Cela faisait longtemps que je n'avais rien posté, alors voici une petite histoire.
Désolé d'avance pour les éventuelles fautes.
( les personnages ne sont évidemment pas à moi ^^)
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- Tu fais quoi Tony ?
- Ça se voit non.
- Si je te pose la question ce n'est pas pour rien.
Ziva regardait son collègue, la tête légèrement penchée, se demandant pourquoi il mesurait son bureau en long et en large.
- Je suis en train de prendre les mesures de mon bureau.
- Mais pourquoi ? C'est ça la question.
Ziva se leva pour s'approcher à pas de loup, se demandant si c'était une coutume américaine. Après avoir mesuré la hauteur, Tony s'attaqua à la largeur. Il était tout fier de lui, avec son mètre orange.
- Tu veux changer de bureau ?
- Nan.
- Tu veux acheter le même pour chez toi ?
- Nan.
- Si tu ne me dis pas ce que tu compte faire avec ce bureau, je te le fais manger en petits morceaux.
Tony se redressa, le sourire aux lèvres.
- Yes ! C'est bien ce qu'il me semblait, j'ai le bureau le plus grand.
- Attends, tu as fait ça juste pour savoir qui avait le bureau le plus grand ?
- Plus grand que celui de Gibbs, tu te rends compte !
- C'est puéril Tony !
- Tu es jalouse c'est tout.
Ziva soupira devant tant de bêtise et retourna s'asseoir. Au même moment, McGee sorti en trombe de l'ascenseur, son sac à moitié sur son épaule, la mine essoufflée.
- Ne serait-ce pas notre bleu préféré qui est en retard ? Le taquina Tony.
- Vraiment désolé, il y a eu un accident sur la route principale.
McGee s'empressa de déposer son sac à terre pour vite se mettre au boulot.
- Je suis vraiment désolé patron, ça ne se reproduira plus…
McGee leva la tête vers ce qu'il pensait être Gibbs, sauf que le bureau était étrangement vide, aucun homme aux cheveux argenté à l'horizon. Tim plissa la yeux et tourna la tête vers ses collègues tout en continuant à pointer le bureau de Gibbs du doigt.
- Le patron n'est pas encore arrivé ? Demanda t'il
- Non, et c'est pas normal. répondit Ziva.
- Il ne va sûrement pas tarder à arriver. Répondit Tony confiant et toujours heureux de sa découverte.
- Il est quand même 9h30 Tony.
- Et alors Ziva, il est peut être coincé sur la route principale.
- Tony, 9h30. Relança Tim
DiNozzo fit une grimace.
- Ouai, bon, c'est vrai que ça ne lui ressemble pas. Admis t-il.
Ce dernier empoigna son téléphone portable et composa le numéro de leur valeureux chef. Une sonnerie, puis la messagerie. Il re tenta, en vain. DiNozzo rangea son téléphone interrogé.
- De plus en plus bizarre. Constata Ziva qui se leva et alla se mettre devant le bureau de Gibbs, bientôt suivis de McGee et Tony.
Ils restèrent quelques secondes à regarder la chaise vide, imaginant pourquoi leur patron n'était pas là. Soudain, Tony s'exclama.
- Je sais !
- Tu sais où il est ? Demanda Ziva.
- Non, mais je sais avec qui il est.
- Explique. Dit McGee
- Et bien c'est simple, il doit être avec une femme, je ne vois que ça.
- Bon sang Tony, arrête avec tes scénarios en tous genre. Souffle Ziva.
- Quoi ? C'est possible. En parlant de femme, je n'ai pas aperçu la directrice ce matin.
- Tu penses qu'elle et Gibbs..? Interrogea McGee.
- C'est même certain. Affirma t'il.
- Je n'y crois pas. Démenti Ziva.
- Deux êtres seuls, abandonnés, et avec le passé qu'ils ont ! Je suis quasiment certain que notre renard argenté et Shepard sont en train de…
- En train de quoi agent DiNozzo ? Dit une voix derrière eux.
Les trois agents se figèrent. D'habitude c'était Gibbs qui arrivait derrière eux par surprise, à croire que cela était contagieux. Ils se retournèrent pour faire face à leur directeur, les bras croisés, un sourcil relevé, attendant la réponse.
