Salut, tout le monde!
Je vous souhaiterai bien une bonne Saint Valentin avec un brin de retard, mais on va pas dire que je porte un intérêt démesuré à cette fête (histoire d'éliminer les doutes tout de suite, le cliché d'aujourd'hui n'a strictement RIEN à voir avec le 14 février). Donc, ce sera juste une bonne journée.
Je tiens tout d'abord à dire deux petites choses : pour commencer, un ÉNORME merci à vous pour le nombre de reviews que j'ai reçu et qui m'ont fait incroyablement plaisir : dire que j'avais pas le moral la semaine dernière, vous m'avez ramené sans mal dans la bonne humeur avec votre gentillesse! Du fond du cœur, merci!
Ensuite, il me semble important de faire une petite remarque : même si la plupart des gens semblent avoir plutôt bien suivi mon raisonnement, tout le monde n'a pas l'air d'avoir VRAIMENT compris ce que je sous-entendais à la fin de mon second OS... Ce qui n'est peut-être pas une mauvaise chose, d'ailleurs : j'admets que ce texte n'était franchement pas du meilleur goût. Mais passons : j'avais aussi fait exprès d'être évasive pour ne pas choquer.
Ceci étant dit, j'aimerais adresser des réponses un peu plus complètes à mes chers reviewers anonymes :
SAINT ANGEL : une sortie d' «enfer», en effet. Pauvre gosse... Enfin, dans tous les cas, je suis absolument ravie de t'avoir fait rire : et en plus, tu me dis qu'en voulant faire un mauvais mpreg, j'ai réussi à faire quelque chose de cohérent? ...J'ai envie d'être heureuse, mais j'ai l'impression d'avoir loupé mon coup XD Pour les couples, tu as bien trouvé. Sinon, suite à tes demandes, quand tu dis «Ayo», tu parles d'Aiolia ou d'Aioros? Parce que du Shu'/Aioros, j'adore ça et j'en ferai sûrement un plus tard, mais avec Aiolia... non, je ne peux pas, désolée XD Dans tous les cas, encore merci à toi!
Leia26 : Bref, mais charmant commentaire! Merci!
Megara : Ton commentaire étant très travaillé et structuré, je vais m'efforcer de répondre intelligemment à toutes tes réflexions :
1) D'abord, je tiens à te rassurer : tu as parfaitement compris ce que je voulais laisser sous-entendre à la fin. Donc, oui, c'était assez «trash», comme tu le dis si bien XD
2) Rendre Kanon prisonnier d'une responsabilité pareille était justement voulu car contradictoire à son mode de pensée. Bravo également d'avoir remarqué que l'enfant n'a pas de nom et cela pour deux raisons : comme tu l'as dit, j'ai voulu créer un détachement affectif, mais c'est surtout parce que j'ai AUCUNE imagination pour ça, haha!
3) La justification est facile à trouver dans Saint Seiya, ce qui m'a bien aidé. Je dois néanmoins rester semi-admirative dans les autres fandoms devant l'imagination déployée par les auteurs pour expliquer le pourquoi du comment on en est arrivé là.
4) Sinon, merci de ne pas m'avoir jugé trop durement et d'avoir apprécié cette petite idiotie : cela me soulage énormément, parce que j'avais très peur de le poster. De plus, c'est toujours un véritable plaisir de recevoir de tels commentaires et je tiens à le faire remarquer. Alors, voilà. Un très grand merci à toi.
Allez, au suivant, maintenant! Mais avant ça :
-Toujours pas de droits sur Saint Seiya, hourra -.-
-Cet OS est... Non, je ne peux même pas le décrire. En fait, j'ai failli me défiler avant de le poster. Si le résultat est catastrophique comme je le pressens, adresser vos plaintes à l'auteur roseredhoney.
-Troisième cliché exploité, l'inexplicable «Animal-like features» : en bref, l'individu A se réveille un beau matin doter d'oreilles de lapin, du comportement d'un renard ou encore d'une incapacité à s'exprimer avec autre chose que des miaulements. Ici, je me suis volontairement éloignée grandement de l'idée de base parce que même pour moi, c'était décidément trop barré à écrire!
