Salut, tout le monde!

Alors, alors... Tout d'abord, je vous présente mes excuses pour le chapitre précédent : j'avais légèrement les nerfs en l'écrivant et c'était une parfaite occasion de me calmer! Résultat, ça n'a pas donné un drabble très drôle, mais je vois pourtant que nombres d'entre vous ont su le prendre avec humour : j'ignore cependant si c'est une bonne chose... Bref.

J'ai attendu un peu avant de poster ce nouveau "Overused" : je voulais avoir suffisamment avancé sur les prochains pour ne pas passer un mois sans poster et ne pas sombrer dans les énormes écarts d'entre-chapitres, tendance que j'ai trop souvent adopter dans mes autres fics. ...Et j'avoue que je flippais légèrement à l'idée de le mettre en ligne. Vous verrez bien vite pourquoi.

Mais en attendant, merci à mes reviewers toujours plus nombreux (j'en suis autant étonnée que ravie) et j'apporte rapidement une réponse à elie : je pense que tu n'es pas la seule à avoir eu cette opinion et, d'un sens, je la partage presque XD Quant à mes Saint Tales... Ah la laaaa. J'en avais commencé un nouveau il y a déjà bien longtemps, mais je n'arrive pas à trouver la motivation pour le continuer. Ça peut tout à fait revenir un jour. Mais je crains que tu ne doives attendre longtemps. Désolée.

Sinon, avant de rentrer dans le vif du sujet :

-Je songe sérieusement à devenir millionnaire par n'importe quel moyen pour racheter à Kurumada-sama les droits de Saint Seiya. En attendant, cette merveilleuse série lui appartient.

-Septième cliché exploité, l'incontournable "Mary Sue" : je ne pense même pas avoir besoin d'expliquer ce cliché tant il est connu (et souvent méprisé) dans la communauté des fanficeurs. Néanmoins, on ne va pas rompre avec la tradition : intégrez un personnage Z censé vous représenter dans votre fandom préféré, rendez-le plus intéressant/fort/séduisant/attachant que tous les autres et écrivez votre histoire sans vous soucier une seule seconde de la logique ou de la vraisemblance. Le Monde est merveilleux, n'est-ce pas?

-Je sens déjà les critiques arriver sur ce chapitre, alors soyons claires tout de suite : CECI EST UN DRABBLE A BUT HUMORISTIQUE, LE CONCEPT ÉTANT POUSSÉ A L'EXTRÊME. JE NE VISE ABSOLUMENT PERSONNE, NI AUCUNE FANFICTION EN PARTICULIER. De plus, je serais la dernière des hypocrites si j'attaquais directement un auteur, ayant moi-même recouru à ce principe quand j'avais douze ans.

-Bon, je sais aussi déjà ce que vous allez dire : la fin va sans aucun doute vous paraître bizarre, rapide, voir même facile. Et j'admets en effet que je manquais clairement d'idées pour trouver une chute potable ici. Néanmoins, n'ayant réalisé mon erreur d'interprétation qu'en milieu d'écriture, je ne me suis pas trouvée le courage de tout recommencer. Je suis une sale flemmarde, et vous prie de m'en excuser.

Sur ce, encore merci à vous et bonne lecture :

Mary-Sue :

Si les Chevaliers d'Athéna avaient reçu dès leur plus jeune âge un entraînement intensif et spécifique, les confrontant à toute situation possible et imaginable, jamais Camus du Verseau n'aurait pensé se retrouver un jour dans celle-ci.

Camus était pourtant un homme raisonné, lucide et pragmatique. Aussi, il n'avait en général aucun mal à trouver une explication logique à toute bizarrerie se présentant à ses yeux (passer la plus grande partie de son enfance en compagnie de Milo du Scorpion l'y avait beaucoup aidé). Mais là, rien n'aurait pu mentalement le préparer à la scène qui se jouait sous ses yeux.

