Manerium
Les bruits étouffés derrière sa porte close furent les premières choses qu'il entendit et le fit sortir de son sommeil qui n'était pas spécialement profond à l'origine. Dean se réveilla comme à son habitude sur le dos, la même position dans laquelle il s'était couché.
Un soupir lui échappa à l'idée de la journée qui l'attendait. Il balança ses jambes sur le côté de son lit simple et fit une brève pause, ses deux mains plantées dans son matelas et la tête encore dans le brouillard.
Après avoir cligné des yeux rapidement pour se réveiller complètement, Dean jeta un coup d'œil dans sa chambre, elle était toujours plongée dans la pénombre malgré le filtre de lumière provenant de sous sa porte. Le raie de lumière jaunâtre atteignait presque son lit et illuminait légèrement son bureau, qui se trouvait juste à côté de la porte, ainsi que les nombreux rapports qui l'encombraient.
Un autre soupir échappa à la bouche du jeune homme qui alluma finalement sa lampe de chevet, il plissa légèrement les yeux à l'agression sur ses rétines et passa une main dans ses cheveux.
Il pouvait entendre les voix de plusieurs personnes au loin et ne fut pas surpris d'être loin d'être le premier réveiller, même si son réveil n'indiquait que six heures du matin.
Après une seconde de comtemplation et d'absence, Dean se décida à complètement se réveiller, ll se leva pour se diriger vers son armoire et en sortit un pantalon en pince noir ainsi qu'une chemise blanche et le gilet qui faisait parti de son costume trois pièce préférer. Il n'avait aucune chasse de prévu aujourd'hui et comptait rester bien sagement au bunker.
Dean était étonnement fatigué de la chasse, il en avait terminé trois consécutives et, malgré son adoration pour l'adrénaline d'après chasse ainsi que le plaisir de rouler dans l'Impala à travers les Etats-unis, cela pouvait se révéler être une activité très solitaire. Surtout depuis qu'il avait commencé à pouvoir officiellement chasser seul depuis ses vingt et un ans, il en avait maintenant vingt cinq et il se surprenait à se lasser de cette solitude.
C'était la raison pour laquelle il avait décidé de faire le chemin du retour directement après sa dernière chasse, même s'il avait été deux heures du matin, ce qui expliquait son réveil plus lent qu'à son habitude.
Après avoir pris des sous-vêtements, il ne prit pas la peine de prendre sa veste comme il ne faisait pas froid dans le bunker, et hésita un instant avec une main sur sa cravate.
Dean détestait les cravates, même si elles faisaient partie de l'accoutrement des hommes de lettres, Il leva les yeux au ciel en repensant au regard réprobateur qu'il recevait de ses supérieurs quand il négligeait de la mettre.
Avec un autre soupir, il l'a pris rapidement et se dirigea dans sa salle de bain coller à sa chambre pour se débarbouiller et pouvoir enfin boire le café qu'il attendait depuis la seconde où il avait ouvert les yeux.
Le jeune homme ouvrit la porte pour laisser le nuage de vapeur s'échapper. Il s'habilla rapidement, en prenant un temps fou à essayer de régler sa cravate correctement. Son père lui avait pourtant appris très jeune à faire ce nœud qu'il se retrouverait à faire pendant des années. Il n'arrivait jamais à la serrer assez ou faire en sorte que le nœud soit symétrique. Dean expira fortement par le nez et jeta un regard noir à l'objet de sa frustration si tôt le matin.
Puis, après encore une bonne minute, il l'abandonna sur son lit, qu'il n'avait pas fait, et se regarda dans le miroir sur son armoire et haussa les épaules, Dean avait toujours trouvé que le style décontracté lui allait mieux de toute façon.
Il récupéra sa lame qu'il encocha dans le holster de sa cheville comme à son habitude ainsi que son arme dans son pantalon car 'ne jamais aller nulle part sans ton arme' son père lui avait rabâcher pendant de nombreuses années.
Dean jeta un coup d'œil au rapports qui recouvrait son bureau, des rapports qui n'avaient pas bougé depuis le mois et demie où il avait été absent.
