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«Dites-le avec des fleurs !»

~ Chapitre 8 : Delphinium & Muflier ~

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Draco fut atrocement démuni. Laminé face à Pansy pleurant silencieusement. L'air terriblement fragile. Certes, il la savait énamourée. Cependant, ne soupçonnait-il nullement la force du sentiment. L'ancienne brillante élève, semblant toujours si confiante, avait le cœur brisé. En lambeaux, par sa faute. Sa culpabilité s'intensifia, puisqu'incapable de répondre favorablement à ses espérances. D'autant plus illusoire, impossible désormais, qu'il était irrésistiblement fasciné. Impérieusement captif d'une ombre fantomatique.

La félicité, expérimentée au « Nous avons rendez-vous » caché sous l'hibiscus, se délita amèrement. Et s'il suivit consciencieusement, avec ravissement, l'ordre de l'hellébore le suppliant de son « Répondez-moi ! », à présent il était incertain de profiter du prochain bonheur à sa portée. Car, en cette seconde, Draco savait. Pansy ne jouait pas. La Serpentard était souvent scélérate, pas au point cependant de déverser sa tristesse pour l'amadouer. Du moins, plus maintenant.

- « Jamais, je ne t'infligerai pareille souffrance volontairement. Crois-moi. … Tu m'es précieuse. » s'excusa-t-il, s'agenouillant pour sécher les perles défigurant ce visage si fier à l'accoutumé. Déjà à Poudlard, Draco devina qu'elle était de ces personnes cherchant l'approbation d'autrui pour exister. S'agripper au descendant Malfoy garantissait un statut aux yeux de tous. Ensuite, l'amitié naissante l'avait décidé à lui rester fidèle. A l'époque, ni l'un ni l'autre n'étant de toute manière très honnête, c'était toujours un lien équitable.

« Mais, je me refuse à te mentir. … Tu sais quel type a ma préférence. Tu te trompes lourdement, en croyant que je puisse porter une once d'intérêt à la fleuriste. » poursuivit-il, travaillant à désamorcer toute embrouille avec celle risquant d'être une cible potentielle. Autrefois, encore aujourd'hui parfois, Pansy rabaissait méchamment ses victimes. Renforçant piètrement son estime d'elle-même. Cachant ainsi maladroitement un manque évident de confiance en soi. Résultat, Draco préférait prévenir un conflit ouvert entre les jeunes femmes.

« Elle est juste l'intermédiaire entre moi et … le voleur de mon cœur. » conclut-il, farouchement déterminé à saisir sa chance, sa part de Nirvana. Être adulé était grisant. Or, le soir, dans l'immense loft outre-Atlantique, personne n'était là. Pas l'ombre d'une âme charitable pour le prendre galamment dans les bras. Ni pour le couvrir de cajoleurs ou fougueux baisers. S'il s'était tut jusqu'ici, aujourd'hui admettait-il sans mal pourchasser un idéal plus commun que la célébrité.

- « Tu ne baiseras donc pas avec elle ? » renifla grossièrement Pansy, sa voix doucement fluette, faisant aimablement sourire Draco. La filoute renarde ne se laissait rarement démonter plus de quelques minutes. Pourtant, il apprécia profondément d'avoir été là, pour elle. À défaut d'une promesse d'amour, autre que platonique, lui ferait-il le serment de ne jamais se compromettre avec une autre femme.

- « Juré ! … Si je devais m'intéresser à la gente féminine, tu seras la première au courant. » affirma-t-il, l'enserrant fraternellement. Un câlin était le minimum qu'il puisse offrir.

- « Et avec moi ? » tenta fébrilement l'obstinée impresario, appréciant foncièrement la chaleur de l'étreinte. Depuis l'adolescence, ils firent du chemin dans leur étrange relation. Cependant, il n'était pas interdit d'essayer d'en obtenir davantage ! D'ailleurs, pourquoi ne postulerait-elle pas à un rôle, où Draco aurait de langoureuses scènes intimes avec ses partenaires ? Histoire de pouvoir, un jour, s'accoupler avec lui. Même si ce ne serait là que du cinéma.

- « Ne pousse pas trop, Pansy ! … Et puis, n'aimerais-tu véritablement pas coucher avec l'homme partageant le même sentiment que toi ? » la questionna-t-il, la repoussant légèrement pour l'observer sérieusement. Draco avait toujours entendu qu'une femme était plus sentimentale qu'un homme. Après, concevait-il que certaines aimaient s'amuser au même titre que les mecs. Pourtant, pour son amie, il désirait une relation saine. Loyale.

- « Pour aujourd'hui, tu t'en sors avec cette pirouette ! »clôtura-t-elle l'intime conversation. Rassurée que Draco ne courtisait ni la blonde, ni une autre d'ailleurs, elle retrouvait un semblant de sérénité.

« Mais, je retenterai ma chance. » songea-t-elle, espiègle. Éternellement obstinée, au risque d'engendrer son propre malheur.

Séchant ses larmes, Pansy se blottit davantage au sein de l'accolade rassurante. Goûtant pleinement les bisous affectueux déposés sur sa chevelure, tirée en un sévère chignon. Secrètement, gardait-elle espoir de contempler, voir s'activer de plus près, le frondeur tatouage sur le pénis malfoyen. Incongru et téméraire défi lancé voilà plusieurs années, quand elle-même s'encrait le fruit défendu sur le pubis. Depuis, son érotique souhait fut que le serpent de Draco croque sa belle pomme !

Le soir venu, après la projection du film en compétition et l'intervention convenue, Draco eut le privilège d'apercevoir son fameux chevalier. Là, posté près des portes battantes menant au-dehors, discutait paisiblement l'homme de ses rêves sulfureux. Lorsque leurs yeux se croisèrent, Draco fut soulagé. L'étincelle était toujours aussi vivace. Le brasier n'attendait que de s'enflammer. Par Merlin, il ne bouderait pas l'opportunité ! Pas moyen qu'il lui échappe une seconde fois !

Conformément à la déclaration de Luna, destinataire récemment d'un nouveau message d'Harry, le rendez-vous était confirmé pour ce soir. Après que chacun fut libéré de ses obligations. Pour Draco, le hasard n'était nullement responsable. Profitant que sa geôlière organisait les prochaines rencontres professionnelles, et sachant sa journée terminée, il s'élança vers le corps tentateur. Saisissant fermement le bras musclé, il l'embarqua d'autorité. Avec Pansy dans les parages, mieux valait ne pas s'attarder !

Même réconciliés, la dame veillait toujours étroitement. Possessivement. Une mère-poule en puissance ! Par conséquent, Draco laissa-t-il à peine le temps au pompier d'hurler, amicalement, à ses collègues que ce soudain kidnapping n'était nullement inquiétant. Sauf urgence, la caserne se passerait de lui. Assurément, la nuit serait féérique. Follement prometteuse, à l'image de la gerbe de delphinium et muflier ramassée aux portes du luxueux penthouse.

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********** A suivre **********

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Blablamiaou : 1000 mots/jour limite le développement d'idées. Dommage pour Pansy. Pas l'espace de combler ici son désir. ^^ Sinon, merci à toutes !

A toutou bientôt !