Bonjour !
Pour information, j'ai dû publier une deuxième fois le chapitre 2 dans laquelle des choses très étranges étaient apparues, comme "Harry soufflé dans ses plats".
J'ai de gros problèmes avec le site qui me retraduit systématiquement du français au français tous lesfichiers publiés, j'essaye de comprendre sans y parvenir. J'espère un jour percer le secret de ce site.
Merci à Manue27.90 et Brigitte26 pour leurs commentaires :).
Sur ce, bonne lecture !
Chapitre 3
23 octobre 2001
Il fallait qu'il récupère la boite à costumes de Hermione. Elle avait reçu un hibou de Malefoy la veille, lui signalant que la réparation avec été effectuée. La lettre était accompagnée de la facture qui allait bien.
Son amie avait débarqué au Square, la lettre toujours à la main et une bourse remplie d'or pour payer Malefoy. Harry avait supplié Hermione pour ne pas y aller, ne se sentant pas encore prêt à l'affronter, mais elle avait été inflexible.
- On n'est jamais prêt pour ce genre de chose, Harry.
Et elle avait disparu dans la cheminée. Du coup, Harry n'avait pas dormi de la nuit. Kreattur l'avait veillé, de peur qu'il ne retombe dans ses vices. Mais il était resté sobre. Insomniaque certes, mais clean. Et de toute façon, Ron avait fait vider sa maison de toute trace de drogue et d'alcool possible pendant son hospitalisation. Il n'avait même plus droit au bain de bouche.
Le lendemain de sa crise, il était allé chez son thérapeute, accompagné par Hermione. Il avait raconté sa dernière crise au docteur Williamson et la rencontre avec Malefoy puis lui avait montré sa liste. Le médecin avait acquiescé, fier de Harry, puis avait reprogrammé une séance par semaine au lieu de l'unique par mois comme c'était le cas depuis quelques temps.
Les séances suivantes, il lui avait conseillé de prendre son temps sur les objectifs de sa liste et de les prioriser. Mais de ne pas les repousser lorsqu'une occasion se présenterait de les mettre en œuvre. Ç'aurait été contre-productif, avait-il dit.
Une semaine auparavant, il était parti au Ministère de la Magie voir Hermione. Il avait croisé la route du directeur du bureau des aurors qui attendait de ses nouvelles. Il avait pris son courage à deux mains, accepté l'entrevue dans son bureau et lui avait déclaré qu'il ne prendrait jamais son poste.
L'homme avait été muet pendant plusieurs minutes. Il n'avait réagi que lorsque Harry s'était levé pour prendre congé.
- Mais… Mon garçon, avait balbutié le directeur. Vous êtes fait pour ce métier ! Malgré vos quelques mois d'absence (son hospitalisation à Sainte Mangouste), vous avez eu les meilleurs résultats aux examens depuis plusieurs décennies ! Et la population sera tellement déçue, nous comptions tellement sur votre participation.
Harry s'était attendu au chantage affectif. Il n'avait pas plié.
- J'ai beaucoup de respect pour l'unité des aurors, Monsieur le directeur, avait-il calmement répondu malgré ses mains qui tremblaient. Mais je suis fatigué par les morts, la mégalomanie et les problèmes des autres.
- Oui, Monsieur Potter, je comprends bien sûr mais…
Harry ne l'avait pas laissé finir.
- Non, vous ne comprendrez jamais. J'ai 21 ans aujourd'hui et sûrement vu plus de sang et d'horreurs humaines que tous vos hommes réunis. Ne me faites pas la leçon sur ce que les gens attendent de moi. Ils ont eu la mort de Voldemort, j'ai fait ce qu'on voulait. Maintenant, j'aspire à une vie tranquille et le métier d'auror ne convient pas.
Il était sorti du bureau avant la réponse de son interlocuteur. Il était entré très bruyamment dans le bureau de Hermione en réclamant une bouteille de Vodka.
Hermione l'avait fait assoir, manger et l'avait calmé comme elle avait pu. Ron et elle avaient dû dormir trois jours de suite au Square Grimmaurd après cette première étape de franchie.
