Merci encore à Mimylily et Aotsuki-Midori pour leur reviews =)

Sans plus attendre, voici le chapitre 8!


Chapitre 8 : Dangereuse danse

Hoshiko n'avait pas eut trop de mal à entrer à l'intérieur de la salle. Mais, une fois à l'intérieur, elle avait constaté qu'elle aurait mieux fait d'acheter des bijoux ou un sac. Au milieu de ces femmes parées de pierres précieuses et affichant des parures plus ou moins extravagantes, elle avait l'impression d'être une pauvresse dans sa simple robe verte. Les gens la suivait du regard à cause de sa tenue trop sobre, aussi se dirigea-t-elle vers le buffet, puis le bar, et put ainsi détailler à tout loisir la salle et les personnes qui s'étaient vite désintéressées d'elle.

Ils étaient nombreux, et elle avait commencé à désespérer de trouver Law et ses hommes dans cette foule. Ses yeux étaient passés d'une personne à l'autre, cherchant des signes distinctifs. Un homme seul s'était levé de sa chaise. Elle avait détourné les yeux, mais un éclat doré les avaient attirés de nouveaux du coté de l'homme. Suivant son intuition, elle avait fait quelques pas vers lui. Il était en train de regarder vers une porte, au fond. Seul. Avec deux anneaux dorés à l'oreille. Un sourire avait étiré ses lèvres devant tant de chance, et elle s'était précipitée devant lui.

A présent, fière de le voir déstabilisé, elle était persuadée d'avoir trouvé Trafalgar Law. Il était le seul de son équipage à avoir la peau mate, et il faisait sa taille. La musique s'accélérait. Il l'entraîna au centre des danseurs, la faisant tourner plus vite. Il la fit tourner sur elle-même et elle se trouva dos à lui, bras croisés, tenant toujours ses mains. Un souffle grave parvint à ses oreilles :

- Si c'est vrai, alors vous êtes bien imprudente de venir. Ce pourrait être dangereux, Miss, si des pirates s'étaient introduis au bal.

Elle tourbillonna de nouveau, plus vite, et il la rattrapa, une main sur sa ceinture appuyant fermement là où se trouvaient ses balles. Il était rentré dans le jeu. De plus en plus tendue, Hoshiko susurra :

- Je prends le risque, de plus je n'ai rien à craindre avec vous, n'est-ce pas ?

Le sourire qu'elle devina alors derrière le masque du pirate lui fit froid dans le dos. Certes, elle ne voyait pas son visage, mais ses yeux semblaient s'être encore plus assombris, si possible, et une lueur s'y était allumée, comme s'il avait des idées derrière la tête. Elle n'aurait jamais imaginé qu'il puisse avoir un tel regard. Ils continuèrent de tourner lentement, cherchant à tirer profil de la situation. Soudain, lors d'une figure, elle glissa sa main dans sa poche, jusqu'au den-den-Mushi.

- Puis-je savoir pourquoi vous êtes venu avec ? Chuchota-t-elle.

Etrangement, peu lui importait ce que pouvait bien faire le reste de l'équipage des pirates. Law la fit immédiatement retirer sa main et la força à renverser sa tête en arrière, attrapant sa jambe dans le pas. Gênée, elle sentit sa main glisser sur sa cuisse jusqu'à l'arme dissimulée. Sur le même ton, il lui demanda :

- Et puis-je savoir pourquoi vous avez une arme d'accrochée à votre jambe ?

Contente d'avoir le masque pour dissimuler la rougeur de ses joues, elle remonta et reprit le pas classique avec une vigueur renouvelée, tentant de lui faire perdre le rythme, en vain.

- A cause des pirates, bien sûr, répondit-elle finalement, continuant leur comédie. L'on ne sait jamais ce qui pourrait arriver.

- En effet, murmura-t-il.

