Chapitre trois
« Qu'est ce qui bien pu vous pousser à revenir ici ? » Demanda Riddle. « Vous qui sembliez si peu à l'aise en ma compagnie, et face à l'idée de votre présence en ces lieux, la dernière fois que nous avons pu parler.
- Je ne suis pas là pour faire une thérapie » Dit Harry d'un ton raide « Je suis ici parce que vous êtes censé avoir une remarquable réputation en tant que psychiatre et criminologiste, et parce que par le passé, on vous a déjà consulté pour d'aider dans des affaires criminelles. Le Bureau des Aurors m'a prié de vous parler.
- En effet. Je suis également certain que le Bureau des Aurors vous a prié de me parler pour votre propre bien-être, plutôt que pour une autre raison.
- C'est un refus ?
- Ce n'est absolument pas le cas » Murmura Riddle. « Cependant, je me dois de vous rappeler que j'abhorre les préjugés et les jugements trop hâtifs. J'aimerais éviter, dans la mesure du possible, de me fonder sur les commérages_ sans nul doute hautement exagérés_ des médias, en ce qui concerne votre personne.
- Oh. D'accord. Bon, alors j'aurais voulu vous emmener sur une scène de crime, mais, heureusement, il n'y en a pas eu de nouvelle, récemment. »
Et il n'avait assurément aucun désir de se retrouver là-bas, de toute façon. Non, c'était pire que ça : il en avait presque l'envie, parce qu'à chaque fois qu'il se retrouvait sur une de ces scènes, il se sentait tellement bien, et les idées jaillissaient dans son esprit aussi rapidement que l'éclair.
Mais dès qu'il retournait dans sa propre conscience, il le haïssait, le regrettait, agrippait le siège de ses toilettes pour mieux vomir, même lorsqu'il n'y avait rien d'autre dans son estomac que ce qu'il fallait pour régurgiter
Il avait préparé des photos, au cas où.
« J'ai des photos, si ça peut vous aider.
- Etes-vous en train de me recruter pour faire votre travail ? » L'homme semblait amusé. « Ce n'est pas très professionnel » Est-ce que ce bâtard se moquait de lui ?!
Harry décida plutôt de sortir les images, tirées sur un papier photo brillant, hautement déterminé à ne pas y jeter un coup d'œil. Il fixa son regard sur Riddle, et pendant un long moment, le psychiatre ne fit que l'étudier en retour.
Par la suite, il prit les photos, et les parcourut, les examina, ses yeux voilés d'une sorte de fascination qui aurait pu en déranger certains. Harry supposa qu'il devait prendre un intérêt pour la psychologie des criminels.
« Alors ? » il l'interrogea, brisant ainsi un lourd silence.
Riddle, à sa grande surprise, se déplaça de manière à se retrouver à ses côtés sur le divan il y étala entre eux les photographies.
« Ce que je trouve intéressant, c'est que vous pensez avoir besoin de moi sur cette affaire, Harry. Vous savez d'ors et déjà ce que ces images cherchent à nous dire, je puis vous l'affirmer. C'est bien vous qui les avez prises, n'est-ce pas ? Au moins pour certaines d'entre elles. Vous savez quel est l'objet de son attention.
- Je suppose. Analysez ces foutus photos en ce qui le concerne, et pas pour moi. »
Riddle continua son examen.
« C'est une personne très précise, voire méticuleuse. Le crime est prémédité jusque dans ses moindres aspects, arrangé dans le but de lui octroyer un certain effet. C'est un collectionneur, comme nous le prouve les papillons épinglés sur le torse, ou si l'on se réfère à la manière dont les victimes sont elles-mêmes écartelées et épinglées contre le mur. Cela pourrait être une représentation grandeur nature du papillon épinglé sur le cœur : le papillon a pour habitude d'être pris comme symbole de la résurrection et de l'immortalité, de même qu'en tant que symbole de la métamorphose. Je pourrais approfondir le sujet et faire le lien avec des exemples emblématiques, notablement avec le roman de John Fowles, Le Collectionneur. Connaissez-vous l'histoire ?
