Salut Louve ! Oui, il est trop mignon Lysan x) Et Thalia est cool. Vraiment cool. Et vraiment cinglée. Mais, eh, je l'adore, même si c'est une de mes OC les plus misérables x)
Hiyoru, le retour ! xD Oui, ça s'écrit bien comme ça x) Et visiblement, Lysan a un petit fan-club ! On le comprend. Il est vraiment trognon. Il permet à Thalia d'avoir une raison de se lever le matin. Parce que Thalia a visiblement un problème : c'est une bête de meute, quand elle est toute seule, elle sombre...
Salut stephtvdiaries x) Oui, le précédent chapitre était tout mignon et gentil, et pour une fois, Thalia trouve un peu la paix... Lysan est trop adorable pour inspirer autre chose que de l'affection de toute façon xD Je trouvais que ça manquait de gentils dans l'histoire !
Merci FolleDingue x) La suite est déjà écrite, et donc la publication sera régulière.
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Mwahahaha, retour au coeur de l'action ! Enfin, dans la mesure du raisonnable, c'est à dire collée au mur et dans les coins d'ombres, elle est pas folle Thalia !
Enfin bref, elle va revoir ce cher Limier, continuer bien sûr à garder une distance de sécurité avec lui (à cause de l'épée, voyez-vous), rencontrer un certain mercenaire qui va lui sortir par les trous de nez, et... Enfin, vous verrez bien !
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Chapitre 6
Le palais royal
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Cela faisait trois mois que Thalia était au service des Amantis, et que la guerre avait commencé. Jusqu'ici, il y avait eu assez peu de répercussions à Port-Réal. Quelques réfugiés, des deuils frappant régulièrement les familles de soldats… Et bien sûr, toujours pas de Main du Roi, puisque lord Tywin était en compagne contre le Jeune Loup.
Thalia n'avait jamais apprécié aucune période de sa vie autant que celle-ci. À certains moments, elle oubliait Anguy et le vide que sa perte avait laissé dans son cœur. Comme en cet instant, alors qu'elle aiguisait son épée, assise sur un seau retourné près de l'armurerie de la demeure des Amantis. Emeric était en train d'entretenir les différents fourreaux et baudriers près d'elle, et Lysan debout à quelques mètres de là, s'entraînait au tir à l'arc.
– Demain, je vais au palais, dit brusquement Lysan.
Et voilà, la magie du moment était rompue. Thalia ne leva pourtant pas la tête de son épée, alors que le petit prince poursuivait :
– Père pense que j'ai assez rattrapé mon retard en matière de mièvreries…
Thalia émit un bruit amusé. Les mièvreries était le nom qu'elle donnait aux usages de la cour, et Lysan avait repris l'appellation avec joie.
Ser Emeric, qui graissait une selle non loin de l'endroit où le jeune lord et sa gardienne discutaient, lâcha un ricanement.
– N'utilise pas ce mot près de ton père ou Thalia se fera tirer les oreilles.
Lysan eut l'air grandement diverti par l'idée d'un tel spectacle, puis reprit son sérieux.
– Je vais m'ennuyer au palais.
Thalia claqua de la langue avec agacement. Ce gosse était pourri-gâté. Il avait bien de la chance que son père ait réussi à l'introduire au palais, malgré son statut de fils du frère cadet d'un petit noble de Dorne ! Lord Amantis n'avait réussi ce tour de force que parce que le prince Tommen n'avait aucun compagnon de jeu de son âge.
Même si Lysan était plus proche de l'âge de Joffrey, il était très gentil avec les enfants plus jeunes que lui, et Tommen s'était montré enchanté par la proposition.
– Tu ne t'ennuieras pas, se contenta-t-elle de dire. Et puis de toute façon, tu n'iras que quatre jours par semaine…
– Tu viendras avec moi ?
Thalia releva la tête, surprise.
– Je suis une mercenaire. Mercenaire-lige mais mercenaire quand même. Tu n'as pas un rang assez élevé pour emmener une mercenaire armée jusqu'aux dents dans le palais. Surtout moi, une bâtarde de Dorne…
Les bâtards étaient mal vus. Dès que Thalia prononçait son nom, Sand, les yeux se plissaient de méfiance et les mentons se redressaient avec mépris. C'était l'une des raisons pour lesquelles Thalia et Anguy s'étaient inventés le nom de « Archer », parce que le fait de prononcer ce nom sablonneux faisait d'eux des parias. Pas chien, pas loup. Une race à part.
Oui, c'était comme ça que les gens voyaient les bâtards. On les tolérait tant qu'ils étaient utiles. On les chassait ou on les ignorait, on les utilisait si on pouvait, mais on ne cessait jamais de les mépriser.
C'est ça, songea la jeune femme en frottant sa lame avec hargne. Chien-loup, bâtard… C'est une bête fauve qui n'a pas sa place au milieu des gens bien propres sur eux. Que son maître le tienne bien en laisse ou la foule le chassera à coups de pierres. Qu'il fuie ou qu'il crève, du moment qu'il disparaît ! Il ne manquera à personne. Un chien-loup n'est qu'un bâtard après tout.
