Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas !

Bonjour bonjour, j'espère que vous allez bien !

En ce jour férié du 18 mai, je vous offre un petit Buddie, qui sera sans doute le dernier O.S que je posterais avant un moment. J'expliquerais tout à la fin.

Bonne lecture à vous ! Il se passe pas mal de chose là-dedans, comme du sexe, du bashing envers une certaine Vice-Principal que j'ai pris un malin plaisir à écrire, et j'en dis pas plus !


Los Angeles !

Eddie n'avait pas attendu bien longtemps après sa rupture avec Ana, qui avait essayé de le contacter deux mois après que ce soit arrivé. Bien sûr, il n'avait pas décroché. Il n'avait rien ressenti pour elle tout le temps qu'avait duré leur histoire, et rompre avec elle avait été un énorme soulagement. Il lui souhaitait d'être heureuse et de trouver l'homme qui lui fallait, car ce n'était pas lui. Pas quand son cœur appartenait déjà à quelqu'un d'autre, sauf qu'il avait été trop aveuglé par l'attente de ses parents pour s'en rendre compte. Se faire tirer dessus l'avait éveillé de sa torpeur, et après être sorti de l'hôpital il avait rompu avec Ana, qui voulait s'occuper de lui mais Eddie n'avait besoin que d'une seule personne, et il le regardait en ce moment même cuisiner dans leur cuisine.

Être avec Buck était facile, et naturel. Quand Eddie lui avait fait part de ses sentiments pour lui, Buck n'avait pas hésité à mettre un terme à ce qui se passait avec Taylor. Leur premier baiser avait été encore meilleur que tout ce que Eddie avait pu s'imaginer, et leur première fois l'avait été tout autant. Il avait été difficile pour eux d'attendre qu'il soit parfaitement rétabli de sa blessure à l'épaule, mais ils avaient pris sur eux, et Buck en avait profité pour accéder à la requête de Eddie : emménager avec lui et Christopher.

Le jeune garçon, qui avait désormais bientôt onze ans et qui grandissait trop vite au goût de Eddie, avait sauté de joie en apprenant les deux nouvelles. Il n'était pas choqué de savoir son père amoureux d'un homme, et de surcroit son meilleur ami, il adorait Buck et le voulait tout le temps avec eux. Leur entourage n'était pas surpris non plus : la 118, Athena, Maddie, Pepa et Abuela. C'était évident qu'il y avait des sentiments entre ces deux têtes de mules, et tout allait pour le mieux. Buck et Eddie travaillaient toujours autant en symbiose, leur nouvelle relation n'avait pas changé cela et ça soulageait non seulement Bobby et les deux concernés, mais aussi le Chef des Pompiers qui avait voulu s'assurer du bon fonctionnement de la caserne et de l'équipe A suite à ce changement.

« Tu as fini de me mater comme si j'étais un bout de viande ? »

Mais la voix de Buck était plus amusée qu'agacée.

« Pourquoi ? J'ai le droit de te mater autant que je veux. » Eddie ferma la distance entre eux et alla se couler dans son dos, glissant ses mains de ses hanches à ses abdos, qu'il caressa à travers son t-shirt. « Tu es à moi alors je fais ce que je veux. »

Il ponctua ses dires en déposant un baiser sur sa nuque.

« Ne me distrait pas pendant que je cuisine ! »

« C'est un ordre ? » s'amusa Eddie.

« Absolument ! » dit Buck.

Eddie déposa un nouveau baiser cette fois dans son cou, avant de s'écarter et d'aller s'accouder contre le frigo.

« J'ai faim ! »

« Patience, beau gosse ! »

La patience n'était pas trop le fort d'Eddie quand ça touchait à la cuisine de Buck, qui était toujours divine. Après tout, il avait appris avec le meilleur de tous, à savoir Bobby, et aussi avec Abuela qui se faisait un devoir de montrer à Buck toutes ses recettes pour qu'il les cuisine pour Eddie et Christopher. Ses parents avaient du mal à se faire à cette idée, que leur fils ait décidé de rompre avec une femme parfaite à tout point de vue pour se mettre en couple avec un homme. Ils ne comprenaient pas, mais Eddie ne voulait plus vivre pour les autres, il voulait vivre pour lui.

Le petit-déjeuner fut prêt. Bacon et œufs brouillés pour Buck, et une omelette poivrons et jambon avec une note de piment pour Eddie. Christopher ayant passé la nuit chez Hen et Karen pour une soirée pyjama avec Denny, le couple était seul jusqu'au déjeuner.

« Tu ne vas plus sortir de cette cuisine. » lui dit Eddie, après s'être délecté d'une première bouchée fondante de son omelette.

« Tu me dis ça à chaque fois. » s'amusa Buck.

Il se pencha vers lui, Eddie fit le reste du chemin et leurs bouches se touchèrent. Ils finirent de manger en parlant de tout et de rien, puis, pendant que Buck rangea la cuisine, Eddie alla faire tourner une machine. A deux, le ménage fut fait en très peu de temps, et ils s'octroyèrent une longue douche à deux.

« On a le temps ? » demanda Eddie, avide des caresses et des baisers de son amant.

« Oui, on a le temps, hum. » répondit Buck entre deux baisers. « Tu es tellement sexy sous la douche. »

Buck laissa échapper un sifflement quand la main d'Eddie se resserra sur son sexe en érection.

« Tu vas aimer ça encore plus. »

Il s'accroupi, les mains sur les hanches de Buck pour maintenir son équilibre, et prit le sexe massif de son homme dans la bouche après l'avoir léché de la base au gland. Il le suça avidement jusqu'à le faire exploser au fond de sa gorge. Il laissa Buck le relever et l'embrasser. Le plus jeune lui rendit la faveur en l'empoignant fermement et en le caressant avec force, comme Eddie l'aimait.

Riant, complices et amoureux, Eddie et Buck s'embrassaient sur le canapé après s'être habillés. Il leur restait du temps avant d'aller chercher Christopher.

« J'aimerais rester comme ça toute ma vie. » dit Eddie, assis à califourchon sur Buck.

« Rien ne t'en empêche, tu sais. » Celui-ci l'encerclait de ses larges bras par la taille. « Je t'aime, et je ne veux de cette vie avec personne d'autre que toi. »

« Alors que tu pourrais avoir des enfants à toi ? » tenta Eddie.

« On pourra adopter, si bien sûr tu veux des enfants avec moi. »

Eddie prit son visage en coupe et lui donna un baiser appuyé.

« Oui, je veux des enfants avec toi. Tu as raison, on adoptera, mais on a le temps. »

« Oui, j'ai bien l'intention de t'épouser avant. » dit Buck en glissant ses mains sous les fesses d'Eddie.

« Je t'aime tellement, je regrette d'avoir perdu tout ce temps à essayer de satisfaire les autres. »

Un téléphone vibra bruyamment sur la table basse. C'était celui de Eddie, qui s'assit sur le canapé pour attraper le petit appareil. Il grimaça en voyant le nom de l'appelant. Encore elle !

« Ana ? » demanda Buck, qui était au courant des appels incessants de l'ex petite-amie de Eddie.

« Elle est persistante, c'est certain. » dit ce dernier. L'appel se termina, et Eddie reposa son téléphone sur la table basse. « Pourquoi elle insiste ? Si je ne décroche pas, c'est que je n'ai rien à lui dire. »

« C'est peut-être important ! » se hasarda à dire Buck. « Elle est peut-être enceinte. »

« Arrête tes conneries, je n'ai jamais couché avec elle ! » claqua Eddie. « Je ne pouvais pas, je pensais trop à toi, et mon corps ne la désirait pas. »

« Je sais, je suis désolé. » Buck se redressa sur le canapé et lui fit face. « Ecoute, si elle continue d'appeler c'est clairement qu'elle n'a pas tourné la page. Elle essaye de retenter sa chance. »

« Sauf que je n'en ai rien à foutre, je veux juste qu'elle arrête de m'appeler. »

« Alors bloque son numéro ! » dit Buck.

Quand il vit la légère moue grimaçante de son amoureux, Buck comprit que Eddie ne savait pas comment s'y prendre.

« Toi et ta phobie de la technologie ! » le taquina-t-il.

Il prit le téléphone, et chercha le contact d'Ana.

« Pourquoi tu n'as pas effacé son numéro ? » voulut savoir le jeune homme.

