Rating : K
Genre : Amitié, Tranche de vie.
Disclaimer : Les personnages et l'univers de My Hero Academia appartiennent à Kohei Horikoshi.
Note : Abril est un OC créé pour ce texte. Je m'y suis beaucoup attachée, donc il n'est pas impossible que j'écrive un jour une suite à cet OS, on verra. Sinon, le sujet des menstruations me tient à coeur, ce n'est pas une nouveauté !
TW : mention (très rapide) de transphobie, d'alcoolisme, sous-entendu d'harcèlement scolaire.
Abril
La sonnerie de fin des cours résonna dans tout le collège, aussitôt avalée par le brouhaha des conversations et le raclement des chaises des élèves qui rangeaient leurs affaires avec précipitation pendant que le professeur finissait de marquer les devoirs pour la semaine suivante. Lala s'assura d'avoir noté chaque exercice sur son agenda avant de se tourner vers Abril pour lui proposer de marcher ensemble jusqu'à l'arrêt de bus, comme elles le faisaient depuis quelques jours.
Mais sa camarade était déjà en train de quitter la classe. Lala se dépêcha de la rattraper et, en passant la porte, s'aperçut que son amie avait pris la direction opposée à la sortie.
Elle fronça les sourcils, hésitante. Elle était nouvelle dans le collège alors que la plupart des autres élèves se connaissaient déjà. L'adolescente avait du mal à trouver sa place et à se faire des ami·es. Abril était celle dont elle s'était le plus rapprochée, elles discutaient souvent, s'aidaient parfois pour les devoirs, mais Lala ne savait pas si elles étaient assez proches pour qu'elle se permette de la suivre... L'idée que sa camarade puisse avoir un problème mit fin à son hésitation et elle remonta à contre courant le flot d'élèves qui avançait vers la sortie du collège. Elle suivit la direction empruntée par Abril et se retrouva dans la cour.
Son amie n'était nulle part en vue. Se mordant la lèvre, Lala jeta un coup d'œil autour d'elle puis avisa les toilettes des filles dont la porte était grande ouverte. Cela ne voulait rien dire mais elle entra tout de même et, une fois à l'intérieur, entendit des sanglots étouffés.
– Abril ?
– Vas-t'en ! Laisse moi tranquille !
La voix étranglée d'Abril lui noua le ventre.
– C'est moi, Lala. Qu'est ce qui t'arrive ? Je peux t'aider ?
Seuls des reniflements lui répondirent. Lala se dandina sur ses pieds, stressée. Abril avait-elle eu un problème pendant le cours ? Lala n'avait rien remarqué alors qu'elle était assise au bureau voisin. Son amie était peut-être malade ? Devait-elle insister ? Aller chercher un·e surveillant·e ou un·e professeur·e ?
Elle avait peur de laisser Abril toute seule, mais ne voulait pas la brusquer non plus.
– Promis, je me moquerai pas, dit-elle parce que c'est ce dont elle-même aurait le plus peur si on la trouvait en train de pleurer toute seule dans les toilettes.
Le silence s'étira douloureusement entre les murs, seulement brisé par des reniflements à peine audibles.
– Je... Je sais pas quoi faire... marmonna Abril tout bas.
La voix semblait venir de la troisième cabine. Lala s'approcha doucement de la porte, inquiète.
– Qu'est-ce qui t'arrive ?
– Je-saigne-j-ai-les-règles, lâcha Abril à toute vitesse, après avoir pris une brusque inspiration.
Un grand soulagement traversa aussitôt Lala. Si ce n'était que ça, elle pouvait gérer sans avoir besoin de demander l'aide d'un·e adulte. Ce n'était pas un problème grave. Elle posa la main sur la porte de la cabine où son amie était enfermée.
– Tout va bien. C'est normal. Tu sais utiliser des protections ?
– J'en ai pas, gémit piteusement Abril.
– J'ai des serviettes !
Lala posa aussitôt son sac au sol pour fouiller à l'intérieur. Elle en sortit une serviette hygiénique qu'elle brandit victorieusement en l'air. La porte s'entrouvrit, laissant voir le visage rougi et bouffi d'Abril.
Ses yeux bruns étaient légèrement écarquillés.