– Tu n'y es jamais allée ? fit Lysan avec curiosité.
– Si, lâcha Thalia sans lever les yeux de son épée. Quand je travaillais comme coursière. Mais je n'étais pas considérée comme dangereuse à ce moment-là. Maintenant, je suis considérée comme dangereuse. Il y a certaines zones du palais où je ne pourrais pas aller.
– Certaines zones ? Pas toutes alors !
Thalia rit en voyant l'air calculateur du gamin, et lui ôta bien vite ses illusions :
– Les beaux salons, la salle du trône, les quartiers des chambres, les couloirs bien propres… Tout ça, je n'ai pas le droit d'y aller. Je peux me balader dans les cours ou marcher dans les galeries qui permettent d'observer les terrains d'entraînement des soldats, mais c'est tout.
– Viens avec moi quand même, plaida Lysan. S'il-te-plaît !
Thalia ouvrit la bouche pour refuser, quand soudain Lysan s'exclama :
– On ira à cheval et tu monteras Vol-de-Nuit !
Thalia referma la bouche avec un claquement sec. Vol-de-Nuit, la jument puissante et rapide, avec ses attaches fines et sa croupe robuste, le meilleur cheval dont elle aurait pu rêver ?
– Bon, d'accord, grommela-t-elle. Je viendrai.
Elle tint parole et, lorsque Lysan se rendit au palais pour rencontrer Tommen, elle l'accompagnait. Lysan montait Éclatant, et elle Vol-de-Nuit. Elle ne regrettait rien : ce cheval était une pure merveille. Il était très rapide, mais également agile et puissant.
Tommen était venu au-devant de Lysan, impatient de rencontrer son nouveau camarade de jeu. Thalia dut donc sauter à bas de son cheval et prendre les rênes de celui de son jeune seigneur, afin que celui-ci puisse descendre et saluer le frère du roi. Visiblement, à en juger par l'enthousiasme débordant de Tommen et le sourire de Lysan, tandis qu'ils commençaient à discuter, le courant passait bien entre eux.
– Vous pouvez mener les chevaux à l'écurie, l'informa un garde. On prendra soin d'eux en attendant que vous les récupériez.
Et en attendant qu'on me récupère, moi, je me tourne les pouces ? faillit lui répondre Thalia.
Au lieu de ça, elle le remercia poliment et mena les chevaux à l'écurie que le garde lui avait indiquée. Elle flâna un moment parmi les stalles, observant les bêtes et admirant les plus belles. Au bout d'un moment, un grand étalon noir à l'air mauvais faillit la mordre par surprise, et elle quitta l'écurie pour marcher dehors.
Il lui restait deux bonnes heures à tuer avant que Lysan ne revienne, aussi Thalia se dirigea vers les galeries ouvertes qui longeaient les terrains d'entraînement des soldats. Elle se doutait bien qu'on ne lui permettrait pas de se joindre aux combats, mais elle pourrait toujours observer : peut-être apprendrait-elle quelques attaques, comme ça.
Finalement, l'observation des soldats se révéla fascinante. Thalia avait toujours été du genre attentif, et elle parvenait assez rapidement à jauger les forces des adversaires qui s'exerçaient sous ses yeux. Certains étaient rapides, d'autres patients, d'autres s'essoufflaient vite… Il y avait là un flot d'informations à emmagasiner pour les réutiliser plus tard. Savoir qui se déplaçait lentement, qui avait la technique la plus élaborée, qui cherchait à épater la galerie et qui préservait son énergie pour un assaut final, qui était le plus robuste, qui était le plus rusé…
Elle ne vit pas le temps passer.
– Tu ne t'es pas ennuyée ? demanda Lysan en enfourchant Éclatant tandis qu'elle tenait le cheval à la bride.
– Pas du tout, fit Thalia en enfourchant Vol-de-Nuit. Et toi ?
Lysan se mit à lui parler avec enthousiasme du prince Tommen. Le frère du roi était visiblement un petit garçon tout aussi turbulent que lui, et les deux enfants s'étaient très bien entendus.
– Je retourne le voir demain, sourit Lysan. Tu viendras ?
– Hum. Avec Vol-de-Nuit ?
– Bien sûr !
– Alors d'accord.
Les visites au palais devinrent donc une part de la routine de Thalia. C'était distrayant. Elle eut ainsi l'occasion de voir Sansa Stark, souvent accompagnée par le Limier. Elle comprenait parfaitement pourquoi il agissait comme un chien de garde avec cette enfant : elle aurait agi de même.
Il était difficile, pour ceux qui comme eux avaient subi tant d'injustices, de voir quelqu'un d'innocent subir d'incessantes cruautés.
