Bonjour Tout le monde !

Voici donc la suite et fin de Protection Rapprochée. Encore merci pour toutes les gentilles reviews que j'ai reçue, je me sens toute chamboulée... Snif. Il y a encore des gens qui ont du goût... Non, je blague. Je suis juste contente que vous ayez apprécié ce début et j'espère que la fin ne vous décevra pas. Moins d'action dans ce chapitre (enfin, ça dépend de ce qu'on appelle action... ^^) Bref, je ne vous en dit pas plus, enjoy guys et bonne lecture !

Hinata ne s'était jamais sentie aussi bien de toute sa vie. Elle venait enfin de retrouver Gaara et tous les deux avaient enfin pu exprimer ensemble toute l'étendue de leur attirance mutuelle. Ils reposaient enlacés dans le lit après une journée entière passée à explorer leurs corps. L'aube ne tarderait pas à se montrer. Mais maintenant, qu'allaient-ils faire... Une ombre vint planer sur ce bonheur tout neuf.

Gaara sentit dès que Hinata changea d'humeur. Il savait ce qui obscurcissait son bonheur, lui aussi y pensait. Ils devaient parler.

- Hinata, nous devons décider de ce que nous allons faire...

- Je sais, Gaara. Mais... Mais...

- Hinata, le temps presse. Ton départ de Konoha n'a pas dû passer inaperçu ! Je suis certain qu'un pisteur a déjà été envoyé sur tes traces. Et je pense qu'il arrivera à Suna demain matin. Il nous faut décider maintenant de ce que nous allons faire et de ce que nous allons dire, si nous ne voulons pas plonger nos deux villages dans un malentendu qui pourrait provoquer une guerre !

- Oui... Tu as raison... Mais... Que... Veux... Tu... Toi ? Demanda la jeune femme sans pouvoir le regarder.

Après tout, Gaara était connu pour être indifférent à tout et à tout le monde. Certes, elle avait réussi à susciter le désir chez cet homme si froid et distant, mais ils n'avaient jamais parlé de sentiments... Et d'ailleurs, même elle ne savait trop comment définir ce qu'elle ressentait pour le bel apollon qui se tenait contre elle dans ce lit.

Gaara de son côté ne savait pas trop que répondre à Hinata. Certes, il avait désiré et désirait encore la jeune femme, mais de là à parler de sentiments... Il la dévisageait... Quel dommage qu'ils n'aient pas plus de temps...

- Hinata, il est évident que nous sommes appelés à nous séparer. Ton rang d'héritière du clan Hyûga et mon rang de Kazekage ne nous permettent pas d'espérer un avenir pour nous deux.

- Oui, je sais, mais je ne te demande pas cela... Je veux savoir ce que toi, tu souhaites.

- Ce que je veux...

La question d'Hinata le laissa songeur. Cela faisait maintenant plusieurs années que son rang de Kazekage lui faisait passer ses propres désirs après ceux de son village. Il plongea son regard indéchiffrable dans les yeux blancs d'Hinata. Elle était tellement douce, tellement courageuse aussi, elle partageait beaucoup de ses valeurs : le sérieux, le dévouement à son village, même si ce n'était pas le sien... Et son corps... Il préférait ne pas laisser son esprit vagabonder dans cette direction, sinon il allait l'embrasser et lui faire l'amour à nouveau. Il pensa que, pour une fois, il allait se montrer égoïste, quitte à mettre en péril ses relations à Konoha...

- Je veux te garder près de moi, finit-il par déclarer.

Les yeux d'Hinata s'arrondirent sous la surprise. Elle n'avait jamais pensé qu'il lui ferait cette réponse.

- Mais pourquoi ? Tu sais que ce n'est pas possible !

- Oui, mais n'as-tu pas envie d'essayer? Hinata, je ne sais pas encore ce que je ressens pour toi, mais je sais que c'est la première fois que j'ai envie de faire passer mes envies avant celles de mon village. Et j'ai envie de voir où tout cela peut nous mener.

- Gaara, tu sais que cela ne nous mènera nulle part ! Nous avons chacun un rang trop important toi à Suna et moi à Konoha. Nous sommes condamnés à nous séparer !

- Oui, mais, pas tout de suite... S'il te plaît, laisse-nous en profiter un peu ! Après tout, toi non plus, tu n'as pas souvent l'occasion d'écouter tes désirs... Et je sais que tu me désires, je le vois dans ton regard.

- Je... Je... Je ne peux pas le nier... Mais... Comment... ?

- Je ne sais pas encore... Avoua Gaara.

Ils restèrent enlacés un moment sans parler, plongés dans leurs réflexions. Puis, l'aube se manifesta. Ils s'habillèrent et Gaara partit chercher de quoi manger. Lorsqu'il revint dans son bureau, il vit que Temari l'y attendait. Hinata avait disparu, mais il sentait qu'elle était simplement dissimulée par son jutsu sur l'armoire.

- Gaara, je viens de recevoir un message de Shikamaru.

- Ce type... grogna Gaara.

- Oui, il arrive dans quelques heures pour venir chercher Hinata, que comptes-tu faire ?

- Hinata est réveillé ? Fit-il semblant de s'étonner.

- Arrête, je vous ai vu, et crois-moi, j'aurais préféré ne pas voir ce que j'ai vu...

Le Kazekage sentit ses joues s'empourprer. Il aperçut Hinata qui réapparaissait derrière lui, troublée par la révélation de Temari. Elle descendit de son perchoir et vint se poster à côté de Gaara. Mais celui-ci l'attira à lui et elle finit assise sur ses genoux.

- B... Bonjour Temari... Bégaya la jeune ninja sans oser regarder la jeune femme blonde en face d'elle.

- Bonjour Hinata, je suis contente de voir que tu vas mieux, sourit Temari pour essayer de détendre l'atmosphère. Alors, Gaara, que comptez-vous faire ?

- Nous n'avons pas l'intention d'arrêter de nous voir, dit-il simplement.

- Et vous allez faire comment ?

- Nous... Nous ne savons pas encore, avoua Hinata. Mais, dit-elle tout d'un coup en se redressant, tu as bien dit que c'était Shikamaru qui venait me chercher ?

- Oui, pourquoi ?

- Alors, j'ai une idée, mais je pense que nous allons avoir besoin de toi...

Shikamaru arrivait en vue de Suna. Les femmes, pensait-il, quelle galère... Evidemment, c'était lui qui avait été envoyé chercher la jeune Hyûga en fuite, étant donné ses connaissances de Suna en tant qu'agent de liaison entre les deux villages. Il avait tout de même tenu à prévenir Temari avant son arrivée. Après tout, l'aide de la jeune femme risquait de lui être nécessaire. Il ne savait pas quelle raison avait poussé la timide Hinata à déserter son village à peine réveillée, tout ce qu'il savait grâce à l'interrogatoire de l'infirmière, c'était que le Kazekage était impliqué dans sa décision. Or, il préférait avoir l'aide de la sœur de celui-ci. Cela faisait maintenant quelques années qu'il avait été nommé au poste d'agent de liaison entre Konoha et Suna. A cette époque, le village de Kiri menaçait les deux et seule une solide alliance entre Suna et Konoha avait été capable de faire peur au Mizukage pour lui faire abandonner ses résolutions pour trouver un terrain d'entente. A cette époque, il s'était vraiment rapproché de Temari et depuis, ils étaient amants. Ils se voyaient à chaque fois que l'un se rendait dans le village de l'autre, soit environ une fois par mois. Cela leur convenait à tous les deux, étant chacun très indépendant. Mais aujourd'hui, il ignorait quel serait le choix de la jeune femme. Aiderait-elle son amant, ou son Kazekage ? La logique voudrait qu'elle prenne parti pour son Kazekage, mais une part de lui espérait qu'elle accepterait quand même de lui donner un coup de main dans cette affaire.

Soudain, il vit l'oiseau qu'il avait invoqué pour envoyer son message à Temari qui revenait vers lui. Il l'attrapa et il se transforma en parchemin.

« Rejoins-moi chez moi - T » y était-il écrit.

Il sourit, visiblement, la chance et la jeune femme étaient de son côté.

Temari faisait les cent pas dans son appartement. Ce que Gaara et Hinata venaient de lui demander... Même si cela faisait plusieurs années qu'elle fréquentait Shikamaru, elle craignait quelque part de le perdre lorsqu'elle aurait fini ce qu'elle devait faire... Non pas qu'elle soit particulièrement attachée à lui, se dit-elle, mais elle s'était habituée à leur relation et elle lui convenait parfaitement. Elle entendit la porte de son appartement s'ouvrir et elle vit Shikamaru faire son entrée. Elle ne put s'empêcher de sourire en le voyant. Elle se mentait à elle-même : bien sûr qu'elle lui était attachée ! Tout lui plaisait chez cet homme : son air nonchalant, sa manière de réfléchir à toutes ses actions, et surtout son corps de rêve qu'elle ne se lassait pas de parcourir avec ses doigts, ses mains, sa bouche, sa langue... Elle avait vraiment envie qu'il la prenne maintenant. Après tout cela faisait maintenant un mois qu'ils ne s'étaient pas vus, et après le petit intermède entre Hinata et Gaara dont elle avait été le témoin involontaire... Elle se dit que la mission que lui avait confiée Gaara pouvait attendre. Et elle savait qu'elle pourrait facilement le convaincre d'en faire autant avec sa propre mission. Elle s'approcha donc sensuellement de lui en commençant à ôter ses vêtements.

Shikamaru regardait la jeune femme s'approcher de lui. Il savait qu'il avait une mission à remplir, mais le petit intermède que lui proposait tacitement Temari lui semblait pouvoir se faire sans porter trop à conséquence dans la réalisation de sa mission. Il s'approcha donc de la jeune femme et emprisonna ses lèvres avec les siennes dans un baiser passionné. Il la souleva dans ses bras et l'emporta dans sa chambre où il la déposa sur son lit. Une fois rendus, il l'aida à finir de se débarrasser de ses vêtements avant de quitter les siens. Il s'allongea au-dessus d'elle et recommença à l'embrasser pendant que ses mains lui caressaient les épaules en descendant sur son ventre avant de revenir sur ses seins. La jeune femme avait emmêlé ses doigts dans ses cheveux, ce qui avait défait sa coiffure. Elle ondulait du bassin, pressant son corps contre celui de son amant en gémissant. Il se sépara de ses lèvres et fit courir sa langue le long de son cou pour venir remplacer ses mains sur sa poitrine. La jeune femme laissa échapper un long soupir de plaisir. Les mains de son amant se déplacèrent elles-aussi pour venir lui caresser les cuisses en remontant vers son entrejambe. Une fois rendu, il se mit à la titiller avant d'introduire un doigt en elle. La jeune femme cria :

- Shikamaru, oui !

Encouragé, le jeune homme introduisit un deuxième doigt en mordillant sa poitrine. La jeune femme se sentit alors partir dans une frénésie. Elle le fit se retourner sur le dos et vint s'empaler sur lui en reprenant sa bouche dans la sienne. Il s'emporta lui aussi et lui tint les hanches pour la pénétrer encore plus en profondeur. Ils s'enflammèrent et les deux atteignirent l'orgasme ensemble. Après cela, Temari se laissa retomber à côté de Shikamaru, la respiration haletante. Ils s'enlacèrent un moment. Puis Shikamaru regarda la jeune femme. Il avait l'habitude des appétits de son amante, mais là... Il sentait que quelque chose clochait...

- Temari, pourquoi voulais-tu me voir ici ?

- Cela n'est pas évident ? Lui répondit-elle en souriant.

- Je sais que ce n'est pas que pour cela... C'est à propos d'Hinata Hyûga et du Kazekage ?

- Tu sais que ta manie de toujours tout voir et tout deviner est parfois absolument horripilante ? Demanda-t-elle en s'éloignant légèrement.

- Réponds-moi Temari... Que se passe-t-il ?

- Shikamaru... Suna a besoin de toi... Le Kazekage a besoin de toi... J'ai besoin de toi...

- Tu me fais peur...

- J'ai une faveur à te demander.

- Allez-vous nous remettre Hinata Hyûga ? La coupa-t-il.

- Oui, ne t'inquiète pas de cela, Hinata-san est une fille sérieuse, elle n'a jamais eu l'intention de déserter Konoha ni son clan.

- Ouf... J'ai cru pendant un moment que tu allais m'annoncer une guerre...

- Non, rien de cela, rassure-toi... Le rassura-t-elle. Mais je voudrais que tu demandes à l'Hokage de nommer Hinata-san agent de liaison avec toi... Ou à ta place...

Shikamaru se redressa brusquement. Avait-il bien entendu ? Temari était-elle en train de mettre fin à leur relation ?

- Mais pourquoi ? Tu ne veux plus que je vienne seul ?

- Non, ne crois pas cela ! S'exclama Temari. Je ne veux pas que l'on arrête de se voir. Seulement... Le Kazekage a demandé à ce qu'Hinata devienne agent de liaison entre nos deux villages.

- Pourquoi a-t-il fait une telle demande ?

- Eh bien, il a fait connaissance avec Hinata-san durant sa mission et ils se sont rapprochés. Une forte confiance s'est instaurée entre eux deux...

Shikamaru garda le silence un moment. Il craignait de deviner ce que Temari ne faisait que sous-entendre. Il se pourrait que le Kazekage et Hinata aient développé le même genre de « confiance » que celle existant entre Temari et lui... Et si c'était bien cela, tout ça risquait de très mal finir, pour chacun d'entre eux. Shikamaru plongea son regard dans celui de Temari en une question muette qu'il n'osait exprimer. Elle soutint son regard un moment avant de hocher imperceptiblement la tête. Galère...

- Et comment fait-on si l'Hokage refuse de nommer Hinata agent de liaison ?

- C'est une demande émanant directement du Kazekage, mais il préférerait que ce soit toi qui soumettes l'idée à l'Hokage, afin d'éviter tout soupçon. Cependant, en cas de refus de ta part ou de la sienne, je pense qu'il n'hésitera pas à faire sa demande lui-même à l'Hokage.

- Et si l'Hokage décide de ne nommer qu'un seul agent de liaison?

Temari ne répondit pas. Elle savait ce que cela entraînerait pour eux deux et elle n'était pas encore prête à y faire face. Tout cela était trop soudain ! Elle se jeta dans les bras de Shikamaru pour l'embrasser. Celui-ci lui rendit son étreinte. Ainsi, c'était cela... Elle craignait de voir leur relation s'arrêter, sans rien pouvoir faire pour s'y opposer. Il savait que Temari continuerait, elle, d'assurer la fonction d'agent de liaison entre Konoha et Suna, ils pourraient donc encore se voir, mais nettement moins... Il y avait donc un risque que leur relation explose au final. Il se sépara de son amante et soupira :

- Quelle galère...

- Pour une fois je suis d'accord avec toi, lui répondit Temari avant de recommencer à l'embrasser.

Ile refirent l'amour encore une fois en craignant chacun que ce ne soit la dernière fois.

