Avant d'y aller, merci encore pour toutes vos reviews =) Je le dirai jamais assez je crois ^^

Mais bon, je ne vais pas parler pour rien dire, je laisse place au chapitre 7!


Chapitre 7 : Rendez-vous

L'homme était assis dans une des salles du navire. Royce avait eut le temps de lui expliquer que c'était, d'après les dires des villageois, une sorte d'escroc. Cependant, cet escroc aurait réussit à apercevoir les Heart Pirates après l'avalanche.

- Et ? Demanda Hoshiko. Pourquoi est-ce que l'on ne sait toujours pas où ils sont partis ?

- Il refuse de le dire, et demande des sommes d'argent exorbitantes pour tout renseignement.

Hoshiko rit malgré elle: vraiment, il croyait s'en tirer ainsi ? Elle entra dans la salle et vit l'homme. Une quarantaine d'années, cheveux blonds, visage anguleux. Hoshiko s'assit avec un sourire en face de lui, et croisa les bras avant de lancer d'un ton assuré :

- Alors, Monsieur, on ne veut pas nous dire par où sont partis les Heart Pirates ?

L'homme la détailla un instant, avant de lâcher :

- J'étais le seul au port à ce moment là, m'dame. Alors si vous voulez savoir par où sont partis vos pirates, vous aurez pas le choix : faudra payer. Ce sera…

- Merci beaucoup, susurra-t-elle avec un sourire en coin. Maintenant, je suis certaine que vous êtes le seul à savoir par où ils sont partis. Pas besoin d'aller chercher ailleurs, vous voyez ?

L'homme se tut, indécis. Elle ordonna qu'on la laisse seule avec lui. Le sourire d'Hoshiko s'agrandit tandis qu'elle se penchait en avant.

- Maintenant, écoutez-moi bien : je n'aurais aucun mal à vous mettre une prime sur la tête pour non-coopération, et avec tout les malheureux qui ont résulté de l'avalanche, ils se jetteront sur vous avant que vous n'ayez le temps de dire « récompense ».

L'homme déglutit avec difficulté, n'ayant visiblement pas pensé à ça. Mais il se ressaisit rapidement :

- Vous ferez pas ça, m'dame. Vous voulez le capturer, j'en ai entendu parler. Vous lui courez après. Si vous mettez une prime sur ma tête, vous n'saurez jamais où il est partit.

Hoshiko entrouvrit la bouche, surprise. Alors comme ça, des rumeurs sur eux circulaient… Elle ferma les yeux un instant, et l'homme crut qu'il avait gagné, avant de déchanter : elle riait. Pas d'un rire joyeux, ni amusé, mais moqueur, avec une légère note de folie.

- J'ai seulement dit que je pourrais vous mettre une prime sur la tête, pas que je le ferais. J'ai d'autres plans en tête. Une prime, c'est trop facile. Vous êtes dans une salle d'interrogatoire, vous savez…

Le cœur de l'homme loupa un battement, puis il détailla la salle avec un peu plus d'attention. Hoshiko se leva avec une lenteur mesurée et ouvrit la porte d'une armoire, sur le coté, et en sortit un poing hérissé de piques. Affolé par son regard noir, l'escrocs se précipita vers la sortie, mais fut plaqué contre le mur au bout de trois pas. Une lueur démente brillait dans les yeux verts de la jeune femme qui tenait devant lui le gant à piques.

- Commençons par votre nom, vous voulez bien ? Chuchota-t-elle.

L'homme bafouilla son nom, effrayé. Plus que tout, c'était le sourire de la marine, froid et cruel, lui promettant des souffrances sans le moindre état d'âme, qui le terrorisait.

- Alors, Monsieur Hyroka, dit-elle d'un ton moqueur, vous avez deux choix : ou bien vous me dites tout de suite par où sont partis les pirates, ou je m'assure de vous garder en vie pendant que je vous arracherais la réponse…


Hoshiko ferma soigneusement la porte derrière elle et se trouva face à son lieutenant.