Il en avait pourtant connu, des aberrations, dans sa vie certes courte, mais plutôt bien remplie : entre ses collègues tous plus déglingués les uns que les autres, Isaak et ses idées parfois assez démentes pour lui donner envie de s'arracher les cheveux, la Sibérie et ses paysages désespérément vides qui le rendaient psychotique, les ours blancs qui avaient élu domicile derrière chez lui ou encore Hyoga qui clamait haut et fort que son seul objectif en tant que chevalier se résumerait à rendre visite au cadavre de sa génitrice pourrissant sous une imposante profondeur de flotte, il estimait disposer d'un joli palmarès. Et pourtant, les Dieux avaient jugé que ce n'était pas encore suffisant et s'étaient mis d'accord pour en rajouter une couche. Parce que, clairement, il ne voyait pas comment expliquer autrement la présence de l'étrange femme sur son palier et qui lui souriait de toutes ses dents à l'instant-même.

Bon, d'accord, il aurait dû se méfier. Que quelqu'un vienne frapper à sa porte à cinq heures du matin - heure à laquelle les mômes n'étaient même pas encore réveillés et où lui-même venait tout juste d'émerger - n'était guère habituel. Mais il arrivait parfois que quelques trappeurs égarés s'arrêtent pour demander leur chemin jusqu'au village le plus proche, aussi il ne s'était pas vraiment posé de questions.

Ce qui l'avait plus étonné, par contre, ce fut la manière de frapper. Habitué aux tambourinages incessants des voyageurs dévorés par le froid, Camus ne s'était vraiment pas attendu au «toc-toc» sympathique et régulier à sa porte. Et stupidement amadoué par cette rare douceur, il était allé ouvrir l'instant d'après.

Et voilà. La suite se passait d'explications, dans le sens ou il peinait encore lui-même à en trouver une. Pour sa défense, l'entraînement de Chevalier d'Or ne comprenait pas une simulation de conversation avec une personne du sexe opposé, d'environ son âge, très souriante, mais à l'apparence et au style vestimentaire hors du commun.

Niveau incongruité capillaire, il avait pourtant pu expérimenter, que ce soit pour Mû et ses cheveux parme qui ne cessaient de pousser ou encore son petit Isaak et son indomptable tignasse verte. Mais c'était pourtant la première fois de sa vie qu'il se retrouvait face à une longue et soyeuse chevelure d'un rose éclatant, volant gracieusement dans le vent Sibérien, dégageant un joli visage aux yeux qui n'étaient ni vert émeraude, ni bleu saphir, ni rouge rubis, mais composés d'un enchevêtrement de couleurs somptueuses qui brillaient plus que tous les joyaux de la Terre réunis. ...L'instant d'après, Camus se demanda comment une comparaison aussi conne avait bien pu lui venir à l'esprit. Mais passons.

La demoiselle, qui lui souriait avec toujours autant de douceur, mains jointes sur sa poitrine, portait pour toute tenue une tunique d'entraînement typique du Sanctuaire, mais à laquelle avaient été apportés divers changements assez discutables : le tissu avait été stratégiquement coupé au niveau de l'abdomen pour laisser entrevoir son nombril, les plaques d'armure au niveau de la poitrine avaient été réduites au diamètre minimum pour mieux en percevoir les formes, une babiole brillante et colorée en forme de joyaux se trouvait au milieu de sa ceinture, de larges mais inutiles rubans agrémentés de dentelles et autres fanfreluches remplaçaient les protections habituelles aux bras et jambes, et ce qu'elle portait en guise de masque se limitait à une minuscule plaque de métal ne couvrant que la partie supérieure de son visage sans en dissimuler les yeux.

Le Verseau n'était pas très au fait de la mode en Grèce, mais il était pratiquement certain qu'une femme chevalier, à moins d'avoir perdu un pari, devait cumuler aux moins trois pathologies mentales incurables pour oser se montrer en public dans un tel accoutrement.

Et maintenant, il lui semblait impossible d'éviter une conversation avec elle puisqu'en dépit de son état d'habillement minimaliste, elle ne s'était toujours pas décidée à crever de froid. Ce fut donc avec résignation que le Français marmonna un vague :

-Euh... Vous désirez?