Harry se secoua et revint au présent. Il était devant la boutique de Malefoy depuis cinq bonnes minutes et n'osait toujours pas entrer. Caché sous sa cape d'invisibilité, il avait évité les personnes présentes sur l'allée principale.
Il avait pensé à remettre son déguisement, mais les paroles de Malefoy lui étaient revenues en mémoire. Le marron ne lui allait pas. Et il devait plaire à Malefoy. Ou, en tout cas, avoir assez de cran pour l'inviter à boire un café. Et en assumer les conséquences. Le déguisement aurait pu être un moyen de se défiler : ce n'était pas lui.
Il s'apprêtait à entrer mais un mouvement à l'intérieur arrêta son geste. Une femme était présente dans le magasin. Et vu sa posture, penchée sur le comptoir vers le propriétaire des lieux, elle aurait beaucoup apprécié jouer au docteur avec Malefoy.
Caché par la femme, Harry ne put voir la réaction de son ancien ennemi. Il se décala lorsque la femme sortit et Harry se faufila dans l'ouverture.
Encore invisible, il put observer Malefoy à loisir. Celui-ci lui tournait le dos et rangeait ce que la femme lui avait apporté. Il portait une chemise vert foncé cette fois, aussi ajustée que la précédente. Harry put voir avec délice les muscles du dos faire bouger le tissu souple.
Il finit par enlever sa cape d'invisibilité et s'approcha du comptoir.
- Bonjour Malefoy.
Harry fut déçu, il n'avait pas sursauté et ne s'était même pas retourné.
- Bonjour Potter. Tu viens pour la boite à costumes, j'imagine ?
Il daigna enfin se retourner et Harry se vit détaillé des pieds à la tête. Le regard de Malefoy s'attarda sur son cou et ses lèvres puis vinrent rencontrer le vert des yeux de Harry.
- Pas de déguisement, aujourd'hui ?
Harry secoua la tête.
- Quelqu'un m'a dit que le marron ne me seyait guère, vois-tu ?
- Pas de déguisement et des mots compliqués, Potter, tu viens d'illuminer ma journée, répliqua Drago avec un sourire… charmant ?
Oui, Harry décréta qu'il était charmant. Une petite fossette était apparue sur le visage de Malefoy. Il sourit à son tour au blond.
- Oui, je suis venu pour la boite. As-tu réussi à la réparer ?
- Oui, affirma Malefoy avec un signe de tête. Plus de trois cents costumes à la demande, garanti sans risques. J'ai testé, ajouta-t-il après un instant.
Il se pencha derrière le comptoir et en sortit la boite à costume. Elle brillait plus que dans son souvenir. Malefoy suivit son regard.
- Je l'ai nettoyée et polie. C'est un joli objet.
Harry, surpris par l'initiative, acquiesça et se rapprocha du comptoir. Il n'avait pas fait attention la première fois, mais la boite était faite un peu à l'ancienne, avec des gravures fines rouges et or qui s'entrelaçaient. Une serrure était présente, en or également.
- Je pense que c'est une ancienne boite à bijoux qui a été recyclée, dit Malefoy.
Harry releva les yeux sur le visage de Malefoy. Ce dernier le regardait, ayant l'air d'attendre quelque chose. Le brun se racla la gorge et sortit l'argent de sa poche pour le poser sur le comptoir. Il dirait à Hermione qu'il avait oublié sa bourse chez lui.
- Voilà pour toi, merci beaucoup. Ron sera content, il tenait vraiment à ces costumes pour Halloween, ils l'utilisaient, avant avec ses frères. Et quand Hermione l'a cassé, il était…
- Nerveux Potter ? le coupa la voix grave de Malefoy.
Harry sursauta et croisa le regard gris rieur de Malefoy. Le sourire aux lèvres, le blond avait posé les coudes sur son comptoir et détaillait Harry sans essayer de se cacher.
- Nerveux ? Pourquoi nerveux ? répondit Harry.
Il jeta un coup d'œil à la porte d'entrée. Il l'avait dit à Hermione, il n'était pas prêt pour proposer un café avec Malefoy. Ça voulait dire aller de l'avant, aller dans l'inconnu et l'inconnu, ça faisait peur.