Et voilà, mauvaise lecture à vous tous!
Animal-like features :
-Bon, laissez-moi résumer..., prononça lentement Saga d'un ton pincé. Vous m'avez fait venir de Grèce jusqu'au Japon en me signalant - je cite – un «cas d'extrême urgence», vous me forcez donc de ce fait à user de mon cosmos en période de paix afin d'atteindre la vitesse de la lumière, vous me signalez à mon arrivée de me préparer au pire et tout ça pour me montrer... ceci?
Malgré l'air particulièrement exaspéré de l'aîné des Gémeaux, ses quatre interlocuteurs ne se démontèrent pas, mais eurent la délicatesse de paraître un brin gêné.
Face à cela, l'ex-Grand Pope prit une grande inspiration, essayant tant bien que mal de se calmer les nerfs : très honnêtement, il n'avait rien contre les chevaliers de Bronze. Après tout, ces braves garçons l'avaient libéré du mal qui l'habitait et n'avaient jamais abandonné le champ de bataille, même lorsque la défaite semblait certaine. 'N'empêche que parfois, ils avaient le don de rendre leurs aînés complètement cinglés.
C'était encore le cas aujourd'hui. Après l'avoir fait venir en catastrophe jusqu'à la résidence principale de la Fondation Graad, Seiya, Shiryu, Shun et Hyoga, une expression paniquée commune sur leur visages, l'avaient aussitôt entraîné avec eux jusqu'au deuxième étage de l'immense manoir, pour finalement le conduire jusqu'à une chambre au bout du couloir, quelque peu en retrait. Jusque là, Saga n'avait pas compris. Ce qui, à la réflexion, n'avait pas été si mal.
Parce que lorsque la raison de sa présence ici lui fut révélée, il n'en demeura que plus sceptique encore. Et pour cause, les quatre garçons avaient alors désigné le lit avec un désarroi poignant qui avait profondément ébranlé le Grec, se demandant s'il n'allait pas y trouver un cadavre de prostituée ou une tête de cheval tranchée (plus jamais de films avec DeathMask le samedi soir, se jura-t-il alors). Quelle ne fut donc sa surprise et son incrédulité lorsque la seule chose qu'il remarqua sur les draps fut, au milieu de larges traces de brulures noircies, un petit tas de cendres au cœur duquel se trouvait... un œuf.
Un œuf, oui. A peine plus gros que celui d'une poule. Et il lui semblait fort peu probable que les quatre chevaliers l'aient fait se déplacer pour l'inviter à une omelette surprise.
Face à son manque de réaction, Seiya (qui, c'était bien connu, avait la fâcheuse tendance de toujours s'emporter pour un rien) s'exclama alors, la voix vibrante d'émotion :
-Comment peux tu rester aussi calme face à un tel drame? Tu dois nous aider, et vite!
-Mais vous aider à quoi, bon sang? S'énerva alors Saga en montant le ton, désignant le tas de cendres d'une main. Qu'est-ce que vous voulez bien que je fasse avec cet œuf?
Les Chevaliers de Bronze, plus que choqués par ce comportement désinvolte, s'entreregardèrent un long moment, lui imposant du même coup un silence qui laissait clairement sous-entendre que le pire était à venir :
-...Tu n'as donc pas compris?
-La seule chose que je comprends, c'est que si vous vouliez des œufs au plat, ce n'était clairement pas moi qu'il fallait appeler!
-NON!
Ce cri de pure horreur n'avait échappé à nul autre que Shun d'Andromède qui, dans un élan de désespoir, s'était jeté en travers du lit pour réceptionner le petit objet, qu'il serra précautionneusement contre sa poitrine avant de se planter contre le mur d'en face, tous ses sens en alerte, sa voix débordante d'émotion :
-Je t'en prie, Saga, ne fais pas de mal à mon frère!
...Hein?
-...Ton «frère»? Répéta stupidement le Grec, sans saisir le sens des paroles de Shun.