Le type collectionne des papillons, kidnappe des filles et les séquestre dans son sous-sol. Il explore la notion de la beauté dans la liberté, et cherche à savoir si l'objet de son désir est toujours magnifique quand il est hors de son habitat naturel, épinglé. » répondit Harry, méthodiquement.
« En effet », confirma Tom, avec presque un ronronnement dans la voix. « Très bien, même. De sinistre présage, n'est-ce pas ? Je peux comprendre pourquoi vos supérieurs me vous ont envoyé. La position des victimes n'est pas sans rappeler l'Homme de Vitruve, en exemple de la forme idéale, ou même de la crucifixion et du sacrifice du saint homme par Dieu.
« Je n'avais pas capté que vous étiez un homme religieux, Riddle » Remarqua Harry, pour cacher le fait qu'il était déstabilisé... Un saint. Il n'était pas un saint, et Dieu n'avait pas corrompu Jésus, mais… Non. Voldemort se voyait bien en tant que Dieu parmi les hommes, en fait.
« Tom. Mon nom est Tom, et non, je ne le suis pas. Bien que je puisse citer Nietzsche qui avançait que l'effacement de la foi en dieu n'a en rien entamé la vivacité de l'instinct religieux, qui représente le désir humain pour la grandeur, ce en quoi nous sommes en accord.
- Nietzsche a également dit qu'il ne reconnaissait pas l'existence d'un dieu omnipotent, car il ne pouvait croire qu'un tel dieu ne soit… Lui-même. A prendre avec des pincettes, lorsque cela le concerne.
- Hmm. Voldemort est obsédé par vous, mais, encore une fois, c'est une chose dont vous avez déjà pris conscience. Vous avez délibérément évité de regarder ces photos, et connaissant la nature de votre travail, je doute que vous soyez d'une sensibilité délicate. Vous avez déjà vu tellement de scène de crimes, en quoi celle-ci se révèleraient spéciales ?
- Elles ne sont pas spéciales ! » Harry gronda furieusement, ces yeux lançant des éclairs. Comment faisait cet homme pour toujours orienter la conversation sur lui ? Pourquoi, sachant qu'il allait forcément être payé ?!
« J'aimerais juste ne pas voir de corps avant midi. Ça me retourne l'estomac.
- Soit. Je ne vois pas tout à fait clairement ce dont vous espérez bénéficier, vous et le Bureau, en venant ici me consulter sur cette affaire. Je vous reconnais largement plus expérimenté sur le sujet. »
La mâchoire d'Harry se contracta.
« Vous avez jamais entendu parler d'un point de vue différent ?
- Vous ne niez pas le comprendre ? » Riddle haussa les sourcils, et Harry se retint de l'insulter et de lui arracher les photos des mains.
« Si vous n'avez pas l'intention de m'aid-
- Je préfère accorder mon temps et mon énergie en des causes qui en ont le besoin, telle que la vôtre, et non pas la sienne
- J'ai pas besoin de votre aide. » fulmina Harry, en se remettant sur pied « Je ne suis pas fou !
- Je ne vous ais jamais accusé de l'être. » dit Ridde, calmement. « Ce n'est pas pour autant que ces scènes ne vous sont pas troublantes. Vous souhaitiez que je psycho-analyse Voldemort ? Combiner le fait que c'est là un collectionneur qui, de surcroît, possède une névrose obsessionnelle _ comme nous le prouve sa précision exacerbée, par exemple_ avec le fait que sa dernière victime était un substitut assez évident de votre personne, et je pense affirmer que je connais clairement ce qui le préoccupe actuellement. Un homme aussi minutieux aime à être maitre total de ses actions, et le Garçon qui a survécu représente exactement ce que je qualifierai comme l'une de ses actions ratées. Cela fait vous quelqu'un d'unique, pour le moment, et dans le mauvais sens du terme également. Je vous prie maintenant de répondre à une question depuis un point de vue professionnel : Où peut bien mener cette obsession, mêlée à cette passion de collectionneur, compte tenu de ce qui a été dérobé aux victimes ? »
Les doigts d'Harry s'enfoncèrent profondément dans sa paume, et le regard de Riddle demeurait fixé sur son visage. La bile reflua dans sa gorge, son sang-froid s'éparpillant petit à petit.
