Notes:
Hello tout le monde, c'est ma première fiction sur Batman - Telltales !
J'ai fais une longue pause dans l'écriture et je n'ai pas de bêta pour cette fiction, n'hésitez pas à me signaler des erreurs.
Le meilleur ami de John Doe
chapitre 1 :
Bruce se posa sur des escaliers de secours et jeta un regard aux alentours. John était déjà présent et il avait bien en sa possession le laptop volé à Harley. Posté dans la ruelle en contrebas, il semblait hésitant, comme un enfant pris en faute la main dans le bocal de bonbons. Cette dualité était fascinante chez John : il avait parfois l'innocence et la candeur de quelqu'un qui ne connaît rien du monde et s'enthousiasme à chaque instant mais il avait aussi en lui cette noirceur qui ne demandait qu'à surgir.
Il avait de grosses difficultés avec les codes sociaux et Bruce avait hésité sur l'attitude à avoir quand il lui avait remit une carte de prompt rétablissement à l'enterrement de Lucius. Il avait choisi de lui dire simplement merci, n'ayant pas perçu à cet instant de de volonté de nuire particulière dans les yeux d'un vert irréel de son ami. Néanmoins, quelque chose ne tournait pas rond chez John. Il riait facilement de la mort ou de la souffrance et il pouvait être singulièrement manipulateur. Il était difficile de savoir à quel point il jouait de son manque d'adaptation sociale, mais Bruce était certain que c'était fréquent et que ça lui était utile pour mieux analyser les réactions de son entourage. Freeze, Bane et Harley le sous-estimaient grandement. John était intelligent, observateur et possiblement mauvais mais Bruce ne voulait pas voir sa part sombre.
Malgré ses réactions disproportionnées, ses colères vives et ses brusques changements d'humeur, John était touchant. Il avait besoin de modèles et cherchait sa place dans un monde hostile aux gens différents. Leur amitié soulevait d'ailleurs bien des questions. Harley la première lui avait affirmé que les gens comme lui n'avaient pas d'amis comme John et c'était tristement vrai. Aucun homme de sa classe sociale n'aurait noué de liens avec un ancien détenu de l'asile d'Arkham, mais il était différent de la plupart des hommes de son statut. Aucun d'eux ne se promenait en tenue blindée la nuit pour traquer des criminels. Aucun d'eux n'était infiltré parmi lesdits criminels et aucun d'eux n'étendaient ses ailes noires par-dessus la forme émerveillée de John Doe à cet instant.
― Incroyable ! Comment tu fais ça avec ta cape ?
Plutôt que de répondre, Bruce avait directement parlé du laptop. John lui avait avoué se sentir mal d'avoir volé Harley tout en hésitant sur lequel le poussait à mal agir entre elle et Batman. Il ignorait, en théorie, que son ami Bruce se cachait sous le masque du célèbre justicier et semblait vouer à ce dernier une admiration sans borne . Comme il était son héros, il lui demanda conseil : comment lui, Batman, faisait-il pour prendre des décisions qui risquaient de blesser une personne aimée ?
Bruce hésita un moment puis répondit que cela faisait toujours mal. C'était quelque chose à ne pas faire souvent, au risque de se perdre soi-même. John sembla en accord avec ça et lui tendit l'ordinateur portable qui appartenait originalement à l'Homme-Mystère. Il semblait ravi de lui avoir rendu service et dans son enthousiasme, lui en demanda un en retour : lui apprendre quelque chose. Bruce trouvait ça amusant mais il garda son visage parfaitement sans expression. Les seuls sourires que Batman esquissait étaient sanguinolents et résultaient de lancé de batarangs.
John l'interrogea justement sur ses étranges « boomerangs » et Bruce consentit à lui montrer comment faire en visant une poubelle proche. La démonstration lui fit pousser une exclamation joyeuse :
― En plein dans le mille !
― A ton tour.
Le jeune homme aux cheveux verts sembla nerveux mais avec les encouragements de Batman en personne, il lança l'arme qui heurta une enseigne électrique avant de tomber sur le sol, plutôt que de se planter dans le couvercle de la poubelle visée. Il était déçu évidemment, mais Bruce le rassura : ce n'était pas grave, la pratique était la clé du succès et il aurait tout le temps d'apprendre. Le batarang était une arme relativement dangereuse mais John avait accès à de nombreuses armes dans le gang de Harley, alors lorsqu'il demanda à le garder, Bruce n'eut pas le cœur à le lui refuser.