« Ce n'était pas très important sur le moment, et après ça m'est sorti de la tête. » avoua Eddie en haussant les épaules. Le téléphone vibra de nouveau au nom d'Ana. « Bloque-la, s'il te plaît ! »

Alors Buck rejeta l'appel, et après deux manipulations très simples, bloqua le numéro de Ana Flores.

« Et voilà, si elle réessaie, son appel échouera automatiquement ! »

« Merci ! » Eddie l'embrassa. « Allons chercher notre fils ! »

Chez les Wilson !

Ils avaient accepté l'invitation de Hen et Karen à déjeuner. Buck avait été embrigadé par Denny et Christopher dans le jardin, et Eddie resta avec le couple dans la cuisine. Il en profita pour mettre la table et leur raconter les appels incessants de Ana.

« Tu n'as pas décroché une seule fois pour savoir ce qu'elle veut ? » demanda Karen.

« Pour quoi faire ? » demanda Eddie en retour, prenant la pile d'assiettes que Hen avait posé sur le plan de travail. « Je n'ai rien à lui dire. Buck dit qu'elle veut peut-être retenter sa chance. »

« C'est peut-être un rapport avec Christopher, elle a été sa prof d'anglais si je ne dis pas de bêtise. » dit Hen.

« Elle travaille dans une autre école depuis qu'elle est vice-principal. » Eddie posa les assiettes autour de la table. « Non, elle veut clairement renouer c'est certain, mais ça ne m'intéresse pas. Elle devrait se douter que je ne veux pas lui parler, non ? Si je ne décroche pas, c'est qu'il y a une raison. »

« Certaines personnes sont plus têtues que d'autres, et si Ana l'est, alors elle n'abandonnera pas. » lui dit Karen. « Tu risques de la croiser quand tu t'y attendras le moins. »

« Ah, je ne veux pas y penser et continuer à vivre ma vie telle qu'elle est. Avec Buck et Christopher, on est très heureux comme ça. »

« C'est comment la coloc permanente avec Buck ? » demanda Hen.

A cette question, Eddie sourit. Vivre avec Buck chaque jour depuis qu'il avait emménagé, et surtout depuis qu'ils étaient en couple, était trop beau pour être vrai. C'était parfait. Ils étaient aussi synchros l'un avec l'autre qu'au travail.

« Aussi génial que ça ? » sourit Karen.

« Je suis à ma place avec lui. Ça se passe sans problème, on s'occupe de Christopher ensemble, il cuisine donc moins de risque que je n'y mette le feu par mégarde. » Les deux femmes gloussèrent. « Et surtout, m'endormir et me réveiller à côté lui, dans ses bras, je n'ai jamais ressenti ça. C'est la personne avec qui je veux partager ma vie, et je n'ai pas l'intention de laisser quiconque me gâcher ce bonheur. »

Et ça vaudrait pour toutes les personnes qui tenteront d'interférer dans sa nouvelle relation avec Buck. Il ne laisserait personne lui enlever ce qu'il avait toujours désiré et ce qu'il avait enfin : le véritable amour, un partenaire dans tous les sens du terme. Avec Evan Buckley, il se sentait à sa place.

Trois jours plus tard !

Ils étaient rincés. Après un long week-end de repos, ils avaient enchaîné une garde de douze heures qui s'était transformé en une garde de quinze heures. Les appels n'avaient presque pas cessé, et le dernier avait été un sur un incendie de niveau 4. Heureusement, personne n'était mort ni n'avait été blessé. S'étant douchés à la caserne, Buck et Eddie rentrèrent chez eux épuisés, où une bonne odeur de nourriture flottait dans l'air.

« Mon Dieu mais regardez-vous tous les deux ! »

Carla comprit à leur mine épuisée qu'ils avaient passé une longue journée.

« Vous avez besoin de manger, et de dormir. » décréta-t-elle. « Allez, venez-vous assoir. Christopher a déjà dîné, il a fait ses devoirs et il est douché. »

« Où il est ? » demanda Eddie, en s'affalant sur une chaise dans la cuisine.

« Dans sa chambre, il bouquine. » Ils entendirent les bruits familiers des béquilles du garçon. « Plus maintenant ! »

Elle leur servit une assiette de spaghettis à la bolognaise avec des boulettes de viande.

« Tu es un ange, Carla. » la remercia Eddie.

« Quand j'ai vu que vous n'étiez pas rentré à l'heure prévu, j'ai pris les devants. » dit-elle en balayant l'air de la main.

« Papa, Bucky ! »

Christopher entra dans la cuisine. Eddie s'essuya la bouche avec une serviette après avoir avalé sa première bouchée, et se tourna pour prendre son fils dans ses bras.

« T'as passé une bonne journée, mijo ? » demanda-t-il avant de céder la place à Buck.

« Oui, et j'ai eu un A à mon projet de Sciences. » leur apprit-il.

« Hey, c'est génial ça ! » s'écria Buck.

« Viens t'assoir, Christopher. » lui dit Carla. « Tes papas ont besoin de manger après la dure journée qu'ils ont passé. »

Eddie ne manqua pas la manière dont Buck déglutit, il avait voulu le cacher en s'essuyant la bouche avec une serviette mais en vain. Ils en parleraient plus tard.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? » demanda Christopher, une fois assis sur une chaise.

« Il y a eu un gros incendie, c'est pour ça qu'on n'est pas rentré à l'heure. » expliqua Buck. « Tu ne nous en veux pas, hein ? »

« Non ! » gloussa le petit garçon.

Le couple finit de dîner, puis, ils quittèrent la cuisine sur ordre de Carla, qui insista pour nettoyer.

« Tu veux qu'on te lise une histoire, mon grand ? » demanda Eddie, qui ravala un bâillement.

Au contraire de Buck, qui bailla à s'en décrocher la mâchoire.

« Non, ça va aller, vous êtes fatigués. » répondit Christopher.

Une fois qu'il fut dans son lit, Eddie emmitoufla correctement son fils dans sa couverture, et l'embrassa sur le front après lui avoir enlevé ses lunettes, qu'il posa sur la table de nuit.

« Bonne nuit, mon fils ! »

« Toi aussi, papa ! »

Vint le tour de Buck, puis, Christopher ferma les yeux et s'endormit. Buck et Eddie sortirent de la chambre, fermant la porte derrière eux.

« Il y a des restes pour demain midi. » leur dit Carla, au moment de partir. « Vous voulez que j'emmène Chris à l'école ? »

« Non, je le ferai, mais merci ! » dit Eddie. « Merci encore pour ce soir, et le repas. T'es la meilleure ! »

« Continue de me dire des mots doux, mon p'tit Diaz ! » lui sourit Carla. « Allez, bonne nuit vous deux ! »

« Sois prudente sur la route, et envoie-nous un message quand tu es bien rentré ! »

Elle le leur promit, et ils reçurent un texto vingt-cinq minutes plus tard. Ils s'étaient assis devant la télé en attendant de recevoir le message de Carla, ils se levèrent du canapé non sans cacher leur fatigue, et éteignirent tout sur leur passage jusqu'à la salle de bain, puis dans la chambre. Une fois allongé l'un face à l'autre, Eddie prit la parole.

« Je t'ai vu déglutir quand Carla a parlé de ses deux papas à Christopher. Tu as encore du mal à te faire à l'idée que tu sois son père autant que moi ? »

« Ça n'a pas vraiment de valeur légale. » dit Buck. « Ok tu m'as désigné comme étant son tuteur si jamais il t'arrivait un truc, mais ce n'est pas pareil. »

« Evan, tu es son père ! » martela Eddie, prenant sa joue en coupe. « On se fiche du reste, tu l'adopteras une fois qu'on sera marié, mais ça ne change rien au fait que Christopher te voit comme son second parent, il se réfère à toi. Il t'adore autant que moi je t'aime. »

Voyant des larmes perler dans les pupilles de son homme, Eddie scella leur bouche dans un tendre baiser qui devint langoureux. Ils n'allèrent pas plus loin que des baisers, tous les deux épuisés par leur journée.

Le lendemain matin, Eddie emmena Christopher à l'école pendant que Buck alla faire des courses pour acheter des bricoles qui leur manquait. En se garant à sa place en bas de son immeuble, Eddie ne vit pas la jeep de Buck, signe qu'il n'était pas encore rentré des courses. Il lui envoya un message tout en regagnant leur appartement. Une petite garde de huit heures les attendait aujourd'hui, et qui débutait à midi trente. Ils auraient tout juste le temps de déjeuner avant de partir, mais quelle ne fut la surprise – et pas une bonne – pour Eddie lorsqu'il vit une personne qu'il pensait ne jamais revoir, attendant devant la porte de son appartement.