Thalia eut plusieurs fois l'occasion de croiser Sandor Clegane, aussi, et de lui parler. Discuter avec lui tenait de l'épreuve du combattant : il était incroyablement plus agressif quand il n'était pas ivre. Il était également plus taciturne, plus sombre : et pourtant, les Sept savaient qu'il était déjà sombre quand il avait bu !
Mais Thalia s'aperçut qu'il lui parlait plus facilement à elle qu'à n'importe lequel de ses camarades d'armes. Ce n'était pas si étrange que ça, après tout : c'était aussi avec lui que Thalia parlait le plus facilement. D'une certaine façon, ils se ressemblaient : ils n'étaient pas chevaliers, mais ils appartenaient corps et âme à la protection d'un jeune garçon.
Comme des chiens de garde, quoique dans le cas de Thalia, le terme « loup de garde » aurait été plus approprié, en rapport avec le blason qu'elle portait.
Il semblait qu'ils aient les mêmes opinions tranchées à propos de certaines choses, comme la chevalerie, les serments, les mièvreries de la cour. Thalia ne lui demanda pas pourquoi il méprisait les récits de gloire et Sandor ne l'interrogea pas sur sa haine des chevaliers. Ils avaient cette aversion-là en commun, et ils se moquaient bien de leurs raisons.
Une fois, dans un élan de témérité, Thalia demanda au Limier s'il ne voulait pas s'entraîner avec elle, pour lui apprendre à mieux manier l'épée. Sandor était de bonne humeur ce jour-là : il se contenta de ricaner et de l'envoyer se faire voir.
Thalia se garda bien de réitérer sa demande.
Elle se demandait parfois ce que le Limier voyait en elle. Une gamine présomptueuse ? Une femme qui se prenait pour un homme ? Une guerrière qui ne cessait de s'améliorer ? Un reflet déformé et plus positif de ce que pouvait être la vie de bouclier-lige ? Quelqu'un avec qui il pouvait boire et à qui il pouvait raconter avec hargne, et sans arrières pensées, toutes les cruautés du jeune roi Joffrey ?
Elle préférait ne pas trop se poser de question. Elle-même n'était sûre de la façon dont elle le voyait. Ce guerrier terrifiant qui avait tenu tête à la Montagne ? Ce soudard qui s'esclaffait avec elle à la taverne ? Cet homme qui l'avait sauvée un soir d'une agression ? Un personnage cynique avec qui elle pouvait dire du mal de la Garde Royale ? Un tueur effrayant, capable d'assassiner n'importe quel innocent sans le moindre remord ? Le chien du roi Joffrey, vigilant gardien des Lannister ? L'homme qui protégeait tacitement la petite Stark, brûlant de colère contre ce qu'elle subissait ?
Thalia se lia également d'amitié avec d'autres personnes au palais. Les archers et les arbalétriers, surtout : après l'avoir tout d'abord provoquée comme si elle n'était qu'une jeunette sans expérience, ils ravalèrent bien vite leurs moqueries après un petit concours improvisé. Ils la considérèrent d'un œil neuf, et depuis, quand Thalia s'ennuyait, elle était toujours la bienvenue là où il se trouvait des archers.
Plusieurs soldats s'attachèrent aussi à elle. Par moquerie, au départ, ils l'invitèrent à se joindre aux combats. Elle les prit par surprise et en ficha deux à terre avant qu'ils ne réalisent qu'ils la sous-estimaient. Même si elle s'attira ainsi l'animosité d'une grande partie de la garde, plusieurs soldats furent enthousiasmés par la démonstration. Plusieurs fois, dans une taverne ou bien au corps de garde, ils l'invitèrent à partager leur table.
Thalia n'était pas dupe : la moitié d'entre eux voulait coucher avec elle. Mais hors de question d'accéder à leurs attentes ou bien ils la prendraient pour la prostituée attitrée du château, avant de voir qu'elle était une guerrière. Elle ne toucherait pas un seul de ces soldats.
– Ils ne demandent que ça, ricana le Limier.
Sandor Clegane et Thalia, debout dans l'une des galeries qui dominaient les terrains d'entrainement, observaient les amis de l'archère qui s'exerçaient. Certains d'entre eux, avant d'entrer sur le terrain, avaient lancé des œillades enflammées à la jeune femme.
Il arrivait souvent au Limier et à l'archère de se retrouver là. C'était à cet endroit que Thalia passait le plus clair de son temps quand elle se trouvait au château, et quand le Limier venait prendre l'air, c'était aussi là qu'il se rendait. La plupart des chevaliers ou des nobles méprisaient les exercices des soldats du commun, et Clegane était ainsi assuré de ne pas trouver dans les galeries tous ces gens qu'il détestait.
