Réponses aux reviews !

Merci Mizumiii ! Une autre fan du Limier, ça fait plaisir x) C'est mon personnage préféré et je n'arrive pas à me résoudre à... Ce qui lui arrive xD Ca fait plaisir de voir que Thalia te plaît. C'est l'une des rares OC qui a TOTALEMENT échappé à mon contrôle au cours de la fic, elle fait un peu c qu'elle veut, tu verras x) Enfin bref, merci beaucoup !

Et VOUS, Malou, mayou, Louve, etc., qui lisez sans commenter... Je sais que vous êtes là ! xD

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Chalut chalut !

Voilà donc le deuxième chapitre de cette fic, et quelques révélations sur le passé de misère de ma chère bâtarde de Dorne. Et le Limier. Parce que je suis définitivement fan de Sandor Clegane.

Enkoy !

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Chapitre 2

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La brûlure

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Thalia avait du temps à tuer. Tant que l'argent durerait, Anguy et elle ne se remettraient pas en route. Tandis que son frère décidait de s'établir au bordel –où il passait son temps entre les repas, le sommeil et le sexe avec une ou deux filles aguicheuses–, sa sœur se tournait les pouces.

Thalia se mit donc à vagabonder. Et à s'endurcir, à apprendre à être seule. Anguy et elle n'avaient encore jamais été séparés si longtemps…

Un soir, alors qu'elle battait à plate couture un jeune homme dans un concours improvisé de lancer de couteaux, elle fut applaudie par un passant. Un homme chauve vêtu de rouge, prêtre du Maître de la Lumière, du nom de Thoros.

A compté de ce jour, Thalia sympathisa rapidement avec lui. Thoros avait beau être un personnage apprécié à la cour du roi Robert, il passait une grande partie de son temps dans les tavernes en compagnie des hommes du Guet, des mercenaires ou des ménestrels. Parfois, quelques jeunes nobles en quête de distractions se joignaient à lui, comme Béric Dondarrion. Thoros était un bon vivant qui aimait s'amuser. Et contrairement à la plupart des hommes que Thalia croisait, Thoros ne passait pas son temps à la déshabiller du regard. Il la traitait comme il aurait traité n'importe quel homme, et ne craignait pas de lancer des blagues grivoises ou de la défier à des concours de beuverie, concours qu'il remportait systématiquement. Il la prit sous son aile et Thalia fut acceptée sans plus de questions dans son groupe d'amis de la plèbe.

– Tu es une originale et j'aime l'originalité, déclara un jour Thoros à Thalia tandis qu'ils cheminaient dans les rues de Port-Réal.

Ils passèrent devant « chez Chataya », le luxueux bordel où Anguy avait élu domicile et se faisait un plaisir de perdre tout son argent. C'était aussi l'endroit où Thalia avait rencontré Dancy et, depuis qu'elle avait réalisé cela, elle y passait presque tous les jours.

Ce bordel était l'un des plus opulents de la ville, et Thalia y avait vu le roi Robert en personne, une fois. Quand elle s'en était ouverte à Dancy, stupéfaite, cette dernière lui avait assuré en riant que Robert Baratheon fréquentait assidument l'endroit. Il avait même une fille bâtarde avec l'une des putes.

– Je suis originale, répéta-t-elle avec amusement en quittant le bordel des yeux. En quoi suis-je originale ?

– Tu as un bon sens de la répartie, commença Thoros. Tu sais te défendre mais tu n'es pas une guerrière. Tu as des manières et une certaine éducation, mais tu es une vagabonde. Tu es un vrai paradoxe.

– Et c'est plutôt rare de voir une putain en armes ! lança un homme du Guet, railleur.

Galien Storm ne cachait pas son dédain envers elle, et ce depuis le premier jour. Même si cela faisait près de deux semaines que Thalia était parmi eux, il n'avait toujours pas accepté la présence d'une femme.

L'archère lui fit un croche-pied d'un geste vif, faisant éclater de rire quelques spectateurs quand Galien trébucha et se rattrapa de justesse.

– Tu veux dire qu'il est rare de voir une femme qui n'a pas besoin d'un homme pour se défendre ! le provoqua-t-elle.

Un ménestrel, qui avait beaucoup voyagé et avait rejoint leur groupe quelques jours plus tôt, émit un petit ricanement :

– Toi, tu n'as jamais rencontré Brienne de Torth…

Thalia et Galien l'ignorèrent, se fusillant du regard, et Thoros leur tapota sur l'épaule pour apaiser la dispute naissante.

– Nous savons que tu es apte à veiller sur toi-même, Thalia, inutile de monter sur tes grands chevaux.

Mais les deux belligérants ne l'écoutaient pas.

– Ce n'est pas parce que tu portes un arc que ça te donne le droit de prendre des grands airs, grinça Galien. Il te manque une paire de couilles !