« Ana ! »

Sa voix était plate et monocorde. Quand la jeune femme à la longue chevelure noire et bouclée se tourna vers lui et lui sourit, il fut ravi de constater qu'il ne ressentait rien.

« Bonjour, Edmundo ! »

Il prit sur lui pour ne pas grincer des dents.

« Qu'est-ce que tu fais ici ? » demanda-t-il en croisant les bras et en s'arrêtant entre elle et la porte.

Ils étaient bien trop proches à son goût, aussi décroisa-t-il les bras pour déverrouiller la porte et mettre de la distance entre eux. Là, il se sentait mieux !

« Alors, qu'est-ce que tu veux ? »

« Tu ne m'invites pas à entrer ? » demanda-t-elle, un petit sourire qu'elle voulait sans doute séducteur aux lèvres.

« Non ! » répondit-il placidement, la faisant vite déchanter. « Pour la troisième fois, qu'est-ce que tu veux ? »

« Je t'ai appelé ! »

« Je sais, et je n'ai pas décroché. Ça aurait dû te suffire pour comprendre que je n'avais rien à te dire. »

Eddie fit de son mieux pour ne pas perdre patience. Il n'avait clairement pas envie de gérer ça. Regardant sa montre, il vit qu'il était bientôt 9h. Il voudrait passer les trois heures qu'il avait devant lui avant d'aller bosser à être avec Buck, à se prélasser et à faire l'amour avec lui avant de devoir assurer leur garde de huit heures.

« Les mois ont passé et, je n'arrive pas à t'oublier. » dit Ana. « Je t'aime toujours Edmundo, et j'aimerais qu'on se donne une seconde chance, si seulement tu me laissais plus de place dans ta vie. »

« Pourquoi je ferai ça ? J'ai rompu avec toi et je ne reviendrais pas en arrière. » claqua-t-il sans élever la voix. Ils étaient tout de même dans le couloir. « C'est fini, je suis avec quelqu'un aujourd'hui, quelqu'un avec qui je vais passer ma vie, et tu ferais mieux de tourner la page comme je l'ai fait. »

Il n'y avait jamais eu vraiment de page à tourner avec Ana, il était sorti avec elle pour de mauvaises raisons, et c'était une erreur qu'il avait balayée sans regarder en arrière.

« C'est impossible, tu ne peux pas avoir rencontré quelqu'un aussi vite. » dit Ana, dont le sourire avait disparu.

« Je n'ai aucune explication à te donner. »

Le ding de l'ascenseur se fit entendre, et Eddie tourna la tête vers les portes de l'appareil qui s'ouvrirent, espérant y voir Buck. Il sourit. Deux sacs dans les bras, il avança vers eux. Il lança un regard étrange sur Ana, puis interrogatif sur Eddie, mais ce dernier s'écarta de la porte pour le laisser passer sans cesser de lui sourire.

« Tu as fait vite. » dit Eddie.

« Oui, il n'y avait pas grand monde ce matin. » dit Buck. « Est-ce que tout va bien ? » demanda-t-il.

Eddie savait qu'il parlait d'Ana. Il hocha la tête et fit un clin d'œil à son copain.

« Je vais ranger les courses. » dit Buck.

« Je te rejoins dans deux minutes. » Il le suivit du regard jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la cuisine avant de reporter son attention sur Ana. « J'aimerais que tu t'en ailles maintenant, je voudrais passer la matinée avec mon petit-copain avant qu'on doive aller travailler. »

« Ton quoi ? » s'étrangla Ana. « Depuis quand t'es gay ? »

Son visage s'était transformé en une moue écœurée. Une facette de la jeune femme qu'Eddie ne connaissait pas.

« Je n'ai pas de compte à te rendre, Ana. Toi et moi, c'est terminé depuis longtemps, et ça n'aurait même jamais dû commencer. Je n'ai pas répondu à tes appels, ni à tes sms parce que j'avais plus rien à te dire. Je pensais que tu aurais tourné la page, mais je vois que non et ça ne peut plus continuer, Ana. Tu ne peux pas continuer à m'appeler – de toute façon je t'ai bloqué – et tu n'as pas le droit de venir chez moi demander une seconde chance quand je n'ai rien fait pour te faire croire que ça serait possible. » dit-il. « Rentre chez toi, fais ta vie et arrête de me harceler ! »

« Je ne te harcèle pas ! » protesta-t-elle.

« Ah non ? Et les nombreux appels et sms que tu m'as envoyés depuis trois mois alors que je ne décrochais jamais ? »

« Tu aurais pu décrocher et me dire que tu voulais que j'arrête ! » répliqua Ana.

« Oh non, n'essaie pas de retourner la situation dans ton sens ça ne marchera pas ! Rentre chez toi et arrête d'essayer de me contacter. Je suis avec Buck maintenant et je vais faire ma vie avec lui. Au revoir, Ana ! »

Il fit un pas en arrière pour rentrer complètement chez lui et ferma la porte, poussant le verrou avant de s'adosser contre elle. Comment une conversation pouvait-elle être aussi fatigante ?

« Chéri ? »

Il n'avait pas eu conscience d'avoir les yeux fermés. Eddie les ouvrit et croisa les magnifiques yeux bleus de son homme, qui s'avançait vers lui. Buck regarda à travers le judas, et esquissa un sourire. Ana n'avait pas bougé, elle était toujours de l'autre côté de la porte à se mordre la lèvre, semblant réfléchir à ce qu'elle allait faire.

« Elle est toujours là ! » comprit Eddie, qui connaissait cette façon de sourire chez Buck.

« Ne t'en fais pas, elle va vite partir. »

Buck l'embrassa, non, il lui dévora la bouche et Eddie se laissa faire. Chemise et t-shirt dégagèrent, révélant le torse parfait de l'autre. Buck poussa Eddie contre la porte, faisant exprès de faire du bruit. Il se pencha mais au lieu de lui prendre la bouche pour un nouveau baiser, il aspira son téton droit entre ses lèvres, arrachant un grognement de plaisir à l'autre homme. Il fit subir cette douce torture à l'autre téton, puis descendit le long de son corps jusqu'à s'agenouiller à même le sol. Buck défit le jean de Eddie avec des gestes assurés et un regard affamé. Quand sa turgescence jaillit sous son nez, il esquissa un sourire carnassier.

« Ne te retiens pas, surtout ! »

D'une seule « bouchée », Buck l'avala comme Eddie l'aimait, et ce dernier lâcha un gémissement rauque proche du cri de délivrance. Il aurait pu jouir sur le champ s'il n'avait pas plus d'endurance que ça, mais il tint bon et profita de la douce et brûlante caresse de la bouche de Buck le long de sa queue. Eddie ne se retenait pas d'exprimer son plaisir à voix haute, leur voisin des deux appartements de leur palier étaient déjà au travail à cette heure-ci. Eddie en oublia complètement que Ana était derrière la porte – à moins qu'elle soit enfin partie – et savoura l'instant. Buck s'arrêta et remonta le long de son corps pour l'embrasser. Clopin-clopant, ils se dirigèrent vers leur chambre, se débarrassant de leurs vêtements sur leur passage. Dans le couloir, alors que Eddie était nu et Buck encore en jean, le plus jeune plaqua le plus âgé face au mur et lui donna une bruyante fessée. La réponse d'Eddie le fut tout autant.

« Je te prends là, ou dans notre lit ? » demanda Buck, qui faisait glisser son sexe massif entre les fesses de Eddie.

« Je m'en fou, mais dépêche-toi ! »

Il était au bord de l'implosion. Entrant dans la chambre, Buck poussa Eddie face contre le lit, puis, se défit de son jean. Pendant ce temps-là, Eddie se redressa sur ses genoux mais n'eut pas le temps de se hisser sur ses mains que la bouche et la langue de son homme étaient sur lui pour le préparer. Etant novice en matière de sexe avec un homme avant d'être avec Buck, Eddie n'aurait jamais cru qu'il aimerait autant cet aspect-là, mais l'autre homme le goûtait avec une passion dévorante et incandescente à chaque fois.

« Buck, bébé j'suis prêt ! » gémit Eddie. « Baise-moi ! »

La sensation d'étirement et de brûlure ne dura qu'un instant, et Buck s'engouffra en lui en une longue poussée. Leur peau fut recouverte de sueur très vite à mesure que Buck allait et venait en lui avec de plus en plus de rapidité et de force. Les suppliques d'Eddie emplissaient toute la chambre, jusqu'à ce qu'ils jouissent tous les deux à l'unisson. Eddie s'étala sur le ventre, et Buck n'eut d'autre choix que de suivre, s'étalant sur lui, toujours en lui. Le souffle court, ils éclatèrent de rire.

