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«Dites-le avec des fleurs !»
~ Chapitre 7 : Hibiscus & Hellébore ~
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Pour évincer sa sournoise rivale, qu'elle avait sérieusement à l'œil et ne sous-estimait aucunement, Pansy ne quittait plus d'un pouce Draco. Comme son ombre, elle le suivait d'interviews en séances d'autographes. Même lors des rapides baignades qu'il s'autorisait sur la plage voisine, aux heures les moins fréquentées, elle l'accompagnait. Le surveillant ardemment. Filtrant chaque personne désireuse de s'immiscer, un tant soit peu, dans son périmètre privé. Vraiment, la redoutable sorcière ne laissait aucune chance, à quiconque, d'interagir avec le sympathique jeune homme. Sacrément anxiogène ! Suffocant. Malencontreusement, Pansy résidait non loin de sa luxueuse chambre. Malgré tout, c'est tout juste si elle n'osait coucher avec lui, en s'invitant allègrement dans son lit !
Dès lors, Luna eut la tâche relativement difficile pour l'approcher. Lui traduire les symboliques offrandes de la veille devint carrément laborieux. Une mission à hauts risques. Heureusement, la coriace diplômée de Serpentard ignorait lutter contre une sorcière. Sinon, la défense aurait été plus épineuse. Infranchissable. Pourtant, la têtue entremetteuse n'avait d'autre choix que lui parler. Ne serait-ce que pour lui signifier combien Harry fut énormément touché de l'attention. Suprêmement ébranlé aux fervents élans. Sérieusement soulagé. Puisque le malentendu fut promptement expliqué. Diplomatiquement réglé. Si la cruciale enquête ne nécessitait encore sa présence, l'Auror aurait instamment transplané ! Désormais, l'impatience était infernalement plus dure à brider.
Sachant pertinemment qu'Harry œuvrerait pour accélérer prestement la résolution de sa besogne, Draco témoignant maintenant d'impétueuses et avides inclinations ne voudrait-il assurément pas qu'ils soient tous deux au supplice plus longtemps !, Luna ne perdit pas espoir. D'autant qu'elle avait un allié de poids. Le chouchou de Severus Snape était suffisamment rusé pour parvenir à ses fins. Diablement persuasif, quand la situation l'exigeait. Ainsi, profitant que Pansy tolérait de se relaxer délicieusement dans le jacuzzi extérieur, avant l'intervention programmée en soirée à la suite de la première de leur film, soudoya-t-il malicieusement la réceptionniste. Humblement, d'une voix apitoyant le plus récalcitrant des cœurs, la charma-t-il, s'arrangeant pour qu'elle aille chercher la gentille fleuriste. Afin qu'elle prenne l'appel urgent du client de la suite Penthouse.
- « À qui parles-tu ? » l'interrogea Pansy, méfiante, rentrant silencieusement au salon tout en usant d'un sort pour se sécher. Étant seuls, sans nul témoin moldu potentiel, elle n'avait aucun scrupule à se servir de la sorcellerie.
- « Je commandais le dîner. » répliqua aussitôt l'interpellé, se disculpant intelligemment. Intérieurement, se félicita-t-il du vif réflexe à retenir le sursaut de surprise, qui l'aurait indéniablement trahi. Pour parfaire l'innocente interprétation, il présenta un amical sourire. Certes légèrement crispé, mais convaincant. Enfin, l'espérait-il !
- « N'est-ce pas un peu tôt ? » émit-elle, toujours défiante, toisant la pendule d'orfèvrerie. Pansy savait Draco roublard. Or, la perspective de partager un copieux repas en sa compagnie, en amoureux ?, ne se refusait jamais ! Surtout quand il lui offrait un visage si plaisant. Sa suspicion, ou simplement son cœur de femme éperdue, ne chercha guère plus loin, cette fois-ci. Notamment quand il excella de sa baguette à dresser une ravissante table pour deux au-dehors.
- « Être constamment dans l'urgence, c'est lassant. Je veux savourer mon assiette, tranquillement. … Et ainsi, nous serons largement dans les temps avant la projection. » développa-t-il, soutenant attentivement l'intense regard de la renarde en chef. Face à une femme, de ce calibre, le moindre flottement conduisait à de magistrales scènes. En plus, il exposait là une réelle vérité.
Par chance, sa précieuse connaissance eut le temps de lui narrer le « Ayez confiance en moi ! » de la fougère, accentué par le prometteur « Soyons heureux ! » du muguet. Draco était littéralement aux anges. Secrètement, une relation épanouissante lui faisait diablement envie. Lassé des stériles coups d'un soir. Là où Luna lui parut plus prodigieuse fut lorsqu'elle le sauva délibérément. Son ouïe fut suffisamment fine pour entendre sa menteuse réplique avant de raccrocher. Dès lors, avec brio, renforça-t-elle l'odieux mensonge en missionnant, quelques minutes plus tard, un majordome. L'élégant quinquagénaire leur porta un charriot aux mets culinaires hautement réputés. Plus il la côtoyait, plus Draco adorait l'indispensable petite fleuriste. Le service achevé, il ne put contenir l'affectueux rictus en avisant un bouquet fort dépareillé comparé au luxe ambiant.
- « Gâcher ce raffinement avec un ridicule centre de table, quel dommage ! » s'exclama Pansy, s'asseyant confortablement quand Draco lui fit signe de s'installer dans l'un des fauteuils en rotin, savamment tournés pour contempler la baie de Cannes. Néanmoins, l'appétit pour ce succulent festin ne fut nullement coupé.
- « L'hibiscus et l'hellébore sont de bon aloi, Madame. » affirma solennellement le majordome, jetant une ultime œillade à la table basse. Conforté que sa présence n'était plus requise, il se courba pour les saluer. Draco fit croire ne porter nul intérêt au menu détail. Pourtant, en le raccompagnant, il ne manqua pas de demander, courtois, s'il était informé de leur signification.
- « Parfaitement fort à-propos. » fredonna Draco, satisfait de la réponse du domestique. Comme de l'opportunité de transmettre son propre message. Flottant sur son petit nuage, il était à mille lieux de la suite !
- « Draco, suis-je si hideuse ? » l'apostropha très sérieusement Pansy, le regard fermement verrouillé vers l'horizon. Son refus d'échanger directement soulignait combien elle craignait la cruelle blessure, qu'il lui infligerait fatalement. Toutes ses mesures draconiennes ne suffisaient plus à endiguer son colossal désarroi.
« Pourquoi ne puis-je prétendre à être … ta compagne ? Quand tu t'amouraches … d'une vulgaire souillon … » bafouilla-t-elle, les larmes coulant librement. Être repoussée à cause d'hommes, elle s'y était résignée. Mais être éconduite, en faveur d'une autre, était simplement inadmissible. Taire sa souffrance devenait extrêmement douloureux. Impossible. Parler à cœur ouvert était désormais vital.
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********** A suivre **********
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Blablamiaou : Je vous entends râler ! Patience, tout viendra à point. Franchement, bâcleriez-vous la préparation du dindon fourré ? ^^
A toutou bientôt !