Le sourire de la fille ne fit que s'élargir et Camus regretta aussitôt cette prise de contact. Car l'instant d'après et sans plus de cérémonies, la jeune femme s'était jetée dans ses bras, le serrant contre elle comme si sa vie en dépendait. Et le Verseau n'appréciant que très moyennement les contacts physiques, même avec ses camarades ou ses élèves, il ne fut pas exactement ravi de cette soudaine proximité avec une inconnue.

Et elle n'arrangea rien en s'écriant d'une voix remarquablement aigüe et stridente :

-Caaaam' ! Enfin, je t'ai trouvé!

Pour les salutations officielles entre défenseurs d'Athéna, on repasserait. D'ailleurs, cette jeune femme, dont il ignorait toujours l'identité, venait de lui faire preuve d'un manque total de respect : le tutoiement? Un surnom ridicule? Était-ce là une façon de s'adresser à un Chevalier d'Or, plus haut degré hiérarchique de l'armée de la Déesse de la Guerre?

Mais qui était cette femme, à la fin ? !

La question lui brûlait les lèvres, mais son visiteur ne lui laissa pas le temps de la poser, se détachant - enfin - de lui pour se lancer dans un récit dénoué de sens :

-Oh, et j'arrive quand tu n'as encore que seize ans! Tant mieux, on aura plus de temps à passer ensemble! Et je n'ai peut-être que quatorze ans alors que cette histoire commence mais ne t'en fais pas, mon immense maturité compensera!

«Cette histoire», releva Camus en haussant un sourcil : allons bon, qu'est-ce que c'était encore ça? Est-ce que Milo avait décidé de lui faire une blague en lui envoyant une apprentie jusqu'ici, juste pour le plaisir de voir la gueule qu'il tirerait? De toute façon, il ne put même pas s'étendre sur cette pensée car déjà, elle reprit son discours, marquant ses mots par de grands gestes un peu trop théâtraux et une expression si désespérée qu'elle en devenait difficilement crédible :

-Oh, Cam' ! Je sais comme tu as dû être inquiet en apprenant que j'avais quitté seule le Sanctuaire pour te rejoindre...

-Je vous avouerai franchement que non. D'ailleurs, si vous aviez l'obligeance de vous présenter...

-Et je sais très bien que mes responsabilités en tant que treizième et dernier Chevalier d'Or tenu inexplicablement secret jusqu'à aujourd'hui m'obligent à rester dans mon Temple auprès de nos pairs en Grèce, mais mon amour pour toi est beaucoup trop puissant pour que je le refrène! Je devais te voir, mon adoré!

-Votre amour pour m... ? Attendez! Comment ça, «treizième»?

-Et je suis également consciente qu'étant l'actuelle réincarnation d'une divinité prise au hasard mais incontestablement puissante et importante, je serais beaucoup plus en sécurité dans mon pays, bien qu'étant aussi la petite sœur cachée de Saga et de Kanon des Gémeaux!

-...Qui est Kanon?

-D'autant plus que je porte sur moi ce joyau mystérieux et antique, relique des Dieux anciens, qui possède le pouvoir de changer l'avenir du Monde, mais que je suis de manière tout aussi illogique la seule à pouvoir utiliser.

-Vous êtes sûre que le froid n'a pas affecté vos capacités cognitives? Parce que là, honnêtement, j'ai du mal à vous suivre...

-Mais, vois-tu, je ne peux hélas avoir aucun contrôle sur mon incroyable et irrésistible charme, raison pour laquelle il est bien normal que Mû, Aiolia et Shura soient tombés tous trois fous amoureux de moi et se disputent sans cesse mes faveurs!

-Oserais-je vous faire remarquer que je n'en ai strictement rien à f...

-Et, il fallait bien évidemment s'en douter, le vil et perfide Aphrodite n'a pas tardé à développer une jalousie maladive face à mon éblouissante beauté, que je ne souligne très rarement de par mon incomparable et charmante modestie!

-Bon, si vous êtes juste venue pour me raconter des inepties, moi, j'ai autre chose à faire.