– Tu as déjà eu tes règles, toi ? demanda-t-elle, impressionnée.
– Non, pas encore. Mais mon frère m'a dit que je pouvais garder des serviettes au cas où, en attendant.
– Oh.
La surprise passa sur les traits d'Abril et Lala devina qu'elle avait des questions qu'elle n'osait peut-être pas poser. Elle attrapa timidement la serviette lorsque Lala la lui tendit, puis s'enferma de nouveau dans la cabine.
Lala se laissa glisser au sol, contre le mur voisin.
– C'est facile, il suffit de l'ouvrir et de la coller. Si ta culotte est trop tachée, tu peux essayer de l'essuyer avec du papier toilette. Après tu mets la serviette à peu près au milieu... S'il y a des taches, ça peut te servir de repère ! Et il y a des rabats autocollants sur la serviette pour la faire tenir, expliqua Lala en essayant de se rappeler tout ce que Rody lui avait dit.
Elle continua de parler, se répétant un peu, autant pour meubler le silence que pour être sûre de ne rien oublier. Abril finit par ressortir, l'air gênée, mais il n'y avait plus de larmes au bord de ses yeux et elle semblait plus calme. Elle se dépêcha d'aller se laver les mains alors que Lala se relevait d'un bond. Elle remarqua au passage un tache brune sur le pantalon de son amie. Elle se défit de sa veste et la lui tendit alors qu'Abril finissait de s'essuyer les mains.
– Tiens, mets-là autour de ta taille, ton pantalon est taché, dit-elle doucement.
Abril parut de nouveau au bord des larmes mais accepta la veste avec un sourire tremblant.
– Tu n'as pas trop mal au ventre ?
– Un peu, avoua-t-elle.
Lala n'avait pas de médicament sur elle, et elle ne savait pas trop ce qui était conseillé pour les règles douloureuses. Rody lui avait parlé des cachets qu'il prenait pour ça, mais elle n'arrivait pas à se souvenir du nom.
– Tu veux qu'on passe à l'infirmerie, ou tu préfères attendre d'être chez toi ?
Abril secoua la tête.
– Je verrais à la maison, avec ma mère. Tu... tu t'y connais vachement sur les règles...
– Mon frère m'a tout expliqué, approuva Lala.
Rody leur en avait longuement parlé, à Roro et elle. Il avait insisté pour inclure leur frère dans la conversation, car même s'il n'aurait jamais de règles, il serait forcément amené à côtoyer des personnes avec des règles dans sa vie – c'était déjà le cas, à vrai dire. Rody les avait déjà, et normalement Lala les aurait bientôt aussi. Leur frère n'avait pas été choqué de la discussion. Il avait même été curieux et avait posé plein de questions – plus que Lala, d'ailleurs.
Abril parut hésitante, de nouveau.
Elle savait que Lala n'avait plus de parents et que son grand frère s'occupait d'elle et de Roro. Sans s'étendre sur le sujet, Lala l'avait mentionné quelques fois. Elle ne voulait pas le cacher, mais n'avait pas non plus envie que tout le collège soit au courant. Déjà que tout le monde les regardait, Roro et elle, parce qu'iels étaient arrivé·es en cours d'année.
Comme iels vivaient enfin dans un vrai appartement et plus dans la caravane, Rody leur avait demandé s'iels voulaient aller dans le collège à côté de chez elleux. C'était une bien meilleure école, avec des activités extra-scolaires et un programme culturel, et personne là-bas ne les regarderait de travers parce que leur grand frère avait été obligé de voler pendant des années pour vivre. Roro avait accepté tout de suite – il se faisait souvent embêter dans son ancienne classe. Lala avait hésité un moment, mais elle avait préféré suivre Roro. Elle avait eu peur de laisser les quelques amies qu'elle avait mais aucune d'elles n'avait été triste de la voir changer d'école. Lala avait pleuré toute une semaine, puis avait décidé qu'elles n'en valaient pas la peine. Ça faisait toujours un peu mal d'y penser et elle ne pouvait s'empêcher d'avoir peur qu'Abril la rejette à son tour si sa nouvelle amie apprenait combien iels étaient pauvres, avant – iels n'étaient toujours pas très riches, mais ça allait mieux.
