MiMyLily: Merci beaucoup, contente que ça te plaise ^^ J'essaie de ne pas faire d'Hoshiko une personne trop forte, alors ça me fait vraiment plaisir.


Chapitre 4 : Revanche sur l'île d'Hearven

Trafalgar Law contemplait d'un air satisfait la salle de navigation du sous-marin. Vraiment, c'était une petite merveille, et il était plus qu'amusé du tour qu'ils avaient joué au colonel Hoshiko. Imaginer son visage furieux lorsqu'ils les avaient touché était des plus réjouissant, à ses yeux. Après tout, il avait la ferme intention de trouver le One Piece, il ne pouvait pas se laisser arrêter ni même ralentir par une petite marine. Elle n'était pas à la hauteur, de toute évidence. Et étrangement, ce constat l'ennuyait un peu. Sans doute par ce qu'il était amusant de faire tourner en bourrique la marine, et qu'il aimait gagner.

Se détournant des machines, il se dirigea vers l'infirmerie, un léger sourire aux lèvres.

- Il fait vraiment trop chaud dans un sous-marin, se plaignait Bepo, resté dans la salle des commandes.

- C'est par ce que tu as une gosse fourrure, Bepo !

- En plus, il y est plein de personnes agaçantes ! Renchérit l'ours polaire.

- C'est toi qui l'es ici ! protestèrent deux hommes, bien qu'habitués à l'étrange caractère de l'ours.

Une semaine plus tard, ils arrivèrent sur une île automnale. Ils y découvrirent des rues remplies de commerce plus ou moins luxueux, aux prix assez exorbitants. Ils se dirigèrent d'abord ver un bar, où ils commandèrent une tournée. Law s'appuya sur le bar et discuta avec le barman :

- Combien faut-il de temps pour recharger le log pose ?

- Deux jours seulement, Mr pirate.

- C'est très court, commenta-t-il en haussant les sourcils.

- Oui, c'est d'ailleurs la raison des prix de l'île, soupira l'homme.

Law but une gorgée d'alcool et le fixa, attendant qu'il s'explique.

- Les gens qui viennent ici sont pressés, et les commerçants on comprit depuis longtemps qu'ils n'avaient pas le temps de faire les difficiles. Ils ont alors grimpé les prix. Et comme il n'y a aucune base marine sur cette île, ils font un peu ce qu'ils veulent. Cette île est pleine d'escrocs.

- Aucune base marine, vraiment ? Répéta Law, intéressé. Bien, bien… Merci, monsieur.

Sur ce, il retourna s'asseoir avec ses hommes, un sourire en coin aux lèvres. Reconnaissant cette expression, un homme au cheveux roux demanda :

- C'est quoi le plan, capitaine ?

- Je crois que nous avons deux jours pour… « refaire le stock ».

Des rires s'élevèrent autour de la table, tandis que le capitaine effectuait un rapide calcul : la marine n'aurait pas le temps de les rattraper, et à présent ils disposaient d'une bonne avance.

« Vous avez perdu, Miss Hoshiko » pensa-t-il.


Le lendemain, la colonel partait –enfin- de l'île, plus furieuse que jamais. Elle frottait encore ses lèvres et engloutissait des sucreries pour faire passer le baiser que le contre-amiral avait osé lui donner pou son départ. De nature impulsive, le coup entre les jambes qu'elle lui avait alors administré venait sans doute de repousser une promotion à plus d'un an, mais peu lui importait. Elle n'avait pas besoin de promotion pour attraper Law. Il ne lui échapperait pas. A ce moment, il devait être sur l'île où l'on ne restait que deux jours. Il ferait ce qu'il voudrait, mais ne s'attendrait pas à ce qu'elle arrive aussi tôt sur l'île d'Hearven ! Si ses estimations étaient correctes, en allant directement à la deuxième île, ils arriveraient un jour environ après les Heart Pirates sur Hearven.

La journée lui parut longue cependant, mais elle était rassurée de ne pas avoir à aller en rendez-vous le soir avec le contre-amiral. Ce dernier avait tout fait pour la séduire pendant la semaine, et elle tout pour repousser ses avances le plus poliment possible. Un véritable enfer à ses yeux, sans compter qu'elle n'avait pas l'habitude des rendez-vous de ce genre. Enfin, à présent elle l'avait. Sans parler de sa nouvelle faculté à contrôler le rougissement de ses joues. Bien que cela, elle doute que ce fut efficace contre le pirate de North blue.

Le matin suivant ils purent lire le journal, et ce qu'elle appris, bien qu'elle s'y attendait, fit bouillir de colère son sang. Les HeartPirates avaient profité de leur absence pour piller toute l'île, du moins toute les villes portuaires. Le butin devait être extraordinaire d'après l'article, car cette île était connue pour ses prix exorbitants. Elle espérait juste qu'ils n'avaient pas touchés aux civils, et que ces derniers ne s'étaient pas opposés aux pirates ! L'article mentionnait de nombreux blessés « étranges » mais presque pas de morts.

Elle froissa le journal et le posa un peu brutalement sur la table de la salle commune avant de se diriger vers la salle d'entraînement, encore plus déterminée à devenir plus forte.

