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«Dites-le avec des fleurs !»
~ Chapitre 9 : Gardénia & Giroflée ~
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Le fiévreux entrain d'Harry s'émoussa quelque peu, en se heurtant au long silence émanant du penthouse. Plusieurs fois, il toqua. Délicatement au départ, plus énergiquement ensuite. Toujours en vain. Personne ne daigna répondre. Pourtant, il s'était assuré d'être à l'heure au fameux rendez-vous. Soudain, il se traita d'idiot. Se maudissant d'avoir bêtement omis de préciser le lieu de la rencontre.
Dans son esprit, l'évidence était la luxueuse chambre. Histoire d'éviter toute sorte d'indésirables. Les hordes de paparazzi en tête. Puis, les fans trop prompts à réclamer des autographes ou selfies. Déçu du fâcheux contretemps, il déposa la gerbe, mixée de delphinium et muflier, pour que Draco puisse la trouver dès son retour. Harry aurait adoré lui murmurer, directement à l'oreille, les prestigieux « Vous me faites perdre la tête ! » et « Je vous désire ! » associés aux longues tiges.
Le Destin sembla entendre ses prières. A peine avança-t-il dans le couloir, en quête du blond aux alentours, que des voix se firent faiblement entendre. Brusquement, découvrant le tableau des deux hommes s'embrassant éperdument, entre des fragments de discours inintelligibles, Harry eut la vivacité d'esprit de se voiler de la cape d'invisibilité, prestement invoquée. Camouflé sous le précieux artefact, assista-t-il à la sinistre avancée. Une marche funeste à ses yeux.
Draco et l'inconnu ne semblaient vouloir se lâcher. Ni mettre un terme à leurs vifs échanges. Les souffles erratiques témoignaient de l'ardente passion les consumant. Malgré lui, Harry recula. Ne voulant être bousculé par mégarde. Contact qui trahirait sa présence. Et, intriguerait davantage devant l'incontestable vide sidéral. Cependant, à aucun moment, ses yeux ne se détournèrent de l'insoutenable spectacle. Son poing le démangeait monstrueusement. Celui profitant, allègrement, de la savoureuse bouche devrait être lui !
Incapable de fuir, ou baisser les bras, Harry se faufila agilement à la suite des fougueux inséparables. Lorsqu'ils pénétrèrent, à tâtons, dans l'appartement réservé. Nullement du genre voyeur, ne pouvait-il simplement abandonner aussi facilement ! D'une manière lancinante, obsédante, son cerveau lui dictait d'interrompre l'inqualifiable sacrilège. Ces mains, qui n'étaient pas les siennes, se baladant impunément sur la svelte silhouette lui hérissait les poils. De quel droit ce salop caressait-il aussi impudiquement son homme ?
Pour la blasphématoire profanation, cette charogne méritait un mortel Avada kedavra. Or, ce sortilège interdit serait impardonnable pour un Auror de sa trempe. Et, trop reconnaissable pour Draco. Identifiant alors immédiatement qu'un sorcier était sur place. Clairement pas un plan judicieux. Sauf à désirer être foncièrement haï ! Pour dégoûter Draco de l'ignoble usurpateur, l'illustre survivant imagina brièvement user du disgracieux Crache-limace. Malheureusement, trop synonyme également de magie.
Attendant de dénicher une idée plus propice, appropriée, l'amant éconduit enchaina, sans scrupules, contre l'infortuné intrus, trop chanceux selon lui, une série d'Impédimenta, Mutismus et Tarrentallegra. Douces revanches, sans le satisfaire pleinement, l'apaisant légèrement. Seulement, Draco pardonna aisément ces adorables maladresses. Riant de bon cœur. Sûrement sous couvert que ces inopportunes chutes, comiques bégaiements ou jambes tremblotantes étaient consécutifs d'un puissant stress ou vive impatience.
- « Es-tu nerveux en compagnie d'une … star interplanétaire … si sexy ? » se moqua gentiment Draco, langoureusement affalé sur le corps misérablement échoué au sol. Le pompier ne comprit pas les subites réactions de son corps, habitué à subir les pires contraintes. Pourtant ne perdit-il nullement la face, ni l'occasion d'en profiter. L'effroyable prédateur tira Draco à lui durant sa dernière chute improvisée. Harry en ragea.
