Disclaimer : Ils sont à studio Quantic Dream, je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre : Tranche de vie
Rating : K +
Acteurs: Connor, Hank, Markus, Fowler.
Date début d'écriture : 12/10/2021
C'est tes déchets
2040
La paix entre les Androïdes et les Humains était arrivée, pas sans mal. Markus n'avait pas obtenu toutes ses revendications, mais une partie. L'équilibre se faisait lentement. Il y avait plus de travail pour les Humains, un arrêt de la construction de nouveaux Androïdes pour pouvoir à tous les postes, juste pour remplacer ceux cassés ou détruits après la fin de la guerre. On reconnaissait aux Androïdes de pouvoir éprouver des sentiments et ne plus devoir compter sur eux vingt-quatre heures sur vingt-quatre sans compensation. S'ils ne reçurent pas de salaire proprement dit, ceux qui n'ont pas d'humains chez qui prendre des ordres reçoivent du sang bleu et des pièces pour se réparer le cas échéant pour leur labeur. Les Androïdes ne sont plus considérés comme de la marchandise surtout.
Hank avait demandé à pouvoir garder Connor, les anciennes habitudes sont difficiles à bannir et ça lui avait été accordé. Depuis, ils faisaient équipe.
Aujourd'hui, ils sont à la poursuite d'un voleur à l'étalage qui en plus a blessé grièvement un client qui était sur son passage. Ce dernier se trouve toujours entre la vie et la mort. D'après les caméras, il est déjà fiché pour énormément de cas similaires ayant entraîné la mort d'une ou deux personnes, raison pour laquelle l'enquête leur a été attribuée. Si on le repère sur beaucoup d'actes de vol, on n'a pas encore réussi à mettre la main dessus.
Dans un premier temps, ils se rendent sur les lieux du vol. Après avoir récolté une série d'indices dans le magasin, regardé les caméras de surveillance de l'établissement afin d'obtenir le profil du malfrat, Connor observe les alentours pendant que Hank pose les questions. Si Connor peut pister les Androïdes blessés grâce au sang bleu, un homme en bonne santé c'est nettement plus difficile pour lui, même en interrogeant les caméras, les Androïdes qui travaillent dans la rue, il finit par perdre la trace de leur voleur.
Seulement un détail lui revient en mémoire, leur suspect fume, une très mauvaise habitude que les Humains ont et avec l'inactivité, elle a augmenté. Beaucoup de chômeurs utilisent également d'autres substances hallucinogènes qui demandent énormément d'argent.
Scrutant le sol, Connor finit par repérer un mégot, il se baisse et le ramasse. Encore une chance le service de nettoyage n'est pas encore passé. Il dépose le mégot sur le bout de sa langue quand il entend derrière lui :
— C'est dégoûtant, tu vas attraper la mort.
— J'apprécie votre empathie, mais je suis une machine même bourrée de virus humain, je ne risque rien. Et c'est bien à notre homme. S'il joue au petit Poucet, on va peut-être retrouver sa trace.
Hank plisse le nez, c'est un vrai dépotoir dans le coin. Il va sonner pour obtenir une équipe de nettoyage. Si on pouvait verbaliser sèchement ces pollueurs ou les obliger à nettoyer pendant X temps, tout serait nettement plus propre à Detroit et ailleurs.
— Lieutenant !
— Pardon. Tu crois pouvoir le suivre à la trace ?
— S'il fume cigarette sur cigarette, je devrais pouvoir le suivre à la cendre si le vent ne s'en mêle pas. Mais ça va être difficile. Je dois le tenter quand même.
— Tu ne vas pas lécher tous les mégots des environs tout de même ! s'indigne Hank.
— Comment voulez-vous faire ? On ne va pas attendre qu'il frappe à nouveau. Je perds sa trace ici, car il n'y a pas de caméras en état de marche dans ce coin pourri.
Anderson sourit à l'interjection presque dite à sa façon.
— Montre-moi la marque. Bien ! Je pars vers la gauche, va vers la droite, je t'appelle si j'en trouve un autre même si je n'aime pas ce que tu en fais.