- Je ne pense pas qu'il ait mentit, dit-elle, mais faites en sorte de pouvoir le retrouver, juste au cas où.

Le lieutenant hocha la tête.

- Les Heart Pirates seraient partis à l'ouest, c'est-à-dire vers la ville de Subaka. En creusant un peu, il m'a également révélé qu'un des hommes de cette ville a pour tradition d'organiser tout les ans une gigantesque fête à thème. Et cette année, c'est celle du masque.

- Vous pensez vraiment que les Heart Pirates y seront ?

- Oui, fit-elle. Du moins, c'est la seule raison que je vois. Cet homme mettra sûrement des gardes, mais ils ne seront pas suffisants. C'est une aubaine pour les pirates, de plus ils ont de l'avance sur nous. Je m'infiltrerai personnellement au bal.

- Tout de même, vous allez vous infiltrer au bal sans même savoir s'ils y sont réellement et sans aucun moyen de les reconnaître…

- Pas aucun moyen. La navigatrice doit avoir installé le radar, à l'heure qu'il est. Nous sauront vite fixés, une fois arrivé là-bas. Dis-moi, tu saurais où trouver des masques et des robes ?

Quelques heures plus tard, Hoshiko regardait non sans un certain intérêt le nouveau radar installé en salle des machines.

- Quand les rattraperons-nous ? Demanda-t-elle à la navigatrice.

- Si on les retrouve, répondit-elle prudemment, ce ne sera pas avant deux jours au moins.

- Pas avant d'être arrivé à Subaka, donc…

- Colonel, vous êtes sûr qu'ils sont là-bas ? Demanda à son tour la navigatrice.

- Non, répondit-elle, mais je reste persuadée qu'ils y vont. Il n'y a qu'un trésor qui le pousserait à prendre le risque de m'empoisonner par intermédiaire.

Elle repensa à la nuit dans la grotte, et ajouta :

- Et puis, il a une revanche à prendre. Il ne partira pas comme ça.

- Vous semblez devinez comment il pense.

Hoshiko ne répondit pas, mais se détourna des écrans et se dirigea vers sa cabine sans un mot. C'était vrai, il lui était de plus en plus facile de comprendre les futurs déplacements de Law. Peut-être par ce qu'elle le connaissait de mieux en mieux, ou par ce qu'elle pensait un peu comme lui. De toute manière, Law ne serait bientôt plus un sujet de préoccupation : elle l'attraperai avant qu'il ne parte de cette île. Et après… Hoshiko s'immobilisa un instant devant sa porte. Après ? Elle poursuivrait d'autres pirates, sans doute.

Son cœur se serra; l'idée de ne plus poursuivre Law mais un autre pirate ne l'enchantait pas tant que ça. Mais d'un autre coté, elle voulait vraiment, plus que tout, l'attraper, enfin. La marine secoua la tête, prit une profonde inspiration et tourna la poignée de la porte : elle verrait bien ce qui se passerait après. Elle ferait ce qu'elle aurait envie, comme d'habitude.

Sur son lit étaient étalées trois robes différentes avec leurs masques assortis. A coté, un pot de teinture marron lui permettrait de dissimuler ses cheveux, dont la couleur était trop facilement reconnaissable. Elle se surprit à apprécier essayer les différentes tenues: après tout, elle n'avait eut que de rares occasions de se faire belle. A part peut-être la semaine avec le contre-amiral, mais à ce moment là elle redoutait les rendez-vous du soir. Au contraire, cette fois-ci, elle avait hâte. Hâte qu'il la voit, hâte de se battre, hâte de le mettre aux fers. Elle gagnerai cette partie, ce jeu, coûte que coûte.