- Tu parles pour ne rien dire quand tu es nerveux, répliqua Malefoy.
Harry revint sur le visage de Malefoy. C'était vrai ça. Il posa à son tour ses coudes sur le comptoir. S'il tendait le bras, il pourrait caresser le visage de Malefoy. Avec un courage qu'il pensait parti depuis longtemps, il esquissa un sourire qu'il espérait séducteur.
- Et comment tu sais ça, Malefoy ?
Le sourire de Malefoy se fana un peu et la surprise passa dans ses yeux. Ses joues devinrent roses. À peine, mais Harry était suffisamment prêt pour le remarquer. Au bout de quelques secondes, le brun vit la surprise être remplacée par de la curiosité. Le sourire du blond revint, un peu plus grand. La fossette si charmante refit son apparition et Harry eut envie de la croquer. Il se lécha les lèvres et Salamèche réclama à manger.
Les yeux gris suivirent le mouvement de sa langue et Harry n'arrivait pas à savoir s'il en était ravi ou apeuré.
- On a passé sept ans ensemble dans la même école. Certaines choses se remarquent.
- Et qu'as-tu remarqué d'autre ?
Harry sentit la panique arriver. Non, pas déjà ! Il tenta de fouiller en lui pour trouver un reste de courage. Il s'était penché sur le comptoir de Malefoy, bon sang ! « Ça te dirait de prendre un café avec moi ? » était moins difficile que draguer Malefoy, non ?
- Et si on allait prendre un verre un jour ? Je pourrais te faire la liste de ce que j'ai remarqué pendant ces sept années.
Le coude de Harry glissa du comptoir. Malefoy venait de poser la question à sa place. Était-ce une bonne chose ? Oui, certainement.
La panique monta un peu plus. Il devait fuir. Tout de suite ! Il allait refuser et s'en aller, et ne plus jamais le voir ! Il ne voulait plus plonger dans l'inconnu. L'inconnu amenait des pensées inconnues et inclassables et faisait ressurgir de vieux démons. Il ne voulait plus se battre, il voulait seulement être tranquille, ne plus réfléchir.
La liste de ses objectifs ressurgit soudain. Il voulait vivre. Et vivre, c'était prendre des risques. Il voulait connaitre le nouveau Harry. Malefoy était un risque oui, et s'il se faisait insulter ou jeter, au moins, il n'aurait pas de regrets. Il voulait redevenir le vrai Harry et ce Harry-là aurait beaucoup aimé prendre ce verre. Et manger Malefoy.
- Oui, c'est d'accord. Jeudi soir, ça te va ? répondit-il en mettant ses mains dans ses poches.
Il pria pour que Malefoy n'ait pas vu le tremblement de ses mains. Il avait peur quand même.
- C'est d'accord, Potter, jeudi soir. Retrouve-moi à 20 h devant le Chaudron Baveur côté moldu, je connais un bar pas loin qui sera parfait.
Harry hocha la tête et ne put retenir un sourire ravi s'étirer sur ses lèvres. Malefoy pencha la tête sur le côté en le voyant et tendit une main vers le visage du brun. Harry se figea. Le blond finit par se reprendre et laissa retomber son bras.
- À jeudi alors, Potter.
- Oui, à jeudi, répondit l'intéressé peu assuré.
Il récupéra la boite sur le comptoir et marcha jusqu'à la porte d'un pas chancelant. Il sentait le regard de Malefoy sur lui et croisa les doigts pour ne pas trébucher.
Il sortit doucement de la boutique et referma la porte. Il prit une grande inspiration et se dirigea vers l'esplanade de transplanage. Un clic retentit sur son chemin mais il n'y fit pas attention.
Malefoy lui avait proposé un verre et il avait accepté ! Le soulagement l'envahit soudainement. Il avait pris une décision pour lui, pour son plaisir et le monde n'avait pas arrêté de tourner.
Le sourire toujours présent, il tourna sur lui-même direction la maison. Ça lui avait donné envie de faire un peu de ménage.