- Heu...de...faire du tricot ? Balbutia Tony sous le regard insistant de sa patronne.
D'un geste de la tête, elle leurs indiqua de retourner à leur postes, ce qu'ils firent instantanément sans apercevoir le sourire en coin de Jenny. Mais son regard s'arrêta lui aussi sur le bureau vide de son agent senior.
- Où est Gibbs ? Demanda t'elle.
- On ne sait pas. Commença Ziva.
- Il ne décroche pas son téléphone. Continua McGee.
- Vous ne savez pas où il est ? Demanda Tony.
- Et comment voudriez vous que je le sache DiNozzo, en faisant du tricot ?
- Ba...heu…
Jenny jeta un deuxième coup d'œil rapide à la chaise. Ça ne ressemblait pas à Gibbs d'être en retard.
- Prenez vos affaires. Lança Jenny à son équipe. Vous avez un cadavre qui vous attend au port de Norfolk. Ducky est déjà en route. Tony, étant donné que Gibbs n'est pas là pour le moment, vous prenez l'affaire en main.
- Bien madame. Répondit-il en prenant son sac.
- Et Gibbs ? Demanda McGee.
- Je m'en occupe.
C'est à contre cœur que l'équipe partit vers le lieu du crime. Jenny se retrouva alors seule dans l'open space, inquiète. Elle remonta dans son bureau et sortit, elle aussi, son portable pour essayer de le joindre. Mais elle tomba également sur son répondeur.
- Jethro c'est Jenny, rappel moi s'il te plaît.
Puis elle raccrocha. Ce n'était pas normal que Gibbs ne vienne pas travailler sans en avoir informé la direction, c'est à dire elle. Avez t-il attrapé accident en venant ? Si c'était le cas on l'aurait déjà retrouvé. Ou alors une vulgaire panne de réveil ? Impossible. Trois coups à la porte vinrent la sortir de ses réflexions.
- Entrez.
La porte s'ouvrit sur Cynthia.
- Le directeur de la sécurité intérieur vous attend au MTAC directeur.
- J'arrive, merci Cynthia.
Jenny aurait bien été voir chez lui pour s'assurer que tout allait bien, mais sa journée était déjà planifiée et elle ne pouvait pas tout annuler. Elle se promis de passer chez lui ce soir si personne n'avait de nouvelles dans la journée. Jenny pris son dossier et quitta son bureau pour le MTAC.
L'équipe était rentrée tard de Norfolk, la faute à la dispersion des différentes parties du corps de leurs victime due à une grenade. Ils avaient ensuite débuté l'enquête, comme ils le faisaient habituellement. A 21h, la directrice Shepard leur donna congé, préférant qu'ils aillent se reposer pour qu'ils soient en forme le lendemain. Épuisés, ils n'avaient pas rechigné et étaient tous rentrés chez eux. Jenny aussi avait passé une journée fatigante et elle n'avait qu'une seule envie, aller dormir. Cependant Gibbs n'avait toujours pas donné de nouvelles, et ça, ce n'était pas bon signe. Au volant de sa voiture, elle prit la direction du domicile de Jethro. Une fois garer dans sa rue, elle se dirigea vers la porte.
Elle frappa trois coups et attendit. Il n'y avait aucun bruits à l'intérieur de la maison, aucune lumières non plus. Sa voiture était garée dans l'allée, preuve qu'il était chez lui. Elle savait que la porte était ouverte, comme toujours, et pourtant elle hésita. Tony avait peut-être raison, peut-être qu'il était avec une femme. Dans le doute, Jenny sortit son arme de la ceinture de son pantalon, au cas où. Elle finit par agripper la poignée, la tourna et entra. La maison était plongée dans le noir, seule une petite bougie scintillait au loin, sur la table de la cuisine. Arme levée, Jenny avança petit à petit, le parquet grinçant à chaque pas.
- Gibbs !? Appela t'elle.
Elle dépassa le vieux canapé et se dirigea vers la cuisine. Jenny donna un léger coup d'œil à la table, elle ne vit que des papiers. Elle pénétra ensuite dans la cuisine, à l'affût du moindre bruit. Ses sens d'agents étaient de nouveaux en activité. Puis, Jenny se retrouva face à la porte ouverte du sous sol, la fameuse pièce, l'endroit où Gibbs était le plus susceptible de se trouver. Bonne nouvelle, la pièce semblait être éclairée
- Jethro, tu es là ? Appela t'elle une nouvelle fois en descendant les marches une à une.