Caserne 118 !

« Karen t'avait prévenu que tu reverrais Ana quand tu t'y attendrais le moins. » dit Hen, quand Eddie leur parla de la visite inopinée de son ex.

Il avait dû combler les blancs pour Bobby et Chimney en leur parlant des appels et sms qu'il recevait sans cesse depuis trois mois.

« Elle a fini par partir ? » demanda le Capitaine.

« En tout cas, quand Buck et moi on est parti, elle n'était plus là. »

Il garda sous silence le fait qu'il s'était fait sucer à peine deux minutes après avoir claqué la porte au nez d'Ana. Il gardait pour lui les détails de sa vie sexuelle avec Buck, et il était certain qu'ils leur en étaient très reconnaissant bien qu'ils n'abordassent pas le sujet.

« Tu penses qu'elle va revenir à la charge ? » demanda Chimney.

« Qu'elle essaye, et je porte plainte pour harcèlement. » répondit Eddie. « En plus, elle a grimacé quand je lui ai dit que Buck était mon mec, elle était clairement dégoûtée à l'idée. »

« On n'y pense plus, mais on reste quand même sur nos gardes. » dit Buck, en serrant affectueusement la nuque du beau mexicain.

L'alarme retentit…

Une semaine plus tard !

Eddie avait eu une drôle de sensation tout au long de la semaine, comme si on l'observait avec acharnement. Partout où il allait… Quand il allait déposer Christopher à l'école, ou bien le récupérer. Quand Buck et lui allaient faire des courses, ou même quand ils partaient travailler. Il ne réussissait pas à s'enlever de la tête que quelqu'un l'observait avec insistance. Voilà une semaine depuis l'épisode Ana, il espérait ne jamais la recroiser de sa vie, mais il se souvenait parfaitement du dégoût qu'elle avait démontré lorsqu'elle avait compris qu'il était en couple avec un homme.

« Hum, Eddie… »

Esquissant un sourire dans l'obscurité de leur chambre, Eddie caressa les cheveux d'un Buck endormi contre lui. Le réveil allait bientôt sonner quatre heures du matin, et Eddie était réveillé depuis dix minutes environs.

« Pourquoi tu dors pas ? » marmonna Buck.

« Je n'ai plus sommeil. »

Eddie continua de lui caresser tendrement les cheveux, jusqu'à ce que le réveil sonne. Il le fit taire aussitôt.

« Allez, Carla va bientôt arriver pour prendre le relai. » lui dit-il.

Tout le temps qu'il se préparât, Eddie avait toujours un mauvais pressentiment. Habillé de sa tenue réglementaire, il mit en route la machine à café et sortit deux mugs. Buck le rejoignit, plus alerte qu'il ne l'était au son du réveil, habillé de la même façon que lui.

« Ça va ? » lui demanda-t-il. « Tu es tendu, plus que tout au long de la semaine. »

« T'as remarqué ? » s'étonna Eddie.

Bien qu'il ne le fût pas tant que ça. Ils se connaissaient parfaitement, et savait quand l'un avait un souci. C'était aussi comme ça sur le terrain, ils avaient une facilité à se comprendre qui déroutait la plupart des gens. Cette symbiose faisait d'eux le meilleur binôme du Département des Pompiers de Los Angeles.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Buck.

« J'ai un mauvais pressentiment, c'est tout. » Eddie haussa les épaules. « J'ai l'impression d'avoir été observé avec insistance toute la semaine. Je crois que je deviens parano depuis… »

« Depuis que tu as revu Ana. » dit Buck à sa place.

« T'as pas vu la tête qu'elle a fait quand elle a compris que j'étais avec toi. Elle était clairement dégoûtée, et pas dans le sens triste. Non, c'était du dégoût pur, bébé. »

« Tu penses qu'elle est homophobe ? »

« Peut-être, en tout cas je ne lui ai jamais posé la question, et ça n'est jamais venu dans nos conversations. » dit Eddie. « Elle ne m'a jamais posé de question sur l'équipe, et je n'ai jamais parlé d'Hen et Karen. »

Buck n'aimait pas voir son homme, son meilleur ami dans cet état. Il éteignit la cafetière et fut sur le point d'en verser dans les deux mugs, quand la porte d'entrée s'ouvrit.

« Les garçons ? »

La voix de Carla semblait paniquée. Buck reposa la cafetière, et les deux hommes allèrent la retrouver dans le salon. Elle venait de poser ses affaires sur le canapé.

« Quoi ? » demanda Eddie.

« Vous devriez descendre. » leur dit-elle, avant de rajouter : « Et appeler Athena. »

Buck et Eddie descendirent en bas de l'immeuble, et ce fut Buck qui vit les dégâts en premier. Les vitres et le pare-brise fracassées, les quatre pneus à plat, et la carrosserie cabossée. Quelqu'un s'était déchaîné sur sa voiture.

« Ma jeep ! » s'écria-t-il, choqué. « Eddie… »

Ce dernier avait déjà le téléphone à son oreille. Il n'appela pas le 9-1-1, mais quelqu'un qui ne serait pas content d'apprendre qu'on avait passé ses nerfs sur la voiture de celui qu'elle considérait comme son fils.

« Athena, désolée de te réveiller mais j'ai besoin que tu viennes chez moi. » … « Tu verras, mais ça concerne Buck. »

« Eddie… »

« Je sais, et je suis en pétard moi aussi, mais Athena arrive avec Bobby. »

Plus calme que son conjoint, Eddie fit le tour de la voiture vandalisée et évalua les dégâts. C'est en revenant à l'avant du véhicule qu'il y vit une inscription faite à la bombe peinture rose bien flashy. Tu me l'as volé ! Eddie n'eut pas besoin de réfléchir bien longtemps à ce que ça signifiait. Il ravala sa rage et prit des photos de chaque chose vandalisé : les vitres, les pneus, le pare-brise et chaque portière cabossé, et enfin, l'inscription. Il allait lui faire payer chaque centime pour les réparations, elle n'allait pas s'en tirer comme ça. Oui, elle. Eddie était sûr de lui à cent pourcent. Ana Flores était responsable de ce désastre.

« Qui a pu faire ça ? » geignit Buck, des larmes le long des joues qu'il n'avait pas pu contenir.

« Je sais très bien qui a fait ça. » Eddie essuya les larmes sur les joues de son compagnon. « Hey, ne verse aucune larme pour la garce qui a fait ça. »

« La garce ? » répéta Buck. « Arrête, ça ne ressemble pas Ana de faire ça. »

« Je sais que c'est elle qui a fait ça, et Athena le prouvera. »

Au même moment, la voiture de Bobby se gara tout près. Il laissa les phares allumés, et leur Capitaine ainsi que le Sergent qui était sa femme, descendirent de la voiture. Athena Grant-Nash n'était pas une femme qui se laissait intimider, et quand quelqu'un s'en prenait à sa famille, elle faisait toujours en sorte que cette personne paye le prix fort. Elle aimait Buck comme s'il était son propre fils, et elle savait que son mari le considérait comme tel aussi, elle ne laisserait pas cette histoire de vandalisme impuni.

« Buck, ça va, fils ? »

Bobby s'approcha du plus jeune de ses pompiers et le prit dans ses bras.

« Ma… ma jeep… »

Les sanglots dans la voix de Buck brisèrent le cœur des trois personnes présentes.

« Qui a fait ça ? » demanda Athena, après avoir fait le tour de la jeep. « Tu me l'as volé. » lu-t-elle. « Qu'est-ce que ça veut dire ? »

« Ça veut dire que mon ex, Ana Flores, tient Buck pour responsable du fait que je ne veux pas lui donner de seconde chance. »

Eddie expliqua à Athena les appels et sms qu'il avait reçu depuis trois mois avant que Buck ne bloque le numéro de la jeune femme, à la demande d'Eddie, puis, de la visite d'Ana une semaine plus tôt et de la conversation qu'ils avaient eue. Pendant ce temps, Athena nota tout ce qu'il disait sur un carnet qu'elle avait toujours sur elle. Il lui parla aussi de son sentiment d'avoir été épié tout au long de la semaine qui venait de s'écouler.

