Une étincelle d'espoir

Chapitre I

Le Conseil Divin


Note de l'auteur : Merci à Lux pour sa review^^!

J'ai oublié de le préciser, mais il y aura un chapitre toutes les deux semaines, je n'ai "qu'une" dizaine de chapitres d'avance et je dois retravailler le plan.

Je vous avais prévenu pour les multiples crossovers, non^^? Ce n'est qu'en référence actuellement, mais voici du Saint Seiya^^.

Le chapitre 2 sera diffusé le 8 juin.


Monde d'Olympus, un an après les incidents de KH 3

Dans le ciel, très éloigné des villes humaines et soutenu bien sagement par des nuages cotonneux enroulés en spirale d'un rose-orangé assez pâle, se trouvait un palais de marbre blanc. Quelques « veines » d'or grimpaient le long de nombreuses colonnes volumineuses. Éclairé par une lumière solaire éblouissante, il était clair et net que toute créature ténébreuse devait mettre ses intentions belliqueuses aux vestiaires afin de montrer patte blanche...

.

Il en était de même pour tout visiteur, mortel ou non. Ainsi, les serviteurs de l'Olympe voyaient arriver un bien étrange cortège de personnes ou de créatures de couleurs plus ou moins vives, ou habillées de manière plus ou moins couvrantes. Un tel rassemblement était rare, mais ils savaient pourquoi ces gens venaient.

.

Cela faisait un an que la crise de la Seconde Guerre s'était déroulée.

.

Des dispositions avaient été prises envers les responsables. Il ne faisait aucun doute que la réunion de ce groupe important de personnes allait porter sur les conséquences de la bataille. Très souvent, à l'issue d'une guerre ou d'un événement qui avait perturbé l'Ordre des Mondes, les divins observaient attentivement les conséquences sur les mondes pendant un an avant de prendre des dispositions.

.

Le défilé traversait en silence les lieux dans un silence quasi religieux, juste interrompu par les cliquetis d'armures ou les bruits de pas plus ou moins lourds. Les regards se portaient parfois sur des gemmes présentes au sol ou, pour les plus volumineuses, posées sur un piédestal. Les pierres précieuses étaient des cadeaux d'Hadès à l'attention de l'Olympe. Comme ce dernier ne pouvait pas quitter son domaine aussi souvent qu'il l'aurait souhaité, il faisait parvenir par des messagers des richesses issues des entrailles des Mondes pour s'excuser de son absence à telle naissance ou telle fête. Les venues du Dieu des Enfers à l'Olympe se comptaient sur les doigts d'une main.

.

En même temps, les autres Olympiens, en dépit du fait qu'ils reconnaissaient son utilité pour garder les morts à leur place de par la force de sa simple volonté... étaient considérablement mal à l'aise en sa présence. Et c'était encore pire avec son remplaçant, qui, lui, s'invitait tout seul comme un grand à leurs petites sauteries.

.

Ce fait était connu que d'une poignée de mortels (dont les serviteurs des dieux), mais outre le fait qu'Hadès n'était pas très... sociable, il avait aussi une certaine rancune envers deux déesses : Athéna, Déesse de la Guerre et de la stratégie guerrière, de l'intelligence, de l'habilité, de la sagesse, des Artisans, des artistes, des Maîtres d'écoles (NDA : Oui, désolée pour le nombre de ses domaines d'intervention, mais faut croire que Zeus lui confie beaucoup de responsabilités^^; ), et Déméter, déesse des moissons, de la croissance, des aliments et de l'agriculture.

.

Sa rancune envers la première s'expliquait tout simplement par l'un des douze travaux confiés à Héraclès -Hercule- (dix à l'origine, mais il dût en faire deux de plus car il s'était fait aider, ce qui était interdit par Eurysthée, un roi mortel) qui l'avait énervé au plus haut point. En même temps, quand on OSAIT capturer Cerbère ET le sortir des Enfers pour lui faire une " promenade" afin de le montrer à un mortel lâche et cruel...

.

Un autre de ses exploits avait consisté à libérer un héros de la mort. Thésée, libérateur de Crète, avait tenté d'enlever la femme du dieu infernal, sa douce Perséphone, avec un comparse, Pirithoos. Manque de bol pour les deux imbéciles, Hadès était TRÈS amoureux de sa femme (et l'était encore... qui plus est, c'était réciproque), et avait emprisonné les deux apprentis kidnappeurs à même la pierre. Le Seigneur des Enfers avait rapidement compris qu'Hercule s'était fait aider d'Athéna.