Au début elle ne vit que le bateau, massif, trônant en milieux de la pièce. Et puis, au détour d'une marche, elle le vit, allongé par terre.
- Et merde ! Murmura Jenny qui dévala le reste de l'escalier.
Elle rangea son arme avant de s'agenouiller auprès de Gibbs.
- Hé ! Jethro ! Tu m'entends ?
Une odeur de bois et d'alcool émanait de lui. Jenny regarda autour d'elle, et compris rapidement son état. Une bouteille de bourbon vide se trouvait un peu plus loin, ajouté à ce qui ressemblait à deux bouteilles de bières. Gibbs était saoule, et pas qu'un peu. Même en le côtoyant pendant quelques années, Jenny ne l'avais jamais vu succomber autant à l'effet de l'alcool. Vu son état, il avait dû boire toute la journée. Jenny ne voulait pas le laisser là, mais elle n'avait pas assez de force pour le porter jusqu'en haut, il fallait donc que Gibbs se lève.
- Jethro, allez réveille toi.
Elle lui tapota les joues pour qu'il revienne à lui. Au bout d'une minute à essayer de le réveiller, Gibbs se mit à grogner, ses yeux s'ouvrirent légèrement et se posèrent sur la silhouette flou devant lui.
- Mmmm...z'êtes qui...Marmonna t'il.
- Jethro, c'est Jenny.
- Gen...mmhhh...pourquoi t'es revenue…
Et voilà qu'il n'arrivait même pas à prononcer son surnom correctement.
- Je venais voir si tu n'étais pas mort.
- Serait mieux pourtant…
- Dit pas de bêtises, allez lève toi.
Jenny l'empoigna par les deux bras et le tira, histoire de le mettre en position assise. Puis elle mit le bras de Gibbs sur son épaule.
- Appuie toi sur moi. Dit elle en forçant sur ses jambes pour réussir à le soulever.
Gibbs grogna de plus belle, en articulant des mots inaudibles. L'action même de le mettre sur ses jambes était laborieuse, Jenny dû s'y reprendre à trois fois pour parvenir à le mettre debout, et même si elle était parvenu à le mettre sur pied, l'alcool contenu dans le sang de Gibbs rendait difficile tout semblant d'équilibre. Jenny tenait à présent Gibbs par la taille, son bras sur son épaule. Elle fît un pas, puis un deuxième, entraînant Gibbs avec elle. Il titubait tellement qu'il était difficile pour Jenny de trouver ses points d'appui.
- ...va où ? Marmonna t'il
- Tu vas aller faire une sieste.
- Faut...faut que j'aille au ncis…
- Après avoir décuvé.
Jenny avait réussi à faire « marcher » Jethro jusqu'en bas des marches. Elle leva la tête, et maudissait intérieurement l'inventeur de l'escalier. Son épaule commençait à lui faire mal à cause de l'appuie de Jethro sur cette dernière, il fallait pourtant faire avec pour le moment. Jenny agrippa la rambarde pour s'aider et débuta la montée, lentement, très lentement, mais sûrement, le but étant bien sûr d'éviter la chute.
- Pourquoi t'es revenue Gen ?
- Je te l'ai déjà dit...je suis venue voir si tu n'étais pas mort. Répondit-elle le souffle court.
Après beaucoup d'effort et avec un Gibbs titubant, ils arrivèrent enfin en haut des escaliers. Toujours lentement, Jenny le fît traverser la cuisine encore plongée dans la pénombre, puis arriva dans le salon, et dès qu'elle en eu l'occasion, le lâcha littéralement sur le canapé. Elle massa son épaule endolorit par le poids de son agent, avant de prendre les jambes de celui-ci pour les mètrent sur le sofa, elle lui enleva ses chaussure, prit la couverture sur le dossier et l'étendit sur lui avec soin. Gibbs ne grognait plus, il commençait tout doucement à rejoindre les bras de Morphée, aidé par le surplus d'alcool dans son corps. Jenny s'essaya à ses côtés sur le rebord du canapé, le bordant presque avec la couverture. Ses gestes étaient tendres et délicats, comme une mère envers son enfant. Puis elle le regarda, tristement, elle ne l'avait jamais vu comme ça, aussi dépendant, et elle se demandait ce qui avait bien pu le mettre dans un tel état. Avec douceur, Jenny lui passa la main dans ses cheveux, comme elle le faisait autrefois, elle ne l'admettrait jamais, mais cette sensation lui avait manqué. Gibbs émit un léger son à son contact, puis marmonna quelque chose :
- ...t'es parti…
- Non, je ne suis pas partit, je suis là Jethro.
