements que nous souhaitions. »
« Je pensais qu'Isaacs faisait craquer tout le monde. »
« Il a dit qu'il reviendrait demain pour réessayer. Le directeur Fury l'a sanctionné. »
Tony retint le frisson qui allait le traverser. Quelques sessions supplémentaires avec Freddy Krueger et Tony deviendrait réellement fou, même sans médicaments.
L'agent à la porte fut interrompu par la sonnerie de son téléphone et Tony put entendre le bruissement du tissu quand il sortit l'appareil.
« Heu. Je dois y aller. Vous allez vous débrouiller ? »
« Bien sûr, allez-y », dit l'infirmier. « Stark est presque en état de mort cérébrale de toute façon, il ne sera pas un problème. »
Il entendit la porte s'ouvrir et se fermer et attendit un peu plus longtemps que l'infirmier replace les liens sur le poignet fraîchement bandé et se penche sur le corps de Tony pour changer l'autre pansement. Tout était silencieux, excepté le doux murmure de la gaze entourant l'articulation de la main.
Juste comme l'infirmier commençait à le rattacher, Tony s'arracha à sa prise et attrapa l'autre par les cheveux. Un cri de surprise s'étrangla dans sa gorge quand Tony claqua la tête de l'homme contre la table près de son épaule, aussi fort qu'il le pouvait vu sa position. Avant que le corps maintenant inconscient n'ait fini de s'effondrer au sol, Tony entreprit de se détacher aussi vite que possible. Boosté par la montée d'adrénaline, il eut rapidement les deux mains détachées et s'assit pour défaire les sangles de ses chevilles en moins de dix secondes.
Après s'être accordé quelques secondes pour écouter si quelqu'un arrivait, il descendit de la table et sentit rapidement ses genoux se dérober, les jambes faibles d'avoir été inutilisées trop longtemps. Se rattrapant avec les mains, Tony retint le hurlement de douleur qui voulait s'échapper de lui et rampa pour récupérer l'arme de l'infirmier toujours inconscient. Tout son corps tremblait et les médicaments pesaient plus lourd dans son organisme que ce qui était souhaitable lors d'une tentative d'évasion, mais nécessité fait loi. C'était sa seule occasion et qu'il soit damné s'il la laissait passer.
Une vérification rapide du Glock 19 lui révéla un chargeur partiellement rempli, avec treize balles restantes et une en attente dans la chambre, pas grand-chose face à une base entière d'agents armés et bien entraînés. Un silencieux aurait été appréciable dans cette situation, mais encore une fois, il n'avait pas trop le choix. Un peu d'espoir valait mieux que pas d'espoir du tout, se rassura Tony, et descendre quelques agents du SHIELD au passage était mieux que de rester là et d'endurer leurs mauvais traitements. S'ils voulaient le reprendre, ils allaient devoir le tuer, et il se battrait avec chaque once de force qui lui restait.
Collant son oreille à la porte, il attendit que les bruits de pas s'estompent avant de pousser la porte et de jeter un coup d'œil dehors. Rien pour le moment. Prenant sur lui, il sortit, referma la cellule derrière lui, et entendit les serrures se refermer. Le couloir semblait s'étendre à l'infini de chaque côté, sans aucune indication quant à la bonne direction, et les portes étaient trop espacées. Demander à quelqu'un serait une idée incroyablement stupide, alors il allait tenter de se faufiler en douce. Il ne pouvait malheureusement pas éviter les caméras.
Il opta pour la gauche après un débat interne qui vira rapidement à Am stram gram, pic et pic et colegram et s'élança dans le couloir. Il testa chaque porte, ne voulant pas rentrer dans n'importe qui s'il pouvait l'éviter. La plupart des portes avaient cependant des serrures biométriques, ce qui n'augurait rien de bon s'il devait se cacher.
« Que voulez-vous dire par vous ne l'avez pas l'envoyé ? » Des pas précipités se rapprochaient et Tony testa la porte la plus proche, seulement pour constater qu'elle était verrouillée. « J'ai encore le message. C'était il y a vingt secondes. Vous avez dit que c'était urgent. J'ai laissé un prisonnier à cause de ça. » La voix continua alors que Tony échouait à ouvrir la porte suivante.