.

Très peu de personnes connaissaient les conditions pour entrer et sortir des Enfers sans encombre, et un tel affront, par deux fois, qui plus est, avait contrarié le troisième roi divin. Zeus était le seigneur des cieux, Poséidon, celui des mers, et Hadès, celui du domaine souterrain. Suite à ces deux effractions, Hadès avait alors déclaré la guerre à Athéna... Ce fut une décision qui, non seulement il regretta amèrement tous les siècles passés à tenter de vaincre l'enfant favorite de Zeus, mais aussi les conséquences de la toute première guerre entre eux que cela avait provoqué.

.

Sa tendre Perséphone avait tenté de le protéger du tout premier Chevalier de Pégase en s'interposant entre lui et son époux... et avait péri. Transpercée par le coup de poing de son adversaire, alors qu'elle avait juste tenté de négocier par les paroles plutôt que par les armes. Anéanti par la perte de sa belle, il n'avait pas pu se défendre à temps d'une nouvelle attaque des Météores de Pégase. Sa peine s'était instantanément transformée en fureur face au culot du guerrier de l'attaquer alors qu'il était encore en état de choc. Surtout qu'il avait osé le frapper ! Lui, le seigneur des morts ! Il avait rendu coup sur coup, mais il n'avait pas pu vaincre Athéna.

.

Cependant, il était conscient que Perséphone n'avait subi qu'une mort temporaire, et qu'elle reviendrait à la vie cent ans plus tard. Il avait cependant promis à son adversaire qu'il n'en resterait pas là, et qu'il la ferait souffrir autant qu'elle l'avait fait, alors qu'il agonisait. Deux cent cinquante ans plus tard, il s'était réveillé avec impatience, avec l'espoir joyeux de revoir sa bien-aimée... mais en vain. Elle n'était pas là à ses côtés. Ils étaient pourtant en automne, selon Hypnos et Thanatos, les dieux jumeaux les plus puissants sous ses ordres et les plus sages –en particulier pour Hypnos-… et elle n'était pas... là.

.

Il ne se souvenait que trop bien de l'état de rage dans lequel il s'était plongé en constatant sa disparition. Le calendrier des saisons était clair : En automne et en hiver, Perséphone se devait d'être à ses côtés. Au printemps et à l'été, elle retournait en Olympe revoir sa mère. Très inquiet pour sa tendre épouse, il avait envoyé une lettre qu'il avait transmis à Hermès pour Déméter afin de lui demander comment allait sa belle... et n'avait reçu qu'une lettre froide et courte.

" Ma fille est morte par ta faute. Ne reviens plus jamais en Olympe. Ne contacte plus jamais l'un de nous. Tu n'y es plus le bienvenu. Déméter."

.

Cette missive glaciale l'avait plongé dans un désespoir sans nom. Puis, rapidement, la colère et une forte envie de vengeance (compréhensible) s'était emparée de lui. Tout était de la faute d'Athéna ! Tout était de la faute des humains qu'elle avait formé pour affronter des dieux ! Alors il ferait en sorte de faire comprendre aux mortels où était leur place. Il leur montrerait qu'il méritait d'être craint ! Il ferait souffrir tout Chevalier, tout guerrier divin qui oserait s'opposer à des dieux sans raison valable ! Partageant sa peine, tous ses guerriers sans exception avaient accepté de l'aider à se venger.

.

Afin de ne pas perturber le fonctionnement des Enfers s'il venait à être vaincu une nouvelle fois, il avait demandé à l'un de ses apprentis, Pluton, Dieu des Morts du Monde des Artisans ; de prendre sa place et de diriger les Enfers le temps de son repos obligatoire à chaque défaite. Son remplaçant prendrait alors brièvement son nom le temps que son aîné se régénère. Cependant, si les premiers siècles, tout se passait bien, il constata bientôt avec effroi que certains Spectres s'octroyaient certaines libertés.

.

