Rating : K

Genre : Romance, Tranche de vie.

Disclaimer : Les personnages et l'univers de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi.

Note : J'avais un peu (beaucoup) décroché de MHA, mais un tout nouvel hyperfix m'est tombé dessus lorsque j'ai revisionné le troisième film, World Heros Mission. Cela m'aura au moins permis de reprendre l'écriture ! Voici donc un recueil consacré au personnage de Rody Soul (et au ship RodyDeku parce que faut pas abuser, le film hurle à la romance).

Les différents OS n'ont à priori pas de lien entre eux et peuvent se lire dans n'importe quel ordre.

TW : Aucun.


Reflet

Izuku était assis en tailleur sur le canapé défoncé de la caravane, Pino perché·e sur son genou gauche et gazouillant sous ses caresses. Depuis l'évier de la cuisine, où il finissait la vaisselle, Rody pouvait voir le doigt du jeune héros grattouiller Pino sur le ventre, puis passer tout le long de son dos.

Plus troublant encore, Rody pouvait le sentir.

Pas comme s'il ressentait les doigts d'Izuku sur sa propre peau, ni même sur les plumes de Pino. Son alter ne fonctionnait pas ainsi : Pino reflétait seulement, sans mensonge, ses émotions les plus profondes.

Du moins, était-ce ce qu'il avait toujours pensé. Mais face à la douce chaleur qui se répandait dans son corps, comme les rayons du soleil au début du printemps, Rody ne put s'empêcher de penser qu'il partageait la joie de Pino d'être ainsi cajolé·e par Izuku. Pourtant ce n'était pas la première fois que Pino était dorloté·e de la sorte. Lorsque Roro et Lala étaient plus jeunes, et même encore aujourd'hui, iels jouaient souvent avec l'oiseau, lui donnaient des graines à picorer et se plaisaient à læ caresser. Rody avait toujours apprécié ces instants de complicité, bien sûr, mais cela n'avait rien à voir avec la sensation qui montait actuellement en lui.

Était-ce à cause de sa relation avec Izuku ?

Même s'ils sortaient ensemble depuis presque un an, ils étaient plus habitués à avoir le monde entier les séparant que de partager leur quotidien. Izuku était à Otheon pour deux semaines, et c'était en réalité la première fois qu'ils passaient autant de temps ensemble depuis qu'ils s'étaient avoués leurs sentiments. Rody avait été tiraillé entre l'excitation et l'appréhension jusqu'à ce que Izuku passe la porte des arrivées de l'aéroport. Une large bouffée de joie l'avait saisi à la vue du jeune héros alors qu'il avançait nonchalamment vers lui. Izuku, lui, ne s'était pas retenu pour courir et sauter dans ses bras. Le cœur de Rody avait failli exploser à son contact et il l'avait serré aussi fort qu'Izuku le serrait, incapable de cacher plus longtemps ses émotions.

Et même s'ils devaient encore trouver leurs marques, avec une relation majoritairement vécue à distance, Rody était infiniment heureux d'avoir Izuku avec lui, chez lui. Il s'entendait à merveille avec Roro et Lala, se réjouissait des plus petits plaisirs et son rire résonnait dans toute la caravane. Ça faisait plaisir de le voir aussi apaisé et détendu, après toutes les épreuves qu'il avait traversé. Ils partageaient leurs joies tout autant que les moments difficiles, malgré la distance, et Rody était parfois troublé de réaliser à quel point Izuku le connaissait, de ses peurs les plus secrètes à ses rêves inavoués.

Mais pour rien au monde il ne renoncerait à cela. Rody s'essuya les mains avec un torchon, regardant du coin de l'œil son petit ami cajoler Pino qui roucoulait et gonflait toujours plus ses plumes de contentement.

C'était bien sa joie que Rody sentait se répandre dans chaque fibre de son corps, au point qu'il eut envie de serrer Izuku dans ses bras et de ne plus jamais le lâcher. Est-ce qu'il éprouvait en reflet les émotions de Pino, de la même façon que l'oiseau reflétait les siennes ? Cela n'était encore jamais arrivé – ou bien, il n'y avait pas prêté attention (il avait fallu presque une année après l'apparition de Pino pour que sa famille et lui comprennent la nature exacte de son alter). Était-ce une évolution de son alter ? Il repoussa cette idée, les alters ne changeaient pas, de ce qu'il en savait. Alors quoi ? Une nouvelle facette de son pouvoir ? Une réaction à Izuku ?

Rody devait admettre qu'il n'avait jamais rien ressenti de tel pour une autre personne qu'Izuku.

Peut-être que Pino ne faisait qu'alimenter un sentiment qu'il possédait déjà ?

Plus la chaleur se répandait dans son corps, et plus Rody avait envie de rejoindre son petit ami sur le canapé, de se nicher dans ses bras et de respirer son odeur. Il essuya méthodiquement le rebord de l'évier, quand bien même était-il déjà propre, alors que le gazouillement de Pino résonnait tout autour de lui. Il fit mine d'arranger la vaisselle déjà parfaitement rangée puis, alors qu'il entendait Izuku faire de petits bruits en réponse aux piaillements de Pino, il céda et, abandonnant le torchon sur le plan de travail, Rody se laissa tomber sur le canapé. Il se glissa à moitié derrière Izuku pour nicher son visage sur son épaule.

– Rody ? Tout va bien ?

– Huhum.

Izuku se tourna à demi vers lui, ses taches de rousseur plissées en moue concernée.

– Sûr ? Tu sais que tu peux me parler de tout... Enfin, si tu as envie, bien sûr. Je ne veux pas te forcer la main, tu as parfaitement le droit de garder certaines choses pour toi, c'est normal. Mais si jamais tu ressens l'envie de te confier, tu sais que je...