Le nez au sol, ils partent dans deux directions opposées, ils pourront toujours revenir vers leur point de départ quand ils auront fait au moins trois kilomètres et tenter leur chance dans deux autres chemins. Le mieux serait qu'une caméra le retrouve, ou qu'on signale sa présence. Son signalement est donné, dès qu'une patrouille mixte le croisera, il sera repéré. Mais l'homme a l'air intelligent, il fait tout pour ne pas se faire attraper depuis presque six mois. L'argent est-il réellement pour de la drogue ? C'est à se le demander.
Connor a déjà repéré plusieurs mégots, mais ils ne sont pas de la bonne marque. Il les a chaque fois ramassés et jetés dans une poubelle. Pourtant il y a une amende de cent cinquante dollars pour ce genre d'incivilité, mais comme ils ne sont pas verbalisés, les fumeurs s'en foutent.
Après trois kilomètres, Connor décide d'aller jusqu'au prochain carrefour et il reviendra sur ses traces, mais de l'autre côté de la rue. Il va traverser quand il repère un mégot de leur homme. Après avoir testé, c'est bien le bon, il appelle directement Hank en lui signalant sa position.
En attendant l'arrivée de son coéquipier, il scanne les environs et les caches possibles, quoiqu'il puisse avoir encore continué son chemin. Il a l'air d'aller tout droit.
L'androïde se retourne en reconnaissant le bruit de la marche du Lieutenant et il est presque surpris de le voir avec un petit sachet rempli de mégots.
— Je suis fumeur, mais il y a assez de cendriers sans qu'on ne doive les jeter sur le sol. Tu peux retrouver les propriétaires ?
— Bien sûr, mais ils diront que ce n'est pas eux.
— J'ai les photos des lieux, mais attrapons d'abord notre bonhomme, lâche Hank en rangeant le sachet dans une poche de sa veste.
— Je croyais que ça vous dégoûtait de me voir faire.
— Tu m'as bien dit que tu étais une machine.
— Oui, mais vivante et avec mon libre arbitre, s'indigne Connor.
Hank lui met une main sur l'épaule avant de lui dire :
— Je ne l'oublie pas, alors ton bilan !
— Jusqu'au prochain carrefour, il y a trois caches possibles. J'ai scanné les autres caméras du secteur un peu plus loin, aucune n'a sa trace. J'ai demandé au jardinier qui travaille au parc, il ne l'a pas vu, mais il était dos à notre rue.
— Bien, on va commencer par la première cache qui est ?
Connor montre un bâtiment à l'abandon qui rappelle de mauvais souvenirs à Hank. C'est là qu'ils ont déniché Kara et la petite fille. Il frissonne en se souvenant de leur traversée de l'autoroute.
— Ça va Lieutenant ?
— Oui, en avant, reste derrière moi.
Lentement, ils fouillent les pièces une par une. Hank se fie à ses sens, Connor analyse la situation continuellement, repère les poussières déplacées, les mégots de cigarettes y sont nombreux et de la bonne marque. Il se baisse pour s'assurer qu'ils ont trouvé leur homme quand une balle fuse et lui traverse l'épaule.
— Là, Lieutenant, montre l'Androïde après avoir calculé la trajectoire.
Un homme se redresse derrière un fauteuil défoncé. Cette fois, c'est Hank qui tire le premier blessant le voleur au bras qui tient l'arme. Connor se précipite déjà pour le maîtriser pendant qu'Anderson le tient en joue.
— Voilà une enquête rondement menée.
— Oui, on peut le dire avec en plus menace sur agent en fonction. Il ne reste plus qu'à récupérer la balle pour l'expertise et l'accuser pour le client.
— Elle est toujours dans mon épaule, Lieutenant.
— Et tout est en ordre ?
— Oui, Lieutenant, ne vous tracassez pas. Un petit tour à Cyberlife pour la réparation et récupérer la balle et on peut finir notre enquête.
Hank dépose d'abord Connor devant une base de taxi avant de ramener la fripouille au poste de police afin de commencer la paperasse. Il met sur le bureau de son collègue le petit sachet de mégots avant de s'installer au sien.
Au bout d'une heure, Connor revient, la balle pour l'expertise dans un sachet.
