Merci encore à MimyLily, j'espère que tu aimerais aussi ce chapitre ^^

Accrochez vos ceinture, âmes sensibles veuillez descendre du véhicule, voici le cinquième chapitre qui démarre!


Chapitre 5 : Trêve

Hoshiko se laissa tomber à terre et entreprit de bander sa blessure afin de ne pas perdre trop de sang. Les pirates la surveillaient toujours du coin de l'œil. Quand son bandage sommaire fut finit, quand le bruit de l'avalanche s'arrêta, et quand Trafalgar Law en eut finit avec l'homme blessé et qu'il se releva doucement, elle mesura l'ampleur de son problème. Elle était plus ou moins en état de se battre, mais eux aussi. Ils étaient plus nombreux. Le capitaine fit quelques pas vers elle, et demanda d'une voix neutre :

- Pourquoi vous nous avez passé la trousse, Miss Hoshiko ?

La marine le dévisagea, mais ne réussit pas à percer ses émotions. Optant pour la franchise, elle répondit :

- Je veux juste sortir d'ici.

Sur ce, elle se leva, contourna le groupe, et s'avança vers l'autre sortie. Le bruit caractéristique d'un nodachi que l'on sort du fourreau l'arrêta et la fit pivoter. Les traits du visage tendus, Trafalgar Law annonça :

- J'ai bien peur de ne pouvoir vous laisser partir, Miss. Pas tout de suite. Cela signifierait qu'une embuscade de marine nous attendrait à la sortie du tunnel.

Serrant les poings, Hoshiko s'exhorta au calme et tâcha de paraître assurée :

- Tu m'en dois une, Trafalgar Law. Sans moi, cet homme serait mort. Alors quoi, tu vas me tuer pour que je ne parte pas d'ici ?

Froncement de sourcil. C'était la première fois qu'elle le tutoyait. Silence de courte durée.

- Sans vous, répliqua-t-il froidement, il ne serait pas dans cet état.

Hoshiko manqua de rire devant sa propre stupidité. Qu'avait-elle imaginé ? Qu'il la laisserait gentiment partir par ce qu'elle l'avait aidé à soigné un homme dont elle était responsable des blessures ? Cependant, la marine refusa de se démonter :

- Donc, tu vas partir à mes trousses, abandonnant ton homme derrière ? Et s'il y avait des complications ? Tu tiens vraiment à me suivre, Trafalgar Law ?

Hoshiko aperçut nettement la mâchoire de Law se serrer: il savait que ses hommes ne réussiraient pas à la retenir, lui seul le pouvait. Mais comme elle venait de le lui rappeler, s'éloigner était dangereux.

- Et vous, Miss Hoshiko, vous tenez à avoir mes hommes sur le dos ? Ou vous préférez sortir de cette caverne ?

- Tu veux vraiment récupérer tes hommes dans cet état… là, le provoqua-t-elle en désignant l'homme blessé toujours allongé.

Aucun d'eux ne semblait décidé à bouger, et Hoshiko réalisa qu'il lui faisait perdre un temps précieux. Pivotant sur ses talons, elle s'enfonça dans le tunnel avant que Trafalgar Law ne l'appelle une dernière fois. Elle ne se retourna pas. Du moins, pas jusqu'à ce qu'elle sentit sa présence près, trop près de son dos, et qu'elle ne se retourne, armes pointées vers la poitrine du pirate. Derrière lui, ses hommes arrivaient, portant l'homme blessé. D'une voix étrangement douce, le capitaine proposa :

- Vous voulez juste sortir, n'est ce pas ? Nous aussi. Pourquoi ne pas faire une… Trêve, le temps de sortir ?

Pour peu, la colonel en aurait lâché ses armes de stupeur. Trafalgar Law, le chirurgien de la mort, pirate dont la réputation n'était plus à faire, dont la prime était récemment passée à 50 millions de Berry, proposait une trêve avec une marine ? C'était un piège, un mensonge, un traquenard, une ouverture pour la poignarder dans le dos.

Mais pourtant, encore là, elle lisait derrière le masque froid et moqueur du capitaine de l'appréhension. Il s'inquiétait pour son homme, c'était indéniable. Et il était plus que malsain de rester dans une grotte dont la porte menaçait de s'effondrer sous le poids de la neige. Ces caves avaient été crées pour laisser le temps aux civils de fuir par des souterrains qui, après tout, étaient destinés à être reconstruits entièrement. Jamais il n'aurait proposé cela si un de ses hommes n'était pas en sale état. Et elle aussi devait sortir pour soigner ses blessures, et ne pouvait pas se permettre d'avoir des hommes à la suivre.

