Hello,

Allez, je me laisse embarquer dans l'Aokagaday. Un peu de retard mais je suis là quand même ! Bonne lecture :D


C'est quoi pour toi ?

Les bras croisés et la tête enfouis à l'intérieur, Daiki somnolait sur sa table tandis que le professeur énonçait les travaux à rendre pour la fin de la semaine. Par chance, c'était son dernier cours, le prof de littérature japonaise étant absent pour la journée. Il pourrait partir plus tôt, et profiter plus longtemps sur le terrain. La sonnerie retentie, résonnant entre les quatre murs de la salle de classe, mais si la majorité de ses camarades se levèrent vivement pour quitter la pièce, lui ne bougea pas d'un iota.

"Dis, Dai-chan, tu m'accompagnes faire du shopping ?" Demanda Satsuki en se tournant vers lui.

"Peux pas ..." Marmonna l'autre.

La rosée fronça les sourcils et dévisagea son meilleur ami.

"Comment ça, tu ne peux pas ? On finit plus tôt, évidement que tu peux."

"Peux pas j'te dis." Réitéra l'autre.

Satsuki soupira tout en rangeant ses affaires. Depuis un bon moment, le brun s'enfuyait littéralement à la fin des cours, et elle, elle essuyait refus sur refus de sa part pour toutes activités extra-scolaire, mais le pire, c'est qu'elle en connaissait très bien la raison. Ce n'était pas le fait qu'il fasse autre chose qui la dérangeait tant, mais plutôt le fait que ça n'avance pas comme elle le souhaiterait.

Depuis que la Winter Cup avait pris fin, les équipes de Seirin et Too s'étaient beaucoup rapprochées, s'entrainant souvent ensemble pour des matchs amicaux, mais parmi leurs équipes, le plus gros rapprochement effectué, à sa plus grande surprise fût celui de Kagami et son idiot de meilleur ami. En effet c'est deux-là s'étaient pris d'amitié et passaient le plus clair de leurs temps ensemble.

Au départ, elle n'ay avait pas prêté plus attention que ça, mais plus le temps passait, plus elle voyait leurs comportements changer. Lors des matchs amicaux, Daiki sautait littéralement sur le cuivré, passant toujours un bras autour de ses épaules pour le narguer, et l'autre, qui au début refusait cette proximité, s'était mis à l'accepter, passant même parfois un bras autour de sa taille. Jusque-là, rien d'anormal, enfin presque, sauf que ça ne s'arrêtait pas là. La fin des matchs devenait de plus en plus surprenante. En effet, très souvent elle voyait Kagami apporter une bouteille d'eau à Daiki pour qu'il s'hydrate, et ce dernier attrapait parfois la serviette posée négligemment sur les épaules de l'as de Seirin pour venir lui frotter les cheveux ... non vraiment, il se passait un truc.

En plus de ça, le brun passait la plus part de son temps chez l'autre, squattant, dormant même dans son lit de ce qu'elle avait entendue.

Malicieuse, elle se tourna vers son ami, toujours avachi sur sa table pour lui tirer les vers du nez.

"Oh, oui ! Excuse-moi ! Tu as surement encore un date avec ton mec..."

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Gagné ! Daiki se redressa vivement, l'observant comme si une seconde tête venait de lui pousser. Les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, elle rit intérieurement face à ce tableau.

"T'as dit quoi ?"

Feintant l'ignorance, elle haussa les épaules et répéta sa phrase sans aucune gêne mais la main puissante du brun se posa sur sa bouche pour la faire taire. Daiki observa vivement les alentours pour être certain que personne n'avait entendu ses propos avant de reporter son attention sur elle. La classe avait beau être presque vide, il restait tout de même une dizaine de personne.

"Non mais t'es malade ? Quelle date ? Quel mec ?!"

Elle repoussa la main gênante de son visage et plissa les yeux malicieusement pour pouvoir argumenter sa théorie.

"Je te parle de tes rendez-vous semi-quotidien avec Kagami, ou devrais-je dire "Taïga" ?

Le brun la regarda comme si elle était folle, mais pour sa part, elle ne loupa aucunement les rougeurs présentent sur les joues de son ami.

"Non mais t'as fumé un pète ?! C'est mon pote !" Se défendit-il.

Son sourire s'agrandit sur son visage, elle venait tout juste de commencer.

"Vraiment ? Daiki ... tu es le plus grand faignant que la terre ai portée depuis la création de l'humanité, et pourtant, ça ne t'empêche pas de traverser la ville presque tous les jours pour le rejoindre."