« Je suis la cible ultime. Je le sais déjà
- Dans ce cas, pourquoi s'embêter de chercher à l'attraper maintenant ?
- Parce que ce bâtard a l'intention de me chasser comme une bête pour mieux arracher mon cœur !
- Ce qui donnerait une ample opportunité pour vous de l'attraper, j'en suis certain, en partant du principe que vous - ne mourrez pas le premier. Vous n'avez pas besoin, vous, de le chasser s'il est celui qui vient à vous. Tout de même, vous semblez oublier un point important_ la métamorphose.
- Je- Quoi ? Chaque détail ou connexion à un sujet sur une scène de crime n'est pas forcément pertinent-…
- Ce l'est évidemment pour lui. Vous le savez. Minutieux, n'est-il pas ? Tout est planifié, chaque possibilité est explorée »
Cela devenait trop dangereux, trop profond, et Harry s'écarta, mal à l'aise. Il ne pouvait croire que cela avait été une bonne idée_ peu importe qu'il ait été envoyé de force pour faire affaire avec Riddle, et que cela agisse comme un moyen pour le faire consulter, étant donné qu'il n'était pas dans un état qui lui permettait de s'impliquer activement sur le terrain- Il…
« Un changement de cœur, Harry. Il vole des cœurs. L'obsession. Presque romantique s'il ne tuait pas pour attirer votre attention. »
Harry s'arrêta, son malaise disparut. Ok. C'était différent de ce à quoi il s'était attendu, cela n'avait aucun rapport avec le fait qu'il voulait le faire passer du mauvais côté de la Loi pour le transformer en monstre à son image. Bien sûr, cela avait été irrationnel d'imaginer que Riddle puisse faire les liens privé de la totalité des éléments, il s'était embêté pour rien, mais Riddle avait tout de même réussi à paraître étrangement omniscient sur certains aspects…
Mon dieu, il avait besoin de prendre l'air, et il rit un peu hystériquement.
« C'est votre diagnostique, docteur ? L'homme est amoureux de moi ? Non. Comment ça se fait que je sois celui en thérapie, si c'est ça, votre conclusion ?
- Vous vous égarez, Harry, cela en devient impoli.
- Mais, enfin, voilà, quoi. Sérieusement ? Ok, il a sûrement une certaine forme d'attachement pour ses victimes, mais ce n'est absolument pas dans ce sens-là. Il les dévore, il dévore leur peurs et leurs espoirs, leur concrétisation de la mort, lui qui en est tellement effray-… » Il se stoppa. Riddle leva ses sourcils.
« Une fois de plus, pour quelle raison me consultez-vous si vous êtes l'expert ? »
Harry en était arrivé au point mort, et il bafouilla :
« Ce grand baratin, c'était juste pour me provoquer et prouver que vous aviez raison ? » il demanda, atterré. « Vous êtes vraiment un putain d'horrible psychiatre
- Toujours aussi impoli… » Ses mots étaient très délicats, mais quelque chose en eux interpella Harry, comme s'il y avait un aspect qui lui échappait. Riddle s'était levé et lui faisait face.
L'ambiance était électrique, presque un danger, mais-non, c'était parti, il n'y avait rien…
« Désolé mais vous ne pouvez nier que vos méthodes sont peu conventionnelles. Vous cherchez quoi, à me donner une crise de nerfs ?!
Il est plus facile de reconstruire un édifice déjà démoli, parfois, et d'essayer puis de réparer les fissures de sa base.
Harry fronça les sourcils.
« Qu'est-ce que vous essayez de me dire ? » dit-il sur un ton hostile.
« Pour tomber dans le cliché, le premier pas vers une guérison est l'acceptance » Riddle énonça simplement.