Souvent, le Limier se contentait de regarder ce qui se passait en bas, sans s'accouder à la balustrade ni s'adosser au mur : il restait en retrait, dans l'ombre, afin de ne pas être vu des soldats. Thalia, elle, ne se gênait pas pour prendre ses aises, et faisait même parfois des signes aux hommes sur le terrain. Ils ne parlaient pas beaucoup, ni l'un ni l'autre, sauf pour quelques commentaires acerbes quand ils voyaient une technique particulièrement lamentable. Ils appréciaient le silence.
La jeune femme jeta un regard blasé aux gardes qui s'entraînaient, et leva les yeux au ciel quand l'un des hommes lui sourit.
– Hors de question d'être la putain de la garde. Déjà, ils ne sont pas mon genre, et ensuite, je ne mélange pas travail et plaisir.
Clegane la regarda d'un air narquois. Thalia constata distraitement qu'elle réussissait de mieux en mieux à interpréter les expressions de son visage brûlé. Puis elle se stoppa soudain, et jeta un regard presque choqué au Limier :
– Par les sept Enfers, est-ce que je suis vraiment en train de te parler de ma vie sexuelle ? Mais c'est privé !
Clegane éclata d'un rire sonore qui fit sursauter tout le monde dans la galerie, et s'éloigna sans cesser de rire, ce qui sembla terrifier tous ceux qui croisaient son chemin. Il laissait derrière lui une Thalia mortifiée, les joues cramoisies.
Leurs rapports ne changèrent pas, oscillants entre confiance et méfiance, complicité et prise de distance. Seulement, Thalia songea à son genre d'homme. Pas ceux avec qui elle couchait un soir et dont elle ne connaissait souvent pas le nom, mais plutôt les rares personnes avec qui elle avait eu plus ou moins une relation. On pouvait appeler ça son « élite ».
Il n'y en avait que trois. Morden, Willos, et Steffon. C'était des mercenaires ou des voleurs, souvent plus âgés que Thalia. Les deux premiers avaient déjà tué, et tous étaient des brutes. Pas de beaux chevaliers sur leurs blanc destrier. Mais ils étaient francs avec elle, d'une franchise à la limite de la dureté. Thalia appréciait passer quelques temps avec les bellâtres ou les jolis cœurs comme Alia, bien sûr, mais les paroles mielleuses finissaient par la rebuter. Si elle faisait le compte, elle avait toujours été attirée par les gens dangereux.
Morden, son premier amour, avec qui elle et Anguy avaient voyagé dans le Bief, était un jeune homme sarcastique qui avait à son actif plusieurs bagarres meurtrières au couteau, mais il sauvait les demoiselles en détresse et aidait les enfants coincés dans les arbres. Willos était un bandit patibulaire de trente ans avec qui Anguy s'était associé durant un de leurs passages à Accalmie, pour tendre une embuscade à une fille afin que l'archer la sauve et qu'elle l'emmène dans son lit par reconnaissance : mais Willos n'avait pas frappé la fille. Steffon était adolescent (Thalia l'avait dépucelé d'ailleurs), un soi-disant marchand de chevaux, et arnaqueur professionnel : mais il utilisait son or pour prendre soin de toute une tripotée d'orphelins et de gamins des rues dont il se considérait comme le grand frère.
Oui, Thalia était attirée par les gens dangereux. Mais des gens ayant également un sens moral étrangement droit, une sorte d'honneur auquel ils ne faillaient jamais.
Alors… Eh bien, d'une certaine façon, elle pouvait considérer que Sandor Clegane faisait partie de son « élite ». Et si rien ne changea dans l'ébauche de relation cordiale qu'il y avait entre eux, cela changea singulièrement le regard que Thalia posait sur lui.
Lysan fut invité à l'anniversaire du roi Joffrey, au titre d'ami du prince Tommen. De ce fait, Thalia fut invitée également. Des « réjouissances » étaient au programme, et les hommes des invités pouvaient y participer. Mais il n'y avait que des combats, ce que Thalia déplora : même si elle était assez bonne à l'épée, elle était meilleure à l'arc, et elle aurait aimé remporter un concours de tir…
Lysan, lui, était plutôt content qu'elle ne participe pas. Elle était son bouclier-lige à lui, elle n'avait pas à se battre pour les beaux yeux du roi Joffrey.
Le jour de l'anniversaire de Joffrey, Thalia se tint dans le public, derrière Lysan. Le jeune garçon aurait voulu être près de Tommen, mais il n'avait pas un rang assez élevé pour être assis près de la loge royale.
Thalia n'avait guère d'intérêt pour Tommen. Ce qui l'intéressait, c'était les combats. Celui du Limier fut rapide, presque décevant : son adversaire n'avait pas l'ombre d'un espoir de victoire, et Thalia eut un élan de dédain à son égard. Comme si ce type avait eu une chance contre Clegane.
Les combats l'accaparèrent tellement qu'elle ne prêta qu'une attention distraite à l'arrivée du Nain, escorté par une bande de sauvages. Ce n'est que le lendemain, alors qu'elle observait encore une fois les soldats s'exercer, qu'elle nota les importants bouleversements produits par l'arrivée du Nain, Tyrion Lannister.