– Si ce n'est que ça, je peux couper les tiennes et les garder précieusement dans un petit bocal. Pour ce que ça te sert dans la vie…

Il y eut quelques rires gras, et Thalia esquissa un rictus satisfait. Elle était une forte tête, et l'assurance d'avoir la protection de Thoros lui donnait assez d'aplomb pour répliquer à n'importe quel homme. En temps normal, Thalia aurait sans doute esquivé l'affrontement, tandis que là, encouragée par le soutien que lui portait une grande partie du groupe, elle se dressait sur ses ergots.

– Bon, ça suffit les jeunes, s'interposa Thoros. Comment voulez-vous que je boive l'esprit en paix si vous caquetez agressivement juste sous mon nez ?

Des rires à nouveau. Vexés et honteux, Thalia et Galien s'écartèrent l'un de l'autre, et se murèrent dans un silence boudeur tandis que le groupe reprenait la route.

Cette petite altercation n'influa pas sur le reste de leur soirée, et Thalia battit à nouveau tout le monde au lancer de couteau avant de se faire lamentablement plumer au jeu de cartes. Son argent disparaissait très vite dès qu'elle touchait à un jeu de hasard.

Mais par la suite, l'hostilité grandissante de Galien mina ses journées. L'homme avait des amis dans le Guet, et quand il était en service et qu'il la croisait dans la rue, lui et ses compères lui cherchaient aussitôt noise. Thalia ne pouvait tout de même pas attaquer des hommes du Guet, et devait se contenter de fuir, le sang bouillant de rage.

Un jour, les insultes fusèrent et Galien esquissa un geste pour l'attraper. Cette fois, Thalia lui balança énergiquement son pied entre les jambes, avant de s'enfuir sous les rires de la foule et les menaces des hommes du Guet. Furieuse mais inquiète, elle évita la compagnie de la bande de Thoros durant quelques jours, et préféra passer son temps entre l'entraînement et « chez Chataya », où son amie Dancy lui faisait toujours bon accueil.

L'argent d'Anguy arrivait à sa fin. Cela ne faisait que cinq semaines depuis le concours de tir à l'arc, et déjà tout était parti en repas fins et en prostituées ! Thalia fut tentée d'être furieuse, mais ça aurait été bien hypocrite de sa part : elle aussi, elle avait dépensé son argent inconsidérément. Moins vite et moins bêtement, mais inconsidérément. Vin, repas de bonne qualité dans les meilleures auberges, jeux de cartes, paris…

Elle utilisa les derniers deniers de sa part du prix d'Anguy afin de renouveler leur maigre garde-robe. Ils ne portaient guère que ce qu'ils avaient sur le dos, mais quelques suppléments n'étaient pas de trop. Thalia acheta donc une brigandine cloutée pour son frère, qui n'aurait pas de mal à porter ce vêtement renforcé d'acier, et une jaque pour elle-même. La jaque, vêtement matelassé sans manches qui lui arrivait en bas des cuisses, avait le double avantage d'être assez épaisse pour protéger d'un coup de poignard et assez légère pour ne pas l'entraver dans ses mouvements.

– Ça ne te met pas en valeur, fit remarquer Dancy.

– Mais ça peut me sauver d'un coup de couteau, rétorqua Thalia.

Les deux jeunes femmes se trouvaient dans la chambre de Dancy, qui ne travaillait pas ce soir-là. La prostituée était en train de faire une broderie sur une de ses robes, tandis que la mercenaire, assise en tailleur par terre, vérifiait ses flèches une par une.

Dancy posa sa robe sur une chaise, et tendit la main vers Thalia :

– Donne-moi ça, je vais l'arranger.

Thalia croisa les bras sur sa poitrine dans un geste défensif, offusquée :

– Qu'est-ce que tu vas faire à ma jaque ?

Dancy se leva et se mit à lui tourner autour, observant le vêtement d'un œil critique, tandis que Thalia la suivait des yeux avec méfiance :

– Elle est trop large. Je vais rétrécir les épaules et la taille. Ça moulera davantage ton corps et ça t'évitera de nager dedans si tu maigris. Et le bas est tout usé, je vais faite une bordure en soie. La soie est très solide, ça ne se déchirera pas… Et ça t'évitera d'avoir une jaque en lambeaux. Allez, donne-la-moi.

Avec réticence, Thalia ôta la jaque, se retrouvant en simple tunique. Dancy attrapa la jaque avec satisfaction, puis fronça le nez et l'agita avec réprobation :

– Ce vêtement pue !

– Moi aussi je pue, fit Thalia en levant les yeux au ciel.

– Tu la laveras en rentrant chez toi, ordonna Dancy en jetant la jaque sur son lit en en fouillant sa boite de nécessaire à couture. L'eau froide resserre les fibres du tissu, c'est l'idéal après avoir cousu quelque chose.

– Je ne peux pas laver quoi que ce soit, là où je vis.

