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«Dites-le avec des fleurs !»

~ Chapitre 2 : Strelitzia-Oiseau de Paradis & Physalis-Amour en cage ~

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Depuis quelques secondes, foutrement interminables !, la cage d'ascenseur était seulement envahie par les récriminations continuelles de Pansy à l'encontre de Draco. Selon la consciencieuse imprésario, il était inadmissible, impardonnable, que son poulain n'honore pas respectueusement ses engagements ! Absolument indifférente à l'épuisement réel, procuré par le trajet en jet privé entre le continent américain et européen, elle le tanna de remarques et conseils, mille fois ressassés. Notamment pour briller lors de la célébrissime montée des vingt quatre marches de la gloire. Combien serait-il plus aisé de transplaner ou user de sortilèges ! Le monde moldu était sa bouée salvatrice, mais Draco n'en oubliait pas les contraintes liées à sa nouvelle existence ici.

- « Ne loupe aucune occasion d'être mis en valeur ! En France, ta notoriété est encore balbutiante. … M'écoutes-tu ? Draco ! » s'impatienta plus âprement la sophistiquée brunette, trépignant durement ses talons aiguilles contre le sol pour bien marquer son agacement.

- « Oui, oui. » répliqua rêveusement l'houspillé, laissant échapper un bâillement pourtant peu discret, tandis qu'il repositionnait correctement les deux fleurs offertes.

A ses yeux, la descente aux Enfers était définitivement bien trop lente. Pourquoi n'était-il pas resté cloitrer chez lui ? Loin de la maquillée bouche hurlant pareille à une beuglante. Son somptueux appartement new-yorkais lui manquait horriblement. Surtout son silence ouaté ! L'ancienne Serpentard était une femme d'affaire élégante, bien qu'au style légèrement austère, mais au vocabulaire toujours persiflant. Implacable. Quand la trouva-t-il drôle déjà ? Présentement, Draco désespérait de ne pouvoir la museler d'un sort. Acte totalement irrationnel, inacceptable, dans la sphère des non-sorciers ! Certes, il l'appréciait énormément. Ils étaient des amis proches, pratiquement intimes, mais ça n'enlevait rien au fait que parfois il voulait juste la trucider.

Sans le savoir, Pansy était l'une des raisons fondamentales ayant contribué à forger l'intime conviction du magnifique mâle à ses côtés. À son niveau, elle convainquit Draco de se détourner de la gente féminine. Trop soûlante pour vivre avec ! Bon, ça et l'évidence qu'il préférait nettement le corps ciselé d'hommes. D'ailleurs, ne devrait-il pas songer à organiser un diner intimiste avec l'ardent pompier, pure bombe sexuelle !, croisé à la répétition de la cérémonie d'ouverture ? Avec les chaleureuses et appuyées œillades échangées, l'invitation devrait être acceptée sans difficultés ! Lui s'amuserait à allumer et attiser volontairement le feu, quand l'intrépide soldat prendrait un malin plaisir à éteindre l'incendie couvant furieusement entre eux. Avec sa longue lance magique ! Programme lui mettant savamment l'eau à la bouche.

Suivant, par pur automatisme, sa tortionnaire dans l'immaculé hall, Draco réfléchit subitement à une alléchante et prometteuse option. Les brins abandonnés seraient-ils l'offrande de sa future proie ? Après tout, il lui avait allègrement communiqué le numéro de sa suite. Quel heureux constat ! Il n'était donc pas le seul à avoir le feu au cul ! En conséquence, ces fleurs isolées auraient-elles une signification particulière ? Jadis, il ouït parler d'un langage floral. Aussitôt, sa mémoire se raviva spectaculairement. L'énergie enfin fougueusement retrouvée, chercha-t-il promptement l'enseigne de fleuriste avec pour accroche « Dites-le avec des fleurs ! ». Instinctivement, Draco lâcha sans gêne son amie. Pénétrant, de façon tonitruante, dans la providentielle boutique.

- « Aidez-moi ! Quel sens, l'alliance de ces brins, a-t-elle ? » déblatéra-t-il fiévreusement enthousiaste, sans la moindre courtoisie envers la charmante blonde tenant l'échoppe. La rougeur sur ses joues trahissait son puissant désir de savoir, ainsi qu'une vive impatience.

- « Bienvenue, Monsieur ! » débuta cordialement l'affable commerçante, amusée par tant d'entrain, nullement offusquée de la frondeuse interpellation. Si elle fut néanmoins surprise par l'identité du fameux visage, elle n'en montra rien. Le considérant pareil au commun des mortels. Un client parmi d'autres.

« Le langage des fleurs est complexe. Plusieurs interprétations sont souvent possibles. » enchaina-t-elle paisiblement d'un sourire malicieux, l'œil assurément tout aussi taquin. Comment ne pourrait-elle pas connaitre le sens caché derrière ce cadeau généreusement accordé à l'occupant de la suite Penthouse ?

« Cependant, je dirais, sans trop me tromper, que l'association est fort … flatteuse pour vous. » lui susurra-t-elle d'une voix de velours, plus fantasque que jamais en osant lui murmurer carrément à l'oreille comme une secrète confidence. Certes, elle ne démasquerait pas l'auteur anonyme de cette tendre missive. Mais, délivrerait-elle exactement les mots confiés antérieurement lors de la commande.

« L'Amaryllis vous félicite sincèrement de son Quel triomphe ! … quand le Camélia du Japon, lui, vous chuchote suavement … Vous êtes parfait ! » conclut-elle, ne ratant rien de la merveilleuse et radieuse expression désormais peinte sur l'illustre figure emblématique. Une égérie indubitablement prédestinée au casse du siècle, à la fin de la quinzaine cannoise, en raflant, sans vergogne, en solitaire ou en équipe, le trophée du Meilleur Acteur, le prix spécial du Jury et enfin la si convoitée Palme d'Or !

Devant l'ultime révélation, faisant abstraction de l'anodin premier éloge assurément professionnel, Draco ne put retenir sa pleine satisfaction. Il était soulagé. Comblé. Maintenant, avait-il la ferme conviction que l'expéditeur était l'irrésistible sapeur pompier ciblé ! Rien ne gâcherait plus sa flamboyante et torride soirée. Puisqu'elle s'achèverait, merveilleusement et passionnément, entre les bras musclés, et les accueillantes cuisses, de l'athlétique héros. Insoupçonné pyromane ayant su, si judicieusement, embraser tout son être. Ni Pansy ni la nuée d'horripilants journalistes ne parviendraient à ternir ses élans et allégresse. Désormais, Draco avait le feu sacré.

- « Monsieur, ne partez pas ! » le stoppa de justesse la secourable ambassadrice des fleurs, lui saisissant respectueusement le coude.

« Je suis missionnée pour vous livrer … une seconde charade. » demeura-t-elle énigmatique, tendant le supplément composé de strelitzia, Oiseau de Paradis, et d'une branche de physalis, Amour en cage.

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********** A suivre **********

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Blablamiaou : Merci pour les autographes précédents et les futurs ! Et n'oubliez pas, le jeu se poursuit. ^^

A toutou bientôt !