Il y avait des hommes des montagnes partout. Ils puaient (enfin, plus que des soldats normaux), ils étaient laids, effrayants et sales. Thalia les évitait de son mieux, mais sa tâche était compliquée par la reine Cercei. Étant donné que les barbares n'avaient pas le droit d'entrer dans le palais, ils se retrouvaient souvent dans les cours d'entraînement, justement là où Thalia passait son temps.
Un autre conséquence, positive celle-là, était l'acceptation tacite de Thalia chez les soldats. Les gardes, archers et autres hommes du palais semblaient avoir oublié tous leurs différents et présentaient un front uni face à ces sauvages dont ils ne voulaient pas. Thalia fut ravie de voir qu'elle était considérée comme appartenant à la communauté des hommes du palais : plus personne ne lui cherchait noises.
– Si les ennuis ne viennent pas de là, ils viendront d'ailleurs, se contenta de dire Sandor.
Thalia lui jeta un regard farouche par-dessus sa chope de bière.
– Espèce de défaitiste.
Clegane ricana et les resservit tous les deux, sans nier. Thalia grimaça une espèce de sourire en constatant qu'ils ressemblaient à deux vieux camarades de beuverie. Elle passait presque un soir sur trois à boire avec lui à l'Oiseau Moqueur au lieu de courir les tavernes comme une traînée. Et le pire, c'était qu'elle aimait bien cette sorte de routine.
La vie à Port-Réal n'était pas si mal après tout.
oOoOoOo
Outre ses sauvages, le Nain avait également amené un mercenaire.
Il s'appelait Bronn. Thalia le jaugeait, intriguée. Il était visiblement l'homme de confiance de Tyrion Lannister, et faisait preuve d'une insolence tranquille qui mettait en boule les nerfs de tous les chevaliers. Ses sarcasmes étaient aussi acérés que sa lame, et il n'hésitait jamais à rembarrer ceux qui le prenaient de haut, quel que soit leur rang.
Avec ses traits creusés, ses cheveux noirs et ses yeux sombres, il avait un air de loup. Le genre de type qui tue sans remords, qui vend toute conscience morale pour quelques dragons d'or, et qui pourrait commettre les pires atrocités sans sourciller. Pas une brute, non. Un homme intelligent. Un prédateur. Un loup, en somme.
Souvent, Bronn observait les entraînements des soldats, appuyé contre la balustrade de la galerie juste en face de celle de Thalia. Quand elle relevait les yeux des affrontements, parfois, leurs regards se croisaient.
Et ça la dérangeait.
– J'hésite entre lui dire d'aller se faire foutre et l'attaquer épée à la main pour voir ce qu'il vaut, dit un jour Thalia à Sandor.
Cette fois, ils se trouvaient dans un des couloirs qui menaient aux galeries d'observation des terrains d'entraînements. Les couloirs de pierres gardaient un peu de fraîcheur par ce temps de canicule. Et surtout, Bronn n'y était pas.
– Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? grogna Sandor.
– Oh, comme si toi aussi tu ne mourrais pas d'envie de le couper en deux ! fit Thalia en levant les yeux au ciel. Il est tellement agaçant. Comme pas mal de gens ces derniers temps, d'ailleurs.
Le Limier acquiesça d'un grognement.
Clegane et Bronn se toisaient également, quand ils se croisaient. Ils ne s'appréciaient pas, ça crevait les yeux. Comme un chien et un loup, leur instinct les poussait à se jeter à la gorge l'un de l'autre. Thalia observait ce manège avec intérêt, presque amusement.
Elle, elle était mi-chien mi-loup. Et plutôt chien, en ce moment.
– D'une certaine façon, il n'est pas très différent de toi ou de moi, fit-elle soudain. Il n'attend qu'une chose, c'est qu'une proie lui passe sous le museau. Pour pouvoir passer à l'attaque.
Clegane jeta un regard moqueur à la jeune femme :
– Tu n'es pas comme ça, gamine.
– Cesse de m'appeler « gamine », se renfrogna Thalia. Et pourquoi je ne serais pas comme ça ?
– Pas les épaules, se contenta de dire le Limier. Pas la carrure.
Thalia croisa les bras d'un air mécontent, et s'adossa au mur derrière elle pour faire face à Clegane. La fraîcheur des pierres dans son dos la fit frissonner, mais elle ne cilla pas, et lâcha d'un ton glacial :
– Ce n'est pas parce que je suis plus fragile que toi que je ne suis pas une tueuse, Limier.
Sandor laissa échapper son rire rauque semblable à un aboiement, et se pencha vers elle, les yeux étincelants.
– Tu as déjà ouvert un type en deux d'un coup d'épée ? T'es-tu retrouvée couverte de sang jusqu'à en avoir le goût dans la bouche ? Éventrer tout ce qu'il y a devant toi jusqu'à ce qu'il n'y ait plus personne, tellement tu es dans la fièvre du combat ? Tu as déjà ri à gorge déployée après avoir fait une vraie boucherie, juste parce que tuer te rend euphorique ?
