Harry était assis depuis quelques minutes déjà sur l'inconfortable siège d'un des bureaux de Gringotts. Il ne savait pas quoi penser. Il avait maintenant quinze ans et après la mort de son parrain, il devait retourner chez sa "famille". Encore fallait-il que les Dursley le considèrent comme tel. Lui-même pensait qu'au vu de toutes les horreurs vécues chez eux, ils n'étaient clairement pas apte à l'élever. Et pourtant…

Le directeur avait tout fait pour qu'il reste chez eux. Sortilèges, argent, mensonges et menaces. Qu'importe ce qu'ils lui faisaient tant qu'il restait en vie et ne sache rien du monde magique.

Il était loin d'être naïf. Madame Weasley qui parle du monde magique dans la gare moldu, étrangement au même moment où il est présent et surtout alors qu'elle est mère de plusieurs enfants sorciers dont deux déjà adultes a ce moment-là.

Puis ne parlons pas de Hagrid… Il n'y était pour pas grand-chose si ce n'est d'avoir foi en Dumbledore aveuglément avec sa tirade sur les gentils Gryffondors et les méchants Serpentard.
Tout comme Remus au final.
Mais les deux lui devaient cette opportunité à avoir pu faire des études avec les autres malgré leur statut de créature magique.

Il soupire et observe de nouveau le parchemin devant lui. Il refusait de vivre avec les Dursley, c'est ce qui l'avait mené ici, à la banque. Après vérification il s'était retrouvé avec… peu de choix.

En effet, à cause de la fin du tournoi des 3 sorciers, le don de sang avait fait que Voldemort lui-même était devenu la personne la plus proche du niveau famille de sang. Ainsi, au vu de la loi, l'homme était pratiquement dans l'obligation d'être son responsable légal.

Il était donc là, sur cette chaise inconfortable, à attendre la venue de son soi-disant ennemi juré par une prophétie afin qu'ils puissent discuter avec les gobelins de tout cette histoire.

La porte dans son dos s'ouvrit et ce fut avec surprise qu'Harry vit le sorcier parfaitement humain. L'homme avait les cheveux noir et court presque parfaitement coiffé, des yeux bruns sombre pailleté de pourpre et la peau pâle. Il ressemblait presque, avec ses vêtements actuels, à un cousin ou frère de Snape. L'homme souleva un sourcil en le voyant.

"Potter ?!" s'exclama-t-il avant de tourner sa tête vers le gobelin. "Puis-je savoir ce qu'il se passe, maître gobelin ?"

Le gobelin qui avait pris de nouveau place à son bureau lui tendit le parchemin. L'homme s'asseya sur le second siège et se mit à lire le document alors que le Gobelin prenait enfin la parole. "Il se passe que Monsieur Potter ici présent est en danger chez ses relatifs." dit-il abruptement. Il croisa ses longs doigts crochus sur le bureau. "Comme vous pouvez le lire sur le rapport, il n'est pas négociable que nous l'envoyons de nouveau dans un tel lieu."

Harry qui observait les deux autres, tour à tour, incertain de savoir qui il devait vraiment regarder actuellement, finit par fermer les yeux, le moment était arrivé.

"Suite au test nous avons remarqué qu'à la suite de votre… rituel du 24 Juin 1995, ainsi que celui du 30 Juillet 1981, vous êtes devenu un parent du jeune Potter."

La bombe était lâchée. Tom releva la tête du parchemin et observa les deux autres. C'était tout bonnement impossible. C'était inconcevable que lui, Lord Voldemort, soit devenu parent… Et pourtant… Il le voyait sous ses yeux. Harry était un Horcruxe… et lui-même avait pris son sang pour renaître. Maintenant qu'il regardait le jeune de plus près, il lui ressemblait au même âge. Trop maigre, trop pâle… effrayé par la guerre.

"Pouvez-vous nous laisser un moment seul ?" demanda-t-il au gobelin. "Nous avons des choses à discuter."

Le banquier acquiesça et sortit, non sans un dernier regard d'avertissement vers le deux.

Tom ferma un moment les yeux et souffla, se prenant l'arrête du nez entre le pouce et l'index. Il les ouvrit de nouveau et se tourna complètement vers le plus jeune.