Ils continuèrent de valser, Hoshiko prête à donner le signal à ses hommes d'attaquer. Mais elle ne pouvait pas le faire. Pas maintenant. Soit un de ses hommes le donnerait en voyant un pirate sortir de la soirée, soit elle le donnerait elle-même, si elle réussissait à trouver un autre pirate dans la salle. Pour cela, elle fixait Law, regardant où il regardait, tentant de percer ses expressions en ne voyant que ces yeux, guettant le changement de pressions dans ses doigts qui pourraient se crisper si un des pirates faisaient une erreur… Le den-den-msuhi devait servir à alerter les autres pirates, aussi faisait-elle en sorte qu'il n'ait aucune main de libre.

La voyant de plus en plus attentive, le pirate varia le rythme, aidé par la musique qui changeait. Bientôt elle eut du mal à observer les personnes de la salle, et entra dans le jeu de Law, consciente cependant qu'il gagnait du temps. Mais peu importait, plus le temps passait, plus les marines risquaient de repérer des pirates, plus ils risquaient de faire une erreur. Elle l'entraîna au milieu de la piste, tournoyant. A plusieurs reprises, il tenta de la quitter, mais à chaque fois elle réussissait à rattraper sa main et à l'entraîner à nouveau au milieu des danseurs, se rapprochant de lui pour qu'il ne puisse s'échapper.

Trafalgar Law sentit son cœur battre aussi vite que lorsqu'il se battait. Une nouvelle fois, Hoshiko s'était surpassée et avait réussit à le mettre dans une situation périlleuse. Il n'osait pas déclencher un duel, voulant donner à ses hommes le temps de prendre des trésors, mais d'un autre coté ne pouvait pas tarder, chaque seconde risquait d'être celle qui ferait apparaître des régiments de marines. Hoshiko essayait-elle de gagner du temps ? Comment avait-elle sut qu'il était ici ? Qu'il viendrait chercher un trésor ? Le comprenait-elle si bien que cela ? Et comment pouvait-elle avoir autant d'aisance en dansant avec lui, un pirate ?

Le capitaine tâcha de reprendre ses moyens. Hoshiko n'essayait pas de gagner du temps : il était certain que des marines les attendaient à la sortie. Elle ne ferait pas deux fois la même erreur, cela ne lui ressemblait pas. Elle l'avait invité à danser vraisemblablement sur une impulsion, tel était son caractère. A présent, elle devait donc attendre le bon moment pour déclencher l'assaut. Il serait alors désarmé. Mais quel serait, pour elle, le bon moment ? Trafalgar Law grinça des dents, réfléchissant à toute vitesse. Les images défilaient devant ses yeux: Hoshiko blessant ses hommes, quelques jours plus tôt, lui avouant qu'elle ferait tout pour l'avoir, les différents barmans à qui il avait donné le poison, sa tenacité…

Lorsqu'elle repérerait les autres pirates. Voilà quand. Elle voulait non seulement le battre, mais aussi attraper tout l'équipage. Elle voulait le battre à plate couture. Il réalisa qu'il n'avait plus une seconde à perdre. Il décolla légèrement sa main de la taille de la jeune marine, et un cercle tourbillonnant apparut. Le réflexe qu'elle eut le surpris alors sa main devint floue, tirant sur une des baguettes de ses cheveux, fendant l'air avec et lui égratignant le bras, le forçant à reculer tandis qu'elle faisait un bond en arrière et hurlait l'alarme. Etait-il possible que sa vitesse ait encore augmenté ? Et où était son den-den-mushi ?

- C'est ça que tu cherches ? Cria Hoshiko.

Il cessa de fouiller ses poches pour regarder en face de lui. Alors que les gens s'enfuyaient en courant, elle se tenait parfaitement immobile, l'objet levé. Elle avait retiré son masque et son chignon. La salle se vida rapidement, et les pirates ne tardèrent à pas à venir.

- Capitaine ! cria l'un d'eux.

- Je croyais vous avoir dit de vous enfuir si cela tournait à la bagarre, fit-il d'une voix froide.

Maintenant que le hall était vide, sa voix grave résonnait. Il retira son masque.

- Colonel Hoshiko ! crièrent plusieurs voix.