C'était la première fois que Thalia l'entendait parler autant, et la manière dont il avait décrit le combat, avec tant de sauvagerie, tant de férocité… La jeune femme garda le menton haut et avança d'un pas, les yeux rivés dans ceux du Limier. Le plus effrayant chez Sandor, ce n'était pas son visage brûlé, c'était ses yeux, ses yeux tellement pleins de haine que le regarder c'était comme se prendre une gifle en pleine face.
Thalia n'avait pas peur de regarder ses yeux. Un jour, elle avait eu les mêmes.
– Pour qui tu me prends ? fit-elle d'une voix plus basse qu'auparavant. Je sais ce que ça fait de tuer, je sais ce que c'est d'en être grisé. Je sais ce que ça fait d'en perdre la raison et d'aimer ça.
C'était meilleur que toutes ces saloperies de drogues. Quand on ouvre la gorge d'un type, on est un dieu. Il n'y avait plus ni maître ni morale, on était la violence, la toute-puissance, la Mort en personne. On était les Sept incarnés et personne ne pouvait nous arrêter. Alors comment ne pas aimer ça ?
Sandor la regarda différemment, avec attention. Thalia soutint son regard. Elle n'avait expérimenté cette fièvre que très rarement, mais toujours avec la même intensité sauvage.
Quand elle avait tué le meurtrier de sa mère… Quand elle et Anguy avaient massacré une bande de quatre types ivres qui les avaient attaqués dans les bois. Quand elle avait été poursuivie par un boucher après avoir dérobé un jambon. Quand elle avait taillé dans le tas en fuyant une bagarre… Les occasions de tuer avaient été nombreuses. Elle ne s'était jamais dérobée.
Alors elle soutint sans ciller le regard de Clegane. Ils étaient à moins d'un mètre l'un de l'autre, réalisa-t-elle soudain. Ils avaient rarement été aussi proches physiquement. L'air était chargé de tension.
– Ce type aussi le sait, grogna soudain le Limier en tournant la tête vers la galerie.
L'affrontement de regard fut rompu et Thalia se décala insensiblement pour mettre au moins un pas de distance entre elle et Clegane, mal à l'aise. Puis elle lâcha :
– Exact. La seule différence entre nous, c'est que tu es le plus grand.
Cela fit ricaner le Limier. Un rire sans joie, si sombre et cruel que n'importe qui en aurait eu les cheveux dressés sur la tête. Thalia ne fit que frissonner.
Elle commençait à s'habituer à la dangerosité de Sandor Clegane. Tout comme elle s'habituait à la puanteur des sauvages ou aux regards scrutateurs de Bronn.
Elle s'habituait à tout.
Et puis il y eu cette descente chez Chataya.
Le Guet fit irruption dans le bordel et tua une mère et son bébé. Thalia en entendit parler le lendemain, et elle quitta précipitamment le palais pour se rendre dans le luxueux bordel. En apparence, tout le monde y agissait comme d'habitude, même si quelqu'un lavait frénétiquement le sol du hall.
Thalia ne dit rien, choquée au-delà des mots.
– Thalia ?
Dancy avait un sourire un peu tremblant, mais elle restait brave. L'archère la serra brièvement dans ses bras, soulagée qu'il ne lui soit rien arrivé, puis la regarda avec inquiétude.
– Tu vas bien ?
– Oui, murmura Dancy. C'est juste… On a toutes du mal à se remettre du choc.
– Pourquoi ont-ils fait ça ? murmura Thalia.
Tuer un bébé… Ce n'était pas l'acte en lui-même qui l'horrifiait. Elle savait qu'elle-même était une tueuse : elle avait déjà tué des gens, pas mal de gens même, et parfois avec une sauvagerie de fauve. Cette même sauvagerie que le Limier décrivait si bien.
Mais un bébé, un bébé incapable de se défendre, arraché des bras de sa mère et égorgé ? Où était la raison, où était le but ? Où était l'ivresse ?
– C'était la fille de Robert Baratheon, se contenta de dire Dancy. Sa fille bâtarde.
Thalia la regarda sans comprendre pendant une seconde, puis ouvrit de grands yeux. Elle avait jusque-là fait la sourde oreille aux rumeurs qui accusaient Joffrey de ne pas être un Baratheon. Mais si les hommes du Guet se mettaient à tuer les bâtards, alors… Alors c'était que l'ordre venait du trône, et qu'il avait été donné pour une bonne raison.
– Oh.
Dancy prit sa main et la serra. Fort.
– Sois prudente, Thalia. Tu es dans l'antre des lions, toi.
L'archère prit bonne note de ce conseil. Les Lannister étaient peut-être bons pour les Amantis, et par extension pour elle, mais il ne fallait pas oublier qu'ils étaient dangereux.