Hinata se tenait seule dans la chambre de Gaara à côté de son bureau. Ce dernier avait été obligé de se rendre à une réunion avec les anciens et elle l'attendait. Elle ne savait pas si Temari avait réussi à convaincre Shikamaru de couvrir leur relation et cela la rendait très nerveuse. Elle aurait bien eu besoin de la présence de Gaara à ses côtés pour lui faire oublier son stress, mais celui-ci avait des obligations, et elle ne pouvait pas égoïstement lui demander de rester près d'elle. Il avait raison, ni lui ni elle ne prenait jamais de décision égoïste, ils avaient bien le droit, pour une fois dans leur vie, de penser à eux. Qui plus est, cette relation ne pouvait que se terminer. Aucun des deux ne serait jamais autorisé à quitter leur village, elle à cause du secret du Byakkugan, et lui à cause de Shukaku. Elle pensa soudain à quelque chose. Son père ne souhaitait pas qu'elle devienne son héritière, il préférerait que ce soit sa sœur cadette. Et Konoha tenait particulièrement à son amitié avec Suna. Ils pourraient donc décider de conclure une alliance dans laquelle elle pourrait être désignée comme fiancée du Kazekage, cela afin d'assurer l'alliance entre les deux villages... Mais avant cela, il fallait voir si sa relation avec Gaara tiendrait dans le temps. Après tout, il était tellement froid et distant, il n'était pas dit qu'elle s'adapte à son caractère. Et Gaara lui avait déjà dit que son côté peu sure d'elle le contrariait... Donc, des fiançailles n'étaient vraiment pas à l'ordre du jour. Mais elle était d'accord avec Gaara sur un point : ils méritaient de tenter l'aventure et de pouvoir vivre selon leurs désirs pour une fois.

Elle entendit la porte du bureau de Gaara s'ouvrir doucement. Elle se posta dans l'entrebâillement de la porte de la chambre pour voir qui entrait et se cacher si besoin. Mais elle vit apparaître Temari et Shikamaru. Elle se détendit aussitôt. Les deux jeunes gens, eux, avaient l'air très tendus. Bien que leurs lèvres respectives rouges et gonflées montraient à quelle activité ils avaient dû se livrer avant de venir ici. Hinata signala discrètement sa présence et Shikamaru et Temari la rejoignirent dans la chambre de Gaara.

- Bonjour, Shikamaru-kun.

- Bonjour Hinata

- Je... Je suis désolée de m'être enfuie, mais je devais venir ici...

- Je le sais, Temari m'a expliqué. Es-tu sure de toi, Hinata ? Souhaites-tu réellement devenir agent de liaison avec Suna ?

Hinata comprit que ce n'était pas véritablement le sens de sa question, mais il ne lui ferait pas le déshonneur d'avouer tout haut qu'il était au courant pour sa relation avec Gaara et elle l'en remercia intérieurement. Shikamaru avait toujours su faire preuve de tact.

- Je l'ignore, avoua-t-elle. Ni le Kazekage ni moi ne sommes sûrs que ce poste me conviendra, mais nous souhaitons tous les deux que je m'y essaye.

- Je vois...

- Et ne vous en faîtes pas pour vous deux, rajouta précipitamment Hinata, si le Hokage veut me nommer seule à ce poste, je saurai arguer que j'ai besoin d'une protection en tant qu'héritière du clan Hyûga et j'insisterai sur le fait que ce soit toi, Shikamaru-kun.

- Je te remercie, Hinata-san, répondit Temari, visiblement légèrement soulagée.

Gaara les rejoignit à ce moment-là. Il salua brièvement Shikamaru et leur proposa de terminer leur conversation dans le bureau. Il apprit que le jeune Nara avait accepté de leur prêter main forte et il l'en remercia froidement selon son habitude. Ils convinrent d'une explication pour justifier la fuite d'Hinata : elle possédait une information capitale recueillie lors de sa dernière venue au village de Suna et elle n'avait pas eu le temps d'en avertir le Kazekage avant que celle-ci ne tombe dans le coma. Elle avait donc dû partir l'en informer de toute urgence, d'où sa décision de partir aussitôt. Il s'agissait d'une information top secrete concernant le village de Suna et il ne lui était donc pas possible d'en informer qui que ce soit d'autre, ni d'envoyer un message avec le risque que celui-ci soit intercepté. Le Kazekage écrivit une lettre à l'Hokage dans ce sens en s'excusant du désagrément causé à Konoha et dans laquelle il écrivait qu'il espérait que les bonnes relations entre les deux villages perdureraient malgré ce petit malentendu.

La journée n'étant pas très avancée, Shikamaru demanda à ce qu'Hinata et lui se mettent en route tout de suite, arguant du fait que la famille de cette dernière faisait déjà pression sur l'Hokage pour envoyer une escouade à sa recherche lorsqu'il était parti et que seule la volonté de l'Hokage de vouloir à tout prix conserver de bonnes relations entre les villages l'avait empêché de se plier à leur demande. Mais si jamais ils mettaient trop de temps à revenir... Gaara ne put qu'approuver la décision d'un départ immédiat. Il demanda néanmoins à Shikamaru et à Temari de sortir quelques instants afin de « s'entretenir d'un point important avec Hinata avant son départ ». Les deux jeunes sortirent en se jetant un rapide coup d'œil qui prouvait qu'aucun des deux n'était dupe quand au point en question... A peine la porte refermée, Gaara attira fermement Hinata dans ses bras et l'embrassa à perdre haleine. Ils eurent tout le mal du monde à se séparer. Mais ils savaient qu'ils n'avaient pas le choix.

A ce moment précis, Gaara aurait tout donné pour pouvoir être un homme comme les autres et pouvoir suivre Hinata. Mais le destin en avait décidé autrement. Ils finirent donc par se séparer en se rappelant qu'ils se verraient dans un mois. La porte s'ouvrit et ils eurent droit à l'embrassade de Temari et Shikamaru dans le couloir. Hinata fut gênée de ce spectacle et rougit alors que Gaara, fidèle à lui-même, ne laissa rien paraître. Mais la jeune femme savait que cela le gênait également. Temari et Shikamaru se séparèrent et les deux ninjas de Konoha se mirent en route. Juste au moment où ils allaient sortir du bâtiment, Gaara retint Shikamaru par le bras et lui murmura :

- Je n'ai pas besoin de te dire que je te la confie et qu'au cas où il lui arriverait malheur, elle ne sera pas la seule à souffrir...

- N... Non, Kazekage-sama. Ne vous inquiétez pas, tout se passera bien, lui répondit Shikamaru d'une voix tendue.

Et ils partirent. Une fois sortis du village, Shikamaru se détendit. Il regarda du côté d'Hinata. La jeune femme semblait heureuse comme il ne l'avait jamais vue auparavant. Mais il devait lui poser la question encore une fois afin d'être bien sûr :

- Hinata-chan. Tu vas penser que je me mêle de ce qui ne me regarde pas, mais es-tu bien sure de ton choix ?

- Ne t'en fais pas Shikamaru-kun. Pour la seule et unique fois de ma vie, j'ai envie de me laisser dicter ma conduite par moi-même et non par mon rang ni par mon devoir. Et si jamais il s'avère que c'est une erreur, eh bien, je suis prête à courir ce risque.

Le jeune homme ne dit plus rien et ils poursuivirent ainsi leur route en silence jusqu'à Konoha.

4 ans plus tard

Il faisait beau dans le froid mois de Janvier. La neige recouvrait le village de Konoha cette année. Hinata préparait ses affaires pour se rendre au village de Suna, comme chaque mois. Elle avait maintenant 22 ans et beaucoup de choses avaient changées depuis qu'elle était agent de liaison entre Konoha et Suna. Tout d'abord, elle faisait maintenant la route seule, Shikamaru et Temari ayant finalement décidés de se marier 6 mois plus tôt. Le jeune homme avait rejoint Temari à Suna, le statut de bras droit du Kazekage de la jeune femme l'empêchant de partir loin de son village. Ils semblaient heureux, ce qui avait comblé de joie Hinata. Elle n'avait pas eu à convaincre l'Hokage de lui assigner les fonctions d'agent de liaison après sa fuite à Suna. Elle soupçonnait fort Tsunade d'être au courant du véritable motif de sa demande, mais elle n'en avait jamais rien dit. Sa relation avec Gaara se passait à merveille, le jeune homme avait fini par s'ouvrir un peu auprès d'Hinata, même si cela avait été long. Quant à elle, elle n'avait plus rien à voir avec la jeune fille timide et réservée qu'elle était à l'époque... Le fait de se sentir enfin désirée et choyée avait fini par vaincre sa timidité maladive. Elle avait fait de grands progrès dans son art ninja et son père commençait enfin à la regarder avec un faible sentiment de fierté. Elle avait aussi arrêté de se vêtir de vêtements trop grands pour elle, sans non plus adopter un style trop moulant, ni trop court. Elle voulait simplement voir la petite étincelle de désir qu'elle voyait dans les yeux de Gaara dès que son regard se portait sur elle et elle savait que des vêtements laissant deviner la naissance de sa poitrine ou le galbe de ses jambes ne pouvaient que l'aider. Elle finit de préparer ses affaires et se dirigea vers la sortie. Mais elle croisa son père dans l'entrée :

- Hinata, ma fille, commença-t-il. A ton retour, il serait grand temps que nous parlions de ton futur rang de chef de clan.

- Qui ? Moi ? Mais père, j'ai toujours pensé qu'Hanabi...

- Hanabi n'est pas la première née. Même si ses capacités sont apparues avant les tiennes... De plus, il vient d'être décidé qu'elle allait se fiancer avec un haut dignitaire du village Kiri pour renforcer notre alliance avec ce village.

Hinata se sentit blêmir à cette annonce. Il s'agissait de la porte de sortie qu'elle se réservait au cas où sa relation avec Gaara prendrait un autre tournant, mais elle pensait qu'à 22 ans, elle avait encore le temps de voir venir. Et Hanabi n'avait que 18 ans !

- Que pense ma sœur de cette décision ? Finit-elle par demander.

- Elle n'est pas encore informée. Une réunion de la famille Hyûga est prévue dans une semaine, et j'ai l'intention de profiter de cette occasion pour annoncer mes décisions pour l'avenir de notre famille. Ainsi, ne t'attarde pas dans ta mission, je souhaiterai t'avoir à mes côtés lorsque j'annoncerai ta nomination en tant qu'héritière légitime.

- Bien, père.

- Bonne route ma fille, fais nous honneur !

- Oui, père.

La mort dans l'âme, Hinata dut se résoudre à se mettre en route. La teneur des propos de son père l'accompagna jusqu'à Suna. Elle ne put s'empêcher de penser que la fin prévisible de sa relation avec Gaara se profilait. Car elle avait compris aux sous-entendus de son père que lorsqu'il annoncerait son statut d'héritière, il lui annoncerait également le choix de son fiancé... Et il y avait fort peu de chance qu'il s'agisse de Gaara... Elle avait toujours su protéger son secret et personne à Konoha, hormis Shikamaru, n'avait jamais suspecté la moindre chose entre elle et le Kazekage. A moins que Tsunade... Mais elle verrait cela avec l'Hokage à son retour. Peut-être Tsunade pourra-t-elle s'opposer aux projets de son père ?

Elle arriva enfin au village de Suna et se dirigea directement vers le bureau de Gaara. Elle se fit annoncer et fut introduit près du jeune homme. Une fois la porte du bureau refermée, il lui sourit et se leva pour la prendre dans ses bras et l'embrasser fougueusement. Il ferma la porte de son bureau à clé et entraîna son amante vers la chambre qu'il avait conservé à côté de son bureau, bien qu'il ait fait reconstruire sa maison. Officiellement, c'était pour les fois où ses obligations le retiendraient à son bureau jusqu'à une heure trop avancée pour rentrer chez lui. Mais en fait, elle était spécialement dédiée aux retrouvailles entre Gaara et Hinata. La jeune femme ne put s'empêcher de penser qu'il s'agissait certainement d'une des dernières fois où ils auraient l'occasion de se retrouver. Elle fit donc basculer Gaara sur le dos et entreprit d'embrasser tout son corps au fur et à mesure qu'elle le déshabillait afin de graver dans sa mémoire tous les contours, les moindres aspects du corps du Kazekage. Arrivée à sa verge, elle se sentit l'envie de faire comme lors de leur première fois. Elle lécha donc son membre dans toute sa longueur avant de le prendre en bouche et de l'aspirer. Le jeune homme ne tarda pas à mettre fin à la douce torture que son amante lui infligeait pour réclamer sa part de plaisir. Il fit donc jouer ses mains et sa langue sur le corps d'Hinata jusqu'à ce que celle-ci se retrouve trempée de désir et le supplie de la pénétrer. Il commença à la pénétrer avec sa langue, puis avec ses doigts avant de finir par sa verge gonflée et tendue. Il s'agrippa aux hanches d'Hinata et commença un va-et-vient puissant qui fit trembler le lit, ce dernier menaçant de s'effondrer. Lorsqu'elle poussa un dernier cri en se crispant sous lui, il la rejoignit aussitôt au septième ciel. Ils se laissèrent retomber tous les deux sur les oreillers, le souffle court.

- Comment vas-tu ? Demanda enfin Gaara.

- Pourquoi me poses-tu toujours cette question qu'après que nous ayons fait l'amour ? Le taquina Hinata.

- Parce qu'avant, je ne pense qu'à toi nue entre mes bras et dans cet état, je ne suis pas en mesure de faire de phrase construite, répondit le jeune homme sur un air grave.

La réponse fit rire Hinata.

- Je vais très bien, répondit finalement la jeune femme.

Mais la discussion entre elle et son père revint à sa mémoire et elle dut s'assombrir légèrement parce que Gaara se pencha aussitôt sur elle pour l'embrasser.

- Je t'aime, Hinata.

- Je t'aime, Gaara.

Depuis le temps, ce n'était pas la première fois qu'ils se l'avouaient. Ils se le disaient dès que l'un d'entre eux avait besoin d'un soutien. La jeune femme embrassa son amant. Mais elle savait qu'il allait rapidement devoir retourner à ses occupations. Elle se releva donc et commença à se rhabiller en lui racontant quelques événements croustillants de Konoha depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Puis, lorsqu'elle eut fini, elle se retourna et vit que Gaara aussi s'était rhabillé. Il allait sortir de la chambre lorsqu'elle prit sa main qui allait se poser sur la poignée.

- Gaara, nous devrons parler ce soir...

- Cela ne peut se faire maintenant ? Demanda le jeune homme. Tu sais qu'après ce genre de révélation, je ne vais plus pouvoir me concentrer sur mon travail !

- Ne t'inquiète pas, ce n'est rien de grave ! Lui dit-elle pour le rassurer, même si c'était un mensonge.

- Très bien, alors parlons-en maintenant !

- Impossible, ce sera un peu long et je sais que tes obligations te réclament. Je vais aller rendre visite à Temari et je t'attendrai chez toi.

- Bien. Je vais essayer de rentrer tôt, mais je ne sais pas si je pourrai, les anciens m'ont convoqué en fin de journée... Vieux casses-pieds... Maugréa-t-il.

La jeune femme rit à la réflexion de son amant. Elle déposa un dernier baiser sur ses lèvres, lui remit le parchemin du Hokage qui entretenait son homologue des derniers sujets importants et sortit.

Elle se dirigeait vers l'appartement de Temari et Shikamaru, perdue dans ses pensées. Au fil du temps et des voyages, elle entretenait maintenant avec les deux ninjas une relation presque fraternelle. Elle avait été heureuse d'être appréciée et acceptée par eux malgré la décision qui avait failli mettre fin à leur relation. Mais, si elle avait partagé beaucoup de choses, en particulier avec Temari, sur sa relation avec Gaara, elle ne pourrait rien leur dire de la décision de son père. Elle voulait d'abord en informer Gaara. Absorbée dans ses pensées, elle ne vit pas le chemin passer et elle se retrouva nez à nez avec Temari qui l'avait vue arriver et qui l'attendait sur le pas de la porte.

- Eh bien, Hinata, rêves-tu ? Tu viens pourtant du bureau de mon frère ?

- Oh, bonjour Temari. Excuse-moi, j'étais un peu dans la lune...

- Ce n'est rien, entre donc !