Le changement n'était pas facile. Même si leur nouvel appartement était chouette, Lala regrettait parfois la caravane. Ça avait été sa première vraie maison, puisqu'elle ne se souvenait pas de celle de leurs parents.
Mais du moment qu'elle était avec Rody et Roro – et Deku, aussi – elle était à la maison.
– T'as de la chance, souffla Abril. Ma mère m'en a parlé un peu, vite fait. Mais jamais mon père et mon frère voudraient parler de ça. C'est un truc de filles, ils disent.
Lala souffla.
– Ton père et ton frère sont bêtes. Et puis, les règles, c'est pas un truc que de filles. Mon frère Rody est un garçon et il a ses règles aussi. Du coup, il a pu m'apprendre plein de trucs dessus !
– Comment c'est possible ? demanda Abril en fronçant les sourcils.
Lala hésita un instant. C'était tellement habituel pour elle que l'adolescente n'y faisait même plus attention. Pourtant, elle savait qu'il ne fallait pas trop parler de la transidentité de Rody parce que même si c'était pas un secret, ça pouvait lui causer des ennuis. Mais elle avait tellement eu envie d'aider Abril et elle ne voulait pas mentir non plus...
– Il est transgenre... dit-elle finalement en espérant que Rody ne soit pas en colère qu'elle le dise à Abril.
– Oh ! Comme Barney dans Dead End ! s'exclama son amie en sautillant sur place.
Lala cligna des yeux sans comprendre, jusqu'à ce que Abril lui explique avec beaucoup de gestes qu'il s'agissait d'une série d'animation sur un parc d'attraction hanté avec des démons et un chien qui parle, et dont le personnage principal était transgenre lui aussi. Lala sourit, heureuse de la réaction de son amie. Abril lui raconta l'histoire et décrivit les personnages avec beaucoup d'excitation, ses mains s'agitant tout autour d'elle à mesure qu'elle parlait, ce qui fit rire Lala.
Son amie s'arrêta soudain lorsqu'elle réalisa qu'elle monopolisait la discussion.
– Désolée, je m'emballe, dit-elle maladroitement. Mais c'est super que ton frère ait pu tout t'expliquer ! C'est vrai que les règles, ça peut aussi être un truc de garçons !
– Pas seulement, en fait, précisa Lala en se rappelant ce que Rody lui avait expliqué. Y a aussi des personnes non-binaires, qui sont pas totalement des filles et pas totalement des garçons non plus.
– On a le droit de faire ça ? s'ébahit Abril, les yeux écarquillés. Mais c'est génial !
Lala sourit de l'enthousiasme d'Abril. Son amie était habituellement plus calme et discrète, mais elle n'avait peut-être juste pas envie de se faire remarquer. Lala avait l'impression de la redécouvrir, et son cœur se réchauffa à cette idée.
– Tu connais des personnes comme ça ? demanda Abril.
– Moi, non, mais je crois que Rody a des ami·es enby à son association lgbtq+. Enby, c'est un autre nom pour non-binaire, précisa-t-elle. Par contre, on devrait peut-être y aller, sinon on va rater le dernier bus !
La jeune fille jeta un œil à sa montre, puis échangea un regard paniqué avec Abril. Elles se précipitèrent hors des toilettes, traversèrent la cour et escaladèrent les escaliers jusqu'au hall. En passant les portes du collège, elles trouvèrent Roro qui faisait nerveusement les cents pas devant le parking.
– Lala ! Où est-ce que tu étais ? On a raté le bus !
– Désolée, j'ai pas vu l'heure !
Il haussa un sourcil soupçonneux, mais ne posa pas de questions, au soulagement des deux filles. Lala savait que son frère ne se serait jamais moqué d'Abril pour avoir eu ses premières règles, mais elle supposait que son amie n'avait pas envie d'en parler à un garçon qu'elle ne connaissait pas – même s'il s'agissait du frère de Lala.
