Salut, tout le monde!

Bon, il m'aura fallu pas loin d'un mois avant de me remettre à poster ici. Je tiens à m'en excuser : j'ai eu pas mal de boulot entre temps, plus quelques petits soucis qui m'avaient un peu ôté l'envie d'écrire... Et surtout, rédiger un drabble sur un tel cliché s'est révélé beaucoup plus difficile que prévu.

De base, ce type d'écriture ne me ressemble pas vraiment, d'autant plus que je suis assez peu au courant des clichés qu'on y associe (un grand merci à divers de mes amis, dont roseredhoney, pour l'aide qu'ils m'ont apporté, consciemment ou non). Et comme il a été très dur pour moi de parodier quelque chose que je juge déjà, dans une certaine mesure, parodique... Enfin, vous verrez bien.

Dans une note plus joyeuse... Waoh. Juste Waoh. Parce que je n'arrive toujours pas à croire que j'ai reçu autant de reviews pour ces trois petites débilités. Et si je vous remercie du fond du coeur pour votre gentillesse et votre soutien, j'ai grand peu de vous décevoir avec ce qui va suivre... :(

Je n'ai d'ailleurs pas eu le temps de répondre à tout le monde, veuillez m'en excuser. Je vais tâcher de me rattraper ici :

SAINT ANGEL : Du AiorosxShura, donc. Il est plus que probable que ce couple revienne plus tard, même si je ne saurais dire quand. Merci!

manganiark : Houla, tant de citations! :) Pour répondre à ta question, il s'agissait bien de Rhadamanthe et oui, j'imagine assez bien les Dieux effectuer leur vengeance sous une telle forme! Encore merci et à bientôt!

leia26 : Ravie d'avoir pu t'être d'une quelconque utilité! U.U Merci!

Bon, en ce qui concerne ce qui va suivre :

-Si Saint Seiya m'appartenait, ce serait Kanon qui se battrait constamment torse-nu, et non Shiryû. Mais bon, Kurumada en a décidé autrement avec son oeuvre.

-Il va falloir me pardonner pour la faiblesse scénaristique et narrative de ce drabble, mais ça n'avait pas grand sens pour moi. Merci néanmoins à Manuka pour m'avoir donné l'idée du lieu grâce à l'un de ses excellents drabbles : même si elle risque fort de m'en vouloir après lecture XD

-Quatrième cliché exploité, le récurrent "PWP", appelation fréquente du "Plot? What Plot?" (ou, en bon, français, "Scénario? Quel scénario?") : en clair, votre couple favori, A et B, est en train de partager un moment langoureux et sensuel fortement déconseillé aux mineurs et c'est TOUT. Une histoire? Une explication? Comme si ça vous intéressait! Le PWP, c'est tout bonnement un film porno par écrit. Et "grâce" à ça, ma fic est passée en rating M -.-

Voila, les choses étant un peu clarifiées, j'espère que cette lecture, faute d'être agréable, sera au moins supportable :

PWP :

D'abord, un soupir. Puis un léger mouvement de jambes, pour accompagner ses ongles crispés dans le tissu. Et finalement, se mordre les lèvres jusqu'au sang ne suffit plus : un long gémissement lui échappa, arrachant un sourire à son tortionnaire qui répéta le mouvement.

Le souffle court, les cheveux défaits, ses jambes tremblantes peinant à le maintenir en position verticale, Rune du Balrog, sa toge noire tombant le long de ses épaules et relevée jusqu'à ses cuisses, retint un nouveau hoquet de surprise lorsque de longs doigts vinrent s'aventurer sur sa poitrine, en effleurant la partie la plus sensible avec une lenteur qui n'avait certainement RIEN d'innocent.

Profitant des derniers instants de lucidité que son cerveau daignait encore lui accorder, le jeune spectre tenta alors de remettre un semblant d'ordre chronologique dans son esprit, histoire d'essayer de comprendre comment il avait bien pu se mettre dans une telle situation...

D'ailleurs, d'un sens, il se demandait s'il y avait vraiment quelque chose à comprendre pour un esprit aussi peu fantasque que le sien. Dans tous les cas, jamais il n'aurait songé qu'une simple discussion avec son supérieur, Minos du Griffon, aurait pu l'entraîner dans une telle merde. Lorsqu'il était arrivé dans le bureau de ce dernier, les bras chargés de dossiers incomplets, Rune avait pourtant bien remarqué que quelque chose dénotait dans l'attitude du juge. Des petits détails, qui pouvaient certes sembler futiles, mais qui avaient néanmoins attiré son attention...