•
Galvanisée par sa rencontre plus que positive avec Malefoy, Harry rentra chez lui et retroussa ses manches. La salle à manger du rez-de-chaussée avait besoin d'un bon coup de frais.
À terme, il aurait voulu que cette pièce puisse accueillir tous les Weasley pour Noël. Le Terrier, c'était bien, mais la maison commençait à se faire trop petite avec les petits-enfants qui arrivaient. Le Square avait suffisamment de place pour loger tout le monde, lui. Mais, pour en arriver là, Harry devait la rénover et la rendre moins insalubre. Des objets de magie noire pullulaient encore un peu partout, les escaliers avaient des trous et les têtes d'elfes de maison dans les couloirs n'étaient pas conseillés pour des enfants encore en âge de porter des couche-culottes.
Harry entra dans la pièce et s'arrêta sur le seuil. Une magnifique table en fer forgé pouvant accueillir une vingtaine d'invités était au centre de la place. Enfin, Harry imaginait qu'elle devait être magnifique. Pour l'instant, c'était un nid de poussière et de toiles d'araignées. Les chandeliers posés dessus étaient gris de saleté et des tonnes d'objets avaient été déposés pêle-mêle par l'ordre du Phoenix. Harry crut apercevoir des bombabouses ou les oreilles à rallonge de Fred et Georges. Des manteaux et gants oubliés par leur propriétaire étaient entassés sur les chaises.
Il se passa une main dans les cheveux et soupira. Il allait avoir besoin de temps, de courage et de thé. De beaucoup de thé. Et de Kreattur. L'elfe n'allait pas être content.
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26 octobre 2001
Trois jours plus tard, Harry, Ron et Hermione regardaient le résultat du ménage de Harry dans la salle à manger, sur le pas de la porte.
- Impressionnant, commenta Ron
- Pas mal du tout, ajouta Hermione
Harry n'était pas peu fier. Des doxys avaient encore élu domicile dans les rideaux. Il avait réussi à en enfermer la plupart vivants dans une boite et Ron devait les amener à son frère, Georges, pour ses créations. La table et les chaises avaient été dégagées de leur bazar, et Kreattur avait accepté de leur donner une seconde vie. Un splendide ensemble en bois d'ébène et fer forgé gravé était apparu sous les yeux de Harry au fur et à mesure que Kreattur travaillait. Le blason des Black apparaissait au centre mais le temps - et les mites, sûrement - avaient fait leur œuvre et la marque était ténue. Le bois était marqué çà et là et Kreattur lui avait signalé deux chaises irréparables par magie. Les chandeliers avaient été noyés sous les Recurvit et étaient à présent posés sur toute la longueur de la table.
Harry, se servant de Kreattur en tant que détecteur de magie noire, avait également vidé l'immense buffet au fond de la pièce de tout ce qui était dangereux, imprégné de magie néfaste ou… moche. L'elfe avait râlé, tapé du pied, pleuré, mais lorsque Harry lui avait parlé de sécurité pour des enfants qui pourraient potentiellement venir, il s'était étrangement adouci.
Deux tas s'étaient accumulés à l'entrée de la pièce : les objets décrétés dangereux par Harry et par Kreattur et le reste pour lequel ils n'étaient pas d'accord. La pile de désaccord était démesurée par rapport à la première pile.
L'armoire avait eu elle aussi droit à son ravalement de façade. Ils l'avaient nettoyée puis gavée de cire d'abeille moldue, moins agressive pour le bois que les substances vendues dans le monde des sorciers, après analyse de Kreattur. Harry le croyait sur parole.
Le buffet, long de plus de quatre mètres, avait été épargné par le temps et les bêtes en tout genre. Le sceau des Black était bien visible en hauteur et le bois était de même teinte que la table.
Le cirage du parquet en chêne massif, un grand coup de balai et une chasse aux araignées plus tard, la pièce ressemblait plus à un lieu de cérémonie qu'un grenier et elle sentait le bois, la cire et le propre.
- Hermione ?
- Oui, Harry, répondit l'intéressée en se tournant vers lui.