Une semaine et demi plus tard, ils arrivaient sur Hearven.


- Capitaine, vous êtes sûr que ça ira ?

- Oui, avec l'avance que l'on a, Miss Hoshiko ne risque pas d'arriver avant une semaine.

Ils partirent donc de leur sous-marin, ne laissant qu'un homme à le surveiller. Ils avaient hâte de dépenser leur butin, et après avoir refait le stock d'alcool, de nourriture et d'autres choses, se dirigèrent vers la première taverne qu'ils virent. La soirée battait son plein, la musique résonnait dans le bar, quand un des pirates, assit près du capitaine, lança :

- Pauvre Henry, quand même, il est seul sur le bateau.

- Ne t'inquiète pas, répondit Trafalgar Law en souriant. Ce sera ton tour demain.

Le pirate cligna des yeux, cherchant un moyen de faire marche arrière, tandis que le reste de l'équipage éclatait de rire. Trafalgar Law se permit un léger rire amusé, avant d'entendre la sonnerie de son den-den Mushi. N'entendant rien avec le vacarme du bar, il sortit dehors, restant à l'abris de la neige, et décrocha le micro.

- Allô, Henry, il y a un problème ?

- Ah, fit une voix féminine, triomphante, ainsi ce pauvre homme s'appelle Henry.

Le capitaine des HeartPirates se figea, abasourdit. Non, non, non, c'était tout simplement impossible. Ils avaient une semaine d'avance sur eux à causes des dommages de leur bateau, il était impossible qu'elle soit déjà là. Même en restant le moins possible de temps sur l'île précédente, ils n'auraient pas dût arriver avant plusieurs jours. Et pourtant, impossible de se tromper : cette voix aigue, triomphale, moqueuse, aux accent de ceux qui ont enfin obtenu ce après quoi ils courent.

- Miss Hoshiko ? Demanda-t-il cependant pour vérifier ses soupçons.

Soupçons qui se muèrent en certitudes quand il entendit un léger rire victorieux.

- Alors, qu'allez-vous faire, Law ? Susurra-t-elle. Abandonner ce… Henry, c'est ça ? Si vous voulez le récupérez, vous feriez mieux de vous dépêchez…

Sa main se crispa sur le micro tandis que son sang se mit à bouillir de fureur: elle avait capturé un membre de son équipage, équipage dont il était responsable. Il était le capitaine, et avoir été aussi négligent le rendait furieux. Mais le pire, c'était sans aucun doute le ton amusé de la marine, qui avait réussit à le piéger.

- Où est-il, Miss Hoshiko ? Demanda-t-il d'un ton froid.

- Oh, le capitaine et furieux de s'être fait avoir ?

Trafalgar Law serra la mâchoire: elle jubilait presque.

- Mmh, il est en sécurité sur notre bateau, ne vous inquiétez pas. Mais rassurez-vous, vous n'aurez pas à aller le chercher : votre périple s'achève ici.

Il eut juste le temps d'esquiver la première balle, qui se ficha dans le mur derrière lui avant d'exploser, faisant sauter le mur du bar. En face de lui, emmitouflée dans un manteau de marine, ses cheveux ressortant dans la rue enneigée, se tenait Hoshiko. Tout sourire avait quitté le visage du pirate, ne laissant qu'un masque impassible de concentration. Mais, lorsqu'elle s'approcha, Hoshiko comprit qu'elle venait de toucher un point sensible, et pour la première fois elle le faisait sortir de ses gongs. Sa prise se raffermit sur ses armes tandis qu'ils engagèrent le combat.

Il sembla rapidement que le niveaux des combattants était presque égal: même si ni les balles, stoppées par son fruit du démon, ni les poignards, ne pouvant qu'être utilisés au corps-à-corps, n'étaient d'une grande utilité à Hoshiko, Trafalgar Law semblait incapable de rivaliser avec sa vitesse. Ses mouvements devenaient flou, et ses cheveux traçaient des éclairs aux couleurs vives lors de ses déplacements furtifs. Il récolta néanmoins des blessures au bras et reçut une balle dans la jambe. Cette dernière semblait être en granit marin, et ses hommes intervinrent le temps qu'il l'arrache à l'aide d'un scalpel pour pouvoir utiliser à nouveau ses pouvoirs.

Avec l'aide de ses hommes ils reprirent progressivement l'avantage, malgré les évidents progrès de la marine. Un hématome courait sur sa mâchoire, son bras droit avait été touché. Mais ils devaient se dépêcher, des renforts ne tarderaient pas à l'assister, et alors ils ne pourraient plus gagner.

De son coté, Hoshiko n'arrivait pas à croire qu'elle ait put se mettre dans une telle situation : il lui aurait juste suffit d'attendre un peu, de venir ici avec tout ses hommes et non pas seule, et cela aurait été terminé, sûrement. Mais voilà, après le coup qu'il lui avait fait subir à la dernière île, elle s'était montrée réticente à patienter, et sa nature imprudente et un peu lunatique avait prit le dessus. Il fallait aussi avouer qu'elle aurait voulut se battre en duel singulier contre Trafalgar Law. Quel idiote !