Son regard tomba sur les quelques photos qui étaient exposées sur son bureau, la première était une photo de lui sur les genoux de son père lors de son sixième anniversaire, la seconde était de lui avec ses parents quand il devait avoir trois ans. Et la troisième et dernière montrait Dean, à ses seize ans, un grand sourire sur les lèvres et un éclat joyeux dans les yeux au côté de l'impala. John venait de lui en faire cadeau et il se rappelait encore du choc et de la reconnaissance qu'il avait ressenti.
Il sourit en se rappelant de ce jour qui restait un de ses meilleurs souvenirs. Ça n'avait pas été un si grand choc quand il avait reçu l'Impala, surtout au vu du fait qu'il connaissait l'intérieur et l'extérieur du véhicule depuis de nombreuses années déjà, mais cela avait définitivement été une étape spéciale dans sa vie. Cela avait aussi été témoin de la confiance qu'avait son père envers lui pour s'en occuper.
Dean secoua la tête pour se sortir de se souvenir, puis, après avoir tâté ses poches pour vérifier qu'il avait son portable, Dean sortit enfin de sa chambre et la ferma à clé.
Vivre dans un bunker rempli d'hommes et femmes de lettres avait ses avantages comme ses inconvénients. Comme la vie privée par exemple, il avait, certes, une chambre et une salle de bain à lui seul, mais il partageait tout le reste avec plusieurs dizaines de personnes et même si Dean avait confiance en eux, il ne pouvait s'empêcher de vouloir garder sa chambre comme espace limité à lui seulement.
Il fit volte-face et partit dans la direction de la cuisine d'où il pouvait sentir un arôme de caféine provenir.
Il croisa plusieurs hommes et femmes de lettres sur son chemin, certains manquant de le bousculer dans leur précipitation. Dean s'empêcha de lever les yeux au ciel. Certains devraient vraiment songer à avoir une vie en dehors de leurs recherches.
Le jeune homme lui-même n'aurait jamais pu se contenter de la vie de la plupart des Hommes de lettres. Malgré qu'il fassent partie de l'organisation, il était bien souvent envoyé effectuer des chasses.
Son père l'avait élevé en tant que chasseur, il avait besoin d'action et ne pouvait pas se contenter des études de créatures ou autres que les hommes et femmes de lettres passaient des années à apprendre, alors qu'il pouvait aller les éliminer comme on le lui avait appris.
Son père avait toujours dit qu'il était un homme d'action plutôt que de parole. Ce que Dean n'aurait pas pu réfuter même s'il le voulait. Il n'avait jamais été un grand fan des longues discussions ou conversations à cœur ouvert.
C'était notamment une raison pour son célibat qui lui allait très bien. Il savait que s'attacher était un risque dans cette vie, sauf pour quelques exceptions.
C'est pourquoi il était considéré comme homme de lettres/ Chasseur. Les autres hommes et femmes de lettres typiques ne sortaient quasiment pas du bunker et passaient leur journée à faire des recherches pour trouver des chasses ou comment éliminer une menace ou autre.
Dean ne savait pas spécifiquement ce qu'il se passait derrière chaque porte de leur base mais cela lui allait très bien comme ça.
On lui donnait une affaire, il l'étudiait, l'acceptait et partait éliminer la menace, aussi simple que ça.
Le chasseur arriva finalement dans la cuisine qui était étonnement vide, même si le nombre de tasses vides pouvait témoigner de l'activité déjà parvenue ce matin, ou cette nuit, Dean n'en savait rien.
Toujours était-il que le jeune homme ne put empêcher le petit sourire à la vue de la cafetière remplie et encore chaude, il eut une pensé de remerciement à celui ou celle qui avait pensé à la relancer pour les autres. Il prit un mug et le remplit à ras bord en n'ajoutent rien dans son café. La première gorgée fut paradisiaque et il soupira d'aise.
Après plusieurs gorgés, il pu entendre des pas se dirigeant dans sa direction et il leva les yeux au ciel en devinant facilement qui viendrait le déranger dès son réveil.