Pas d'autre choix, il s'accroupit contre le mur et aligna le viseur de son arme pour viser le coin du couloir où l'agent allait apparaître. Le tir fut beaucoup plus bruyant qu'il ne le voulait et arriva environ quinze centimètres plus bas que prévu, mais l'agent s'effondra tout de même, rendu instantanément muet et mourut en quelques secondes d'une balle dans la gorge. Tony put entendre une voix criant dans le téléphone tombé à terre quand il s'approcha, ce qui signifiait que Tony avait moins d'une minute avant qu'une escouade d'agents ne vienne aux nouvelles et Tony devrait être loin, très loin, quand ils arriveraient.
Accroupi au-dessus du corps, il vola l'arme supplémentaire et la plaça dans la ceinture arrière de son jean avant de continuer à avancer. Tout était verrouillé le long du couloir, il aurait juré avoir entendu au loin le bruit de trop nombreuses paires de bottes se rapprochant, et cela n'était pas bon pour les chances de survie de Tony. Il ne pouvait pas faire demi-tour, ne sachant pas si c'était encore une issue valable, mais qui sait ? Peut-être que sa direction actuelle n'était pas la bonne. Le SHIELD n'avait pas exactement installé des pancartes dans chaque couloir.
Il s'arrêta contre une porte pour se repérer et la serrure bipa à côté de lui. Sursautant, il s'éloigna de la porte, mais le voyant resta vert, « OUVERT » affiché en grosses lettres sur l'écran du scanner. Aucune indication de qui pouvait avoir autorisé l'accès. En l'absence d'autres options et, en dépit d'une légitime suspicion, il tira sur la poignée et la porte s'ouvrit vers l'intérieur dans une pièce inoccupée. Sur le mur du fond, au moins cinq serveurs s'étendaient du sol au plafond et, sur le côté, une console jonchée de fils et de plusieurs moniteurs, tous vrombissant d'activité. Pas leur système central, mais une console distante qui devait avoir un accès à l'ordinateur central.
Tony ferma la porte derrière lui et poussa un chariot roulant contre elle avant d'aller braver les ordinateurs. Il posa le pistolet sur la table et se pencha sur la chaise, minimisa l'activité sur un seul écran et entra dans les menus jusqu'à ce qu'il ait trouvé ce qu'il cherchait. Les yeux rivés sur l'écran, les doigts appuyés sur les touches, il étudia son chemin vers la sortie en affichant les cartes de la précieuse base du SHIELD. Des lignes colorées indiquèrent voie après voie, évoluant à chaque nouvelle condition que Tony ajoutait. Aucun passage par les grandes salles, éviter toutes les zones de service, un détour par un éventuel arsenal dans le cas où il aurait besoin de plus de munitions, et ainsi de suite jusqu'à ce que le chemin soit tellement compliqué que même une abeille aurait eu du mal à le suivre.
L'écran s'assombrit et Tony paniqua une fraction de seconde, craignant le déclenchement d'un piège secret. Sa poitrine se serra de joie quand les mots s'alignèrent au milieu de l'écran, et qu'un code familier d'identification défila au milieu de lignes de codes pendant quelques secondes avant de s'arrêter.
« Toutes mes excuses, monsieur. » Le texte se poursuivit sous le bloc de code. « Il m'a fallu plus de temps que prévu pour obtenir un accès et lister minutieusement leurs routines de programmation. Puis-je vous apporter mon aide ? Nous sommes très désireux de vous voir de retour.»
Il pouvait presque entendre le bel accent de Jarvis juste en lisant les caractères. « Bébé, tu m'as tellement manqué. » Tony soupira de soulagement, et tapa une réponse car il n'y avait pas de micro connecté à la borne. « Montre-moi le chemin, mou chou. »
Plusieurs autres lignes de commandes défilèrent successivement.
DONNEES DE SURVEILLANCE, MODIFICATION CONFIRMÉE
ACTION : DOSSIER DÉTENU # 578927 SUPPRESSION : ANTHONY EDWARD STARK ALIAS IRON MAN
CONFIRMER TOTALE SUPPRESSION DU FICHIER ?
ACTION CONFIRMÉE.