« Je n'ai aucun problème !
- Dès lors, pourquoi êtes-vous insomniaque ?
- Quoi ?
- L'insomnie a tendance à être signe qu'une personne est largement préoccupée par quelque chose, dans sa vie. Vous portez visiblement un glamour autour de vos yeux, ce qui suggère de votre part une tentative pour détourner l'attention de ces cernes assez impressionnants.
- Mon job est de chasser le serial killer. Quelques cauchemars suivis de nuits blanches de temps en temps ne signifie pas que j'ai besoin d'une thérapie » Protesta Harry.
« Non, mais le fait que vous ne puissiez accomplir votre travaille et que vous ne pouvez-vous résoudre à regarder les photos de ces anciennes scènes de crimes est assez révélateur. » Murmura Riddle « Ajouté au fait que vous vous trouvez en ces lieux.
- Par un intérêt purement professionnel. Mon supérieur m'a prié de vous consulter en ce qui concerne cette affaire.
- En effet, mais je doute que l'objectif principal était de me faire psychanalyser ce meurtrier. Ils possèdent déjà le Garçon qui a survécu pour ça, mon travail consiste donc à vous remettre sur pied, apte à exercer votre devoir, et de vous faire demeurer ainsi jusqu'à ce que Voldemort soit attrapé.
- Vous êtes quelqu'un de très flou pour un psychiatre » Marmonna Harry « Vous n'étiez pas supposé prétendre que ça n'était qu'une conversation amicale ?
- Ce serait une insulte à votre intelligence. Comme je l'ai dit lors de notre première session, je suis ici pour vous aider à résoudre vos propres problèmes. Ce n'est qu'une simple obligation pour vous, en ce moment, vous feignez une attitude confiante alors que ce n'est pas le cas. Il est flagrant que vous ne vous sentez pas à l'aise dans votre état actuel, ainsi je dois admettre que votre reluctance attise ma curiosité. Je présume que vous êtes pleinement conscient que mon travaille exige un serment de confidentialité ?
- Si je ne vous veux pas dans ma tête, je ne vais certainement pas répondre à cette question, n'est-ce pas ? » Il rétorqua
Riddle lui sourit.
« Je suppose que non. Vous pouvez vous relaxer, Harry, vous êtes en sécurité avec moi.
- Vous devriez peut-être retourner dans vos bouquins sur le sujet, parce que je ne suis absolument pas inquiet, ou quoique ce soit.
- Vous pensez que je ne saurai supporter cette noirceur qui se trouve dans votre tête ? Peut-être que vous pourriez me permettre d'en juger avant de vous renfermer ainsi ? » Suggéra Riddle.
Harry secoua seulement sa tête.
« Allez chercher un autre projet et un autre petit moineau brisé à réparer. Je n'en vois pas l'utilité. » Dit Harry, promptement, avant de se détourner. « Je vous remercie, Docteur Riddle
- Et bien, si j'ai la courtoisie de respecter votre intelligence, peut-être pourriez-vous vous laisser le bénéfice du doute quant à ce qui concerne la mienne. Je ne vous aurais jamais qualifié de petit moineau brisé. »
Harry s'arrêta de marcher juste devant la porte.
« Et comment vous me qualifieriez, alors ? » Il demanda.
- Un ratel. Ce blaireau qu'on peut observer sur le continent africain. Il apparaît comme un animal mignon, relativement sans défense, que l'on pourrait ramener chez soi. Comme une proie. En réalité, un ratel est particulièrement fort, vicieux lorsqu'il est attaqué, et capable de se sustenter d'une proie qui lui est d'une dimension largement supérieure. »
Harry le regarda, mal à l'aise encore une fois, et Riddle lui offrit un petit sourire.
« Je vous attendrai demain, Harry. Nous pourrons déjeuner ensemble. »
Rufus Scrimgeour ne savait pas quoi penser de l'état actuel du Bureau des Aurors.
