Merci beaucoup à Mimylily, poom's et Camdel pour leur review, ça me fait très plaisir et ça me donne encore plus envie d'écrire!


Chapitre 6 : La précieuse aide de Royce

Poussant un soupir, Trafalgar Law recula de quelques pas et posa le fil et l'aiguille qu'il avait en main. Recoudre les plaies d'Henry, tout en veillant à ce qu'elles ne s'infectent pas, sans parler de ses deux côtes cassées et des os de sa mains, tous fracturés voir pire, avait demandé toute sa concentration et tout son savoir-faire. A présent, l'homme se reposait paisiblement. Il le regarda sortir de la pièce sur son brancard poussé par un de ses hommes avant de retourner dans l'infirmerie. Après un rapide examen pour vérifier que toutes les blessures guérissaient bien, sans complications, il ordonna d'immerger pour l'instant, histoire de s'éloigner le plus possible des marines.

De retour dans sa chambre, il retira son pull jaune, couvert de sang –lorsqu'Henry était apparut, blessé et au bord de l'évanouissement, il n'avait pas eut le temps d'enfiler une blouse avant de le soigner- et ouvrit le robinet d'eau chaude. Posant son nodachi ainsi que son chapeau à coté de la douche, il finit de se déshabiller avant d'entrer dans la petite douche. Sa blessure à la jambe, où la balle en granit marin s'était enfoncée, le faisait toujours souffrir lorsqu'il s'appuyait dessus. La moitié de ses hommes étaient blessés, dont deux complètement hors-course. Il s'en était vraiment fallut de peu, cette fois-ci.

A vrai dire, il devait reconnaître que cette fois, la colonel s'était montrée être une redoutable adversaire. Profitant de l'effet de surprise, capturant un de ses hommes, les mettant dans un tel état… Tirant profil de la situation dans la cave, aussi. Si Henry n'avait pas réussit à se libérer, il ne savait pas trop comment tout cela se serait terminé. Si elle n'était pas venue au bar seule mais avec des marines, aussi, qu'auraient-ils fait ? Secouant la tête, il se força à penser à autre chose : il était inutile de penser à des malheurs qui n'étaient pas arrivés.

En revanche, il était étrange qu'elle ne les ait pas poursuivis après leur sortie de la cave. Sans doute avait-elle, elle aussi, préféré soigner ses hommes. Sortant de la douche, il jeta un dernier coup d'œil à sa jambe. Hoshiko avait fait des progrès, mais lui aussi, c'était indéniable. Cependant, il devait vraiment devenir plus rapide s'il voulait continuer à rester en course. Ce jeu de course-poursuite commençait vraiment à l'amuser, bien qu'il soit dangereux. La marine était une adversaire intéressante, de plus. Il se remémora son visage, sa mâchoire où s'étaient étalés des bleus sur sa peau d'ordinaire pâle. Il eut un léger sourire en coin: il ne la sous-estimerait plus, mais elle aussi ferait mieux de devenir plus forte si elle voulait être à la hauteur. Car il n'aurait aucune pitié. Il quitta sa cabine, un plan se mettant en place dans sa tête. Il avait entendut des choses intéressantes au bar, avant l'avalanche…


La colonel avait passé la matinée dans sa chambre, après avoir écouté le diagnostic du médecin : ne pas forcer sur sa jambe pendant 2-3 jours, changer régulièrement les bandages de cette jambe et de son bras pour éviter l'infection. Quand à la ligne de bleus qui était apparue sur sa mâchoire, il n'y avait pas grand-chose à faire. Au moins, avec cette tête là, aucun contre-amiral ou autre gradé ne risquait de l'inviter à dîner. Maigre consolation face à ses blessures et le fait qu'une fois de plus, une fois de trop, Trafalgar Law lui avait échappé. A présent, elle était un peu perdue, ne sachant pas trop par où commencer. Un bruit la tira de ses pensées, et elle autorisa la personne à entrer.

Royce, s'appuyant un peu sur le mur, des bandages un peu partout, entra dans sa cabine. La rousse se précipita pour l'aider à s'asseoir.

- Tu ne devrais pas sortir de l'infirmerie, Royce, lui reprocha-t-elle.

- Et vous, vous ne devriez pas vous renfermez comme ça.

