25.
Entouré par sa maman et sa grand-mère, Alveyron revenait doucement à la vie tandis que son père et son grand-père avaient été dirigés vers des salles de soins.
- Je suis un peu perplexe quant à vos blessures. Soit vous avez su quelle serait la nature des coups portés, soit vous saviez vous en protéger, et mes deux options en parfaite connaissance de cause !
- Il y a de ça, convint le grand brun balafré dans un grincement.
- Bref, contusions multiples, muscles froissés et écrasés, mais rien de cassé et aucune lésion interne réellement grave. Vous vous en tirez à bon compte au vu de ces multiples hématomes !
- Je sais… Comment va mon fils ?
- Pour un mort, plutôt bien ! rétorqua distraitement l'infirmier, ce qui lui valut un regard noir d'Albator.
L'infirmier tressaillit.
- Désolé, mais c'est ce que le registre familial indique, tenta-t-il de se justifier, et c'est avalisé par son employeur la Flotte terrestre !
- Une erreur à nouveau prématurée, maugréa le grand brun balafré. Il peut rentrer à la maison ?
- Pas plus que vous ! fit l'infirmier avec plus d'assurance. Si vos blessures se sont rouvertes après vingt-quatre heures, elles le peuvent depuis que j'ai posé les points de sutures. Vous pourrez sortir demain soir.
- Et Alguérande ?
- Les examens sont bien plus approfondis, il en a pour le reste de la journée. Après tout, il était quasiment mort quand ce Fantôme l'a récupéré. Votre fils a bénéficié d'excellents soins, mais son organisme demeure marqué de tous les traumatismes, et bien sûr il ne peut pas se déplacer. Une fois que nous aurons fini de faire le point, il pourra rentrer chez lui.
- Ne tardez pas, sa famille a besoin de lui.
- Dès lors, autant qu'elle le récupère dans le meilleur état possible, temporisa plus doucement l'infirmier. Quant à vous, veuillez vous tenir tranquille, je n'ai pas fini mes soins !
Madaryne et Salmanille ayant relayé la bonne nouvelle, à défaut de pouvoir se libérer des obligations professionnelles avant le week-end, Alhannis et Alcéllya s'étaient réjouis par messages interposés.
Pouchy avait dans l'heure rejoint sa famille et Alveyron déclaré miraculeusement guéri, il était rentré dans ses pénates quelques heures avant son père et son grand-père.
Alveyron était en meilleure forme qu'eux quand son père et son grand-père franchirent les portes du château et il leur sauta dans les bras.
Et la fête pu commencer, tous réunis sous le même toit, heureux pour un soir et une nuit interminable !
- Joal ?
- Je suis désolé, Albator. Je n'ignore rien des circonstances de votre retour… Je ne me serais pas permis d'appeler si…
- Qu'y a-t-il ?
Au bout du fil, le général de la Flotte terrestre eut un profond soupir.
- Ils sont là. Ils mènent l'Alliance Royale !
- Mais qui donc ? ! s'impatienta le grand brun balafré.
- Charanga et Torfklaman, les Amants des Sept Mers d'Etoiles.
- Mais ils sont morts ! protesta Albator.
- Oui, ça fait beaucoup de morts ces temps-ci…
- Je passe te voir demain ! promis le maître d'Heiligenstadt.
- Merci. Amène Alguérande, même s'il s'agira d'une entrevue informelle.
- Non…
- Je ne t'en prierais pas si ce n'était important !
- Bien. Mais Algie ne te sera d'aucune utilité : il n'a plus ni cuirassé, ni second, et pas d'équipage !
- Une chose à la fois, Albator ! A mon tour de faire quelques surprises. Et bon retour à vous tous chez vous !
- Merci.
La mine terriblement sombre, Albator demeura un long moment dans la bibliothèque où il avait pris l'appel, avant de rejoindre les siens et l'espace d'un instant ces derniers lui rendirent le sourire.
FIN