-On sait bien que tu l'as un peu mauvaise contre Ikki depuis la pâtée qu'il t'a mis, mais quand même, c'est pas une raison! S'écria à son tour Seiya en partant rejoindre Andromède, ce dernier semblant sur le point d'éclater en sanglots.
Saga, de son côté, ne comprenait plus rien. … 'Pas qu'il y ai compris grand chose au début, aussi, mas tout de même! Alors, très calmement et avec des gestes aussi posés que possible, il s'approcha de nouveau du lit, inspectant une fois de plus les curieux détails incrustés dans les draps. ...Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il percuta :
Les traces de brûlure.
Le tas de cendres sur le matelas.
...L'œuf.
«Non, impossible!», se dit alors Saga des Gémeaux, pris d'une soudaine horreur : par Athéna, les quatre guerriers Divins, ceux là même qui avaient anéanti Hadès et fait régner la paix sur Terre, n'étaient quand même pas cons à ce point-là! ...Si?
-Attendez, ne me dîtes pas...
Il s'interrompit quelques secondes, en profitant pour avaler sa salive et se donner un peu plus de contenance :
-Ne me dîtes pas que vous croyez SERIEUSEMENT que cet œuf, c'est Ikki!
Malheureusement pour Saga, ce fut Seiya de Pégase qui, avec un sérieux effrayant, choisit de répondre à la question, parlant incontestablement au nom de ses trois camarades :
-Mais évidemment, que c'est lui!
Et devant cette affirmation qui ne laissait aucune place au doute ou à la discussion, Saga fut obligé de s'asseoir sur le rebord du lit et de prendre une bonne inspiration, ses mauvais penchants menaçant de refaire surface à tout instant devant un tel étalage d'absurdités et d'invraisemblances. Mais il resta calme. Il le fallait. Faute de quoi ce qu'il lui restait de santé mentale s'effondrerait en quelques secondes.
Aussi, après avoir passé ses mains sur ses paupières et plaqué un sourire indulgent sur son visage soudain bien pâle, l'ex-Grand Pope releva la tête vers les quatre Bronzes, et leur demanda d'une voix très douce :
-Bien... Puis-je savoir comment vous en êtes arrivés à une conclusion aussi sordide?
-Elle n'a rien de sordide! S'écria aussitôt Shun, appuyé par le Cygne qui hocha vigoureusement la tête.
-D'accord, d'accord, concéda le Grec qui n'en croyait pas un mot. Mais si quelqu'un pouvait m'expliquer votre raisonnement, j'admets que ça m'aiderait beaucoup.
Seiya fut le premier à se lancer pour un éclaircissement de la situation, mais à peine eut-il ouvert la bouche que Saga l'interrompit, une main levée en avant dans un geste brusque :
-Non. Pas toi, Seiya. Rien de personnel, mais... pas toi, c'est tout.
Le Chevalier Pégase, bien que franchement vexé, demeura silencieux et gonfla une de ses joues avec mécontentement, laissant à Hyoga sa place de narrateur. Et ce fut donc le jeune métisse qui lui raconta toute l'histoire, ses yeux bleus teintés d'une vive inquiétude :
-Eh bien... Jusqu'à hier, tout allait parfaitement bien pour nous. Depuis que l'on vit ici, on peut dire que l'on avait fini par se créer une sorte de «quotidien» : même les visites d'Ikki commençaient à devenir régulières, n'est-ce pas, Shun?
Andromède, toujours en retrait contre le mur d'en face, ravala ses larmes et acquiesça, l'œuf toujours serré contre sa poitrine.
-Bref. Hier soir, il y a eu... un problème, dirons nous.
-Quel genre de problème? S'enquit alors Saga, néanmoins satisfait de voir que pour le moment, le récit restait cohérent.