Royce, dut au fait qu'il soit moins gradé qu'elle, avait toujours refusé de la tutoyer, malgré leur apparente amitié.

- Je ne me renferme pas, protesta-t-elle pour la forme.

Son lieutenant haussa les sourcils et jeta un journal sur ses genoux. Elle repéra immédiatement l'article où l'on avait parlé du grabuge qu'avaient occasionné les Heart Pirates sur l'île précédente, et dit d'un ton dédaigneux :

- J'ai déjà lut ce journal, Royce, merci.

- Non, rectifia-t-il. Vous n'avez que lut cet article là, affirma-t-il en pointant sur le gros titre « Trafalgar Law et son équipage marquent leur passage sur Grand Line ». Vous avez toujours dit que l'information était une arme, colonel Hoshiko. Appliquez vos conseils et renseignez-vous, s'il vous plaît.

Poussant un soupir pour la forme, elle admit cependant qu'il avait raison. La marine baissa les yeux sur le journal et le feuilleta brièvement, avant de se stopper, choquée, et de lever les yeux vers son lieutenant qui l'observait toujours. Non, elle n'avait quand même pas put être si obnubilée par Trafalgar Law qu'elle en avait loupé ça…

- Depuis combien de temps Sir Crocodile est tombé ?

- C'est un sujet dont ils ont régulièrement parlé les semaines précédentes. Mais il y a pire.

Hoshiko acquiesçât, ses yeux parcourant rapidement l'article qui l'avait stupéfait, accompagné d'une affiche « wanted ».

- Drake, il était donc sérieux quand il parlait de quitter la marine ? Mais depuis quand il est entré sur Grand Line ?

- Un peu après nous, répondit Royce.

Hoshiko déglutit avec difficulté. Drake était un contre-amiral de North Blue qu'elle avait rencontré une fois, lors de sa promotion au rang de Colonel, et avait peu parlé avec lui. Pourtant, elle avait décelé chez lui une ouverture d'esprit et une honnêteté remarquable. C'était, malheureusement, la seule fois qu'elle l'avait vu. Ensuite, elle n'avait entendu que des rumeurs parlant de son possible départ de la marine. Comment avait-elle put manquer tout ça ? A présent, il était l'un des plus prometteurs rookie de Grand Line, en grande partie dût à tout ce qu'il savait sur les marines. Sa prime fleurtait avec les 100 millions de Berrys. Tournant les pages, elle découvrit qu'elle avait vraiment oublié le reste du monde, se fixant sur Law.

Un certain Eustass Kidd faisait des ravages parmi les civils. Un membre d'une tribut aux étranges bras se faisait un nom. Une femme pirate, Jewerly bonney, avait une prime qui augmentait étrangement vite, le gouvernement semblant intéressé par elle. Et surtout, un certain Monkey. voyait sa prime augmenter de façon vertigineuse.

- Ils se sont passé le mot, ou quoi ? Souffla-t-elle.

- Colonel Hoshiko, demanda Royce, un peu hésitant, pourquoi vous tenez tant à arrêter Trafalgar ?

Repliant doucement le journal, la marine réfléchit un instant, puis expliqua d'une voix posée :

- Par ce qu'il m'a échappé, et que je me dois de le rattraper. Je déteste perdre, Royce, tu le sais. Et puis, ça faisait tellement longtemps que je voulais voir Grand Line, ajouta-t-elle.

- Je vois… Murmura-t-il.

Il y eut un silence un peu gêné, puis elle lui demanda si ses blessures guérissaient normalement. Sentant qu'elle voulait rester un peu seule, il la rassura un peu et partit. Un fois seule, elle réfléchit à ses options concernant Law : elle pouvait immédiatement partir lui courir après. Stupide, irréfléchi, et impossible : ils devaient avoir immergé, ils ne les trouveraient pas. Attendre que ses hommes aient récupéré et partir à leur recherche ? Même problème, ce sous-marin était définitivement une plaie. Ils pouvaient également partir à la prochaine île et les attendre là-bas. Plan qui marcherait à condition qu'ils ne changent pas de route.

