Tout d'abord, un grand merci à Megy-chan, Invit93, Lena18, Deviland, Camdel et Aotsuki-Midori Akimi pour toute vos reviews, elles me font énormément plaisir =)

Bon, plus tôt que je l'avais prévu, here is the chapter 9 !


Chapitre 9 : Rivaux

- Colonel Hoshiko, le bateau va embarquer, il ne manque plus que vous.

Quelques jours plus tôt, elle aurait protesté que Royce fasse tant de civilités avec elle. Mais à présent, assise dans sa chambre à la base marine, front collé à la vitre, les yeux vides contemplant le bateau prêt à partir, rien ne semblait digne d'intérêt pour elle. Rien n'avait d'importance. Royce réprima une grimace: la voir ainsi lui déplaisait vraiment. Il préférait même quand elle s'emportait par ce que Trafalgar s'était enfuit, où quand elle s'excusait par ce qu'une de ses décisions impulsive emmenait l'équipage dans un piège ou des ennuis. Là, elle était semblable à une coquille vide, ne trouvant aucun intérêt dans le monde.

Il s'avança et posa une main sur son épaule.

- Il faut que vous y aller, Colonel Hoshiko.

Il la souleva de son siège. Elle hocha la tête, attrapa son manteau et se dirigea à pas lents vers le bateau, suivie par Royce. Juste avant de monter, le lieutenant se plaça devant elle et dit fermement, mais avec douceur néanmoins :

- Votre père, même si je n'ai pas eut la chance de le connaître, était quelqu'un d'admirable. Il est mort comme il l'aurait voulut, j'en suis sûr. Et il serait fier de vous. Vous êtes la meilleure Colonel sous qui j'ai jamais servit, Mlle Hoshiko. La vie n'est pas finie, vous êtes jeune.

Elle hocha à nouveau la tête et l'ombre d'un sourire effleura ses lèvres. Un peu de reconnaissance alluma un bref instant ses yeux, cernés des précédentes nuits blanches, puis elle le contourna et monta sur le bateau. Les précédents jours avaient été affreux, pour lui comme pour l'équipage qui, même si certains n'appréciaient pas beaucoup certaines de ses manières, la respectait beaucoup. La jeune Colonel avait passé la première nuit à pleurer toutes les larmes de son corps après que Royce l'ai ramené dans sa cabine, restant avec elle. Puis, une heure plus tard, elle l'avait repoussé un peu brutalement, criant qu'elle voulait être seule.

Cela avait été ses dernières paroles. Inquiet qu'elle commette une bêtise, le lieutenant et d'autres personnes s'étaient relayés devant sa cabine toute la nuit. Mais elle avait finit par se coucher, même si elle ne dormait pas. Le lendemain, ils avaient attendu en vain qu'elle sorte, puis à midi étaient entrés dans la chambre pour la trouver assise sur une chaise, à regarder la mer. Royce avait posé un plateau et un den-den mushi sur la table de chevet, un officier à l'autre bout du fil annonçant qu'un bateau passerait la chercher pour la conduire à l'enterrement sur Red Line qui aurait lieu dans un peu plus d'une semaine. Elle n'avait rien dit, et Royce avait dût répondre à sa place avant de raccrocher, puis passer un quart d'heure à la forcer à manger.

Vide. Vide de paroles, de pensées, d'émotions. Elle n'avait plus pleuré ni crié dans les deux jours qui avait suivit. Les HeartPirates en avaient profités pour piller les villes environnantes, mais cela ne lui faisait aucun effet. A présent, Royce espérait juste que sa famille, qu'elle verrait à l'enterrement, saurait lui faire remonter la pente.


A l'intérieur de sa cabine, Hoshiko contemplait à nouveau les flots, sans un mot malgré les questions du personnel. Même parler lui semblait sans aucun intérêt. A quoi bon ? Quelle importance ? La seule pensée qui la hantait était celle de la mort de son père. Pas une seconde elle n'avait pensé à autre chose, ni à sa mère, ni aux pirates, ni rien d'autre. Le bateau se mit à tanguer, les vagues à se déchaînaient. Une tempête se leva. Hoshiko ferma les yeux, se focalisant sur le froid de la vitre du hublot contre son front pour oublier le reste. Son sac tomba de ses genoux –on le lui avait donné, sur demande de Royce- et s'ouvrit, laissant ses armes sortir. Elle ne voulait pas les ramasser. Ni ouvrir les yeux. Ni décoller sa peau de cette vitre froide. Ni bouger. Ni penser. Rien. Juste attendre, attendre que quelque chose la sorte de sa torpeur.