— Voilà Lieutenant, je vais aller la déposer.
— Donne, je vais le faire. Vérifie le compte-rendu de l'enquête qu'on puisse en finir avec elle.
Connor s'installe à son bureau, voit les mégots et se demande ce que Hank a dans la tête. Même intrigué, il reste un professionnel et exécute les ordres.
Quand son collègue revient de la balistique, il lui dit directement :
— J'ai rajouté mon analyse de la situation, vous voulez relire Lieutenant ?
— Non, envoie-le au juge.
— Et vos mégots Lieutenant ? demande-t-il quand le procès-verbal est expédié.
— Tous les Androïdes ont tes capteurs analytiques et ont accès à la base de données ?
— Bien sûr que non Lieutenant. Une nounou n'a pas besoin de ça, un éboueur non plus.
— Ce serait facilement à ajouter ?
— Qu'est-ce que vous avez dans la tête ?
— Monter une équipe de nettoyage qui puisse dresser des procès-verbaux et amendes en fonction des incivilités.
— Mais il y a déjà des policiers pour ça ! s'insurge Connor.
— Oui, mais ils ne peuvent pas sur base de l'ADN, comme toi, apporter la preuve du déchet.
— Vous ne croyez pas que les humains vont râler parce qu'on leur vol leur travail, qu'une machine leur mette un PV ?
— Ils acceptent bien les analyses ADN au procès, c'est pourtant une machine qui fait les analyses en laboratoire. Si les gens savent qu'ils sont punis pour leurs incivilités, ils ne vont plus jeter longtemps leurs mégots et autres déchets surtout si on peut remonter à eux.
— Et les déchets qui tombent des poubelles ?
— Si tu le vois tomber, tu le ramasses. S'il tombe, c'est aussi que tu ne l'as pas bien mis dedans en faisant attention. Je ne vois pas où est le problème Connor !
— La paix n'est pas instaurée depuis longtemps. Je ne veux pas qu'une guerre recommence d'un côté ou de l'autre.
— Tu trouves dégradant de recueillir et analyser des preuves ? s'étonne Hank.
— Bien sûr que non, c'est mon travail, j'en suis fier.
Anderson soulève les bras légèrement en signe d'impuissance.
— Je vous où vous voulez en venir Lieutenant. Autant laisser aux androïdes la possibilité d'avoir ce programme en plus et pour qu'il n'y ait pas de problème demander à une jeune recrue de faire les PV. Un homme et un Androïde égalent une équipe contre les déchets.
— On peut même assermenter un civil à cette fonction, comme un garde sécurité, s'enthousiasme Hank.
— Je suppose que c'est vous qui proposez ça à Fowler qui le proposera plus haut ?
— Les choses changent, mais il faut du temps.
Anderson ramasse son sachet de mégots et part d'un pas conquérant vers le bureau de son supérieur.
De sa place, Connor voit Fowler, les mains en triangle sous son menton écouter son Lieutenant. Au bout de dix minutes, Hank sort un petit sourire aux lèvres. L'androïde est encore plus surpris de le voir jeter le sachet dans la poubelle.
— On doit rédiger une proposition qui va partir à la sécurité et aux défenses de l'environnement. Il dit que c'est une bonne idée. Je m'y mets.
— Et les mégots ?
—La loi prévoit une amende pour flagrant délit. Il faut faire changer tout ça pour que mon idée fonctionne.
— Et qu'est-ce que je fais ?
— Contacte Cyberlife pour agir sur la partie Androïde. Ça nous fera gagner du temps.
Mars 2041
Depuis peu, Detroit est rutilent de propreté, plus un déchet sur la voie publique. L'idée fait son chemin dans les autres villes. Deux Androïdes et deux humains bons marcheurs s'étaient proposés pour le poste. Pendant qu'on modifiait légèrement les androïdes, les hommes poursuivaient une formation pour pouvoir être assermentés et mettre des procès-verbaux pour tout détritus retrouvé en dehors des poubelles. Ils peuvent être appelés aussi pour des décharges sauvages. En plus de l'ADN, les fichiers d'empreintes avaient été intégrés aux Androïdes.
Fin d'écriture : 17/11/2021