Dancy leva les yeux au ciel d'un air basé, puis s'installa sur son lit et se mit à piquer, mesurer et examiner le haut de la jaque.

– Bon, alors tu me laisseras cette jaque cette nuit, je m'en occuperai moi-même. Avec ton manteau, personne ne verra que tu ne portes qu'une tunique.

Thalia acquiesça. Puis, après avoir observé un moment le travail de son amie avec intérêt, la mercenaire se lassa et se consacra à l'examen de ses flèches.

– Comment va mon frère ?

– Oh, très bien, fit Dancy avec un sourire dans la voix. Anguy est un garçon enthousiasme. Il est en train de devenir très habile de ses doigts…

– Je ne veux rien savoir de ses exploits amoureux, gloussa Thalia. C'est notre règle : chacun garde pour lui ses performances nocturnes.

– Zut, j'aurais pourtant eu plein de bonnes histoires à te raconter sur la fois où nous étions trois dans son lit. Tu es sûre ?

Thalia retint un rire, puis mit sur le côté une flèche dont l'empennage était à refaire.

– Oui, je suis sûre. Parlons d'autre chose.

Cette vie oisive à Port-Réal, et surtout la période où elle traînait avec Thoros, l'avait amenée à négliger l'entretien de ses armes. Ses flèches, surtout : elles étaient d'assez mauvaise qualité, et à force de traîner en vrac dans le carquois sans aucun soin, elles avaient été abimées.

– Je devrais m'acheter des flèches, fit Thalia d'un ton pensif. Quitte à faire écouler mes dernières pièces d'or, je préfèrerai que ça soit pour des flèches que pour une cruche de vin.

– Je ne suis pas experte dans ce domaine, lâcha Dancy d'un ton égal.

– D'accord, accepta Thalia en changeant de sujet. Connais-tu un dénommé Thoros ?

Dancy hocha la tête sans lever les yeux de son ouvrage. Elle avait abandonné les épingles pour l'aiguille, et piquait avec difficulté dans le vêtement renforcé.

– Thoros ? Oui. C'est un prêtre de R'hllor.

– Il se comporte plus comme un mercenaire, fit remarquer Thalia. Toujours en train de se battre, de boire ou de jouer. Il est sympathique, j'aimais bien sa compagnie. Si cet emmerdeur de Galien s'était tenu à carreau, je traînerais sans doute encore avec Thoros actuellement. Il est très mauvais au lancer de couteaux, je gagnais tout le temps.

Dancy releva la tête, et dit sur le ton de la confidence :

– Ne le répète pas, mais c'est un très mauvais coup au lit…

Thalia gloussa comme une idiote, puis reprit son sérieux en voyant une autre flèche abimée. C'était décidé, dès ce soir elle se trouvait de nouvelles flèches. Elle avait fabriqué celles-là avec un bois trop sec et des plumes de mauvaise qualité. Si elle avait l'occasion d'en changer, il ne fallait pas hésiter.

– Et Galien Storm, tu le connais ? Il appartient au Guet.

Thalia s'attendait à une réponse négative, étant donné que chez Chataya, les clients venaient d'une certaine classe de la population et que le Guet n'en faisait pas partie. Mais à sa grande surprise, Dancy opina :

– Il escortait toujours Thoros quand il venait ici. Il restait à l'entrée en apostrophant les filles. Il s'est moqué très cruellement d'Alayaya, un jour, et depuis il n'a plus le droit de s'approcher d'ici.

– C'est un sale type et un lèche-cul, grogna Thalia. Je m'étonne qu'il n'ait pas encore d'aphtes… Il est toujours en train de ramper en bavant devant Thoros. S'il avait une queue, il la remuerait.

– Si ça se trouve, il la remue déjà !

Les deux femmes échangèrent un regard entendu, et Thalia songea férocement à toutes les plaisanteries qu'elle pourrait faire à Galien à ce sujet.

Elles passèrent une grande partie de la soirée à plaisanter et discuter ainsi. Dancy renforça le bas de la jaque par une sorte d'ourlet de soie noire, et elle en fit également un à chaque ouverture pour les bras. Ça donnait à la jaque, d'une terne couleur verte, une allure d'uniforme. Thalia dut même arrêter Dancy avant qu'elle ne se prenne au jeu et ne lui dessine un emblème sur la poitrine.

Il était tard quand Thalia se décida à rentrer à l'auberge de Tara, laissant sa jaque entre les mains de Dancy, et rabattant sa capuche sur sa tête pour dissimuler ses traits trop féminins. Mais Thalia était habituée à Port-Réal, à présent, et c'est sans crainte qu'elle cheminait dans les rues, s'éloignant des belles avenues pour s'enfoncer dans les quartiers plus pauvres, où se trouvait l'auberge de Tara.

Elle aurait dû être plus prudente.

Elle aurait dû être plus vigilante.