-J'y viens. Donc, hier soir, cela faisait tout juste trois semaines que l'on n'avait plus vu Ikki et il a fini par arriver ici, couvert de sang et l'air sérieusement blessé. Alors, forcément, on s'est inquiétés et on a voulu l'aider, mais il nous a assurés - «forcés à croire», plutôt - qu'il allait parfaitement bien, qu'un combat avec des rebelles avait juste mal tourné, et qu'il avait simplement besoin de se reposer. On a bien essayé de le convaincre de voir un médecin, mais il a refusé et s'est enfermé dans sa chambre en nous claquant la porte au nez. On a continué à sentir son énergie pendant la nuit, alors on a pensé qu'il gérait la situation. Mais ce matin, on a entendu une véritable explosion, avec de la fumée qui sortait de la pièce! Et quand nous sommes rentrés, il avait disparu... et nous avons trouvé ceci à la place.
Sur quoi le Cygne se tut, retrouvant sa place auprès de ses camarades, laissant Saga quelques minutes pour digérer toutes ces informations. Ce qui fut une tâche longue et fastidieuse pour l'aîné des Gémeaux, qui enfouit de nouveau son visage entre ses mains en essayant de ne pas céder à la tentation de soupirer.
Mais qu'est-ce qui clochait avec ces gamins, à la fin? S'étaient-ils faits fracasser le crane tellement de fois qu'il y avait des répercussions sur leur système nerveux? Ou cherchaient-ils tout simplement à le (re-)rendre fou?
...Hors de question de formuler ses pensées sous ces termes, néanmoins. Et après de longues secondes passées à chercher le ton et les mots les plus aimables possibles, il reprit :
-Alors résumons : Ikki, soit disant gravement blessé, est venu directement ici, mais sans réclamer d'aide.
-Tout à fait, approuva Shun.
-Le lendemain matin, vous ne le retrouvez pas dans sa chambre, mais cet œuf était sur son lit.
-Exactement, enchaîna Hyoga.
-Et la seule explication logique qui vous vient à l'esprit, c'est qu'il ne peut s'agir que d'Ikki.
-Évidemment, conclut Seiya en croisant les bras.
...De toute évidence, l'absurdité de leur propos ne les frappait toujours pas.
-Bon. Estimons que vous ayez raison... Vous croyez sérieusement que les Phénix naissent dans des œufs de poule?
-Tu as déjà vu un œuf de Phénix, Saga? Demanda alors Hyoga d'une voix calme.
-Euh... non, admit-il.
-Eh bien, tu n'en sais rien du tout alors.
La migraine commença à se faire sentir pour l'aîné des Gémeaux : toute cette histoire devenait vraiment ridicule. Et en désespoir de cause, le Grec tourna des yeux emplis de détresse vers la seule personne un tant soit peu cohérente, raisonnable et pragmatique parmi la foule de joyeux imbéciles qui composaient les Chevaliers de Bronze. Alias Shiryû du Dragon.
-Shiryû, mon jeune ami, commença Saga avec ferveur. Tu n'as pas prononcé un mot depuis mon arrivée. Je t'en supplie, dis-moi que tu ne crois pas à ces sornettes!
Le jeune homme leva vers lui son visage aux yeux bandés : il avait encore trouvé le moyen de perdre la vue depuis leur retour des Enfers. Mais personne ne s'en inquiétait réellement : il découvrirait probablement un nouveau remède miracle dans les prochains mois.
En tout cas, il ne répondit pas immédiatement à Saga, comme s'il n'était lui même pas encore certain de ses convictions. Mais finalement, la balance pencha du côté de ses compagnons d'infortune et il alla rejoindre Shun à l'autre bout de la pièce, posant une main réconfortante sur son épaule avant de se tourner vers le Grec :
-Navré, mais ça ne me semble pas si improbable que ça.
Avec ces quelques mots seulement, le monde s'effondra pour Saga.
-...Tu plaisantes, n'est-ce pas?
-Eh bien, tu dois bien admettre que tout ceci n'est pas dénoué de logique.
-Oh, vraiment? Répliqua le Gémeau d'une voix légèrement tremblante, faisant visiblement de gros efforts pour ne pas s'énerver. Aurais-tu la gentillesse de me dire ce que tu trouves de LOGIQUE là-dedans ? !