- ...pourquoi...pourquoi t'es parti...pourquoi tu...tu m'as laissé à...à Paris ? Murmura t'il.
Le cœur de Jen se serra. Des fourmillements lui traversèrent la nuque. C'était donc là qu'il voulait en venir, le « pourquoi tu es revenu » prenait soudain tout son sens. Gibbs faisait référence à son départ précipité pour l'Europe, et à son retour au NCIS il y trois ans. Jenny venait de se prendre une claque, elle ne pensait pas qu'il avait été autant affecté, même encore aujourd'hui. Elle se passa une main sur le visage, regardant toujours Gibbs qui venait de s'endormir. Au bout de quelques minutes, elle se leva, chamboulée par les mots de Gibbs. Elle èra dans la pièce, puis alluma la lumière de la cuisine, histoire d'avoir ne serait-ce qu'une once de lumière. Des souvenirs se chamboulèrent dans sa tête. Elle n'avait jamais expliqué la raison précise de son départ, elle pensait que ça se tasserait, qu'elle oublierait, elle avait tord. Son œil fût soudainement attiré par une lueur, d'étranges reflets. Jenny s'approcha, et se rendit compte que les papiers qu'elle avait cru voir tout à l'heure, étaient en faite des photos posées en vrac. Jenny tira une chaise, s'assit et commença à les regarder. La première qu'elle prit montrait une petite fille qui souriait, son sourire encadré par de long cheveux roux, elle tenait dans ses mains un petit lapin blanc, et semblait folle de joie. Elle devait avoir dans les quatre ans. Jenny reconnue Kelly, c'était seulement la deuxième fois qu'elle voyait son visage, mais elle ressemblait tellement à Gibbs qu'il était impossible de ne pas faire le lien. Non loin de cette photo, Jenny attrapa un autre bout de papier glacé. Sur celle-ci, on reconnaissait Gibbs, bien plus jeune, les cheveux encore châtain, tenant dans ses bras Kelly qui n'avait que quelques semaines, accompagné par Shannon, dans le salon où Gibbs dormait actuellement. C'était le même canapé, mais il y avait aussi plus de lumière, des plantes, avec de beaux bibelots flamboyants, une décoration bien plus riche et bien plus soignée que l'actuelle, c'était vivant, et ils avaient l'air si heureux. Jenny soupira, il comprenait pourquoi Gibbs était dans un tel état aujourd'hui, ils étaient le 25 février, l'anniversaire de leur mort. Tout s'expliquait enfin. Jenny pouvait imaginer sa tristesse, perdre des êtres aimés laisse de cicatrices indélébiles. Toutes les photographies exposées, étaient des souvenirs heureux, Jen passa au moins une heure à les regarder, avec un sourire en coin quand elle voyait Kelly faire des grimaces. La pendule indiqua bientôt 02h00 du matin, après la journée éreintante qu'elle avait eu au bureau, plus Gibbs, la fatigue prit le dessus. Jenny écarta les photographies, souffla sur la flamme pour éteindre la bougie, posa ses coudes sur la table et posa sa tête dans ses bras. Elle chassa les pensées du passé et fît le vide dans sa tête. Il n'y avait plus un bruit, la maison était paisible.
Le soleil s'immisça à travers les rideaux du salon. Les puissants rayons du matin vinrent heurter le visage de Gibbs, qui se mit à grogner d'inconfort. Ses yeux avaient du mal à s'ouvrir. Sa tête était lourde et migraineuse. Son corps était semblable à un bloc de béton, encré dans les coussins du canapé. Il dû se faire violence pour parvenir à ouvrir les yeux. Sa vision due faire une légère mise au point pour réussir à visualiser les formes. Gibbs se mit en position assise. Il avait la tête vaseuse ainsi qu'une grosse migraine. Il se massa les tempes dans l'espoir de le soulager, ne serait-ce qu'un minimum.