C'était très différent de ce à quoi il avait été habitué, de sa tradition, en raison de ces infiltrations imprégnés des techniques moldues. Ce n'était pas comme si elles n'étaient pas utiles, mais tout de même.
Leur plus grand atout, digne de confiance, était avant tout Harry Potter.
Il s'était emparé du garçon dès sa sortie de Poudlard, en dépit de l'avertissement de Dumbledore, qui disait qu'Harry ne devait pas être aussi impliqué dans l'affaire Voldemort, ce qu'il ne parvenait pas à comprendre.
Tout ce qu'il savait était que le garçon était brillant pour établir des liens, et en particulier dans les affaires qui concernaient Voldemort. C'était d'un naturel, chez lui ! Bien sûr, avec le temps, il avait remarqué que des problèmes de santé avaient commencés à apparaître, rien qu'avec la façon dont Harry avait de se figer au milieu des scènes de crime, les yeux vitreux alors qu'il déambulait dans la pièce d'une allure très différente de la sienne habituelle. C'était d'une manière plus confiante, plus élégante- de cette sorte d'élégance et de grâce qui ne se percevait que lorsque Potter se trouvait sur son balai.
C'était assez déconcertant à voir, il fallait l'admettre, et dangereux de relâcher l'équipe avant de recevoir son accord. Lorsqu'il était prêt, il devenait blême, jetait un coup d'œil sur ses mains et les examinait comme-ci il était à la rechercher de quelque chose d'autre puis il débitait ses observations, les motivations, l'histoire de cette scène, les symboles et les interprétations possibles, tout ça dans un souffle erratique.
Et alors, il s'éloignait.
Au début, cela marchait bien, mais désormais… Il ne savait pas vraiment ce que c'était, bien qu'Harry ait déjà pris la peine de lui articuler « Vous ne pouvez pas comprendre que c'est d'être dans sa tête », mais maintenant… Maintenant l'Auror refusait catégoriquement de poser le pied sur une scène de crime.
Robards avait déjà vu le garçon passer une heure et demi laver ses mains d'un air absent, les frottant jusqu'à ce que la peau devienne rouge et écorchée.
Harry Potter était en train de se briser, même s'il ne pouvait l'admettre lui-même. Il passait de longues heures silencieuses à rôder sur les scènes de crime avant d'en parler, et il avait l'écrasante certitude que l'autre gardait certaines de ses informations pour lui seul.
Ce n'était pas comme s'ils manquaient d'autres Aurors talentueux sur le dossier… Harry Potter était juste ce qu'il y avait de mieux. Il le faisait en une demi-heure, dans ses coups de génies qui jaillissaient comme à l'évidence.
C'était pourquoi il l'avait assigné à Riddle. Cet homme avait un long parcours derrière lui, et une prestigieuse renommée. S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait soigner Potter, cela ne pouvait qu'être lui.
De plus, il était sûr que ce docteur pouvait également apporter une grande aide de par ses observations, si Potter refusait de coopérer.
Il ne savait pas exactement ce qui ne tournait pas rond chez ce garçon, mais il y avait bien quelque chose, quelque chose de sombre qu'il préférait ignorer au nom de la justice et du bien-être commun, en ces temps de terreur et de crimes.
Tout allait bien se passer.
Tout dépendait de la gravité avec laquelle Harry était endommagé, quand tout aura été dit.
Tom était plutôt enchanté de la tournure qu'avait pris sa journée, finalement.
Harry était revenu. Il le savait bien.
En premier, il gagnerait la confiance du garçon, et alors il planterait ses propres graines. Il posséderait son cœur et son esprit, et son âme dans son entièreté_ ils étaient légitimement siens, après tout.
Sa propriété. Son Horcruxe.
C'était une honte, quelque part : Harry aurait fait une victime magnifique, mais, hélas, il avait besoin d'être protégé.
Et, lorsqu'il serait sien et à son image, alors il pourrait compléter la transformation.
Son assistant, son compagnon de meurtre, quelqu'un à qui parler, avec qui jubiler. Voilà qui était fort désirable.