-Je m'explique, répondit calmement le Dragon. On sait tous très bien qu'en tant que représentant de la constellation du Phénix, Ikki est de ce fait immortel. Peu importe le nombre de blessures qu'il accumule, il reviendra toujours à la vie, sans l'aide des Dieux dont nous avons besoin. Seulement, on a jamais su par quel procédé il y parvenait, vu qu'aucun d'entre nous n'a jamais pu y assister.
Un peu mal à l'aise, le jeune homme baissa légèrement la tête avant de reprendre :
-Alors je dois reconnaître qu'une renaissance à l'état d'œuf me semble une explication raisonnable.
Silence.
-...Donc, pour vous, il est logique qu'un homme puisse renaître dans un œuf. D'accord.
-Ah! Tu as fini par nous croire, s'exclama joyeusement Seiya sans percevoir le sarcasme. Alors?
-...Alors quoi? Demanda Saga, se préparant au pire.
-Eh bien! Qu'est-ce qu'on fait?
-A quel sujet?
-Mais pour Ikki, enfin! On ne peut quand même pas le laisser dans cet étât.
La conversation prenant de plus en plus des aspects de dialogue de sourds, Saga sentit sa patience déjà bien entamée baisser de nouveau d'un cran. S'il ne mettait pas rapidement un terme à ce fol entretien, sa conclusion serait sans le moindre doute dramatique.
-Puis-je savoir pourquoi vous avez choisi de vous adresser à moi pour un tel cas?
-Tu as été Grand Pope, fit remarquer Shun avec une certaine timidité. Tu connais donc les secrets du Sanctuaire et tu es sans doute l'une des personnes les plus instruites dont nous disposions.
-Alors pourquoi ne pas avoir fait appel à Shion? C'est LUI, le Grand Pope depuis la "Grande Résurrection".
Un terme qui était devenu courant au Sanctuaire depuis le présent que leur avait accordé les Dieux : une seconde vie, offerte sans la moindre condition, sans trace de rancune, et totalement exempte d'effets négatifs. Contre toute logique. Si bien que certains chevaliers, bien que de plus en plus rares, ne pouvaient se soustraire à une certaine méfiance vis-à-vis d'une telle attitude... Passons.
-Shion était notre premier choix, répondit alors Hyoga. Mais sa fonction au Sanctuaire est bien trop importante pour que l'on en éloigne. Alors, nous nous sommes dit qu'il valait mieux ne pas alerter quelqu'un avec de vraies responsabilités.
-De vraies respon...? Mais je suis le Chevalier d'Or des Gémeaux, enfin! S'écria le Grec, profondément vexé par cette insulte indirecte.
-L'un des Chevaliers des Gémeaux, précisa le jeune métisse. D'ailleurs depuis que Kanon a fait ses preuves aux Enfers et que tu as «déshonoré» ton rang avec l'Athena Exclamation, c'est lui qui porte officiellement cette armure, non?
Cette constatation glaciale, mais néanmoins correcte, laissa Saga sans voix, effaré devant un tel affront à sa personne : il était leur aîné et leur supérieur hiérarchique, par l'Olympe! Comment ces sales mômes osaient-ils le dénigrer de la sorte, et le tout sous ses yeux pour une saloperie d'œuf qui avait eu le malheur d'atterrir au mauvais endroit, au mauvais moment.
La colère commençait à se faire sentir, le brûlant de l'intérieur avec une violence qu'il pensait avoir oublié. Et cette rage difficilement contrôlable ne cessait de grimper, alors que les Bronzes reprenaient leur débat existentiel sans plus se soucier de sa présence :
-Vous voyez, je vous avais bien dit qu'il servirait à rien!
-On pouvait toujours espérer...
-On fait quoi, du coup?
-Aucune idée. Si on le mettait au chaud, pour commencer?
-Mais oui, j'y pense ! Les Phénix sont des oiseaux de feu! Si on en allumait un?
-Je ne sais pas si ça va suffire... Le mieux, ce serait encore une chaleur intense et constante...