Les deux jeunes femmes s'installèrent et Temari leur servit une tasse de thé avec des gâteaux. Hinata apprit que Shikamaru avait été envoyé en mission deux jours plus tôt et qu'il ne serait donc pas là pour la voir cette fois-ci. Hinata laissa à Temari les lettres que ses amis lui avaient remis pour Shikamaru et inversement, Temari lui remit deux lettres, une pour Choji et une pour Asuma. Hinata sentit son cœur se serrer en voyant cela. Elle savait que cela avait été difficile pour Shikamaru de « trahir » en quelque sorte la promesse faite à son ancien Senseï en partant s'installer à Suna en laissant Asuma seule avec son bébé. Mais Choji lui avait promis d'être là à sa place et de le tenir informé au moindre problème.

Temari racontait quelques anecdotes amusantes, comme le fait qu'en manipulant ses marionnettes, Kankuro s'était renversé seul un pot de vernis sur la tête et qu'il était resté tout gluant pendant plusieurs jours malgré tous les bains qu'il pouvait prendre. Mais elle voyait bien que son amie était préoccupée et ne l'écoutait qu'à moitié.

- Alors, vas-tu me le dire ? Finit-elle par demander.

- Qu... Quoi donc ?

- Ce qui te trotte dans la tête depuis que tu es là.

Temari la connaissait trop bien, il était évident qu'elle n'allait pas pouvoir lui cacher son stress.

- Je suis navrée, Temari, mais je ne peux pas encore en parler avec toi.

- Cela concerne Gaara ?

- Oui

- Et tu n'as pas pu lui en parler tout à l'heure ? Ça doit être grave si tu préfères attendre ce soir pour en parler avec lui...

- Je t'en supplie, ne me questionne pas plus, je te promets que je te raconterai tout dès que j'en aurai parlé avec lui.

- Tu passeras me voir demain matin avant de repartir ?

- Promis !

- Bien.

- Je vais te laisser maintenant, je me rends bien compte que je suis d'une piètre compagnie aujourd'hui et je veux préparer un bon repas pour Gaara ce soir.

- Très bien. A demain alors ? Demanda-t-elle encore une fois en la raccompagnant à la porte.

- A demain ! Lui promit encore une fois la jeune Hyûga en partant.

Elle se dirigea vers la maison que Gaara avait fait reconstruire à l'emplacement de la précédente. Il lui avait dit à l'époque qu'il était habitué à ce trajet et qu'il ne voyait pas l'utilité d'en changer. Il avait donc fait raser les ruines calcinées et rebâtir par dessus une maison pratiquement similaire à celle qui y était. Elle y pénétra grâce à son jeu de clé que Gaara lui avait donné dès que la maison fut terminée.

- Je préfère te savoir confortablement installée chez moi à m'attendre plutôt qu'enfermée dans cette petite pièce à côté de mon bureau. En plus, avait-il rajouté en bougonnant, je n'arrive pas à me concentrer quand je sais que tu es là...

Hinata pénétra dans la maison et décida de commencer par prendre un bon bain après le voyage qu'elle venait de faire. Elle se rendit dans la chambre de Gaara et ouvrit la penderie. Il y avait là les affaires de Gaara et pas mal d'affaires à elle qu'elle avait ramené ou qu'il lui avait offertes au fil des ans. A côté du lit, elle savait qu'une photo d'elle était cachée à l'intérieur de sa table de chevet. Elle-même avait une photo de lui cachée chez elle dans sa chambre. Elle prit une des robes qu'elle savait plaire particulièrement à Gaara et se dirigea vers la salle de bain. Elle se fit couler un bain et se laissa glisser dans l'eau chaude. Une fois confortablement installée, elle se mit à réfléchir à la meilleure manière de présenter les choses à son amant.

- Vous plaisantez, j'espère ? Protesta Gaara.

Il avait en face de lui le conseil des anciens. Il pensait que ces vieux débris l'avaient convoqué pour se plaindre de l'emplacement qu'il venait de décider pour le nouvel hôpital qui devait voir le jour, mais non... Après tout, il n'aurait jamais imaginé qu'ils souhaitaient le voir pour... CA !

- Kazekage-sama, vous êtes un beau jeune homme dans la fleur de l'âge, reprit le principal ancien. Il est plus que temps que vous pensiez à vous marier. Qui plus est, cette opportunité doit être mûrement réfléchie, il s'agit là d'une occasion unique de favoriser les liens avec une famille importante...

- Et je n'ai pas mon mot à dire dans ce choix ? Grogna Gaara.

- Bien sûr que le choix final vous appartient, Kazekage-sama. Cependant, nous savons qu'à l'heure actuelle, vous n'êtes attaché à personne. Le choix de la jeune fille ne devrait donc que peu vous importer.

- Je vais réfléchir à votre requête, se contenta de répondre Gaara.

- Inutile, Kazekage-sama, la décision est déjà prise, nous sommes en train de préparer une liste des partis que nous estimons intéressants pour vous et pour Suna. Vous n'aurez plus qu'à choisir celle qui vous semble le mieux correspondre à vos attentes !

- Puisque tout est déjà décidé, maugréa-t-il.

Il se leva et fit mine de sortir de la salle de réunion.

- Une dernière chose, Kazekage-sama, le retint le vieillard. La liste sera sur votre bureau d'ici une semaine. Nous espérons voir le mariage arriver avant la fin de l'année...

Tout à sa fureur, Gaara ne put s'empêcher de claquer la porte en sortant. Espèces de vieilles biques bornées ! De quel droit se permettaient-ils de... Mais il savait qu'il n'avait pas le choix. Et Hinata qui l'attendait chez lui... Le timing ne pouvait être plus mauvais... Il se dépêcha de sortir du bâtiment et se dirigea chez lui. Il devait informer la jeune femme de la décision des anciens. Ils s'étaient toujours promis de décider ensemble de la fin de leur relation. Et il semblerait que là, ils n'aient plus le choix... Le jeune homme se retrouva chez lui, il ouvrit la porte et vit Hinata se diriger vers lui dans sa belle robe grise qu'il lui avait offerte pour son dernier anniversaire. Sans manches, elle s'arrêtait un peu au dessus du genou et offrait un décolleté un peu plus prononcé que ce que portait d'ordinaire la jeune femme sur sa magnifique poitrine. Il sourit en la voyant dans cette tenue et ne put s'empêcher de l'embrasser fougueusement. Il voulut l'attirer dans sa chambre, mais Hinata l'empêcha :

- Gaara, le dîner est prêt, et de plus, je dois vraiment te parler.

Le moral de Gaara chuta une fois de plus. Il avait oublié qu'Hinata lui avait parlé d'un sujet à aborder avec lui. Il décida de l'écouter, il lui donnerait sa propre mauvaise nouvelle après. Il s'assit à table et la regarda apporter un plat de brochettes de poulet avec du riz. Ils se servirent en silence et la jeune femme s'assit à son tour. Gaara la dévisagea, attendant qu'elle parle. Hinata, gênée, se dandinait sur sa chaise.

- Courage Hinata, pensait-elle, tu as répété toute l'après-midi dans ton bain, tu en es capable. Il doit savoir !

Elle toussa pour s'éclaircir la voix et se lança d'une traite :

- Gaara, dans cinq jours, mon père veut officialiser mon statut d'héritière du clan Hyûga.

Le jeune homme resta interdit quelques minutes. Il s'attendait à une nouvelle bien pire que cela. Mais après tout, Hinata ne lui avait-elle pas dit que ce n'était pas trop grave ?

- Eh bien, félicitations Hinata ! Je sais que tu en rêvais depuis longtemps. On dirait que ton père a enfin remarqué quelle femme compétente tu es !

- Oui, merci Gaara, mais on dirait que tu ne prends pas exactement la mesure de ce que cela entraîne pour nous...

- Pour nous ?

- Oui, dès que je serai officiellement reconnue comme héritière, plus question pour moi de rester agent de liaison, je vais devoir commencer une formation pour apprendre à gérer l'avenir de ma famille. Et de plus, mon père va me choisir...

Gaara laissa le silence s'installer, attendant que la jeune femme finisse sa phrase. Soudain, il comprit ce qu'elle n'arrivait pas à dire :

- Un fiancé ?

- Je suis tellement désolée, Gaara, se lamenta la jeune femme. J'aurai vraiment aimé que la situation soit différente...

Gaara ne savait plus quoi dire. Il venait pour lui annoncer la décision des anciens, et elle lui coupait l'herbe sous le pied. Il finit par s'éclaircir la gorge et lui avoua à son tour :

- Hinata, si les anciens ont souhaité me voir aujourd'hui, c'est aussi pour me demander de trouver rapidement une fiancée...

- Comment ?

- Oui, ils veulent profiter du fait que je ne sois officiellement lié à personne pour utiliser mon mariage pour affirmer les relations avec certaines familles. Ils doivent me faire passer leur liste de choix dans la semaine...

- Oh !

Les deux restèrent silencieux un bon moment, dévisageant chacun le contenu de son assiette. Mais aucun des deux n'avait d'appétit. Finalement, ce fut Hinata qui rompit le silence en fondant en sanglots. Gaara ne put rester là à la regarder. Il se leva et vint s'agenouiller devant elle. Il lui prit le visage et le releva doucement vers lui :

- Je t'aime, Hinata.

- Je t'aime, Gaara. Mais on dirait que c'est bien la fin...

- Pourquoi pleures-tu, nous le savions tous les deux que cette relation n'avait pas d'avenir !

- Oui, mais... Ce n'est pas parce que c'est raisonnable que ce n'est pas douloureux ! Se lamenta la jeune femme. Ose me dire que cela ne te fera rien de savoir que je vais épouser un autre homme, choisi par ma famille et que donc je n'ai que très peu de chance d'apprécier... Tout comme j'aurai le cœur brisé le jour où tu épouseras cette femme, quelle qu'elle soit !

- Hinata...

- Gaara... Que veux-tu ?

- Ce que je veux n'entre plus en ligne de compte maintenant...

- Dis-le-moi quand même...

- Non, c'est stupide ! Hinata, te le dire ne fera que rendre encore plus difficile notre séparation !

- Dis-le, Gaara ! S'emporta la jeune femme.

- Je ne veux pas te perdre, voilà, tu es satisfaite !

- Oui ! Parce que je ne veux pas te perdre non plus ! Gaara, c'est ici chez moi, maintenant ! Cette maison regorge de nos souvenirs et c'est ici que je veux vivre, même si je sais que c'est impossible !

Gaara resta muet. Il se contenta de prendre Hinata dans ses bras et de la bercer doucement. La jeune femme repartait demain pour son village, ils n'avaient donc plus que cette nuit à partager. Après quoi... Gaara sentit sa gorge se serrer à cette idée. Il savait qu'il aimait la jeune femme, mais il s'était toujours interdit d'imaginer un avenir avec elle, sachant que leur relation n'en avait aucun. Cependant, quand il regardait autour de lui, Hinata avait raison. Il avait bâti cette maison pour elle, elle y renfermait une part de l'âme d'Hinata. Gaara ne supporterait pas d'y vivre sans elle. Et encore moins avec une autre femme. Difficile pour eux de croire qu'aucune solution n'existait...

- Hinata, dit soudain Gaara, ne m'as-tu pas toujours dit que si la situation l'exigeait, tu avais un plan de secours pour nous deux ?

- Si mais, j'ai bien peur qu'il ne soit plus à l'ordre du jour lui non plus...

- Explique-moi...

- Eh bien, j'ai toujours pensé que mon père voulait faire d'Hanabi sa véritable héritière, et que donc il me « sacrifierait » pour la bonne cause du clan ou de Konoha en me faisant épouser un homme capable de servir ses intérêts. Et je pensais qu'à ce moment-là, tu aurais pu te présenter comme l'homme d'intérêt en question. Après tout, tu es le Kazekage, et un mariage entre l'aînée des Hyûga et toi aurait renforcé les liens entre Suna et Konoha de manière indiscutable. J'étais même certaine que nous aurions l'appui de l'Hokage et des anciens de Suna dans ce plan. Cependant...

- Cependant ?

- Il semblerait que je me sois trompée, car visiblement mon père a déjà arrangé le mariage de ma petite sœur avec un représentant du village Kiri... Il l'annoncera en même temps que ma nomination à la tête du clan.

- Alors tout est encore jouable pour nous ? Après tout, de ce que je comprends, rien n'est encore officiel dans la décision de ton père... Je peux encore lui écrire un message en demandant ta main ainsi que tu viens de le proposer.

- Mais... Gaara... Le mariage ? Es-tu sûr de toi ? Je t'avoue que je me suis toujours interdit de trop penser à ce que je ressentais pour toi pour éviter de souffrir trop lors de notre séparation. Alors, le mariage...

- Je vais te répondre la même chose que toi. Moi aussi je ne me suis jamais trop posé la question de notre avenir, mais maintenant que nous sommes mis au pied du mur, je ne sais qu'une chose, je ne conçois pas un avenir dans lequel nous ne nous verrions plus. Pire encore, un avenir dans lequel nous serions chacun condamné à voir l'autre épouser une personne qu'elle n'aime pas. Je veux me battre. Je veux tout tenter pour sauver notre relation, et toi ?

- Moi aussi... Je te promets, nous allons tout tenter... Gaara, dis-le encore une fois, s'il te plaît. Demanda Hinata en se remettant à pleurer.

- Je t'aime, Hinata !

- Je t'aime, Gaara !

Et ils s'embrassèrent longuement. Ils passèrent la nuit sans dormir, à profiter du corps de l'autre peut-être pour la toute dernière fois si jamais leur plan ne se déroulait pas comme ils le prévoyaient.

Le lendemain matin, après une nuit sans sommeil, Gaara se dirigea vers son bureau pour écrire une lettre à l'Hokage ainsi qu'au père d'Hinata pendant que celle-ci allait rendre visite à Temari comme elle lui avait promis la veille. Lorsque Temari ouvrit la porte de son appartement et vit la tête de son amie, elle poussa un petit cri. Elle la fit vite entrer et asseoir. Elle prépara un bon café pour chacune et invita Hinata à partager ses inquiétudes avec elle.

- Temari, je ne sais plus que choisir entre ce que je veux et ce que je dois faire… Renifla la jeune Hyûga.

- Hinata-san… Répondit son amie peinée. Ce que vous craigniez est enfin arrivé ?

- Hélas oui… Nous devons nous séparer… Chacun de nous doit se fiancer prochainement, plus question d'entretenir une relation dans ces conditions…

- Je suis tellement désolée pour vous deux, répondit son amie en la prenant dans ses bras.

- C'est ridicule, sanglotait Hinata dans les bras de Temari, nous savions tous les deux que cela se terminerait ainsi, et pourtant…

- Vous voulez tenter quelque chose pour rester ensemble ?

- Oui, avoua Hinata. Mais je ne pense pas que cela ait une chance de marcher…

- Explique-moi ça.

Hinata raconta alors en détail à son amie la décision de son père, celle des anciens de Suna et la tentative qu'allait faire Gaara. Temari resta interdite un moment après tout cela. Elle avait du mal à s'imaginer son frère en train de rédiger une demande en mariage en bonne et due forme… Mais elle savait aussi que, malgré ce qu'ils laissaient paraître, Hinata et Gaara entretenaient déjà une relation de couple. De plus, elle savait que, bien que lors de ses venues à Suna, Hinata ait passé plus de temps enfermée dans une chambre avec son frère car elle repartait toujours le lendemain, elle avait également de forts sentiments pour Suna et ses habitants. Elle imaginait parfaitement la ninja de Konoha s'installer ici avec Gaara. Mais cela revenait à lui demander d'aller à l'encontre de la volonté de son père, le chef du clan Hyûga, une des familles les plus puissantes de Konoha… Ce n'était pas sans conséquences… Temari dut convenir que la solution qu'ils avaient trouvée avait du sens. Elle passa le restant de la matinée à consoler son amie avant de l'accompagner jusqu'au bureau de Gaara pour récupérer les différents courriers qu'elle devait ramener à Konoha. Gaara lui donna 3 parchemins en rougissant légèrement. N'étant pas seul à ce moment-là, il se contenta de lui souhaiter un bon voyage. Hinata était un peu déçue, mais ce n'était pas la première fois que ce genre de chose arrivait. Cependant, cette fois-ci tout particulièrement, elle aurait aimé pouvoir avoir toute latitude de lui dire au revoir en privé. Temari l'accompagna un moment sur le chemin de Konoha en lui assurant que tout se passerait bien, qu'elle ne devait pas s'inquiéter. Hinata remercia chaleureusement son amie et elles finirent par se séparer arrivées à la limite du village de Suna.