John le regarda avec un sourire satisfait, affirmant qu'il serait heureux de travailler pour lui et qu'il assurerait ses arrières. Il promit aussi de lancer le batarang des centaines de fois, jusqu'à maîtriser parfaitement son utilisation. Bruce aurait pu s'en aller à ce moment-là, mais il était pris de remords. John était peut-être dérangé, mais il avait risqué gros pour l'aider contre Bane et Freeze, sans parler de Harley qui serait furieuse si elle se doutait de quoi que ce soit.
― John...Merci pour ton aide. Si nous devons être de vrais partenaires, j'aimerais te parler dans un endroit plus sûr que celui-ci.
― Bien sûr...je te suis !
― Accroche-toi à moi.
John ne se fit pas prier. Il le tenait si étroitement serré que malgré son costume-armure, Bruce en était troublé. A l'aide d'un grappin, il parcouru rapidement la distance qui le séparait de la batmobile, dont il avait enclenché la transformation à distance. Son ami n'avait pas l'air nerveux le moins du monde et il laissa échapper quelques exclamations joyeuse pendant le court voyage aérien.
― C'est comme voler ! C'est tellement cool...Oh ! C'est la batmobile ?
Une fois les pieds sur la terre ferme, John se précipita vers la voiture. Il laissa traîner ses longs doigts pâles le long de la carrosserie puis entra dans le véhicule à la demande de l'homme chauve-souris. L'intérieur était confortable et ultra-moderne et il frappa dans ses mains d'excitation.
― C'est la batmobile ! On va faire un tour ?
― Après notre petite discussion. C'est vraiment très important...
― Tu as toute mon attention, Batman !
C'était vrai. Ses grands yeux clairs plongés dans les siens, John semblait boire ses paroles. Son influence sur lui était immense et il ne pouvait pas l'utiliser sans cesse pour obtenir ce qu'il voulait : informations, entrée dans le Pacte puis ordinateur. Ça devait s'arrêter, maintenant. L'ancien patient de l'asile d'Arkham était fragile : là-bas, il avait été à peine soigné par des médecins soit incompétents, soit dépassés par le nombre de patients à traiter et par les conditions affreuses dans lesquelles ils exerçaient. La psychiatre de John avait un petit faible pour lui et c'était pour cette raison qu'elle l'avait laissé sortir, mais il n'était pas prêt. On ne savait rien de lui, de son passé, de son accident. On ignorait s'il avait des antécédents criminels, son milieu familial, sa vie professionnelle...Il n'y avait pas la moindre trace de son existence avant son entrée à Arkham et ils avaient perdu son dossier. On ne savait pas depuis quand il était interné, probablement quelques années, ni pourquoi. Il avait dû apprendre à survivre dans cet enfer carcéral, entouré de dangereux criminels ce qui avait eu une influence négative sur lui comme ça en aurait eu sur n'importe qui. Aujourd'hui, il était lâché dans la nature sans traitement ni suivi psychologique. C'était une bombe ambulante sous ses airs attendrissants. Un danger public auquel Bruce s'était attaché bien plus qu'il ne voulait l'admettre.
― J'ai besoin que tu me promettes plusieurs choses. La première, c'est que tout ceci restera entre nous. Et la seconde, que tu exécuteras mes prochains ordres à la lettre, même s'ils devaient ne pas te plaire.
― Ouh ouh, ça sonne vraiment sérieux...Il n'y aura rien...qui impliquerait de faire du mal à Harley, pas vrai ?
― Non, tu as ma parole.
― Je peux définitivement garder un secret. Je suis très bon à ça. Mais pour la seconde partie, si c'est quelque chose de déplaisant, qu'est-ce que j'y gagnerais ? Je veux aider ! Mais...s'il pouvait y avoir une petite motivation supplémentaire à la clé...une cape peut-être ? J'aime ton style.
― Je pensais te proposer quelque chose de spécial en échange de ta promesse. Un de mes plus grands secrets. Est-ce que ça semble...intéressant ?
― Ça sonne comme la musique des anges à mes oreilles. Ou celle de Queen, c'est une de mes favorites. La musique angélique doit être naze, en fait, tu sais...ennuyeuse ? Dieu n'existe pas, contrairement à Freddy. Même mort, il reste cool. Je suis un super fan, pas toi ? Répondit John avec enthousiasme.
― Oh heu...si.
― Bien sûr que tu l'aimes. Une âme tourmentée...Célébrer la vie avec la mort sur les talons, c'est un truc pour Batman. Je ne serai pas surpris que l'homme sous le masque soit adepte des grosses fêtes de bourges avec champagne, violon et un tas de jolies femmes. Tout comme l'incroyable Freddy était adepte de paillettes, de fêtes et d'autres extravagances.
― Voyons si tu as raison...mon ami.
Bruce porta les mains à son casque pour l'ôter devant les yeux écarquillés de John.