- Je vois que la belle au bois dormant est réveillée. Dit une voix féminine.
Gibbs releva la tête d'un coup, surpris d'entendre la voix de sa directrice. Jenny le regardait, un léger sourire amusé sur le visage.
- Tu viens me surveiller jusqu'à chez moi, madame la directrice.
Jenny s'avança, laissant tomber un cachet d'aspirine dans un verre d'eau avant de le lui dépose sur la table basse, sous le regard interrogatif de son agent.
- Je suis juste venue m'assurer que tu allais bien.
Gibbs préféra éviter le regard de Jenny, il prit le verre et le vida d'une seule traite, se massant encore les tempes.
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? Lui demanda Gibbs, regardant devant lui, refusant de rentrer en contact avec la paire d'yeux vert qui l'observait.
- Tu ne te souviens pas ? S'étonna Jenny.
Son silence avait suffit pour qu'elle ait sa réponse. Il faut dire qu'elle était plutôt soulagée qu'il ne se rappelle pas des questions qu'il avait formulé sur Paris, elle ne voulait pas s'étendre sur le sujet.
- Tu n'es pas venu au bureau, et tu ne répondait pas non plus au téléphone, alors je suis passée pour comprendre et savoir si tu allais bien. Et puisque tu laisses toujours ta porte ouverte, j'ai préféré vérifier par moi même s'il t'était arrivé quelque chose. C'est là que je t'ai trouvé dans la cave.
- Tu aurais dû me laisser. Grogna Gibbs
- Un canapé c'est quand même mieux pour dormir. Tout le monde s'est fait du soucis pour toi Jethro.
- Ils ne devraient pas perdre leur temps avec ça.
Il y avait une certaine fracture dans sa voix, quelque chose de triste comme si un poids écrasait ses cordes vocales. Jenny ne savait pas trop comment s'y prendre, certes elle lisait en lui facilement, mais il était impossible de faire disparaître le malheur d'une personne, rien, aucun mots n'étaient assez puissant pour réparer cette fracture.
- Tu aurais pu appeler tu sais. Essaya Jenny
- Pourquoi faire ?
- Pour parler, Jethro tu n'as pas à traverser ce jour tout seul.
Jenny jeta un coup d'œil à la table où reposaient encore la montage de photographies, où la vie et la joie persistenait encore. Gibbs suivit son regard. Elle les avait vu, elle savait. A ce moment là, il eu honte. Honte qu'elle l'ai vu dans cet état, la prochaine fois il fermerait la porte à clé, comme ça personne ne pourrait venir troubler son chagrin.
- Tu as besoin de quelque chose ? Demanda doucement Jenny.
- Non, tu peux partir. Répondit-il.
- Tu es sur ?
- Oui
- Très bien, si c'est ce que tu veux.
Elle n'était pas pour, l'alcool coulait encore dans ses veines, et qui sait quelles idées il avait derrière la tête, mais elle ne pouvait pas lui imposer sa présence et surtout, elle avait confiance en lui. Dans un geste amical, elle posa une main sur son épaule, Gibbs ne réagit pas, il n'accueillit pas son geste, mais ne le rejeta pas non plus. Jenny finit par se lever, attrapa son sac accroché sur le rebord de la chaise et se dirigea vers la porte.
- J'ai fais du café. L'informa Jenny en se retournant.
- Merci. Répondit Gibbs dans un murmura.
Elle sourit brièvement avant de se lui tourner le dos et ainsi atteindre la porte.
- Pourquoi tu es parti ? Lança Gibbs derrière elle.
Son corps se crispa, la main tendue en direction de la poignée s'arrêta en plein mouvement. Son cœur s'accéléra, mais c'était comme s'il avait cessé de battre.
- Je croyais que tu ne te souvenais de rien... Répondit Jenny.
- Il se trouve que je me souviens de ça.
Elle se retourna vers lui, croisant son regard perçant qu'elle avait appris à défier.
- Tu sais pourquoi je suis parti.
- Re dit le moi.
- J'avais une mission à terminer en Europe.
- Tu me cache quelque chose Jen, s'il y a bien un truc que je sais sur toi, c'est que tu ne sais pas me mentir.
