Chapitre sept

Tom sentait qu'une sorte d'espoir mitigé était en train de se construire dans sa poitrine alors qu'il remontait la rue en direction de la maison d'Harry, à Islington.

Si Harry l'invitait, maintenant, alors il pourrait aller et venir à sa guise en dépit des barrières de protections magiques de la maison, ce qui était indéniablement une perspective assez plaisante.

Au lieu de cela, il fut déçu lorsqu'Harry s'arrêta, juste au niveau de la porte d'entrée, pour se tourner vers lui.

« On se fera un dîner un autre jour, ou quelque chose comme ça » Dit le garçon.

« Je peux te cuisiner quelque chose maintenant » Il rétorqua, en arquant ses sourcils. « Ça ne me gêne pas. Ou bien peut être que tu ne me fais pas assez confiance pour rentrer dans ta maison ? »

Harry hésita, avant de lui donner un haussement d'épaule gêné.

« C'est pas comme si je faisais assez confiance à qui que ce soit pour rentrer dans ma maison. Ça n'amène jamais rien de bon. Peut-être une autre fois. »

Il hocha la tête- ce serait trop suspect s'il insistait sur ce sujet- et il offrit à Harry un autre sourire.

« Une autre fois » il consentit aimablement « Et ne t'inquiète pas, je comprends tout à fait. Si Voldemort m'avait pris pour cible, je ferais également attention au moindre détail concernant ma sécurité. »

Harry lui donna un pâle sourire en réponse.

L'attrait de l'idée d'un kidnapping, qui était apparu alors que le garçon était encore en train de dormir, ne fit que s'accroître dans sa poitrine, bien qu'il fit attention à ne pas révéler la nature de ses pensées sur son visage.

Il devait se focaliser sur la satisfaction à long terme ; sur le problème de la liberté du papillon. Il pouvait prendre Harry, mais alors il ne serait jamais capable d'observer ce que l'autre pourrait devenir en pleine nature, avec un coup de pouce.

Non, il réprima son envie, laissa sa baguette glisser de sa main dans sa poche alors qu'il donna une tape sur l'épaule d'Harry, tandis que celui-ci acquiesça en marmonnant.

« Tu as mon numéro si tu as besoin de moi. » Dit-il.

« Je n'aurais pas besoin de vous. » Harry répondit ; cet entêtement contre les psychiatres qui se manifestaient encore et toujours.

Il lui donna simplement un autre sourire indulgent, car il savait que cela n'allait pas stagner comme cela pour toujours. Harry aurait besoin de lui avant la fin, il allait s'en assurer.

« Juste au cas où » il répartit. « Bonne nuit

- Ouai, b'nuit. »

Harry ne fit aucun mouvement pour rentrer dans sa maison, et il cligna des yeux.

« Comment ? Souhaites-tu que je parte en premier ? L'absence du numéro « 12 » de ta maison ne passe pas aussi inaperçu que tu l'aurais désiré.

- Pourquoi est-ce que vous n'êtes pas encore partis ?

- Un dangereux meurtrier est à ta poursuite, et toute sorte de monstres rôdent dans les ténèbres des rues. J'ai dit que j'allais te ramener chez toi en toute sécurité, je ne fais que tenir parole. »

Harry renifla.

« Et alors, je ne suis plus le ratel, je suis redevenu le fragile petit moineau blessé ? Je peux prendre soin de moi » Le garçon déclara farouchement, le menton relevé dans un acte de défi qui lui devenait petit à petit familier.

Ses doigts se crispèrent dans ses poches, dans l'envie d'estomper cette expression sur ce visage, ou peut-être de la capturer, il ne savait pas. Pendant une seconde, il fantasma sur l'expression de surprise et de choc sur le visage d'Harry si jamais il agissait sur une impulsion.

La prochaine fois, il ne serait certainement pas assez gentil pour le réveiller si tôt.

« Etre indépendant n'est pas synonyme de n'avoir personne sur qui compter. Répondit-il.

Harry fronça les sourcils face à ce commentaire tandis qu'il tira sur sa veste pour mieux s'y envelopper contre la fraicheur de la rue.

« Et vous pensez que vous êtes quelqu'un sur qui je peux compter ? On se connaît à peine. »

Oh, si seulement il savait…

« Je pense être une personne sur laquelle tu puisses te reposer e te hisser hors de portée des ténèbres lorsque ces choses que tu vois et perçois t'immergent entièrement » dit-il « Je ne suis pas l'un de tes amis, et de ce fait, je ne peux être accablé par ce poids, et tu n'as pas à t'en inquiéter. De plus, en raison de mon mode de vie, j'ai une bonne compréhension de ce par quoi tu es entrain de traverser.