Ils sortirent de l'ombre devant elle. Deux hommes. Ils n'avaient pas l'armure, mais ils faisaient partie du Guet, Thalia les reconnut. Ils lui barraient le chemin et leurs yeux étaient rivés sur elle. Ils ne souriaient pas. Ils l'observaient, ils la jaugeaient. Ils n'étaient pas ivres.

Ils l'attendaient.

Elle s'arrêta, puis recula d'un pas. La rue où elle se trouvait était étroite, bordée de murs aveugles. C'était un quartier assez mal famé, elle le savait : la taverne où elle s'était soulée avec le Limier n'était qu'à quatre rues d'ici. Si les gens entendaient du bruit dehors, ils ne viendraient pas à son secours.

Thalia serra les dents. Elle allait devoir s'en sortir seule. Deux contre un, c'était encore jouable. Son sang s'échauffait déjà tandis qu'elle songeait qu'elle ne pourrait pas les battre, elle n'était pas assez forte, mais qu'elle pouvait fuir. Elle avait dépassé une intersection, dix mètres plus tôt. Si elle retournait sur ses pas…

– Tu m'as manqué, Thalia !

La voix retentit derrière elle, badine, laissant son nom rouler sur la langue avec délectation et Thalia sentit son dos se couvrir de sueurs froides.

C'était Galien.

Elle se tourna à demi, afin de pouvoir garder un œil sur les deux autres hommes. Galien avait une torche à la main, pour s'éclairer, et les flammes nimbaient son visage d'une lumière mouvante qui lui donnait un air mystérieux. Il ne portait pas son armure du Guet, lui non plus, mais il avait une brigandine cloutée et solide. Tout comme ses deux complices. Ça serait dur de les poignarder.

– Ah bon ? s'entendit-elle répondre avec insolence. Toi, tu ne m'as pas du tout manqué.

Galien plissa les yeux. La lumière mouvante de la torche lui donnait l'air effrayant, à présent. Ses deux complices se rapprochèrent, et Thalia en entendit un ricaner.

Son arc et ses flèches étaient sous son manteau. Si elle réussissait à s'en débarrasser avant qu'ils ne lui sautent dessus, peut-être, peut-être qu'elle pourrait en tuer un, ou deux…

Sa main monta jusqu'à l'épingle qui tenait sa cape fermée, s'arrêta. Elle hésitait. Et si elle les manquait ? Est-ce qu'ils ne se montreraient pas plus cruels si elle tentait de résister ? Si elle se tenait tranquille, peut-être que…

– Tu m'as manqué de respect l'autre jour, dit Galien d'un ton lent. Les putains ne doivent pas manquer de respect à leurs clients.

Thalia sentit son sang bouillir de rage.

– Tu n'es pas mon client, jeta-t-elle d'un ton venimeux. Tu n'as pas assez de classe pour ça. Mais…

Hors de question de ne rien tenter. Sa main toucha l'agrafe de sa cape, et elle adressa à Galien un sourire enjôleur, qui le distrait suffisamment pour qu'il ne prête pas attention à ses doigts qui s'affairaient.

– Je savais bien que tu voulais me baiser, Storm…

Elle s'humidifia les lèvres et s'avança d'un pas vers lui. Galien la regarda approcher, muet, les yeux rivés sur sa bouche et ses lèvres brillantes. Thalia avait un corps maigre, de formes décevantes : mais elle avait un beau visage, aux jolies pommettes et aux lèvres langoureuses, et elle savait en tirer profit. Rendre sa démarche et ses expressions aussi languides que celles d'une courtisane lubrique n'avait rien de difficile.

Sa cape tomba, et elle baissa la main qui avait dégrafé l'attache. Galien respirait un peu plus vite, à présent, ses yeux presque noirs rivés sur elle. Derrière elle, les deux complices s'étaient immobilisés aussi, frémissants d'anticipation.

Thalia sourit, passant une nouvelle fois sa langue sur ses lèvres. Son arc était dans son dos, son carquois à sa ceinture. A portée de main.

Elle allait le tuer.

Peut-être Galien avait-il vu le changement dans son regard, toujours est-il qu'il se raidit. Trop tard : Thalia avait décoché sa première flèche, qui avait traversé sa gorge de part en part. Galien lâcha sa torche, porta les mains à son cou, ouvrit la bouche… Mais seul un flot de rouge s'échappa de ses lèvres.

Déjà Thalia avait encoché une nouvelle flèche et s'était retourné. Comparé à la lumière dispensée par la torche, le côté de la rue où se trouvaient les deux hommes était bien sombre, et Thalia mit une fraction de seconde à s'ajuster à l'obscurité… Un instant de trop : les hommes étaient déjà sur elle, rugissant de fureur. Elle lâcha son trait alors que l'un d'eux était presque sur elle, et la flèche traversa la main du type et y resta bloquée.