Roro s'était inquiété de ne pas voir Lala à la sortie du collège et l'avait attendue, refusant de monter dans le bus sans elle – Rody leur avait toujours dit et répété de rester ensemble et de ne surtout pas se séparer. Même s'iels ne vivaient plus dans les mauvais quartiers à la périphérie de la ville, iels avaient grandi avec cette règle. Roro avait déjà appelé Rody – il avait un téléphone portable depuis qu'iels avaient changé d'école, que Rody lui avait acheté pour les urgences. Leur grand frère était en route pour le collège et Roro lui envoya un message pour lui dire que Lala allait bien.
À peine quelques minutes plus tard, la vieille voiture de Rody s'engagea sur le parking et se gara près d'elleux. Le jeune homme en sortit, soulagé de voir ses deux adelphes.
– Hey les mômes, qu'est-ce qui s'est passé ?
Abril se racla la gorge et se dandina sur place. Lala s'apprêtait à donner une excuse pour lui éviter de parler, mais son amie fut plus rapide. Gênée et un peu penaude, elle expliqua :
– C'est ma faute. J'ai... j'ai eu un petit soucis aux toilettes, et Lala est restée pour m'aider.
Le regard de Rody passa d'Abril à Lala, puis il hocha la tête.
– Okay. Vous allez bien, toutes les deux ?
– Oui, approuvèrent-elles en chœur.
Lala était presque sûre que son grand frère avait compris de quoi il retournait, mais il ne dit rien, se contentant de sourire. Roro, lui, semblait complètement perdu.
– Rody, on peut ramener Abril chez elle ? Elle aussi a raté le bus...
– Oui, si c'est bon pour toi ? Tu as un moyen de prévenir tes parents ?
Abril acquiesça en rougissant un peu et utilisa son portable pour informer sa mère de la situation. Rody lui parla rapidement au téléphone pour confirmer son adresse, puis iels montèrent toustes en voiture. C'était une vieille Renault Express que Rody avait en partie retapé lui-même au garage mécanique de l'aérodrome où il travaillait.
Rody n'avait jamais eu le temps et l'argent pour reprendre ses études, mais il avait réussi à se faire embaucher à l'aérodrome à côté de la ville. Pour le moment, il s'occupait de la maintenance et de l'entretien, se formant en même temps à la mécanique, mais il prévoyait de passer sa licence de pilote d'ici quelques années. Il ne pourrait jamais piloter d'avions de ligne, mais il pourrait voler à bord des appareils de l'aérodrome pour les sessions de saut en parachute. Il en parlait toujours avec beaucoup d'excitation, mais Lala se demandait parfois s'il ne regrettait pas les études d'aéronautique.
Plus elle grandissait, plus elle prenait conscience des sacrifices que Rody faisait pour s'occuper d'elleux. Elle se sentait triste et un peu coupable, quand elle y pensait, mais elle n'osait pas en parler à Rody ou Roro.
– Comment s'est passé votre journée, les jeunes ? demanda Rody, sur la route.
– J'ai eu un seize et demi en maths ! s'exclama Roro.
– Bravo !
– Notre cours de sport a été annulé parce que le prof est malade, raconta Lala.
– La chaaaance ! souffla son frère qui détestait le sport.
Lala gloussa et s'aperçut qu'Abril ne parlait pas beaucoup. Elle devait être intimidée par ses frères, et peut-être mal à l'aise à cause de ses règles. Elle lui serra brièvement la main, et lui sourit. Abril lui répondit d'un petit sourire.
Iels arrivèrent vite devant la maison d'Abril, et la jeune fille descendit de voiture en les saluant de la main avant de rentrer chez elle. Rody redémarra et déposa ses adelphes au nouvel appartement avant de retourner à l'aérodrome. Il avait quitté précipitamment son travail pour venir les chercher, mais devait encore finir sa journée. Heureusement son patron connaissait sa situation familiale et était plutôt arrangeant.
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À partir de ce jour-là, Lala et Abril devinrent de grandes amies.
Elles passaient presque tout leur temps ensemble et se racontaient plein de choses dont elles n'osaient pas parler autrement, comme la terreur que leur inspirait leur professeure de littérature, ou leur passion inavouée pour les épinards de la cantine. Abril avait invité Lala un week-end, et elles avaient regardé les deux saisons de Dead End Paranormal Park, la série préférée d'Abril dont elle pouvait parler pendant des heures et des heures. Elle partait toujours dans de longs monologues et s'excusait ensuite de parler autant mais Lala trouvait ça amusant et aimait beaucoup la série elle aussi.