En même temps, la plupart étaient des guerriers, et deux siècles et demi à se tourner les pouces en attendant la prochaine guerre divine... il comprenait que l'on pouvait s'ennuyer. Il avait alors pris Pandore à son service. Il avait fait en sorte que la création des dieux se réincarne dans une humaine, mais qu'elle ait un statut particulier au sein de l'armée infernale : soumise aux dieux jumeaux, à lui... mais commandante des Juges et de leurs subalternes. L'ordre était revenu dans les rangs suite à cela. Pluton n'était pas autorisé à la commander... et il ne l'aurait jamais fait, de toute façon. Allez savoir pourquoi, il s'était mis en tête de diriger l'Olympe à la place de Zeus.

.

Quant à Déméter, eh bien... Hadès avait appris plus tard que Perséphone était revenue à la vie, et se portait bien. Ça, c'était la bonne nouvelle. La mauvaise, c'était que sa mère refusait catégoriquement qu'elle continue de poursuivre le contrat établi entre l'Olympe et les Enfers ! Le dieu infernal était furieux envers sa belle-sœur d'enfermer arbitrairement et contre son gré sa belle épouse ! Hermès lui communiquait des nouvelles, mais elles n'étaient guère bonnes : il était évident que sa femme souffrait de ne pas pouvoir le revoir.

.

La fréquence des guerres divines entre lui et Athéna n'était pas anormale, quand on y pensait... Hadès était prêt à TOUT pour revoir Perséphone. Et, semblerait-il, avec la bénédiction de Zeus, qui n'avait jamais mis le holà sur leurs affrontements. Enfin... les divinités qui marchaient d'un pas plus ou moins tranquille n'en avaient que faire, des broutilles des Olympiens (même si les plus sensibles étaient attendris devant la détermination d'Hadès à revoir sa femme). Ils provenaient d'autres galaxies qu'ils protégeaient. Dans leur Univers, il y avait six Galaxies, à l'origine. Une septième s'était créée suite à la crise des Sans-Cœurs.

.

Beaucoup de choses étaient cachées aux mortels. Quels qu'ils soient. Le Conseil du Kingdom Hearts se composait de dorénavant sept groupes de sept dieux chacun, et un dirigeant suprême. Un groupe par galaxie. Un dieu pour protéger une Princesse de Cœur. Les Princesses de Cœur Blanche-Neige, Cendrillon, Aurore, Belle, Kairi, Alice et Jasmine n'étaient pas les seules existantes. Il y en avait d'autres, dont une partie fut plus ou moins révélée au groupe de Sora.

.

Les premières citées étaient ce qu'on appelait des Princesses de Cœur Solaires, car leurs cœurs ne contenaient nulles Ténèbres. Il existait des Princesses de Cœur Lunaires, dont leurs cœurs étaient aussi noirs qu'une nuit sans étoiles. Des Princesses d'Aube, qui avaient longtemps côtoyées des Ténèbres de manière plus ou moins consciente avant de s'éveiller vers la Lumière, et leurs opposées, les Princesses du Crépuscule, qui, de la Lumière, s'étaient orientées vers les Ténèbres pour parvenir à leurs fins.

.

On pouvait aussi compter les Princesses Elémentaires (le nom voulait tout dire...), les Princesses du Néant, destinées à détruire le monde sur lequel elles se trouvaient au moment adéquat, et la nouvelle catégorie... les Princesses Chaotiques. Ces dernières catégories étaient de nature Neutre, les Solaires et Aube, de polarité Lumière tandis que les Lunaires et les Crépusculaires étaient d'essence Ténèbres. Le nouveau groupe allait être mentionné à l'ordre du jour dans leur réunion, d'ailleurs, c'était clair et net.

.

Le groupe hétéroclite poursuivit sa marche assurée vers le lieu de réunion, l'Apogée. En temps normal fief de Zeus qui contemplait le monde d'Olympus du plus du haut des cieux, ce dernier avait prêté ses locaux au Conseil Divin en cas de réunion. Il n'y assistait pas en personne, mais certains Olympiens faisaient partie du groupe, et lui transmettaient, quand c'était autorisé, les décisions prises. Athéna était celle qui lui donnait les comptes-rendus les plus détaillés, et grâce à son intelligence, il pouvait lire entre les lignes certaines intentions. Oh, il ne se leurrait pas, quelques-unes étaient discutables... mais il le fallait pour le maintien de leur Univers, fragilisé depuis la toute première Guerre des Keyblades.

.