Tobias Melbourn passa le pas de l'entrée de la cuisine, Il était, comme à son habitude, habillé de son costume trois pièces gris et rayés, une chaîne était visible pendante de la poche de son gilet et il gardait sa canne en argent près de lui.
Dean ne l'avait jamais vu s'appuyer dessus et soupçonnait qu'il l'utilisait simplement pour frimer et se donner en spectacle.
Certes, il était à la tête des Hommes de lettres, mais Dean ne trouvait pas nécessaire de s'habiller comme le cliché du méchant britannique de tous les films des années 80. Il ne lui manquait plus que le monocle.
Il soupira et leva les yeux au ciel, en se dissimulant derrière sa tasse de café. C'était pas le moment de se faire réprimander pour insubordination, même si Dean aurait volontiers renverser son café sur le costume nickel de son boss, par accident bien sûr.
"Ah! Dean!" L'homme de 45 ans s'exclama, comme s'il n'avait pas fait exprès de tomber sur lui. Il savaient tous les deux que Dean se trouvait toujours avec son café dans la cuisine à cette heure quand il n'était pas en chasse.
"C'est moi, " répondit-il avec nonchalance et le ton déjà fatigué de la conversation qui allait suivre.
Tobias descendit les deux marches menant à la cuisine et se positionna devant lui, les deux mains sur sa canne, entre lui et Dean, comme un rempart.
Le responsable était grand mais légèrement plus petit que Dean malgré son âge, ce qui ne manquait pas de faire ricaner le jeune homme quand il essayait d'user de tous ses pouvoirs sur ses "subordonnés".
Le patron avait le visage fermé et pincé comme si on lui avait enfoncé un balai dans le c- non, Dean n'allait pas mal penser de son boss, sinon ça allait mal tourner, pensées positives, pensées positives, il se réprimanda dans sa tête.
Tobias leva un sourcil réprobateur, "Où est ta cravate ?" Il demanda en fixant l'espace que devait occuper le vêtement. Dean termina son café cul sec, il sentait qu'il aurait besoin d'énergie. Il se permit de lui tourner le dos pour reposer sa vaisselle sale, ce qu'il savait énervait le plus vieux, avant de se retourner et répondre.
"J'ai oublié de la mettre" il répondit en haussant les épaules et empêchant difficilement un rictus d'apparaître en voyant le regard noir que lui rendit son supérieur.
Celui-ci souffla fortement mais décida de lâcher l'affaire car il n'avait pas le temps pour gérer les écarts du dress code de chacuns de ses hommes, "Est-ce que tu as pu jeter un coup d'œil au dossier sur les sorcellerie dans l'Illinois ?" Il demanda d'un ton sec sans changer sa posture droite.
Dean s'appuya sur la table dans son dos en croisant les bras sur son torse avant de répondre, "J'ai déjà dit que je ne m'occuperais plus d'affaires de sorcière, elles me foutent la gerbe." il rétorqua avec un frisson en se rappelant de la dernière chasse qu'il avait faite où il était tombé sur des choses que personne ne devrait voir, pas même un chasseurs.
Tobias ne fut pas impressionné, "Et j'ai déjà dit que j'en avais rien à faire, t'es le seul assez expérimenter qu'on à disposition, donc soit tu te réveille et fait ce qu'on te demande de faire, soit tu peux aller aider les autres pour les recherches." dit Tobias d'un ton glacial.
Dean ne fut pas le moins du monde étonné par l'éclat de colère, il l'avait cherché mais il n'allait pas non plus se laisser faire. "Pourquoi ne pas demander à Jim ? Ou Caleb ? Je viens juste de revenir de trois chasses consécutives." Il exposa avec diplomatie. Il savait très bien que Caleb n'était pas disponible mais il n'avait absolument pas envie de la faire. C'était son seul argument avant d'user de sa colère, au diable les conséquences, il savait qu'il ne pouvait pas se faire renvoyer.
Tobias ne lâcha pas son expression en colère et répondit, toujours avec son ton glacial "Tu sais que Jim ne fait plus de terrain, il est en infirmerie comme il l'est depuis des années."
"Et Caleb ?" Il insista en se redressant, mais gardant ses bras croisés sur son torse.