"C'est pour jouer au basket !"

"Ah oui ? Et que je te passe un bras autour des épaules, et que je te fais des clins d'œil, et Taïga par-ci, et Taïga par-là ..."

Daiki se redressa un peu plus sur sa chaise et lui lança un regard noir.

"On s'entend bien, et tu sais que je suis tactile !"

"Oui, ça pour être tactile, tu l'es avec lui..."

Daiki fronça les sourcils.

"J'peux savoir ce que tu sous-entend exactement, Satsu ?"

"Je ne sous-entend rien, Dai. Je ne fais qu'énoncer les faits ! Vous être toujours à prendre soin de l'autre..."

Le brun détourna le regard en marmonnant dans sa barbe.

"J'vois pas le problème..."

"Avoue juste que vous êtes ensemble." tenta la rosée.

Le regard bleuté s'écarquilla de nouveau en se posant derechef sur elle.

"Non mais où est ce que tu as trouvé une idée pareille ? Faut vraiment que t'arrête de lire tes yaois ... Ça devient ingérable."

"Mes yaois n'ont rien à voir là-dedans Daiki, je te remercie. Tu ne te vois pas, c'est tout."

"Ah ouais ? Et y'a quoi à voir ?! Hein ?" La provoqua-t-il.

Satsuki s'amusait comme une petite folle. Elle avait captée toute son attention et bien que l'autre nie toute éventuelle relation, elle comptait lui faire entendre raison. Elle se tourna totalement face à lui, sure d'elle.

"Bien, pour commencer, tu bouges ton cul pour y aller, chose que tu ne fais avec personne sauf obligation. Tu passes ton temps à l'observer, à le toucher, à squatter chez lui ..."

"Mais bordel, c'est rien ça ! Taïga est juste un rival à ma hauteur, et y'en a pas beaucoup ! Et si je squatte un peu, c'est jusque qu'il vit seul, donc c'est pratique."

"Pratique pour dormir dans son lit ?"

"Quoi ?"

"Ne fais pas l'ignorant, je t'ai parfaitement entendu râler, et ce à plusieurs reprises ! Taïga à prit toute la couette, Taïga à ronflé, j'ai mal dormi bla bla bla ... "

Daiki n'en revenait pas, sa meilleure amie était totalement folle.

"Ecoute, je n'ai rien contre ça ... au contraire."

"Ca ne justifie rien."

Satsuki croisa les bras sous sa poitrine généreuse et le défia du regard.

"Ok, je vais faire simple. 1 : Tu n'as que son nom à la bouche. 2 : Tu passes ton temps à le complimenter sans même t'en rendre compte. Tu veux des exemples ? "Taïga fait les meilleurs plats du monde", "Taïga fait les plus beaux Dunks", "Taïga m'a sorti de ma déprime", "Taiga est vraiment la femme parfaite..." Je continue ?"

Le brun sentait le rouge lui monter aux joues. Il ne pouvait réfuter les énonciations de Satsuki, il savait pertinemment que ces mots étaient sortis de sa propre bouche, mais dit comme ça, ça pouvait effectivement paraitre louche. Il n'eut même pas le temps de trouver une répartie qu'elle reprit aussitôt.

"Dès qu'un match se termine, il t'apporte à boire, tu lui sèches les cheveux, vous vous prêtez vos fringues, vous dormez ensemble, vous mangez ensemble et vous faites probablement d'autres trucs ensemble, donc j'en déduis qu'il se passe un truc."

Ahuri, Daiki l'observa sans ouvrir la bouche. En y réfléchissant bien, c'est vrai qu'il passait le plus clair de son temps avec lui. Depuis qu'ils avaient mis leurs mauvaises foi de côté, ils s'étaient rapproché au point de presque vivre ensemble. Le cuivré le laissait entrer chez lui même si les premières négociations avaient été tumultueuses, il avait même son double. Il lui préparait les plats qu'il voulait sans rechigner, faisant même des passages à la superette pour acheter le nécessaire lorsqu'il n'avait pas les ingrédients dans son frigo. Ils mataient des films collé l'un contre l'autre dans le canapé, un plaid sur les genoux. Si au début il squattait le canapé, sa taille avait vite posé problème, et depuis, il dormait avec lui, se réveillant souvent contre lui, ou dans ses bras. Si au début ça avait gênant, aujourd'hui, ils n'y prêtaient même plus attention.