Arrivée à Konoha sans encombre, Hinata décida d'aller tout de suite demander une entrevue avec l'Hokage. Elle se dirigea vers le bâtiment central et on lui annonça que Tsunade n'était malheureusement pas là. Elle convint d'un entretien pour le lendemain matin. Ce qui signifiait qu'elle allait devoir remettre la demande de Gaara à son père en premier… Elle aurait préféré avoir pu en parler avec Tsunade avant, l'Hokage ayant toujours été de bon conseil… Mais c'était ainsi. Hinata se dirigea donc, lentement et sans entrain, vers la demeure familiale Hyûga.

Hiashi Hyûga vit sa fille qui rentrait de son voyage pénétrer dans le jardin. Il lisait sur son visage une immense tristesse et il n'était pas dupe de ce qui causait sa souffrance. Cela faisait maintenant un an qu'il avait compris la nature exacte de la volonté de sa fille à continuer cette fonction d'agent de liaison entre Suna et Konoha. C'était lorsqu'il s'était aperçu qu'elle dépassait maintenant les capacités d'Hanabi qu'il avait commencé à s'intéresser un peu plus aux agissements de sa fille aînée. Et alors que ses progrès dans son art ninja lui aurait permis d'occuper des fonctions autrement plus gratifiantes et importantes au sein du village, elle continuait néanmoins à vouloir s'occuper des relations entre Suna et Konoha… Il en avait rapidement déduit que sa fille devait entretenir une relation à Suna. Et il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre qu'il s'agissait du Kazekage… Il en avait eu la confirmation deux mois plus tôt en fouillant la chambre d'Hinata. Il avait trouvé la photo de ce démon cachée dans un tiroir de son bureau. Il se souvenait parfaitement de sa réaction sur le coup. Il avait failli déclencher les hostilités et demander réparation à cet espèce de monstre pour le déshonneur qu'il faisait subir à Hinata. Puis, il s'était calmé et avait finalement décidé d'agir selon les règles et avait annoncé à Hinata son désir de la nommer chef de clan à seulement 22 ans. Ainsi, il avait tout le loisir de la marier à un honnête homme dont les relations feraient grandir encore la réputation et le pouvoir de la famille Hyûga. Le choix n'avait d'ailleurs pas été difficile à faire… Et il avait hâte d'annoncer son choix à sa fille. Ainsi, celle-ci n'aurait pas d'autre choix que de mettre fin à cette situation déshonorante… Il l'entendit toquer à la porte de son bureau.

- Entre, Hinata.

- Père, je vous présente mes respects, dit-elle selon la tradition.

- Je te remercie Hinata. As-tu quelque sujet dont tu voudrais m'entretenir ?

- Non, père. Il s'agit d'un message pour vous, de la part du Kazekage.

Hiashi se sentit pâlir. Se pouvait-il que ce fils de… ait l'audace de… Il prit en tremblant le parchemin que lui tendait sa fille. Celle-ci le salua et sortit discrètement du bureau. Elle préférait ne pas être là lorsque son père prendrait connaissance du contenu du parchemin. Hiashi avait toujours détesté que l'on contrarie ce qu'il prévoyait. Or il ne fallait pas douter que la demande de Gaara allait l'obliger à réfléchir, sinon à revoir sa décision de la nommer chef de clan. Elle partit donc rapidement s'enfermer dans ses appartements afin de prendre un bain qui lui permettrait de se détendre quelque peu en attendant la décision de son père.

Hiashi se sentait bouillir à l'intérieur. Il venait de terminer la lecture du parchemin du Kazekage et il n'en croyait pas ses yeux. Cet enf… avait osé. Il osait lui demander la main d'Hinata ! Sous prétexte de renforcer les liens entre Konoha et Suna ! Et élargir le rayonnement de la puissance de la famille Hyûga jusqu'à Suna ! Mais quel petit… Et la formule était parfaitement tournée en plus ! Il ne lui laissait aucune latitude de s'opposer à cette demande sans laisser entrevoir la véritable raison de son refus. Il refusait de lier sa fille à une espèce de démon ! Hors de question ! Il se leva et sortit de son bureau pour se diriger vers le dojo. Il avait grandement besoin de se défouler, sans quoi il risquait de se laisser aller à partir sur le champ pour Suna pour mettre son poing dans la figure de ce Kazekage de malheur…

Hinata ne savait pas trop que penser. Visiblement, la lettre de Gaara n'avait pas suscité beaucoup de réaction chez son père. Elle s'attendait à devoir passer un dîner houleux en sa compagnie, mais celui-ci s'était fait excuser et elle avait mangé seule avec sa sœur. Elle avait passé la nuit à se questionner sur la manière dont avait pu réagir Hiashi à la demande en mariage. Et maintenant, elle se rendait au bureau de l'Hokage pour lui remettre les 2 parchemins de Gaara. Elle fut introduite auprès de Tsunade qui était attablée devant une montagne de papier. Shizune se tenait près d'elle et l'empêchait de s'enfuir. L'arrivée d'Hinata sembla calmer les deux femmes et Hinata s'avança. Elle remit à l'Hokage d'abord le parchemin traditionnel qui l'informait des derniers événements marquants à Suna, puis elle lui remit le deuxième en lui demandant la faveur d'un entretien au sujet de celui-ci. Tsunade posa un regard songeur sur la jeune ninja qui se tenait devant elle. Ainsi, le moment était arrivé.

Tsunade avait deviné, avant même que Shikamaru ne revienne de Suna avec Hinata la raison de la fuite de celle-ci. Il lui avait suffit de voir le Kazekage rester près d'elle si longtemps durant sa convalescence pour savoir qu'un lien fort s'était établit entre les deux. La fuite d'Hinata lui avait simplement confirmé que, contrairement à ce à quoi elle s'attendait de sa part, la jeune femme avait décidé de laisser son cœur dicter sa conduite. Un acte qu'elle jugea aussi brave que stupide. Et il était évident que les deux tourtereaux allaient tout tenter pour aller à l'encontre de leurs destins respectifs.

- Shizune, dit Tsunade, laisse-nous un peu, veux-tu ?

- Bien, Hokage-sama, dit la disciple de Tsunade avant de sortir en refermant la porte derrière elle.

- Alors, de quoi parle ce parchemin ? Demanda-t-elle à Hinata sans l'ouvrir.

- Je… Je…

- Ne me dis pas que tu l'ignores, je ne te croirais pas Hinata…

- Excusez-moi, Hokage-sama. Je préfèrerais que vous en preniez connaissance vous-même.

- Et moi, je veux que ce soit toi qui m'explique de quoi il retourne exactement. Même si j'ai bien ma petite idée sur la question…

- … Hokage-sama, je suis certaine que vous n'ignorez pas les raisons qui me poussent à occuper cette fonction d'agent de liaison entre Konoha et Suna depuis toutes ces années…

- Tu veux dire LA raison ? Repondit Tsunade en souriant légèrement.

Hinata se sentit rougir. Ainsi, elle ne s'était pas trompée, Tsunade était parfaitement au courant de la situation…

- O… Oui… concéda-t-elle. Or, mon père veut que je prenne officiellement ma place de chef du clan Hyûga et dans ce but, il va certainement me trouver un fiancé. Quant à Gaa… Euh, le Kazekage, son conseil des anciens veut profiter de son mariage pour raffermir les relations avec certaines familles. Ils veulent donc qu'il se choisisse une fiancée parmi une liste qu'ils doivent lui faire parvenir sous peu.

- Et qu'avez-vous donc décidé ?

- Eh bien, Gaa… Euh, le Kazekage vous demande dans ce parchemin de bien vouloir l'aider à convaincre mon père pour qu'il lui cède ma main, officiellement dans le but de raffermir les bonnes relations entre Konoha et Suna.

- Je comprends, mais tu sais que ton père n'est pas un homme facile à convaincre de changer de direction quand il a une idée en tête, souffla Tsunade. D'autant plus que je suis sure qu'il a déjà un prétendant tout désigné pour toi. On m'a rapporté qu'il s'était longuement entretenu avec la famille Aburame dernièrement…

Hinata ouvrit de grands yeux… Shino ? Elle ne s'attendait certainement pas à ce choix. Quoique, le rapprochement des feux familles ne pouvait qu'être bénéfique pour les Hyûga… Et elle savait que Shino ne se rebellerait pas devant le choix de ses parents, il était bien trop intègre pour cela… Quelle galère, comme dirait Shikamaru.

- Tsunade-sama, ne pouvez-vous vraiment rien faire pour nous ?

- Je vais essayer, Hinata. En effet, j'ai bien plus à gagner en tant que Hokage dans ton mariage avec le Kazekage qu'avec Shino Aburame, mais… Comme je te le disais, je ne suis pas sure d'avoir assez de poigne pour faire changer ton père d'avis… Je vais le convoquer d'urgence et tenter ce que je peux.

- Je vous remercie, Hokage-sama, dit Hinata en s'inclinant.

Et la jeune femme sortit. Tsunade soupira. Son cœur tendre l'avait encore menée tout droit vers les ennuis… Elle ouvrit le parchemin du Kazekage et y lut exactement ce qu'Hinata venait de lui annoncer. Comme quoi, les deux jeunes gens se connaissaient bien… Elle appela Shizune et lui demanda de convoquer Hiashi Hyûga en urgence.

Décidemment, rien ne lui serait épargné, pensait Hiashi Hyûga… Après l'humiliation qu'il avait ressentie à la lecture de la demande de ce bon à rien de Kazekage, voilà qu'il était convoqué chez le Hokage. Et il savait parfaitement que les deux étaient liés. Si le Hokage décidait de prendre parti pour le Kazekage, ce qui ne faisait aucun doute, il n'aurait plus le choix, il devrait marier sa fille à ce monstre… Soudain, il réalisa ce qu'il venait de penser. Alors, un plan germa aussitôt dans son esprit. Après tout, il n'avait jamais hésité à sacrifier quelques pions pour arriver à ses fins avant, pourquoi pas maintenant.

Tsunade vit Hiashi Hyûga se présenter dans son bureau l'après-midi même. Il pénétra dans le bureau et Shizune referma la porte derrière lui.

- Hyûga-san, je vous remercie de vous être présenté aussi vite, débuta Tsunade. J'ai reçu ce matin une demande émanant du Kazekage vous concernant, votre clan et en particulier votre fille.

- Oui, Hokage-sama, j'ai moi-même reçu le même parchemin. Et je ne puis vous dire à quel point je suis enchanté par cette demande !

Tsunade resta interdite un instant. Se pourrait-il qu'Hinata se soit inquiétée pour rien ?

- Eh bien, je suis heureuse de savoir que vous prenez la chose aussi bien ! Je vous avoue que je craignais que vous ne réagissiez plus mal à cette nouvelle, connaissant vos intentions pour votre clan.

- Mais bien au contraire, cela faisait longtemps que je souhaitais une telle opportunité d'asseoir la famille Hyûga au-delà des simples limites de Konoha ! Et quelle merveilleuse occasion de renforcer nos liens avec le village de Suna !

- Eh bien, j'en suis heureuse. Je peux donc répondre au Kazekage que vous acceptez sa demande ?

- Avec grand plaisir, Hokage-sama. Vous pouvez lui annoncer que je lui enverrai ma fille à la fin du mois prochain, le temps d'annoncer tout cela au clan et de prendre les dispositions nécessaires à son départ.

- Bien, je vous remercie, Hyûga-san.

- A bientôt, Hokage-sama, la salua-t-il en repartant.

Tsunade ne put s'empêcher de craindre un coup fourré. Elle avait maintenant l'habitude du louvoiement des grandes familles de Konoha qui n'hésitaient pas à tourner toutes les situations à leur avantage, quitte à écraser quelques personnes sur leur passage… Elle se dit qu'elle garderait un œil sur la suite des événements. Puis elle répondit au Kazekage et demanda à Shizune de convoquer Hinata pour l'envoyer apporter elle-même la bonne nouvelle au Kazekage.

Hiashi ne put retenir un sourire en arrivant chez lui. Il était évident qu'Hinata allait être envoyée à Suna pour apporter le message du Hokage à ce Kazekage de malheur. Lui laissant ainsi le champ libre pour finir de mettre en place tous ses pions. Il se dit qu'afin de raffermir son apparente approbation, il devait aller voir sa fille ainée. Il se dirigea donc vers les appartements d'Hinata. Mais celle-ci ne se trouvait pas là. Il sut alors où la chercher. En effet, celle-ci était dans le dojo familial en train de terminer sa séance d'entraînement quotidienne. Hiashi ne put s'empêcher de la regarder silencieusement terminer ses exercices en l'admirant. Cette petite avait décidemment bien progressé. Hors de question de perdre un talent si développé ! Lorsqu'elle s'arrêta pour boire, il entra dans la pièce. La jeune fille se tourna aussitôt vers lui.

Hinata se sentit nerveuse. Elle avait prolongé son entraînement pour évacuer le stress que lui provoquait l'incertitude de la réaction de son père suite à la demande de Gaara. Mais maintenant qu'il se tenait devant elle, elle dut se rendre à l'évidence, ses efforts n'avaient servis à rien, elle était toujours aussi tendue.

- Hinata, j'ai, comme tu le sais, reçu une demande de la part du Kazekage. Je sors à l'instant du bureau de l'Hokage et nous avons convenu tous les deux qu'il s'agissait d'une demande tout à fait acceptable. Je pense donc qu'elle va t'appeler sous peu pour aller toi-même apporter la réponse qu'elle va lui rédiger. Tiens-toi prête mon enfant et fais nous honneur !

- Je… Merci, père… De me prévenir, rajouta-t-elle aussitôt.

Il ne fallait pas que son père se doute qu'elle avait parfaitement connaissance de la nature de la demande du Kazekage.

Celui-ci retint de justesse un sourire. Sa fille était tellement prévisible…

- Un grand repas est organisé avec l'ensemble du clan Hyûga dans deux jours, ainsi que je te l'avais annoncé avant ton dernier départ. Nous le tiendrons donc sans toi. Je t'informerai à ton retour de ce qui a été décidé.

- Bien père. Si vous voulez bien m'excuser, je vais aller me préparer avant que l'Hokage ne me fasse appeler.

Et elle sortit du dojo en conservant son calme. Mais dès qu'elle fut enfermée dans sa chambre, elle ne put empêcher un large sourire d'apparaître sur son visage. Enfin… Le soulagement… Tout s'était bien déroulé… Elle n'arrivait pas encore à y croire. Elle aurait cru que son père se montrerait plus retors que cela. Mais après tout, il vieillissait, d'où sa décision de nommer un nouveau chef de clan. Il ne faisait aucun doute qu'Hanabi allait occuper ce poste à merveille. Tout à son bonheur, Hinata finit d'emballer ses affaires lorsqu'un domestique vint lui faire savoir que le Hokage la réclamait. Elle prit son sac aussitôt et fila vers le bureau de Tsunade. Il fallait qu'elle pense à la remercier avant de partir !