A l'entente du nom, le responsable grimaça et Dean leva les yeux au ciel. "Tu sais bien qu'il ne fait pas partie de l'organisation, je n'ai pas ses informations et on ne connait presque rien de lui." Il lâcha avec du venin dans la voix.
Dean souffla, autant pour montrer sa frustration mais aussi pour désamorcer sa colère montante. "C'est juste une excuse bidon parce que c'est un ancien sorcier, mais on sait tous les deux qu'il serait beaucoup plus qualifier, ça fait des années qu'il a prouver sa loyauté mais rien n'a été fait pour l'intégrer, à part quand vous avez besoin de lui." Il cracha à son tour.
Caleb Rives était un chasseur avant tout, il s'était retrouvé mêlé à cette vie par son passé, il avait été formé comme un sorcier quand il était jeune mais n'avait jamais adhéré à cette vie. Il a depuis laissé tout ça en arrière et utilisait aujourd'hui ses connaissances pour aider les Hommes de lettres et les chasseurs. Il passait la plupart de son temps au bunker, en faisant tout pour éviter Tobias qui semblait le haïr.
Le chasseur/ ex sorcier avait 29 ans et n'avait aucuns problèmes à partager son savoir, il était proche du pasteur Jim, ainsi que John et Jefferson. Il s'était fait un nom dans la communauté des chasseurs mais certains n'arrivait pas à voir au-delà de son passé qu'il n'avait pas choisi, Tobias inclus.
Celui-ci ferma les yeux pendant une demi seconde, contenant clairement sa fureur. Puis il les rouvrit et fit volte-face avant de s'arrêter sur le pas de la porte, "On verra ce que John en pense." Il déclara dans un ton calme mais qui promettait des répercussions.
Dean leva les yeux au ciel à la réponse dramatique, mais il ne put empêcher une piqûre de stresse à la mention du nom de son père.
John Winchester était le bras droit de Tobias et héritier de Henry Winchester qui avait grandement aidé au développement de l'organisation.
Son grand-père était maintenant à la retraite mais ne s'empêchait pas de passer régulièrement au bunker pour voir les Winchester.
Toujours était-il que Tobias adorait rapporter son mauvais comportement à son père, et Dean détestait ce cycle infernal qui se répétait à chaque fois qu'il faisait un pas de travers.
Néanmoins, John était tout de même apte à écouter les explications de son fils dans ce genre de scénarios, la plupart du temps il pouvait reconnaître que Tobias dépassait les bornes et se retrouvait à être le premier d'accord avec Dean, sachant que John était au première loges de l'humeur électrique de leur responsable.
Mais Dean savait que son père n'allait pas tolérer son comportement cette fois, quand il s'agissait d'une chasse et sauver des vies, son père était déterminé à défendre la cause des Hommes de lettres. Dean soupira, sachant déjà les réprimandes qu'il allait se prendre.
Il se permit donc une deuxième tasse de café, considérant qu'il la méritait après avoir affronté Tobias et sachant la journée qui l'attendait.
Mug en main et journal du jour sous le bras, il traversa à nouveau le bunker afin de trouver un endroit pour terminer sa routine matinale.
Il passa une tête dans la salle des archives mais elle était déjà remplie d'hommes et femmes de lettres, plongés dans les vieux rapports. C'était les plus jeunes recrus qui se retrouvait souvent ici, Dean frissonna, il était bien content de ne pas avoir à passer par là à nouveau
Il arpenta encore les couloirs carrelé, croisant Jim en grande discussion avec Véra, leur expert en médecine, Il lui fit un petit signe de la main avant de continuer sa discussion.
Dean repéra le couloir menant vers leur salle informatique. Une idée lui vint alors.
Il se demandait si elle serait là parce qu- il ne put finir sa pensé avant de se faire bousculer par la personne qu'il cherchait.
"Charlie !" Dean sourit.
"Dean ! t'es revenu ? Purée il faut trop que je te parle de ce nouveau jeu-"
Dean leva la main pour la stopper dans sa tirade "Une seconde gamine, je viens juste d'arriver." Il essaya de la ralentir, il était bien trop tôt pour essayer de traduire les mots qui sortaient à toute vitesse de sa bouche.
