22.
Albator tressaillit, redoutant les infos que la Doc Oglèze pouvait lui donner à la sortie de la salle de soins du Mégalodon.
- Alguérande ?
- Je ne sais pas ce que cet Arachné lui a fait, mais son venin en se répandant dans le sang de ce jeune homme a rendu la vie à ses jambes !
- Algie peut marcher ?
- Pas tout de suite. Il va avoir besoin d'une brève phase rééducation. Mais, oui, il est sauf. Je ne comprends, cela ne correspond à rien de ce que j'ai pu apprendre en médecine !
- Ce sont les talents particuliers, mais je doute que tu sois programmée pour comprendre, sans vouloir te vexer, remarqua le grand Pirate balafré.
- J'ai à accepter les sursauts de mes patients, leurs incompréhensions et même injustes reproches. Je suis une Mécanoïde médecin, je n'ai à être que compassion pour ceux dont à j'ai à prendre soin. Je ne sais pas si c'est dans mes fichiers, ou le fait que depuis plus d'un siècle j'accomplis ma tâche !
- Les deux. Vos programmes d'apprentissages sont phénoménaux ces derniers siècles les Mécanoïde, intervint Alguérande, toujours assis sur la table d'examens où son père venait de le rejoindre.
Le jeune homme fronça les sourcils, portant machinalement la main à son dos nu qui ne portait plus la moindre trace de blessure.
- Arandyll m'a guéri, pourquoi ?
- Arandyll est l'un de nous, pur et maléfique à la base, ayant prêté allégeance à celui qui lui avait sauvé la vie – le premier être qu'il ait vu quand ses yeux de billes ont cillé. Mais il a toujours pu choisir, et hier il a décidé de t'aider Alguérande, expliqua Léllanya en apparaissant.
- Arrête de surgir sans prévenir, sursauta Albator. Pas possible, ces fans du surnaturel, on va tous finir par avoir une attaque ! Léllanya, est-ce qu'Algie… ?
Elle sourit.
- Je pense que cette Doc Oglèze a déjà répondu à toutes les questions. Avec un peu de temps, Algie va retrouver toute sa mobilité !
Alguérande se redressa sur la civière censée le ramener à son lit pour sa convalescence, les soins et la rééducation à venir.
- Alveyron n'a pas de temps… Je dois aider mon petit garçon… Mais je n'ai jamais eu aucun talent de guérisseur, aucun de nous… Léllanya, ramène-moi auprès de mon petit. Si je ne peux rien faire, que je sois enfin là…
- Je peux faire mieux, glissa Guylette, la jeune araignée en sautant sur les draps auprès du jeune homme, crachant une gélule translucide.
- C'est quoi, ça ?
- Une gélule de mon propre venin.
- Je ne vais pas tuer mon fils ! se révolta Alguérande.
- Mon grand papa t'a guéri en t'injectant son venin au plus profond, rappela Guylette. Cette gélule, elle va sauver le petit. Une petite gélule pour un petit garçon. Emporte-là ! C'est notre cadeau.
- Je ne sais pas… souffla Alguérande, de façon compréhensible suspicieux du « remède ».
Et, machinalement, il reposa la gélule sur la table la plus proche.
- Je ne donnerai jamais cela à mon bébé !
Alguérande la reprit néanmoins et la fit tourner entre ses doigts.
- Arandyll a sauvé mes jambes. Si ça peut aider mon tout petit… Il ne lui reste d'ailleurs aucune autre une chance…
- Alguérande, toi qui es issu depuis tant de temps de talents particuliers, pourquoi douter maintenant ? , jeta sèchement Léllanya. Et, oui, Arandyll ne s'est jamais montré allié envers toi, tout du contraire car cette araignée éclose a voué allégeance à celui qui l'avait sauvée, on ne peut lui en faire grief ! Mais Arandyll sait faire la part du bien et du mal, contrairement à Anténor !
Alguérande serra fortement la gélule de venin.
- Guylette, mon enfant ?
- Mon papa a enfoncé son dard en toi, Humain adulte. Je ne suis pas encore puissante, mais je peux aider, si je le décide. Et bien que je sois jeune née, j'ai vu ton cœur aussi, Alguérande. Anténor a sauvé mon papa. Moi, je peux sauver ton petit. Accorde-moi juste ta confiance.
- J'ai du mal… Ce que j'ai enduré, ces derniers mois… Anténor a déchargé toute la puissance de son Mégalodon sur mon Pharaon qui est arrimé à l'état d'épave à sa Forteresse de Glace Galactique, j'ai été brisé, j'ai perdu mon sang par de multiples blessures, jamais je n'ai été si près de mourir… Et il est hors de question que j'assiste aux derniers souffles de mon petit garçon ! Merci, Guylette.
- A la vie, murmura Léllanya.
Alguérande inclina positivement la tête.
« J'arrive, Alveyron ! ».