-Eh, mais tu as raison! Quand Ikki doit se régénérer, il reste au cœur même du volcan de l'île Kanon et il revient encore plus puissant.
-En fait, si ça se trouve, ça se passe tout le temps comme ça mais cette fois, il n'a pas pu s'y rendre à temps!
-Ça prend tout son sens, maintenant!
-Alors, c'est décidé? On l'emmène là-bas?
-On est partis!
Ce fut à peu près à ce moment-là que Saga, irrémédiablement, péta les plombs.
Parce qu'après le stade de l'aberration venait celui de l'éclatement mental. Et cette intense concentration de connerie le fit tout bonnement craquer.
Ce qu'il manifesta en traversant la pièce à une vitesse inhumaine, ne laissant à aucun des quatre jeunes hommes le temps d'anticiper son geste ou sa pensée. Sur quoi son regard se posa aussitôt sur Andromède, dont il s'empara du si précieux trésor sans prévenir... avant de le balancer de toutes ses forces contre le mur opposé, ne donnant aucune chance aux garçons de réagir, ni même de comprendre.
Le craquement de coquille qui se fit alors entendre s'imprégna dans l'esprit des Bronzes comme le son le plus ignoble qui soit. Et ce jusqu'à leur mort.
Et ce furent quatre visages absolument horrifiés qui se tournèrent vers l'emplacement de l'impact, qui avait laissé une longue traînée visqueuse et transparente le long du mur, laissant au sol un amas lamentable de coquille brisée et de vitellus éclaté. Un spectacle si misérable qu'ils en demeurèrent tétanisés pendant de longues minutes.
Mais au moins, maintenant, Saga se sentait mieux. Beaucoup mieux. Même avec les trois paires d'yeux déformés d'horreur ou de haine (Shiryû ne comptait pas) posées sur lui, il ne parvint même pas à se sentir coupable. Et maintenant que la quiétude était revenue en lui, il se sentit apte à reprendre la parole :
-Tout le monde a retrouvé un semblant de rationalité? ...Bien, on va enfin pouvoir discuter calmement.
Cela n'atténua en rien les regards des Bronzes à sa personne, ni la foulée d'émotions hostiles qui s'en dégageaient avec une puissance croissante. Ce que Saga choisit purement et simplement d'ignorer, désignant plutôt les éclats d'œuf et récitant avec une application quasi-scolaire :
-Observez, maintenant. Est-ce que vous pouvez voir un embryon? Une émanation de cosmos quelconque? La réponse est NON. Et vous voulez savoir pourquoi?
Aucune réponse orale. Juste ces vagues de cosmos toujours aussi agressives, alors que les quatre Chevaliers venaient de former un cercle autour de lui, se rapprochant dangereusement à chaque seconde qui passait :
-Parce que ce n'est PAS Ikki, voilà pourquoi! J'ignore ce qui a pu se passer dans vos têtes pour que vous soyez parvenu à cette conclusion, mais il est évident que quelqu'un vous a joué un tour, et rien de plus! Est-ce que vous réussissez à comprendre ça, au moins?
Sur le coup, Saga se dit tout de même que dans l'esprit des Bronzes, un œuf hébergeant une âme humaine semblait bien plus crédible que l'idée d'Ikki décidant de leur faire une blague aussi idiote, surtout si Andromède se trouvait avec eux (point de vue défendable, en passant). Néanmoins, ils stoppèrent leur progression et prirent quelques secondes pour considérer cette éventualité, pas si absurde finalement. Il sembla alors au Grec que l'intensité de leur cosmos commençait quelque peu à stagner. Encouragé, il reprit :
-Maintenant, moi, je retourne au Sanctuaire rattraper le retard que vous m'avez fait prendre. Avant de vous quitter, je vous conseillerai juste de réfléchir un peu à votre attitude et, tant qu'on y est, de vous interroger sur votre crédulité. Des questions?
Aucune, apparemment, les quatre jeunes hommes ayant choisi de conserver le silence. Et si Saga pouvait désormais percevoir un semblant de doute sur leur visages, le sentiment d'hostilité était encore bien présent, même chez Shun dont les yeux étaient maintenant brillants de larmes.