- « Absolument … pas ! Je pète le feu ! » rétorqua le malicieux soldat, retournant prestement Draco. Le coinçant suavement de son corps robuste. Le nouveau prisonnier consentant put alors grandement évaluer la phénoménale déformation, au niveau du pantalon de l'uniforme réglementaire. La lance à incendie semblait disposée à cracher à flots son jus !
Harry n'avait plus d'option. Instamment devait-il ridiculiser l'homme, sans que la magie ne soit soupçonnée. Et, sans le savoir, l'imposteur offrit l'idéale solution. Assurément puérile. Infantile. Qu'importe ! Quoi de mieux que rendre l'escroqueur victime de bruyants ballonnements ? Malodorantes flatulences. Aussitôt, le salon, que ne surent dépasser les impatients amants emportés par leur dévorante passion, devint totalement irrespirable. Nauséabond.
- « Sans aucun doute ! Tu pètes … le feu, oui. » ironisa Draco, pouffant bien que la gêne était présente. Derrière l'humour, il fit mine de rien. Pourtant, fut-il rapidement incommodé du pestilentiel capharnaüm. Songeant presque à l'apnée pour ne pas tomber dans les vapes.
- « Pour ce soir, je crois préférable de … dégazer. » plaisanta la torride bombe puante. Heureusement, le fétide pompier, fortement indisposé, avait la bienséance d'émettre la possibilité de reporter le rendez-vous. Le nez et l'estomac de Draco lui en furent sincèrement gré.
L'hôte bienveillant ne chercha nullement à le contredire. Ses foudroyantes ardeurs savamment calmées par la répulsive infection. Ce n'était vraiment pas la nuit escomptée. Son prétendant, loin de sentir la rose, jetait radicalement aux orties ses plans de débauche nocturne. Toutefois, avant de le libérer, Draco voulut résoudre l'énigme du soir. Au moins, ça adoucirait sa dure solitude, de ressasser les tendres sentiments imagés au travers des oboles florales.
- « Quel secret se cache sous le dernier bouquet ? » se renseigna-t-il, légèrement pantelant, quand son regard s'égara sur les nombreux présents disséminés ici et là. Le courtisé ayant des difficultés folles à bazarder ces preuves d'admiration. Les conservant jusqu'à les transformer en pots-pourris. Agréablement parfumés, contrairement à l'expéditeur !
- « De quoi parles-tu ? » déclara distraitement l'immonde putride, nullement intéressé par l'objet de cette question. Plus afféré à enlacer son futur amant et lui brouiller les sens d'un ultime baiser langoureux. Fallait pas quitter sa proie sur un mauvais souvenir !
- « Des cadeaux que tu m'envoies. » précisa le pressenti prince de Cannes, voyant étrangement se profiler une fin loin d'être à son goût. Une perturbante alarme retentit soudain atrocement à son esprit. Un bref vertige le saisit. Était-il sur le point de prendre un monumental vent ?
- « Jamais de la vie je n'offrirai de fleurs à un mec ! Trop dégradant, bordel. » se rebella, indélicatement et sans détours, l'héroïque sauveur répugnant.
Aussitôt, Draco eut la triste confirmation. Le pompier de ses rêves n'était aucunement son mystérieux soupirant. Le pressentiment était désormais bien réel. L'excitation s'évapora instantanément. Définitivement. Certes il désirait du sexe, mais avec la personne lui témoignant de profonds sentiments. Une dévotion sans borne. Pas avec ce grossier et rétrograde énergumène ! La sculpturale plastique n'excuserait pas tout.
Pour corroborer l'évidence, avant que le sémillant acteur au cœur brisé n'ouvrit la porte pour relâcher courtoisement le malotru, Harry eut le brillant réflexe de faire apparaitre un gardénia et une giroflée. Cependant, Draco ne fit pas l'affront de réclamer la symbolique signification de l'énième énigme à son ancien crush. Totalement inutile. Suffisamment abasourdi qu'il était par la rude vérité. Sans compter l'apocalyptique révélation : son ombre était repassée, pendant qu'il batifolait avec un autre.
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********** A suivre **********
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Blablamiaou : Des sueurs froides à la lecture du chapitre (oups 1200 mots) ? Ne m'en voulez pas ! Merci à mes adorables vedettes-autographeuses. ^^
A toutou bientôt !