Ils faisaient leurs devoirs ensemble, ils jouaient ensemble...

Merde ...

Voyant le visage de Daiki pâlir de plus en plus et comprenant que ses mots faisaient leurs bouts de chemin dans le cerveau du brun, elle savait qu'elle avait gagné la partie. Cet idiot était en train de réaliser que leur proximité n'était pas anodine, qu'ils n'étaient certainement pas que des amis.

Elle sourit sans se cacher et se leva de sa chaise, mettant son sac sur son épaule, observant son ami qui semblait perdu et encore bien plongé dans ses pensées.

"Ça arrive à tout le monde de tomber amoureux Daiki, il suffit juste de le réaliser."

Semblant se réveiller, il posa un regard vif sur elle, les sourcils froncés et les yeux plissés.

"Je ne suis pas amoureux."

"Vraiment ? Il ne vous manque que le contact physique pourtant ... pour être un couple, j'entends..."

"Satsu..." Grogna-t-il.

Elle se détourna de lui et marcha de quelques pas avant de se retourner sur le pas de porte. Le brun haussa un sourcil et le clin d'œil qu'elle lui fit avant d'ouvrir la bouche ne la rassura pas.

"Tu vas être en retard à ton date, Dai !"

L'ensemble des regards de la classe se tournèrent vers lui et il maudit sa meilleure amie de tout son être. Les personnes encore présentes se ruèrent vers lui, curieuses et avides de questions. Il ne demanda pas son reste, attrapant rapidement son sac pour quitter la classe.


Adossé contre le mur d'entrée de l'enceinte du Lycée de Serin, Daiki ruminait. Les paroles de son amie tournaient en boucle dans sa tête et le trajet lui parut beaucoup plus court qu'en temps normal tant les questionnements l'avaient occupé. Il soupira en l'insultant mentalement. Elle avait le chic pour lui mettre des idées tordues en tête, mais celle-là, il ne l'avait pas vu venir.

Lui, amoureux ? Et de Taïga ?

"Complètement folle ..." Marmonna-t-il.

Une silhouette se planta devant lui, laissant apparaitre dans son champ de vision une paire de Jordan qu'il connaissait bien. Il redressa la tête vivement et tomba dans le regard rubis de son ami et inconsciemment, un sourire étira ses traits.

"Tu viens me chercher à la sortie du bahut maintenant ?" Le charia Taïga.

Ayant encore les pensées farfelues de Satsuki en tête, il sentit ses joues s'échauffer et détourna le regard, se raclant la gorge au passage.

"J'ai fini plus tôt ... Et tu s'rais capable de te paumer sans moi !" Déclara-t-il en se décollant du mur.

Taïga rit et lui colla une claque amicale dans le dos.

"Dis plutôt que tu étais impatient de me voir !"

"Mon cul, ouai ! Je trouve juste que tu prends du gras en ce moment, je pense à ta ligne…"

"Toi, enfoiré !"


Sur le terrain de son quartier, Kagami observait les fautes de son ami. Rare était les fois où il jouait si mal, et en réalité, c'était le cas depuis deux semaines maintenant. Il n'avait pas l'habitude de le voir comme ça. Il semblait ailleurs, pas du tout dans le jeu. Il sentait souvent les regards appuyés du brun sur sa personne mais lorsqu'il l'interrogeait, l'autre restait dans un mutisme qui ne lui ressemblait pas. Pourtant rien avait changé entre eux, ou presque. Daiki passait la plupart de ses soirées chez lui, partageant ses repas, son lit... mais il prenait ses distances avec lui et ça ...

Cette fois encore, il semblait fixer un point invisible, dos à lui alors qu'ils étaient en plein one-and-one et qu'il venait de récupérer la balle tombée de l'arceau métallique. Agacé de sa nonchalance, il lui jeta la balle à l'arrière du crâne pour le faire réagir.

A peine la balle avait atteint sa tête qu'il se tourna violement vers lui, la main sur l'arrière du crâne, frottant énergiquement la zone violentée. Le regard vif et coléreux se planta sur lui alors que sa voix grave résonna sur le terrain.

"Non mais t'es malade ?!"

Taïga fronça les sourcils et le dévisagea à son tour.

"C'est plutôt à moi de te poser la question ! Il t'arrive quoi en ce moment ?"

Comme à son habitude, il détourna le regard, fuyant ses questions et il soupira. Il en avait assez de son comportement puéril. S'il ne voulait pas parler, grand bien lui fasse. Le cuivré récupéra son ballon et tourna les talons, enfonçant l'objet dans son sac de sport alors qu'ils n'étaient là que depuis une vingtaine de minute.