Elle n'eut pas le temps d'encocher une autre flèche : le blessé était tombé sur elle de tout son poids. Elle tomba à terre, lui sur elle. L'impact contre le sol vida ses poumons et lui arracha son arc. Thalia, avec un grognement, repoussa l'homme qui geignait de douleur, chercha à attraper son poignard à la ceinture…

Le premier coup l'atteignit en plein ventre.

Elle eut le souffle coupé et se tétanisa de douleur. L'autre type, celui qui n'était pas blessé, lui lança un regard haineux et frappa à nouveau. Sa botte heurta la tête de la jeune femme, cette fois. Puis un autre coup, dans le ventre, puis sur le dos, les côtes…

– La salope, elle a buté Galien ! éructait-il avec rage. On va te faire ta fête !

– Ma main, gémissait l'autre, toujours vautré à côté. Ma main, Jamesie, ma main !

L'autre, bêtement, se retourna un instant pour invectiver son compagnon.

– On s'en fout de ta main, Poles !

Thalia réussi à attraper son couteau de chasse, et le tirait de son fourreau au moment où Jamesie se tournait à nouveau vers elle. Une haine sauvage, une soif de sang comme elle en avait rarement expérimenté rugissait dans ses veines. Pas le temps de se relever pour frapper : elle se contenta de planter de toutes ses forces la lame dans le pied à côté d'elle. Avec une joie féroce, elle sentit le couteau transpercer le cuir et la chair, jusqu'à buter sur les pavés de la route.

Jamesie poussa un hurlement, et Thalia arracha le couteau de la blessure avec force, espérant que la douleur ferait tomber son ennemi. Mais Jamesie n'était pas une lopette comme son ami Poles : il écrasa les doigts de Thalia sous le talon de son pied blessé, jusqu'à ce qu'elle hurle et lâche son arme, puis il se baissa, l'attrapa par le col d'une main, la souleva et la jeta à nouveau par terre. Le choc, sur son corps meurtri de coups, lui arracha un hoquet de douleur.

Elle n'était pas en train de gagner, réalisa-t-elle brusquement. C'était eux qui allaient gagner. Ce fut comme un seau d'eau glacée en pleine figure : malgré sa rage et sa violence, elle était plus faible qu'eux, et elle était toute seule. Elle allait perdre. Jamesie était déjà à côté d'elle, la bourrant de coups. Il lui avait arraché sa ceinture avec son poignard, sentit Thalia avec horreur quand elle tenta de se défendre.

– On va te baiser, salope, chuchota Poles avec hargne en s'approchant. Et ensuite seulement, on va te tuer.

Il terminait de nouer un bandage sommaire autour de sa main, et ses yeux brillaient de lubricité. Thalia hoqueta sous un nouveau coup, puis Jamesie cessa de frapper, et sa main se faufila jusqu'au col de sa tunique qu'il entreprit de déchirer.

Thalia se savait assez solide pour encaisser un ou plusieurs viols. Dans d'autres circonstances, elle aurait cessé de se débattre, laissé ces hommes prendre ce qu'ils voulaient, et elle aurait fait la morte jusqu'à ce qu'ils l'abandonnent. Ça lui était déjà arrivé. Mais là, elle savait qu'ils ne s'arrêteraient pas là. Ils la tueraient.

Et elle ne les laisserait pas faire.

Elle rua avec un juron, se débattit, les insulta, et réussit à se retourner à demi, prête à se redresser et s'enfuir. Poles l'agrippa par sa tunique, qui se déchira sur toute sa longueur dans son dos. Jamesie fut plus efficace : il l'attrapa par le bras gauche avec une telle force que son épaule se déboita.

Cette fois Thalia hurla.

Jamesie la poussa et elle tomba, du côté droit heureusement, recroquevillée en position fœtale à cause de la douleur. Sa main gauche était juste à côté de sa botte. La botte à elle avait glissé la troisième dague. Mais son bras lui faisait si mal, si mal…

Poles émit soudain un long sifflement. Son dos, comprit Thalia à travers le voile de douleur qui lui embrumait l'esprit. Il voyait son dos, son dos marqué…

– Putain Jamesie, t'as vu ça ?

Oh, elle devinait sans mal ce qu'il voyait. L'emblème du bordel du Serpent Langoureux, excellente maison des plaisirs de Dorne, brûlé au fer rouge dans son dos, depuis le bas de ses omoplates jusqu'au niveau de son nombril. Un superbe dessin, représentant un serpent se contorsionnant autour d'une grappe de raisin.

Le trait était parfaitement net. Il pouvait. Après tout, le fer brûlant était resté très longtemps sur sa peau.

Les doigts de Thalia se refermèrent autour du manche de sa troisième dague. Le sang bourdonnait si fort à ses oreilles que les sons lui en parvenaient comme assourdis. Haine, haine, haine. Haine de cette marque avilissante, maudite. Haine de celui qui la lui avait infligée, ceux qui la regardaient. Haine du monde entier. Haine, haine, haine. Elle inspira, serra la lame. Elle sentait la présence de Poles derrière elle, qui observait la brûlure avec une fascination lubrique.