Les éternels poses étaient rares, il y avait peu de chances qu'ils en trouvent. Tout de même, elle préféra attendre qu'ils partent pour les suivre. Une idée lui vint alors, et elle se leva pour descendre dans la salle des machines du bateau. La marine y retrouva les mécaniciens et navigateurs qui se mirent au garde à vous. D'un signe de tête, elle les tranquillisa et demanda à la navigatrice, une femme de trente ans dans la force de l'âge, s'ils pouvaient se procurer des radars, comme dans les sous-marins. Surprise, elle répondit que ce serait inutile vu qu'ils restaient en surface.

- Peut-on, répéta la marine, oui ou non, en avoir à bord ?

- Peut-être, oui, pourquoi ?

- On peut s'en procurer sur cette île ?

Elle réfléchit un instant, puis dit :

- Il y a quelques récifs dangereux, donc peut-être. Vous voulez en installer ?

- Aussitôt que possible, maintenant même s'il l'on peut. Je veux qu'il soit installé le plus rapidement que vos capacités le permettent.

- Bien, colonel.

Sur ce, elle appela un homme et partit avec lui de la salle des machines. Hoshiko sourit avec désinvolture: poursuivre les Heart Pirates avec un radar serait déjà plus simple. A présent, elle devait voir si les Heart Pirates étaient passés en ville avant de partir. Un bref coup d'œil par le hublot lui apprit que la nuit commençait à tomber. Préférant une tenue qui passe moins aperçut –et se rappelant que les gens étaient plus enclins à parler quand ils n'avaient pas une marine devant eux- Hoshiko enfila son ensemble de civil et, après avoir prévenu ses subordonnés, partit en ville.

Cependant, elle n'eut pas de chance, il semblait que les Heart Pirates ne soient même pas descendus de leur navire et avaient directement filé après l'avalanche. Le village était partiellement détruit, mais des parties surélevées, ou plus éloignées, étaient toujours en état. Elle termina dans une taverne où elle commanda à boire après avoir posé les habituelles questions. L'homme qui tenait la taverne semblait ne rien savoir, et elle engloutit la chope de bière qu'il lui servit, pensive. Où Law avait-il bien put aller ? Où aurait-il put se réfugier ? Il n'avait pas dut avoir refait son stock de vivre, alors où irait-il à présent ? Pas très loin, sûrement…

Mais soudain, la marine eut du mal à penser correctement, son esprit s'embrumant. Sa vision se flouta, elle ne sentait plus le chaud et froid, entendait les paroles déformées, la bière lui laissait un étrange arrière-goût… La bière, pensa-t-elle dans un dernier éclat de lucidité. Du coin de l'œil, elle vit la forme massive du tavernier s'approcher d'elle avec un sourire. La jeune femme s'écroula sur la table, inconsciente.


Seule, elle était seule dans une grande prairie. Le vent faisait s'enrouler ses long cheveux autour d'elle. Après avoir détaillé un instant les lieux, elle les attacha sommairement. Il faisait beau, la marine était habillée confortablement, comme lorsqu'elle était petite : une chemise et pantalon, tenue de garçon manqué qu'elle avait été. Sa mère, à l'orée de la prairie, lui faisait des signes de la main tandis qu'elle s'éloignait.

Son cœur se serra, mais elle préférait rester dans la prairie. Son père arriva, lui lança des armes, et commença à l'entraîner. Elle suivit, apprit, puis au bout de quelques temps lui aussi partit. Cette fois-ci, elle lui courut après jusqu'à la lisière, où elle se retrouva bloquée par une sorte de champs invisible. Sa mère était derrière elle à nouveau, dans la prairie.

- Emmène-moi avec toi ! cria Hoshiko à plein poumon.

Son père lui sourit, puis le décor changea. Elle avançait à vitesse folle dans la forêt, suivant son père, laissant sa mère… Et atterrit dans une nouvelle clairière vide, son père déjà au loin. Non, pas tout à fait vide.

Trafalgar Law l'y attendait, son sourire moqueur aux lèvres. Après quelques instants d'hébétudes, il lui fonça dessus, le combat endommageant la clairière autour d'eux, l'air résonnant des balles tirées. Et puis, soudain, elle se retrouva à quelques centimètres de lui. Incapable de reculer, contrainte de plonger dans ses yeux. Noirs. Si noirs.

- Hoshiko, murmura-t-il.

Elle se débattit, en vain.

- Hoshiko, insista-t-il.

- Law, marmonna-t-elle.

- Colonel Hoshiko, revenez à vous !

