PART 4 : PEACE

Il n'y eut alors plus de place pour la retenue, pas plus que pour les mensonges. La vérité était là, criante, devant leurs yeux. Ils avaient essayé, chacun à leur manière, de la fuir, de l'enterrer, de la nier, avec ferveur, mais elle revenait toujours les frapper de plein fouet. Alors, à quoi bon lutter quand la délivrance avait si bon goût ?

Le baiser, d'abord chaste, se transforma rapidement en quelque chose d'instinctif, d'animal, comme si leur propre survie était en jeu. Sa bouche à elle semblait vouloir le dévorer, et ses mains à lui agrippaient son corps, traduisant son envie folle de la posséder et de ne plus jamais la perdre. Les vêtements tombaient au sol au même rythme que s'effondraient une à une toutes les barrières qui s'étaient dressées jusqu'alors entre eux. Son t-shirt, ses mensonges. Son peignoir, sa culpabilité. Son pantalon, ses faux prétextes. Sa nuisette, sa douleur. Bientôt, il ne resta plus rien, à part deux corps nus et deux âmes amoureuses désireuses de ne faire qu'une.

Elle s'allongea sur le sol, emportant Antonio avec elle. Le souffle court, les corps moites, les pupilles dilatées. Plus rien d'autre ne comptait, exceptés le désir et l'amour qu'ils avaient l'un pour l'autre. Leurs bouches ne se quittaient plus, à part pour goûter à la peau de l'autre. Antonio s'aventura dans le creux du cou de Gabi, provoquant une vague de frissons chez elle, avant de descendre à la rencontre de ses seins, qu'il goûta et mordilla tout en entrelaçant ses doigts aux siens. Sa main libre, quant à elle, s'aventura plus bas, toujours plus bas, jusqu'à trouver sa destination, chaude et humide, faisant redoubler son désir pour elle alors même qu'il ne pensait pas pouvoir en supporter plus. Il laissa sa main s'attarder et se confondre en caresses jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Le dos de Gabi s'arquait, et elle gémit, haletante, murmurant inlassablement son nom. Il revint alors à sa rencontre, goûtant à nouveau à sa bouche, ses lèvres, sa langue. Elle agrippa ses mains à son dos, de toutes ses forces, et se servit de ses jambes pour inviter son bassin contre le sien, provoquant un irrésistible choc électrique entre eux. Ils échangèrent un regard, car les mots étaient désormais bien inutiles, et Antonio se glissa en elle. Tous deux retrouvèrent alors des sensations qu'ils ne pensaient plus jamais pouvoir ressentir, et pourtant, le feu était là, brûlant, continuellement ravivé et regonflé par leur va-et-vient. Respiration saccadée, souffle chaud, peaux moites, baisers enflammés, et toujours cette danse, d'abord lente et intense, puis plus rapide, jusqu'à ce que leurs corps et leurs âmes insatiables ne rencontrent finalement la délivrance qu'ils avaient tant cherché à fuir.

Elle croisa les jambes autour de lui pour le garder encore un peu en elle alors qu'il collait son front au sien, tous deux essoufflés et sonnés. Tandis qu'elle reprenait ses esprits, Gabi passa une main dans les cheveux d'Antonio et le regarda intensément, avant de lui offrir un nouveau baiser, doux, amoureux, et pleinement conscient. Lorsqu'il prit fin, un timide sourire se dessina dans la commissure des lèvres d'Antonio, et se refléta aussitôt sur le visage de Gabi. La trêve était signée.

Il y aurait des conséquences, et il y aurait encore de la douleur, mais c'était le prix qu'ils avaient choisi de payer pour ne plus avoir à mentir. Et pour ne plus avoir peur.