― Ce bon vieux Brucie. Ça fait sens. Je veux dire...je suis honoré de la confiance que tu m'accordes. Et excité, Wow, je suis dans la confidence.
― Je tenais à enlever le masque pour te parler comme à un ami. Ce que je n'ai pas été récemment. Je m'excuse John...
Aucun sourire cynique ou amusé n'accueillit cette déclaration, juste l'expression de la curiosité et de l'étonnement, mêlés d'un peu...d'espoir ?
― Qu'est-ce que tu veux dire ?
― Je veux dire que j'ai tiré avantage de notre amitié de façon déloyale. Je t'ai mis en danger...Tu aurais pu te faire tuer par Freeze lorsque tu as coupé le générateur. Bane aurait pu te blesser lorsque tu as pris ma défense. Je t'ai encouragé lorsque tu m'as demandé des conseils avec Harley, parce que je voulais te faire plaisir et obtenir ton aide pour récupérer le laptop. Ce n'est pas ce que les vrais amis sont supposés faire.
― Tu désapprouves ma relation avec Harley ? Je sais qu'elle est un peu...extrême, mais c'est ce qui la rend si intéressante. Je crois que c'est la première fois que je suis amoureux...Elle est...intense. Comme un coup de masse : tu vois des étoiles, ça peut te tuer, mais ça te fait sentir en vie comme jamais. Et elle est jolie, pas vrai ?
― Elle l'est.
John sourit et suivit des yeux la ligne de la mâchoire de Bruce, sa gorge disparaissant sous le costume et ses larges épaules protégées par ce dernier.
― Tu es aussi un très bel homme et elle n'est pas aveugle. J'étais content que tu ne partages pas son granité et que tu ne répondes pas à ses avances dans l'ascenseur.
― Je me sentais mal à l'aise envers toi. Je sais que vous fonctionnez en-dehors des normes bien établies mais lorsque l'un des partenaires est jaloux, l'autre n'est pas supposé tout faire pour exacerber cette jalousie. Je suis désolé John...mais ce n'est pas de l'amour qu'Harley éprouve pour toi et tu ne peux pas l'amener à ressentir ce qui n'existe pas. Je n'aurais pas dû t'encourager au Café Triste.
― Merci pour cette vision très optimiste de mon avenir amoureux Bruce. Tu sais, j'en suis conscient. Je sais qu'elle ne m'aime pas...la question n'est pas : comment faire pour qu'elle m'aime ? Pas vraiment. La question est...comment faire pour qu'elle continue à s'intéresser à moi ? Je veux juste un petit quelque chose. Même si c'est seulement cette sorte de jeu à mon désavantage ou des moments funs.
― Tu mérites mieux.
― Oh oui, et bien trouve-moi mieux, monsieur le playboy. Tu ne comprends pas. Tu peux avoir n'importe quelle fille, tu es riche, tu es beau, tu es Batman ! Tu ne sais pas ce que c'est. Tu as Alfred, des amis bon chics bon genre, des partenaires...Je n'ai rien. Rien d'autre que Freeze, Bane et par chance, Harley. Regarde-moi, Bruce. Je ne pourrais même pas rentrer dans une de tes petites fêtes...Ah ! Les cheveux verts ne sont pas très en vogue dans ce genre d'assemblée.
― Tu m'as moi. Je peux t'aider John...Ce dont tu as besoin, c'est de la stabilité. Tu sais, tu devrais voir un psychiatre pour apprendre à gérer tes émotions.
― Cesse ce ton paternaliste avec moi ! Merde, les milliardaires se croient toujours tout permis. Tu es pire qu'Harley et les autres, Bruce !
John prit une inspiration et imita sa voix, ou plutôt celle de Batman :
― Tu es instable John. Tu serais plus en sécurité à Arkahm, prends tes médicaments...Tu es danger pour toi-même et pour les autres. C'est ce que disait le docteur Leland, tu sais ? demanda-t-il en cessant son imitation.
― Elle n'a pas totalement tort.
― Tu es sensé être de mon côté ! Tu es sensé être mon ami.
― Je le suis. C'est pourquoi je ne te dirai pas ce que tu veux entendre. Tu as besoin d'aide. Ne te méprends pas, je ne veux pas te voir à Arkham. Cet endroit rendrait fou n'importe quel homme sain d'esprit. Je suis désolé que tu aies dû y séjourner si longtemps et en telle compagnie. Je peux te trouver bien mieux. Pas un asile de fous, un vrai hôpital avec de bons médecins qui voudront sincèrement t'aider. Prend le temps d'y réfléchir...