-Mais étant à la fois la disciple de Shion du Bélier, la fille adoptive de Dohko de la Balance, la meilleure amie de Marine, l'amie d'enfance de Seiya et l'éternelle rivale de Shina, il est évident que j'étais parfaitement capable de me défendre seule, puis de te rejoindre jusqu'ici.

-Est-ce que vous allez m'expliquer ce que vous me voulez, à la fin?

-Mais tout simplement vivre ici avec toi, mon amour! Élever ensemble les petits Hyoga et Isaak - je suis sûre qu'il doit être adorable avec encore ses deux yeux - avant que Kanon ne décide d'en faire un Général...

-Bon sang, mais qui est Kanon ? !

-...Et rester ta compagne fidèle et aimante jusqu'à tes vingt ans! Après quoi tu décèderas tragiquement dans ton Temple et malgré mon immense et éternel chagrin... j'irai trouver consolation entre les bras d'un autre beau et jeune chevalier!

-...

-Alors? Tu me laisses entrer, Cam' chéri?

«Cam'» ne répondit pas, se contentant de la fixer encore un long moment, comme s'il n'était pas tout à fait certain que ceci était bien réel et que cette conversation venait vraiment d'avoir lieu. Ou disons qu'il aurait aimé réussir à s'en convaincre, alors que la jeune femme le regardait intensément, ses yeux lui renvoyant toujours plus d'impatience.

Comme dit plus haut, Camus était un homme lucide et raisonné. Débonnaire ou charitable, par contre, ne seraient jamais des traits de personnalité qu'on lui associerait.

Raison pour laquelle il choisit tout bonnement de lui claquer la porte au nez, de la verrouiller, de caler une chaise sous la poignée et de laisser les impitoyables vents Sibériens emporter ses «Cam' chéri?», «Ouvre-moi donc, mon amour, il fait vraiment froid dehors!» et autres tambourinages contre la porte accompagnés de hurlements outrés. Et comme l'avait espéré - et calculé – le Verseau, au bout d'une petite quinzaine de minutes, les cris stridents perdirent en intensité pour finalement se taire, les tapements de poings finirent par complètement disparaître et dans un son aussi léger que la chute d'une feuille morte, il put distinguer celui d'un corps s'affaisser dans la neige... et le silence sacré de la Terre des Glaces s'imposer de nouveau. Et pour l'éternité, si la Providence le voulait bien.

Ce fut donc avec un immense soulagement, et sans la moindre petite once de remord, qu'il s'en retourna à la salle de séjour, se laissant tomber sur une chaise en fermant les yeux de contentement : enfin, un semblant de tranquillité dans cette journée qui se présentait déjà comme vingt-quatre heures d'intense folie. Des moments de paix qui devenaient rares, dernièrement...

-...Maître Camus?

...Définitivement trop rares, conclut l'interpellé en fronçant distinctement les sourcils, tournant un visage sévère vers les deux petites frimousses encore ensommeillées de ses élèves, qui l'observaient avec étonnement.

Camus n'eut d'autre choix que de se radoucir aussitôt :

-Qu'y a-t-il?

-Bah, vous faîtes un boucan pas possible, alors...

-Langage, Isaak.

-On a entendu du bruit, alors on se demandait ce qu'il se passait, reprit plus poliment Hyoga en se frottant les yeux.

-Oh...

Camus hésita un moment, ne sachant guère comment formuler intelligiblement et délicatement la situation pour les deux petits garçons qui continuaient de le fixer avec curiosité, ou comment leur expliquer la présence d'un cadavre congelé sur le palier quand ils sortiraient s'entraîner.

...Dans ce genre de circonstances, mentir se présentait comme un compromis acceptable.

-Rien de plus qu'un voyageur qui cherchait son chemin, répondit-il vaguement avec un geste de la main. J'ai fait ce qu'il fallait pour y remédier.

-C'est le troisième, ce mois-ci, non? Fit remarquer Isaak.

-C'est vrai qu'ils sont de plus en plus nombreux, ces derniers temps...

-Trêve de discussions, coupa net Camus qui sentaient les questions arriver. Vous êtes déjà levés?