« Ce n'est qu'une intuition, mais je sais que c'est elle. »

« Et je le prouverais. » affirma Athena.

Elle passa un coup de fil.

« Vous voulez prendre votre journée ? » demanda Bobby aux garçons.

« Buck ? »

Eddie prendrait la décision en fonction de ce que déciderait son homme. Celui-ci reprit ses esprits.

« Non, j'ai besoin de m'occuper l'esprit. »

« Très bien, allez chercher vos affaires, je vous emmène à la caserne, vous êtes trop à cran tous les deux pour conduire. »

Ils s'exécutèrent et, remontant dans l'appartement, Buck alla dans la salle de bain pour que Christopher, qui prenait son petit-déjeuner dans la cuisine, ne le voit pas dans l'état dans lequel il était. Le jeune garçon gloussa quand Eddie lui ébouriffa les cheveux puis l'embrassant sur la joue.

« Hey, je suis plus un bébé ! » s'écria Chris, non sans sourire. « Vous êtes pas encore au travail ? »

« On a oublié quelque chose, avec Buck. » dit Eddie. « Carla, je peux te parler une minute ? »

Ils allèrent dans le salon, et Eddie raconta à voix basse ce qui se passait en bas de l'immeuble à ce moment même, et ses soupçons quant au responsable du vandalisme.

« Si jamais il y a encore des traces de l'incident quand vous partez, fais en sorte que Christopher ne voit rien. »

« Ne t'en fais pas, il ne saura rien. » dit Carla. « Tu es sûr que c'est elle ? »

« J'en mettrais ma main à couper ! »

Buck revint, plus aucune trace de colère ni de chagrin sur le visage, et alla dire bonjour à Christopher avec entrain, puis, les deux hommes prirent leur sac près de l'entrée et s'en allèrent.

A la caserne, ils ne furent pas surpris de voir Chimney et Hen qui les attendaient sur la mezzanine. Par contre, Buck fut surpris de voir Maddie.

« Où est Jee ? » demanda-t-il, en parlant de sa nièce.

« Elle est avec les Lee. » dit Maddie. « Evan, est-ce que… »

« Non, Maddie, ça ne va pas du tout ! » explosa-t-il. « Putain, elle s'en est prise à ma caisse et… »

« Hey, hey… » Eddie posa une main sur sa nuque et le tira contre lui. « Respire, et calme-toi ! C'est ça, cariño, inspire par le nez, expire par la bouche. »

Il lui parlait tout bas, dans le creux de l'oreille et ça aida Buck à se calmer.

« Elle va cracher chaque dollar que coûtera les réparations, je te le jure ! »

Il l'embrassa dans le creux du cou, là où Buck couinait de plaisir à chaque fois et ça n'échappa pas cette fois, sauf qu'il fit de son mieux pour ne pas faire ce petit son excitant alors qu'ils n'étaient pas tous seuls. Il l'entraîna autour de la table, et ils s'assirent à leurs places habituelles, et pendant que Bobby préparait le petit-déjeuner, Eddie raconta ce qu'il s'était passé, et sur ses soupçons.

« Tu es sûr que c'est elle ? » demanda Chimney.

« Pour la dernière fois, oui, j'en suis persuadé. » répondit Eddie, dont la main gauche était posée sur la jambe de Buck. « Je sais qu'Athena trouvera les preuves qu'il faut, et ça me retient d'aller la confronter moi-même. »

« Athena trouve toujours, et cette affaire n'est pas assez importante aux yeux de la police qu'elle n'aura aucun mal à convaincre sa hiérarchie de la laisser mener l'enquête elle-même. » dit Hen.

Quelques heures plus tard !

Athena n'avait pas mis bien longtemps à vérifier chaque information transmise par Eddie. Munie du numéro de téléphone de Ana Flores, elle avait réussi à retracer chaque déplacement de la vice-principale tout au long de la semaine. Elle avait même la liste des nombreux appels et sms envoyés à Eddie au cours des trois derniers mois qu'il lui avait fourni. Après ses recherches, elle alla voir son ami le Lieutenant Lou Ransone et lui montra le dossier qu'elle avait monté contre Ana Flores pour lui demander son avis.

« Je peux avoir un mandat de perquisition avec ça, tu crois ? »

« Tu n'as pas d'autre suspect ? » lui demanda Lou, après avoir parcouru les preuves.

« Eddie est persuadé que c'est elle. J'ai retracé chaque déplacement de Buck et Eddie tout au long des deux dernières semaines, et à chaque fois le téléphone de Ana Flores a borné à proximité, et, cette nuit à trois heures du matin, son téléphone la place juste en bas de l'immeuble de Buck et Eddie. »

« Ça vaut le coup d'essayer. » acquiesça Lou.

« Tu veux bien m'accompagner ? Si je me retrouve seule face de cette femme, je risque de la gifler après ce qu'elle a fait à la voiture de mon bébé. » dit Athena.

« Maman Ours sort les griffes. » plaisanta Lou après avoir accepté.

Ils allèrent voir le Juge ensemble, et Athena réitéra ses propos et ses convictions ainsi que celles de Eddie concernant l'identité de la coupable.

« Très bien, mais si ce n'est pas elle… » dit le Juge.

« Je chercherais ailleurs, mais je ne me trompe pas. » affirma Athena.

Le Juge signa un mandat de perquisition pour le domicile, le véhicule et le bureau de Ana Flores. Etant Vice-Principal d'une école privée, elle avait certainement un bureau où elle aurait pu cacher des preuves, comme une bombe de peinture rose et un pied de biche. Quant aux pneus dégonflés, elle avait dû utiliser un couteau ou n'importe quel objet pointu. Des experts scientifiques continuaient à examiner la voiture vandalisée de Buck.

Mandant en main, Athena et Lou quittèrent le bureau du Juge.

« On commence par quoi ? » demanda Lou.

« On se rend chez elle, qu'elle soit là ou pas, on un mandat. » répondit Athena.

Ana n'était pas à son domicile, mais son propriétaire si et ouvrit l'appartement de la jeune femme aux policiers. Après une fouille minutieuse, ils trouvèrent des vêtements couverts de rose provenant très certainement d'une bombe à peinture.

« Athena, viens voir ça ! »

Athena demanda aux deux policiers de patrouilles qu'ils avaient pris avec eux, d'emballer les preuves après avoir mis des gants. Elle rejoignit Lou dans la chambre d'Ana Flores, et ce qu'elle vit lui glaça le sang. Le mur en face du lit était tapissé de photos et d'articles de journaux concernant Buck et Eddie, sauf que tout ce qui était au sujet de Buck était rayé d'une croix au feutre noir. Athena reconnut même certaines photos, où Buck et Eddie étaient avec Christopher, car c'étaient des photos venant du compte Instagram de Buck, et Ana avait remplacé la tête du jeune homme par la sienne. Elle vit même avec horreur que Christopher avait été aussi rayé des photos.

« Elle est complètement obsédée par Eddie. » dit Athena.

« Regarde ! » Il lui montra un petit carnet. Un journal, qu'il ouvrit à une page au hasard et lut à voix haute : « Quand mon cher Edmundo et moi serons mariés, je ferai en sorte d'envoyer Christopher au Texas pour qu'on puisse n'être que tous les deux, et un beau jour avoir des enfants normaux, car il n'est pas question que j'élève l'enfant handicapé d'une femme morte. »

« Donne-moi ça ! » Avec les mains gantées, elle prit le journal et feuilleta une autre page. « Il est toujours là à traîner dans nos pattes. Encore une bonne raison d'envoyer Christopher chez ses grands-parents, ça me débarrassera de ce parasite d'Evan Buckley ! Ce parasite ? Non mais quelle garce ! »

Lou sortit un sac en plastique pour preuve et Athena y glissa le journal.

« J'appelle une équipe pour prendre le mur en photos et tout détacher. » dit Lou.

Athena sortit son téléphone et prit le mur en photos en plusieurs fois.

Le prochain arrêt de Lou et Athena après l'arrivée d'une équipe scientifique, fut l'école privée dans laquelle Ana Flores était Vice-Principale. Ils demandèrent à voir d'abord la Principale de l'établissement scolaire, et Athena leur expliqua les faits. Ebranlée d'apprendre une telle nouvelle de la part d'un membre du corps enseignant, la Principale les conduisit au bureau d'Ana Flores.

« Mademoiselle Flores ? »

« Oui ? »

Mais la Principale entra dans le bureau et fit la place à Athena et Lou.