― Eeeeeeh...nope ? Je ne mettrai plus jamais les pieds dans ce genre d'endroit. Oh, et je m'en doutais...
― Quoi ?
― Que Bruce et Batman étaient les deux faces de la même pièce. Pas d'apparition de Batman pendant le temps de ton incarcération à l'asile...Ton départ précipité de notre petit rendez-vous, à la vue du Batsignal. La capacité de Bruce à se battre et à intégrer un groupe de dangereux criminels. Les connaissances techniques. La...musculature. L'argent, aussi. Tout cet équipement doit coûter les yeux de la tête ! Les yeux...je te les arracherais bien pour ce que tu as dit, mais tu serais beaucoup moins séduisant sans.
― Très bien, qu'est-ce que tu veux ? Si cette révélation ne te suffit pas...je peux certainement trouver autre chose.
― Tu crois que tout s'achète...Pourquoi est-ce que tu tiens tant à me remettre entre quatre murs blancs ?
― Parce que je tiens à toi. Tu as déjà été suffisamment en danger avec cette mission. Ça va empirer...j'ai peur qu'on s'en prenne à toi et que tu t'en prennes à ceux qui te poursuivraient. Toi ou Harley. Tu n'as encore rien fait de mal. En tout cas rien de définitif.
― Tu insinues que ça va arriver ? Merci pour ta confiance Bruce, merci beaucoup !
John se leva, stoppé dans son geste par la poigne de Batman. La main gantée enserrait son poignet avec une force impressionnante et un frisson de rage et d'excitation parcouru l'homme aux cheveux verts.
― Lâche-moi.
― Ecoute-moi, je t'en prie.
Oh. Le ton désespéré le surprit et il se rassit, toujours prisonnier de la main grande main du héros nocturne.
― J'écoute. Dis-moi combien je suis fou, j'adore ça. Tu es le meilleur quand il s'agit de tourner le couteau dans la plaie, on dirait que tu as fait ça toute ta vie.
― Je crois en toi, au...meilleur John possible. Mais je pense que les conditions ne sont pas réunies pour qu'il puisse apparaître. Tu as dit que tu voulais être un héros, mais tu étais amusé quand j'ai soudoyé Willy. Tu étais amusé quand Harvey est devenu fou. Tu as parlé de cette chose tapie en toi lors de notre rendez-vous au Café Triste. Tu étais indifférent à ma peine, alors que j'enterrais un ami...
― Je suis un monstre et tu es un saint, oui-oui. Tu as joué avec moi. Tu m'as manipulé.Tu ne tues pas mais tu brutalises à tour de bras, dis-moi, combien d'hommes on finit à l'hôpital après une rencontre avec Batman ? Combien se chie encore dessus en rependant à la nuit où tu leur as brisé la mâchoire, le bras ou la jambe ? Combien portent des cicatrices de Batarangs ? Épargne-moi le discours sur le moindre mal. J'ai fait fausse route...je voulais juste...tant te ressembler. Être le héros, pour une fois...
― Tu pourras l'être. Je te le promets, tu le seras...Laisse-moi t'aider.
― Il n'y a pas de véritable héro...Mais d'accord, à une condition. Dis-moi ton véritable secret. Celui dont tu ne parles jamais, pas même à Alfred. Qu'est-ce que tu dissimules aux yeux de tous, qui te brûle les lèvres maintenant. Dis-moi...quelque chose à propos du véritable Bruce Wayne. Fais-moi frissonner.
John le regardait droit dans les yeux, les lèvres étirées en un rictus prédateur. Sans avoir encore prononcé le moindre mot, Bruce se sentit nu sous son regard couleur absinthe, vulnérable comme jamais alors qu'il lui tenait encore le poignet. Il relâcha son étreinte, hésitant.
― Veux-tu que je le te le dise...ou que je te le montre ?
― Je veux les deux. Montre-moi Brucie...ensuite, parle-moi. Je veux...tout savoir.
Les longs doigts arachnéens se refermèrent sur le poignet du milliardaire, le faisant frémir imperceptiblement. Il ne le pressait pas, mais la caresse était intentionnellement déstabilisante. Ses battements de son cœur affolés étaient-ils audibles ?
― Ne sois pas timide...
Les dernières barrières de l'ego de Bruce tombèrent et il pressa ses lèvres contre celles de John, buvant son souffle comme si sa vie en dépendait. Sa langue s'insinua dans sa bouche et le baiser devint aussi maladroit qu'exigeant. Lorsqu'il cessa, il le laissa troublé, mais John attendait clairement qu'il énonce à haute voix ce que l'échange physique avant pourtant rendu évident.
― J'aime les hommes...autant, si ce n'est plus que les femmes.