Il aurait juré voir passé un voile blanc dans son regard, tel un fantôme qui la hanterai depuis toutes ces années, il y avait autre chose qu'une simple mission à finir.
- C'était il y a longtemps, c'est du passé maintenant.
- Justement, ça fait trop longtemps que ça dure Jen, j'ai besoin de savoir.
- Ce n'est pas une bonne idée...Dit-elle d'une voix qu'elle voulait posée.
- Je prend le risque. Répondit Gibbs dans la foulée.
Ses mains se mirent à trembler, elle essayait pourtant de les contrôler pour ne pas perdre la face. Revenant dans la pièce principale, elle redéposa son sac sur la chaise, sans un mot, et se laissa tomber sur cette dernière, à son tour son regard était vide.
- J'avais espéré que ce jour n'arrivait jamais...
Ce fût autour de Gibbs d'entendre une fragilité dans sa voix, une fébrilité qu'il n'avait jamais vu auparavant.
- Qu'est ce qu'il s'est passé à Paris Jenny ? Demanda Gibbs. Qu'est-ce que je t'ai fait ?
- Ce n'est pas toi…
- Alors qui ?
- J'ai fait une fausse couche. Débita subitement Jenny.
Instantanément, le silence engloba la totalité de la pièce, ne laissant que la cafetière et l'horloge pour seul dialogue. Gibbs s'était figé, son cœur ratant un, voir plusieurs battements.
- Tu as quoi ?
- J'ai fais une fausse couche Jethro… Répondit-elle dans un souffle.
Gibbs pouvait sentir les rayons du soleil lui chauffer le dos, alors que Jenny se trouvait sur la chaise, dans le côté sombre de la pièce, regardant devant elle, se massant les doigts avec frénésie. A ce moment précis, il s'en était voulu d'avoir insisté. Cette phrase entre les lèvres de son ancienne coéquipière résonnèrent comme une aiguille.
- Quand ? Demanda Gibbs machinalement.
- C'était...avant la mission à Paris.
Elle s'arrêta et croisa son regard, il l'écoutait silencieusement, d'un mouvement de tête, Gibbs lui fit comprendre qu'il ne l'interromprait pas durant son récit, chose qu'elle apprécia.
- On venait d'avoir notre permission d'une semaine, commença Jenny. Nous sommes rentré chacun de notre côté, toi ici et moi à Georgetown. On s'était donné rendez-vous trois jours plus tard dans un bar, celui qui fait l'angle de la grande route. Enfin bref, quand je me suis réveillée le premier jour, je me suis sentie barbouillée, j'ai mis ça sur le décalage horaire, nous rentrions d'Europe, c'était normal après tout. Mais au fil de la journée, j'ai commencé à avoir des vertiges, de gros vertiges, ainsi que des nausées qui n'en finissaient pas. A ce moment là, j'ai commencé à avoir des doutes. Techniquement c'était impossible, je prenais la pilule et je ne l'avais jamais oublié. J'ai trouvé un vieux test de grossesse qui traînait dans mon placard, les fameux test que l'agence donne à ses agents féminins. Le résultat était sans appel, j'étais bel et bien enceinte.
Jenny fît une pause, elle avait enchaîné les phrases sans vraiment prendre le temps de respirer, mais là que les mots finissaient pas sortir, elle n'allait pas les retenir. Puis elle reprit :
- Je suis restée figée devant ce test durant une éternité. Un bébé, maintenant, c'était impossible. Les minutes me paraissaient des heures. Nous avions une mission qui nous attendait, une mission importante. Ce n'était pas quelque chose de prévu, à ce stade de notre relation il n'était pas question de bébé, surtout que tu étais marié.
Gibbs tiqua, sa liaison avec Jenny durant son mariage n'avait pas était simple, ni pour Stéphanie, ni pour Jenny, et il n'était pas fier de les avoir mise dans cette situation.
- Je me souviens être restée couché sur mon lit toute la journée en me demandant ce que je devais faire. Mais il fallait que je te mette au courant, j'avais réussi en m'en convaincre, même si j'avais peur de ta réaction. Et je ne sais pas comment, ni pourquoi, mais au bout d'un moment je me suis dit, et pourquoi pas ? Nous n'étions pas forcement en bons termes durant cette période, ce bébé était peut-être notre chance, pour la première fois depuis le début de notre relation, il y avais un vrai « nous ». Je me suis donc mise en tête de te l'annoncer deux jours plus tard, quand nous serions dans ce bar. Mais, la nuit qui a suivis…
Elle déglutit difficilement, les images lui revenant en tête.