Au bout d'une heure, elle opta pour une robe verte, fendue suffisamment haut sur les cotés pour pouvoir se battre, mais qui lui permettait d'accrocher autour de sa cuisse poignard et revolver chargés en balle de granit marin. Elle y rajouta une ceinture, marquant sa taille et lui permettant d'y glisser plusieurs balles pour ses armes. Une fois son masque en place, elle enroula ses cheveux autour d'un chignon et y piqua deux bâtons en bois. Ces derniers, creux, dissimulaient deux lames. Le masque coloré dissimula le sourire sauvage qui s'étalait sur son visage : personne ne la soupçonnerait d'être une marine, ni même de savoir se battre. Pas même Law. Il ne manquait plus que sa teinture de cheveux pour être parfaite. Hoshiko préféra la faire au dernier moment. Elle avança jusqu'à sa fenêtre, et souffla, comme pour elle-même :

- Rendez-vous dans deux jours, Law, dans deux jours… Tu as intérêt à être à la hauteur…


Trafalgar Law regardait sans grand intérêt les tenues de soirée, derrière la vitrine. Non seulement il ne pouvait les voler –il ne pouvait pas se permettre d'attirer l'attention la veille de la soirée- mais en plus s'habiller comme ça n'était pas vraiment ce qu'il aimait le plus. Il entra cependant dans la boutique, acheta quatre costumes et sortit. Lui et trois de ces hommes iraient à cette soirée, et profiteraient de l'ambiance pour discrètement trouver où l'homme cachait ses richesses. Au pire, il ne serait pas compliqué non plus de subtiliser quelques bijoux ou autres aux invités. En général, même s'il ne fournissait pas d'invitation, seules les personnes les plus riches de la ville y allaient, étant donné que ces bals étaient ennuyeux à mourir, et qu'ils ne servaient qu'à parler d'affaires.

Tandis qu'il retournait au sous-marin, il eut une pensée pour la colonel Hoshiko, ce qui le fit rire. Il imaginait sans mal sa colère lorsqu'elle s'était réveillée après avoir passé un jour dans une sorte de coma. Son incompréhension, aussi. Son agacement en n'ayant aucune piste pour leur prochaine destination. Cependant, il avait apprit à être prudent : au cas où elle les trouverait quand même, des hommes restaient sur le sous-marin, prêts à le faire immerger à tout moment, et tous conservaient un den-den- mushi sur eux. Il était hors de question de repartir les poches vides.

Une fois à l'intérieur, il distribua les trois costumes à ses hommes et entreprirent de s'habiller. Après plusieurs minutes passées à batailler avec leur cravate, à se plaindre du peu de confort de la tenue ou de son manque de goût, ils réussirent à être présentables.

- Tu es sûr de vouloir y aller, capitaine ? Demanda l'un de ses hommes en mettant un masque. Tu n'auras pas ton arme là-bas.

Trafalgar Law y avait réfléchit, en effet. Dans l'hypothèse où la Colonel l'aurait retrouvé et serait présente à la soirée, le fait d'être désarmé était un inconvénient majeur. Il avait besoin de toute sa puissance s'il voulait la battre. Il donna alors son nodachi à un de ses hommes :

- Tu resteras aux alentours de la place, fit-il. Si jamais les marines sont présentes, je t'appellerai et tu entreras pour me le donner. Garde toujours ton den-den mushi sur toi.

L'homme hocha la tête.

- N'oubliez pas, récapitula-t-il. Vous prenez tout ce que vous pouvez discrètement, et si cela tourne à la bagarre, on s'enfuit. Ne restez pas à traîner.

Sur ce, ils quittèrent le sous-marin et se dirigèrent vers le lieu de la fête. Déjà la musique au violon s'élevait, ainsi que des rires et des voix. Ils se séparèrent et passèrent par intervalle devant les gardes qui ne remarquèrent rien. Une fois à l'intérieur, Law se dirigea directement vers le bar où il commanda à boire. Il but, seul à une table et en silence, son verre, l'air faussement ennuyé. En réalité, il observait chaque recoin, chaque personne de la salle. Pour la plupart, des bourgeois qui voyaient dans cette fête l'occasion idéale d'exhiber leurs bijoux. Une dame vint lui servir un verre et parla quelques instants avec lui. Assise près de lui, il en profita pour glisser la main dans son sac et en retirer une bourse tandis qu'elle parlait sur un sujet quelconque.

