17.

S'étant basé sur les rapports d'observations des rares survivants ou prisonniers récupérés en divers lieu, Albator se dirigeait en suivant le plan que Toshiro lui avait préparé à l'arraché.

- Quelles certitudes peux-tu me donner, Toshy ? Si tu en as ? grinça-t-il dans son oreillette.

- Que tu un alevin dans la nasse et que tu ne vas pas t'en sortir, grinça en retour le Grand Ordinateur de l'Arcadia.

- Est-ce que je me dirige au moins vers le Centre Hospitalier de ce Voilier ? insista Albator qui n'en menait pas large au fond de lui !

- De façon logique, oui. Mais ce Fantôme est loin de raisonner comme quelqu'un de censé sinon il y aurait longtemps que ses tactiques et préparatifs auraient été éventés et qu'il aurait mordu la poussière !

- Merci de me seriner des évidences…

- Son Centre Hospitalier doit pourtant bel et bien se trouver au cœur de son Voilier, reprit plus doucement Toshiro. L'endroit le plus protégé et le plus sûr du cuirassé, avec sa passerelle et ses propres appartements. De toute façon, tu te diriges vers un de ces échos « différents » que tu as repéré sur notre grand écran.

- J'y suis presque. Aucun ennemi en vue et eux ne peuvent pas me voir.

- Ils te font une haie d'honneur, ou plutôt de malheur, commenta Toshiro avant de mettre fin à la communication avant que l'infime grésillement ne soit identifié.


Joal Hurmonde s'était mis en rapport avec l'Arcadia, mais n'y avait pas trouvé son capitaine.

- De quoi ? Qu'est-ce qui l'a fait céder à cette folie ?

- Nous avons relevé des échos très faibles sur le Mégalodon, dispersés mais disposés de façon régulière, comme dans des cellules. Enfin un seul séparé des autres, dans ce que nous considérons être le Centre Hospitalier. Et pour un Fantôme qui n'a jamais pris soins de blessés, celui-là doit être singulièrement précieux ! Et du peu que j'ai réussi à extraire des mémoires médicales avant que je ne sois éjecté du système, la date d'admission de ce patient est celle à laquelle le Pharaon a disparu corps et biens.

- Ne me dis pas que ce fou furieux a pensé à… ?

- Bien sûr que si, général Hurmonde ! En dépit de sa résignation apparente, il n'a jamais…

- Une évidence, en effet. Je n'ai plus qu'à préparer la nécrologie de ce cinglé !


Alguérande se redressa dans son fauteuil, une couverture tirée jusqu'à sa taille – chambre médicalisée mais qui ne davantage d'une sorte de studio dépourvu de gardes affectés à sa surveillance ! - quand son père coupa son bouclier d'invisibilité.

- Là, tu es bon pour avoir tous les Pirates du Fantôme sur le dos dans moins de deux minutes ! Va-t'en immédiatement !

- Tu ne crois pas que c'est un peu tard pour ça ? Oh Algie, je n'ai pas voulu y croire, et pourtant tu es bien là ! Tu es vivant et en un seul morceau ! jeta Albator en se précipitant sur lui pour l'étreindre. Je vais finir par croire aux miracles ! Dire que tout le monde t'avait enterré virtuellement !

- Ce n'est pas faux, marmonna le jeune homme. En étant le prisonnier du Fantôme, je n'ai plus aucun avenir…

- Ne raconte pas n'importe quoi, siffla le grand Pirate balafré. Je suis venu te chercher et comme tu l'as souligné, chaque seconde compte. Mon bouclier peut te camoufler au moins une partie du trajet. Tu partiras avec la navette pendant que Toshiro m'en enverra une autre et que j'userai seul du bouclier de…

- Gander est à moitié démonté, et j'ai encore six membres d'équipage qui…

- Non, c'est impossible. Je ne pensais même pas te retrouver, alors eux il ne faut pas rêver, on ne peut pas leur faire quitter les lieux. Et puis, il faut que tu reviennes, tu dois revoir Alveyron avant que le pire ne se produise !

- Alveyron ! ? Qu'est-il arrivé à mon petit garçon ?

- Je t'expliquerai. Lève-toi, nous filons ! Pas possible de discourir et de résister ainsi, tu es pire que moi ! Debout !

Le jeune homme s'assombrit, les poings serrans le plaid sur ses genoux.

- Je ne peux pas, papa. Mes jambes sont paralysées, je ne sais plus marcher !

- Et moi je résumerais tout cela en une réunion de famille impromptue, gloussa le capitaine du Mégalodon alors que les portes de la chambre du studio sans surveillance – au vu de l'impossibilité physique d'Alguérande à effectuer le plus petit déplacement sans aide - s'ouvraient sur lui et plusieurs membres de sa Garde d'Elite.

- Mais qui êtes-vous ? ! aboya Albator en le braquant de son cosmogun.

- Anténor. Il n'est que temps que tu fasses ma connaissance, papa ! siffla le Pirate au masque d'argent.