Déjà, pour une raison obscure et inconnue, le Griffon avait fini par céder à la proposition de son jeune frère le Garuda de moderniser quelque peu la gestion des âmes, et donc d'installer un ordinateur dans son bureau (idée que leur autre frère avait rejeté avec une moue dégoûtée) : informatiser le système de jugement aurait dû leur facilité grandement la tâche mais le juge étant aussi doué avec ces machines qu'un manchot avec des baguettes, cela leur avait tout bonnement fait prendre un retard monstrueux, que Rune avait du rattraper seul alors que son supérieur cherchait encore à comprendre le fonctionnement de la souris. Mais bref, passons : malgré son handicap évident avec tout ce qui touchait à la technologie, Minos était donc installé derrière l'écran, à taper frénétiquement sur le clavier avec un air appliqué, ce qui aurait pu constituer un effort très encourageant... si Rune n'avait pas remarqué quelques instants après que la prise de l'ordinateur n'était même pas branchée. ...Curieux.

Ensuite, le Griffon, sans doute dans un soucis de confort professionnel, s'était finalement décidé à écarter son éternelle frange de son visage et à porter une paire de petites lunettes rectangulaires : peut-être qu'une mauvaise acuité visuelle était la raison pour laquelle il renâclait toujours à s'attaquer aux interminables piles de fichiers non-remplis et de demandes de jugement en attente. Ça aurait presque pu se tenir... Sauf qu'il ne fallut pas longtemps à Rune pour noter que le juge s'était contenté de s'affubler de monture sans verres.

Mais ce qui fit vraiment grimper l'étonnement du Balrog à son paroxysme, ce fut l'étrange mélodie lente et grésillante qui vint résonner jusqu'à ses oreilles : une musique grave et répétitive de basse et de saxophone en provenance d'un vieux tourne-disque au fond du bureau, et que l'on aurait eu aucun mal à imaginer comme bande-son principale d'un film érotique bas-de-gamme.

...Enfin, il fallait aussi préciser que depuis près de mille ans de service auprès de Minos du Griffon, il n'était plus vraiment à une bizarrerie près. Aussi, il chassa tous ces petits détails d'un mouvement d'épaule dédaigneux et après avoir salué brièvement son supérieur, déposa son tas de dossier sur un rebord du bureau qui n'était pas encore trop encombré, ignorant le sourire charmeur que lui adressa le juge (enfin, pour quelqu'un d'ordinaire, cela s'apparentait davantage à une face de pervers/psychopathe/dérangé mental : mais Rune n'était pas dupe). Puis il lui annonça rapidement son emploi du temps de la journée, les jugements qui l'attendaient déjà à son tribunal, ses convocations auprès de Leurs Majestés Hadès et Pandore, après quoi il s'inclina et tourna aussitôt les talons, dans l'idée de rejoindre le plus vite possible son bureau et ses propres tâches à accomplir.

Hasard? Mauvais Karma? Coup totalement anticipé et calculé par le Griffon? ...Il ne le saurait sans doute jamais. Toujours fut-il que, malheureusement pour lui, au moment de se détourner, l'une des longues manches de Rune passa en travers d'un des tas de feuilles en équilibre précaire sur le bureau et, avant même de pouvoir réagir, la moitié des dossiers qu'il avait passé la veille à classer s'étala sur le sol dans un désordre total.

Des heures de boulot fichues en l'air en un instant. Et face à un tel désastre, Rune, mortifié, se confondit en excuses et s'accroupit aussitôt, commençant à regrouper maladroitement la paperasse sous le regard luisant de son supérieur qui n'avait toujours pas bougé de son siège, observant la petite scène avec un intérêt presque déplacé.

Et ce fut avec une lenteur mesurée qu'il se défit de ce qui lui servait de lunettes, les reposa sur le bureau, puis se décida enfin à se relever, un sourire terrifiant collé aux lèvres alors qu'il fixait le Balrog, de nouveau debout, des dossiers en vrac entre les bras et l'air profondément contrit. Air qui s'intensifia lorsque le Griffon passa une main le long de sa joue (Rune frissonna de déplaisir) pour finalement saisir son menton entre ses doigts.

C'en était alors suivi un échange tellement bancal que même le plus mauvais réalisateur pornographique n'en aurait pas voulu.

-Eh bien, Rune! J'ai été habitué à mieux te concernant!

-M-Mes excuses, Seigneur Minos! Cette maladresse ne se reproduira plus. Permettez que j'y remette de l'ordre aussitôt et que je les complète moi-même!

-Mais où crois-tu donc aller? Tu viens de commettre une grave faute professionnelle et tu comptes t'en tirer en fuyant?