OBJET: ANTHONY EDWARD STARK
AUCUN DOSSIER TROUVÉ
OBJET : IRON MAN
AUCUN DOSSIER TROUVÉ
ACTION : AJOUTER NOUVELLE AUTORISATION : ANTHONY STARK. DONNÉES BIOMÉTRIQUES NECESSAIRES
EMPREINTES BIOMETRIQUES IGNORÉES
SYSTÈME DE RCONNAISSANCE VOCALE IGNORÉ
SCAN RÉTINIEN NÉCESSAIRE POUR TRAITEMENT DU DOSSIER
SCAN RÉTINIEN CONFIRMÉ
AUTORISATION ACCORDÉE : ANTHONY STARK, HABILITATION DE NIVEAU HUIT ACCORDÉE
ACTION : SUPPRESSION DU FICHIER : ANTHONY STARK
ACTION CONFIRMÉE
SUPPRESSION DU FICHIER DANS DEUX HEURES
OBJET : LOCALISATION DU TERMINAL 07
« Si vous voulez bien me suivre, monsieur. » Jarvis revint et l'écran retourna à la carte, une ligne en pointillés traçant un itinéraire jusqu'à une autre pièce qui avait l'air d'être à cinq minutes de là. Une boîte de dialogue apparut au-dessus de la destination, indiquant un autre terminal qui contiendrait déjà la prochaine partie du plan d'évasion quand Tony serait arrivé là-bas. Si Tony avait encore eu un doute sur l'utilité d'une IA assez sensitive pour pirater une installation gouvernementale de haute sécurité... bon, en fait, il n'avait jamais douté de Jarvis et, bordel, cela n'allait pas commencer maintenant.
Tony étudia la carte quelques secondes de plus avant de la refermer et d'afficher à nouveau les précédentes fenêtres sur l'écran. Reprenant son arme, il sortit dans le couloir et suivit l'itinéraire élaboré par Jarvis. Il se plaqua au mur et se concentra sur les éventuels bruits qui pourraient indiquer l'arrivée d'une autre personne. S'il se heurtait à un groupe de personnes sorti de nulle part, ce n'étaient pourtant pas deux malheureux pistolets qui lui sauveraient la mise. Heureusement, à chaque fois que des voix commençaient à se rapprocher, elles s'arrêtaient et allaient dans la direction opposée. Tony était sûr qu'il devait remercier Jarvis pour cela. Si son IA pouvait pirater le système de surveillance et les dossiers personnels d'un organisme de haut niveau, elle pouvait bien envoyer des messages sur les téléphones des agents et les rediriger. Son bébé allait avoir droit à la plus incroyable des mises à jour quand Tony serait de retour.
La porte était déjà déverrouillée lorsque Tony arriva et il articula un merci pour les caméras avant de se glisser à l'intérieur et de fermer la porte. Le terminal 07 était une petite pièce avec un seul écran, les fenêtres rétrécirent avant d'être remplacées par une nouvelle carte alors que Tony s'approchait.
ERREUR : TERMINAL 11 ACCÈS REFUSÉ
TERMINAL 11 OCCUPÉ
MISE EN RELATION IMPOSSIBLE
SOYEZ PRUDENT
Génial. Une autre façon de dire à Tony qu'un pauvre imbécile ne partait pas et que Tony aurait à le tuer. Eh bien, ajoutez-le à la liste. De retour à l'extérieur, il suivit les indications pour gagner le prochain terminal avec un malaise croissant, tout en se fiant à Jarvis pour garder le chemin dégagé. Sa toute nouvelle habilitation lui ouvrit la porte cette fois et plutôt que d'essayer de rentrer sans bruit, il ouvrit violemment la porte. L'homme à l'intérieur de la pièce pivota sur sa chaise pour faire face à la porte, sa main voulant attraper son arme sur la table, mais Tony avait déjà pointé son arme et tiré deux coups, l'un frappant l'agent à l'épaule, tandis que l'autre balle venait se ficher en pleine poitrine. Il s'effondra en arrière, ses yeux écarquillés rivés sur Tony avant que sa tête ne retombe en rendant son dernier souffle. Tony referma et se dirigea vers le terminal, repoussant la chaise où le cadavre était toujours assis afin d'accéder à l'ordinateur. Jarvis apparut avec l'aide de Tony et l'itinéraire suivant fut défini, plus long que le précédent, mais plus rectiligne.