Les marines s'engouffrèrent dans le hall à leur tour, prenant position face aux pirates. La main d'Hoshiko laissa tomber le den-den-Mushi et se remonta le bord de sa robe, attrapant lentement le revolver collé contre sa jambe. Le pirate attrapa le nodachi que son homme lui lança puis, à pas lent, ils se déplacèrent en rond.

- Comment vous nous avez retrouvés, Miss Hoshiko ? Demanda-t-il.

- Quelqu'un vous as vu, ce n'était pas difficile de le faire parler. Mais je n'arrive pas à croire que vous êtes vraiment venus ici. Tu as du cran, pour un pirate.

- Merci du compliment, répondit-il.

Puis, comme si quelque mystérieux signal avait été donné, ils engagèrent le combat. Cette fois-ci, ce fut Law qui se précipita sur elle, un tourbillon bleu dans la main. Une fois à bonne distance, il sembla éclater, et Hoshiko ne dut qu'à son extrême vitesse le fait de ne pas s'être fait prendre. En revanche, certains de ses hommes furent prit dedans, et découpés sans la moindre hésitation. Les pirates engagèrent le combat, suivant leur chef.

Trafalgar Law en était réduit à éviter sans les pouvoir du fruit du démon les balles d'Hoshiko qui, de plus en plus téméraire au fur et à mesure qu'elle s'habituait à ses nouvelles techniques, tirait en étant de plus en plus proche de lui. Pourtant, elle n'arrivait plus à le blesser; lui aussi s'étant amélioré. A présent, leurs échanges de coups se ponctuaient de pauses tendues durant lesquelles ils se fixaient, se déplaçant lentement, tendus, cherchant la faille, avant de repartir plus vite encore. Lorsque Law songea à détruire le hall pour pouvoir s'enfuir plus facilement, un étrange oiseau noir s'engouffra dans la salle et se posa sur l'épaule d'Hoshiko. Déstabilisée, elle recula de plusieurs pas et tenta de le repousser, mais l'animal tapait avec insistance une lettre sur la tête de la jeune fille. Elle exécuta un grand écart pour éviter un coup, tira deux balles pour écarter ses assayants, et jeta un bref coup d'œil à la lettre. Le cachet rouge, témoignant d'une missive très importante et urgente, attira son attention. Elle arracha la lettre et la déchira brusquement.

Trafalgar Law arrêta momentanément l'assaut sur les marines, et bientôt tous firent de même. Hoshiko laissa tomber la feuille de ses mains tremblantes, et son teint devint si pâle qu'il crut qu'elle allait s'évanouir. Quelque chose empêchait Law d'attaquer. Quelque chose dans ses yeux écarquillés, son souffle court, sa poitrine qui se soulevait au rythme irrégulier de sa respiration qui se faisait rauque, comme si elle n'arrivait plus à inspirer. Puis elle poussa un bref cri de rage, de désespoir, jeta ses armes avec violence au sol, ainsi que la lettre qui atterrit quelques pas devant le capitaine pirate.

Ses mains agrippèrent ses cheveux tandis qu'elle poussait une nouvelle plainte. Trafalgar Law fut frappé par l'expression de ses yeux: l'on aurait dit le regard des enfants complètements perdus, sans repère, qui viennent de tout perdre, et qui contemplent le désastre. Puis elle se tut, et le seul son qui émanait d'elle était toujours sa respiration rauque.

- Repliez-vous, cria-t-elle, avant de tourner les talons et de s'enfuir en courant à toute vitesse.

Aucun marine ne parvint à la retenir, et Law, bien qu'un peu choqué, profita de l'hébétude générale pour ramasser le papier à ses pieds.

Colonnel Hoshiko,

Nous sommes au regret de vous annoncer que votre père, le contre-amiral Hayko,

est décédé hier suite à ses blessures lors d'une bataille contre les pirates sur l'île d'Haroka.

Son enterrement aura lieu au cimetière des marines, sur Red Line, un bateau vous y conduira.

Avec toutes nos condoléances,

Le quartier général de la marine.