La jeune femme revint brutalement à elle, se redressant immédiatement, respirant par à-coups, pupilles dilatées. La tête lui tourna, la lumière l'aveugla, et elle retomba sur quelque chose de moelleux, sans doute un oreiller. Ses yeux distinguaient vaguement une silhouette en blanc qui parlait d'un ton rassurant, mais ses paroles ne l'atteignaient pas.

- Qu'est ce qui s'est passé ? Marmonna-t-elle, perdue.

- On vous a retrouvé évanouie, Colonel, dans la rue.

- Depuis combien de temps ? Demanda-t-elle.

- Vous êtes restée évanouie pendant une journée entière, Colonel.

La marine écarquilla les yeux d'horreur. Une journée entière ! Elle voulut crier, mais aucun son ne sortit. L'incompréhension la rendait muette. A coté d'elle, le médecin lui expliquait qu'elle avait été droguée, et lui demandait si elle avait but ou mangé quelque chose avant de perdre connaissance. Se forçant à réfléchir, elle lutta pour retrouver sa mémoire, repoussant la colère qui bouillonnait en elle, et finit par se redresser, plus prudemment cette fois, et dit lentement :

- Je suis allée dans une espèce de bar où j'ai but quelque chose… Et après, tout est devenu flou…

- Celui qui vous as servit a dut ajouter de la drogue, affirma le médecin.

- Mais pourquoi ? Demanda, stupéfait, un marine à son chevet.

- Je l'ignore. Mais j'avoue que c'est peu probable: la drogue que l'on vous a administrée est assez compliquée à préparer, et certains ingrédients de sa composition ne se trouvent pas sur Grand Line mais sur…

- North Blue, la coupa Hoshiko.

Le médecin la regarda, surpris, puis hocha la tête. Les poings de la jeune femme se crispèrent tandis qu'elle réfléchissait à toute vitesse. Un flot de jurons colorés sortirent de sa bouche.

- Colonel, vous ne pensez quand même pas que…

- Si, répondit-elle d'un ton sec. Lorsqu'on s'est arrêté sur la première île, il a vu que je m'habillais en civil quand je cherchais des informations. Il a dut en déduire que je ferais de même là, et de ce fait le barman ne serait pas réticent à m'administrer la drogue s'il ne savait pas que j'étais une marine.

Le marine poussa un juron. Hoshiko, elle, continuait de réfléchir: pourquoi la droguer maintenant ? C'était un plan risqué. Il n'y avait pas beaucoup de réponses possibles : il voulait gagner du temps, il ne pouvait se permettre de l'avoir sur les talons. Il disposait d'une journée d'avance, et était certainement partit quelque part. Quelque chose avait dut l'attirer. Un trésor sur l'île, peut-être ? Elle pensa d'abord à interroger le barman, puis se ravisa : c'était inutile, il ne saurait rien. A coté d'elle, le marine s'agita :

- Je vais aller chercher ce barman et le faire arrêter, Colonel.

- Non, intervint Hoshiko, ferme. Ça ne servira à rien.

- Mais, Colonel, vous…

- J'ai dit non, je me fiche de ce barman ! Cria-t-elle, furieuse contre elle-même de s'être fait avoir de la sorte. C'est Trafalgar Law qu'il faut attraper. Si tu veux te rendre utile, je veux que toi et tes hommes descendent en ville et dites-moi si…

Elle s'interrompit, des coups ayant été frappés à la porte.

- Entrez, ordonna-t-elle.

Royce ouvrit la porte. Il avait toujours des bandages, mais semblait mieux pouvoir marcher. Il s'informa de son état et, une fois rassuré, lui expliqua qu'ils avaient trouvé un homme, un réparateur de bateau, qui aurait aperçut les Heart Pirates.

- Nous l'avons emmené sur le bateau, Colonel.

- Parfait, excellent travail Royce. Conduisez-moi à lui.

Le médecin tenta de l'en dissuader, mais elle se leva, résolue.

« Cours, Law, mais je te rattraperai toujours » pensa-t-elle.


Bon, j'avoue, il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre .

Il y aura plus d'action dans les deux qui vont suivre. Dites-moi ce que vous en pensez, en mal/bien, peu m'importe =)

Et merci encore à mes revieweuses! *Cours vérifier leur profil, prise d'un doute affreux. Ha non, c'est bon, c'est bien toute des filles =)*