Le débit de parole de l'adolescent s'accéléra à mesure qu'il parlait, ce qui arracha un sourire à Rody. Izuku était tellement soucieux des autres, mais ne pouvait s'empêcher de réfléchir à toute vitesse. Il pouvait presque entendre les rouages de son cerveau tourner à toute allure alors que ses yeux s'agrandissaient et qu'il tenait précieusement Pino dans ses mains jointes, pour ne pas risquer de læ faire tomber dans son agitation.

– Je t'aime, lâcha Rody sans réfléchir.

Izuku se tut aussitôt, rougissant au point de faire disparaître les taches de rousseur sur ses joues.

– Je-j... je t'aime aussi, Rody.

L'adolescent se sentit rougir à son tour. Ce n'était pas la même chose que se le dire au téléphone, ou par messages. Il se pencha pour l'embrasser, le cœur fébrile de le sentir tout contre lui après des mois à distance. Puis Rody se redressa et il s'installa derrière Izuku, l'entourant de ses bras et le serrant contre lui alors que ce dernier reprenait ses caresses à Pino.

Rody sentit quelque chose se débloquer en lui, une tension ou une frustration qu'il portait depuis si longtemps qu'il n'en avait même plus conscience. La présence d'Izuku, le contact de son corps, les mèches folles de ses cheveux contre lesquelles il frottait doucement son nez, les gazouillis de Pino qui résonnaient autour d'eux. Depuis combien de temps n'avait-il pas été aussi détendu, aussi serein ? Comme si toutes les pièces du puzzle s'étaient assemblées et qu'il se trouvait enfin à sa place.

Il lâcha une lente inspiration, ses doigts caressant doucement le ventre d'Izuku à travers le tissu de son tee-shirt.

– Je peux le sentir, admit-il enfin.

Izuku se redressa légèrement mais ne dit rien, lui laissant le temps de s'expliquer. Et bien qu'il ne puisse pas voir son visage, Rody pencha la tête contre son dos, dissimulant son expression dans les plis du tee-shirt d'Izuku.

– Quand tu caresses Pino, comme ça. Je... Enfin, je ne le sens pas physiquement. Pas vraiment. Mais je ressens sa... joie ? Je sais pas si c'est le bon mot. C'est compliqué à expliquer...

Les doigts d'Izuku s'immobilisèrent et Pino lâcha un piaillement plaintif.

– Tu préfères que j'arrête ? demanda-t-il doucement.

Le cœur de Rody se serra à cette idée.

– Non. Non, c'est pas... c'est pas désagréable. Juste... étrange. Je ne savais pas que je pouvais ressentir les émotions de Pino...

Izuku resta une poignée de secondes silencieux, avant de glisser à nouveau ses doigts sur les plumes roses de Pino. L'oiseau gazouilla de plus belle et Rody sentit une palpitation au creux de son ventre.

C'était tellement déroutant.

– C'est plutôt logique, vu la façon dont vos émotions sont liées, réfléchit Izuku.

Rody redressa la tête, surpris.

– Pino n'est pas seulement le reflet de tes émotions, reprit Izuku, poursuivant sa réflexion. Iel a sa propre volonté. Comme lorsqu'iel m'a réveillé pour m'avertir que tu étais parti avec la mallette d'Humarise. Tu te rappelles ?

Il hocha la tête sans rien dire.

– Peut-être qu'au fond de toi, tu savais que c'était une mauvaise idée de leur livrer la mallette (ce qui a probablement motivé les actes de Pino, d'ailleurs). Mais tu avais pris ta décision, pensant faire ce qui était pour le mieux. Seulement Pino n'était pas d'accord. Sa volonté n'est pas la tienne. Et iel peut avoir des émotions qui ne sont pas les tiennes.

Izuku se trémoussa entre ses bras et se retourna à demi, emporté par son raisonnement.

– Comme lorsqu'iel s'énerve que tu mettes trop d'épices dans le curry. Ou qu'iel s'amuse de te voir galérer à réparer l'évier...

– Hum, Pino peut être une vraie teigne quand iel s'y met, grommela Rody.

L'oiseau piailla de colère et décolla des mains d'Izuku pour voleter à sa hauteur, le regard dédaigneux. Et même si Pino était étrangement expressifve pour un oiseau, Rody prit soudain conscience de la facilité avec laquelle il lisait ses émotions, d'aussi loin qu'il se souvienne. À quel point s'était-il voilé la face pour ne s'en rendre compte qu'aujourd'hui ?

– Vos émotions sont connectées. Ce n'est pas étonnant que le passage se fasse dans les deux sens, conclut Izuku.

Rody le regarda avec un sourire en coin, impressionné et amusé par la faculté d'Izuku à analyser et décortiquer les alters. Il avait compris en quelques minutes ce que Rody avait mis toute une vie à deviner.

– Tu es vraiment incroyable.

– J-je... C'est juste de l'observation et de la logique. J'ai un peu trop l'habitude de faire ça...

– Ne change jamais, souffla Rody en se penchant pour l'embrasser.

Izuku sourit contre ses lèvres, profitant du baiser. Puis il reprit sa position et ses grattouilles à Pino. Rody se blottit contre lui, calant son menton sur son épaule.

– Mais si un jour, ça te gêne que je caresse Pino, peu importe la raison, n'hésite pas à me le dire. Je ne veux pas te mettre mal à l'aise ou inconfortable ou quoi...

– Je sais. Merci.

Il le serra entre ses bras et il sentit Izuku sourire.

Ils restèrent juste comme ça, blottis l'un contre l'autre, à discuter de tout et de rien, à plaisanter et se chamailler, Pino piaillant autour d'eux, jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller chercher Roro et Lala à l'école.