Ce même week-end, Lala lui parla un peu de la caravane dans laquelle elle avait grandi, de sa mère qu'elle n'avait jamais connu et de son père dont elle se rappelait à peine. Abril lui confia les disputes récurrentes entre ses parents et l'habitude de sa mère de boire deux verres de vin tous les soirs. Elle n'était pas alcoolique comme dans les films, mais elle se mettait en colère s'il n'y avait pas de vin à table, ce qui était quand même un problème à leur avis.
Abril resta toute la récréation aux toilettes lorsque, trois semaines plus tard, Lala eut ses premières règles. Et par la suite, elles en discutèrent quelques fois avec les autres élèves de leur classe, filles comme garçons. Les premières étaient souvent un peu gênées au début, mais soulagées par la suite de pouvoir en parler librement. Les garçons faisaient parfois des blagues ou des grimaces de dégoût mais Abril et Lala n'avaient plus peur de les remettre à leur place. Rody avait éclaté de rire lorsque Lala lui avait raconté comment elles avaient cloué le bec à Leo Malter et il lui avait dit qu'il était fier d'elles.
L'anecdote avait fait rougir Abril jusqu'à la racine des cheveux lorsque Lala la lui avait rapportée.
Elle avait vite compris que son amie avait un faible pour son grand frère : elle posait beaucoup de questions sur lui, auxquelles Lala ne savait pas toujours si elle pouvait répondre. Rody ne s'était pas fâché après avoir appris qu'Abril connaissait sa transidentité, affirmant même à Lala qu'elle avait bien fait de lui en parler vu les circonstances, mais l'adolescente ne voulait pas non plus trop révéler de sa vie privée. Abril le comprenait, heureusement, et n'insistait jamais lorsque Lala refusait de répondre à certaines de ses questions. Elle rougissait souvent et devenait étonnamment muette lorsqu'elle croisait Rody, à la sortie de l'école ou quand elles se voyaient le week-end. Lala ne comprenait pas tellement cet intérêt pour son frère, mais Abril n'aimait pas trop parler de ce qu'elle ressentait à l'égard de Rody, expliquant que c'était compliqué à comprendre.
Mais Lala était sûre que si Abril voyait Rody, le dimanche matin, les cheveux emmêlés et les plis de son oreiller imprimés sur la joue tandis qu'il piquait du nez au-dessus de sa tasse de café, son amie remettrait toute sa vie en question.
– Bonjour bel endormi, salua Deku en embrassant Rody sur la tempe.
Ce dernier répondit d'un grommellement inintelligible et Lala fronça les sourcils. C'était à n'y rien comprendre. Deku faisait carrément le voyage depuis l'autre bout du monde, tous les trois ou quatre mois, tout ça pour cette tête d'ours endormi.
Lala ne s'en plaignait pas. Elle adorait Deku, il faisait partie de la famille et elle était toujours très contente qu'il vienne à Otheon (et Rody n'avait jamais été plus heureux que depuis qu'ils sortaient ensemble, elle en avait bien conscience). Mais cela ne justifiait pas, à ses yeux, un tel engouement pour son frère. Rody était le meilleur des grands frères, ça oui, mais après ?
– C'est un mystère, marmonna-t-elle.
– Quoi donc ? demanda Deku.
– Que tout le monde crushe sur... ça, dit-elle en désignant son frère.
Deku fronça les sourcils alors que Rody s'étouffait à moitié en recrachant son café.
– Pardon ?
Lala haussa les épaules.
– Toutes mes copines crushent sur toi, je comprends pas pourquoi.
Un demi-mensonge. Seule Abril avait vraiment un faible pour Rody, mais elle n'allait pas l'afficher devant lui et Deku.
En revanche, elle se délecta de l'air ahuri de Rody qui bondit de son tabouret et trébucha à moitié sur ses pieds, soudain très réveillé mais incapable de savoir comment traiter l'information. Deku dissimula son amusement derrière sa main, mais Lala ne se priva de rire aux dépends de son aîné.