-«Fuyant»? Je veux juste réparer mon erreur, soyez en assuré, Seigneur!

-Cela va de soi. Mais j'ai bien peur que ça ne soit pas suffisant. Je me vois dans l'obligation de te punir, Rune. Ne serait-ce que pour m'assurer que cette vilaine habitude te passe...

-Pouvez-vous m'expliquer en quoi cela constitue une habitude alors que c'est la première fois que...

-Contesterais-tu la décision d'un de tes supérieurs, Rune du Balrog?

-N-Non, bien sûr que non! Néanmoins, nous sommes déjà suffisamment en retard sur le planning et ces dossiers...

-Tu essayes encore de te défiler, à ce que je vois. Les dossiers attendront, Rune. L'important, c'est avant tout de déterminer quelle sera ta correction.

-Mais enfin, ça n'a aucun sens, Seigneur Mi...

-Des objections?

-...

-...

-...Non, Monseigneur.

-Eh bien, parfait. Maintenant, suis-moi! J'ai déjà ma petite idée pour ton châtiment...

Voilà. Dans l'absolu, les explications s'arrêtaient là.

Et sans plus de raisons logiques ou vraisemblables, Rune se trouvait donc en ce moment même dans un équilibre plus que relatif, à moitié dénudé, les grandes mains du Griffon courant le long de ses cuisses pour les écarter, des gémissements saccadés s'échappant de ses lèvres. Alors, en fait, le problème n'était peut-être pas vraiment d'essayer de comprendre comment il avait pu se mettre dans un foutoir pareil... mais plutôt de savoir que faire maintenant qu'il s'y trouvait. Et ce avant que toute pensée cohérente ne déserte son esprit.

Ce qui s'annonçait de plus en plus difficile lorsqu'une bouche taquine s'attaqua goulument à sa clavicule et qu'une troisième main vint s'ajouter à la fête, insinuant deux doigts dans sa bouche avant qu'il ne puisse protester.

...Hein? Oui, oui, une «troisième main», vous avez bien lu!

Ah tiens, d'ailleurs! Maintenant qu'il y repensait, Rune se dit qu'il aurait été juste de se souvenir qu'Eaque du Garuda était également présent. Et, tant qu'on y était, il aurait bien aimé aussi avoir une explication un peu plus précise sur sa compagnie... et plus particulièrement sur sa participation dans sa «punition».

Là encore, rien d'explicable pour le Balrog. Et ses souvenirs devenaient de plus en plus vagues, fortement mis à mal par les caresses des deux hommes qui ne cessaient de s'accentuer. Mais il lui semblait vaguement se rappeler qu'après sa conversation désastreuse avec le Griffon, ce dernier l'avait conduit (ou plutôt traîné de force) dans ses appartements, prétextant que ce serait l'endroit idéal pour la châtier. Mais à peine eurent-ils pénétrés dans le boudoir du Norvégien que la deuxième porte de la pièce s'était ouverte, leur révélant la présence du juge du Garuda, uniquement vêtu d'une serviette nouée négligemment autour de sa taille, les cheveux humides, et ayant tout l'air de sortir de la salle de bain privée du Griffon. Et si Rune avait aussitôt détourné pudiquement le regard devant cette arrivée inattendue, cela n'avait pas semblé déranger outre-mesure le maître des lieux dont le visage s'était fendu d'un sourire chaleureux et fraternel.

Seconde conversation improbable, qui n'eut hélas pas plus de sens pour Rune que la précédente.

-Oh, bonjour, Rune! Bonjour, Minos! Désolé, mais la plomberie ne fonctionne plus à l'Antenora alors je suis passé chez toi pour prendre ma douche. Ça ne t'ennuie pas, j'espère!

-Pas le moins du monde, mon cher petit frère. Mais je n'ai guère le temps de converser avec toi, hélas! Ce jeune homme ici-présent m'a grandement déçu et il me faut corriger au plus vite son comportement déplorable.

-Mais enfin, Seigneur! Il s'agissait d'une simple maladresse et...

-Tiens donc, Rune! Et moi qui te prenais pour un garçon sérieux et un secrétaire digne de ce nom!

-Que veux-tu, le bon personnel se fait rare, de nos jours. Mais cela ne veut pas dire qu'il nous est impossible de remédier à cet écart!

-Assurément. D'ailleurs, permets-moi de te remercier pour la douche en proposant mon soutien dans ce remaniement.

-Seigneur Eaque! Vous n'allez pas vous y mettre, vous aussi! Je...

-Rune, voyons! Notre estimé et expérimenté Garuda nous propose son assistance et tu as le culot de refuser? Vraiment, tu ne cesses de me décevoir, aujourd'hui...