Décidément, Thalia passait sa vie à fréquenter des gens dangereux.
– Et pour toi ? Ça ira ?
Dancy hocha la tête.
– Il le faut bien. Pour lord Baelish…
– Le Grand Argentier ? s'étonna Thalia. Qu'est-ce qu'il vient faire là ?
– Tu l'ignores ? Lord Baelish a acheté cette maison. Chataya n'est qu'une intermédiaire : c'est lui le maître.
Thalia fronça le nez. Elle n'avait jamais vraiment aimé Baelish : avec sa moustache et son petit sourire, elle lui trouvait un air doucereux et faux-cul qui lui donnait envie de le frapper.
– Et alors ?
Dancy la regarda avec amusement :
– Lord Baelish peut se montrer dangereux aussi. Très dangereux. Aucune de nous n'a envie de lui faire perdre de l'argent…
Thalia fronça les sourcils, et dit d'un ton glacial :
– S'il te frappe…
– Lord Baelish ne fait pas ce genre de choses, la coupa Dancy. Il manipule, il trahit, il ment : il n'agit jamais en personne. C'est un homme vicieux et pervers mais pas violent. Il ne frappe pas les gens. Il sait qu'il peut leur faire beaucoup plus mal autrement.
Thalia émit un grondement menaçant. Ça ressemblait à la description d'un lâche.
– Je te défendrai. Et il ne pourra pas s'en prendre à moi.
Dancy eut un petit sourire, triste, et se pencha pour chuchoter à l'oreille de l'archère :
– On n'échappe pas à lord Baelish. Il était amoureux de la femme de Ned Stark, tu le sais ? Eh bien, un jour, il a eu Ned Stark. Peu importe le temps que ça prend, lord Baelish vous attrape.
– Il a eu Ned Stark ? répéta Thalia d'un air choqué. Lui ?
– Il n'est sans doute pas étranger au fait que le Guet ait obéi à la reine et pas à la Main, se contenta de dire Dancy. À qui le Guet obéit-il, à part à celui qui le paie ?
Il y eut un silence, le temps pour l'archère de digérer la nouvelle. Finalement, elle secoua la tête d'un air halluciné :
– Pays de cinglés. Alors qu'est-ce que je dois faire ?
Dancy lui donna un coup de coude amical, un peu moqueuse face à la stupeur de son amie.
– Me laisser me débrouiller. Je saurai survivre sans toi, Thalia, je l'ai fait durant des années. Mais si tu attires son attention, tu es morte.
– Je ne peux pas ne rien faire ! se récria la jeune femme.
– Bien sûr que si, la taquina Dancy. Et si tu veux provoquer quelqu'un, tu t'assois et tu attends que ça passe.
Thalia grommela, mécontente. Elle quitta le bordel de Chataya encore plus inquiète qu'elle ne l'était en y entrant. Néanmoins, elle prit à cœur le conseil de Dancy, et se méfia de tout le monde. Le Nain, ses barbares, les Lannister, leur Garde Royale, les hommes du Guet…
Et bien sûr, malgré tout cela, il fallait continuer à faire bonne figure. À veiller sur Lysan et à le rassurer, à taquiner les gardes comme si de rien n'était.
C'était fatiguant de garder ce masque. C'était fatiguant, tout court.
– Je déteste les mensonges et l'hypocrisie, marmonna-t-elle un jour au Limier alors qu'ils buvaient tous les deux à l'Oiseau Moqueur. J'ai juste envie d'égorger quelques personnes et de frapper les autres, pourquoi est-ce que je devrais leur faire risette ?!
Sandor Clegane émit un reniflement moqueur, et Thalia grimaça. Le pire, c'était qu'il n'y avait qu'à lui qu'elle pouvait parler en toute franchise.
Port-Réal, quelle ville de merde.
Thalia réalisa vite qu'elle n'était pas au bout de ses peines. Les tensions étaient visibles entre les Lannister. Joffrey était en pleine crise d'adolescence, Cercei luttait pour conserver son poste de régente, et Tyrion menait son jeu, s'imposant lentement mais sûrement. Baelish était de plus en plus souvent dans les hautes sphères de la cour, ou peut-être que Thalia ne lui avait juste pas assez prêté attention avant. Bronn, le mercenaire, continuait à surveiller tout le monde, et Thalia en avait plus qu'assez de sentir son regard sur elle.
Pire : lord Cyan Amantis était soucieux. Son frère aîné, Lorcan, était tombé malade.
Si Lorcan mourrait, il n'aurait pas d'héritier. Il était veuf et sans enfants. Le titre de seigneur de son fief reviendrait donc à son frère Cyan, et Lysan serait l'héritier.
Le côté positif était que la famille de Cyan gagnerait considérablement en richesses et en influence. Le côté négatif, c'était qu'ils devraient retourner à Dorne, et y rester. Lord Amantis devrait faire une croix sur les voyages qu'il aimait tant… Et Thalia, même si elle ne l'avait encore dit à personne, ne pourrait pas les accompagner.