Elle se retourna et, avec un mouvement du bras qui faillit la faire crier de douleur à nouveau, elle frappa. Sa lame était bien aiguisée. Elle entra dans la chair du cou de Poles comme dans du beurre, juste à l'angle de la mâchoire, et trancha jusqu'à ce qu'elle bute dans le creux de la clavicule.

L'homme émit un gargouillis étranglé, le sang jaillissant à gros bouillons de sa blessure. Jamesie cria quelque chose et son poing heurta Thalia si fort que sa tête bascula en arrière et heurta à nouveau le pavé.

Pendant quelques instants, tout fut noir. Une seconde, deux peut-être, Thalia lutta contre l'évanouissement avec l'énergie du désespoir.

Un poids tomba soudain sur ses jambes, et elle eut un tressautement convulsif qui la ramena à la réalité. Elle battit des paupières, cherchant son souffle.

Pas de coups. Pas de cris. Pourtant il y avait un troisième homme, non ? Jamesie. Était-il parti ? Incrédule, l'esprit engourdi par la douleur qui pulsait dans tout son corps, Thalia bougea faiblement. Le silence était lourd comme un bloc de marbre et, après le raz-de-marée de fureur destructrice qui l'avait envahie tandis qu'elle se battait, elle se sentait faible et désorientée.

Son regard tomba sur le poids qui entravait ses jambes et elle sursauta.

C'était Jamesie. Mort, visiblement. Sa gorge tranchée répandait un flot de sang à quelques dizaines de centimètres des jambes de la jeune femme.

Elle entendit le bruit d'une dague ou d'un poignard qu'on rengaine, derrière elle, et son instinct de survie se mit à hurler au danger. Quelqu'un avait tué ce Jamesie, quelqu'un qui se tenait à un pas à peine derrière elle. Il fallait qu'elle bouge. Qu'elle se redresse, qu'elle s'enfuie ou qu'elle se batte. Il fallait se lever. Maintenant.

Maintenant !

Avec un gémissement de douleur qu'elle ne réussit pas à retenir, elle se redressa, s'aidant de sa main valide. Avec difficulté, elle utilisa son bras blessé pour rattraper sa tunique déchirée qui glissait, et la releva pour cacher sa poitrine : les bandages qui compressaient habituellement ses seins avaient été déchirés, peut-être par Poles, et elle n'avait plus rien d'autre que sa tunique en lambeaux pour se couvrir. D'un mouvement de genoux, elle fit rouler loin de ses jambes le corps sans vie de Jamesie, puis chercha du regard le meurtrier.

Il se tenait debout, à deux pas, à sa gauche. Un nuage couvrait la lune, et de ce fait l'obscurité cachait son expression, mais sa haute carrure et la joue brûlée qu'elle arrivait à voir étaient suffisantes pour l'identifier. Les yeux de Thalia s'agrandirent.

Le Limier.

Putain, ça ne pouvait pas plus mal tomber. Thalia serra un peu plus sa tunique massacrée contre elle, tétanisée. Elle s'était défendue contre deux hommes et y avait presque laissé la vie. Elle ne pourrait certainement pas faire face au Limier. Tout son corps roué de coups hurlait de douleur, et avec son bras déboité, elle n'était même pas sûre de pouvoir se lever. Elle n'avait pas une chance.

Le vent souffla, faisant vaciller la flamme de la torche toujours par terre. Le nuage s'écarta, et la clarté lunaire révéla le regard prédateur du Limier. Thalia cessa de respirer. Ce type était un tueur. Un égorgeur, une brute, un meurtrier. Et il la regardait avec dans le regard cet éclat avide qu'elle voyait chez bien des hommes.

Thalia recommanda son âme au Dieu Multiface, et dans son esprit défilèrent toutes les horribles histoires sur la façon dont Gregor Clegane avait violé et tué la princesse Elia de Dorne.

Le Limier et elle restèrent immobiles plusieurs secondes, peut-être plusieurs minutes. Cela semblait être une éternité à la jeune Dornienne. Si elle bougeait, il bougerait aussi. Pour la violer, pour la tuer. Elle s'était rarement sentie aussi vulnérable, comme un animal terrorisé. Une proie.

Puis l'expression de Clegane changea insensiblement, et il tourna la tête vers le cadavre de Jamesie, avant de s'en approcher. Il n'allait pas l'attaquer, ou du moins pas tout de suite. Thalia faillit se mettre à pleurer de soulagement. Son corps tremblait convulsivement, réalisa-t-elle avec étonnement.

Le Limier s'accroupit près du cadavre de Jamesie, et se mit à le fouiller. Le sang coulait toujours de son cou : il n'était pas tout à fait mort. Thalia s'en moquait. Le Limier était à moins d'un mètre d'elle, et ce fut une pensée suffisamment motivante pour qu'elle se relève, se mordant les lèvres pour ne pas gémir de douleur.