D'ordinaire, il n'était pas rare qu'au bout de trois appels, les gamins ne soient toujours pas décidés à quitter le monde des rêves. Camus devait alors arracher leurs couvertures de leur lit et les traîner par le cou hors de la chambre pour qu'ils soient enfin prêts pour l'entraînement. Les voir donc tous deux debout, déjà habillés et frais comme des gardons le perturbait au plus haut point. La curiosité avait décidément sur eux un effet épatant :

-Bah, impossible de dormir avec tout ce bor...

-ISAAK!

-...bazar. Alors on s'est dit, autant se lever. En plus, il est déjà presque six heures, vous n'alliez pas tarder à venir nous réveiller.

-Exact. Concéda le Verseau, agréablement surpris.

-En quoi consistera l'entraînement d'aujourd'hui, Maître? Enchaîna alors le petit blond.

-...Eh bien...

Camus s'interrompit, soudain extrêmement mal à l'aise : si cela était possible, il aurait bien aimé éviter que les deux enfants ne sortent de la bâtisse pour y faire la macabre découverte (Hyoga se mettait déjà à chialer dès qu'il voyait un bateau, pas question d'empirer les choses!). Et pour cela, il était même prêt à aller à l'encontre de ses principes... ne serait-ce que pour une petite journée :

-Eh bien, pour être honnête, je ne pense pas qu'il y aura d'entraînement.

Vague silence.

-...Pardon? Laissa échapper Hyoga, faisant mine d'avoir mal entendu.

-Vous m'avez bien compris. Pas d'exercices pour aujourd'hui.

-...Vous vous sentez bien, Maître? S'enquit Isaak en haussant un sourcil.

-Parfaitement bien, répondit un peu trop rapidement le Chevalier d'Or. Mais vous entendez ce vent terrible, dehors? C'est le plus puissant que j'ai pu voir depuis deux ans et je ne pense pas que vous ayez déjà le niveau pour supporter un entraînement dans de telles conditions climatiques!

-Le mois dernier, vous nous avez tous les deux fait nager un deux cent mètres en pleine tempête de neige et vous n'aviez pas vraiment l'air de vous soucier de notre sécurité..., fit remarquer le plus jeune de ses disciples, une petite note cynique dans la voix.

-Bon, écoutez moi bien. Je vous donne à tous les deux l'occasion - l'UNIQUE occasion - de vous offrir une journée complète sans travail, sans exercices et sans contraintes. Alors soit vous l'acceptez gentiment et sans poser de questions, soit je change tout de suite d'avis et on se lance dans une leçon intensive de trois heures sur la maîtrise du cosmos! Des avis à émettre?

Le silence se fit de nouveau entre les trois garçons. Au cours duquel Isaak et Hyoga s'entreregardèrent, comme tiraillés entre leur curiosité et l'opportunité que leur présentait leur maître. Car, comme Camus s'en vantaient souvent, les deux gamins étaient très loin d'être idiots : aussi ne mirent-ils pas longtemps à comprendre que cette histoire puait le coup fourré à plusieurs kilomètres. Et que leur maître leur cachait quelque chose d'important, sans quoi il n'aurait jamais évoqué à voix haute une telle proposition!

...Mais bon, la promesse d'une grasse matinée? D'une journée peinarde au chaud et sans entraînement inhumain? Seul le dernier des abrutis serait passer à côté d'une telle aubaine. Et ce fut finalement sur un hochement de tête commun que les deux garçons se tournèrent à nouveau vers leur aîné pour lui répondre, avec un haussement d'épaules :

-D'accord, Maître. On fait quoi, du coup?

-Commencez par prendre votre petit déjeuner, lâcha Camus en faisant de son mieux pour masquer son soulagement face à cette décision. Vous trouverez bien de quoi vous occuper après, n'est-ce pas?

Tout bonnement ravis, Isaak et Hyoga acquiescèrent avec un air radieux et se dirigèrent vers la cuisine sans perdre une seconde. Laissant Camus seul au milieu du salon, peinant à dissimuler le sourire qui venait de naître sur son visage : un tel moment de joie et de sérénité paraissait si peu habituel pour ces deux apprentis... A vouloir en faire des hommes trop vite, le Verseau avait parfois tendance à oublier qu'il s'occupait avant tout d'enfants, et qu'un jour, le Sanctuaire détruirait leur innocence comme il avait détruit la sienne...