A présent, il lui fallait se tirer de se mauvais pas. Un homme s'approcha trop près d'elle, mais la marine réussit à le blesser gravement à l'abdomen avec son poignard. Il y eut des cris, et du coin de l'œil elle aperçut la sphère bleue du capitaine se former. Effrayée, elle fonça pour s'éloigner de la bulle sans prendre de précaution, récoltant une blessure à la cuisse. Ils semblaient furieux, à présent. Si seulement elle n'avait pas été aussi impatiente et avait attendu avant de déclencher le combat ! Un son de cloche retentit alors, les arrêtant momentanément.

Ils venaient tous de North Blue, aussi comprirent rapidement la signification du signal, aidés par le mouvement de panique qu'il provoqua. Parmi la cohue, les cris, ressortaient des hurlements tels que « Tous aux caves ! ». Hoshiko ne se souvenait que trop bien de la première fois qu'elle avait vécu une avalanche. Ils s'étaient alors réfugiés dans un souterrain et avaient dut trouver une sortie, la première étant bouchée par la neige. Derrière le village, la masse blanche était déjà visible à travers la neige qui tombait.

Abandonnant brusquement le combat, elle suivit la foule qui courait se réfugier dans des caves, à un extrémité du village. Ces dernières semblaient automatisées, et commençait à se refermer. Une fois à l'intérieur, elle jeta un regard derrière elle : personne ne restait, elle ne vit que la tempête de neige, ne sentit que le froid glacial. Entendit des cris, des pleurs. Pétrifiée d'horreur, elle tendit l'oreille et entendit plus distinctement des pleurs d'une jeune fille. Poussant un juron, elle sortit de la cave dont la porte automatisée commençait déjà à se fermer, et s'enfonça dans la tempête. Elle finit par trouver l'enfant, bloquée sous une épaisse couche de neige. Avec l'énergie du désespoir, Hoshiko la dégagea, la plaça sur ses épaules et courut en direction de la cave. La porte était sur le point de se fermer, et sa jambe blessée ne lui permettrait pas d'aller assez vite pour arriver à temps. Arrivée à trois mètres de distance, elle attrapa la petite fille qui pleurait toujours par les bras et la lança dans l'ouverture de la porte. Cette dernière se ferma juste derrière l'enfant, tandis que la marine longea l'allée de cave dont les portes étaient toute fermées, la panique la gagnant. Une dernière était toujours ouverte et, ignorant la douleur, courut aussi vite que ses jambes le permettaient pour s'y engouffrer de justesse.

Etalée sur le dos, le souffle court, couverte de neige et blessée à la jambe, il lui fallut un peu de temps pour distinguer les silhouettes déjà présentes dans la cave à la lueur de torches déjà présentes. Son corps se figea quand elle reconnut l'équipage des Heart Pirates, et elle attendit l'attaque. Mais rien ne vient, le groupe semblait même ne pas avoir remarqué son irruption et était en cercle, s'activant autour de quelqu'un. Des bribes de conversation lui venaient aux oreilles derrières le tintamarre du dehors : « boite de secours » « perdue » « neige »… Quelque chose de dur était contre son dos, et elle découvrit une boite blanche Avec le jolly roger des Heart Pirates dessus.

Plissant les yeux, elle aperçut la silhouette de l'homme qu'elle avait gravement blessé au ventre lors du combat, et devina à l'air soucieux de Law qu'il ne pouvait rien faire sans ses outils. Comprenant qu'un des hommes avait dut faire tomber cette trousse lors de leur course, elle sut qu'elle avait, en quelque sorte, entre ses mains la clef pour sortir d'ici vivante. Car s'ils l'attaquaient, s'en était finit d'elle. Une part de la marine fut tentée de lui donner directement la trousse. Trafalgar Law avait cet air soucieux, énervé contre lui-même, et elle devinait sans mal qu'il tenait à ses hommes plus que tout, et ferait tout pour le sauver. C'était naturel, l'instinct d'un capitaine, et en ce moment elle se retrouvait dans son comportement : elle aussi avait cette expression lorsque ces décisions emportées et irréfléchies mettaient ses hommes dans des situations périlleuses.

Son regard passa de la trousse au groupe d'hommes, dont certains avaient remarqué sa présence. Après tout, si elle lui donnait, il aurait une dette envers elle… Au pire, elle pourrait toujours décamper. Avec un blessé à traîner, même avec sa cuisse en mauvais état, elle pourrait les distancer. Alors que s'il mourrait, ils la tueraient certainement.

Se levant péniblement, Hoshiko s'approcha lentement du groupe d'hommes, dont certains se mirent en garde. La marine leur balança la trousse de soin sans aucune explication. Abasourdit, ils se dépêchèrent cependant de la donner à leur capitaine, lequel leva brièvement les yeux vers elle. Colère, haine, incompréhension, et… Reconnaissance. Soulagement. L'intensité du regard la cloua sur place. La seconde d'après, il s'activait pour maintenir l'homme en vie.