- Si tu essaie de rompre cette… Trêve, articula-t-elle lentement, tu peux dire adieu à ton homme. Ce sera mon cadeau avant d'aller dans l'autre monde.

Le message était clair: s'il l'attaquait, elle l'achèverait. Ils ne pourraient pas le protéger, pas avec sa vitesse. A sa surprise, un sourire tordu, crispé, étira les lèvres du pirate qui hocha la tête. La marine marcha alors derrière le groupe de pirate, Trafalgar Law à quelques pas d'elle. Il forçait son admiration, car elle avait conscience d'à quel point il détestait les marines et ne supportait ni ordres, ni menaces. Mais il ravalait tout ça pour ses hommes.

- Vous croyez aux dieux, Miss Hoshiko ?

La concernée cligna des yeux, hébétée et prise de court par la question.

- Vous avez parlez de l'"autre monde", tout à l'heure, s'expliqua-t-il.

Hoshiko se tut un instant, avant de répondre :

- Pas vraiment. Peu m'importe s'ils existent ou non, dans le fond. Ça ne fait aucune différence pour nous. Et toi ?

- Je crois que cela nous fait un point commun.

Elle ne répondit pas, silencieuse.

- Pourquoi avez-vous atterrit dans cette cave, Miss Hoshiko ? Il y en avait des dizaines d'autres d'ouvertes.

- J'ai entendu une gamine, expliqua-t-elle. Bloquée dans la tempête. J'ai juste eut le temps de la sauver que toutes les autres étaient fermées.

- Protéger les civils ? Je croyais que vous ne vous étiez engagée dans la marine que pour vous battre ?

- Ça ne veut pas dire que je suis une ordure sans sentiments, répliqua-t-elle avec verve. Ça, c'est votre rôle.

Trafalgar Law rit, amusé de l'agacement de la jeune femme.

- Je n'ai pas dit ça. Au fait, comment êtes-vous arrivée aussi vite sur cette île ?

Hoshiko fit une grimace avant d'expliquer brièvement comment elle en était arrivée là. Trafalgar Law sourit, amusé :

- Vous voulez tant que ça m'attraper ?

- Je ferais tout ce qu'il faut pour ça. Avoir un but ne sert à rien si on ne donne pas tout pour l'atteindre.

- Je dois vous avouer que je suis de cet avis.

- Un autre point commun, magnifique, constata-t-elle d'un ton ironique. Si l'on n'essayait pas de se tuer à chaque fois que l'on se voyait, nous pourrions bien nous entendre.

Un léger rire le prit, la scène était si étrange !

- Mais là, nous n'essayons pas de nous tuer, fit-il remarquer.

- C'est vrai. Jusqu'à quand ça va durer ? Jusqu'à ce que j'ai retrouvé mes hommes et que vous soyez hors de vue, ou dès que nous sortirons de cette maudite cave ?

Ils marchèrent un peu en silence. C'était si… Etrange. Comme s'ils se connaissaient depuis un bon moment, et qu'ils étaient presque… Amis ? Non, c'était ridicule. Mais leur discussion leur paraissait un peu irréelle. D'un même souffle, ils dirent :

- Lorsque nous sortirons de la cave.

Un sourire entendu se dessina sur leur visage, tandis qu'ils continuèrent de marcher en silence. Pour la première fois, Hoshiko réfléchissait à ce qui se serait passé si elle ne l'avait pas rencontré en étant marine. Qu'aurait-elle été, alors ? Barman, peut-être, comme sa mère ? Sans doute. Ils se seraient alors à peine parlé. Ne se seraient sans doute jamais battu. Ils ne se seraient pas souvenus l'un de l'autre. Ho, peut-être qu'elle l'aurait remarqué, avec son équipage habillé en blanc, son ours comme second et son air moqueur. Mais vite, elle l'aurait oublié, tout comme lui.

Mais elle était marine, et de ce fait son ennemi, et elle le suivrait au bout du monde pour le traquer. Distraction dangereuse, mais tellement amusante ! Non, jamais elle n'aurait put rester sur son île et reprendre le bar de sa mère, elle était née pour l'action, la liberté, l'imprévu, le danger, aussi malsain soit-il. L'aventure. Née pour Grand Line. Perdue dans ses pensées, elle aperçut quelques secondes plus tard que Trafalgar Law la lumière qui perçait au bout du tunnel dans lequel ils marchaient depuis une demi-heure. Plissant les yeux, tous ses muscles se contractèrent, près à l'action.