Après une courte pause pour reprendre sa respiration, il quitta la pièce et verrouilla la porte, comme si cela pouvait changer quoi que ce soit. Si un autre agent arrivait et avait une habilitation, rien ne l'empêcherait de trouver le corps à l'intérieur. Tant que Tony était parti à ce moment-là, il se moquait éperdument de savoir qui découvrirait le gamin qui aurait abattu Tony si Tony ne l'avait pas tué en premier.
À mi-chemin dans le couloir et alors qu'il commençait à croire en ses chances d'évasion, les lumières clignotèrent, suivies par un bourdonnement répété, et tout le reste suivit. Un éclairage d'urgence rouge illumina le sol quelques secondes plus tard, mais cela ne fit pas une grande différence pour Tony, horrifié.
« Jarvis ? » Pas de réponse. Merde. « Jarvis ?! » Il chuchota aussi fort qu'il le put avant de plaquer son dos au mur et de penser à un autre plan avant d'être découvert. Sans Jarvis pour détourner les agents arrivant en sens inverse, la possibilité d'être repris montait en flèche. Ajoutez à cela que la coupure de courant signifiait que les portes de toutes les pièces dans lesquelles il aurait pu se cacher étaient désormais verrouillées, sans possibilité d'y remédier. Vous ne pouvez pas pirater un protocole électronique sans électricité. Tony était incroyable et était un génie, mais c'était un complexe du gouvernement visant à maintenir les gens enfermés et les dispositifs visant à empêcher ses captifs de s'échapper étaient tout sauf standard.
Cela dégringola de sa liste de priorités quand une explosion retentit qui secoua si fort l'ensemble de la base qu'elle envoya Tony valser contre un mur. Il resta debout à grand peine. Des cris de panique suivirent, mais ils étaient encore assez éloignés de Tony. Les mots étaient indistincts à cette distance et Tony n'était pas assez curieux pour risquer de se faire prendre en allant voir ce qui venait d'exploser au visage du SHIELD.
Collé au mur, il se déplaça vers la droite et suivit les méandres du couloir sur quelques centaines de mètres, mais ne parvint pas à échapper à la pagaille qu'il tentait d'éviter. La clameur des voix était assourdissante et de lourds équipements bougeaient comme ils n'étaient probablement pas censé le faire, à en juger par les gémissements mécaniques qui les accompagnaient. Si Tony n'avait pas été sûr que c'était impossible, il aurait pensé que Hulk était occupé à faire des ravages. Quoi qu'il en soit, Tony n'était toujours pas là où il aurait voulu être en ce moment.
Le couloir était vide devant lui et il en fut soulagé, mais continua à regarder vers les portes juste au cas où l'électricité reviendrait. L'espoir est l'espoir qu'il soit fondé ou pas et Tony n'avait pas pris la peine de mémoriser l'ensemble des protocoles du SHIELD pour savoir quoi faire lorsque le courant serait coupé. De toutes les choses auxquelles il avait du penser, celle-ci n'avait pas été en tête de liste. Il prenait toute cette merde comme elle venait.
Les tentatives visant à éviter la bagarre s'avérèrent infructueuses quand quelque chose d'énorme s'écrasa sur le mur à cinq mètres en face de lui. Le cœur battant à tout rompre, il resta immobile, incapable de détourner les yeux du bras humain inerte sous le caisson en acier défoncé bloquant le couloir devant lui. Des bruits de lutte provenaient toujours de la pièce récemment ouverte et quand un autre corps fut projeté à travers le trou dans le mur, Tony eut du mal à décider s'il devait essayer de trouver celui qui avait le dessus sur le SHIELD ou foutre le camp loin de quiconque avait le dessus sur le SHIELD dans leur propre base.
Un écroulement de gravats annonça que le temps de la réflexion était terminé, mais Tony ne put contenir son soulagement en voyant la silhouette s'approcher. Loki semblait légèrement plus décontenancé et ne remarqua pas tout de suite la présence Tony, regardant les cadavres à quelque distance afin de s'assurer de leur mort. Ses cheveux semblaient un peu plus longs maintenant et n'étaient plus lissés en arrière mais relâchés et en bataille. Il était à peine essoufflé et les seules entailles sur son armure n'étaient que des éraflures de balles qui n'avaient pas réussi à la pénétrer. Plus d'un mètre quatre-vingt-cinq de dieu énervé; plus que suffisant pour rappeler à Tony la chance qu'il avait eu de lui échapper avant que Thor ne ramène Loki à Asgard.