La tempête passa, et d'autres arrivèrent. Des personnes passaient –trop souvent à son goût- et lui apportaient à manger. Un marine, surtout, revint assez de fois pour qu'elle se souvienne de ses traits. Il restait toujours, insistait pour qu'elle mange jusqu'à ce qu'elle avale quelque chose. Puis il parlait seul, et bien qu'elle ne l'écoutait pas, elle se laissait bercer par la voix du jeune marine. Au bout d'un moment, il partait.

Un jour, alors qu'ils étaient arrivés depuis plusieurs heures sur une île et que la nuit commençait à tomber, il ne partît pas. Il lui prit le bras et la fit se lever. Une fois debout, ses yeux vides le firent hésiter un instant, puis, de nouveau résolut, il prit son manteau, la força à le mettre, et l'entraîna dehors. Il parlait toujours et encore de sujets futiles: il expliquait que c'était une île au milieu de Calm Belt, que c'était dommage qu'ils n'aient pas vu de roi des mers pendant la traversée, qu'ils resteraient ici juste un soir, que tout l'équipage était parti en ville… Tout cela n'avait aucun intérêt pour elle.

Néanmoins, il ne se démonta pas, et l'entraîna dans la taverne où était installée la majorité de l'équipage. Ils le regardèrent d'un air étonné en le voyant arriver; pourquoi avait-il ramené cette fille muette ? Puis, bien vite, ils oublièrent sa présence, ce qui n'était pas très difficile, au vu de son mutisme total. Si elle l'aurait put, Hoshiko en aurait pleuré à nouveau, de désespoir cette fois : n'y-avait-il rien d'intéressant, rien qui ne vaille la peine d'être là ? N'y avait-il rien d'important ? Quelque chose, n'importe quoi, dans le vide ?


La soirée battait son plein à Rokuya, une petite ville portuaire non loin de Subaka. Mais à quoi bon s'éloigner, puisque de toute façon sans leur Colonel les marines n'étaient pas de taille face à eux ? Les HeartPirates avaient loués des chambres pour la soirée, et fêtait leur récolte –ainsi que leur nouvelles primes- dans la petite taverne. D'autres hommes, voyageurs et quelques pirates, étaient présents, riant, faisant des concours de boissons ou jouaient aux cartes avec eux. Pas de bagarre ce soir là.

Assis dans le fond de la salle, Trafalgar Law laissa son regard courir le long du bar où s'alignaient des hommes plus ou moins ivres, avant de se poser sur une partie de leur butin, à coté de lui. Cela avait été extrêmement facile, une fois qu'ils avaient réussit à quitter Subaka et le bal masqué. Trop facile, même. Sans le Colonel Hoshiko qui les poursuivait, le vol, le pillage et la fuite perdaient leur saveur. Ce n'était pas amusant de ne plus être en compétition avec elle. Quelques marines avaient bien tenté de les poursuivre, le lendemain, mais malgré des renforts, ils n'avaient ni la ténacité, ni l'esprit vif de la petite marine, ni les décisions impulsives et les réactions de colères qui l'avaient tant amusé.

Mais à présent, il doutait la revoir un jour. Peut-être dans le nouveau monde, à la limite. Et encore. Il n'aurait jamais crut voir quelqu'un d'aussi désespéré, d'aussi perdu. La vision de la marine, au souffle rauque, criant et pleurant, lui inspira soudain de la pitié, de la tristesse même. Il se secoua, chassant ses idées de sa tête. De la pitié ? De la compassion ? Pour une marine, c'était impensable. Pas de sa part. Non, il était juste triste de ne plus pouvoir gagner contre elle…

Non. Même pas. Il n'était pas triste, au contraire. C'était tant mieux, n'est-ce pas ? Qu'elle soit détruite ainsi, qu'elle ne le suive plus, qu'elle le laisse être pirate ? Oui, sans doute. Elle ne risquait plus de le poursuivre, de blesser ses hommes. Puis il se força à penser à tout le butin qu'il avait amassé ces derniers jours, à sa prime qui était montée à plus de 100 millions de berrys…

S'était-elle remise, au moins un tout petit peu ?

- Et cette petite femme, qui vous suivait, elle est rendue où ? Demanda soudain un des hommes qui jouait aux cartes avec ses hommes, à coté de lui.

- La Colonel Hoshiko ? Répondit Henry en mettant une carte en jeu. Elle est partie à l'enterrement de son père, elle ne risque plus de nous courir après maintenant !