« Lorsque nous sortirons de la cave. »

Ils ne se regardèrent même pas, concentrés sur le chemin devant eux. Les hommes en blanc s'étaient déjà éloignés du tunnel quand ils posèrent le pied sur la neige fraîche du dehors. Un léger crissement se produit. Une fraction de seconde. Tout deux sautèrent à distance raisonnable l'un de l'autre, sur le qui-vive. De prime aveuglée par la lumière du soleil levant et la neige, elle put ensuite distinguer, à quelques mètres d'elles, les Heart Pirates qui… S'enfuyaient. Son den-den mushi sonna. Ne sachant quoi faire, elle décrocha, avant de se mettre à les suivre à distance raisonnable.

- Colonel Hoshiko, l'homme s'est échappé !

- QUOI ? Hurla-t-elle, folle de rage.

Non, non, enfin elle le tenait, lui et son équipage, enfin elle pouvait le coincer, le battre, et ils avaient laissé passé leur seule et unique chance ? L'homme se confondait en excuses que sa colère empêchait de comprendre, quand un mot sortit du lot.

- Royce ? Royce est blessé ?

- Entre la vie et la mort, Colonel. Le prisonnier a profité des menottes un peu trop grandes pour y arracher une main, qui est alors presque hors d'usage. Mais comme il se battait essentiellement avec ses pieds, ce…

Hoshiko n'écoutait plus, ayant saisit l'essentiel : l'homme qu'ils avaient capturé étaient sans doute l'un des plus fort de l'équipage –ils n'auraient pas laissé leur bateau au premier venu, après tout, surtout seul- et ses hommes avaient déjà dut être blessé lors du premier affrontement pour le maîtriser. Lorsqu'il s'était libéré, il avait dut profiter de l'état de faiblesse du groupe pour s'enfuir. Pourtant, pourtant… Les mots « Lieutenant Royce blessé » tourbillonnaient dans sa tête. Royce, son lieutenant dévoué, si calme, si pragmatique, silencieux mais digne de confiance. Droit. Celui sur qui elle pouvait se reposer sur Grand Line, qui lui donnait l'impression de ne pas être seule sur cet océan périlleux et déchaîné. Elle avait beau être solitaire, l'idée de perdre un appui précieux, même s'il était moins gradé qu'elle, était terrifiante.

- Nous sommes en route pour le rattraper, Colonel. Où êtes-vous ?

- Où est Royce ? A-t-il vu un médecin ? Demanda-t-elle d'une voix blanche.

- Le médecin arrive, il est sur le bateau, Colonel. Nous pouvons toujours les avoir.

Royce, entre la vie et la mort, seul sur le bateau tandis qu'ils courent après des Pirates… Non, son lieutenant, une personne sous sa responsabilité, entre la vie et la mort. Lieutenant et ami. Et ses hommes, sans doute blessés et fatigués, qui courent après un dangereux pirate.

Les images de la nuit lui revinrent, Trafalgar Law acceptant la trousse de secours qu'elle lui donnait, Trafalgar Law proposant une trêve, Trafalgar Law ne l'attaquant pas, sacrifiant son ego et sa colère pour le bien de ses hommes… Et elle, que faisait-elle ? A coté de lui, elle était une bien piètre meneuse. Comment quelqu'un comme lui, un pirate, un hors-la-loi, pouvait-il lui donner des leçons dans ce domaine là ? Pourtant, c'était ce qu'il venait de faire. Elle s'arrêta et fit demi-tour, s'orientant vers la mer, le port.

- Rentrez immédiatement au bateau, appelez autant de médecin qu'il le faudra. Vous devez vous soignez, ajouta-t-elle pour couper court aux protestations, c'est un ordre.

Jetant un dernier regard en arrière, elle donna tout ce qui lui restait pour arriver au bateau assez vite. Tout ses hommes étaient déjà là, une équipe de médecin s'affairant autour du lieutenant Royce et d'autres soignant le reste de ses hommes. Elle s'affala sur une chaise, sa cuisse, son bras et sa mâchoire toujours douloureux. Un médecin se détourna de ses hommes pour s'approcher d'elle, mais le repoussa, lui ordonnant de s'occuper des autres d'abord. Puis elle appuya sa tête contre la fenêtre, regardant les flots. Trafalgar Law, à ce moment là, devait être sur le bateau, lui aussi à soigner ses hommes. Elle ferma les yeux, bercée par le bateau qui tanguait légèrement, et s'endormit, épuisée, savourant les dernières minutes de trêves implicites.


Le cinquième chapitre est terminé, merci d'avoir choisit notre compagnie. Si vous avez des recommandations à faire au conducteur -menaces de mort, lettre d'amour ou conseil pour ne plus conduire comme une chauffarde ou simplement pour dire ce vous pensez de sa conduite- veuillez vous adressez à la case "reviews". Merci =D