-C'est, euh... C'est seulement que je ne souhaite guère l'importuner...

-Eh bien, je te rassure, ce n'est pas le cas! Aussi, laissez-moi donc vous accompagner, je ferai de mon mieux pour me rendre utile.

-Euh... Seigneur Eaque, vous n'avez pas l'intention de vous rhabiller entre-temps?

-Impossible : tous mes vêtements sont en train de sécher. Je n'avais rien emporter d'autre que ma serviette pour venir ici.

-D'accord, mais ne pourriez-vous pas...? ...Attendez. Je croyais que l'eau ne marchait plus à l'Anténo...

-Allez, on est partis!

-Mais...

Brusquement, ses souvenirs de la conversation s'arrêtèrent là. Ou plutôt, il lui fut totalement impossible de se concentrer sur sa mémoire lorsque les lèvres du Griffon se posèrent possessivement sur les siennes, et que les doigts dégoulinants de salive d'Eaque s'insinuèrent sournoisement entre ses cuisses, arrachant un cri au Balrog, pris d'un frisson incontrôlable. Une manifestation sonore qui sembla bien plaire aux deux juges, dont les mains libres se mirent à caresser chaque recoins accessibles de sa peau.

Pour Rune, homme en somme peu habitué à tant de soins et d'attentions, se retenir de s'effondrer sous le poids du plaisir s'avéra extrêmement difficile. Pour sa défense, la position dans laquelle il se trouvait à cet instant n'était pas des plus évidentes à maintenir : et pour cause, se tenir à quatre pattes sur un bureau, étroitement serré entre deux hommes qui étaient loin d'en avoir fini avec lui, n'était guère une tâche aisée.

...Oui, il fallait aussi préciser que les deux juges n'avaient pas trouvé de meilleur lieu pour leur projet qu'un bureau vide. Ce qui, dans l'absolu, ne constituait pas le choix le plus insensé aux yeux du Balrog. Sauf que voilà. Ils n'avaient pas choisit n'importe lequel.

Et très honnêtement, utiliser celui de Pandore pour de telles activités se présentait - et de loin - comme la pire idée que les frangins infernaux aient jamais eu le concernant.

D'ailleurs, si en le conduisant ici, les deux hommes s'étaient très rapidement engagés dans sa «punition» sans prendre en compte la déroute et les vagues protestations du jeune secrétaire, il n'avait pas pu entièrement s'en plaindre. En tout cas, c'est ce qu'il décida après avoir parcouru rapidement la pièce du regard. Il devait bien reconnaître que, malgré son omniprésence dans la vie quotidienne des Enfers, il y avait en réalité peu de gens qui pouvaient se vanter d'avoir un point de vue objectif sur la distinguée et dédaigneuse intendante du Royaume des Morts. Sa Majesté Hadès lui-même n'était pas certain de bien connaître sa sœur. Et Rune se dit qu'il y avait du vrai là-dedans, ses yeux s'étant attardés sur le contenu de l'immense armoire au fond de la salle, étonnamment laissée grande ouverte.

Le moins qu'il avait pu en dire fut qu'il ne s'était guère attendu à cela : que Dame Pandore garde quelques vêtements de rechange dans son bureau, pourquoi pas? Mais ses yeux se virent confronter à un remarquable étalage de lingerie, pour la plupart extrêmement minimalistes, et que l'on n'aurait jamais imaginé sur une jeune femme du meilleur monde. (1) Le tout dans un grand nombre de coloris différents, de matières qui n'avaient certainement rien du coton premier prix, et agrémentés d'accessoires qu'il aurait préféré ne jamais apercevoir.

Fort heureusement pour lui, aucun des deux juges n'avaient songé à tourner la tête vers cette fameuse armoire en rentrant dans la pièce (Rune n'osait imaginer les trésors d'imagination que son contenu aurait déclenché chez deux esprits si malsains), trop occupés qu'ils avaient été à dévêtir leur proie et le traîner jusqu'au bureau, se lançant dans la mise en scène pathétique d'une punition que Rune n'estimait toujours pas mériter, bien qu'avec une très légère mauvaise foi. Car quand bien même cela l'irritait de l'admettre, son Seigneur avait au moins eu raison sur un point : Eaque du Garuda s'était révélé fichtrement expérimenté en la matière.