Une excellente raison de ne pas s'attarder ici, donc.
-Eh bien, au revoir, les garçons! Passez une bonne après-midi, quitte à m'avoir fait perdre la mienne.
Sur quoi il se mit à intensifier sa propre cosmos-énergie et, en l'espace de quelques secondes, le décor macabre de la chambre à coucher et les visages emplis de reproche des jeunes japonais s'effacèrent, laissant place au corridor sombre et austère, mais néanmoins paisible, du troisième Temple du zodiaque.
Et Saga, qui n'avait jamais été aussi heureux de ré-intégrer sa demeure, se dirigea aussitôt vers les appartements privés de la bâtisse, se laissant choir sans plus de cérémonie sur son lit, savourant la sérénité et le calme qui régnaient en ce haut lieu.
Un peu trop calme, d'ailleurs, songea-t-il après un bref instant de réflexion. Comme s'il manquait un petit quelque chose pour que tout soit exactement normal ici...
-...Kanon? Appela-t-il au bout d'un moment.
-Salle de bains! Lui répondit une voix en tout point similaire à la sienne, bien qu'à l'intonation plus joviale.
Saga se permit un léger sourire : dans ce genre de moments, le simple écho de son frère suffisait à le réconforter, même avec trois petits mots aussi désespérément banals.
-T'étais où, d'ailleurs? Lui parvint de nouveau la voix de son cadet depuis la salle d'eau. Je t'ai cherché pendant une heure, pas moyen de mettre la main sur toi!
-...On va dire que j'étais occupé.
-Ça va pas?
-Si, pourquoi? S'enquit l'aîné, se demandant comment son jumeau avait pu aussi vite deviner son humeur.
-Excuse moi te le dire, mais t'as le ton aussi aimable que Shina dans sa mauvaise période du mois.
-...Pourquoi faut-il toujours que tu me sortes de telles immondices? Grimaça Saga devant un tel manque de raffinement dans la comparaison.
Silence. Suivi de sons de froissement de tissus, signe que Kanon était en train de se rhabiller :
-Sans doute parce que tu es assez costaud pour les encaisser.
Dans la bouche de l'ex-Marina, cela sonnait fortement comme un compliment. Et Saga choisit de le prendre comme tel.
-Excuse-moi, marmonna-t-il en se passant une main sur les yeux. Mais je sors tout juste d'un entretien avec les Bronzes. Je crois qu'un jour, ils me feront vraiment de nouveau perdre la tête.
-Si seulement tu étais le seul à penser ça! Fit justement remarquer son frère. Tu veux en parler?
-Pas vraiment, non, répondit-il aussitôt en grinçant des dents. Là, tu vois, j'ai juste envie d'un moment tranquille, sans histoire, sans problème, et si tu veux te joindre à moi, tu es le bienvenu.
-T'as conscience que pour ça, je vais devoir décliner la «charmante» invitation d'Aphrodite à boire le thé dans son Temple en dissertant sur sa propre beauté?
-Ton sacrifice t'honore, remarqua Saga en souriant.
Un rire d'une agréable franchise s'échappa de la pièce d'à côté et Saga décida que, oui, il se sentait définitivement mieux, maintenant. Sentiment qui s'intensifia lorsqu'enfin, son frère jumeau sortit de la salle de bains avec un large sourire, ses cheveux en bataille encore humides, une tunique propre sur le dos, et portant dans ses bras...
Saga se figea d'horreur.
-Bon, on fait quoi? Un film? Un verre? J'ai un jeu de cartes qui traîne dans le salon, si tu veux.
L'aîné des Gémeaux ignora tout bonnement la question. Il se serait trouvé bien incapable d'y répondre intelligemment, de toute façon.
Et pour cause! Nichée paresseusement aux creux des bras de son frère se trouvait la créature la plus hideuse que Saga ai jamais vu.