« Mademoiselle Flores, vous allez nous suivre au commissariat ! » dit Lou.

Les deux officiers de patrouille entrèrent dans le bureau et en fouillèrent chaque recoin.

« Mais, ils n'ont pas le droit de faire ça ! » protesta-t-elle.

« Ce mandat de perquisition nous autorise à fouiller votre bureau, votre voiture… » Athena montra le mandant. « …et nous avons trouvé des choses très intéressantes à votre domicile. »

« Vous avez fouillé chez moi sans m'en avertir ? » cracha Ana.

« Nous n'avions pas besoin de votre consentement, et votre propriétaire nous a gentiment ouvert, et ce que nous avons trouvé dans votre chambre est assez déroutant. » dit Lou. « Les clés de votre voiture, s'il vous plaît ! »

Ana n'en fit rien. Athena s'avança et s'empara du sac à main de la jeune femme, et un seul regard empêcha Ana de protester. Athena prit les clés de voiture et se tourna vers la Principale.

« Savez-vous quelle est sa voiture ? »

« Oui, venez avec moi ! »

Athena demanda à un officier de venir avec elle, et Lou resta dans le bureau avec l'autre. Sur le parking des employés, la Principale désigna une voiture bleu métallisé au Sergent Grant. Athena appuya sur le bouton pour le déverrouiller, et alla directement ouvrir le coffre. Elle y trouva exactement ce qu'elle cherchait, cachée sous une petite couverture. Elle prit les preuves en photos, et attendit l'équipe scientifique.

Au commissariat…

« Vous ne voulez pas appeler votre avocat ? » demanda Lou, en s'asseyant face à Ana.

Elle avait été emmener dans une salle d'interrogatoire, avant que Lou et Athena ne l'y rejoignent après l'avoir fait poirauter dix bonnes minutes le temps de rassembler les preuves pour l'interrogatoire.

« Pourquoi ? Je ne suis pas en état d'arrestation, si ? » demanda Ana.

« Vous le serez, et vous pouvez toujours appeler votre avocat. » dit Athena.

« Je n'ai rien fait de mal. »

« Comme vous voudrez ! » dit Athena. « Le vandalisme est un délit, Mademoiselle Flores. Vous déchainer sur la voiture d'un pompier de Los Angeles n'est pas très bien vu, vous savez ? »

« Je… je ne vois pas du tout de quoi vous parlez. »

Mais son hésitation la trahissait, et les deux policiers pouvaient flairer le mensonge à des kilomètres. Lou ouvrit le dossier dans lequel se trouvait plusieurs photos, et en sortit une agrandit de la jeep de Buck, d'où on pouvait lire sur le capot Tu me l'as volé, tagué en bombe à peinture rose.

« C'est le Jeep de Evan Buckley, elle a été vandalisée cette nuit, aux alentours de trois heures. »

« En quoi est-ce que ça me concerne ? » demanda Ana. « Je dormais, à cette heure-là ! »

« Nous savons très bien que c'est faux. » dit Lou. « Votre téléphone a borné à cette heure-ci en bas de l'immeuble de Monsieur Diaz, qui est aussi le domicile de Monsieur Buckley depuis un moment déjà. Sans compter que nous avons trouvé des vêtements tâchés de bombe à peinture rose chez vous, la même bombe qui se trouvait dans le coffre de votre voiture, et qui a servi à taguer ce message sur le capot de la jeep. »

Ana se tut, et déglutit.

« Et si on parlait de ce tableau photo dont vous avez tapissé votre chambre ? » continua Athena, en étalant des photos dudit mur sur la table. « Ou bien de ce que vous avez écrit dedans. »

Lou sortit le journal intime du sachet plastique et l'ouvrit à la dernière page écrite et lut à voix haute.

« Ça m'a fait un bien fou de me défouler sur la voiture de ce connard qui a perverti mon précieux Edmundo. Je saurais lui faire voir que je suis la femme idéale pour lui. Evan Buckley doit disparaître de sa vie, j'utiliserais la manière forte s'il le faut. »

Lou referma le journal.

« C'est très poétique tout ça. » railla-t-il.

« Malheureusement, la plupart de ce que vous avez écrit ne peut pas vraiment être retenu contre vous, ce ne sont que des mots écrits dans un journal mais, un Juge pourrait en tenir compte, tout comme il va tenir compte des preuves que nous avons trouvées chez vous et dans votre véhicule. » dit Athena. « Et qu'il semblerait aussi que vous avez passé des semaines à épier Eddie Diaz et sa famille. »

« Je veux le voir ! » dit Ana.

« Vous voulez voir qui ? »

« Edmundo. Je veux lui parler, face à face. »

Le ton d'Ana était ferme et assuré.

« Je ne crois pas que vous soyez en position de réclamer quoi que ce soit. » dit Athena.

« Vous avez vos preuves, et je ne parlerais qu'à Edmundo, et après ça je parlerais à mon avocat. »

Ana croisa les bras et s'adossa contre sa chaise.

Caserne 118 !

Dans l'espace détente du loft, Buck était allongé, la tête posée sur les genoux de Eddie qui lui massait le crâne d'une main. Il avait été sur des charbons ardents toute la journée, et seuls les moments passés sur le terrain l'avait calmé. Deux appels médicaux seulement, et de retour à la caserne, Eddie avait entraîné le jeune homme au loft et depuis une demi-heure, ils n'avaient pas bougé du canapé. Buck somnolait, ils n'avaient eu aucunes nouvelles d'Athena, mais ils avaient confiance en elle. Quand elle était lancée dans une enquête, elle était telle un pitbull et ne lâchait pas sa proie. Elle prouverait la culpabilité d'Ana Flores.

« Comment il va ? » Hen approcha du couple et s'assit sur un fauteuil près d'eux. « Il a l'air d'un enfant, endormi comme ça. »

« Il ne faut pas s'y fier, Hen. Là il est blessé parce que sa jeep compte beaucoup pour lui, c'est un cadeau de Maddie et la retrouver dans cet état, ça lui a vraiment causé un choc, mais il fulmine à l'intérieur. » dit Eddie, sans cesser de lui masser tendrement le crâne. « Ça ira mieux quand cette histoire sera réglée. »

« Athena va prouver qu'elle est coupable. » dit Hen, en parlant d'Ana.

« Je sais. »

Il ne pouvait pas en être autrement, de toute façon. Athena vint les voir à la fin de leur garde, alors que la seconde équipe prenait sa place.

« Alors, du nouveau ? » demanda Eddie, qui avait la main de Buck dans la sienne, et son sac de sport à l'autre épaule.

« Oui, on a les preuves, et on l'a arrêté. » répondit Athena. « Elle n'a pas vraiment avoué, mais elle est coupable, et elle veut te parler. »

« Je te demande pardon ? » hoqueta Eddie.

« Elle insiste pour te parler, mais je ne suis pas venue ici pour te ramener au poste avec moi, juste pour te passer le message. » dit Athena. « Vous rentrez chez vous prendre une bonne nuit de sommeil, et vous venez me voir au poste demain, avec Lou on vous montrera ce qu'on a trouvé, et tu décideras à ce moment-là si tu veux lui parler ou non. »

« Et, Ana, elle va être libéré ? » demanda Buck.

« Elle sera sûrement libéré sous caution avant sa comparution devant le Juge, mais avec Lou on va la faire passer une nuit en cellule, ça la fera réfléchir à deux fois avant de s'en prendre à la voiture de mon garçon. »

Elle toucha la joue de Buck, qui esquissa un sourire.

De retour chez eux, ils racontèrent vite fait les événements du jour à Carla et la demande particulière d'Ana de parler à Eddie, puis, l'aide-médicale s'en alla. Eddie ouvrit doucement la porte de la chambre de son fils, et le regarda dormir, l'air paisible. Comment avait-il pu penser une seule seconde qu'Ana serait parfaite pour sa famille ? Oh sur le papier, elle l'était, mais elle ne l'aurait jamais rendu heureux. Elle aurait bridé Christopher dans ses limites, et ni lui ni Eddie n'auraient été heureux et épanouis. Pas comme ils l'étaient avec Buck. Buck était parfait.

« Tu comptes lui parler ? » demanda Buck, une fois tous deux allongés dans le lit.

« Seulement si t'es d'accord pour que je la confronte. » répondit Eddie. « Elle se compromettra avec moi. »

« D'accord. » Buck se pencha pour l'embrasser. « Tu ne serais jamais retourné avec elle, hein ? »

« Jamais de la vie. » Eddie s'allongea sur le dos et attira Buck contre lui, il l'embrassa sur le front et lui caressa le bras. « Tu es l'amour de ma vie, Evan. »

Le lendemain !