Tsunade n'arrivait pas à se débarrasser du mauvais pressentiment qui la taraudait depuis son entretien avec Hiashi Hyûga. Tout c'était trop bien passé. Mais elle n'avait rien pour étayer son hypothèse. Ainsi, quand Hinata se présenta à son bureau, rayonnante de bonheur et qu'elle la remercia, le Hokage ne sut trouver le courage de lui faire partager son appréhension. Elle laissa donc partir la jeune femme.

Temari rentrait tout juste de mission et se dirigeait vers le bureau de Gaara pour lui faire son rapport. Elle sentit en arrivant que quelque chose n'allait pas. Elle interrogea l'un des ninjas présents et il l'informa que le Kazekage était d'une humeur massacrante depuis maintenant près d'une semaine, et encore plus aujourd'hui… Temari n'eut aucun mal à deviner ce qui se passait. Son frère se rongeait les sangs depuis qu'Hinata était partie avec sa demande. Et il avait dû recevoir aujourd'hui la fameuse liste de fiancées potentielles des anciens. Le pauvre… Et dire qu'il ne pouvait rien partager avec personne… Non que cela fut dans son caractère, après tout. Mais Temari se dit qu'elle allait tenter de lui faire partager au moins un peu de son mal-être, ne serait-ce que pour qu'il laisse un peu les autres tranquilles. Elle pénétra donc dans le bureau de Gaara sans se faire annoncer, comme à son habitude lorsqu'elle voulait le faire sortir de ses gonds. Et cela ne manqua pas :

- Temari, tu pourrais frapper ! Je suis ton Kazekage, pas ton voisin de chambre !

- Oui, oui, je sais, tu n'arrêtes pas de me bassiner avec ça… Répondit nonchalamment la jeune femme en soufflant sur ses ongles.

- Alors, cette mission ?

- Terminée, répondit-elle en lui tendant son rapport. Les bandits qui attaquaient ce village ont été chassés et exterminés. Il s'agissait de rôdeurs, pas de ninjas parmi eux.

- Bien. Lui répondit son frère en se replongeant dans son travail, lui faisant comprendre ainsi qu'elle pouvait partir.

Mais Temari n'en avait pas l'intention. Elle ferma la porte et prit place dans un des fauteuils en face du bureau de son frère.

- Quoi encore ? Maugréa-t-il sans lever la tête.

- Tu concoures pour le plus beau sourire de l'année ou quoi ?

- Temari, je te préviens, je ne suis pas d'humeur à supporter tes petits jeux.

- Les anciens t'ont donné leur liste, pas vrai ?

Gaara daigna enfin lever la tête vers Temari. Hinata avait dû lui raconter. Les femmes, quelles pipelettes…

- Oui, avoua-t-il quand même. Et je n'ai toujours pas de nouvelles de Konoha concernant ma propre demande… Cela me rend complètement fou !

- Je te comprends, dit simplement Temari. Mais ne t'en fais pas, tu as du temps avant de devoir donner une réponse aux anciens.

- Certes, mais tu sais que, tant que cela ne sera pas fait, ils vont me harceler sans relâche. Et je ne pense pas pouvoir supporter cela bien longtemps…

- Je peux voir cette liste ? Demanda Temari.

Gaara hésita un moment, puis finalement accepta. Après tout, il devait se préparer à la possibilité d'une réponse négative de la part de Konoha. Et dans ce cas, il n'aurait alors d'autre choix que de se tourner vers ces prétendantes. Et l'avis de Temari, pour le coup, risquait de lui être bien utile. Il remit donc le papier à la jeune femme. Celle-ci lut les noms marqués et ne put s'empêcher de faire la grimace. La plupart étaient des héritières de familles influentes de Suna qu'elle connaissait. Malheureusement, elle ne voyait pas son frère heureux avec une de ces pimbêches pourries gâtées, dont la plupart ne savaient même pas se battre correctement… Les autres étaient issues de familles d'autres villages et elle ne les connaissait pas, difficile donc d'émettre une opinion à leur sujet. Il ne restait plus qu'à prier pour que la réponse de Konoha soit positive. Elle fit part de son opinion à Gaara, puis, le sentant légèrement plus calme qu'à son arrivée, elle le laissa à ses occupations et retourna chez elle rejoindre Shikamaru qui était rentré la veille de sa propre mission.

Gaara souffla. Discuter un peu avec Temari l'avait légèrement calmé. Encore une chose qu'il devait à Hinata. Avant la jeune femme, jamais il n'aurait vu l'utilité de confier ses tracas à d'autres personnes. Même si il ne le faisait encore qu'avec Temari, Hinata ou Kankuro. Il se remit donc au travail jusqu'à tard dans la soirée avant de décider de rentrer chez lui dormir un peu.

Sur le chemin vers sa maison, il laissa son esprit vagabonder. Hinata lui manquait. Depuis qu'ils avaient été obligés de réfléchir à leur avenir, il la voyait partout. Il ne rêvait que de la voir près de lui au quotidien. D'où sa frustration de n'avoir toujours aucune nouvelle. Il savait que la réunion avec son clan avait eu lieu hier, la jeune femme l'avait averti de ce point lors de sa venue. Son père avait-il refusé sa demande ? Avait-il officiellement fait de sa fille aînée son héritière ? Et lui avait-il déjà désigné un fiancé ? Il ne put s'empêcher de grogner à cette pensée. La simple idée qu'un autre homme puisse toucher cette peau si veloutée le mettait littéralement hors de lui. Il atteignit sa maison et rentra. Il alluma la lumière et aussitôt se raidit. Il sentait une présence chez lui. Mais il se mit à sourire, il avait reconnu cette odeur de pluie. Hinata était là. Il s'agissait d'un de leur jeu préféré. Hinata se cachait avec son jutsu et il devait la retrouver à l'aide de son sable. Et quand il la trouvait…

- Hinata… Si je t'attrape…

Un petit rire lui répondit. Il laissa son sable se répandre sur le sol dans toute la maison à la recherche d'un obstacle invisible. Il la retrouva assise sur la table de la salle à manger. Aussitôt qu'elle sentit le sable sur elle, Hinata arrêta son jutsu et réapparut. Le cœur de Gaara manqua un battement. Il était tellement heureux de la revoir. Il avait bien cru que c'était fini, qu'ils ne se verraient plus. Dans l'urgence, il se jeta sur elle et prit ses lèvres dans un baiser plein de fougue et de désespoir. Hinata lui rendit son étreinte avec la même intensité, lui faisant comprendre par là qu'elle-même avait bien cru ne plus le revoir. Sans attendre, il arracha les vêtements d'Hinata et les siens avant de la prendre brutalement sur la table. Il devait absolument marquer cette femme comme la sienne. Tout de suite. Hinata ne s'offusqua pas de ce traitement. Elle aussi avait besoin de cette union brutale qui ne ressemblait en rien à leurs douces étreintes habituelles. Car tout avait changé entre eux à partir de maintenant. Ils s'appartenaient et se le montraient de la manière la plus primitive. Après avoir chacun atteint l'orgasme, ils se laissèrent quelques secondes pour reprendre leurs esprits. Puis Gaara prit Hinata dans ses bras et l'installa contre lui dans le canapé.

- Alors ? Demanda-t-il finalement. Tu m'apportes la réponse ?

- Oui, répondit-elle lovée dans ses bras. Mais pour le moment, je profite...

- De quoi ?

- De toi, bien sûr, répondit-elle en l'embrassant sur le biceps.

- Hinata, j'ai bien cru devenir fou durant cette semaine passée à t'attendre. Je t'en supplie, ne me fais pas languir plus!

- Très bien, répondit la jeune femme en se levant. Mais en échange, acceptes-tu que nous lisions la réponse ensemble ?

- Bien sûr, après tout, cela te concerne également.

Hinata se dirigea vers son sac qu'elle avait laissé caché dans la chambre en ondulant exagérément du bassin. Gaara se dit que cette femme avait le don de le rendre fou de désir. Puis elle revint avec le parchemin que lui avait remis Tsunade et elle reprit place avec sur les genoux de Gaara. Le Kazekage prit le parchemin des mains de la jeune femme et le déplia rapidement. Ils purent y lire :

« Cher Kazekage, j'ai le plaisir de vous annoncer que votre demande en mariage pour la fille de Hiashi Hyûga a été acceptée par ce dernier ainsi que moi-même. La jeune fille rejoindra votre village à la fin du mois à venir, le temps pour elle de faire ses adieux et de préparer ses affaires. Je sais que vous lui ferez le meilleur accueil. En espérant que cet hymen protège notre amitié de tout risque de querelle à venir. Cordialement. Tsunade, Hokage de Konoha. »

Gaara sentit enfin toute la pression qui pesait sur ses épaules retomber aussitôt. Enfin débarrassé en même temps de la corvée de se choisir une fiancée et du secret de sa relation avec Hinata qu'ils allaient enfin pouvoir vivre au grand jour. Le jeune homme sentit pourtant l'humeur de sa compagne s'assombrir. Il la regarda et vit ses sourcils froncés et son air perplexe.

- Que se passe-t-il, Hinata ?

- J'ai un mauvais pressentiment, lui répondit-elle doucement, toute à ses pensées. Gaara, qu'as-tu marqué exactement dans ton parchemin ?

- Euh, exactement, je ne saurai pas te le dire au mot près...

- Essaye de te rappeler au plus juste alors.

- Pourquoi, que crains-tu ?

- S'il te plait, je te promets de te le dire après.

- Eh bien, à peu près, ça donnait : « Le Kazekage de Suna demande par la présente la main de la fille de Hiashi Hyûga, chef de la famille Hyûga de Konoha. Cet hymen aura pour fonction de resserrer les liens d'amitié entre nos deux villages et permettra aux Hyûga d'étendre leur renommée jusqu'à Suna. En vous remerciant de m'adresser votre réponse rapidement afin que tout puisse être préparé au plus tôt. » Voilà, ça devait être à peu près ça... Hinata ?

Mais la jeune femme était maintenant totalement blême. Non, impossible, son père n'aurait pas osé ? Après tout, il n'avait jamais rien suspecté, n'est-ce pas ? Mais ce timing, qui l'éloignait de Konoha pendant que se tenait cette réunion de son clan... Cela collait trop bien... La jeune femme se releva aussitôt et partit en courant dans la chambre pour se rhabiller. Elle attrapa son sac et se dirigea vers la sortie. Mais Gaara, qui avait remis son pantalon, se trouvait déjà là et lui barrait le passage.

- Hinata, arrête, que se passe-t-il ? Tu m'as promis de me le dire !

- N'as-tu pas compris, Gaara ? Tu n'as pas précisé QUELLE fille de Hiashi Hyûga tu souhaitais épouser !

- Non, mais, cela tombait sous le sens, ta sœur est trop jeune pour...

- Elle vient d'avoir 18 ans, Gaara. Elle est en âge de se marier !

- Oh non ! Répondit le jeune homme, devenant blême à son tour. Je suis désolé Hinata, je... Je n'ai pas pensé un instant que j'avais besoin de préciser que c'était de toi dont je parlais...

- Gaara, la réunion de mon clan s'est tenu hier soir. Il est évident qu'en rentrant je vais apprendre que j'ai été nommée chef de clan et qui mon père m'a choisi comme fiancé. Et je vais également trouver ma sœur en train de faire ses paquets pour se préparer à son prochain déménagement...

Gaara sentit tout son sang déserter son visage. Non seulement il venait de perdre Hinata pour de bon, mais en plus, il se retrouvait fiancé à sa petite sœur ! C'était un véritable cauchemar. Et maintenant, il était coincé, il ne pouvait plus se rétracter après avoir reçu l'accord du père et de l'Hokage. Gaara attrapa Hinata et la tint serrée dans ses bras. Il pleurait. Cela eut le don de faire fondre la jeune femme.

- Dis-le-moi, Hinata !

- Je t'aime, Gaara !

- Dis-moi que nous allons trouver une solution... Même si c'est faux !

- Nous allons trouver une solution, murmura Hinata.

Mais le jeune homme sentait dans la voix de la jeune femme qu'il s'agissait d'un mensonge qu'elle ne lui disait que pour le rassurer. Il pleura alors de plus belle.

- Ne pars pas...

- Je dois partir.

- Non, si tu pars, ce sera fini...

- Je dois partir.

- Reste !

- Si je reste, ce sera la guerre.

- Alors, ce sera la guerre. Ou alors, on s'enfuit tous les deux en dédouanant Suna comme Konoha.

- Et on vit comme des déserteurs ? Traqués par les pisteurs ?

- Je préfère encore ça à être obligé de te voir en épouser un autre pendant que j'épouse ta sœur !

- Gaara...

- Non, je ne serai pas raisonnable, pas cette fois ! Ne me demande pas ça !

- Gaara, on le savait... On savait que ça finirait un jour...

Mais le jeune homme s'aperçut qu'elle pleurait elle aussi.

- Oui, mais... Pas comme ça !

- Gaara, nous n'avons pas le choix. C'est notre destin, nous n'y pouvons rien.

- Je refuse, tu m'entends ? Je vais me battre !

- Gaara, arrête, s'il te plait. Tu ne vois pas que tu ne fais que nous rendre les choses plus dures ? Il ne s'agit pas d'un combat à gagner ! Nous avons voulu aller contre notre destin, et voici ce qui nous revient dans la tête ! Je crois qu'il n'existe pas de signal plus clair pour nous faire comprendre que nous ne devons plus tenter de contrarier les choses. Laissons tout cela tel quel et suivons notre destin.

Gaara n'arrivait pas à retenir ses larmes. Il n'avait plus pleuré depuis... Depuis l'incident qui avait plongé Hinata dans le coma... Il se sentait tellement révolté ! Tellement épuisé ! Tellement inutile ! Tellement impuissant... Il sentit Hinata lui échapper et la jeune femme ouvrit la porte avant de se fondre dans la nuit. Il resta là où il était, prostré, incapable ne serait-ce que de fermer la porte de chez lui...

Temari avait oublié de dire quelque chose à Gaara au sujet de sa mission. Elle décida de passer chez lui. Si elle voyait la lumière allumée, elle frapperait, sinon, elle rentrerait chez elle et irait le voir le lendemain matin. Mais arrivée en vue de la maison du Kazekage, elle vit que la porte d'entrée était grande ouverte. Elle accéléra aussitôt pour arriver plus vite. Elle vit alors Gaara allongé dans l'entrée, sans bouger. Elle espérait qu'il n'était pas blessé... Elle écouta si jamais un bruit étrange se faisait entendre laissant deviner la présence d'un intrus, mais elle s'aperçut que Gaara avait les yeux grands ouverts. Un nuage de buée apparaissait devant sa bouche dans cette froide nuit de janvier, montrant qu'il était bien vivant. Elle se pencha au-dessus de lui et vit rapidement qu'il ne présentait aucune blessure. Alors, une seule raison pouvait justifier cette mise en scène...

- Gaara, l'appela-t-elle doucement.

Mais il ne répondit pas. Elle décida de le soulever. Il se laissa faire, comme un pantin désarticulé. Elle le traîna jusqu'à son lit. Mais une fois rendu là, il sembla se réveiller.

- Non, ne me laisse pas là. Emmène-moi chez toi, Temari. S'il te plaît...

- Si tu marches alors, parce que je n'aurai pas la force de te traîner jusque chez moi !

- Oui, ne t'inquiète pas.

- Qu'est-ce que...

- Pas de question, la coupa-t-il. Je t'en prie.

- Bien.

Elle l'aida à se remettre debout et ils partirent tous les deux, Temari ayant glissé son bras sous les épaules de son Kazekage. Elle maudit intérieurement le village de Konoha et le clan Hyûga.