- Les elfes de maison ont-ils un lien particulier avec les enfants ?
La réaction de Kreattur lui paraissait vraiment étrange. Lui qui râlait sur tout et n'importe quoi, il aurait pensé que des êtres pleurnichards, sales et bruyants l'effraieraient plus que tout.
- C'est exact, oui, répondit Hermione surprise. Avant d'être des êtres à tout faire, ce sont les nurses des grandes familles. Leur premier rôle est de prendre soin des enfants jusqu'à un certain âge, de leur inculquer les grands principes de la famille dans laquelle ils sont et de les protéger des dangers extérieurs. Pourquoi ?
- Comme ça, répondit Harry en haussant les épaules.
Il tenait enfin un point faible de Kreattur. A utiliser lorsque son très cher elfe aurait décidé de le contredire, ou de ne pas prendre soin des pièces devenues vivables, planifia Harry.
- J'espère que tu ne comptes pas utiliser ça contre Kreattur, Harry, dit Hermione qui l'observait toujours.
La main dans le sac !
- Tu ne pourrais pas faire semblant d'être idiote de temps en temps ma très chère ?
- Ça ne risque pas, non, ça nous ferait trop plaisir, répondit Ron à sa place.
Un « Crac » sonore retentit.
- Le thé est prêt et servi dans le salon, Messieurs et Madame.
- Merci Kreattur, dit Hermione. Et bravo pour le salon, tu as fait du très bon travail avec Harry.
Kreattur s'inclina légèrement devant Hermione et disparut.
- Alors, d'où vient cette nouvelle énergie, Harry ? Interrogea Hermione lorsqu'ils furent installés.
Harry se passa une main dans les cheveux et se leva pour aller chercher la boite à costume emballée dans du papier pour ne pas que Ron la voie. Hermione voulait garder la surprise jusqu'au bout. Elle prit le paquet et le glissa dans son sac. Ron haussa les sourcils mais ne dit rien sûrement avec l'idée de cuisiner Hermione plus tard.
- J'ai revu Malefoy.
- Et ça s'est bien passé ? demanda Hermione avec curiosité.
-Il m'a proposé de boire un verre et… j'ai dit oui.
Hermione se leva de son fauteuil et fit quelques pas de danse. Ron, un peu moins démonstratif, mit un léger coup de poing dans l'épaule de Harry avec un sourire.
- Enfin, Harry Potter va sortir de chez lui ! s'exclama-t-il. Il en aura fallu du temps.
- Comment tu te sens ? enchaina Hermione en se rasseyant.
- Pas de mensonges, rappela Ron en le pointant du doigt.
Harry s'enfonça dans le canapé en soupirant.
- Je suis complètement effrayé. Le nettoyage m'a permis de ne pas trop y penser ces trois derniers jours, mais c'est ce soir, et …
- Ce soir ! s'exclama Hermione. Bonté divine ! Mais tu aurais dû nous le dire plus tôt ! Tu n'as absolument rien à te mettre de convenable et…
- Hé ! S'écria Harry outré. J'ai plein de vêtements, je ne te permets pas.
- Des fringues autres que celles que Dudley t'a données ou que celles que tu as portées pour les cérémonies officielles ? questionna Hermione.
Harry resta silencieux. Non, pas vraiment.
- C'est bien qui me semblait. Je reviens.
Harry la laissa faire. Inutile de lutter contre la tornade Hermione.
- Donc, tu es apeuré, reprit Ron. Mais tu n'as pas l'intention de te défiler, n'est-ce pas ?
Là encore, Harry ne répondit pas.
- Soit. Hermione et moi allons t'accompagner jusqu'à ton rendez-vous, comme ça, tu n'auras pas le choix.
- Je n'ai pas besoin de chaperon, contredit Harry.
Il était un grand garçon tout de même ! Déjà que Hermione allait l'habiller, il n'avait pas besoin en plus de deux accompagnateurs.
- Oh, nous partirons avant même que Malefoy ne nous ait vus, ne t'en fais pas pour ça. Tu sais, dit Ron doucement. Ça nous fait vraiment plaisir que tu reprennes ta vie en main. On serait vraiment déçus si tu n'y allais pas.