La rouquine sourit un sourire embarrassé et fit un léger câlin à Dean avant de re baisser la tête vers la tablette que Dean n'avait pas vu qu'elle avait en main.
Charlie Bradbury s'était retrouvé à la tête de leur réseau informatique à seulement 20 ans après que ses parents aient été victimes d'une attaque de djinns à ses 14 ans.
Elle avait trouver refuge de par Tobias lui même qui l'avait introduit à la vie de femme de lettres. Son don pour tout ce qui était électronique fut d'une aide appréciée et aujourd'hui elle était responsable de son secteur de spécialité.
"... Je te jure que ce ne sera que quelques minutes." termina-t-elle alors que Dean se rendit compte qu'il n'avait pas écouté un mot de ce dont elle parlait.
"de quoi ?" Dean se re concentra sur la jeune fille.
"C'est un jeu en ligne que j'ai découvert i semaines, le but c'est de récolter le plus de médaille pour passer les niveaux et affronter les autres joueurs, je te promet c'est pas dur et puis je peux te montrer comment personnaliser-"
"wowowo… Charlie, calme toi, tu sais bien que j'aime pas tout ses trucs de geek." il la coupa gentiment, et grimaça sur la dernière partie de sa réponse.
Elle leva les yeux au ciel à la remarque de son amie avant de re verrouiller sa tablette et la tenir contre sa poitrine en croisant ses bras devant.
"Je te promet que c'est pas dur, en plus je suis en partenariat avec un des joueurs les plus forts de la map." Elle essaya d'argumenter. Dean la regardait comme si elle était devenu folle.
"Mouai, Nan je préfère aller chasser des sorcières que jouer à tes jeux…" il renifla de dédain.
"...et puis, t'as rien de mieux à faire ?" il l'accusa d'un regard interrogateur.
Elle haussa les épaules avec un rictus, "J'ai déjà terminé tout ce qu'on m'avait assigné. Et ils peuvent se débrouiller sans moi là dedans." répondit-elle avec un mouvement de tête vers la porte qui menait à la salle informatique.
Dean pouffa un petit rire surpris. "Ouai mais ça ne change pas le fait que je préfère me tirer une balle dans l'œil que jouer à tes trucs." il taquina gentiment.
Charlie soupira devant l'aversion de Dean envers sa passion de gameuse. "Bon ben si tu veux pas jouer avec moi j'y retourne…" Charlie marmonna en passant son chemin. Dean lui attrapa le bras juste avant qu'elle ne parte.
"T'as pas vu John par hasard ?" Il lui demanda avec appréhension, Charlie eut l'air surpris de sa demande, puis la compréhension apparut sur son visage. Elle se redressa face à lui et laissa un rictus apparaître.
"Qu'est ce que t'as fait cette fois ?" Demanda-t-elle, clairement trop réjouie de son malheur.
Dean leva les yeux au ciel, est-ce qu'il était si prévisible pour qu'elle devine tout de suite qu'il avait des ennuis ? "Rien, je voulais juste savoir si tu l'avais vu." Il esquiva en feignant l'exaspération.
Elle lui jeta un regard connaisseur "Ouai ouai c'est ça. Nan je ne l'ai pas vu aujourd'hui, mais tu sais bien qu'il arrive toujours vers sept heure." Elle lui rappela, Charlie avait ses yeux de nouveau rivés sur sa tablette après avoir reçu l'alerte d'une notification.
Dean la laissa vaquer à ses occupations avant de reprendre sa route vers un endroit tranquille qui n'était pas sa chambre, ce serait trop simple pour son père de le trouver.
Il s'avoua vaincu lorsqu'il s'affala dans un des fauteuils individuels de leur grande librairie, elle se trouvait au pied de l'entrée du bunker, certes, mais au moins il pouvait surveiller l'arrivée de son paternel avant que Tobias ne se mêle de tout.