Après avoir pris le petit-déjeuner en famille, à trois, Buck et Eddie emmenèrent Christopher à l'école avec la voiture d'Eddie, puis, firent route jusqu'au poste de police. Athena les accueillit et les conduisit jusqu'au bureau de Lou Ransone. Ils leur firent le récit de l'enquête, des preuves récoltés et de l'interrogatoire.

« Wow, une minute ! » les arrêta Eddie. « Elle voulait envoyer Christopher chez mes parents ? »

« Elle ne l'a pas dit, mais elle l'a mentionné dans son journal. » dit Athena.

« Je veux le voir ! »

Athena le lui passa, l'expertise étant fini. Eddie le feuilleta, et arrivé à la fin, il fulminait.

« Ok, j'en ai marre ! » Il ferma le journal, le rendit à Athena et se leva. « Elle est où ? »

« Un officier l'a emmené en salle d'interrogatoire. » lui apprit Lou.

« Je veux lui parler ! » dit Eddie. « Je sais qu'elle ne me dira rien si Buck est là, mais je veux qu'il assiste à tout. »

Athena et Lou échangèrent un regard entendu. Athena emmena Buck dans une pièce derrière le miroir sans tain de la salle d'interrogatoire, Eddie suivit.

« Hey… » Buck prit sa main dans la sienne et parla d'une voix douce pour l'apaiser. « Ne t'emporte pas, ça ne servira à rien. »

Se moquant des spectateurs, Eddie embrassa Buck pour se donner du courage et de la force, pas pour affronter Ana, mais pour ne pas lui sauter à la gorge. Il ne s'en était jamais pris à une femme de sa vie, il n'allait pas commencer aujourd'hui, même si ça le démangeait.

Ana faisait les cent pas dans la salle d'interrogatoire quand la porte s'ouvrit. Quand elle vit l'objet de ses désirs, un sourire lumineux éclaira le visage de la jeune femme.

« Edmundo ! »

Elle fit un pas dans sa direction mais le regard noir qu'il lui lançait la stoppa dans son élan. Mince, elle ne l'avait jamais vu en colère comme ça. Non, pas son Edmundo, il n'allait pas lui faire de mal. Elle devait faire attention à ce qu'elle allait dire, et trouver les mots justes pour qu'il accepte de faire enlever les charges qui pesaient sur elle, et peut-être alors qu'ils pourraient recommencer de zéro et former la famille qu'ils étaient censés être ensemble. Tous les deux, sans Christopher. Se raclant la gorge, elle tira la chaise et s'assit.

« Tu ne t'assois pas ? » demanda-t-elle, quand Eddie resta debout de l'autre côté de la table.

Le plus loin d'elle possible.

« Non, je ne suis pas là pour prendre le thé. »

La voix d'Eddie claquait comme un fouet, sans émotion dans la voix autre qu'une rage contenue. Il suffirait qu'elle dise un mot de travers pour que l'enfer se déchaine sur elle. La porte se referma, et c'est là que Ana vit le Lieutenant Ransone s'adosser à côté de la porte.

« J'ai dit que je voulais lui parler seule. » dit Ana.

« Non, ce n'est pas une option. » dit Ransone. « De toute façon, vous êtes dans une salle d'interrogatoire ici, la caméra que vous voyez là s'allume et enregistre automatiquement tout ce qui se passe dans cette pièce dès que quelqu'un ouvre la porte. »

« Dis ce que t'as à me dire ! » claqua Eddie à Ana.

« Edmundo… »

« Appelle-moi encore une fois comme ça, et je me barre ! » la prévint-il.

« Eddie… » déglutit Ana. « Tout ça… tout ça n'est qu'un malentendu je… »

« Un malentendu ? »

Il eut envie d'éclater de rire, mais il se contint.

« Donc, tu n'as pas défoncé la voiture de mon mec au beau milieu de la nuit ? »

« Je… je ne sais pas ce qui m'a pris, d'accord ? Je suis sincèrement désolée pour ça, j'étais en colère, et jalouse que tu m'aies remplacé par un homme. » s'excusa Ana, qui y mettait tout son cœur pour paraître sincère.

Mais Eddie n'était pas dupe, pas plus que ne l'étaient Athena et Buck de l'autre côté du miroir sans tain.

« S'il te plaît Edm… Eddie… » Bon sang, elle trouvait ça ridicule, elle préférait l'appeler Edmundo, son vrai prénom. « Donne-moi, donne-nous une seconde chance je t'en prie. Je sais que je peux être la femme parfaite pour toi, on pourrait être très heureux, et fonder une vraie famille. »

« Et Christopher dans le lot, hum ? Tu le situes où dans ce petit conte de fée que tu t'es créée ? » demanda Eddie. « Chez mes parents, c'est ça ? Oh oui, je suis au courant de tes petits projets pour te débarrasser de Buck et de notre fils. Tu crois vraiment que je t'aurais laissé faire ? »

« Christopher a besoin de stabilité, et d'être constamment surveillé je… je ne peux pas le lui offrir et… »

« Mais je ne te le demande pas ! » la stoppa-t-il. « Christopher a besoin de ses deux parents, de Buck et de moi, à ses côtés, pour l'entourer et l'encourager dans sa vie. Il est peut-être handicapé mais il n'est pas impotent. »

« Je ne veux pas élever l'enfant d'une autre, tu entends ? éructa Ana en se levant de sa chaise d'un bond.

« ÇA N'ARRIVERA JAMAIS ! »

L'éclat d'Eddie fit sursauter Ana, et Buck de l'autre côté du miroir.

« Je n'aurais jamais dû sortir avec toi, mais je l'ai fait parce que c'est ce que mes parents attendaient de moi, que je trouve une mère à Christopher, mais j'avais tort sur toute la ligne. J'avais déjà quelqu'un dans ma vie qui nous complétait parfaitement, et qui nous rendait heureux, et cette personne est tout pour moi. J'ai bien l'intention de l'épouser, et il adoptera Christopher à ce moment-là. Toi et moi, ça a été la plus grosse erreur de toute ma vie. »

« Ne… ne dis pas ça Edmundo. Ce n'est pas une vie, deux hommes ne peuvent pas s'aimer, c'est malsain. » dit-elle, son visage se transformant. « Il t'a perverti, tu n'es pas gay. »

« Ce que je suis n'a aucune espèce d'importance, putain, je sais qui je suis et qui j'aime. Et j'aime Buck plus que ma propre vie, tu entends ? Tu vas payer chaque centime que coûtera les réparations de la jeep, ensuite tu sortiras de ma vie, et de celle de ma famille. Je t'interdis de t'approcher de moi ou de qui que ce soit de mon entourage. Je ne veux plus jamais te revoir ! »

« Edmundo… je t'en prie… »

Mais Eddie ouvrait déjà la porte de la salle d'interrogatoire. Ana voulut le suivre, mais Lou la stoppa dans son élan.

« Vous devriez appeler votre avocat ! »

Il ferma la porte derrière lui. De retour dans le bureau de Lou, ils firent tous le point.

« Je veux une mesure d'éloignement ! » dit Eddie.

Ce fut fait dans l'heure qui suivi.

Ayant obtenu leur journée, Buck et Eddie rentrèrent chez eux, et profitèrent que Christopher soit à l'école pour passer la journée au lit. Nus. Il n'y avait rien de tel que le sexe pour décompresser. Les jambes emmêlées, ils s'embrassaient tendrement après avoir récupéré d'un orgasme fulgurant.

« On est tout collant. » marmonna Buck.

« On s'en fiche. » souffla Eddie contre sa bouche. « Embrasse-moi, Buckley ! »

Buck s'exécuta avec plaisir. Leur estomac les rappela à l'ordre, n'ayant rien grignoté depuis le petit-déjeuner, aussi allèrent-ils prendre une douche, s'habillèrent simplement et Buck prépara quelque chose de simple et rapide. Sur le canapé après avoir mangé, ils se blottirent l'un contre l'autre devant la télé, mais ils ne prêtèrent guère attention à ce qui se diffusait à l'écran.

« Je n'arrive pas à croire qu'elle pensait pouvoir me récupérer. » Eddie soupira. « Je suis sûr que mes parents lui trouveraient des excuses à ce qu'elle a fait. »

« Ils te parlent souvent d'elle ? » demanda Buck, qui éteignit la télé.