Quelques instants plus tard, voyant qu'il n'était pas du tout intéressé, elle le laissa seul à nouveau. Du coin de l'œil, il vit deux de ses hommes partir dans des escaliers. Espérant qu'ils ne se feraient pas remarquer, il se leva à sont tour : à l'autre bout de la salle, il avait aperçut une petit porte, qui donnait sûrement sur l'intérieur de la maison. Au pire, il n'aurait qu'à passer par dehors pour ensuite forcer une fenêtre d'une chambre. Les gardes étaient trop occupés à surveiller l'intérieur de la salle pour se préoccuper de l'extérieur.

Il s'immobilisa soudain : une autre femme, plus jeune sans doute, lui barrait soudain la route. Pendant une folle seconde, il crut que c'était une marine à cause de la vitesse à laquelle elle avait surgit, porta sa main à sa poche où se trouvait son den-den mushi, puis se ravisa : elle n'avait pas les cheveux bordeaux et verts de Miss Hoshiko. De toute manière, il y avait très peu de chances qu'elle ait comprit qu'il soit là. Et puis, si elle avait été là, sans doute aurait-elle eut peur de réitérer son erreur et aurait déployé toute une unité de marine autour de la demeure, ce qui l'aurait trahie.

Mais non, la jeune femme n'était pas Miss Hoshiko : elle avait des cheveux bruns relevés en un chignon, où étaient piqués deux bâtons. Il fut un peu déçu de ne pas voir de bijoux précieux sur sa robe verte, et de voir qu'elle ne portait pas de sac. Ces deux derniers détails l'intriguèrent: elle devait bien être une des seules femmes à ne pas en avoir mit dans la soirée.

Sous son masque, il devina qu'elle souriait à ses yeux amusés et, juste assez fort pour couvrir la musique, elle demanda en lui tendant la main :

- Voudriez-vous dansez, Monsieur ?

Les musiciens avaient entamés une musique lente, laissant place aux couples qui commençaient à tourner lentement sur la piste avec plus ou moins d'aisance. Les pas n'étaient pas très compliqués, et Law les avait plus ou moins mémorisés. Cependant, il lui semblait plus sage de décliner l'invitation. Mais un coup d'œil derrière la jeune femme lui apprit que la piste couvrait à présent tout l'espace, jusqu'à la sortie qu'il avait vu. S'il voulait l'atteindre, il serait plus avisé de le faire en dansant avec elle.

- Avec plaisir, répondit-il en lui attrapant la main.

Tandis qu'il l'entraînait sur la piste, il remarqua que ses mains étaient étrangement… Rugueuses. D'ordinaire, les femmes prenaient soin d'elles, et leur peau était douce. Elle, semblait ne pas s'être ménagée. Il aperçut même une petite cicatrice sur son bras gauche. Trafalgar Law se mit à douter de son appartenance à la bourgeoisie : l'on aurait plutôt dit qu'elle savait se battre. Ses doutes se muèrent en certitudes tandis qu'elle lui souffla à l'oreille :

- J'aime beaucoup vos boucles d'oreilles, monsieur.

Law dut s'empêcher de s'immobiliser sur la piste. Bien, sûr, il avait pensé à retirer son chapeau et avait tenté de discipliner ses cheveux, mais il avait oublié de retire ses deux anneaux dorés. Aucun autre homme ne ferait ça, du moins pas un bourgeois. Elle continua sur sa lancée :

- J'ai entendu dire que des pirates auraient accostés, fit-elle d'une voix faussement apeurée en se rapprochant de lui. Mais bien sûr, ils ne réussiraient pas à passer… Ajouta-t-elle d'une voix douce.

Déstabilisé, il regarda à travers les fentes du masque. Des yeux verts. Beaucoup de personnes avaient les yeux verts.

Des yeux verts.

Comme ceux d'Hoshiko.

La musique s'accéléra.


Pfiouuu... Et d'un autre chapitre =) Comment vous l'avez trouvé? J'avais dit qu'il y aurait plus d'action, mais ce serait plus dans l'autre chapitre en fait ^^