"Qu'est-ce que tu fou ?" Demanda le brun en râlant.

"Je rentre chez moi, et tu devrais en faire autant."


Daiki grimaça en entendant les mots de Taïga. Il savait qu'il déconnait grave en ce moment, mais les choses avaient changées. Depuis sa conversation avec Satsuki, il s'était mis à observer plus consciencieusement son ami, détaillant son visage, son corps et il devait avouer que Taïga était loin d'être déplaisant à regarder.

Il en était venu à analyser leurs comportements, à tenter de comprendre si leurs habitudes étaient normales, le problème c'est que la réponse n'allait pas dans son sens, ou du moins, dans celui qu'il avait toujours imaginé. Après réflexion, il s'était rendu compte qu'il n'agissait de la sorte qu'avec lui, qu'il ne partageait cela qu'avec lui.

Jamais il n'avait passé autant de temps avec un ami. Ni avec Tetsu, ni avec Ryota, et dieu sait qu'il passait du temps avec ce dernier. Jamais il n'avait été aussi tactile, attendant impatiemment leurs prochaines entrevues. Il avait plusieurs fois partagé le lit de Ryota, mais jamais il ne s'était réveillé serein, calé dans les bras de l'autre. Il n'y avait que les nuits avec Taïga où son corps se collait impunément contre un autre, souhaitant y rester blottit. Il avait pris conscience qu'il appréciait la chaleur que dégageait le corps du basketteur, sa puissance, sa force mêlée à une douceur particulière.

Il aimait aussi que ce regard rubis se porte sur lui, que ses sourires lui soient adressé, à lui, et à personne d'autre et il se détestait pour ça parce que ça changerait certainement beaucoup de choses entre eux. Ou peut-être pas... Il n'arrivait pas à savoir si Taïga avait les mêmes doutes sur leur relation... Certainement pas.

Ils étaient deux mecs mais n'avait pourtant jamais filles ensemble. Il ne connaissait même pas les penchants de son ami.

Il regarda le dos musculeux de son ami, rangeant rageusement ses affaires dans son sac de sport et il grimaça de nouveau. Il devait parler. Il ne pouvait pas rester comme ça, juste dans l'ignorance et les doutes. Ses sentiments allaient plus loin qu'une simple amitié mais comment lui faire comprendre sans le froisser ? Il n'était même pas sure d'être capable de l'embrasser, de le toucher. Il n'avait jamais fait ce genre de chose avec un homme, mais c'était Taïga, et avec lui, tout était possible, même l'impossible. Il en avait déjà eu la preuve irréfutable, alors quoi ?

Depuis quand restait-il pétrifié face à quelqu'un ? Depuis quand ses peurs prenaient le dessus sur ses besoins primaires ? Combien de temps cette situation palpable devait-elle durer ? Il soupira et s'approcha de son ami jusqu'à être à quelque centimètre de lui, puis il posa une main sur son épaule, peu assuré.

"J'suis désolé. J'sais que ...j'suis distant en ce moment..."

Taïga se tourna à demi vers lui, l'air agacé et blessé, mais par-dessus cet air, l'inquiétude se faisait sentir.

"Sans blague? T'en a d'autres à m'apprendre ? "

Daiki soupira et le contourna, se laissant tomber sur le banc à ses côtés. Il fixa de nouveau un point au loin, ne sachant pas vraiment comment aborder le sujet. Il sentit Taïga se tendre à ses côtés, comme souvent en ce moment. Il avait l'impression de tout foutre en l'air entre eux, et s'il continuait comme ça, Taïga lui en voudrait, encore plus s'il ne jouait pas la carte de l'honnêteté. Il savait combien le cuivré était à cheval sur ça...

"J'ai fait un truc ? Parce que si c'est le cas ..." Tenta l'As de Seirin

Daiki secoua la tête négativement et se mordit la lèvre inférieure avant de décrocher un mot, ou plutôt, de poser une question pour amorcer le sujet.

"C'est quoi pour toi, l'amour ?"

Il n'avait pas besoin de regarder son homologue pour imaginer son visage déconfis. Taïga devait le prendre pour un abrutis en ce moment même mais tant pis, il devait être honnête, et aborder le sujet de cette manière-là, c'était potentiellement le plus simple pour lui.

"Quoi ? Attends, c'est pour une nana tout ce cinéma ?"