Les deux hommes changèrent de position et s'assirent face à face, une jambe pliée sur le canapé.

« Ma mère, surtout. Pour elle, Ana est parfaite pour moi, et elle espère que je revienne à la raison et que je te quitte pour retourner avec elle. »

« Mais tu ne le feras pas, n'est-ce pas ? »

Le doute qu'Eddie put lire dans le regard de Buck lui brisa le cœur.

« Bien sûr que non. » Il lui prit la joue en coupe et l'embrassa. « Arrête de douter, mi amor, il n'y a que toi qui compte. Toi et Christopher. »

« Il sera toujours ma priorité, autant que toi. » souffla Buck. « Je t'aime, Diaz ! »

« Je t'aime aussi, Buckley ! »

Un mois passa, et le jugement de Ana Flores prit lieu en une semaine seulement. Elle écopa d'une peine avec sursis, ainsi que des travaux d'intérêts générales et de rembourser intégralement les réparations de la jeep de Buck. La Vice-Principale avait cherché Eddie dans la salle d'audience, mais lui et Buck avaient décidé de ne pas s'y rendre, ils en avaient terminé avec elle et si elle voulait lui parler, leurs avocats ainsi qu'un Sergent très coriace lui diraient clairement d'oublier cette idée.

La mesure d'éloignement n'arrêta pas Ana, qui avait profité de sa liberté retrouvée pour suivre Eddie qui allait récupérer Christopher à l'école.

« Non mais c'est pas vrai ! » claqua-t-il quand elle vint à sa rencontre alors qu'il descendait de sa voiture. « Tu n'as pas le droit de t'approcher de moi ! »

Il sortit son téléphone.

« Edmundo je t'en prie… »

« Va au Diable, Ana ! »

Il appela Athena, qui arriva à l'école mais Ana était déjà partie.

Les parents et les sœurs d'Eddie vinrent à Los Angeles pour quelques jours, et alors que Buck amusait Christopher et ses cousins dans le jardin, la discussion était assez houleuse dans le salon.

« Non mais je rêve, elle vous a appelé pour se plaindre ? » Eddie n'en revenait pas. Il regarda ses sœurs. « J'espère que vous n'êtes pas concernés. »

« Oh non ! » dit Adriana.

« Ana a essayé de nous rallier à sa cause quand t'as rompu avec elle, mais je lui ai dit d'aller se faire foutre. » dit Sophia.

« Enfin comment peux-tu dire une chose pareille, Sophia ? » dit Helena. « Tu ne vois pas que ton frère fait une grosse erreur ? »

« Ah parce que me suivre, me harceler pendant des mois parce qu'elle est incapable d'accepter une rupture, et défoncer la voiture de mon mec, ce n'est pas une erreur, ça ? » claqua Eddie. « Papi, tu ne penses pas sérieusement comme maman, hein ? »

« Eh bien, elle a fait des erreurs mais, Christopher a besoin de stabilité et… »

« Ana n'a jamais voulu élever Christopher ! » tempêta Eddie. « Si elle et moi ça avait marché, elle aurait fait en sorte de vous l'envoyer au Texas pour ne pas être encombré de l'enfant handicapé d'une morte. »

Adriana et Sophia lancèrent des jurons en espagnol qui en choquèrent plus d'un, Eddie inclus. Il n'avait jamais entendu ses sœurs jurer ainsi.

« Mais ça vous est égal, à ce que je vois. » dit Eddie en ne voyant aucun effarement sur le visage de ses parents. « En fait ça vous aurait bien arrangé, hein ? Tout ce que vous voulez, c'est de mettre la main sur Christopher, vous n'en avez rien à foutre de moi, ni de ce que je veux. »

« Surveille ton langage ! » claqua sa mère.

« Non, je ne vais pas rester là à vous écouter me dire combien je fais une connerie de rester avec Buck, alors que la personne que vous pensez parfaite pour moi n'est qu'une folle jalouse, homophobe et qui voulait se débarrasser de mon fils et de mon meilleur ami pour m'avoir pour elle toute seule. » répliqua Eddie. « J'aime Buck, et je vais passer ma vie avec lui, et si ça ne vous plaît pas alors vous et moi on n'a plus rien à se dire ! »

Il alla chercher Buck et Christopher dans le jardin, salua tous ses neveux et nièces, et emmena ses deux hommes à la plage. Le temps était magnifique. Christopher faisait des châteaux de sable juste à un mètre à peine d'eux, et Eddie et Buck le surveillèrent, assis sur de larges serviettes.

« Ça va ? » demanda Buck.

« Ouais, je ne suis même plus étonné quand il s'agit de mes parents. » Il lui relata la discussion houleuse qu'ils avaient eus pendant que Buck et les enfants étaient dans le jardin. « Mais je n'ai pas besoin d'eux. » Il regarda Buck. « Je n'ai besoin que de toi. »

Il se redressa pour prendre quelque chose qu'il avait glissé dans la poche arrière de son jean. Il s'agenouilla devant Buck, et présenta devant lui un anneau en argent bordé de noir sur les rebords.

« Eddie… » hoqueta Buck.

« J'en ai marre d'attendre, je veux passer le reste de ma vie avec toi, Evan Buckley. Tu veux m'épouser ? »

« T'en as mis du temps. » dit Buck, une larme roulant sur sa joue. « Oui, Eddie, je t'épouse quand tu veux. »

Eddie glissa l'anneau au doigt de son fiancé, puis, l'embrassa.

« Papa ! »

Ils se séparèrent pour voir Christopher venir vers eux, un sourire éclatant au visage. Il avait assisté à toute la scène. Le jeune garçon se laissa tomber doucement dans les bras de ses papas en gloussant.

Ils avaient été franc avec lui après que Eddie avait confronté Ana, et ils lui avaient tout expliqué. Christopher savait que Ana ne devait pas s'approcher de lui, ni de leur famille. Il comprenait. Ce soir-là, après la demande en mariage sur la plage Eddie dit à son fils ce qui s'était passé avec ses grands-parents chez Abuela.

« Non, j'veux pas aller avec eux ! » s'écria aussitôt le garçon.

« Ça n'arrivera jamais. » le rassura Eddie. « Buck et moi on sera toujours là pour toi, et on ne laissera jamais personne t'emmener loin de nous. »

Un an plus tard !

Elle avait retrouvé son poste de Vice-Principale, à la seule condition qu'elle démontre un comportement irréprochable et qu'elle ne fasse plus de vague. Une année entière était passée, et Ana pensait toujours à son cher Edmundo. Tourner la page lui était difficile. Si elle ne pouvait pas l'approcher, elle pouvait l'espionner via les réseaux sociaux de ce connard qui lui avait retourné le cerveau. Elle s'était créée un faux profil sur Instagram et recevait une alerte chaque fois que Evan Buckley postait une nouvelle photo. Elle avait failli tourner de l'œil lorsqu'il avait posté une photo de leurs fiançailles, puis de leur mariage. Même les parents de Eddie n'avaient rien pu faire pour empêcher cette catastrophe. Et aujourd'hui, alors qu'elle travaillait à son bureau, elle reçut une notification. Elle prit son téléphone, ouvrit Instagram et cliqua sur la notification. Non, non, non… ça ne pouvait pas arriver.

La photo montrait une petite main de nouveau-né qui enserrait le doigt d'un homme, alors que le nouveau-né se trouvait dans les bras d'un autre. En description, c'était noté :

Bienvenue à notre princesse, Cora Maddie Buckley-Diaz !

Elle ne pourrait jamais le récupérer. Elle devait se faire une raison, bien que ça la mette en colère d'avoir perdu le seul homme pour qui elle était prête à tout, mais elle ne voulait pas retourner en prison, pas même pour une journée, alors elle désactiva les notifications et supprima son faux profil.

Elle devait tourner la page, elle n'avait plus le choix !

FIN !


ça vous a plu ? En tout cas, moi, je me suis bien éclaté à l'écrire.

Comme toujours vous pouvez me retrouver sur Facebook avec ma page Lily Fictions - Jeni Kat, et mon compte Instagram qui est en pause lily_fictions_jni_kat !

*Alors je vous explique : Il y a quelques jours, j'ai appris que j'avais été plagié, à 3 reprises et si les histoires ont été retiré, ça m'a foutu un sacré coup au moral, alors j'ai décidé de faire un break. J'explique tout sur ma page Facebook !

Merci de votre compréhension, mais je serai toujours là pour discuter avec vous si vous le souhaitez *-*