Ces paroles déclenchèrent des rires parmi les HeartPirates, puis l'homme ajouta :

- C'est qu'on commençait à entendre parler, vous savez ? Mais de toute façon, ces marines sont tous des tire-au-flanc. Des abrutis persuadés qu'ils protègent la veuve et l'orphelin. Rien que l'autre jour, ils…

Trafalgar Law détailla un instant l'homme en question. Grand, bonne carrure, cheveux noir plaqués sur sa tête, il semblait être l'ingénieur naval d'un équipage de pirates. Il eut soudain envie de le faire taire. Hoshiko n'était pas une tire-au-flanc, elle avait déjà risqué sa vie pour sauver une vie. Elle n'était pas stupide, elle était brillante même pour réussir à anticiper ses mouvements ainsi. Et elle n'était pas aveugle pour ce qui était des marines, loin de là… Il se contenta de pousser un soupir et ne dit rien; après tout, il pouvait bien raconter ce qu'il voulait sur les marines, peu lui importait. Pourquoi défendrait-il une marine ? C'était ridicule.

Mais enfin, pourquoi les voir se moquer d'Hoshiko était-il si agaçant ?


Hoshiko avait à peine conscience du fait que, depuis son arrivée, les conversations s'étaient faites plus hésitantes. On marchait sur les œufs, on évitait certains sujets, et les blagues lancées de temps à autres ne déclenchaient plus l'hilarité générale. Les hommes ne savaient pas trop comment se comporter avec elle: c'était une femme, une Colonel, ce qui inspirait le respect. Ils ne pouvaient pas l'ignorer. Mais comment l'intégrer dans la conversation, quand elle n'avait pas décroché un mot depuis des jours, et qu'elle ne mourrait pas de faim juste par ce qu'on la forçait à manger ? Sans parler de ses yeux. Vides.

Mais, petit à petit, ils commencèrent à l'ignorer. Comme elle ne portait pas son manteau à galons, ils leur étaient un peu plus facile d'oublier qu'elle était une gradée, et donc qu'on lui devait du respect. Les blagues repartirent, ils chantèrent, dansèrent, invitant de temps à autres des serveuses qui posaient parfois des questions sur la cliente muette. Au début hésitant, ils racontaient à voix basse l'histoire. Puis, voyant qu'elle n'avait aucune réaction, se demandèrent si elle les entendait vraiment. Finalement, ils décidèrent que cela n'avait aucune importance et ne se gênèrent plus. Ce n'était pas dans cet état là qu'elle risquait de leur attirer des ennuis, aussi bien vite ils profitèrent de l'histoire pour séduire les serveuses, se montrant plus compatissants qu'ils ne l'étaient, ce qui avait le don d'attendrir les jeunes femmes du bar.

Au bout de quelques heures, la conversation dériva sur les HeartPirates. Les filles raffolaient de ses histoires, et écoutaient avec attention les histoires des marins. L'une d'elle lança :

- Mais vous savez, on commence à parler de ce Chirurgien de la mort. C'est très effrayant, est ce que l'on arrivera à le rattraper ?

Les hommes s'empressèrent de lui assurer que oui, que ce n'était pas un simple pirate qui leur échapperait.

- Mais il est proche de Red Line, maintenant, insista-t-elle. Ce Trafalgar Law, il doit être fort et dangereux.

Hoshiko cligna des yeux. Trafalgar Law. Lui. Pourquoi avait-elle été si emportée à l'idée de le capturer, déjà ? Pourquoi l'avait-elle poursuivit avec tant d'ardeur ? C'était stupide.

- Trafalgar Law n'est pas différent des autres pirates, il finira aux fers, comme tous les autres ! Fanfaronna un des hommes. Il a juste eut de la chance jusque là, je suis sûr que bientôt il montera à l'échafaud.

La main d'Hoshiko se crispa soudain, et elle releva la tête. Quelque chose s'était réveillé dans ses yeux; de la colère. Trafalgar Law, facile à attraper ? Comme les autres pirates ? Quelqu'un qui n'est arrivé là que grâce à la chance ? Non. Elle eut soudain envie de le dire. Non, Trafalgar Law n'était pas comme les autres pirates. Il était cruel, mais honnête. C'était un exemple vis-à-vis de son équipage. Quelqu'un de rusé, d'intelligent. Ce n'était pas la chance qui l'avait mené là. On n'arrive pas là seulement avec de la chance.

Cet homme était stupide. Il ne savait rien. Rien. A quoi bon lui parler ?

- Oui, approuva un homme à coté de lui, Trafalgar Law est un pirate comme un autre, et sa place est en prison.

« - Qu'espérez-vous en étant pirate, Trafalgar Law ? Devenir le roi des pirates ? Trouver le One Piece ? Ou simplement devenir riche ?

- Trouver le One Piece, bien sûr.»