Il hocha la tête à son plan et se pencha sur le journal du jour. Il survola rapidement les informations inutiles telles que les rubriques sport et économique. Il leva les yeux au ciel, les gens devaient sacrément s'ennuyer pour avoir envie de lire sur le taux de consommation de leur pays.
Il termina son café quand un article l'interpella, il était accompagner d'une image où on pouvait seulement voir un bois avec une simple banderole de scotch jaune appartenant à la police. Les sourcils de Dean se levèrent lors de sa lecture plus approfondis de l'article.
Oscar Peterson, un homme de 37 ans, a été retrouvé mort ce matin dans le bois bordant l'autoroute menant à Las Vegas. C'était une autoroute assez utilisée et surveillée mais personne n'avait rien vu ou entendu.
Dean fut convaincu qu'il s'agissait d'une chasse potentielle quand il lu que l'homme avait été retrouvé sans son cœur. Typique des loups garous. Il lu aussi que c'était la deuxième fois en une semaine qu'un corps avait été trouvé dans les mêmes conditions.
Dean fut sorti de sa lecture quand il entendit la porte du bunker s'ouvrir, il n'aurait naturellement pas dû être surpris, après tout, les gens rentraient et sortaient presque comme dans un moulins ici, mais il reconnut le bruit des talons sur les marches et leva les yeux. Il laissa un grand sourire naître sur son visage.
Mary Winchester était habillée comme à son habitude de son tailleur gris foncé et ses talons hauts mais fonctionnelle, ses cheveux blonds étaient relevés en chignon élégant. Elle offrit un grand sourire à son fils avant de se diriger vers lui et déposer un baiser dans ses cheveux.
"Bonjour, mon chéri," dit-elle d'une voix douce avec une main qu'elle posa sur l'épaule de Dean. Celui-ci leva les yeux au ciel face aux actions et paroles de sa mère, il avait vingt cinq ans et pas cinq. Mais il décida de ne pas relever.
"Bonjour maman, Papa n'est pas venu en même temps que toi ?" Il demanda en jetant un coup d'œil derrière elle et constatant l'absence de John.
Mary secoua la tête "Non, il est passé voir ton grand-père, tu sais bien qu'il préfère aller le voir chez lui que de le faire se déplacer jusqu'ici ou à la maison." répondit-elle avec un léger sourire. Mary se permit de s'asseoir aux côtés de son fils, elle n'avait pas eu l'occasion de le voir depuis plus d'un mois et comptait bien profiter de l'occasion.
Dean hocha la tête. Mary plissa les yeux et pencha la tête un instant, "Qu'est ce que t'as encore fait Dean ?" Demanda-t-elle sur un ton légèrement réprobateur.
Dean était un bon menteur, il était obligé avec sa profession, mais sa mère avait toujours su quand il mentait ou omettait de mentionner quelque chose, le jeune homme supposait que c'était parce qu'elle l'avait élevé.
De plus, il tenait ses talents de menteur de son père, qui n'avait jamais pu mentir à sa mère non plus. Il supposa donc qu'il n'aurait pas dû être étonné que sa mère devine tout de suite que quelque chose ne tournait pas rond.
Mary vit le regard pris-la-main-dans-le-sac que Dean arborait, avant qu'il neutralise ses traits pour ne pas se trahir.
Dean haussa les épaules "J'ai rien fais, maman. Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que je demande après papa, tout le monde pense que j'ai fait une connerie ?" Il demanda avec exaspération.
Mary prit le temps de poser une main sur son bras et répondit avec un sourire, "Parce que c'est souvent le cas, Dean. Et puis, tu ne peux pas mentir à ta mère." affirma-t-elle en secouant la tête comme si c'était drôle qu'il puisse penser une seconde à lui mentir face à face.
Dean expira fortement, "C'est Tobias, il veut pas me foutre la paix avec la chasse dans l'Illinois." Il révéla en baissant la tête vers le journal qu'il avait toujours en main. Sa mère fronça les sourcils, "La chasse sur la sorcière ?" Elle demanda.
Dean se contenta d'hocher la tête. "Qu'est ce qui t'empêche d'aller la faire ?" Mary demanda d'une voix douce et se pencha pour regarder Dean dans les yeux. Dean releva la tête pour lui faciliter la tâche et lui répondit clairement.