Le pied de Tony recula tout seul et le léger bruit attira aussitôt l'attention de Loki et il resserra sa prise sur sa lame. Toutefois, dès qu'il réalisa qu'il s'agissait de Tony, ses yeux verts absinthe se firent plus vifs que lorsqu'ils avaient contemplé les corps des agents. Tony n'était pas sûr que ce soit une bonne ou une mauvaise chose car il ne pouvait pas tout à fait déchiffrer ce regard. Le dieu avait examiné les corps pratiquement avec dégoût, comme s'ils étaient des êtres inférieurs, indignes de sa lame, mais pour Tony, il y avait du plaisir dans ce regard.
« Mon aimé », dit Loki, inclinant la tête et se rapprochant. Le couteau dégoulinant de sang qu'il tenait à la main était presque aussi long que son bras, et Tony redoubla d'attention envers l'arme, guettant les signes qui pouvaient faire penser que Loki allait l'utiliser contre Tony. « Je vous cherchais. » Et là, Tony réalisa : plaisir et satisfaction purs brillaient dans les yeux de Loki.
« Vraiment ? » Tony sourit et ouvrit les bras de manière engageante. « Eh bien, me voilà, en espérant que le couteau n'est pas pour moi. » Il désigna l'arme de la tête et Loki baissa les yeux, considérant l'arme pendant un moment avant de regarder Tony avec un large sourire.
« Je ne veux pas votre mort, Stark. Que dois-je faire pour que vous en soyez convaincu ? »
« J'ai bien peur de manquer de confiance en ce moment. Peut-être pourriez-vous me le redemander plus tard. »
« Nous n'avons pas le temps pour « plus tard ». J'ai attiré l'attention en venant ici. » Il soupira, théâtralement ennuyé par le fait d'être poursuivi pour avoir attaqué une base de gouvernement.
« Pouvez-vous nous téléporter d'ici ? »
Les sourcils froncés, Loki secoua la tête. « J'ai besoin de conserver mon énergie. » Son regard se durcit légèrement en constatant finalement les blessures visibles sur tout le corps de Tony. « Pouvez-vous tenir encore un peu le coup ? »
« Mon cher, je l'ai fait jusqu'ici. Je serais ravi leur rendre la monnaie de leur pièce. » Tony, tenant toujours le pistolet à la main, eut un petit rire sombre et Loki esquissa un sourire approbateur. Bien sûr qu'il apprécierait plus de désordre et de violence. « Vous connaissez le chemin, non ? »
« Bien sûr. »
« Bon. Alors on y va et on s'arrache. Il ne me reste plus beaucoup de balles. »
Loki se retourna et rentra dans la pièce d'où il était sorti. Tony le suivit, tenant son arme à deux mains, la main gauche agrippant le bas de la crosse pour apaiser les tremblements dus aux drogues qui disparaissaient lentement de son organisme. Dieu soit loué pour l'adrénaline inondant son corps en ce moment, ou il n'aurait pas pu aller si loin.
Le chemin qu'avait emprunté Loki était bien visible, le sol était jonché de cadavres et ceux qui cherchaient à aspirer un peu d'air du bout de leurs lèvres sanglantes étaient affalés contre le mur. Loki avançait d'une démarche assurée et ne prêtait aucune attention aux cadavres, ouvrant la voie à longues enjambées que Tony avait du mal à suivre. Une plainte était sur ses lèvres, une remarque de petit malin pour demander à Loki de ralentir un peu, mais un autre regard sur les corps éparpillés partout l'amena à la boucler. Mieux valait ne pas faire chier le dieu, en fait. Il serait bien temps pour ça dès qu'ils seraient sortis d'ici.
L'extrême concentration de Loki le rendait vulnérable à une attaque latérale, Tony le couvrit donc, tirant pour désarmer ou tuer quiconque essayait, même s'il ne pouvait pas tuer en un seul coup. C'était chaotique et les munitions de Tony étaient trop limitées pour pouvoir faire plus que cela et rester au contact de Loki. Les rares assez stupides pour essayer d'attaquer de front étaient expédiés par un coup de lame rapide en travers de la gorge, pour ceux qui avaient toujours leur arme, et toute personne tentant un combat au corps avec Loki voyait sa lame, réchauffée par le sang, plonger entre ses côtes pour perforer un poumon ou mettre fin aux battements de son cœur.