Hinata courait. Elle ne s'arrêterait qu'une fois arrivée à Konoha. Si bien qu'elle ne mit que deux jours pour relier les deux villages. Elle arrivait en fin d'après-midi. Elle continua sa course jusqu'à la porte du bureau de son père. Arrivée là, pour la première fois de sa vie, elle ouvrit la porte sans frapper et se précipita dans la pièce. Hiashi leva la tête pour voir qui osait ainsi pénétrer dans son bureau sans s'annoncer, mais quand il vit Hinata, il se détendit. Il s'attendait à cette confrontation depuis ces 5 derniers jours, date du départ d'Hinata pour Suna.

- Père, comment avez-vous osé !

- De quoi parles-tu, Hinata ? Le Kazekage m'a présenté une requête, je ne pouvais qu'y répondre favorablement. Je n'avais pas le choix !

- Mais Hanabi... Elle n'a que 18 ans, voyons ! Elle est trop jeune !

- Hinata, je sais que tu es officiellement reconnue comme mon héritière depuis 3 jours, mais ne crois pas que ce nouveau statut te donne tous les droits !

- Père, vous êtes... Vous êtes...

- Méfie-toi, Hinata ! S'emporta Hiashi en se levant. Ne va pas prononcer une parole que je serai dans l'obligation de te faire regretter !

Hinata sentit les larmes envahir ses yeux. Mais elle ne laisserait pas son père avoir le plaisir de la voir pleurer. Elle sortit du bureau en claquant la porte et partit hors de la demeure familiale. Il était inconcevable pour elle de rester à cet endroit. Mais où aller ? Elle décida de se laisser porter au gré de ses pas. Elle croisa un certain nombre de ses amis qui la félicitèrent tous pour sa nomination en tant qu'héritière du clan. Ils pensaient tous que cette nouvelle devait la transporter de joie, mais quand ils virent sa tête, ils n'osèrent plus l'embêter. En continuant ainsi, elle se retrouva près de la rivière. Arrivée là, elle décida de s'asseoir et de réfléchir. Elle finit par s'allonger dans l'herbe et s'endormit, épuisée par sa course depuis Suna et les derniers événements. Elle fut réveillée par un petit bruit à côté de son oreille. Il faisait nuit noire. Elle tourna la tête et vit une cigale à côté d'elle. En plein mois de janvier…Elle soupira et dit :

- Bonsoir Shino. Je me doutais que tu viendrais me voir.

Une ombre se laissa tomber d'un arbre tout proche. Elle reconnut son ami. Il vint s'asseoir à côté d'elle.

- Alors, comment vas-tu ? Lui demanda-t-elle.

- Mieux que toi, apparemment...

- Et donc, c'est bien toi qui a été désigné comme mon fiancé ?

- Tu n'as pas été mise au courant ?

- Disons que je me suis disputée avec mon père avant même qu'il n'ait le temps de m'expliquer quoi que ce soit...

- Alors, j'ai le plaisir de t'annoncer que, oui, c'est bien moi qui ai été choisi par le grand Hiashi Hyûga comme fiancé de sa fille aînée, héritière du clan Hyûga.

- Génial...

- Cache ta joie... Je suis donc un si mauvais parti pour toi ?

- Je m'excuse, Shino, ce n'est pas contre toi... Mais crois-moi, mon père n'a précipité ma nomination et mes fiançailles que pour mettre fin à une situation qui ne lui plaisait pas...

- Ta relation avec le Kazekage ?

- Qu... Qu... Mais comment... ?

- Hinata, nous sommes d'anciens partenaires, je te connais donc plutôt bien. Il n'a pas été très dur pour moi de deviner les raisons qui te poussaient à continuer à occuper ce poste d'agent de liaison entre Konoha et Suna... Mais je n'ai su que c'était le Kazekage que lorsque ton père a annoncé les fiançailles de ta sœur avec celui-ci.

Hinata sentit les larmes rouler sur ses joues.

- Hinata, qu'est-ce qui t'a pris ? Tu devais bien savoir que cette relation serait impossible...

- Oui, je le savais... Nous le savions... Mais nous n'avions pas prévu que... Cela prendrait de telles proportions.

- Et que comptes-tu faire ?

- Rien... Nous avons essayé de contrer le destin et regarde où cela nous a mené : maintenant, c'est Hanabi qui est promise à Gaara.

- Hinata... Mais que t'arrive-t-il ?

- Que veux-tu dire ?

- Que la Hinata que je connais a toujours été une battante. Elle n'a jamais laissé rien ni personne se mettre en travers de son objectif. Et surtout pas quelque chose d'aussi futile que « le destin », sans quoi, elle n'aurait jamais continué à s'entraîner aussi dur quand tout le monde lui disait que son destin était d'apporter la honte et le déshonneur sur son clan.

Hinata ouvrit des yeux ronds sous les critiques de son ami. Il disait vrai. Comment avait-elle pu oublier son nindô ? Ne jamais revenir sur sa parole... Or, elle avait donné sa parole à Gaara de tout tenter pour sauver leur relation. Avait-elle réellement tout tenté ? Elle regarda Shino qui se relevait.

- Shino, pourquoi m'aides-tu ? N'es-tu pas gagnant dans ce mariage arrangé ?

- Hinata, tu sauras qu'en aucun cas je ne serai gagnant si tu devais en souffrir...

- Shino, merci.

Hinata se leva et embrassa son ami sur la joue. Le jeune Aburame se mit à rougir.

- Je vais finir par regretter ce mariage, dit-il en souriant.

- Tu dis ça, mais il n'est pas encore annulé...

- J'ai confiance en toi, Hinata, tu obtiens toujours ce que tu veux. Et celui que tu veux, c'est lui...

Hinata lança un dernier sourire à son ami avant de partir en courant. Elle se rendit dans la demeure familiale et partit se coucher dans son lit. Elle allait dormir, reprendre des forces et demain... Elle réfléchirait à la meilleure façon de contrer son père.

Shikamaru vit Temari sortir de la chambre d'amis et venir s'asseoir à côté de lui dans le canapé.

- Comment va-t-il ?

- Ce n'est pas brillant...

- Galère... Combien de temps va-t-il rester ?

- Aussi longtemps qu'il en aura besoin, bien sûr !

- Oui, bien sûr...

- Shikamaru, il s'agit de mon frère, de ton Kazekage, rien que cela devrait justifier notre hospitalité !

- Tu as raison, je suis désolé, je suis plutôt asocial, tu le sais bien...

- Oui, ne t'en fais pas. Nous ferions mieux d'aller nous coucher.

Et ils se dirigèrent vers leur chambre.

Gaara restait prostré. Il avait tout gâché, encore une fois. Il savait bien que s'attacher à quelqu'un n'était pas fait pour lui, mais pour Hinata, il n'avait pas su résister. Et maintenant, le voilà condamné à souffrir, marié de force à la sœur de celle qu'il aime. Et bien sûr, il ne serait pas question d'un mariage blanc. Les anciens comme la famille Hyûga allaient rapidement leur réclamer un héritier... Il était temps pour lui de remettre rapidement son masque impassible s'il voulait ne serait-ce que survivre...

Le lendemain matin, Hinata se réveilla plus tard que d'habitude. Elle partit en direction de la cuisine pour se préparer un petit déjeuner, l'heure de celui-ci étant déjà largement dépassé. A son retour vers sa chambre, elle vit que sa sœur était dans sa salle de bain. Hinata se dit qu'elle n'avait pas encore eu l'occasion de discuter avec Hanabi depuis son retour. Elle frappa donc à la porte de la salle de bain avant de rentrer.

- Bonjour Hanabi ! lança-t-elle.

- Bonjour Hinata, lui répondit sombrement la jeune femme dans son bain.

- Accepterais-tu que ta sœur partage le bain avec toi ?

La demande d'Hinata parut étonner Hanabi. Après tout, les deux sœurs n'avaient jamais été proches, mises en compétition par leur père dès leur plus jeune âge. Mais Hanabi hocha la tête. Hinata quitta donc ses vêtements et rejoignit sa sœur. Le bain n'était pas très chaud. Depuis combien de temps sa sœur se tenait-elle là ?

- Je n'ai pas encore eu l'occasion de te féliciter, Hinata, commença Hanabi tristement. Tu as enfin réussi à avoir ce que tu voulais : la reconnaissance de notre père.

- Hanabi, tu sais que la reconnaissance de notre père n'a plus la moindre importance pour moi, et ce depuis longtemps. Et je sais que tu n'es pas assez bête pour ne pas voir ce que père à réellement en tête avec ma nomination et ton mariage arrangé…

- Oui, je l'ai compris au moment où il me l'a annoncé… Je suis donc condamnée à épouser un homme qui ne pourra jamais m'aimer car il aime ma sœur aînée…

- Hanabi, je ne suis pas encore prête à laisser ceci arriver !

- Mais que veux-tu faire ? Tout a été officiellement annoncé, tu ne peux plus rien changer !

- J'avoue que je ne sais pas encore comment je vais procéder, mais je sais que j'aurai besoin de ton aide dans ce plan… Seras-tu de mon côté, Hanabi ? Iras-tu contre la volonté de notre père ?

Hinata savait qu'il s'agissait d'une décision difficile pour Hanabi, habituée à toujours faire ce que lui demandait son père. La jeune fille en face d'elle resta songeuse un moment, puis finit par se redresser :

- D'accord, je te suis.

- Merci, Hanabi.

- Oh, mais ne pense pas que je le fasse pour toi… Après tout, si tu vas le rejoindre, le rang d'héritière me reviendra forcément…

- Je te reconnais bien là, sourit tendrement Hinata. Et je sais que tu feras un bien meilleur chef de clan que moi, Hanabi.

Hanabi ne sut que répondre, peu habituée aux démonstrations d'affection de sa grande sœur. Elle sortit de son bain, prit une serviette et partit dans sa chambre sans rien dire de plus. Hinata continua de sourire. Hanabi était timide aussi, dans son genre… Elle sortit également du bain et se sécha à son tour avant de se rhabiller et de sortir de la salle de bain. Elle tomba nez-à-nez avec un domestique qui semblait la chercher.

- Hinata-sama, Hyûga-sama vous réclame.

- Bien, merci, je vais le voir tout de suite.

La jeune femme se mit en route vers le bureau de son père, mais au détour d'un couloir, elle bouscula quelqu'un. Elle réussit à ne pas tomber, puis releva la tête.

- Hinata-sama, tu n'as rien ?

- Neji-Nii-san ! Que je suis heureuse de te voir ! S'écria la ninja en prenant son cousin dans ses bras. Je pensais que tu étais encore réquisitionné sur cette mission de rang S !

- Je suis rentré hier soir. J'ai appris pour ta nomination, je suis heureux que ce soit finalement toi qui sois désignée comme futur chef de clan. Il n'y a pas à douter que les choses vont s'améliorer avec toi, lui répondit son cousin en souriant.

Hinata ne répondit rien. Elle avait toujours promis à son cousin qu'au cas où ce serait elle qui serait désignée comme chef de clan, elle s'occuperait de faire fusionner les branches principale et secondaire de la famille. Mais maintenant...

- Hinata-sama, tu ne te sens pas bien ?

- Si, si, tout va bien. Je suis désolée, Nii-san, mon père m'attend dans son bureau. Je ferais mieux de me dépêcher, répondit la jeune femme en commençant à s'éloigner.

- J'espère que nous aurons le temps de discuter plus longuement ensemble prochainement, dit son cousin en la regardant fixement.

- Je ferai de mon mieux.

Puis elle partit. Arrivée devant le bureau de son père, elle frappa à la porte.

- Entre, Hinata.

- Bonjour, père. Je vous présente mes respects. Vous souhaitiez m'entretenir d'un sujet ?

- Oui ma fille, lui répondit Hiashi, étonné du revirement de l'attitude de sa fille depuis la veille. Il est temps pour toi d'entamer ton apprentissage pour devenir la future chef du clan Hyûga. Tu dois connaître nos règles, bien que tu en connaisses déjà la plupart, nos ancêtres et les faits marquants de notre famille. Ainsi que certains secrets qui entourent le Byakkugan. Pour cela, nous allons commencer par la liste de nos ancêtres et l'histoire de notre famille. Voici le livre qui relate tous ces faits. Lis-le et reviens me voir une fois que tu le sauras par cœur.

Il sortit d'un tiroir et mit sur son bureau un livre de l'épaisseur d'un annuaire. Hinata sentit son sang se figer. Apprendre par cœur tout cela ? Mais elle n'en laissa rien paraître. Elle prit l'ouvrage et fit mine de sortir du bureau.

- Hinata, je pense que tu connais l'identité de celui que je t'ai choisi comme fiancé. Nous devons décider rapidement d'une date pour vos noces. Passe me voir cette après-midi pour cela.

- Bien père.

Et la jeune femme sortit. Elle sentait le piège de son père se refermer peu à peu autour d'elle...

Lorsque Temari frappa à la porte de la chambre d'amis, elle ne fut pas étonnée de n'obtenir aucune réponse. Mais elle ne s'attendait pas à ce que ce soit parce que la chambre était vide. Elle s'habilla rapidement et partit avec Shikamaru à la recherche de Gaara. Le jeune homme se dirigea vers chez le Kazekage, elle partit à son bureau. Et c'est elle qui le trouva, attablé à son bureau, comme d'habitude.

- Gaara, tu vas bien ?

- Temari, je t'ai déjà demandé de frapper à la porte avant d'entrer...

- Mais... Que fais-tu ici ?

- Je suis Kazekage, tu t'en souviens ?

- Oui, mais... Je pensais...

- Temari, j'ai beaucoup de travail. Va droit au but, s'il te plaît.

- Si Hinata...

- Ne prononce plus jamais ce prénom devant moi, grogna Gaara toujours sans lever la tête de son travail.

- Gaara...

- Non, n'insiste pas ! Elle avait raison, c'est ridicule de vouloir aller contre son destin ! Et si celui-ci a décidé de me faire épouser la fille cadette Hyûga, qu'il en soit ainsi !

- Tu ne pourras jamais...

- Ne me dis pas ce que je dois faire, Temari ! Ce n'est pas parce que tu es ma sœur que je ne suis pas capable de t'exiler si tu continues à me contredire !

- Bien, Gaara. Je te laisse.

- Oui.

La jeune femme sortit, mortifiée par la scène qui venait de se dérouler. Même si son frère n'avait pas daigné lever les yeux sur elle, elle avait deviné qu'elle n'y aurait vu que de la froideur... Le genre de froideur qu'il y avait, avant sa rencontre avec Naruto... Tout cela ne présageait rien de bon, ni pour Suna, ni pour cette jeune fille qui allait se présenter prochainement pour épouser son frère.

Hinata était enfermée dans sa chambre, officiellement, pour étudier l'histoire du clan Hyûga. Et en effet, elle était assise sur son lit, le livre ouvert devant elle. Mais elle avait adopté la posture de Shikamaru qu'il prenait lorsqu'une situation épineuse réclamait tout son intellect. Elle l'avait adopté à son tour deux ans auparavant, s'étant aperçue qu'elle favorisait bien l'apparition d'idées dans son cerveau... Mais aujourd'hui, elle semblait en panne d'inspiration... Hélas, elle n'arrivait pas à trouver le moyen à la fois de se libérer de son rang de future chef de clan et libérer sa sœur et Gaara de leurs fiançailles... Après un long moment à tourner et retourner la situation dans sa tête, elle finit par abandonner pour aujourd'hui. Mieux valait conserver un peu de temps pour ses études, si jamais son père commençait à l'interroger. Elle se pencha donc sur le livre ouvert devant elle et commença sa lecture. Soudain, elle se figea. Elle venait de lire quelque chose de très intéressant... Se pourrait-il que son père, sans le savoir, lui ait mis entre les mains la meilleure arme qu'elle pourrait retourner contre lui ? Elle décida de reprendre sa posture précédente et laissa l'idée qu'elle venait d'avoir germer jusqu'à l'élaboration d'un plan complet.