- Je pense pas qu'étudier la criminologie et la psychologie, et occasionnellement visiter des scènes de crimes, puisse être comparé a être littéralement plongé dans la tête d'un meurtrier, et à être forcé de ressentir son sadisme d'un point de vue interne » Harry murmura, la mâchoire serrée.

Il répondit par un « hmm », et retint un sourire narquois.

« Peut-être que non, mais je doute que tu ais l'intention d'utiliser Voldemort en tant que soutien ? »

Harry rigola et sembla se relaxer un peu. La tension s'affaiblit dans ses épaules, et il secoua la tête.

« Probablement pas. Il préférerait me voir tomber que de me donner un coup de main… Ou du moins, une main qui pourrait m'aider, ce qui n'inclut pas m'aider à devenir une autre version de lui-même. »

Son regard redevint hanté.

« Tu penses que c'est là le désir de Voldemort ? Te corrompre ?

- Je sais pas. Mais les papillons sont signe de métamorphose, pas vrai ? Vous l'avez dit vous-même.'

Il resta silencieux un moment, et il ne savait pas si Harry réalisa la façon dont il estimait ces exquis yeux verts, tellement expressifs. Il se demanda de quelle manière Harry le regarderait s'il savait qui il était, s'il était lentement en train de se vider de son sang dans ses bras- pale, lèvres entrouvertes par des souffles frémissants, se débattant dans ses bras comme un papillon le ferait pour éviter d'être épinglé.

« Ce problème peut être relégué à un autre jour, ou du moins jusqu'à que tu auras un peu de repos, » Il ajouta- mais si ce n'était pas là le réconfort que cherchait Harry.

Harry hocha la tête avant de lui tourner le dos.


Barty Croupton Junior était caché près du 12, Place Grimmauld.

Cela lui avait pris un temps, mais il avait finalement été capable de le localiser. Il ne pouvait pas rentrer, malheureusement, en raison du Fidelitas, et il aurait déjà attaqué si Potter avait été seul.

Ce n'était pas comme si il avait des scrupules à impliquer d'autres personnes, mais il ne souhaitait pas faire quoi que ce soit qui pourrait mettre son Lord en colère. Lord Voldemort : quel pseudonyme incroyable. Le vol de la Mort, c'était juste tellement pertinent.

Mais il y avait d'autres raisons pour lesquelles il n'attaquait pas tête baissée dans le but de s'approprier le cœur de l'Auror- il avait déjà attiré l'attention de Voldemort, et de plus, cela serait impoli d'usurper la victime de son Lord, ou du moins il devait s'en assurer avant.

D'un autre côté, si Voldemort n'avait pas réussi à tuer le garçon, peut être qu'il pouvait le faire lui-même, pour le servir et l'aider. Comme un apprenti.

C'était certain que Voldemort ferait un bien meilleur père que le sien.

Il observa Potter et un type plus âgé, peut être en fin de la vingtaine ou au début de sa trentaine, discuter de quelque chose, tout en essayant de se rappeler de-Riddle, c'est ça ? Le psychiatre.

Il se demanda ce que le bâtard pourrait dire de son état de santé mental, et de l'effet des Détraqueurs sur son esprit.

C'était un tel bazar.

Mais il avait déjà construit son plan, et à la seconde où Harry Potter serait seul et vulnérable, cela lui faciliterait amplement la tâche.

Il ne l'attraperait jamais ; un homme mort n'était pas sur les radars du Ministère.

Il contempla les deux hommes disparaître, et médita sur l'usage possible de Riddle en tant qu'appât.

Il y avait tant de conflits, mais il savait qu'il voulait voir cet indigne morveux souffrir pour avoir insulté son Lord de la Mort.

C'était juste une question de temps.

Il recula, fit tomber un insecte de son bras avant de disparaître dans une « Crack ».


Harry fut réveillé par le son d'un hibou qui tapait contre sa fenêtre, à qui il lui jeta un regard meurtrier. Il ouvrit la fenêtre d'un mouvement du poignet.

Il était trempé des pieds à la tête par un sueur glacée, tandis que les crimes se rejouaient dans sa tête encore et encore.

Ecarlate. Les yeux morts. La joie au creux de son ventre.

Il se frotta le visage et roula hors de son lit alors que Coquecigrue vint dans sa direction, bien trop excité pour une mâtiné aussi jeune- quelle heure était-il, d'ailleurs ?

Sa langue était de coton, avec la saveur métallique caractéristique du sommeil, qui fut difficile, et ses cheveux était plaqués contre son front.