Néanmoins, quand elle rajusta sa tunique déchirée afin qu'elle ne tombe pas –même si elle dénudait totalement son dos– un légère plainte lui échappa. Légère, mais suffisante pour que le Limier pose à nouveau les yeux sur elle, et se remette debout.

Thalia se raidit et voulut reculer, mais ses jambes ne furent pas assez rapides : la main de Clegane s'abattit lourdement sur son épaule. La droite, heureusement.

Le Limier était tout près. Il sentait le vin, le sang, la sueur et le vieux cuir. Il la dominait de plus d'une tête, et le regard qu'il baissait sur elle était dangereusement sombre. La jeune femme sentit un début de panique monter dans son ventre.

L'alcool transformait même les hommes les plus honorables en bêtes fauves. Et le Limier était tout sauf un homme honorable.

– Pas si vite, maugréa-t-il en resserrant sa poigne de fer sur son épaule.

Thalia ouvrit la bouche pour répliquer d'un ton cinglant. Elle ne trouva rien.

Elle avait du mal à tenir debout, elle avait les nerfs à fleur de peau, elle était épuisée, terrifiée, dégoûtée, la seule chose qu'elle souhaitait était de se rouler en boule dans un coin et attendre que la douleur passe. Elle était totalement incapable de se défendre, constata-elle avec détachement. Même avec des mots.

Elle ferma les yeux, stoïque, et se prépara à encaisser. Ça ne pourrait pas être pire que ce que ces trois salauds avaient essayé de lui faire.

Il y eu quelques secondes d'immobilité puis, soudain, la main libre de Limier attrapa l'épaule gauche de Thalia, lui arrachant un glapissement de surprise et de douleur. Avant qu'elle ne puisse se dégager, il avait fait un mouvement sec, remboitant son épaule avec un craquement qui lui sembla assourdissant.

La jeune femme hurla de douleur, et ses jambes se dérobèrent sous elle. Sans la poigne de fer du Limier sur son épaule valide, elle se serait lamentablement écroulée par terre.

– M-Mais ça va pas la tête ? cria-t-elle en reculant dès qu'elle eut repris ses esprits.

Le Limier émit un rire rauque et sans joie, puis se détourna pour se tourner vers le cadavre de Poles et le détrousser :

– Devrais me dire merci.

Elle le fusilla du regard malgré le ridicule de la situation. Elle ne devait pas avoir fière allure, songea l'archère avec dérision. Avec son visage marbré de coups, son corps qui tremblait sans s'arrêter, ses vêtements en lambeaux.

– Merci, grogna-t-elle avec hargne.

Clegane ricana et empocha la bourse du mort, puis marcha jusqu'à l'autre cadavre, celui de Galien. Il ramassa au passage la cape de la jeune femme, qui traînait sur le sol, et la lui jeta.

Thalia l'attrapa maladroitement, et l'enfila aussi vite qu'elle le put. Avec juste sa cape comme protection, elle avait froid, mais elle devait s'estimer heureuse d'avoir de quoi se couvrir.

– C'est toi qui lui as tiré dessus ? lâcha le Limier d'un ton incrédule en empochant l'argent du mort.

Thalia, en boitant, ramassait son arc et son carquois. Ses flèches étaient éparpillées par terre, et quelqu'un avait dû marcher dessus : la plupart étaient irrécupérables. La jeune femme jeta un regard noir à Clegane :

– Ouais.

Le Limier se redressa, l'observant d'un air pensif. Thalia, après un dernier regard désolé à ses flèches éparpillées, n'en récupéra que deux : les autres étaient fichues, brisées ou tordues. Tout ce travail, fichu en l'air…

Ses tremblements diminuaient, mais ne disparaissaient pas. Elle retrouva son ceinturon, par terre, et le ramassa avec maladresse. Elle dut s'y reprendre à trois fois avant de le boucler.

– Je t'ai déjà vue, lâcha soudain le Limier. La gamine qui se vantait de pouvoir tuer mon frère d'une flèche. M'en souviens.

Il avait l'air de trouver l'idée encore plus amusante maintenant qu'il avait vu ce qu'elle avait fait à Galien.

Thalia ne voyait pas ce qu'il y avait de drôle là-dedans. Elle ramassa son couteau de chasse ensanglanté, par terre, et l'essuya sur les vêtements de Jamesie. Puis elle le rengaina en grommelant :

– J'étais sérieuse.

– Tu étais bourrée, rectifia le Limier.

– J'étais bourrée, concéda Thalia en lui faisant face. Mais j'étais sérieuse.

Le Limier se contenta d'aboyer de rire à nouveau. Thalia renifla avec agacement. Il lui avait sauvé la vie, et probablement un peu plus, mais il était tellement méprisant, tellement odieux… Elle avait du mal à lui en être reconnaissante.