Un domestique vint la prévenir du déjeuner. Elle quitta donc sa chambre pour rejoindre son père dans la salle à manger, Hanabi ayant une dernière mission à remplir avant son départ pour Suna. Ils ne s'adressèrent la parole à aucun moment et chacun repartit vaquer à ses occupations dès le repas terminé. Hinata décida de faire une liste de ce dont elle avait besoin pour le bon déroulement de son plan. Et en premier lieu, elle devait parler à Shino, avant que son père n'arrête la date des noces.

La fin du mois était si vite arrivé, se lamentait Hinata. Elle avait tout juste eu le temps de mettre en place son plan. Or, elle avait besoin qu'Hanabi soit là pour la bonne marche de celui-ci. Et sa sœur devait partir le lendemain pour Suna. Un grand banquet était prévu le soir même avec l'ensemble de la famille Hyûga pour fêter les deux prochains mariages : celui qui allait finaliser la formation d'Hinata en tant de chef de clan, prévu le lendemain et celui qui allait asseoir la renommée du clan jusqu'à Suna. Heureusement, Hinata avait réussi à mémoriser la totalité des connaissances réclamées par son père à temps, aidée dans sa tâche par Hanabi et Shino.

Hinata partit rejoindre Hanabi dans sa chambre. La porte était entrebâillée et elle vit que sa sœur avait déjà revêtu un magnifique kimono de soie blanche et verte qui mettait en valeur ses yeux. Elle était assise devant sa coiffeuse et semblait sur le point de commencer à s'occuper de ses cheveux. Hinata frappa à la porte.

- Entre, Nee-san, l'invita Hanabi.

- Comment te sens-tu ?

- Affreusement nerveuse, avoua la jeune femme.

Au cours de ce dernier mois, les deux sœurs s'étaient grandement rapprochées, partageant enfin la joie complice que seul un lien fraternel permet. Hinata en était heureuse autant qu'attristée, sachant l'heure des séparations proche.

- Tu seras parfaite, ne t'en fais pas, la rassura Hinata.

- As-tu finalisé les choses avec Neji-Nii-San ?

- Oui, il se tient prêt. Et toi, rappelle-toi l'accord prévu ! Je m'assurerai que tu tiennes les engagements pris !

- Oui, je sais, ne t'en fais pas. Je suis plutôt d'accord avec vous sur ce point, en fait... Même si je ne l'aurais jamais admis devant Père...

- Bien. Puis-je t'aider à natter tes cheveux ?

- Avec plaisir, Nee-san.

Hinata attrapa la brosse à cheveux de sa sœur et entreprit de lui brosser doucement sa longue chevelure noire. Puis en des gestes sûrs, elle natta avec art ses cheveux en un savant chignon.

- Es-tu sure qu'il soit assez solide ?

- Ne t'inquiète pas, je l'ai renforcé avec de nombreuses épingles. Il résistera.

- Nee-san, tu sais, je voulais te dire... Maintenant que nous en sommes là, je regrette que nous n'ayons pas eu la chance de mieux nous connaître...

- Voyons, Hanabi, rien ne nous empêchera de nous écrire dans l'avenir. J'en serai ravie pour ma part.

- Moi aussi.

- Je dois te laisser, je dois finir me préparer moi aussi.

Et la jeune femme sortit. Dans le couloir, elle aperçut au loin Neji qui était en train de discuter avec un cousin éloigné dont Hinata n'arrivait pas à se rappeler le nom. Leurs regards se croisèrent et Neji lui fit un discret signe qui rassura la jeune femme. Tout se passait bien. Hinata revint dans sa chambre. Elle était déjà habillée d'un kimono rose pâle et coiffée de deux nattes rassemblées en chignon, mais elle devait porter pour l'occasion une espèce de lourd collier qui montrait que c'était elle la future héritière. De plus, elle devait rejoindre les convives au bras de son fiancé. Or, Shino n'était pas encore arrivé. Elle espérait que celui-ci ne serait pas en retard, portant ainsi encore un peu plus d'attention sur elle si elle osait ne pas se présenter à la soirée à l'heure dite. Mais aussitôt qu'elle se fit cette réflexion, de discrets coups furent frappés à la porte. Elle ouvrit grand la porte pour accueillir... Son père. Hiashi Hyûga dévisagea sa fille et visiblement, ce qu'il voyait était à la hauteur de ses espérances. Un discret sourire s'afficha sur son visage.

- Ma fille, je tenais à te dire à quel point j'étais fier des rapides progrès que tu as fait dans ta formation d'héritière. Je n'aurai décidément pas pu choisir de meilleure chef de clan.

Et là, son père eut un geste totalement inhabituel qui termina de la déstabiliser : il la prit dans ses bras. Elle s'en voulut un peu de laisser croire à cet homme que tout se déroulait comme il le souhaitait alors qu'elle était en train d'échafauder un plan visant à le contrer. Mais elle se rappela alors que cet homme n'avait pas hésité à sacrifier le bonheur de ses deux filles pour le simple plaisir d'avoir le contrôle sur elles. Cela finit d'affirmer sa résolution dans son plan. Son père mit fin à leur étreinte et sortit de la pièce. Elle le vit s'éloigner et il croisa Shino qui arrivait au bout du couloir.

- Mon fils, je suis heureux de te voir.

- Je vous présente mes respects, Hyûga-sama.

- Je pense que tu devrais t'habituer à m'appeler Père, mon garçon.

- Je vous promets de faire un effort dès que le mariage sera célébré, répondit simplement Shino.

- Bien, je te laisse en compagnie de ta promise. Je vous retrouve à la soirée.

Et Hiashi termina de disparaître au coin du couloir. Shino se dirigea vers Hinata.

- Tu es très belle, Hinata.

- Je te remercie, Shino. Tu es toi-même à ton avantage, ce soir.

- Merci.

En effet, le jeune homme portait un élégant costume traditionnel marron et blanc. Un large col blanc était noué autour de sa bouche.

- Ta famille est arrivée ?

- Oui, ma mère a insisté pour que nous arrivions ensemble, d'où mon retard.

- J'espère qu'elle ne sera pas trop déçue...

- Tu dis ça comme si tout était joué. Ton plan n'est pas sûr de fonctionner. Il y a un gros risque.

- Ne dis pas ça, s'il te plaît. Avoue que tu serais bien arrangé d'être débarrassé de ce mariage, toi aussi, non ?

- Eh bien, pour être franc, je n'aurai pas été contre notre mariage. Après tout, tu es belle, forte et intelligente. Nous nous connaissons bien, peu de risque donc d'apprendre un lourd secret dans le futur. En fait, tu représentais la femme idéale pour moi...

- Shino ?

- Mais, le fait que tu en aimes un autre me refroidit aussitôt, rassure-toi !

- Je suis navrée de briser cette image de femme parfaite que je donnais, répondit Hinata dans un sourire.

- Je m'en remettrai, répondit-il sur le même ton. Il est l'heure, ne les faisons pas attendre.

Shino offrit son bras à Hinata qui le saisit et tous les deux se dirigèrent vers la salle de réception. Ils furent applaudis à leur arrivée par l'ensemble des clans Hyûga et Aburame réunis pour l'occasion. Hinata se sentait nerveuse. Aurait-elle le courage d'aller jusqu'au bout de son plan ?

- Shikamaru, tu dois y aller !

- Te rends-tu compte de ce que tu me demandes, Temari ? Aller contre un ordre du Kazekage, déserter mon village ? Sans parler des conséquences pour toi. Je sais parfaitement ce que les interrogateurs vont te faire subir pour te faire avouer où je suis parti ! Il est hors de question que je laisse ma femme endurer cela !

- Mais tu ne comprends pas ? Si nous n'allons pas chercher Hinata MAINTENANT, si nous laissons sa sœur venir à Suna, Gaara ne redeviendra jamais comme avant ! Il restera pour toujours cet homme froid que tu as pu voir ce dernier mois. Est-ce vraiment ce que tu veux pour toi, pour nous, pour Suna ? Shikamaru, j'ai déjà connu Gaara dans cet état, plus aucun sentiment ne l'habite. Il ne tardera pas à prendre des décisions allant à l'encontre de tout ce qu'il a voulu bâtir pour son village. Sacrifier des vies ne lui fera bientôt plus rien. Et Shukaku en profitera pour lui susurrer ses intentions maléfiques. Nous courons droit à la catastrophe.

- Peu m'importe, je refuse, moi, de te sacrifier. Serait-ce même pour notre bonheur à tous les deux.

- Alors tu nous condamnes tous. Toi seul est capable de ramener Hinata ici.

- Je préfère tous nous condamner que de te laisser subir ne serait-ce qu'une seconde de torture.

- Shikamaru, je sais que c'est pour moi que tu fais cela, mais là, franchement, tu m'énerves.

- Tant pis, je prends le risque.

- Et en plus, tu ne te rends pas compte de ce qui attend la sœur d'Hinata lorsqu'elle sera ici. Je ne donne pas longtemps à Gaara avant de perdre son sang-froid avec elle, si tu vois ce que j'insinue...

- Eh bien, nous nous tiendrons prêts et nous protégerons cette fille du mieux que nous pourrons. Je ne partirai pas, Temari.

- Bien, à ta guise, mais ne viens pas te plaindre lorsqu'il sera trop tard pour agir !

Et la jeune femme partit s'enfermer dans la chambre.

Le dîner était bien avancé. On approchait du dessert et du discours qu'Hinata devrait prononcer après son père en tant qu'héritière pour souhaiter le bonheur de sa sœur dans sa future vie maritale. Quelle hypocrisie, ne put-elle s'empêcher de penser. Son père venait d'ailleurs juste de se lever. Hinata croisa rapidement le regard de Neji, d'Hanabi et de Shino. Tous les trois lui rendirent aussitôt son regard. Ils se tenaient prêts.

- Famille Hyûga, Famille Aburame, commença Hiashi, je suis heureux de vous voir tous rassemblés ici ce soir. Nous sommes là pour souhaiter à ma fille chérie, Hanabi, un heureux futur dans sa vie qui l'attend auprès du Kazekage de Suna. Ma fille, par ton hymen, tu permets à ton clan d'élargir sa notoriété au delà des frontières de Konoha et tu nous positionnes dans notre village comme la famille assurant l'amitié entre Suna et Konoha. Nous te remercions tous et te souhaitons du plus profond de nos cœurs : Bonne chance, Hanabi. Nous sommes également là pour fêter le mariage de demain de ma fille aînée bien-aimée, Hinata avec son fiancé, Shino Aburame. L'alliance de nos deux familles était quelque chose que je souhaitais voir arriver depuis longtemps déjà. Et je suis ravi que nos enfants nous permettent de voir une telle chose s'accomplir. J'aurai également la joie de voir ma fille si brillante et si forte me succéder, secondée dans sa tâche par un jeune homme valeureux et ayant à cœur la protection de notre cher village de Konoha. A toi aussi, ma fille, nous te souhaitons : Bonne chance, Hinata.

Puis, pendant que tous l'applaudissaient, Hiashi se déplaça et alla embrasser Hanabi, puis Hinata avant de retourner s'asseoir. Ensuite, tous se tournèrent vers Hinata qui se leva à son tour.

- Famille Hyûga, Famille Aburame, je ne saurai vous dire à quel point je suis fière de ma sœur ce soir. Elle a toujours eu à cœur d'honorer et de respecter toutes les traditions de notre clan. En cela, elle m'a toujours largement dépassée. Aussi, malgré les intentions de notre chef, Hiashi Hyûga, je me vois dans l'obligation de décliner sa décision faisant de moi la future héritière du clan Hyûga.

A ces mots, un brouhaha impressionnant s'éleva de toute part. Hinata dut forcer sa voix pour obliger tout le monde à continuer de l'écouter.

- En effet, deux personnes m'ont défiée de me mesurer à elles ce soir afin de déterminer celle qui serait le plus à même de mener notre clan vers la grandeur qu'il mérite. Et j'ai accepté de relever ces deux défis.

Hinata sentait ses jambes trembler. Elle allait s'évanouir... Soudain, elle sentit une main chaude au creux de ses reins. Elle jeta un bref coup d'œil et vit Shino qui l'encourageait par ce geste. Cela lui permit de se reprendre pour rester debout face aux regards qui se posaient sur elle. Elle poursuivit donc :

- Neji Hyûga, Hanabi Hyûga, vous m'avez demandé la faveur de m'affronter pour la place d'héritière et je vous ai accordé ce droit, ainsi qu'il est prévu dans nos lois. Nous allons donc maintenant nous rendre dans le dojo pour mener ces combats.

Hiashi crut qu'il allait imploser. Ses propres enfants s'étaient ligués contre lui ? Comment cela était-il possible ? Il n'avait pas pensé un instant à cette vieille règle mentionnant que si un autre membre du clan se montrait plus fort que l'héritier désigné, il prenait automatiquement sa place, et ce sans que le chef du clan puisse y redire quoi que ce soit. Et surtout, il ne pensait pas que quiconque dans le clan viendrait à remettre sa décision en question. Après tout, cela ne s'était produit qu'une seule et unique fois dans toute l'histoire de la famille Hyûga. Quel idiot il avait été. En précipitant la nomination d'Hinata comme héritière, c'était lui qui avait laissé la porte ouverte à cette folie. Il ne pouvait donc plus rien faire. Sinon espérer qu'aucun des deux challengers ne se montrerait plus fort qu'Hinata.

Hinata courut se changer dans sa chambre afin d'éviter tout contact avec son père. Elle quitta rapidement ses habits de cérémonie et revêtit un kimono d'entraînement. Puis elle se rendit dans le dojo où l'attendaient déjà la totalité des convives dans un brouhaha incompréhensible. A sa suite arrivèrent Neji et Hanabi. Selon la tradition, ils tirèrent au sort l'ordre de passage. Ce fut Neji qui fut désigné comme premier adversaire d'Hinata. Ils s'étaient mis d'accord au préalable pour mener le combat jusqu'au bout, sans se ménager. Après tout, ils se battaient devant les membres du clan Hyûga, tous s'apercevraient tout de suite si l'un des deux ne faisait pas son maximum. Mais Hinata avait demandé à Shino de laisser ses insectes dévoreurs de chakra la piquer avant le repas. Elle partait donc avec un handicap qui faisait que son cousin ne pouvait que la battre.

Et en effet, celui-ci ne mit pas longtemps à prendre le dessus. Après quelques passes de taijutsu qui touchèrent autant l'un que l'autre, il finit par réussir à lui infliger les 64 points du Hake et Hinata ne put résister à cet assaut. Elle chuta, gravement blessée. Shino vint la chercher avec des membres médecins de sa famille qui possédaient des insectes capables de la soigner.

S'en suivit le combat entre Hanabi et Neji. Neji ayant déjà affronté Hinata, il ne put faire le poids contre Hanabi qui s'imposa face à son cousin. Celui-ci fut également soigné par les Aburame.