Leurs premiers meurtres, à Anguy et elle… Non, à elle surtout. Ses premiers meurtres avaient été commis à Dorne. Elle n'était plus la bienvenue là-bas. Si elle remettait un pied dans son pays natal, elle finirait pendue, qu'elle soit au service d'une noble famille ou pas.
Thalia ne le dit pas à Lysan. Elle ne voulait pas l'inquiéter. Elle ne le dit pas non plus à son père : elle avait trop peur qu'il la renvoie s'il réalisait ce qu'elle était. Elle n'était pas un chevalier, après tout : elle était une tueuse. Un loup.
Et même si elle était aussi fidèle à Lysan qu'un bon chien de garde, lord Amantis pouvait très bien juger un jour qu'elle était trop dangereuse pour rester près de son fils.
Peut-être à cause des sauvages qui mettaient les nobles et les courtisans mal à l'aise, les soldats bien propres sur eux et les hommes d'armes des nobles eurent davantage le droit de circuler dans le palais. Thalia put donc revoir l'intérieur du Donjon Rouge, même si elle aurait préféré s'en passer : voir de ses propres yeux la manière dont Joffrey traitait les affaires courantes, ordonnait les exécutions ou méprisait sa promise, ce n'était guère le genre de spectacle dont elle avait besoin pour se remonter le moral.
– Moi aussi ça me met en colère, lui dit doucement Lysan quand il vit Thalia fusiller du regard Ser Meryn qui venait de bousculer Sansa Stark. Et ça fait peur à Tommen. Mais on n'a pas le droit de s'y opposer.
– Joffrey mériterait…
– Tais-toi, murmura anxieusement Lysan en regardant autour d'eux. Thalia, ne fait pas de vagues. Je ne veux pas qu'ils te chassent.
Alors Thalia acquiesça, et s'appliqua à dissimuler son dégoût sous un visage impassible, même lorsque ses yeux lançaient des éclairs.
Un jour de grande chaleur, Thalia ruminait ses sombres pensées tout en observant plusieurs épéistes s'exercer. Elle attendait près de l'entrée du terrain, afin de demander au prochain soldat d'être son partenaire d'entraînement, et observait distraitement les hommes d'armes tout en se demandant quelle serait la prochaine tuile qui lui tomberait dessus.
Un caprice de Joffrey qui mettrait Sandor en rogne ? Une avancée des armées du Nord ? Une dispute entre Tyrion et Cercei qui agiterait les sauvages ? Une brutalité des chevaliers qui frapperaient la petite Sansa ? Des attaques de la part de l'armée de Renly ? Une aggravation de Lorcan Amantis et le départ de Lysan de la capitale ? Ou bien…
– J'avais justement besoin d'un partenaire d'entraînement !
Thalia releva brusquement la tête en entendant une voix joviale l'apostropher. Bronn s'était accoudé à la barrière juste à côté d'elle, et l'observait avec un sourire en coin.
Bon, c'était une tuile comme une autre.
– Tiens, tu parles ! fit-elle d'un ton acide. Je pensais que tu ne savais qu'observer les gens en silence.
– J'aime aussi observer les gens en silence.
La jeune femme haussa un sourcil. Ça faisait quoi, deux semaine, peut-être plus, que Bronn était au palais ? Pourquoi l'aborder maintenant ?
Comme s'il avait lu dans ses pensées, le mercenaire lui adressa un sourire de loup :
– Je n'ai pas eu beaucoup de temps libre avant maintenant.
– Et bien, maintenant que tu as du temps libre, que fais-tu toujours ici ? se moqua Thalia.
– Quelle rudesse, se plaignit le mercenaire. Moi qui voulais faire plus ample connaissance…
Thalia éclata de rire, et secoua la tête :
– Ah, les hommes veulent toujours faire plus ample connaissance… Au risque de te décevoir, je ne baise qu'avec l'élite.
– Je suis l'élite. Je suis l'homme de main de la Main.
– Je voulais dire l'élite des gens intéressants, rectifia Thalia en plissant les yeux d'un air moqueur. Tes titres, ton or et tes amis ne m'intéressent pas.
– Oh oh, s'amusa Bronn. Quels sont les gens intéressants pour toi ?
Thalia lui jeta un bref regard, mi-amusée, mi-agacée. Cela faisait des jours que ce type lui tapait sur le système, et elle ne l'avait pas oublié.
– Les gens que je respecte. Et mon respect est difficile à gagner…
Puis elle se redressa, et acheva d'un air goguenard :
– Vas aux putes, Bronn, tu auras conclu ton affaire plus vite.
Puis elle s'éloigna d'un pas tranquille, sans un regard en arrière. Derrière elle, elle entendit Bronn rire, puis le mercenaire lui lança avant qu'elle ne disparaisse :
– Je relève le défi, ma belle !
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A suivre.
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