Et malgré la douleur que ce dernier provoqua en retirant finalement ses doigts pour agripper plus fermement ses cuisses et, sans autre avertissement, le posséder entièrement, le cri que laissa échapper le Balrog ne fut pas totalement exempt de plaisir. Un cri qui fut d'ailleurs bien vite étouffé lorsque le Griffon, souriant, passa une main dans sa chevelure interminable pour le forcer gentiment à baisser la tête vers sa propre anatomie, qui quémandait à cet instant une attention toute particulière. La volonté de Minos étant pourtant claire, ce fut davantage par réflexe que sa bouche s'ouvrit pour débuter mouvements de langue et va-et-vient, sous les grognements de plaisir du Griffon qui accentua la pression sur son crâne. Cela eut au moins deux avantages majeurs : non seulement son Seigneur parût extrêmement satisfait de son attitude, mais cela lui permit également d'éviter le regard de Queen lorsque ce dernier sortit de la pièce.

...Il aurait donc été plus logique d'expliquer la présence de Queen dans ce fameux bureau AVANT son départ. (2)

Là, Rune pouvait, sans indulgence mal placée, clamer que ce n'était en rien de sa faute. Après tout, il n'avait pas à se sentir responsable si, sans même prendre la peine de frapper, l'Alraune était entré dans la salle, ouvrant la porte à la volée, et, sans paraître dégoûté ou même surpris par la scène qui se jouait devant lui (quand on servait les Juges des Enfers, peu importait lequel, on était mentalement préparé au meilleur comme au pire - surtout au pire, en fait), s'était brièvement incliné en lâchant :

-Seigneurs Minos et Eaque. Rune. Pardonnez cette intrusion, mais Dame Pandore m'a fait quérir pour lui livrer quelques documents : aussi je ne serai guère long. Faîtes comme si je n'étais pas là.

Sur quoi il était passé devant eux, les ignorant avec superbe pour aller récupérer un petit tas de fichiers sur une étagère non loin. Lui obéissant inconsciemment, le Griffon et le Garuda ne s'intéressèrent donc pas davantage à son passage et s'en retournèrent bien vite à leurs activités. Et Rune avait bien trop perdu son sens de la réalité pour se sentir réellement gêné par cette intrusion, qui au passage n'excéda pas les dix minutes. S'il était encore possible de garder la notion du temps dans une telle situation.

La cadence s'accéléra brusquement. Et sous ce rythme toujours plus soutenu, le Balrog abandonna enfin la partie : à quoi bon essayer de se rappeler, ou même de réfléchir? A quoi bon tenter de donner du sens à une situation qui, de toute évidence, n'en avait strictement aucun? A quoi bon chercher encore une logique face à la déferlante de plaisir qui se faisait de plus en plus proche?

Et lorsqu'enfin, l'extase vint le faucher avec une intensité qui n'avait rien de crédible ni même de réaliste, et - tout aussi absurdement – exactement au même moment que ses seigneurs, il ne lui vint même pas à l'esprit de se demander d'où pouvait bien provenir cette même musique grinçante et ridiculement langoureuse qui s'était déjà jouée dans le bureau de Minos, ce cri d'indignation lointain se résumant à «Mais vous pouvez pas la mettre en veilleuse, bordel ? !» et ressemblant curieusement à la voix de Thanatos ou encore cette lumière rouge incessamment clignotante dans le coin supérieur gauche du plafond, juste au dessus de ce qui semblait ressembler à une lentille varifocale, et qui lui donnait la vague impression d'être tournée dans leur direction, et ce depuis un bon moment.

...

Mais bon, qui se serait seulement soucié d'y trouver une explication... Pas vrai?


Bon. Comme vous aurez pu le constater, il n'y a pas vraiment de "fin" à cet OS. Mais comme j'estime qu'il est également dénoué de début et de milieu, je ne voyais pas l'intérêt d'y apporter une réelle conclusion. J'espère que vous n'êtes pas déçu(e)s : mon objectif, c'était tout simplement d'écrire le pire script possible pour un porno! XD

(1) Que les choses soient claires : je ne fais ici que souligner le cliché de la tenue vestimentaire féminine. Et malheureusement pour elle, Pandore est la seule femme des Enfers et c'est tombé sur elle. Je ne décris pas ici la Pandore de Lost Canvas (qui me donne envie de hurler tellement ils ont massacré le personnage), je parodie uniquement la femme selon les critères du genre.

(2) Bon, alors là, une explication s'impose : je ne connais vraiment pas toutes les ficelles du genre mais un ami plus... ehm, ayant plus de «connaissances» dans ce domaine m'a soutenu qu'il n'était pas rare qu'à un moment, quelqu'un qui n'avait strictement rien à faire là apparaissait soudainement à l'écran/dans le texte ou s'incrustait dans l'ambiance, et c'est Queen qui s'y est collé. Si mon ami avait raison, tant mieux pour moi. Sinon, tant pis pour vous! XD