Aussi ne pouvait-il pas totalement regretter sa décision alors qu'enfilant son manteau, il se dirigeait de nouveau vers la porte d'entrée pour l'ouvrir silencieusement, bien décidé à mettre définitivement un terme au seul souci qui aurait encore pu gâcher cette journée!

...Du moins l'aurait-il fait s'il n'avait pas constaté avec stupéfaction que le seuil de sa porte était de nouveau désert, recouvert d'une remarquable épaisseur de neige et, surtout... le corps de la jeune inconnue manquant à l'appel.

Une panique sans nom gagna le Français alors qu'à la seconde d'après, la voix légèrement sceptique du petit Finlandais lui parvint en direction de la cuisine, pour lui asséner ces mots inquiétants :

-Euh, Maître? Je crois qu'il y a quelqu'un qui vous demande...

Et désormais convaincu d'avoir sombré en plein cauchemar, Camus se précipita jusqu'à l'autre pièce pour y trouver Isaak et Hyoga, fixant avec ahurissement la petite fenêtre au dessus de l'évier, ou plus particulièrement la jeune fille aux cheveux roses pétants occupée à y tambouriner sauvagement en s'écriant :

-Re-salut, Cam' chéri! Bon écoute, j'y ai bien réfléchi, et ce n'est pas grave si tu ne veux pas de moi comme compagne...

Ce qui aurait, dans l'absolu, pu constituer une fin de discussion des plus agréables, mettre un terme à toute cette aberration, leur permettre à tous les quatre de reprendre enfin une existence normale et d'oublier très vite toute cette histoire! ...Si elle n'avait pas décider de rajouter au dernier moment avec une expression ravie, sous les yeux horrifiés du Verseau et ceux étonnamment intéressés de ses élèves :

-Alors, je me disais, tu voudrais pas plutôt coucher avec Milo et devenir mon meilleur ami gai, à la place?

-...

XxXxXxX

Le cliquetis incessant qui envahissait en général l'appartement se stoppa net.

La mine contrite, un doigt encore en équilibre sur le clavier, Talim76 se relut avec dépit : non, définitivement, quelque chose n'allait pas avec ce drabble. N'allait pas du tout, même.

Elle avait pourtant pensé à tout, non? L'exagération du personnage jusqu'à l'extrême! La multiplication des détails physiques et vestimentaires inutiles! L'attachement ridicule et démesuré envers le personnage le plus charismatique et taciturne de la série! Le slash comme seul renoncement envisageable à l'intérêt sentimental! Et pourtant, non, elle était certaine qu'un détail – un GROS détail – clochait, dans cette histoire.

...Parce qu'après tout, une Mary-Sue était censée être d'abord une extension de soi-même, non? Alors, dans son cas précis, à quoi ressemblerait son aventure une fois prise dans cet Univers qu'elle affectionnait tant?

La réponse lui parvint avec une effrayante rapidité.

Et ce fut presque naturellement qu'elle se remit à taper :

«Il était une fois une jeune fille qui s'appelait Talim76. Elle aimait Saint Seiya, ce qui vous donne rapidement une idée de sa mentalité générale. Un jour, par un procédé que nous n'expliquerons car inintéressant, elle se retrouva au Sanctuaire. Elle tomba dès lors sur une troupe de gardes, mais ne possédait aucun pouvoir antique et n'était ni assez jolie pour attirer l'attention d'un chevalier, ni assez motivée pour devenir apprentie et surtout pas assez rapide pour s'enfuir. Et comme personne ne voulait croire que quelqu'un puisse être suffisamment stupide pour se retrouver ici sans même savoir comment, elle se fit rapidement attraper, puis tuer. Suite à ça, plus personne ne fut assez idiot pour faire de même!

Fin.»

Elle se relut à deux reprises, puis sauvegarda le fichier, un sourire aux lèvres.

Ça, au moins, c'était une histoire qui rendrait tout le monde heureux... du moins le craignait-elle.