Harry hocha la tête. Il comprenait mais il n'était vraiment pas d'accord avec cette idée. Il voulait vraiment y aller, il n'allait pas se défiler. Non, vraiment ! Mais… Et si le rendez-vous se passait mal ? Et s'ils n'avaient rien à se dire ? Et si, finalement, ils ne pouvaient toujours pas se supporter ?
Peut-être que c'était une mauvaise idée. Peut-être qu'il était plus sûr pour lui comme pour Malefoy qu'il ne vienne pas.
- Harry Potter, je te vois réfléchir, cesse immédiatement !
La voix de Hermione le sortit de ses pensées. Le fait qu'ils l'accompagnent était une bonne idée, tout compte fait.
Quelques minutes plus tard, il se retrouvait habillé d'un jean simple mais à sa taille et d'une chemise vert bouteille dont il ne se souvenait même pas l'existence. Une veste de costume noire moldue, à sa taille aussi, et une paire de Converses neuves complétaient l'ensemble.
- Hermione, hésita Ron. Tu ne te serais pas trompée pour les chaussures ?
- Non, assura-t-elle en secouant la tête. Harry doit rester un minimum lui-même pour être à l'aise. Et il n'est à l'aise que dans ces chaussures inconfortables au possible.
- Tu ne sais pas ce qui est bon, Hermione, répliqua Harry en relevant le menton.
Sa tenue lui plaisait. Simple mais loin de ses joggings et autres T-shirts trois fois trop grands. Et passe-partout côté moldu comme côté sorcier.
Harry les invita à manger et, pendant le repas, Hermione sortit de son sac un journal et le lança à Harry qui le rattrapa au vol. Il grimaça. Les journaux dans sa maison étaient un blasphème. Il s'apprêtait à le brûler lorsqu'il vit le titre. Il le déplia et lut rapidement la Une du journal.
Notre sauveur chez les Mangemorts !
En exclusivité pour Sorcière Hebdo
Le 23 octobre dernier, Harry Potter a été pris en photo par notre journaliste Ernesto Pulmine sortant du magasin Blackstore – Réparations et modifications tenu par Drago Malefoy.
La population s'interroge. Que faisait notre héros chez un ex mangemort ? Était-ce par besoin ? Pour régler ses comptes ? Une amitié improbable est-elle née ?
Découvrez à l'intérieur de ces pages nos avis et les interviews des proches de Harry Potter commentant cette visite impromptue, et pourrons-nous dire, inappropriée.
Articles :
Page 2 : Commentaires des proches de Harry Potter : le règlement de comptes l'emporte
Page 3 : Notre héros, son histoire, sa vie
Page 7 : La famille Malefoy : pouvoir et déchéance
La première page était presque recouverte par une photo de lui qui sortait effectivement du magasin de Malefoy. Il avait dû oublier de remettre sa cape d'invisibilité en sortant et il avait fallu qu'un journaliste traine dans le coin à ce moment.
Une flamme apparut au creux de la main de Harry le journal se consuma. Un petit tas de cendres s'amoncela à ses pieds et il les fit disparaitre d'un geste de la main.
- J'espère que tu as lu tout ce qui t'intéressait, Hermione, marmonna Ron qui finissait l'assiette de Harry pratiquement intacte.
- Les journaux sont interdits dans cette maison, vous savez très bien comment ils finissent lorsqu'ils arrivent jusqu'à moi, grogna Harry, peu ravi de la surprise.
- C'était juste pour te prévenir, Malefoy risque de t'en parler à votre rencard, rétorqua Hermione sans faire attention à son humeur.
- Ce n'est pas un rencard, juste un… répondit automatiquement Harry avant de s'arrêter.
C'était quoi ? Une réunion d'anciens ennemis qui voulaient faire le point sur leur relation ? Ou juste deux personnes qui ne s'étaient pas vues depuis longtemps et qui souhaitaient repartir à zéro ? Réflexion trop difficile, décida Harry.
Le couple n'argumenta pas.