C'était l'inconvénient quand on était du côté de la Lumière et qu'on acceptait de prêter un lieu à des gens des trois camps –Solaire, Lunaire, et Neutre- : on était obligé d'accepter leurs décisions. Enfin... en parlant du propriétaire des lieux, le chef de la délégation l'avisa rapidement. Drapé dans une toge rose assez prononcée, un torse bien musclé fièrement bombé en avant et les mains sur les hanches dans une posture tout ce qu'il y avait de plus viril, il était étonnant de voir que malgré plus de soixante-dix ans en apparence humaine, le roi des Olympiens tenait, sans mauvais jeu de mots, une forme toujours aussi... ben... olympique.

.

L'aspect sacré de l'homme aux sourcils broussailleux, surmontant un regard violet amical et à la barbe blanche bien lissée n'échappa pas au dirigeant du Conseil. Sa peau dorée et l'aura douce qui émanait de lui montrait que son comparse n'avait subi aucune perte de divinité. Bon, au moins, c'était une bonne nouvelle, sinon, ils n'auraient pas eu accès à leur salle de réunion.

" Bonjour, Zeus.

- Bonjour, Odin. Cela fait fort longtemps."

.

L'interpellé hocha la tête. Il était légèrement plus jeune que son vis-à-vis, ayant, lui, encore des cheveux blonds couleur paille et ondulés, là où ceux de l'olympien étaient coiffés d'une étrange manière qui lui rappelait les nobles anglais du monde des Caraïbes. Le chef de la délégation avait cependant un visage bien plus marqué par les rides que son vis-à-vis. Dans les mythes humains, il était beaucoup plus guerrier que Zeus -même s'il ne niait pas les talents de combat de ce dernier-, et avait connu son lot de guerres et d'épreuves qui l'avaient fortement éprouvé. Son unique œil, du côté droit, était d'un bleu marin profond, semblant receler tous les secrets de l'Univers. Peut-être était-ce le cas...

.

Odin était vêtu d'une armure de plaques d'acier, dont deux loups étaient gravés à l'emplacement des pectoraux. Le roi des Olympiens savait qu'ils représentaient Geri et Freki, les deux fidèles compagnons de son invité. Quand il partait en guerre, les deux animaux le suivaient pour se repaître de la chair des cadavres. Étrangement, le dieu borgne carburait au vin, et refusait toute autre nourriture, qu'il filait aux deux lupins. Mais il n'avait pas que ces deux-là.

.

Il avait aussi une paire de corbeaux, du nom de Hugin (la pensée) et Mumin (la mémoire), perchés sur ses épaules et occupés à contempler l'Apogée d'un regard torve. Ces deux volatiles étaient des espions très utiles pour le vieux vétéran de guerre. Ils partaient le matin pour écouter ce qui se disait dans l'Univers et ses dimensions annexes, et revenaient le soir pour lui transmettre les informations. Sleipnir, le cheval de bataille (et d'ailleurs principal moyen de locomotion) d'Odin, devait sûrement être à l'écurie, entre de bonnes mains en compagnie de Pégase, le destrier d'Hercule.

.

Sleipnir... Zeus ne pouvait s'empêcher d'éprouver de l'empathie pour le pauvre animal. Et pour sa mère... enfin... son père... C'était difficile à dire. Loki pouvait changer de sexe comme d'avis (ce qui arrivait très fréquemment et rendait fou ceux qui avaient affaire à lui...). Pour une fois qu'il n'était même pas responsable … Il n'avait pas mérité de devoir aller aussi loin pour aider les dieux nordiques qui le méprisaient !

.

Fort heureusement, l'Olympien l'avait pris sous son aile et avait fait en sorte que sa candidature soit soutenue pour qu'il fasse partie du Conseil. Ça réduisait ainsi grandement les risques qu'un Ragnarök soit imminent. Séparer les gamins de leur père/mère n'aidait pas pour la stabilité mentale, et Zeus se demandait si Odin n'était pas suicidaire, parfois... mais bon. Autres mythologies humaines, autres mœurs... il n'était pas là pour juger, mais ce genre de truc titillait son instinct paternel, et pas dans le bon sens...

.

Enfin, il ne pouvait rien y faire. Les dieux et créatures devant lui, lui inclus, étaient tous à l'origine des humains ou des animaux normaux. Mais tous avaient trouvé une force interne qui leur avait permis de transcender les limites de leurs êtres, et d'accomplir de véritables miracles. Cette force, appelée Cosmos, était très difficile à appréhender pour un humain lambda. Comprendre comment les atomes fonctionnaient et les manipuler pour avoir des résultats était déjà assez complexe comme ça... Rares étaient les humains à y parvenir. Les animaux y arrivaient un peu mieux, grâce à leur instinct plus développé.