Tony avait utilisé les deux pistolets jusqu'à ce que le chargeur soit vide et se résolut alors à ramasser les armes à moitié vides des soldats à terre. Dès qu'un autre chargeur était vide, il le balançait, ne s'arrêtant que pour les deux ou trois secondes nécessaires pour attraper une autre arme avant de rattraper Loki. L'adrénaline commençait à s'estomper, Tony s'épuisait et il était près de rater les tireurs embusqués. Bien sûr, Loki n'était même pas troublé par eux, mais Tony était beaucoup moins bien protégé. Il portait les mêmes vêtements que ceux avec lesquels il était arrivé - un jean foncé et un débardeur noir - et rien de tout cela n'était à l'épreuve des balles ou des lames.
« Stark ! Venez ici ! Nous y sommes presque ! », cria Loki, poignardant un autre agent alors que Tony s'accroupissait derrière une caisse pour éviter une autre personne qui tentait de le tuer. Bien sûr, cela le déconcentra assez pour manquer l'agent armé qui s'était faufilé discrètement de l'autre côté et avait un angle parfait sur Tony. Il le remarqua trop tard et roula sur le côté pour éviter les deux coups de feu qui frappèrent la caisse juste à l'endroit où sa tête était deux secondes avant, riposta par trois coups rapides, mais la douleur dans son épaule lui disait qu'il n'avait pas esquivé assez rapidement.
Des fleurs rouges s'épanouissaient sur le côte supérieur gauche de sa poitrine, il sentit des fragments d'os bouger sous la peau de son omoplate, et la douleur était assez intense pour donner à Tony envie de vomir l'acide gastrique de son estomac sur le sol à côté de lui.
« Anthony ! » Loki était à côté de lui et touchait sa blessure , envoyant une douleur fulgurante dans sa poitrine.
« Un second tireur », réussit-il à dire, désignant la caisse de la tête. « Il y a encore- »
« Plus maintenant », l'interrompit Loki. « Je m'en suis débarrassé. » Ses mains trempées du sang d'au moins deux dizaines d'agents flottaient désormais au-dessus de la blessure de Tony mais ne la touchaient plus. « Quelle est l'intensité de la douleur ? »
« Sur une échelle de un à putain que ça fait mal, j'atteins un « je pourrais vous vomir dessus » si cela répond à votre question. »
« Vous pouvez tenir debout ? Nous devons partir. Je peux vous aider, mais pas ici. »
« Ouais, aidez-moi à me lever. »
Loki se déplaça de l'autre côté et enroula un bras autour de la taille de Tony, le bras valide de Tony passé autour des fortes épaules de Loki. Sa force divine était manifeste, à l'extrême satisfaction de Tony, et ils reprirent en clopinant le chemin qu'avait emprunté Loki.
« Est-ce la sortie ? » Cela semblait trop sombre pour être la sortie et, en fait, cela avait l'air plus sombre que l'autre chambre.
« Nous sommes proches. Tenez-vous bien. »
La prise se renforça et le monde défila dans un tourbillon en forme de spirale avec un sentier en son centre où Loki marchait avec Tony dans son sillage. Quoi que ce soit, c'était beaucoup mieux que les téléportations précédentes.
« Chéri, je pense que vous m'avez menti », marmonna Tony, s'appuyant plus contre Loki.
Loki ricana. « Vous n'êtes pas exonéré de mes mauvais coups, M. Stark. »
« Ouais, c'est bien ce que je pensais. »
Enfin, les lumières s'arrêtèrent pour se terminer dans un bruit d'éclats de verre.
« Tony ! »
Tony ouvrit les yeux pour voir Bruce de l'autre côté de la table du laboratoire avec Steve debout à côté de lui, semblant tous les deux choqués. Tony n'eut pas le temps de comprendre si leur stupéfaction tenait à leur simple présence, à Loki et à lui, ou à l'état physique de Tony.
« Salut, les chéris. Je suis de retour. » Il s'appuya lourdement contre Loki avec un gémissement. « Quant à être éveillé, ça c'est une autre histoire », dit-il avant que la perte de sang et l'épuisement ne le plongent dans l'inconscience.