Devant son nouveau mutisme et ses lèvres pincées, le cuivré finit par s'assoir à ses côtés, soupirant et réfléchissant certainement à une forme de réponse à lui donner.

"Ok ... Admettons ... Comment tu veux que je réponde à ça ?"

"Répond juste. Etre amoureux, pour toi, c'est quoi ?"

Daiki évitait clairement de le regarder et le sujet avait l'air sérieux alors il fit de son mieux.

"Je dirais ... être proche de l'autre personne, vouloir partager des centres d'intérêts communs ... vouloir passer du temps ensemble et prendre soin de l'autre ... Ce genre de chose ?"

"Ouais ... Je suis plutôt ok avec ça... Quoi d'autre ?"

"J'en sais rien Daiki... Etre impatient de voir l'autre, s'attarder sur sa personne, vouloir son attention ? Vouloir partager tout et n'importe quoi... "

Daiki se mordit l'intérieur des joues et tourna la tête, captant enfin son regard. Taïga semblait confus. Il répondait à ses questions sans même en comprendre la finalité alors il poussa un peu plus loin.

"Et tout ça, ça te ne rappelle personne ?"

Le cuivré haussa un sourcil, semblant réfléchir, mais il savait que ce n'était pas son fort, tout comme lui. Il se leva et prit son courage à deux mains, se plantant devant lui, ne le lâchant pas du regard.

"Avec qui tu es le plus proche en ce moment ? Avec qui tu partages tes passions ?"

"Quoi ?"

"Avec qui tu passes ton temps, tes soirées ? De qui est-ce que tu prends soin presque tous les jours ?" Enchaina-t-il.

"Attend, tu ..."

"Est ce que tu n'es pas impatient de me voir ? Est-ce que tu ne t'attarde pas sur moi plus que les autres ? Est-ce que tu ne cherches pas mon attention, mes regards ? Est ce qu'on ne partage déjà pas toutes ses choses-là, Taïga ?"

Il vit clairement les yeux rubis s'ouvrirent de plus en plus grand face à ses questionnements, laissant Taïga comme un poisson hors de l'eau. Sa bouche bougeait pour se refermer aussitôt, ne sachant comment répondre. Il le vit détourner le regard, froncer les sourcils, l'observer de nouveau, puis rougir pour finalement se passer une main dans les cheveux avant de rire pour cacher sa gêne.

Cependant il ne se démonta pas. Il attendit que le regard de feu remonte vers lui alors son cœur battait la chamade. Les dés étaient lancés et le résultat était dans ses mains. Il était au bord de la crise de panique tant il stressait en ce moment même. Les minutes de réflexion lui semblaient interminables, puis son regard se leva enfin vers lui.

"Je... C'est assez... perturbant de voir les choses sous cet angle."

Daiki serra les poings pour ne pas le brusquer, mais il avait du mal à se contenir. Tout était clair dans sa tête, mais lui, il avait eu le temps d'y réfléchir, de poser les choses, alors que pour Taïga ...

Ce dernier se leva et l'adrénaline courait sous ses veines. Allait-il partir ? Le planter là, sur ce terrain de basket ?

A son plus grand étonnement, Le cuivré s'approcha de lui et le scruta un moment, soutenant son regard qu'il savait peu sure de lui en cet instant.

"Je vais être honnête, je n'avais jamais pensé à nous comme ça..."

Daiki étira un sourire triste et lâcha un rire jaune. Il aurait dû s'en douter. Il aurait dû le savoir que ça finirait comme ça.

"Ouais, logique. Laisse tomber, ok ?" Souffla Daiki.

Le brun se détourna pour fuir le plus loin possible mais la main Taïga attrapa son poignet, fermement mais sans lui faire mal. Il connaissait suffisamment la basketteur pour savoir qu'il voulait certainement le rassurer, et s'assurer qu'il n'y avait pas de problème entre eux, mais même ça, c'était difficile à entendre.

"Je n'ai pas fini, Daiki. Je n'y ai jamais pensé comme ça, parce que... parce qu'avec toi tout semble naturel. Ta présence chez moi, ton bordel incessant, tes humeurs changeantes, ton squattage intempestif ... Tout ça c'est... devenu juste mon quotidien. Notre quotidien... Alors, même si c'est perturbant, tu n'as pas tort dans le fond..."