Il prit Coquecigrue dans sa main_ le hibou gigotait toujours autant, et il sentit un coup au tripes lorsqu'il se rappela que Ron l'avait reçu de Sirius- afin d'être capable de récupérer la lettre.

Tu dois jeter un coup d'œil à la Gazette. Maintenant.

Désolé.

Il y avait une copie attachée, probablement ensorcelé afin d'être moins lourde pour que Coquecigrue soit en mesure de la porter, et il l'attrapa. Pendant une seconde, tout ce qu'il fut capable de faire fut de fixer, complètement paralysé, et sa bouche s'assécha.

Putain !

Il sortit comme une tornade en furie en moins de quinze minutes.


Tom s'assit à sa table pour prendre son petit déjeuner, et mangea avec mesure avant de de partir rencontrer son premier client de la journée, quand la Gazette du Sorcier fut larguée à côté de lui.

Son expression était neutre, bien que le couteau tournoya dans sa main, et il poignarda ses saucisses un peu trop vicieusement pour maintenir l'image d'un calme parfait.

Quelle impolitesse. Une très, très grand impolitesse.

« Une corruption potentielle » « Harry Potter doute de lui-même » « un célèbre psychiatre plaide le meurtre » « Que fait Tom Riddle dans la maison d'Harry Potter ? » « Le Garçon qui a survécu a-t-il finalement craqué ? »

Rita Skeeter.

Bien sûr.

Il aurait dû le deviner depuis le départ

Alors que la Gazette du Sorcier n'était pas un tabloïde dans les termes officiels, les articles vulgaires, désagréables et très souvent à sensation de Skeeter était à peine considérable pour un journal décent.

Il se demanda comment Harry allait réagir. Cela n'allait sûrement rien ajouter de bon à la réputation du Golden Boy.

Bien sûr, c'était inacceptable qu'elle puisse le diffamer et l'impliquer dans un un scandale pernicieux,… Mais que pouvait-il y faire ?

Il ne savait pas pourquoi tant de personnes insistait à se montrer tellement impolis autour de lui depuis un certain moment. C'était plutôt irritant. C'était à de telle période qu'il pensait que devenir un Dark Lord aurait peut être été préférable, personne n'aurait même osé prononcer son nom, ou même parler de lui de quelque manière que ce soit.

Ils auraient tremblé à ses pieds, y seraient restés.

Il n'y avait pas eut aucune annulation jusqu'à présent ; bien évidemment que non, ses clients étaient trop dépendants de son aide et de son expertise, mais sa liste d'attente avait rétréci.

Il ne pouvait pas dire qu'il appréciait d'en être privé d'une telle manière.

La véritable question demeurait : comment avait-elle découvert ça ?

Il ne l'avait pas vu près de la maison d'Harry, là où la conversation avait pris place. Avait-elle mis le lieu sur écoute ? Il savait qu'il aurait dû mettre plus de barrières en place, mais à ce moment là, cela aurait paru suspect dans une rue majoritairement Moldue, et leur conversation avait été inoffensive.

Calomnies.

Encore une autre personne avait calomnié sa sagesse et sa gloire.

Ses lèvre se serrèrent et il replia son journal.

Bien sûr, il ne pouvait pas l'attaquer directement, pas dans la manière dont il désirait le faire. Cela soulèverait des questions que le pourquoi du comment Voldemort le défendrais- bien que cela pourrait être un mouvement de défense pour Harry- mais en raison de certaines connections avec Harry, ce dernier serait toujours conscient de sa propre rage personnelle.

Ses barrières d'Occlumencie étaient normalement impeccables et imperturbables, même face aux intrusions externes les plus violentes… Mais il y avait quelque chose avec le meurtre, une douce extasie, qui baissait ses barrière le temps d'une fraction de seconde, pour que ses émotions puissent persister sur la scène de crime comme le graffiti d'un artiste pour signature- juste pour Harry.

Peut être parce que c'était son temps à lui de liberté et de pouvoir, et se sentir tellement contraint dans sa délivrance pouvait ruiner l'expérience.

Et pourtant, il n'allait pas pouvoir la laisser s'en tirer comme ça, n'est ce pas ? Il avait quelques idées, mais-…

Il se dirigea vers on bureau, et à peine avait-il fait quelques pas qu'une main l'étrangla et qu'une baguette s'enfonça dans son abdomen.

Il rencontra une paire livide d'yeux vert émeraude.

Merveilleux. Tout simplement merveilleux.


Note de l'auteur : Alors, hmm, ouai, j'espère que vous avez aimé ce chapitre.

Et qu'est ce que je peux dire, Freddie Lounds et Rita Skeeter ? Parfait ! Et maintenant vous savez qui est l'imitateur. Ou pas ? Muhahaha.