Lorsqu'il leva les yeux, il vit celui qui semblait être le lieutenant de la Colonel. Le regard dur, il dévisageait le pirate depuis plusieurs minutes, mais ne semblait pas vouloir l'attaquer. Le pirate laissa tomber le papier et, d'un signe de la main, ordonna à ses hommes de se replier. Battre les marines à ce moment aurait été facile, puisqu'Hoshiko n'était plus là, mais… L'idée lui répugnait. Il avait perdu toute envie de se battre, ce qui était étrange pour lui. Le lieutenant ramassa à son tour le papier et jura entre ses dents. Un instant tenté de poursuivre les pirates, il se ravisa: il avait reçu un ordre.

Pourtant, il aurait donné cher pour que ce pirate soit sous les verrous. L'obsession d'Hoshiko pour lui l'inquiétait, et il craignait que les sentiments de la marine ne lui jouent des tours. Heureusement, elle ne voulait que l'attraper, et c'était tout. Il froissa le papier et ordonna aux hommes qui voulaient courir aux pirates d'obéir à l'ordre du Colonel immédiatement. Etrangement, les pirates ne les attaquaient pas et s'enfuyaient. Des lâches. Tout ce qui comptait pour eux était certainement les trésors. C'était stupide de penser que quelqu'un comme Hoshiko, bien que jeune, puisse ressentir autre chose que du mépris pour eux.

Royce expliqua brièvement ce qui s'était passé, le contenu du message, et tourna résolument le dos au hall dévasté. Peut-être qu'après, ils pourraient oublier tout ça, ces maudits HeartPirates, et en chasser d'autres. Quand elle serait remise. Mais pourtant, Royce ne parvint pas à effacer une image de sa tête celle du capitaine pirate, le papier à la main, avec sur le visage une expression de... Tristesse ?


Arrivée au bord de l'eau, Hoshiko balança ses chaussures et courut, un peu moins vite néanmoins. Elle rentra rapidement dans l'eau glacée, qui lui donnait l'impression qu'une centaine de couteau l'assaillaient. Mais elle avançait, indifférente, au contraire voulant souffrir un peu pour oublier à quel point son cœur lui faisait mal. Une fois que l'eau lui arriva en haut du buste, elle eut du mal à respirer, et se laissa tomber.

Le monde s'était obscurci, et seul comptait cette douleur, cette impression qu'une main compressait de toute ses forces son cœur, refusant de le lâcher. Des larmes se mêlèrent à l'eau salée de la mer tandis qu'une nouvelle plainte entrouvrit ses lèvres, faisant rentrer de l'eau de mer dans sa bouche. Elle remonta à la surface en crachant le liquide salé, puis se laissa divaguer sur le dos, regardant le croissant de lune.

Arrivant sur la plage en suivant ses traces, Royce observa un instant la forme d'Hoshiko, allongée sur l'eau, contemplant la lune. Puis il retira ses chaussures et s'avança doucement dans l'eau. Comment pouvait-elle supporter de s'y baigner ? Sa température ne devait pas excéder les 3 degrés. Il la prit doucement par les épaules, craignant qu'elle le repousse. Mais, comme une poupée sans volonté, elle se laissa faire. Il la porta, la sortant de l'eau, la couvrit de son blouson et se dirigea vers le bateau. Le regard de la Colonel était vide, perdu.

Toutes ces fois où elle s'était entraînée, toutes ces fois où elle avait crié, toute ces fois où elle avait rit, toutes ces fois où elle avait espéré, toutes ces fois où elle l'avait admiré… Alors qu'elle semblait promise à une vie de routine, il l'avait poussé sur les mers, lui avait tout appris, tout donné… Il l'avait quitté. Ses repères étaient faux, à présent. Quelle importance de poursuivre Law ? Quelle importance d'être dans la marine ? Quelle importance d'être heureuse ? Elle se remit à sangloter, perdue. Pour la première fois, elle ne savait plus ce qu'elle voulait, elle ne savait plus quoi faire.

Vide.


Moi, sadique? Naaaan, pas du tout. . En attendant, pour les condoléances, passez par la case reviews ^^.

Je risque de mettre un peu de temps pour le prochain chapitre, je voudrais le faire plus long, et ce sera une sorte de transition, donc il mettra un peu de temps à se mettre en place.