La chose, d'allure incontestablement reptilienne, avait calé sa tête écailleuse et cornue contre le cou de Kanon, sa longue queue épineuse enroulée affectueusement autour du bras de l'ex-Général. Et plus son étude s'approfondissait, plus l'aîné des Gémeaux était pris d'aversion pour ce curieux animal, qui lui était définitivement inconnu. Aversion qui atteint son apogée lorsqu'il avisa les immenses griffes aiguisées comme des lames de rasoir, crochetées dans la tunique bleue, ainsi que ses longues pattes avant à l'ossature apparente, couvertes d'une peau lâche et flottante qui, à s'y méprendre, auraient pu ressembler à des ailes... y ressemblaient même drôlement, d'ailleurs, après un second coup d'œil.
-Kanon..., parvint finalement à articuler Saga avec un bref mouvement de recul. Qu'est-ce que c'est que cette chose?
Kanon haussa les épaules :
-Un lézard.
-...Tu as déjà vu un lézard de cette taille et de cet aspect?
En effet, de la tête jusqu'au bout de la queue, la créature devait atteindre sans trop de problème le mètre soixante et peser également un poids conséquent. Ce qui ne semblait pas déranger son frère outre-mesure car il se contenta de pencher la tête en souriant, répondant avec désinvolture :
-Un iguane, alors?
Silence.
-...Tu sais quoi? Peu m'importe de quoi il s'agit, en fait. Par contre, j'aimerais bien savoir où tu l'as trouvé!
Le sourire de son cadet s'en trouva agrandi et en réponse, l'hideux reptile laissa sortir sa longue langue dans une sorte de sifflement saccadé, que Saga jugea fort proche d'un ricanement à son égard. Impression des plus désagréables.
-Tu vas pas le croire! Je revenais des arènes après l'entraînement de ce midi et on ne s'est pas croisés parce que t'as dû filé juste après. Et en arrivant, j'ai trouvé cet espèce de lézard - iguane, c'est toi qui vois – devant le Temple, sans même avoir l'air de savoir comment il s'était démerdé pour arriver là. Je l'aurais bien renvoyé quelque part au fin fond de l'Afrique, mais dès que je l'ai attrapé, il a plus voulu se détacher. Il est marrant, pas vrai?
«Marrant» n'était clairement pas l'adjectif que Saga aurait employé, alors qu'il observait son frère passer une main sur la tête cornue de l'animal, qui ferma les yeux de délice sous la caresse. L'aîné en demeura hébété :
-Alors?
-...Alors quoi? Répéta l'ex-Grand Pope, haussant un sourcil.
-Eh bien! Il peut rester ici?
Un long silence s'imposa entre les Gémeaux. Parce que Saga connaissait son frère... en tout cas, suffisamment bien pour être sûr d'une chose : il ne s'agissait pas là d'une question. Kanon avait la ferme intention de garder cette horrible bestiole avec lui à long terme, qu'il lui donne son accord ou non.
Mais le problème, c'était que quelque chose ne lui plaisait pas du tout chez cet étrange animal, même s'il lui aurait été bien difficile de savoir précisément de quoi il s'agissait. Peut-être ses larges écailles d'un violet sombre et profond, une couleur qu'il aurait pu trouver plaisante si elle ne lui avait pas paru aussi désagréablement familière.
Ou peut-être son attachement inexpliqué pour son jumeau, la façon dont il calait sa tête contre le visage de Kanon en resserrant la prise de ses griffes dans le tissu de la tunique en grognant de plaisir.
Ou peut-être encore ses yeux reptiliens qu'il s'était enfin décidé à rouvrir, et dont les iris d'un doré intense et perturbant l'observait d'un air hautain, presque sarcastique.
Et Saga, avisant alors avec horreur l'expression absolument ravie de son cadet, sentit un violent frisson lui parcourir l'échine alors que quatre cosmos d'une agressivité sans limite venait d'éclater quelque part au Japon, se dirigeant vers lui à une vitesse plus qu'inquiétante.
Maintenant, il commençait vaguement à comprendre pourquoi les Dieux s'étaient autant fendus la gueule en leur accordant cette seconde vie...