Un partenaire de crime, dans le sens le plus littérale du terme.
Et, si cela ne marchait pas, et bien c'était adorable de jouer avec le psychisme d'Harry.
Il avait longtemps débattu sur le menu du déjeuner du lendemain, et sur ses futures actions, alors qu'il marchait dans la rue en direction de l'épicerie.
Quelque chose de léger, du poisson peut-être, avec un vin blanc et fruité.
De la venaison. La venaison était une bonne idée. Il achèterait de la venaison, délicieuse, succulente. Cela allait être de la venaison.
Il avait toujours pris plaisir à cuisiner. Pendant que la plupart de ses contemporains bénéficiaient d'un elfe de maison pour les substituer à cette tâche, il avait réalisé que ses goûts étaient… Plus particulier que ça. Par ailleurs, c'était une activité relaxante, et il aimait le contrôle total qu'il avait envers la nourriture.
Il était très précautionneux par rapport à ce qu'il admettait à côté de lui et dans son entourage.
Tout le monde n'était pas digne de sa présence, et tous ceux qui se refusaient à fléchir et à lui montrer le respect associé à un sorcier de sa puissance, de son intelligence et de son calibre, n'en étaient pas dignes.
Et que choisir comme accompagnement de la venaison ?
Des pommes de terre, dans une sauce crémeuse ?
Splendide.
Ou peut-être était-ce trop formel ?
Il aimait la venaison, néanmoins, et il ne souhaitait pas revenir sur le sujet, comme un être dénué de goût.
Peut-être devait-il réserver la venaison pour le diner et préparer un ensemble de hors-d'œuvres.
Il espérait qu'Harry allait ramener plus de photos encore. Cela avait été tellement excitant de voir ses meurtres à travers la perspective d'Harry.
Il était agréable de savoir que son travail était apprécié.
Note de l'auteur : Alors oui, le début est similaire avec DWD, mais je pense que les principales différences se verront plus tard dans les deux scénarios ? Ils vont s'orienter dans des directions et des interprétations différentes, et, um, ouai, je ne sais pas ce que je fais de a vie. Je vais probablement me rater dans la réalité. Tom devrait me donner une thérapie ) En fait, non, il ne devrait pas, ça serait trop troublant, néanmoins…
Je suis à fond sur « Hannibal », le premier épisode qui est passé sur NBS il y a deux jours de cela. Ça explique tout. Un épisode est je suis obsédée. C'est pas bon. Mais si vous n'êtes pas trop sensible/facilement traumatisé_ regardez ça ! C'EST BRILLANT !
Note de la traductrice: Oh, merci chers lecteurs, ça fait plaisir de voir autant de soutien ! J'ai même rattrapé mon retard de... Une heure, pour vous.
Alors on m'a fait remarquer que l'histoire possédait un style assez spécial... Indépendamment de celui de l'auteur, il y a le mien (j'écris en parallèle), qui est, on me l'a souvent répété, très particulier. J'essais de m'effacer au maximum, mais le naturel revient toujours au galop. C'est une challenge pour moi, de traduire le style, les pensées d'une autre personne, et je dois dire que ça me plais. On verra bien où ça mènera !
Oh, et il y a quelques minutes vient d'être sorti le chapitre 34... Vous en êtes encore loin, malheureusement pour vous, mais je me jette dessus à votre place ! Votre tour viendra, en français cette fois-ci, si vous avez la patience d'attendre un chapitre par semaine...
J'ai peut-être l'intention de traduire d'autres histoires de The Fictionist, car c'est une auteur qui travaille beaucoup dans le Tom/Harry, pas toujours en slash, mais qui explore toutes les facettes d'une relation humaine et dans des contextes différents, avec des influences telles que la Belle et la Bête dans sa dernière histoire, par exemple. Dans cette optique, je vais peut-être créer un sondage pour voir l'histoire qui vous plairait le plus.
Et finalement, je suis désolée s'il y a des fautes, il est tard et j'ai la flemme de me relire. Oui, je suis flemmarde.
A la semaine prochaine !