"Nous devons parler" dit-il abruptement. "Je dois savoir le comment du pourquoi tout comme tu as des choses à savoir."

Harry releva enfin son regard et déglutit avant de commencer à parler… et parler. Il lui parla de la mort de ses parents dont il cauchemardait à cause des détraqueurs. Il lui parla de son placement par Dumbledore chez sa "famille". Du placard sous l'escalier qui était sa chambre alors que son cousin avait deux chambres. Des coups qu'il recevait quand il ne faisait pas ses corvées tel un elfe de maison. Du manque de nourriture alors que les autres mangeaient pour deux ou trois. Du fait qu'il ne connaissait même son nom avant l'école ni de son statut de sorcier avant Poudlard.

Les joue baigné de larmes et enragé il lui parla de Hagrid, de Dumbledore, de Malfoy, de Snape, d'Ombrage, de la guerre, de ses études, de ses soi-disant amis, de sa fatigue… Il était fatigué de tout et voulait simplement vivre, vivre normalement ne serait-ce qu'un simple instant.

"Je suis à bout… Je n'en peux juste plus." dit-il en essuyant ses larmes avec les manches de son haut beaucoup trop long et large. "Dans tous les cas, soit vous me tuez, soit j'ai enfin quelqu'un qui s'occupera peut-être de moi."

Il renifla une dernière fois. "Dans tous les cas, je suis gagnant, d'un côté comme de l'autre." finit-il enfin.

Tom ne sut que dire pendant un moment, ni même que faire. Il n'avait jamais ressenti autant d'émotions à la fois. Autant de rage que de remords.

Oui, il était enragé de voir un adolescent si mal. De voir que Dumbledore se prenait encore pour un maître d'échec et jouait de la vie des autres. Certes il en faisait de même, mais ses mangemorts savaient dans quoi ils s'embarquaient et que jamais il ne forçait quelqu'un de faire quoi que ce soit ! Encore moins un gamin si jeune ! Il n'était pas un monstre non plus.

Il finit par lui parler à son tour de sa vie. De son temps à l'orphelinat, des autres qui se moquaient de lui, de son don pour le fourchelangue. De Dumbledore qui ne semblait pas l'apprécier dès le départ. De Poudlard et de la guerre qui faisait rage en son temps. Mais surtout du fait qu'il en voulait au directeur pour tellement de choses. Que lui-même en avait été fatigué et que personne n'avait été là pour lui, pour l'arrêter dans sa folie.

Personne avant lui, avant que cette foutue prophétie ne le réduise en poussière.

"Je ne vais pas m'excuser d'avoir tué tes parents." dit-il finalement. "Je le regrette sincèrement, sache-le, mais m'excuser reviendrait à dire qu'ils sont morts pour rien."

La porte du bureau s'ouvrit de nouveau, les faisant tous deux sursauter. Le gobelin entra et reprit place. "Vous êtes-vous décidé ?" leur demanda-t-il.

Tom observa le plus jeune, penchant sa tête de côté comme pour lui demander s'il était sûr. Harry, se mordit la lèvre du bas un simple moment avant d'arrêter sous la douleur. Il acquiesça, vivement. Il ne voulait plus être Harry Potter.

Le gobelin eut comme un soupir de soulagement.

Le dossier d'adoption fut rempli rapidement sous l'œil vigilant d'un second gobelin. Dossier qui, pour un certain montant sous table, fut envoyé à l'un de ses mangemorts qui s'en occuperait sans que cela fasse de vague.

En sortant, les deux s'observèrent un instant avant que Tom ne prenne le plus jeune entre ses bras et le fasse disparaître aux yeux du monde magique.

Harry Potter n'était plus.

Samaël Gaunt était maintenant un simple adolescent brisé avec un père protecteur qui réclamera justice pour la moindre éraflure, le moindre regard de travers dont il serait victime.

Il sera un fils timide et incertain aux bonnes notes à l'école prestigieuse d'Ilvermony. Une école loin de la guerre, loin des histoires, loin de son ancienne vie.

Mais ici en Angleterre pour l'instant il avait un père. Certes un père Dark Lord, mais lui suffisait bien pour le moment.