Ainsi le destin fut-il ébranlé. Hinata devenait la fille cadette d'Hiashi et Hanabi récupérait-elle le statut d'héritière. Certes, tout avait été méticuleusement mis au point au préalable entre les trois cousins : l'ordre de passage, soit disant tiré au sort, qui faisait d'Hanabi la vainqueur obligé de ce combat, les piqûres d'insectes mangeurs de chakra, la promesse entre eux que, si Hanabi se retrouvait héritière, elle-aussi s'engageait à fusionner les deux branches de la famille... La seule chose qui faisait frissonner Hinata, c'était que, maintenant qu'Hanabi était héritière légitime, tout un chacun pouvait la défier pour son titre. D'où la décision de programmer le mariage avec Shino dès le lendemain, afin d'officialiser le statut de chef de clan d'Hanabi au plus vite. Shino avait assuré à Hinata que, pour sa famille, à partir du moment où il épousait la chef du clan Hyûga, tout se passerait bien. Quand à lui, il ne ressentait rien pour Hanabi, mais il était prêt à tenter l'aventure avec elle. Et celle-ci était prête à tout tant que le statut de chef de clan lui revenait. Pauvre Shino, pensait Hinata. Il aura du fil à retordre avec sa sœur...

Hinata se leva le lendemain encore toute courbaturée. Même si les insectes avaient réparé les lésions à l'intérieur de son corps, il lui restait encore deux côtes et un bras cassés pour lesquels ils n'avaient rien pu faire. Or, elle devait partir aujourd'hui pour Suna afin de respecter l'engagement de son père et de l'Hokage auprès de Gaara pour qu'elle arrive avant la fin du mois. Mais la perspective d'enfin être bientôt réunie avec l'homme qu'elle aimait agissait sur elle comme le meilleur des anti-douleurs ! Sa malle était déjà prête et elle partirait juste après le mariage de Shino et Hanabi prévu dans une heure. Pauvre Hanabi, après le combat de la veille, elle risquait de ne pas être à son avantage sur les photos…

Hinata s'apprêtait à sortir rejoindre sa sœur dans sa chambre lorsqu'on frappa à sa porte. Elle fit appel au Byakkugan et grand bien lui prit car elle vit à travers la porte qu'il s'agissait de son père. Elle ne savait pas trop à quoi s'attendre, mais elle lui devait bien une dernière confrontation avant de partir. Elle ouvrit donc la porte. Hiashi se contenta de la dévisager un moment sans rien dire. Elle ne devait pas être belle à voir, des bleus devaient encore marbrer son visage et ses bras. Puis, comme il ne disait toujours rien, elle hésita à le laisser là et à partir rejoindre Hanabi qui devait l'attendre pour l'aider à se vêtir du traditionnel kimono de mariage. Mais il finit par se décider :

- Ma fille, je te demande pardon, finit-il par murmurer si faiblement qu'Hinata crut avoir mal entendu.

- Père ?

- Je n'ai pensé égoïstement qu'à moi. J'ai même failli causer le malheur de mes deux filles avec mes idées arriérées. Auras-tu jamais assez de bonté dans ton cœur pour me pardonner ?

Hinata était sidérée. Elle s'attendait à de la colère, du mépris, des menaces, mais certainement pas à des excuses ! Elle resta interdite pendant au moins une bonne minute avant de se reprendre et de poser son regard sur son père. Après tout, il ne pensait agir que pour le bien de la famille. Même si son entêtement avait failli avoir raison du respect que lui portaient ses filles. Hinata décida de prendre son père dans ses bras, doucement afin de ne pas aggraver ses blessures. Le vieil homme murmura :

- Merci, ma fille. Je te souhaite de trouver le bonheur dans la voie que tu t'es choisie.

- Merci, Père. Ne vous inquiétez pas à ce sujet.

Puis elle le lâcha et partit dans la chambre de sa sœur. Celle-ci commença à lui crier dessus à peine entrée :

- Mais enfin, Hinata, tu te rends compte de l'heure qu'il est ? Ce kimono est super compliqué à enfiler, nous n'aurons jamais le temps !

- Pas de panique, petite sœur, ta Nee-san a plus d'un tour dans son sac.

Et en effet, Hinata n'eut aucun mal à lui faire enfiler le fameux kimono avant de la coiffer puis de la maquiller. Si bien qu'au bout d'une demi-heure, Hanabi était prête. Hinata avait du forcer sur la poudre de riz pour masquer les restes du combat de la veille. En effet, Neji lui avait fracturé la pommette d'un coup de pied, ce qui avait rendu sa joue droite toute bleue. En reculant pour voir sa sœur dans son ensemble, Hinata sut qu'elle ne pourrait retenir ses larmes une fois rendus au temple. Quel dommage qu'elle doive partir juste après la cérémonie… Elle serra Hanabi dans ses bras.

- Petite sœur, sois heureuse. Et essaye de ne pas faire tourner Shino en bourrique. Il est l'un de mes amis et un homme bien. Je sais que de son côté, il s'emploiera à faire de son mieux pour ton bonheur. Il mérite donc que tu en fasses autant de ton côté.

- N'aie aucune crainte, Nee-san. Après ce mois passé avec vous deux pour tes séances d'apprentissage de toutes ces lois qui ne te serviront finalement à rien, j'ai eu l'occasion de voir qu'il était quelqu'un d'intéressant et de gentil. Je ne pense pas être malheureuse auprès de lui.

- Je pars le cœur léger alors, répondit Hinata avant de la lâcher. Je pense qu'ils nous attendent tous au salon, es-tu prête ?

- Allons-y.

Les deux sœurs se mirent en route, Hinata donnant le bras à sa jeune sœur. Arrivée à l'entrée du salon, son père vint la remplacer et c'est lui qui conduisit sa fille à Shino qui l'attendait en costume traditionnel à l'entrée de la maison. Puis le jeune couple, suivi par les deux familles au grand complet, se mit en route jusqu'au bureau de Tsunade qui les maria civilement. Puis ils se dirigèrent jusqu'au temple pour être mariés devant les divinités. Comme elle le pressentait, Hinata ne put retenir ses larmes. Heureusement, Neji était prêt d'elle et lui avait fourni un nombre incalculable de mouchoirs pour « colmater la fuite » comme il avait dit. Lui aussi présentait encore des restes de ses deux combats de la veille. Puis, lorsque tout fut fini, deux serviteurs apparurent pour emmener Hinata vers Suna qui fit rapidement ses adieux à sa famille.

Gaara ne ressentait rien. Comment avait-il pu se laisser aller à ressentir les choses si longtemps sans devenir fou, se demandait-il ? Il était bien plus simple et plus reposant de toujours faire le choix le plus court, le plus direct et le plus pratique, sans se préoccuper sans cesse de si sa décision allait blesser quelqu'un ou si il ne risquait pas de froisser telle ou telle personne. Et aujourd'hui encore, jour de l'arrivée de sa future femme, il ne ressentait toujours rien. Bien sûr, les anciens avaient été plus que ravis d'apprendre que leur Kazekage allait, grâce à son mariage, faire entrer le Byakkugan dans le village de Suna. Ils avaient donc approuvé le choix de Gaara sans se faire prier. Mais, pour Gaara, il était hors de question d'approcher cette femme. Certes, il allait l'épouser, puisqu'il n'avait pas le choix, mais il se refusait à la voir, à habiter avec elle, ou ne serait-ce même qu'à discuter avec elle. Elle serait là pour faire joli sur la photo, ce serait tout. On vint l'avertir que la fiancée venait de faire son entrée dans Suna. Gaara dut donc se résoudre à sortir de son bureau pour aller attendre la jeune femme en bas du bâtiment.

Il vit une silhouette approcher, entièrement voilée, ainsi que le voulait la tradition, encadrée de deux serviteurs. Ils étaient là pour témoigner que le fiancé avait bien reconnu la jeune femme comme sa promise et rapporter le déroulement de l'échange à la famille de la fiancée. Elle arriva devant lui et il la fit monter, elle et ses serviteurs jusqu'à son bureau. Une fois rendu là, il devrait lui ôter son voile pour être le seul avec les témoins à voir à quoi ressemblait la fiancée avant de la présenter comme telle à son village. Il ouvrit la porte et laissa passer la jeune femme et ses serviteurs devant lui. Et là, pour la première fois depuis un mois, il ressentit quelque chose. Ou plutôt, il sentit quelque chose qui le renvoya vers un souvenir pénible : la jeune femme avait la même odeur de pluie qu'Hinata. Mais après tout, elles étaient sœur, non ? Cela était possible. La fiancée se posta au centre de la pièce, encadrée par ses deux serviteurs. Mais Gaara ne s'était pas attendu à recommencer à ressentir des choses rien que par la présence de cette femme. Il se dit aussitôt qu'il était bien trop dangereux pour lui d'aller jusqu'à soulever le voile pour voir à quoi sa fiancée pouvait bien ressembler… Il darda donc sur elle son regard le plus froid et dit :

- Femme, je fais confiance à Konoha et plus particulièrement à la famille Hyûga pour m'avoir envoyé la fiancée que j'ai demandée. Je ne vois donc pas l'utilité de découvrir ton visage. Ne perdons pas de temps et viens que je te présente à mon village.

Et il se retourna vers la porte de sortie.

Hinata était complètement déstabilisée. Mais qu'était-il donc arrivé à l'homme qu'elle aimait ? D'abord, elle avait tout de suite remarqué qu'il portait son armure de sable, alors qu'il y avait un mois, il ne la mettait que pour sortir ou quand un danger se présentait. A moins qu'il ne la perçoive comme un danger, mais elle n'y croyait pas vraiment. Et quand elle avait vu son regard… Elle avait souffert de sa séparation avec Gaara, mais, occupée comme elle l'avait été par sa formation et par l'élaboration de son plan, elle n'avait pas vraiment eu le temps de se languir de lui. Alors que Gaara… Il semblait comme mort à l'intérieur. Elle n'aurait jamais cru que son simple départ puisse le rendre dans cet état. Il ressemblait au jeune garçon qu'elle avait connu à l'époque de l'examen des chûnin, juste avant que Suna n'attaque Konoha… Lorsque Gaara se retourna après son discours, elle vit une lueur de panique traverser ses yeux. Elle comprit qu'il refusait de relever le voile parce qu'il avait reconnu certaines choses chez elle. Et il ne s'attendait certainement pas à ce que ce soit elle sous ce voile. Elle avait voulu ne rien lui dire avant son arrivée, mais il ne semblait pas en état de supporter la surprise qu'elle lui avait préparé. Elle décida donc de transgresser les règles et de lui adresser la parole alors qu'elle n'était censée le faire qu'une fois le voile levé. Mais Gaara avait déjà posé sa main sur la poignée. Alors, elle dit rapidement :

- Je t'aime, Gaara.

Gaara suspendit aussitôt son geste. Cette voix… Cette formule… Impossible ? Il sentit aussitôt son cœur se serrer à lui faire mal. Il se retourna lentement, se sentant envahi de nouveau par des émotions contradictoires. Il s'avança doucement dans la direction de la jeune femme, et d'une main tremblante, leva le voile. Ce visage, c'était bien elle ! C'était Hinata qui se tenait devant lui. Il sentit aussitôt son armure de sable d'effondrer autour de lui et il apparut sous les yeux d'Hinata comme il était réellement, totalement amaigri, les yeux injectés de sang par le manque de sommeil. Hinata ne put s'empêcher de porter la main à sa bouche quand elle vit son état.

- Gaara… ?

- Dis-le encore, Hinata !

- Je… Je t'aime, Gaara !

- Hinata ! Je ne peux pas y croire, c'est toi, c'est vraiment toi ?

Et il la prit en tremblant dans ses bras pour s'enivrer de son parfum de pluie. Hinata referma ses bras autour de lui et lui embrassa la joue. Les deux témoins voyant que l'échange s'était déroulé « presque » selon les règles, ils sortirent, laissant un peu d'intimité au couple. Aussitôt qu'Hinata vit qu'ils avaient fermé la porte, elle tira l'oreille de Gaara.

- Aïe, Aïe, Aïe, Hinata, mais qu'est-ce que j'ai fait ?

- Ce que tu as fait ? Non mais tu plaisantes ? Tu as vu ton état ? Et je ne suis partie que depuis un mois ! Depuis quand n'as-tu pas mangé ?

- Euh, depuis ton départ, je pense… avoua-t-il.

- Et dormi ?

- Euh, pareil…

Hinata n'osait imaginer ce que le Kazekage avait dû faire endurer à son village ce dernier mois… Soudain, le jeune homme finit de se réveiller totalement et il chargea la jeune femme sur son épaule, malgré son état de faiblesse, et il l'emporta dans sa chambre à côté. Il la jeta sur le lit et se plaça juste au-dessus d'elle. Surprise par tant de vigueur chez Gaara, Hinata ne put retenir un cri. La porte du bureau puis de la chambre volèrent aussitôt en éclat et Hinata vit Shikamaru et Temari qui arrivaient, l'air furieux.

- Gaara ? Mais enfin, laisse-là ! Elle ne mérite pas un tel traitement, s'indigna Temari qui n'avait pas vu le visage de la jeune femme, seulement une femme, allongée sur le lit avec son kimono déjà remonté jusqu'aux cuisses.

Shikamaru se précipita à son tour pour ceinturer le jeune homme avec ses ombres et le tirer en arrière.

- Mais vous avez perdu la tête ou quoi ? Grogna Gaara.

- C'est plutôt toi qui perd les pédales, maugréa Shikamaru en raffermissant sa prise.

- Mais… Mais, laissez-le, enfin ! Finit par protester Hinata.

Les deux ninjas se tournèrent aussitôt vers elle. Et lorsqu'ils la reconnurent, ils lâchèrent Gaara pour se précipiter vers elle.

- Ca alors, Hinata, c'est toi ? Se réjouit Temari en la prenant dans ses bras. Tu as finalement réussi ?

- J'avais promis à Gaara et je ne reviens jamais sur une promesse.

- Je te reconnais bien là, dit Shikamaru en l'embrassant à son tour.

- Hum, vous n'oubliez rien, tous les deux ? Maugréa Gaara derrière eux.

- Ah, tiens, oulà, tu as vu l'heure Shikamaru ? Fit Temari.

- Oui, je crois qu'il vaudrait mieux qu'on retourne en bas, on doit certainement nous chercher, hahaha.

Et ils partirent sans demander leur reste. Hinata ne put s'empêcher de sourire devant leur comportement. Après tout, ils avaient pensé l'aider, croyant qu'elle était Hanabi.

- Comment ont-ils pu penser… ? Grogna Gaara.

- Euh, tu ne t'es pas vu Gaara, mais tu faisais vraiment peur… Même moi j'ai cru que je t'avais perdu.

- Ah bon ?

- Oui, tu avais le même air que lors de l'attaque de Konoha par Suna.

- A ce point ? Je ne m'étais pas rendu compte… Je voulais simplement ne plus rien ressentir après ton départ. C'était trop douloureux… Je me sentais de nouveau trahi et abandonné.

- N'aie crainte, je suis là, maintenant. Et pour toujours, si tu veux encore m'épouser… Je t'aime, Gaara !

Le jeune homme se repositionna aussitôt au-dessus de la jeune femme, une main sur sa cuisse, la deuxième sur un sein.

- Dis-le encore…

- Je t'aime, Gaara !

- Je t'aime, Hinata !

Et voilà. Bon, une fin en Happy End, je me garde les fins tristes pour une prochaine fois ;) Mais j'avoue que j'ai été tentée... Bref, qu'en avez-vous pensé ? Nul ? Très Nul ? Trop gnangnan ? (oui, j'avoue, je suis une consommatrice de shojo, donc j'ai tendance à partir vite dans le romantisme mielleux...) Enfin bref, les reviews, bonnes comme mauvaises, sont appréciées et même largement encouragées ! ^^

A très bientôt, j'espère. Je pense que mon cerveau va bien nous pondre une autre histoire. Peut-être du Fullmetal Alchemist ? Ou un retour aux sources avec du Card Captor Sakura ? Vous le saurez bientôt...

Winlie-chan