"Parce que j'ai catégoriquement dit non plusieurs fois, et que je suis pas son larbin." Il répondit avec colère et s'empêchant in extremis de croiser ses bras devant lui comme un gamin faisant un caprice.
Mary lui sourit "Bien sûr que non, tu peux refuser une chasse si tu veux, mais pourquoi tu ne veux pas, et pourquoi est-ce que Tobias insiste autant pour que ce soit toi ?"
Dean haussa les épaules "Je sais pas, il dit que je suis le seul qualifié, et que si je refuse il va me foutre aux archives." Révéla-t-il avec un frisson. Mary s'empêcha de sourire à la réaction exagérée de son fils face à la mention de se retrouver enfermé dans la bibliothèque du bunker.
Sa mère soupira alors, "Tu veux que j'aille lui parler ?" Elle demanda doucement. Certes, Dean était maintenant un adulte très responsable, mais il restait son fils et réprimande ou pas, elle n'allait pas le forcer dans une chasse qu'il n'était clairement pas réjoui de faire.
Dean s'empressa de secouer la tête "Nan, maman je suis plus un gamin. Je vais me débrouiller, mais le connaissant il va aller se plaindre à papa que je ne veux pas faire mon taf." Il termina avec un soupir.
Mary sourit tristement, elle connaissait le cycle infernal des trois hommes, et parfois elle avait du mal à défendre son fils face à son mari et responsable.
Mary était chargée des communications entre hommes et femmes de lettres et chasseurs.
Elle était elle-même chasseuse avant de rencontrer John dans sa jeunesse et tomber enceinte. Elle avait à la suite décider de rester à la maison et s'occuper de leur fils, puis au fil du temps devenir une femme de lettres.
En effet, Mary Campbell était devenu Mary Winchester en 1978, un an avant la naissance de son fils, le couple n'avait bien entendu pas voulu élever leur enfant dans un bunker et avait donc une maison à une cinquantaine de kilomètres du bunker.
John et Mary avaient convenu de l'élever dans la vie de chasseur même si la mère de famille n'avait pas été réjouie. John l'avait rassuré en affirmant vouloir l'élever en tant qu'homme de lettres, une vie considérée moins dangereuse.
Évidemment, Dean avait grandi en casse-cou et chercheur de problème, donc Mary n'avait pas été étonné quand Dean s'était avancé pour expliquer vouloir être chasseur à seulement douze ans, il avait toujours été très aventureux.
Ce que Mary savait provenait de grandir dans cette vie mais elle n'avait pas pu préserver l'innocence de son bébé aussi longtemps qu'elle l'aurait voulu. La femme se reconcentra sur son fils maintenant bien plus grand, qui était de nouveau pencher sur le journal.
Elle sourit légèrement à la vue de son garçon maintenant aussi grand que son père et presque aussi musclé. Il n'était pas aussi expérimenté qu'elle ou John évidemment, mais déjà à vingt-cinq ans, il était un des meilleurs chasseurs qui soit. Il était beaucoup moins homme de lettres mais il n'était pas stupide même si parfois il aimait le faire croire.
"Je pense que je me suis trouvé une autre chasse de toute façon" Dean la sorti de sa rêverie. Elle s'empara du journal qu'il lui tendait et elle lu rapidement entre les lignes.
"Loup garous ?" elle dit plutôt que demanda en levant un sourcils. Dean hocha la tête pour confirmer avant de se lever. "T'es sur que tu y vas pour la chasse ? Ou pour Las Vegas?" Mary lui demanda avec les sourcils levés et un regard connaisseur.
Dean leva les yeux au ciel en même temps qu'un rictus apparut "Je vois pas de quoi tu parles." Il feignit avec un air innocent, lui offrant un grand sourire avant de passer le pas de la porte. Il se dirigea vers le bureau des communications pour faire approuver sa chasse et l'envoyer aux archives pour les recherches nécessaires.
Même si Dean comptait sur une journée tranquille, il préférait largement affronter un loup garou que son père à cet instant.