- La nuit qui a suivit, j'ai commencé à avoir des crampes en bas du ventre, des petites, puis des plus fortes. C'est quand je me suis levée que j'ai remarqué que je perdais du sang, beaucoup de sang, j'ai tout de suite compris. Je ne sais pas comment j'ai réussi à conduire jusqu'à l'hôpital, j'ai un black out de ce trajet, mais j'y suis arrivée, et trente minutes plus tard, on me confirmait que j'avais fait une fausse couche, j'avais perdu le bébé, notre bébé. Le reste de la semaine a été floue, j'ai annulé notre rendez-vous sous un prétexte bidon, je ne sais plus lequel mais ça n'a pas d'importance, après ça je n'ai pas quitté le bureau de mon père. J'essayai de me faire une raison, cette grossesse n'était pas voulue après tout. Cet enfant aurait mis en danger ton mariage, ainsi que mes projets de carrière, et puis il fallait se focaliser sur la mission, nous n'avions pas le droit à l'erreur. Je me suis répétée ça en boucle le reste de la semaine, confiante et convaincue que c'était mieux ainsi. Dès que je t'ai revu à l'aéroport, toutes les raisons que je m'étais faite se sont brisées. Plus les jours avançaient, plus le vide en moi grandissait. Dès que je pensais avoir réussi à oublier, j'avais juste à croiser ton regard pour que tout s'effondre. A chaque fois qu'on faisait l'amour, j'avais peur de retomber enceinte, et de le perdre à nouveau, à la fin s'en devenait presque une obsession. Et je sais ce que tu vas me dire, que j'aurai dû t'en parler, que tu aurais compris, mais je ne voulais pas, je ne pouvais pas. Puis il est arrivé un jour, où je ne pouvais tout simplement plus te regarder dans les yeux, où je me sentais tellement coupable que je n'arrivait plus à rester dans la même pièce que toi, je n'arrivais plus à faire semblant. Alors quand on m'a proposé cette mission au Caire, ça a été ma porte de sortie. Et dès la fin de la mission à Paris, je suis partie, et j'ai suivis la voie que j'avais toujours voulue. Il m'a fallut six ans pour accepter cet événement, six ans pour pouvoir revenir et croiser ton regard sans avoir mal…. Voilà, tu sais maintenant.
Le silence qui s'en suivit était lourd, une larme coula sur la joue de Jenny, sans qu'elle ne cherche à la cacher, à quoi bon maintenant. Gibbs réfléchissait, essayant d'assimiler toutes les informations qu'il venait d'entendre. A présent il comprenait, son estomac était noué, une boule s'était formée au creux de son estomac, rien à voir avec l'alcool cette fois-ci. Gibbs leva la tête, et tendis sa main vers Jenny pour l'inciter à venir s'asseoir. Toujours assise sur la chaise devant les montagnes de photographies, elle tourna la tête, regardant la main tendue, celle qu'elle avait chercher à fuir durant tant d'années. Elle esquissa un sourire devant le regard délicat que Gibbs posa sur elle. Jenny finit par se lever, et vint s'asseoir aux côtés de son ancien amant. Elle plia ses jambes sur le canapé, tandis que Gibbs pressa son épaule, Jenny ne résista pas, et laissa la main de Gibbs accompagner le haut de son corps vers ses genoux. La tête de Jenny se retrouva bientôt posée sur les jambes de son ancien amant. Il passa son bras autour de sa taille comme pour venir l'enlacé. Ils étaient blotti, l'un contre l'autre, comme à l'époque où leur amour était commun.
- Je suis désolé que tu es eu à traverser ça toute seule Jen. Murmura Gibbs.
- Je suis désolée de ne rien t'avoir dit Jethro. Répondit Jenny.
Et ils restèrent là, tout les deux, lovés dans le vieux canapé en silence, comme un hommage rendu à cet enfant, qui pendant un instant, avait été leur lien le plus fort.
FIN
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A bientôt peut-être !