Un pirate comme un autre ? Ce n'était pas tout les pirates qui avaient le cran de dire qu'ils voulaient trouver le One piece. A coté d'elle, le petit marine la regardait avec étonnement. Pour la première fois depuis plusieurs jours, l'expression de son visage changeait. De la colère, de la nostalgie brillaient dans ses yeux qui ne quittaient plus les homes parlant du capitaine pirate. Ses poings étaient crispés, et elle semblait sur le poing de dire quelque chose.

- Cette petite marine va sûrement rentrer chez elle et ne plus jamais mettre les pieds chez les marines, maintenant ! C'est la place des femmes, ça. Elle, une Colonel ? On avait du mal à croire à la rumeur, au début, fit l'homme en tapant dans le dos d'un des pirates. On se doutait bien qu'elle serait incapable de tenir le coup sur Grandline.

« - Vous n'allez pas essayer de m'arrêter ? Demanda-t-il le plus naturellement possible.

- Essayer ? Répéta-t-elle avec un léger rire. Non, pas essayer. Réussir. »

Elle avait fait plus que tenir sur Grandline, elle les avait poursuivit sans relâche, manquant de les attraper de peu à plusieurs reprises. Au vu de sa détermination, elle se remettrait, il en était sûr. Ce n'était pas n'importe qui, qui pouvait mener une telle expédition. Ce n'était pas n'importe qui qui pouvait lui tenir tête ainsi, tout de même.

- Au final, elle vous aura à peine ennuyé, hein ?

Un des pirates ouvrit la bouche pour répondre, mais il fut coupé par une voix grave :


- Tais-toi.


Les visages se tournèrent tous vers la marine aux cheveux colorés. A coté de lui, un marine la regardait, stupéfait et admiratif. Les yeux verts d'Hoshiko, furieuse, regardaient avec un mélange de mépris et de colère l'homme.

GrandLine. L'aventure. Les frissons. Law. La victoire. Le jeu. Comment avait-elle put oublier ? Voilà ce qu'elle était venue chercher, voilà ce qu'elle voulait. Plus que tout. Achever ce qu'elle avait commencé. Trafalgar Law, le premier qui lui avait échappé, qu'elle se devait de rattraper. Hors de question de perdre. Lentement, elle se leva et s'avança vers l'homme, qui la regardait avec un mélange de peur et de respect: à ce moment, elle était effrayante.

- Capitaine ? Demanda Bepo, hésitant.

Trafalgar ne se leva pas, se contenta de toiser avec mépris l'homme :

- Si c'était quelqu'un comme toi que Miss Hoshiko aurait poursuivit, elle n'aurait eut aucun mal à te tuer. Ne parle pas de personnes qui ne sont pas de ton niveau comme ça.

Le ton était celui de ceux qui ne souffre aucun ordre, et l'homme se recroquevilla, intimidé. Mais il se ressaisit rapidement, ce n'était pas le moment de perdre la face :

- Qu'est ce que ça peut bien faire à un pirate si je l'insulte ? Quoi, tu tiens à elle ? Fit-il, moqueur.

Mais l'envie de se moquer lui passa devant le regard sombre du capitaine. Qu'est ce que ça faisait ? Mal. C'était vraiment, vraiment agaçant. Il fronça les sourcils.

- Colonel ? Demanda, hésitant, l'homme. Qu'est-ce que…

- Tais-toi, répéta-t-elle.

Elle posa son pied sur le bord de la chaise, menaçant de le renverser à tout moment, et approcha lentement son visage du sien.

- Tais-toi et ne parle jamais de Trafalgar Law comme ça devant moi, articula-t-elle.

Ce n'était pas qu'il tenait à elle, mais après tout ce temps passé, après tout ces combats, ces discussions… Il l'appréciait. Au moins un peu. Même s'il n'aurait aucune hésitation à lui régler son compte, et il était persuadé que c'était réciproque.

Refusant de perdre la face face à elle, le marine se leva en titubant, faisant tomber sa chaise. Bien qu'il fût plus grand que la marine, il se sentit diminué devant l'intensité de son regard. Méprisant. Tentant de reprendre contenance, il demanda, surpris :

- Alors quoi ? Répéta le pirate, gagnant en assurance. Elle est quoi, pour toi, Law ?

- Disons que nous sommes…

- Qu'est ce qu'il vous arrive, Colonel ? Pourquoi vous défendez ce pirate ?

- Disons qu'on est…

- …Rivaux.


Ok, j'avoue, j'ai beaucoup hésité à écrire cette scène. Même encore quand je la relis, je me dit que Trafalgar Law est un peu trop gentil là-dedans. Je crois que je vais devoir arranger ça dans les prochains chapitres ^^.

En tout cas, j'aimerai savoir ce que vous en pensez.

A bientôt