D'un geste lent, qui tira tout de même fortement sur ses muscles roués de coups, elle rabattit sa capuche sur sa tête. Elle hésita un instant, puis lâcha à nouveau, presque à contrecœur :

– Merci. J'aurais eu du mal à abattre le troisième.

– Tu ne manques pas de cran, s'amusa le Limier.

Tu me l'as déjà dit, se rappela Thalia. Mais elle garda ses lèvres closes, et se dirigea en boitant vers l'auberge de Tara. À sa grande surprise, et à sa grande méfiance aussi, le Limier la suivit. Voir cet homme immense et terrifiant marcher presque à côté d'elle ne mettait pas particulièrement Thalia à l'aise.

– Ne me suis pas, lâcha-t-elle froidement.

Elle ignorait où elle puisait la force de se montrer agressive. Elle se sentait tellement moulue qu'elle hésitait à s'appuyer aux murs pour s'aider dans sa progression.

Après coup, elle se rendit compte qu'elle l'avait tutoyé. Elle refusa de le regretter. On ne vouvoie pas un chien, après tout.

– Je détesterais avoir tué ce type pour rien, grogna le Limier en réponse.

Thalia soupesa ces mots, et décida de ne rien dire. Mieux valait avoir un chien de garde à ses côtés quand on rentrait chez soi après une échauffourée de ce genre. Mieux valait avoir un chien de garde de son côté.

Le trajet lui sembla durer une éternité. Ni l'un ni l'autre ne dirent un mot. Thalia suspectait que ce comportement si chevaleresque du Limier venait du fait qu'il était vraisemblablement ivre.

Quand ils arrivèrent devant l'auberge de Tara, Thalia se retourna vers le Limier avec réticence.

– Tu m'as sauvé la vie. Je paierai ma dette un jour.

Le Limier émit un ricanement amusé :

– Tu ne doutes de rien. Qu'est-ce qu'un oiseau dans ton genre pourrait faire d'utile pour un chien ?

Un oiseau. Thalia n'était pas sûre d'apprécier le surnom. Un oiseau, c'est petit, stupide et inoffensif. Elle, elle avait des griffes. Elle avait ses flèches.

L'archère rectifia froidement :

– Je ne suis peut-être pas grande, mais je sais être dangereuse. Comme un faucon. Un renard. Un chien de chasse… Les petits prédateurs peuvent faire des dégâts !

– Sauf s'ils se font bouffer avant.

Thalia émit un grognement excédé, et s'appuya lourdement sur le mur de l'auberge :

– Je ne vois pas pourquoi on parle de métaphore animale. Je m'arrangerai pour payer ma dette, c'est tout.

Le Limier émit un autre de ces rires rauques semblables à un aboiement.

– Alors je garde ça en mémoire, gamine.

– Je m'appelle Thalia, rectifia la jeune femme avec froideur.

Le Limier émit un reniflement amusé. Thalia suspecta qu'il se fichait d'elle. Il ne la croyait sans doute pas capable de tenir parole.

– Tu sais qui je suis, se contenta-t-il se répondre d'un ton moqueur.

Thalia hocha la tête.

– Sandor Clegane.

L'autre émit un grognement menaçant, un peu comme un chien montre les crocs, et rectifia :

– Le Limier.

– Sandor Clegane, insista Thalia. Je ne paie pas de dette aux chiens mais aux hommes.

Pendant une seconde, le Limier eut l'air sur le point de l'attraper par les épaules et de la secouer. Peut-être de la frapper. Mais finalement, il grogna et laissa tomber. Il se contenta de tourner les talons et de s'en aller d'un pas pesant.

Thalia haussa les épaules et entra dans l'auberge. Gravir les escaliers, ouvrir sa porte, la refermer, tout cela lui semblait presque au-dessus de ses forces. Elle était épuisée, se sentant sur le point de se briser.

Alors une fois enfermée dans sa chambre à double-tour, quand l'adrénaline qui l'avait maintenue debout se volatilisa, Thalia préféra se rouler en boule sur son lit et sangloter, des sanglots secs et sans larmes qui lui secouaient tout le corps, souhaitant désespérément que son frère soit là.

Anguy avait toujours été là. Il était son frère. Depuis que Thalia avait reçu la brûlure, depuis qu'elle portait cette arque infâmante qui la désignait comme un être encore inférieur à une putain, à peine au-dessus du bétail, elle avait toujours été toute seule. Elle avait eu quelques amis, et des romances qui pouvaient se compter sur les doigts d'une seule main. Aucun de ces liens n'avait tenu plus d'un an. Thalia était seule, toujours. Elle n'avait jamais été aimée par personne… Sauf Anguy.

Anguy était son frère. Il devait l'aimer. Elle n'avait que lui. Et là, à cet instant, elle avait besoin de lui. Désespérément besoin de lui.

Mais Anguy n'était pas là. Thalia était seule. Et elle l'ignorait, mais elle ferait mieux de s'y habituer.

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A suivre...

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