.

Les Dieux actuellement en service avaient tous réussi à manipuler le Cosmos de fond en comble, et sans avoir de contrecoup, ce qui n'était pas le cas de leurs guerriers divins. Suivant la divinité, ils étaient nommés différemment. Chevaliers pour Athéna, Marinas pour Poséidon, Spectres pour Hadès, Dryades pour Eris, Jaguars pour Tezcatlipoca, Berserkers pour Arès, Guerriers Divins pour Odin, Taonias pour Hakuryu... Dans le cas de ces derniers, en temps normal, les Taonias n'affrontaient jamais d'autres guerriers divins, étant plutôt dévoués à la protection de la nature, Hakuryu étant un dragon divin lié à cette dernière. Mais ils pouvaient se débrouiller face à un Saint...

.

Les armées divines étaient de taille variable suivant les fidèles divins, mais malheureusement, l'être humain étant ce qu'il était, et les dieux ne pouvant renier leurs humbles origines... eh bien, il arrivait que certains d'entre eux s'affrontent pour un territoire ou pour imposer son point de vue. Cas qui s'est très souvent retrouvé avec sa fille, Athéna... Ah, qu'il était fier d'elle et de son entêtement à protéger les humains ! Et...

" … Zeus. Zeus ! … ZEUS !"

.

L'interpellé sursauta et eut une grimace gênée devant Odin.

" Excuse-moi. Je m'étais perdu dans de vieux souvenirs.

- Je me doute bien. Peux-tu nous ouvrir ? Nous avons hâte de tenir enfin conseil.

- Oh, oui, donne-moi un instant..."

.

Il ferma les yeux, puis laissa son Cosmos parcourir son corps, avant de sentir des picotis familiers au bout de ses doigts. Bien. Ses éclairs étaient prêts. Son regard se posa sur les décorations représentant son pouvoir qui ornaient les portes, et les frappa d'un geste sûr. Les grilles s'ouvrirent alors sagement, mais Zeus n'en avait pas terminé. Il s'avança dans l'Apogée, puis contempla les six cercles concentriques qui cernaient le centre de la place, séparés par des éclairs d'or qui se rejoignaient au niveau de deux carrés superposés en forme de rose des vents, avant de les frapper d'autres foudres.

.

Sous les yeux ébahis des invités, les cercles se transformèrent en estrades superposées de trois paliers chacun. Trois places au niveau le plus bas, trois au milieu, et une en haut pour le chef de la délégation de telle mythologie ou tel groupe hétéroclite. Odin vint se placer au niveau de la décoration centrale, que le roi de l'Olympe frappa ensuite d'un dernier éclair. Un trône d'or apparut alors. En haut de ce dernier, un cœur doré entouré d'une paire d'ailes d'ange d'argent et une autre d'obsidienne ornait le siège du dirigeant du Conseil.

.

Ce dernier s'assit avec un soupir de soulagement sur les coussins protégés par du velours rouge sang. Malgré tout, il accusait ses nombreux siècles de vie... Il fit signe aux autres divinités de s'installer, ce qu'elles firent avec plus ou moins de bruit –et de râleries parce que certains trouvaient que les places ne correspondaient pas à leur rang/puissance/égo-, mais il n'en avait cure. Il frappa le sol de sa lance Gungnir, le regard sévère devant ces chamailleries inutiles en ces heures sombres. Ils n'avaient guère le temps pour les gamineries !

.

Le coup de l'arme fut efficace et cessa net toute hostilité et brouhaha. Les divinités, gênées d'être rappelées aussi subtilement à l'ordre, s'installèrent sur les places qui leur était affecté dans un silence lourd. Certains avaient le regard inquiet, d'autres, perdus, quand d'autres encore semblaient confiants. Bref, un joli méli-mélo d'émotions qu'Odin prendrait plaisir à décrypter avec l'aide de ses bien-aimés corbeaux. Une fois le dernier membre installé, le dirigeant du Conseil Divin contempla l'assemblée.

" - Que le Conseil Divin du Kingdom Hearts commence. Thot, peux-tu nous dire les énoncés des problèmes relevés par nos agents depuis un an ?

- Oui, seigneur Odin."