Daiki se tourna vers lui, étonné des paroles qui franchissaient la barrière de ses lèvres. Lui qui pensait ce prendre le râteau de sa vie c'était bien fourvoyé. Taïga avait l'air serein, presque amusé par la situation et il continua de parler alors que lui tombait dénue face à la situation qu'il avait lui-même provoqué.

"C'est vrai qu'on a beaucoup de similitude avec un couple en y pensant bien... Mais ... Enfin tu ... ?"

"Daiki fronça les sourcils, comprenant facilement où l'autre voulait en venir. C'était devenu comme ça entre eux, ils se comprenaient souvent avec un simple regard, un simple trait de visage qui voulait tout dire et ce simple fait lui vrilla l'estomac de bonheur.

"Je quoi ? Est-ce que je me vois t'embrasser ? Te toucher ? J'en sais rien Tai... Je n'en suis pas arrivé jusque-là dans mes réflexions mais ... est ce qu'on peut vraiment savoir sans avoir essayé ?"

Les joues de son ami se tintèrent de rouge et il ne put s'empêcher de sourire à ce fait. S'il produisait ce genre d'effet chez lui, c'était déjà un bon début, non ? Taïga se gratta la nuque et détourna un peu le regard, soudainement intimidé. Il fallait dire qu'entre la proximité de leurs corps et la discussion qu'ils étaient en train d'échanger, ce n'était pas bien compliqué.

"Hm... Ouais, comment on pourrait savoir sans ... essayer ..." Balbutia le cuivré.

Daiki se mit à sourire franchement, amusé de la gêne et de la timidité si peu présente chez son homologue. Il attrapa un pan du maillot de Taïga de sa main libre alors que la seconde était encore entravée par les doigts de l'autre. Il combla la distance entre eux, et remarqua qu'il faisait la même taille, à peut-être un centimètre près. Leurs torses se touchaient et il sentit la respiration Taïga se bloquer alors que son visage semblait s'embraser. Pour sa part, tout son corps semblait être sur le point de fondre tant une chaleur inconnue roulait sous sa peau telle une coulée de lave.

Il frôla de son nez celui de l'autre, timidement, prudemment, cherchant dans son regard une autorisation, ou lui laissant probablement une échappatoire avant que tout ne change entre eux. Pourtant l'autre ne bougea pas, restant un instant ainsi, juste à respirer le souffle de l'autre. Il ne savait pas s'il entendait le cœur de Taïga battre aussi fort, ou si c'était le siens et il s'en fichait bien.

Alors que le temps semblait s'être suspendu, la main de Taïga remonta le long de son bras, jusqu'à son épaule, déclenchant une vague de frisson. Puis elle se glissa dans sa nuque, à l'orée de ses cheveux et il apprécia la caresse. Son cœur loupa un battement en voyant l'autre pencher la tête avant de fermer les yeux et se laisser porter. Il entrouvrit un peu la bouche, sentant la seconde suivante la pulpe de ses lèvres contre les siennes. C'était doux, léger comme une plume, bien que totalement différents des lèvres d'une femme. Peut-être plus charnues, un peu plus rêche, mais beaucoup plus gouteuse à son gout.

Taïga rompit le baiser aussi vite que sa bouche avait trouvé la sienne, et il en voulait plus. Il n'avait vraiment gouté ses lèvres, pas sentis assez la texture de ses lèvres, alors cette fois, ce fut lui qui prit les devant, capturant de nouveau son envie. Le baiser se fit plus prononcé, plus ferme, beaucoup plus à son gout, et tout vola en éclat. Il oublia son environnement, les bruits alentours, le vent qui le faisait frissonner. Plus rien ne semblait exister hormis Taïga et sa bouche qui semblait le dévorer.

Ils se séparèrent et le cuivré posa son front sur le sien, reprenant l'oxygène dont il avait besoin. Les yeux dans les yeux, ils se mirent à rire avant de reprendre leurs esprits.

"C'est plutôt pas mal pour un premier essaie." Déclara Taïga.

Il ne chercha pas à réprimer son sourire grandissant et lui répondit.

"Je trouve aussi..."

Le silence prit place, mais il était loin d'être pesant, lourd, au contraire, tout semblait à sa place.

"Redemande-moi ..." Souffla Taïga.

"De quoi ?"

"Ta première question, repose là moi."

Daiki réfléchi un instant puis comprenant la demande, il reposa sa question.

"C'est quoi pour toi, l'amour ?"

Le basketteur de Seirin lui offrit un beau sourire avant de lui répondre franchement, les idées bien en place.

"C'est toi."


Fin !